Riposte Catholique
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Le cardinal Bergoglio et le baptême des enfants
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Sandro Magister, vaticaniste bien connu, a récemment écrit un article fort intéressant (ici) sur la pratique du baptême en Argentine (comparée notamment avec ce qui se passe dans certains pays d’Europe). Voici quelques
passages importants:

“Dans certaines parties de l’Europe, baptiser un enfant est déjà un geste minoritaire dont l’accomplissement suppose une décision à contre-courant. Mais désormais, en Argentine aussi, de plus en
plus d’enfants, d’adolescents, de jeunes, d’adultes ne sont pas baptisés.
 
Cette baisse de la pratique du baptême résulte d’un affaiblissement des liens familiaux et d’un éloignement vis-à-vis de l’Eglise. Dans le clergé, certains en ont déduit que, là où l’on voit les
signes de la foi s’éteindre, il n’y a même pas lieu d’administrer les sacrements.
 
Au contraire, en Argentine, les autorités ecclésiastiques vont aujourd’hui dans le sens inverse.
 
Déjà en 2002 l’archevêché de Buenos Aires et les évêchés voisins avaient publié une instruction recommandant vivement de baptiser à la fois les enfants et les adultes et expliquant comment
surmonter les résistances à la célébration du rite.
 
Maintenant, les évêques de la région sont revenus à la charge avec une brochure intitulée “El bautismo en clave misionera”, qui reproduit l’instruction de 2002 et la complète par d’autres
indications pour guider les curés.
 
Depuis cette année, les curés les plus actifs annoncent donc périodiquement des “journées du baptême”, au cours desquelles ils administrent le sacrement à des enfants et à des adultes en situation
de pauvreté ou issus de familles divisées, qu’ils aident à surmonter leur méfiance et celle de leur entourage.”
 
Et de citer ce très beau témoignage du cardinal Bergoglio: 
“L’enfant n’est aucunement responsable de l’état du mariage de ses parents. Le baptême des enfants peut même devenir pour leurs parents un nouveau départ. Il y a quelque temps, j’ai moi-même
baptisé les sept enfants d’une femme seule, une pauvre veuve qui fait des ménages. Elle les a eus de deux hommes différents. Je l’avais rencontrée à la fête de Saint Gaétan. Elle m’avait dit : mon
père, je suis en état de péché mortel, j’ai sept enfants et je ne les ai jamais fait baptiser, je n’ai pas d’argent pour les parrains et pour la fête… On s’est revus et, après une brève
catéchèse, je les ai baptisés à la chapelle de l’archevêché. Cette femme m’a dit : mon père, je ne peux pas y croire, vous me rendez importante. Je lui ai répondu : mais madame, je n’y suis pour
rien, c’est Jésus qui vous rend importante.”

Quelques précisions sur la communication du saint-siège
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Le moins que l’on puisse dire, c’est que, pour des laïques habitués à l’efficacité des communications d’entreprise,
la communication du “Vatican” (entité aussi vague qu’inexistante dans la réalité…) est complexe. Nous reviendrons un jour prochain sur ce dossier, mais, en attendant, voici un excellent
résumé découvert voici quelques jours
ici:

“L’organisation et surtout la structure chargée de la communication du Saint-Siège est très, voire trop complexe. Aussi, il est parfois fort difficile de s’y retrouver. Elle doit
justement, à mon avis, être réformée, simplifiée et unifiée. Elle est composée: – de la salle de presse (dirigée par la Secrétairie d’Etat – dont le directeur est le Père Lombardi), du site
Internet (www.vatican.va), du Centre télévisé du Vatican (CTV), de Radio Vatican (qui détient les droits sur la voix du Pape) et du journal “l’Osservatore Romano” dirigé par M. Vian. Le Père
Lombardi dirige le CTV et Radio Vatican.1


Le conseil pontifical pour les communication sociales s’occupe, pour faire très court, des “recherches” mais
n’occupe pas directement de la communication du Saint-Siège.


Navarro Valls faisait partie de la “famille” du Pape Jean Paul II, avec le secrétaire Don Stanislaw Dziwisz. Il
avait un contact très étroit, immédiat et direct avec le Pape. Ses liens avec la secrétairie d’Etat était plus flou.


Le Père Lombardi rencontre environ une fois par mois le Pape Benoît XVI. La Secrétairie d’Etat, dirigé par le
Cardinal Bertone, s’occupe donc de la communication du Saint Siège. Les actes officiels du Saint-Siège et de la Curie romaine (dicastères et conseils pontificaux) sont ceux que l’ont retrouvent
dans les Actes du Saint Siège (Acta Apostolicae Sedis).


Le Père Frederico Lombardi, n’est pas le porte-parole du Pape, mais le directeur de la salle de presse du
Saint-Siège. Cette dernière exprime la position du Saint-Siège par des communications précises: communiqués de presse, déclarations, conférences de presse etc.


Aussi, ni les propos des évêques de la Curie ou des Cardinaux expriment l’avis du Saint Siège. L’Osservatore
Romano (journal du Vatican) est un organe officieux.


Le Vatican n’est qu’un Etat, qui permet d’assurer la totale indépendance du Pape. Il ne dépend d’aucun souverain
pour assurer sa mission spirituelle. Aussi, pour l’Eglise il faut parler du Saint-Siège, une entité de droit, reconnue internationalement, qui peut exister sans le Vatican (ce dernier existe
depuis les accords du Latran de 1929 signés par le Pape Pie XI, qui mis un terme à une période, lorsque le bienheureux Pie IX, et ses successeurs (Léon XIII-Saint Pie X et Benoît XVI) se
considérèrent prisonnier au Vatican, et ceci suite à la fin des Etats pontificaux en 1871 (Il Risorgimento et l’Unité italienne ).”

L’Eglise contre le sida
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On se souvient de la polémique à propos du préservatif qu’avait, bien malgré lui, déclenchée Benoît XVI à la veille
de son voyage en Afrique. Après les réponses circonstanciées de bon nombre d’évêques africains, l’agence de presse Zénit (voir ici) attire
notre attention sur un passage de l’Angélus de dimanche dernier qui m’avait échappé: “L’Eglise, a déclaré le Pape, ne cesse de se dépenser pour combattre le sida, à travers ses
institutions et le personnel qui lui est consacré.”

Une nouvelle fois, rappelons que l’Eglise n’a de leçon à recevoir de personne en matière de soins aux malades – et, tout spécialement, en Afrique, où les grands donneurs de leçons du monde
occidental ne se bousculent pas au portillon!

Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois
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La dernière assemblée des évêques de France, à Lourdes, le mois dernier, a mis en évidence la nervosité « gallicane
» du cardinal de Paris vis-à-vis de ses confrères ratzinguériens. On peut rappeler que la visite du pape à Paris, en septembre 2008 a été, en fait, extrêmement tendue entre l’archevêché de Paris et
le Saint-Siège. De véritables négociations avaient eu lieu avant, menées par l’intermédiaire de l’ambassade de France auprès du Saint-Siège, et mettant face à face les représentants du Saint-Siège
et les autorités ecclésiastiques françaises (essentiellement le cardinal André Vingt-Trois, à la fois archevêque de Paris, président de la conférence des évêques de France). On a même parfois
fortement haussé le ton du côté des interlocuteurs romains devant les réserves et les freins opposés par les autorités ecclésiastiques françaises.

Finalement, sur deux points en litige, on a coupé la poire en deux : André Vingt-Trois a dû accepter l’exigence du pape, qui tenait à distribuer la communion à genoux sur la bouche (c’était avant
la grippe A…) ; mais le Pape a dû admettre qu’il prononcerait son grand discours sur la culture chrétienne, non pas, comme il l’aurait voulu, sous la coupole de l’Académie française (le cardinal
Joseph Ratzinger avait été reçu à l’Académie des Sciences morales et politiques), mais au collège des Bernardins restauré à grands frais par l’archevêché de Paris. Malgré ce, officiellement, tout a
été très cordial. Cependant, tous les téléspectateurs ont pu voir en gros plans que le cardinal de Paris était plus que tendu. Même dans les échanges les plus banals, où on aurait pu faire
semblant, les petites distances défiantes que sait poser le Pape étaient fréquentes.

Le chef-d’œuvre du genre fut lors du déjeuner avec les évêques de la région d’Ile-de-France que le cardinal de Paris avait voulu, le samedi 12 septembre, après la messe aux Invalides. On dit que le
Pape aurait aimé une rencontre avec les jeunes prêtres qui étaient venus en masse à la cérémonie. Il a eu droit à un club épiscopal parisien très typé. Le personnel ancillaire et autre a alors
assisté médusé, dans la grande salle à manger de la nonciature, à un spectacle étonnant, dont on comprend que les convives évêques n’aient pas voulu le rapporter. Tout d’abord, les évêques étonnés
ont été invités à se mettre à table seuls avant l’arrivée du pape, le nonce attisant la conversation.
Au bout d’un certain temps, le Pape est enfin arrivé. On lui a alors servi une assiette à l’allemande avec un repas complet léger, arrosé d’un jus d’orange, puis pour finir d’un fond de vin. Il a
ensuite bu une tasse de café, cependant que les évêques continuaient leur repas au rythme du service. Puis il s’est levé et les a laissé achever entre eux. Pendant le moment où il était à table, il
a parlé au nonce, à quelques évêques… mais n’a pas adressé un seul mot au cardinal Vingt-Trois assis en face de lui. Et toc.

Deux jours après, le 14 septembre, à Lourdes, dans l’hémicycle Sainte-Bernadette, le Pape adressait au cardinal et aux autres évêques de France un discours qui leur faisait la leçon : « La
catéchèse n’est pas d’abord affaire de méthode, mais de contenu. […] J’ai été amené à préciser, dans le Motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d’exercice de cette charge, en ce qui
concerne la possibilité d’utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). […] Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir
s’y sentir chez lui, et jamais rejeté. […] Une question particulièrement douloureuse est celle des divorcés remariés. L’Église, qui ne peut s’opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le
principe de l’indissolubilité du mariage, tout en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut donc admettre
les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes ». Et retoc.

La douche était si froide (essentiellement à propos du Motu Proprio, dont le Pape sait que la majorité des évêques de France, et surtout le premier d’entre eux, n’arrivent toujours pas à l’avaler)
que Mgr Vingt-Trois « s’est lâché » au cours d’une conférence de presse qui a suivi immédiatement ce voyage (le 14 septembre) : « Les rapports du pape avec les évêques ne sont pas des rapports de
patron à employés. Il n’est pas un PDG d’une multinationale qui vient visiter une succursale » : entre les évêques de France et le Pape il n’y a pas de « rapports de subordination servile »…

Gallicans nous sommes, gallicans nous resterons !

Communication et polémique
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Lu sur le blogue de Bruno Mastroïanni (ici), avec la traduction du blogue Benoît et moi (), cette synthèse des polémiques anti-Benoît XVI:

“D’abord, il était le Panzerkardinal, tout prêt à critiquer. Ensuite, à peine élu pape, a commencé le leitmotiv du charisme inférieur à celui de son prédécesseur.
Après est venue l’ère des “analystes” (en général, aux cheveux blancs, et tristes) le dépeignant comme le représentant de l’Eglise du passé, incapable de saisir l’esprit de l’époque (l’air du
temps
).
Ils ont essayé de le faire apparaître comme un antisémite, l’ont mis en conflit avec l’islam à Ratisbonne, lui ont tendu un piège avec l’histoire des lefebvristes, l’ont mis sur la sellette avec le
préservatif, essayant de le ridiculiser en l’accusant d’être loin de la réalité.
Pourtant, Ratzinger a continué tranquillement: il dialogue avec les monothéismes, il a écrit de sa main aux évêques pour s’expliquer, il a démontré avec Caritas in veritate combien sa
vision est lucide.

D’autres, soumis à la même pression, auraient donné quelque signe de faiblesse.
Benoît XVI, au contraire, a continué avec calme, avec la détermination de celui qui suit une direction.
Montrant que la polémique est comme le brouillard: même épais et désagréable, c’est un phénomène surperficiel destiné à s’estomper.
Ce qui compte est derrière la couche: Ratzinger est une des rares personnes au monde capable d’offrir encore à l’homme une vision solide et unitaire du sens de la vie.
Même si dans les fumées médiatiques, les “grandes gueules” (strilloni) semblent les seuls à avoir la voix au chapitre, cela n’éteint pas la saine aspiration de l’homme aux explications
éloquentes.
Le Pape est en train de donner une leçon de communication: on peut se boucher les
oreilles, détourner le regard de l’autre côté ou être distrait par le bruit, mais il est impossible d’ignorer un message quand il est cohérent.”

Benoît XVI et la houlette de Pie IX
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Le blog du Fr Zuhlsdorf, très informé notamment sur les questions liturgiques, nous signale (ici) que Benoît XVI, à l’occasion de l’entrée en Avent, a changé de bâton pastoral: il sera désormais plus proche de la férule
naguère utilisée par le pape Pie IX. Une nouvelle et discrète manière de critiquer la fameuse “herméneutique de rupture”.

On peut voir une photo du Pape avec sa nouvelle férule chez nos confrères de Summorum pontificum observatus (ici)

25e anniversaire de la médiation pontificale entre le Chili et l’Argentine
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Le saint-siège, bien qu’il ait été spolié de ses Etats à la fin du XIXe siècle par le très maçonnique Risorgimento,
est resté une grande puissance internationale – fort différente, est-il besoin de le préciser? des autres puissances internationales.

Il l’a montré encore à la fin du XXe siècle sous le pontificat de Jean-Paul II en réussissant magistralement (car l’Eglise n’est pas seulement “mater”; elle est aussi “magistra”…) une délicate
médiation entre le Chili et l’Argentine.

Benoît XVI a reçu le 28 novembre Cristina Fernandez de Kirchner, présidente argentine, et Michelle Bachelet Jeria, présidente chilienne, pour commémorer la réussite de cette médiation (ni l’une ni
l’autre ne sont réputées pour leur zèle pour le catholicisme, mais du moins l’amour de leurs pays respectifs leur fait-il apprécier le rôle salutaire du saint-siège dans cette affaire).

Liturgie et espérance
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Dans son sermon pour les premières vêpres de l’Avent, Benoît XVI a donné un petit cours sur l’année liturgique, dont
voici quelques extraits, puisés dans le texte de l’agence de presse VIS:

“[L’Eglise présente] dans son cycle annuel tout le mystère du Christ, depuis l’Incarnation et la Nativité jusqu’à l’Ascension, le jour de Pentecôte et l’attente de la bienheureuse espérance et du
retour du Seigneur… Le Concile insiste sur le fait que le centre de la liturgie est le Christ, comme le soleil autour duquel, comme des planètes, tournent la bienheureuse Vierge Marie , la plus
proche, et aussi les martyrs et les autres saints qui, dans le ciel, chantent à Dieu la louange parfaite et intercèdent pour nous”.

“Voilà quelle est la réalité de l’année liturgique vue, pour ainsi dire, du côté de Dieu. Et qu’en est-il, côté homme, de l’histoire et de la société? Quel relief peut-elle avoir? La réponse nous
est suggérée par le chemin de l’Avent que nous entreprenons aujourd’hui. Le monde contemporain a surtout besoin d’espérance.”

“Celui qui aspire à la liberté, à la justice, à la paix peut redresser et lever la tête, parce que, dans le Christ, la libération est proche…”

Le scandale de la pédomanie
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Lu sur le blogue du Suisse romain (ici) ce commentaire sur les nouvelles révélations de “pédophilie” en Irlande
:

« – L’Église n’a pas peur de la vérité et elle seule garantie la liberté et la crédibilité de l’Eglise. C’est catastrophique de penser vouloir préserver l’Eglise en taisant l’intolérable. C’est
blesser encore une fois les enfants.

– Jean Paul II puis Benoît XVI ont entrepris une politique de tolérance zéro, de justice et de vérité. Benoît XVI
pense très justement que l’on doit toujours être du côté de la vérité, qu’elle soit favorable ou défavorable pour une institution.

– Prions pour les victimes, en souhaitant de tout cœur et de toutes nos forces qu’elles obtiennent justice, vérité
et réparations afin qu’elles se reconstruisent.

– Ironie du timming médiatique: Nicolas Sarkozy a joué de son influence pour faire libérer Roman Polanski (pour
des faits remontant à 30 ans).

– L’intégrité morale demande d’être conséquent sur les deux questions. »

Bien que je n’aie pas lu le rapport irlandais, ce que j’avais vu naguère sur les scandales de prêtres “pédophiles” (comme disent les journaux, en fait “éphébophiles”) aux États-Unis me conduit à
ajouter ceci :
1) Comme le montre parmi bien d’autres cas l’affaire Polanski, les belles consciences morales ont des indignations à géométrie variable : manifestement, ce qu’on appelle bêtement la “pédophilie”,
et qui n’a rien à avoir avec un quelconque amour des enfants, est plus grave si elle est pratiquée par un prêtre catholique que par toute autre personne.
Ce qui en un sens est très profondément vrai – et je préfère y voir un hommage involontaire de la “grande presse” à l’unique vraie religion…

2) Le “politiquement correct” dénonce volontiers la pédophilie… et il a bien raison. Peut-être ne serait-il pas inutile de rappeler que la plupart des faits ne concerne pas des enfants, mais,
comme dirait Frédéric Mitterrand, des éphèbes. C’est-à-dire qu’il s’agit au moins autant d’homosexualité que de pédomanie. Mais on imagine difficilement les médias accuser des prêtres de
pratiquer l’homosexualité !

Un évêque contre le célibat sacerdotal
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Selon le quotidien “Le Matin” (ici), le prochain président de la conférence épiscopale suisse, Mgr Norbert
Brunner, “aimerait ordonner prêtres des hommes mariés”. Il paraît même que les autres évêques suisses sont “assez unanimement” (sic) de son avis. L’article du “Matin” étant récent (29 novembre),
espérons que le démenti ne va pas tarder!…

Un courriel de l’abbé de Beukelaer
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J’ai reçu dernièrement copie de ce courriel que je transcris tel quel, avec mes commentaires ensuite:

Madame,

 

Contrairement à ce qu’affirme le blog, je n’ai jamais voulu réagir au affirmations d’« Osservatore Vaticano », sinon par des courriers personnels envers le
responsable du blog.

En
effet, je pense que – vu le style de littérature de ce blog – qui mélange « liberté de presse » et attaques personnelles sur base de demi-vérités, je ne voulais pas entrer sur ce
terrain.

Mais un journaliste de « Vers l’Avenir » m’a téléphoné en
étant tombé sur le blog en question. Il me demandait s’il s’agissait d’un organe officiel de la Curie, vu la ressemblance de nom avec l’Osservatore romano*… Je me suis borné de lui répondre qu’il
n’en était rien et que ce blog était truffé d’inexactitudes et ne représentait que lui-même… ce que j’avais déjà affirmé dans mes courriers à Monsieur de Thieulloy. J’en veux pour preuve que – si
son blog était bien informé – il aurait su que le groupe de presse « Vers l’Avenir » n’a plus aucun lien avec l’Eglise de Belgique, vu que le diocèse de Namur n’en est plus du tout
actionnaire et cela, depuis des années ! Nouvelle erreur, donc, puisque Monsieur de Thieulloy écrit que Vers l’Avenir : « 
constitue
le plus gros groupe catholique de presse francophone en Belgique (le diocèse de Namur en est l’actionnaire principal) ».

S’il se
renseignait également quelque peu, il apprendrait que je n’ai rien contre les catholiques qui célèbrent selon le Missel tridentin. Par « groupe ultra-minoritaire », je visais ces
catholiques qui confondent une lecture de la « continuité » avec la Tradition dans la ligne de Benoît XVI (la mienne) et ceux qui veulent une « restauration » niant l’apport
propre du Concile Vatican II à la vie de l’Eglise. Mais tout cela n’est pas le plus important. Ce qui me blesse – comme chrétien et comme prêtre – ce sont ces fils de l’Eglise qui confondent
débat et coup bas. Ce qui me dérange, c’est que des journalistes belges moins informés pensent, vu la ressemblance de nom avec l’Osservatore romano, que ce blog représente une voix officielle du
Vatican.  

 

Je mets
d’ailleurs Monsieur de Thieulloy (en cc.) au défi – au nom de la « liberté de presse » dont il se réclame – de publier intégralement ma réponse sur son blog.
 

Ci-dessous, l’article.

 

Cordialement,

 

* Lapsus que vous avez aussi
fait
.

 

Eric
de Beukelaer”

Fin du courriel.
Ne tenant pas spécialement à prolonger une polémique qui ne sert pas à grand-chose, je me contenterai de quelques commentaires:
1) Il était inutile de me “mettre au défi” de publier ce courriel; il suffisait de me le demander, je l’aurais fait volontiers. Et même plus volontiers qu’en découvrant ce “défi” dans un texte
qui ne m’était pas adressé…
Au demeurant, le lien entre ce “défi” et la liberté de la presse m’échappe totalement.

2) S’agissant de l’unique erreur factuelle signalée dans ce courriel (le fait que le diocès de Namur ne soit plus actionnaire de “Vers l’avenir”), plusieurs lecteurs m’ont fait l’amitié de m’en
avertir – et je les en remercie vivement. Et vous aurez tous pu constater qu’elle a été rectifiée depuis plusieurs jours.
J’ajoute que, personnellement, je n’ai jamais prétendu être au courant des affaires belges (j’ai même dit explicitement le contraire à l’abbé de Beukelaer). J’ai dit, et je maintiens, que
Valentino Ganimara s’est informé auprès des meilleures sources belges et romaines. J’en ai, depuis, reçu plusieurs confirmations de la part de lecteurs de “Vers l’avenir”. Mais j’ai dit, et je
renouvelle ma proposition, que lui comme moi étions disposés à corriger ce qui devait l’être. A nouveau, nous demeurons à ce sujet dans l’expectative.

3) Je suis estomaqué de l’explication de l’abbé de Beukelaer sur la naissance de cette histoire.
Je ne vois pas en effet comment quiconque, découvrant Osservatore vaticano, pourrait imaginer, fût-ce une seconde, que nous prétendons être un média “officiel” ou “officieux”. Ni dans la
typographie, ni dans les sujets choisis, ni surtout dans la présentation de notre petite rédaction, on ne pourrait trouver quelque élément que ce soit en faveur de cette idée loufoque.
Quant à la réaction de l’abbé de Beukelaer, elle me laisse encore plus rêveur: pour détromper un honnête journaliste belge confondant Osservatore vaticano avec l’Osservatore romano (on se demande
bien comment!), il ne lui a pas dit: “Ce n’est pas un organe officiel”; il lui a dit: “C’est un mélange de demi-informations. Rien que dans les quelques phrases qui m’ont été consacrées, j’ai
relevé plusieurs erreurs… Ce blog est le fait d’un groupe ultra-minoritaire, qui prône  un retour à l’Eglise du rite ancien.” Si ledit journaliste avait du mal à se
retrouver dans la communication de l’Eglise, nul doute qu’il en saura beaucoup plus après cette “information”!…

4) Dernière
chose: je ne comprends rien à la “distinction” entre ceux qui veulent la “continuité” et ceux qui veulent la “restauration”. Si l’abbé de Beukelaer veut dire par là qu’Osservatore vaticano ignore
ou veut occulter l’existence de Vatican II (après tout, pendant qu’on est dans la fantasmagorie toute pure, allons-y…), il n’a pas dû lire beaucoup ce blogue. En revanche, je suis tout prêt à
assumer le programme naguère donné par le seul Pape canonisé du XXe siècle: “Omnia instaurare in Christo”. Si c’est cela la “restauration” dont nous sommes “accusés”, je le vivrai assez bien!

Canonisation de Jean-Paul II? Quelques difficultés…
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La sainteté personnelle, la piété rayonnante, de Jean-Paul II ne sont pas en cause dans les réflexions qui suivent,
mais seulement les problèmes délicats que risque concrètement de soulever le fait que l’Église s’engagerait magistériellement en le déclarant « exemplaire » par une canonisation.

Dans son long pontificat, il fut certainement exemplaire par bien des aspects: par son action pour faire s’effondrer le communisme dans les pays de l’Est, par son magnifique enseignement moral, par
sa lutte contre certains effets désastreux de “l’esprit du concile”, par sa dévotion mariale, par l’admirable patience qu’il a montrée dans la maladie…

D’un autre côté, il fut aussi imprudent dans le choix de certains hommes de son entourage, dans la confiance accordée à certains groupes: il prêtait d’abord attention à la fin (l’évangélisation),
sans toujours s’informer suffisamment des moyens mis en oeuvre. Dans le même ordre d’idée, il fut également imprudent dans l’organisation de la journée d’Assise et dans la promotion d’un «
œcuménisme » au sens large (avec les religions) et au sens strict (avec les communautés chrétiennes séparées de Rome). La journée d’Assise a certes été expliquée par lui avec une grande subtilité
(les religions du monde ont prié côte à côte, mais n’ont pas prié ensemble, ce qui aurait été blasphématoire). Il reste que, pour le monde entier, cette image de l’alignement des représentants des
fausses religions aux côtés du Vicaire du Christ, sans parler des cultes rendus aux fausses divinités dans des églises consacrées à la religion de l’unique Sauveur, a été perçue comme une façon de
dire que “toutes les religions se valent”… On sait, par ailleurs, que cette journée d’Assise (dont le malaise qu’elle avait provoqué a été confirmé par cet inexplicable baiser du
Pape au Coran, le 14 mai 1999)
a été un des motifs, sinon le principal, avancé par la Fraternité Saint-Pie-X pour justifier sa rupture en 1988. Est-il vraiment opportun de dresser un
obstacle aussi considérable à sa réintégration ?

Benoît XVI, parlant précisément de l’état canonique de la FSSPX, a préféré évoquer, plutôt que des censures canoniques (suspense), l’« illégitimité » de sa situation, mot non canonique et
particulièrement adroit, forgé par lui pour décrire une réalité sans fermer aucune porte. De même a-t-il subtilement résolu la question de la coexistence de la nouvelle liturgie avec le rite romain
traditionnel, en créant de toutes pièces le terme ingénieux de « forme extraordinaire ».

Ne pourrait-on imaginer, pour résoudre les difficultés des canonisations à problème, dont le nombre semble se multiplier pour des raisons doctrinales ou diplomatiques, de parler par exemple de «
présence au ciel » de tel ou tel personnage, ce qui satisferait pleinement la dévotion, sans engager l’enseignement de l’Église ?

Dernières statistiques d’OV
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Hier, 30 novembre, le blogue Osservatore vaticano avait publié 272 articles. Il avait été visité, depuis sa création
en avril dernier par 52 073 visiteurs uniques (le nombre de visiteurs uniques étant le nombre d’internautes différents qui viennent sur un site en une journée), qui avaient regardé 120 092 pages.
Merci à tous pour ces résultats encourageants!

Je vous rappelle que la meilleurs façon de nous aider reste de prier pour nous. Et qu’ensuite, vous pouvez vous abonner à notre lettre d’information (c’est gratuit!) en laissant votre courriel dans
le pavé qui porte ce titre dans la colonne de droite de cette page et vous pouvez aussi pousser vos amis à s’abonner.

Benoît XVI/Rowan Williams : un entretien cordial ?
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Le communiqué (ici et ) assez creux de la Salle de Presse du Saint Siège a qualifié de
« cordial » l’entretien de 20 minutes (vingt !) accordé par Benoît XVI à Rowan Williams, l’usurpateur du siège archiépiscopal et primatial de Cantorbéry. « Cordial » est un
mot pour dire « tout va très bien Madame la marquise », mais dans la réalité… Les bouches commencent à s’ouvrir et des confidences exsudent dans les journaux “bien informés”. Ainsi
apprend-t-on dans un article paru en ligne, de l’hebdomadaire anglais The Catholic Herald (voir ici), que Williams se
serait plaint au Souverain Pontife du manque de consultation avant la publication d’Anglicanorum cœtibus, ce qui l’aurait mis dans une « situation embarrassante ». Au vrai, la «
situation embarrassante » de Williams serait plutôt celle de pseudo-“Primat” d’une “Communion” anglicane entrée en agonie… Sur la photo ci-dessous, les sourires crispés sont destinés au
reporter.

Trois défis du dialogue interreligieux
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Le cardinal Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a déclaré récemment
(voir
ici) à propos du dialogue
islamo-chrétien qu’il comportait trois défis:

“Le défi de l’identité : savoir et accepter ce que nous sommes nous-mêmes ; le défi de l’altérité : nos différences sont sources d’enrichissement, il existe un droit à la différence ; le défi de la
sincérité : les croyants ne peuvent pas renoncer à proposer leur foi, mais ils doivent le faire dans les limites du respect et de la dignité de chaque être humain.”

On peut sans doute élargir ces remarques à tout le dialogue interreligieux.

Je suis perplexe sur le deuxième défi; je ne vois pas bien en quoi consiste ce droit à la différence. Mais sur les deux autres défis, il me semble évident qu’ils sont cruciaux pour un dialogue
sérieux.

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