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Une réponse du Pr Roberto de Mattei aux critiques de sa supplique relative à Assise III

Commentaires (9)
  1. Jean Ferrand dit :

    “Le père Marie-Dominique Chenu: « C’est le rejet officiel de l’axiome qui était enseigné jadis : hors de l’Eglise, point de salut » (“Panorama”, 2 novembre 1986).”

    Tout le monde sait que les positions du père Dominique Chenu étaient tendancieuses et peu orthodoxes.

    Chaque fois que le pape sert la main d’un pasteur protestant, ou d’un imam, ou d’un rabbin, on pourrait dire aussi qu’il enfreint l’axiome bien connu : “hors de l’Eglise point de salut”.

    Il ne faut pas exagérer. Tout le monde entend bien cet axiome dans le sens que lui donne l’Eglise catholique. Il n’y a pas de salut pour celui qui rejette délibéremment et sciemment l’Eglise comme communauté des sauvés, comme véritable et unique arche de Noé.

    Mais tout le monde aussi sait bien qu’il y a des hommes de bonne volonté dans toutes les confessions, dans tous les peuples, dans toutes les communautés. Et que ceux-là aussi pourront être sauvés.

    “Qui n’est pas contre nous est pour nous.” (Mc 9,40).

    Pas plus à Assise qu’ailleurs la papauté n’a rejetté l’adage patristique qui figure en bonne place dans le Catéchisme : Hors de l’Eglise point de salut. (N° 846-848).

    “Cette affirmation ne vise pas ceux qui, sans qu’il y aille de leur faute, ignorent le Christ et son Eglise.” (N° 847).

    On peut supposer qu’Assise comme ailleurs le pape sert la main à des hommes de bonne volonté.

    Jean-Paul II avait pris grand soin à Assise de ne pas faire de prière commune, mais seulement des prières conjointes, chacun à part soi.

  2. Luc Warnotte dit :

    M. Ferrand, on espère bien que le pape ne rejette pas explicitement le “hors de l’Eglise point de salut” (et il ne viendrait pas à l’esprit de soupçonner Benoît XVI d’une telle turpitude) mais il subsiste deux problèmes, et non des moindres: 1) Comme le disent les signataires de l’appel paru dans le Foglio, on a beau faire toutes les distinctions qu’on veut, le catholique moyen comprendra cette réunion comme l’équivalence de toutes les réunions. C’est donc un scandale, au sens évangélique de “occasion de chute”; 2) Même s’il n’y a pas de prière commune, le pape invite tout le monde pour prier chacun dans sa religion. Autrement, dit, il demande e.a. à des adorateurs de fausses divinités de poser des actes de religion envers de faux dieux. Ca pose un léger problème…

    Ceci sans polémique ni sans juger qui que ce soit mais, quant aux faits, il ne faut pas se voiler la face.

  3. Jeanne Smits dit :

    La traduction intégrale de ce discours important était dès samedi soir sur mon blog, ici : http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2011/02/exclusif-en-avant-premiere-la.html.

    Il mérite vraiment d’être lu de bout en bout.

    Amitiés

  4. Jean Ferrand dit :

    Pas plus à Assise qu’ailleurs la papauté n’a “rejeté” l’adage patristique. Bien sûr.

  5. Jean Ferrand dit :

    “et il ne viendrait pas à l’esprit de soupçonner Benoît XVI d’une telle turpitude”.

    Si, à l’esprit de feu le père Marie-Dominique Chenu, d’après le corps de l’article que nous commentons. Tout au moins il en avait soupçonné Jean-Paul II, sinon encore Benoît XVI.

    Adorer de faux dieux, je ne suis pas tout à fait d’accord. S’il n’y a qu’un seul Dieu, tous les monothéistes adorent le vrai Dieu, quoique d’une manière différente.

    Les juifs adorent le vrai Dieu, qui est Yahvé. Les musulmans adorent Allah, qui est le nom arabe de Dieu.

    Les bouddhistes ont une spiritualité plus vague. Mais ils ne sont pas à proprement parler idolâtres.

    Vatican II, concile oecuménique, a reconnu au nom de l’Eglise catholique, la validité du dialogue avec les religions non chrétiennes. “L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions.” (Nostra Aetate, 2).

    Assise ne fait que mettre en oeuvre ce dialogue.

    Attention. Je ne nie pas a priori les risques d’ambiguïté. Je ne désapprouve pas les appels au pape faits en ce sens-là, pour le mettre en garde. Je suis prêt même à y coopérer.

    Je me joindrai à ces appels, mais dans la confiance et le respect filial.

  6. Benoît dit :

    “Les juifs adorent le vrai Dieu, qui est Yahvé. Les musulmans adorent Allah, qui est le nom arabe de Dieu.”

    Les Juifs adorent le vrai Dieu, d’Isaac, d’Abraham et de Jacob. Oui certainement.
    .
    Mais concernant les Musulmans, permettez un doute.
    .
    Ce ne peut être le même Dieu qui nous a aimé jusqu’à mourir sur la croix et celui qui veut la décapitation de celui qui refuse de se soumettre à Allah et de reconnaître Mahommet comme son prophète.
    .
    Et je précise encore que cela n’étant pas contradictoire avec le fait que certains Musulmans ignorent volontairement ou non des imprécations et désirent vivre en paix avec leur voisins en cherchant eux-même les défauts à purifier.

  7. Jean Ferrand dit :

    Attention. Je n’ai pas prétendu que le message du Coran était authentique.

    Allah est un nom sémite de Dieu, antérieur à l’Islam. Les chrétiens arabes l’appellent ainsi.

    Même racine que le mot El, Elohim au pluriel, qui est le nom commun de Dieu dans la Bible, Yahvé, ou ‘Il est’, étant le nom propre, ou révélé.

  8. franz dit :

    Merci au professeur De Mattei pour cet excellent article qui pose les véritables questions sur les “Assises” et qui met en lumière les “problèmes” que l’on ne peut nier !
    Qu’il y ait une réunion de leaders humains (religieux ou autres) pour tâcher d’obtenir la paix peut être une bonne chose. Mais la déclaration d’intention doit rester strictement “civile”. Il faut absolument éviter tout acte religieux commun à tendance syncrétique, toute profanation de lieu de culte catholique par d’autres religions, qu’elles soient païennes ou monothéistes, et qui pourrait faire penser que toutes les religions sont égales, qu’elles sont après tout des inventions humaines. Le Christ est-il venu ou pas ? Osons faire confiance au Saint-Père pour bien gérer Assise III, si il a lieu…

  9. JMT dit :

    C’est tout le chapitre 16 d’Ézéchiel qui est à relire. Si ma mémoire est bonne, la prostitution dont il est question est l’image couramment employée par les prophètes pour désigner l’idolâtrie, le mélange de la vraie religion avec les faux-dieux…

    Prions pour notre Saint Père le Pape.

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