La joie du Nonce Apostolique en Suisse de célébrer dans la forme extraordinaire

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Alors que le Pape s’interroge sur ces représentants de l’Eglise (Nonce, évêques…) qui critiquent ouvertement le Pape et l’Eglise [“le fait d’être représentant pontifical est inconciliable avec le fait de critiquer le Pape par derrière, d’avoir des blogs ou carrément de s’unir à des groupes hostiles à lui, à la Curie et à l’Église de Rome”].

Un lecteur du Forum Catholique rapproche cette citation du Pape avec la conférence donnée par le Nonce Apostolique en Suisse sur la liturgie de la messe contenant une bonne partie sur la messe dans la forme extraordinaire. Mgr Thomas Gullickson a déjà exprimé à plusieurs reprises sur son blog sa joie de célébrer la forme antique du rite romain ces 2 dernières années et s’interroge sur les réticences et résistances de certains évêques et prêtres.

3. Présence dans l’église de la forme extraordinaire de la messe comme présupposé pour un enrichissement mutuel des deux formes de l’unique rite romain (prêtres et évêques : il est temps de mettre fin à votre résistance contre le Vetus Ordo)

Si vous voulez, ce point est fondamentalement un appel à la tolérance au sein de l’Eglise et au respect des directives du Pontife Romain.

Avec la publication de Summorum Pontificum, le 7 juillet 2007, Lettre apostolique en forme de motu proprio de Pape Benoît XVI, avec les autres documents associés, tous et spécialement les évêques, nous avons reçu l’invitation du Pape à collaborer à la promotion de l’enrichissement mutuel des deux formes du seul rite romain. Attention ! Est-ce que le nonce se montre traditionaliste, oui ou non ? Ce n’est pas si simple – je ne nie pas que je fais volontiers un peu de réclame pour la messe tridentine, mais en ce moment je veux mettre l’accent sur l’enseignement du pape Benoît XVI dans Summorum Pontificum et ailleurs dans ses écrits. Je m’explique.

Il y a un an, j’ai accepté de donner deux conférences à un groupe de prêtres, membres d’une association nationale irlandaise. La réunion a eu lieu au sanctuaire marial de Knock dans l’ouest de l’Irlande. Un des points sur lesquels le groupe m’a demandé conseil était la façon de célébrer la messe avec plus de révérence et de recueillement. Je dirais que généralement chez les prêtres et les catholiques de bonne volonté, ce désir est présent partout dans l’Église. Comment s’y prendre ? Le problème et donc la sagesse de l’appel du pape Benoît XVI est dans son invitation à laisser une place à l’ancien rite et ceci précisément pour favoriser l’enrichissement mutuel entre les deux formes de la messe (Vetus et Novus Ordo). Malheureusement, surtout dans l’Ouest, dans la plupart des paroisses, la célébration selon le Missel de Paul VI est vécue comme une chose sans ancrage, sans point de référence faisant autorité, qui dise : oui, ceci est respectueux, ceci est moins respectueux et ceci ne l’est pas.

En clair et en référence à mon expérience ici en Suisse, il y a quelques mois, j’ai dû annuler une invitation dans une paroisse où ils ont annoncé qu’ils voulaient ce dimanche utiliser une lecture non tirée de la Sainte Écriture et supprimer d’autres parties de la messe pour permettre une grande procession d’offertoire. Ils m’ont écrit d’avance pour justifier ces modifications et suppressions sous prétexte que le temps disponible pour la messe était limité. Une autre fois, dans une autre paroisse, ils m’ont demandé si cela me faisait difficulté que les garçons préparent un peu de hip hop, je pense au rite pénitentiel de la messe. J’ai dit que c’était faux et ils ont abandonné le hip hop. Le problème est que vous pouvez dire ce que vous voulez, mais dans l’esprit de certaines personnes, la loi en vigueur et les rubriques relatives à la messe ne fixent pas certaines choses sans équivoque. Bien sûr, cela fait partie de l’esprit anti-normes (anti-loi) de notre époque, mais une personne, un prêtre ou un laïc, qui tient à la loi est étiqueté comme trouble-fête ou râleur. Dans le climat actuel d’arbitraire du Novus Ordo, il n’y a pas de pouvoir contraignant auquel je puisse faire appel. Je peux seulement dire non aux choses que je sais contraires à la loi ou refuser de participer. Depuis des décennies, on peut dire que la situation du Novus Ordo est en constante dégradation ou du moins en stagnation.

En cela, je trouve sage l’approche du pape Benoît : un enrichissement mutuel des deux formes. Il y a ceux qui disent que c’est trop peu de se concentrer sur l’enrichissement mutuel. Je voudrais bien voir pourtant si les évêques et les paroisses qui accorderaient une place et un soutien à la promotion du Vetus Ordo auprès de ceux qui le souhaitent ne feraient pas des miracles par cette générosité. Je crois que plus d’ouverture à la célébration du Vetus Ordo communiquerait, d’abord au clergé puis aux fidèles de bonne volonté, un vrai sens de révérence et une compréhension claire de la vraie nature du sacrifice de la messe, éliminant ainsi les abus si fréquents aujourd’hui avec le Novus Ordo. Je parle ici d’un premier pas pour retrouver la qualité de célébration requise dans le domaine liturgique.

Je suis assez vieux pour me souvenir de la violence (souvent de petite taille, mais parfois aussi de grande) avec laquelle la réforme liturgique a été imposée aux fidèles qui ne cherchaient rien de tel il y a cinquante ans. Je pense que le pape Benoît, avec Summorum Pontificum, voulait réparer cette violence, en rendant tous ses droits au Vetus Ordo, mais en évitant de nouvelles violences. C’est-à-dire que Summorum Pontificum a été promulgué pour restituer un espace dans l’Église à la messe de tous les temps, mais aussi pour réparer les péchés et les sacrilèges commis dans le passé avec l’imposition du Novus Ordo.

À cela, le pape Benoît a ajouté l’idée d’un enrichissement mutuel des deux formes (Vetus et Novus Ordo). D’une part, la notion est bonne et correspond à la volonté du concile Vatican II en faveur d’une réforme liturgique. D’autre part, le Pape Benoît a constaté que la réforme postconciliaire avait déraillé. Il n’est pas possible que la Sainte Liturgie soit comme elle est aujourd’hui (je le répète), surtout dans les paroisses d’Occident. Nous vivons souvent la célébration selon le missel de Paul VI comme une chose sans ancrage, sans point de référence faisant autorité qui dise : oui, ceci est respectueux et ceci ne l’est pas. C’est faux d’appeler Divine Liturgie ce qui se passe dans de nombreuses paroisses le dimanche. Dieu par son unique et véritable Église ne peut être si arbitraire. Il suffit d’interroger n’importe quel enfant ou adolescent et ils vous diront que certaines choses sont l’invention du prêtre, du diacre ou de “Madame Une Telle”.

Ce soir, je veux simplement lancer un appel à votre compréhension pour la supplique que j’ai adressée en premier lieu aux prêtres et aux évêques, afin de rendre possible cet enrichissement mutuel, surtout en laissant tomber leur opposition à la célébration du Vetus Ordo. Sur mon blog, parlant souvent aux évêques et aux prêtres, je présente ma joie de découvrir le Vetus Ordo. Joie pour moi dans la découverte en tant qu’évêque de la messe tridentine, que ce soit sous la forme de la messe pontificale et ou sous la forme plus simple de la messe “prélatique”. Il appartient aux évêques de jouer un rôle de premier plan, de leader dans la réparation des dégâts historiques et dans la préservation de la perle précieuse du Sacrifice de la Messe. Pour ce faire, ils doivent donner place à la tradition, à ce qui était et est une constante de la vie de l’Église.

Pour ce soir, je lance mon appel dans le sens de la demande de ce groupe de prêtres irlandais de pouvoir trouver ou identifier en quoi consiste une messe célébrée avec respect. Ici aussi, comme dans les points précédents, je ne me gêne pas de dire que la clé est de comprendre la nécessité qui qualifie les choses qui sont de Dieu. Il y a évidemment beaucoup plus en jeu ici, que je laisse à d’autres ou à d’autres occasions.

Conférence complète

Photos FSSP (Messes célébrées en la Basilique Notre-Dame de Fribourg – Suisse en décembre 2017)

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