Nouvelle déclaration de prélats sur des confusions actuelles dans l’enseignement de l’Église

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Nos confrères de L’Homme Nouveau viennent de mettre en ligne un article de l’abbé Claude Barthe qui synthétise un long papier de Edward Pentin, le vaticaniste bien connu, paru dans le National Catholic Register de ce jour (10 juin). L’article de Pentin est lui-même une analyse d’une déclaration en 40 points datée du 31 mai dernier, signée par deux cardinaux et trois évêques. Voici le texte publié sur le site de L’Homme Nouveau.

*

Le cardinal Burke, patron de l’Ordre souverain militaire de Malte, le cardinal Janis Pujats, archevêque émérite de Riga (Lettonie), et trois évêques, Mgr Tomash Peta, archevêque de Sainte Marie à Astana, Mgr Jan Pawel Lenga, archevêque émérite de Karaganda et Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Sainte-Marie d’Astana (Kazakhstan) viennent ce matin du lundi de Pentecôte de rendre publique une Declaration of Truths, « Déclaration des vérités », réaffirmant les enseignements de l’Église concernant les points aujourd’hui les plus mis à mal, jusqu’au plus haut niveau, dans une époque qu’ils qualifient de « confusion et désorientation doctrinales quasi universelle ». L’information et le texte de huit pages sont donnés par le vaticaniste Edward Pentin, dans le National Catholic Register.

Les rappels moraux concernent la procréation, le mariage et visent spécialement la doctrine d’Amoris lætitia qui fait difficulté :

« Quiconque, époux ou épouse, qui a obtenu un divorce civil du conjoint avec lequel il est validement marié et qui a contracté un mariage civil avec une autre personne du vivant de son conjoint légitime, et qui vit maritalement avec le partenaire civil, choisissant de rester dans cet état en pleine connaissance de la nature de l’acte posé et avec plein consentement à cet acte, est dans un état de péché mortel et ne peut donc recevoir la grâce sanctifiante, ni croître en charité. »

En prévision de l’assemblée du Synode sur l’Amazonie, dont tout porte à croire qu’il remettra en question la discipline du célibat sacerdotal, les déclarants affirment :

« La loi par laquelle les prêtres sont tenus d’observer la continence parfaite dans le célibat découle de l’exemple de Jésus-Christ et appartient à la tradition immémoriale et apostolique selon le témoignage constant des Pères de l’Église et des Pontifes Romains. Pour cette raison, cette loi ne doit pas être abolie dans l’Église romaine par la nouveauté d’un célibat sacerdotal facultatif, que ce soit au niveau local ou universel ».

Sur l’œcuménisme, ils ont ces paroles définitives :

« Le véritable œcuménisme veut que les non catholiques entrent dans l’unité que l’Église catholique possède déjà indestructiblement en vertu de la prière du Christ, toujours entendue par son Père, “afin qu’ils soient un” (Jean 17,11) ».

Mais l’article de la Déclaration le plus fort est l’article 9, qui vise directement et terme à terme la phrase du document d’Abu Dhabi, signé conjointement par le pape François et l’imam d’Al Azhar, du 4 février 2019, portant sur le fait que Dieu voudrait la diversité des religions :

« La religion née de la foi en Jésus-Christ, le Fils incarné de Dieu et le seul Sauveur de l’humanité, est la seule religion voulue positivement par Dieu. Erronée donc l’opinion qui dit que de même que Dieu veut positivement la diversité des sexes masculin et féminin et la diversité des nations, de même il veut aussi la diversité des religions ».

Pour finir, le document en appelle au témoignage de foi des pasteurs et des fidèles, manifestant l’infaillibilité in credendo de l’Église :

« Une voix commune des Bergers et des fidèles par une déclaration précise des vérités sera sans aucun doute un moyen efficace d’aide fraternelle et filiale pour le Souverain Pontife dans la situation extraordinaire actuelle de confusion et de désorientation doctrinale générale dans la vie de l’Église ».

13 comments

  1. Pingback: Nouvelle déclaration de prélats sur des confusions actuelles dans l’enseignement de l’Église (pour ne pas se laisser tromper par les diverses hérésies du pape François) – Magazine Catholique "Les Coeurs Unis"

  2. perrot

    Bonjour,tant qu’on ne reviendra pas sur le célibat obligatoire on ne sera plus crédible et on aura de moins en moins de prêtres!Il faut arrêter de se voiler la façe.

  3. Tony

    Il est quand même dommage que beaucoup d’évêques ne se joignent pas à cette Déclaration de foi alors qu’ils partagent ces propos qui sont vraiment catholiques.

  4. BAINVILLE

    “La Déclaration, à Abu Dhabi, du Pape et du serviteur de Mahomet:
    atteste que «la liberté est un droit de chaque personne :
    …….. Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine». ……….

    C’est de la «Sagesse Divine» que «dérivent le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différent. Pour cette raison, le document condamne le fait de forcer les personnes à adhérer à une religion ou à une culture donnée, ainsi qu’à imposer un style de civilisation que d’autres n’acceptent pas».

    Jamais la religion du Christ n’aurait dépassé le Lac de Tibériade avec une telle déclaration.

    Voilà une déclaration du Pape qui rompt avec l’enseignement bimillénaire de l’Unique Église, assistée de l’Esprit Saint.

  5. BK

    Il y a au sujet d’Amoris Laetitia une erreur de perspective tout à fait révélatrice…

    L’Eglise enseigne :

    1. qu’un péché mortel suppose matière grave, pleine connaissance, entier consentement (et donc entière liberté) (CEC 1857.1859, voir Trente), et que certaines matières sont graves (CEC 1858),

    2. qu’un certain nombre de facteurs peuvent amoindrir la connaissance et la volonté, et donc l’imputabilité (voir par exemple CEC 1860)

    3. “le jugement sur l’état de grâce appartient au seul intéressé, puisqu’il s’agit d’un jugement de conscience” (Ecclesia de Eucharistia, 37)

    L’Eglise ne dit pas : telle personne commet un péché mortel.

    Or la “typologie” proposée repose sur un schéma “accusatoire” ad extra.

    “Quiconque, époux ou épouse, qui a obtenu un divorce civil du conjoint avec lequel il est validement marié et qui a contracté un mariage civil avec une autre personne du vivant de son conjoint légitime, et qui vit maritalement avec le partenaire civil, choisissant de rester dans cet état en pleine connaissance de la nature de l’acte posé et avec plein consentement à cet acte, est dans un état de péché mortel et ne peut donc recevoir la grâce sanctifiante, ni croître en charité.”

    Par ailleurs, il reste une certitude en morale : Dieu ne cesse de prodiguer Sa Grâce, y compris après un péché mortel, et avant d’être retourné (ou allé pour la première fois) se confesser.

  6. BAINVILLE

    Il ne faut pas essayer d’embrouiller ce qui est clair.

    Une situation objective de péché public entraîne une sanction publique.

    Le scandale d’une vie opposée aux commandements divins, s’il n’était pas sanctionné, conduirait d’autres catholiques à relativiser eux aussi l’application des préceptes divins pour leur situation propre, et c’est ainsi que les mœurs, et la foi véritable se perdent.

    Communier dans état conjugal réprouvé par l’Église, c’est un blasphème. Les dérogations avec parcours subjectif adapté n’y changeront rien, la conscience déformée, l’indulgence profonde que chaque sujet a pour lui même entraînent aux dérives lourdes de conséquences pour le salut de l’âme.

    Les réponses du Pape, sur ce sujet, à la Conférence des Évêques d’Argentine sont en opposition frontale avec la doctrine et la pratique sacramentelle de l’unique Église, catholique, celle fondée par un Dieu fait Homme.

  7. GL

    “Dieu ne cesse de prodiguer Sa Grâce, y compris après un péché mortel, et avant d’être retourné (ou allé pour la première fois) se confesser”
    tout à fait d’accord, ce n’est pas Dieu qui retient sa grâce, c’est l’homme pêcheur qui se met dans un état qui ne lui permet pas de la recevoir.
    La grâce est donnée mais non reçue.

  8. GL

    je rajoute que si nous étions contraints malgré nous de recevoir la grâce de Dieu, cela voudrait dire que nous ne sommes pas libres et donc que Dieu ne nous aime pas.

  9. fgt

    à BK

    Je reprends vos points 1, 2 et 3

    1: les matières graves sont explicitées dans les 10 commandements: il n’y a pas de flou là-dessus: relire le 6ème et le 9ème.
    Et la doctrine de l’Eglise énumère quatre péchés particulièrement graves (homicide volontaire, comportement contre nature, oppression des pauvres, refus de payer les ouvriers).

    2.Quels sont ces “facteurs” ?

    3. “le jugement sur l’état de grâce appartient au seul intéressé, puisqu’il s’agit d’un jugement de conscience”
    Je ne comprends pas bien: on peut être juge et partie ?

    Quant à la conclusion,
    ‘Par ailleurs, il reste une certitude en morale : Dieu ne cesse de prodiguer Sa Grâce, y compris après un péché mortel, et avant d’être retourné (ou allé pour la première fois) se confesser’
    De quelle Grâce s’agit-il ? A quoi sert le sacrement de réconciliation ?

  10. BAINVILLE

    Le sujet est grave, bien précisé depuis les débuts de l’Église et les explications comme ” la typologie” proposée repose sur un schéma “accusatoire” ad extra.” ne paraissent pas claires du tout.

    Le risque pour le salut de l’âme du chrétien défaillant, le mauvais exemple, avec entraînement à imiter celui qui est confirmé dans son état “irrégulier” pour les autres. tout cela est très lourd de conséquences et innover en ce domaine fortement défini depuis toujours est interdit par les vertus de prudence et de justice.

    Il faut s’en tenir à cela:
    20. Par la loi naturelle et divine, aucun être humain ne peut exercer volontairement et sans péché ses facultés sexuelles en dehors d’un mariage valide. Il est donc contraire aux Saintes Écritures et à la Tradition d’affirmer que la conscience peut vraiment et justement juger que les actes sexuels entre des personnes qui ont contracté un mariage civil peuvent parfois avoir moralement raison, voire répondre à une demande ou même à un commandement de Dieu, alors que l’une de ces personnes (ou les deux) soit sacramentellement mariée avec une autre personne (voir 1 Co 7, 11 ; Jean Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio, 84).

  11. BAINVILLE

    Pour terminer, la fin de cette courageuse Déclaration est sans ambiguïté: les références à la session XIV du Concile de Trente, au message du Pape Jean Paul II, sont très fermes, guidées par le souci du salut des âmes, but le plus précieux de l’Épouse Immaculée de Jésus Christ. :

    ” 37. En vertu de la volonté du Christ et de la Tradition immuable de l’Église, le sacrement de la Sainte Eucharistie ne peut être donné à ceux qui sont dans un état public de péché objectivement grave, et l’absolution sacramentelle ne peut être donnée à ceux qui expriment leur refus de se conformer à la loi divine, même si leur refus ne porte que sur une seule affaire grave (voir Concile de Trente, Sess. 14, ch. 4 ; Jean-Paul II, Message au Cardinal William W. Baum, le 22 mars 1996).

  12. Fr NL

    BK se trompe complètement sur la question du péché mortel : comme cela serait trop long de relever toutes les erreurs théologiques je cite juste l’Évangile du jour à ce propos :
    Jésus disait à ses disciples :
    « Vous avez appris qu’il a été dit :
    Tu ne commettras pas d’adultère.
    Eh bien ! moi, je vous dis :
    Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
    a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
    Si ton œil droit entraîne ta chute,
    arrache-le et jette-le loin de toi,
    car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
    que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
    Et si ta main droite entraîne ta chute,
    coupe-la et jette-la loin de toi,
    car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
    que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.

    Il a été dit également :
    Si quelqu’un renvoie sa femme,
    qu’il lui donne un acte de répudiation.
    Eh bien ! moi, je vous dis :
    Tout homme qui renvoie sa femme,
    sauf en cas d’union illégitime,
    la pousse à l’adultère ;
    et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
    il est adultère. »

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