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Laïcité : la religion n’est pas un ornement éthique

Commentaires (4)
  1. jacq44 dit :

    Pour une fois je suis d’accord avec lui, pourquoi ne parle t il pas plus souvent comme cela a t il peur des ses propres troupes cléricales?? Ou bien devant cette assistance à laquelle il ne faut pas en compter il a décidé de parler vrai ?

    jacq44

  2. raoul dit :

    Bravo pour l’évocation, en bonne place, du problème majeur des enfants à propos de la loi Taubira ainsi qu’à propos de l’offensive nouvelle qui s’annonce concernant la PMA. Et Mgr Vingt-Trois a raison d’inscrire l’évocation de ce problème majeur dans une réflexion générale sur la question de la laïcité, c’est-à-dire, en l’occurrence, sur la question des relations entre l’Eglise et l’Etat dans le traitement des sujets sociétaux à fort contenu éthique comme c’est le cas, tout particulièrement pour le mariage, l’adoption et la PMA.
    Il nous semble cependant qu’il y a dans l’analyse ainsi proposée sur la laïcité un manque extrêmement grave par ses conséquences, que nous pensons donc très important de signaler ci-après, à titre de contribution à la réflexion collective.
    Il nous semble bien, en effet, à lire attentivement le texte de Mgr Vingt-Trois, que sa pensée se résume bien dans l’énoncé suivant: “… A cette société, comme à Ninive, nous sommes invités à adresser les avertissements que Dieu nous inspire, respectant la liberté de chacun pour les accueillir ou pour les réfuter, pour les suivre ou pour s’ en détourner”.
    Cela est vrai, mais il y a un point omis, à savoir que le croyant et plus particulièrement, comme le dit Mgr Vingt-Trois, le chrétien, n’a pas seulement la possibilité et, dès lors le devoir, d’émettre devant la société les avis que lui inspirent sa foi et sa raison, en cela de parler, donc, comme un prophète. Il a aussi la possibilité, et dès lors le devoir, de traduire les enseignements de sa foi et de la traduire en actes, notamment, pour les parlementaires par leur vote sur les lois, et pour les simples citoyens, par leur vote pour un candidat ou pour un autre. Or ce point est évidemment essentiel. Là est le vrai point d’articulation concret, au-delà du domaine des discours prophétiques, entre la foi du fidèle catholique et la politique. Il est à nos yeux très dommage de ne pas évoquer très explicitement ce point de l’action par le vote dans une réflexion sur la relation entre l’Eglise et l’Etat, car il y a là une articulation toute simple, et à propos de laquelle de très graves anomalies peuvent être observées au sein de l’Eglise.
    Les anomalies en cause résident notamment dans le fait que des hommes politiques s’ affichant comme catholiques convaincus ont œuvré activement en faveur de la loi Taubira et ont voté pour elle. On ne citera pas de nom ici, car il ne s’agit pas de personnaliser le débat, mais il est des parlementaires catholiques qui, en faveur de cette loi, étaient à la manœuvre aux avant-postes et ont joué un rôle tout-à-fait décisif pour la faire aboutir. Est-ce que l’évêque de leur diocèse a pris contact, avec eux ou le curé de leur paroisse pour leur expliquer, car ils faisaient montre de l’ignorer, qu’une loi transgressant de manière flagrante une loi naturelle essentielle est nécessairement porteuse de mal pour l’homme et pour le monde, pour leur rappeler aussi que si un homme politique promeut une loi heurtant des principes essentiels touchant à la famille, ou à la vie, il commet une faute grave reconnue comme telle par son Eglise ? Il ne le semble pas lorsque l’on voit la parfaite tranquillité affichée par les catholiques qui agissent ainsi. Le dysfonctionnement réside plus généralement dans le fait que nos autorités ecclésiales ne paraissent nullement s’émouvoir de ce que des mouvements catholiques, ou des organes de presse catholiques se montrent parfois, pour ne pas dire souvent, plus que complaisants à l’égard de projets de loi totalement contraires à la foi et à la raison. Il réside même parfois dans la situation paradoxale extrême où l’on voit un évêque même reprocher à ses fidèles de faire usage, et en toute légalité, de leur droit de résister, par la voie de la manifestation publique, pour contribuer à maintenir une pression de l’opinion en faveur de l’abrogation, dès que cela sera possible, d’une loi qui prive des enfants, alors que rien n’y oblige, de père ou de mère.
    Bref, c’est bien d’évoquer le rôle prophétique de l’Eglise, et aussi d’exercer ce rôle prophétique comme la plupart des évêques l’ont bien fait, et souvent avec courage, il ne s’agit pas ici, bien au contraire, de le nier, en exprimant nettement leur avis en externe sur la scène publique. Mais il ne faudrait pas oublier le rôle pastoral en interne, qui est tout aussi important et même sans doute plus encore par ses conséquences pratiques(car en externe, libre à un non croyant d’écouter ou de ne pas écouter ce que dit le prophète, alors qu’on peut espérer que le fidèle tiendra souvent compte du message pastoral de l’évêque et du prêtre à son adresse), à savoir celui d’ expliquer au fidèle que sa foi et sa raison lui commandent de ne pas apporter son appui à des lois contraires à quelques principes essentiels et non négociables. Cette action en interne a parfois très gravement manqué pour la loi Taubira qui prive maintenant des enfants de père ou de mère. Vraiment, il ne faut pas que cela se renouvelle lorsqu’il va s’agir, sous peu, de promouvoir l’advenue au monde, par la PMA, d’enfants privés, de naissance, de père.

    1. Martina dit :

      Je suis d’accord avec votre analyse. Les prêtres ont failli à leur devoir. J’ai essuyé une algarade en pleine messe où j’avais inséré une intention pour la conversion des musulmans dans la prière universelle. “Ils connaissent Jésus , on ne prie pas pour leur conversion”, a-t-il proclamé…….
      Ces prêtres sont également pour l’avortement ” dans certains cas” , et ne se préoccupent des catéchismes.
      Sa dernière demande à été pour qu’on s’occupe des Roms, en les aidant matériellement, en les accompagnant dans leurs démarches , ex chez le dentiste……..

  3. Georges Cattin dit :

    Brillante analyse d’un archevêque de Paris, que l’on a peut- être trop tendance à comparer avec son prédécesseur, mais qui révèle une qualité de foi et une noblesse intellectuelle supérieurement édifiantes.

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