Le prêtre est le signe de l’élection

Download PDF

Le Père Antoine-Marie, FSVF, ordonné prêtre le 23 février dernier à Chémeré-le-Roi (photos ici). A l’occasion de la premier messe, messe des prémices, le Père Louis-Marie de Blignières a donné l’homélie évoqnant la figure du prêtre comme signe de l’élection, comme signe de l’alliance et comme signe de la miséricorde.

Le prêtre est le signe de l’élection, parce qu’il ne se fait pas lui-même : « Qui es-tu, prêtre ? – disait saint Norbert –, tu n’es pas par toi-même ». Tu ne t’es pas donné le sacerdoce, mais tu as été tiré de rien. Lorsque le Christ, par un choix tout à fait libre de son cœur angoissé du salut des âmes, appelle quelqu’un au ministère sacerdotal, il donne un signe à chacun d’entre nous. Le prêtre appelé par le Christ est en effet la réalisation, à un degré spécial, de l’élection que Dieu a bien voulu faire de chacun de nous, lorsqu’il nous a appelés à l’existence, lorsqu’il a bien voulu nous conférer la grâce du baptême et nous faire entrer dans la sainte Église catholique.

Il est bon d’intérioriser cela à l’occasion de la montée à l’autel d’un jeune prêtre. C’est quelque chose de bouleversant, parce que c’est Dieu qui nous choisit. Spécialement dans le sacerdoce, c’est vraiment le choix confondant de la libéralité divine, qui est représenté, de façon profondément artistique par le tableau du Caravage, à Saint-Louis des Français à Rome, où le Christ pointe son doigt sur un jeune homme assis à la table des changeurs, qui allait s’appeler Matthieu. On voit bien, avec le jeu du clair-obscur, que finalement la lumière est sur la face du Christ et sur celle de Matthieu, tout étonné, qui a l’air de dire : « Pourquoi moi ? » C’est une attitude de surprise tout à fait fondatrice, tellement profonde que, dans notre vie quotidienne, nous n’y pensons pas assez : « J’ai été choisi pour exister et pour être enfant de Dieu ! » Une sainte messe, célébrée par un jeune prêtre pour la première fois, est l’occasion de revenir sur les bienfaits confondants de Dieu, qui « nous a amenés du néant à l’existence » – comme dit la liturgie byzantine – « et qui, après que nous sommes tombés, ne cesse de tout faire pour nous appeler au ciel ». Donc, voilà le premier aspect du mystère du sacerdoce : « Qui es-tu, prêtre ? – Tu n’es pas par toi-même, tu es tiré de rien ». Le prêtre est le signe de l’élection gratuite que Dieu fait de chacun de nous dans son amour.

Homélie complète sur le site de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier

Soutenir la fin des travaux de l’église conventuelle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *