Burke, Brandmüller : « Où va l’Église » ?

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Notre confère L’Homme nouveau vient de publier une lettre ouverte que les cardinaux Burke et Brandmüller adressent à leurs confrères présidents des conférences épiscopales du monde, à la veille de leur réunion à Rome, autour du Pape, le 20 février. Le ton est dramatique : « Où va l’Église ? ». Les cardinaux préconisent, au-delà des horribles péchés de pédophilie, d’éradiquer la plaie de l’homosexualité. Quant au fondement de la crise, il est doctrinal : on s’est éloigné dans l’Église de la vérité de l’Évangile.

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Lettre ouverte aux Présidents des conférences épiscopales

Chers Confrères, Présidents des conférences épiscopales,

Nous nous adressons à vous avec une grande tristesse.

Le monde catholique est désorienté et se demande avec angoisse : où va l’Église ?

Face à la dérive en cours, il semble que le problème se réduise à celui des abus sur les mineurs – un crime horrible, tout particulièrement quand il est commis par un prêtre – mais qui n’est qu’un élément d’une crise bien plus vaste. Telle une plaie, la cause homosexuelle se répand dans l’Église, promue par des réseaux organisés et protégée par un climat de complicité et d’omertà. Les racines de ce phénomène se trouvent évidemment dans ce mélange de matérialisme, de relativisme et d’hédonisme qui refuse absolument l’existence d’une loi morale absolue, c’est-à-dire qui ne souffre pas d’exceptions.

On accuse le cléricalisme d’être responsable des abus sexuels, mais la première et principale responsabilité du clergé n’est pas dans l’abus de pouvoir, mais dans le fait de s’être éloigné de la vérité de l’Évangile. La négation, y compris publique, dans les paroles comme dans les actes, de la loi divine et naturelle, est à la racine du mal qui corrompt certains secteurs de l’Église.

Face à cette situation, cardinaux et évêques se taisent. Vous tairez-vous également lors de la réunion convoquée ce 21 février au Vatican ?

Nous sommes de ceux qui ont interpellé le Saint-Père en 2016 sur les dubia qui divisaient l’Église à l’issue des conclusions du Synode sur la famille. Aujourd’hui, ces dubia non seulement n’ont pas reçu de réponse mais s’inscrivent dans une crise de la foi bien plus générale. Nous voulons par conséquent vous encourager à faire entendre votre voix et à proclamer l’intégrité de la doctrine de l’Église.

Nous invoquons le Saint-Esprit pour qu’il assiste l’Église et éclaire les pasteurs qui la guident. Un acte décisif est aujourd’hui urgent et nécessaire. Nous mettons notre confiance dans le Seigneur qui a promis : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

+ Walter Card. Brandmüller, + Raymond Leo Card. Burke

19 comments

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  2. allegrovivace

    “Rome a perdu la Foi” : ce n’est pas nouveau. C’est le reniement de Pierre d’aujourd’hui. Il ne faut pas douter que Pierre reviendra au Christ.
    Deux cardinaux, c’est un début.

    S.Exc. Mgr Marcel Lefèvre était un précurseur, suivi ensuite par la FSSP, l’Abbé Wach, l’Abbé Laguérie, Fongombault , le Barroux, etc…
    il ne manque plus que le Sacré-Collège les rattrape lors du futur conclave. Ou alors, le diable aura encore partie gagnée, pour le temps que les braises se refroidissent !?

  3. Degive

    Les problèmes dont les 2 Éminences parlent se situent aujourd’hui bien sûr, mais aussi dans le passé, même lointain. Leur avis s’étale-t-il dans le temps des autres responsables de l’Eglise? Ou bien est-ce le climat actuel qui les pousse à sortir du bois aujourd’hui … Pauvre Église qui s’étale ainsi dans tous les réseaux sociaux… au nom de qui?

  4. LARREUR Mariette

    C’est étrange, on ne parle que de l’église Catholique ! Comme s’il n’y avaient qu’eux. On oublie que même dans la fonction publique, il y a eu des abus !

  5. BOMMIER Claire

    Deux évêques! C’est un bon début! L’Eglise a traversé des crises aussi graves, et s’en est souvent sortie parce que un seul évêque osait résister. Dans tout le pays. St Hilaire de Poitiers pas ex.
    L’épreuve de la foi qui nous est donnée ici, n’est pas tant une épreuve de la foi qu’une épreuve de charité. A savoir que ce qui manque c’est l’acceptation de tout pour l’amour de Dieu.
    St Paul nous le rappelle. Quand il dit “j’aurais bon avoir la foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’une cymbale retentissante”. Il s’agit de l’amour de Dieu. Bien sûr. A quoi bon croire si ce n’est pas pour aimer plus et mieux Dieu? Qu’est-ce qui nous fait chuter dans la foi, renoncer à ses dogmes, contester les commandements de l’Eglise? c’est plus le manque de charité vraie, l’amour de Dieu que le perfectionnement de sa foi. La foi seule peut être indémolissable, mais elle n’est alors pas transmissible.
    Ce qui compte c’est de voir que l’Eglise a bien souvent perdu l’amour de Dieu, pour s’attarder à l’amour des hommes. Mais toute cette épreuve vécue avec l’homosexualité, la pédophile etc… ne fait que rendre l’évidence que ce n’est pas l’amour des hommes qui nous sauvera. Mais l’amour du seul homme qui peut recevoir l’absolu de notre amour et peut nous donner l’absolu du sien. C’est l’amour du Christ.
    L’Eglise a abandonné sa foi parce qu’elle a abandonné l’exigence d’amour divin.
    Je prie pour que ces évêques si minoritaires soient éclatants de cet amour divin, afin qu’ils entraînent derrière eux tous ceux qui se réveilleront de ce mauvais cauchemar que l’on fait aujourd’hui.
    Je prie aussi et j’agis pour faire reconnaître à nos contemporains que tous ces scandales licencieux autour du sexe – qui n’a plus de licence dans la société civile, aujourd’hui- , arrivent “fortuitement” avec les projets d’explosion de la structure familiale. Curieux, non??????

  6. Hahn26

    Bonjour

    Je suis d’accord avec Hervé Soulié : Burke fera un excellent pape, Brandmüller est trop âgé malheureusement.

    Mais je crains que ce scénario ne se réalisera jamais étant donné ces créations cardinalices étonnantes voire déroutantes…. le Sacré Collège est transformé en une assemblée bergoglienne, où les vrais Hommes de l’Eglise font défaut, sans culture, sans science, sans théologie.

    Les meilleurs ne sont plus dans le Sacré Collège….

    Quo vadis?

      • Joël

        Qu’il nous garde surtout d’un futur pontificat progressiste supplémentaire.
        Si les gens ne supportent plus la doctrine, ils n’ont qu’à se casser chez les protestants.
        L’ Église n’est pas l’ URSS, on ne va pas tirer sur les gens car ils s’en vont

  7. Quand il n’y a plus de dogme, de foi ni de credo, quand il n’y a plus de ciel, plus rien à espérer que ce qu’offre ce monde, quand il n’y a plus de Dieu et que seul reste l’homme, la morale s’effiloche, les moeurs se dissolvent dans le gouffre du monde.
    Adresse site internet: jpsnyers.blogspot.com

  8. Gwendal

    Cette culture homosexualiste parmi les princes de l’Eglise est mortifère. Il n’est pas étonnant qu’elle soit dénoncée par un homosexuel notoire (je lui fait crédit de son abstinence) en la personne du cardinal Burke. Au fond, ce contre quoi nous combattons dans la vie mondaine, ce sont toujours nos propres démons que nous combattons intérieurement. Le danger nihiliste (ou relativiste diraient les ratzingeriens) serait de cesser de combattre tant en soi même que dans l’Eglise de ce monde. Ce qui me conduit à imaginer voire à espérer que Raymond Burke a pleinement conscience de son homosexualité.

  9. Dans le texte : On accuse le cléricalisme d’être responsable des abus sexuels, mais la première et principale responsabilité du clergé n’est pas dans l’abus de pouvoir, mais dans le fait de s’être éloigné de la vérité de l’Évangile.

    Malheureusement, il y a eu aussi abus de pouvoir, mais l’omerta des évêques nuit à la bonne évangélisation et ils optent pour le modernisme qui affaiblit de jour en jour toute l’Église. C’est comme donner la communion à tous lors des funérailles et même pour les personnes de même sexe dans une église… On nous offre différentes Bibles en des termes labiles…

    J’ai toujours défendu Vatican II et aujourd’hui, je suis devenu assez froid quand je relis l’Évangile avant Vatican II et malgré certaines notions du catéchiste…

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