Le « Cheminement Bartimée », conséquence d’Amoris Laetitia

Download PDF

« La Croix » a suivi pendant un an trois couples adultères, divorcés remariés, de la région lyonnaise, engagés dans le « Cheminement Bartimée ». Ce parcours, mis en place depuis 2016 par une équipe de laïcs et l’ancien curé de Bron, permet à ceux qui le souhaitent d’accéder à nouveau à l’Eucharistie.

L’abbé Franck Gacogne, alors curé à Bron, demande au couple :

« Êtes-vous en paix, avec l’ex-conjoint, avec vous-même, au sein de votre couple ? »

À partir de là, le couple et le prêtre se rencontrent régulièrement et le couple s’investit pour des permanences d’accueil et des séances de catéchisme. Alors que leur fils aîné prépare sa première communion en avril 2012, le couple se voit inviter par l’abbé Gacogne à bâtir une célébration de bénédiction de leur union. Celle-ci a lieu cinq mois plus tard, dans l’intimité.

« Et le lendemain, lors de la messe dominicale, nous avons re-communié pour la première fois après douze ans. Cela fut très lourd de sens et d’émotion ».

Exit l’adultère, l’indissolubilité du mariage…

Le « Cheminement Bartimée », destinées personnes vivant en situation d’adultère, s’appuie sur le récit de la guérison de l’aveugle Bartimée (Mc 10,46-52) dans lequel Jésus demande à la foule d’appeler cet homme qui crie sa détresse mais que tout le monde fait taire ; Jésus ordonne ainsi à la foule de changer d’attitude. On compare ainsi une situation choisie volontairement à un handicap…

Un autre couple, suivi par le quotidien, est bien différent. En effet, la femme, déjà mariée, a entrepris une démarche de reconnaissance de nullité de son premier mariage et a obtenu une réponse positive de l’officialité en mars 2009. Le « Cheminement Bartimée » vient alors guérir ses scrupules, et en l’occurrence, cette démarche paraît légitime. Le problème est de rapprocher des situations différentes: s’il y a nullité de mariage, alors il n’y a pas eu mariage et il n’y a pas d’adultère en cas de remariage.

Un « couple parrain » explique ainsi :

« Mais dans Amoris Laetitia, la miséricorde s’affranchit de la loi ; le pardon, qui n’efface rien, redonne la vie. »