Jean-Marie Vaas
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Nouvelle éparchie gréco-catholique en Roumanie
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Sous le pontificat du pape François, le monde catholique de rite oriental a connu des nominations, voire des créations de diocèse. Ainsi, les catholiques de rite byzantin de Roumanie ont eu la joie d’assister à l’institution d’une nouvelle éparchie à Bucarest, capitale du pays.  Le 30 août 2014, le cardinal Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, a procédé à l’installation du nouvel éparque, Mgr Mihai. C’est une bonne nouvelle pour les catholiques de rite byzantin, dont on aurait pu penser qu’ils sont les grands oubliés d’un œcuménisme niveleur et irénique. L’institution d’une nouvelle éparchie traduit aussi la vitalité d’une Église dont les membres ont subi le martyre pendant près de quarante ans, sous la période communiste. Deo gratias ! Riposte catholique regrette de ne pas avoir relayé plus tôt cette information, heureusement soulignée par des sites et blogs attentifs. Nous adressons tous nos vœux de prospérité au nouvel éparque ainsi qu’aux fidèles de rite byzantin de l’éparchie de Bucarest !

Mgr Fellay: “ni eux ni nous ne souhaitons une rupture des relations”
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Le récent entretien donné par Mgr Fellay datant du 3 octobre 2014 est intéressant à plus d’un titre. Si Mgr Fellay reconnaît la persistance de divergences doctrinales, notamment quant au rôle de Vatican II dans la crise de l’Eglise, il a estimé que le changement de pape à la tête de l’Eglise ne conduisait pas à une rupture des relations entre Rome et Menzingen. Tout en déplorant la “l’aggravation de la crise de l’Eglise”, à la suite notamment de certaines propositions tendant à admettre les divorcés remariés à la communion eucharistique, il a clairement affirmé que “ni eux ni nous ne souhaitons une rupture des relations”. Il ne semble donc pas que le pape François ait cessé d’accorder de l’attention à ce dossier, comme nous l’avions écrit. Il ne semble pas non plus que des discussions soient repoussées, discussions visant à une régularisation.

À cet égard, sur le mode envisagé des entretiens à venir, Mgr Fellay apporte une précision.

Que faut-il entendre par l’expression du communiqué du Vatican : « procéder par étapes » ?

“Le désir réciproque, à Rome et dans la Fraternité Saint-Pie X, de maintenir des entretiens doctrinaux dans un cadre élargi et moins formel que celui des précédents entretiens.”

Mais Mgr Fellay se place aussi au niveau de la résolution de la crise que subit l’Eglise actuelle: “la Tradition est la réponse à cette crise.”

“Mais puisque vous rappeliez tout à l’heure l’audience que m’a accordée Benoît XVI en 2005, je me souviens que je disais alors que nous voulions montrer que l’Eglise serait plus forte dans le monde d’aujourd’hui si elle maintenait la Tradition, – j’ajouterais même : si elle rappelait avec fierté sa Tradition bimillénaire. Je redis aujourd’hui que nous souhaitons apporter notre témoignage : si l’Eglise veut sortir de la crise tragique qu’elle traverse, la Tradition est la réponse à cette crise. C’est ainsi que nous manifestons notre piété filiale à l’égard de la Rome éternelle, à l’Eglise mère et maîtresse de vérité à laquelle nous sommes profondément attachés.”

La presse semble par ailleurs soulever la pondération de Mgr Fellay, constatant que ” dans ses propos au ton nettement plus modéré que par le passé, Mgr Fellay se garde de toute critique contre le populaire pape François.” Dans cet épineux dossier, on soulignera tant la prudence du pape François que celle de Mgr Fellay.

Jean-Pierre Michel, promoteur du “mariage pour tous”, battu aux sénatoriales
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Les élections obéissent à des facteurs complexes, peuvent révéler de vives inimitiés:  il n’empêche que la défaite de Jean-Pierre Michel, sénateur de Haute-Saône, le 28 septembre 2014, constitue un signe encourageant. Un symbole même, étant donné ce que Jean-Pierre Michel a représenté lors des derniers débats sociétaux. On connaît la hargne par laquelle le sénateur avait rapporté, en 2013, le projet de loi ouvrant le mariage aux couples composés de personnes de même sexe. Refusant de recevoir les responsables de la Manif pour tous, accusant même Frijide Barjot d’homophobie (!), le sénateur Jean-Pierre Michel s’était même singularisé par un assistant parlementaire se répandant en propos discourtois, voire équivoques, sans chercher à désavouer ce dernier… Dimanche 28 septembre 2014, les grands électeurs de Haute-Saône ont préféré donner leurs suffrages à deux sénateurs UMP. Jean-Pierre Michel a été éliminé dès le premier tour. Une page se tourne pour certains ténors de la gauche morale. Dans son tweet, le sénateur battu appelle la “nouvelle génération d’élus” à “porter ardemment les idéaux d’égalité”. L’égalité de tous les enfants devant la filiation ? L’égalité de chaque enfant devant la filiation ? Le droit de chaque enfant à avoir un père et une mère ? On pourrait voir les choses ainsi… Monsieur le sénateur, vous ne nous manquerez pas !

Petit dégel entre Rome et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ?
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messe_basilique_st_pierre_rome_140809La célébration d’une messe à Saint-Pierre de Rome à la chapelle Saint-Pie X par un prêtre membre de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX), l’abbé Michel de SIVRY, la prochaine rencontre du Cardinal MÜLLER avec Mgr FELLAY – par ailleurs confirmée -, voire la bienveillance de la hiérarchie à l’égard de mouvements proches de la FSSPX, constituent peut-être des signes de détente sur ce dossier sensible. Des signes évidemment relatifs, mais qui peuvent néanmoins compter. Certes, le rapprochement avec cette communauté ne semble pas être l’une des priorités du pontificat actuel, mais la FSSPX ne fait pas l’objet de décisions malveillantes de la part des autorités romaines. Ces dernières se gardent d’insister sur l’irrégularité canonique de la FSSPX et le pape actuel ne semble pas chercher une quelconque condamnation de la FSSPX. Mieux: le pape et Mgr FELLAY se sont croisés fortuitement, mais cordialement. On dira qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, mais les petits gestes peuvent quand même valoir mille discours. Les contacts, informels, continuent entre Rome et la FSSPX. Et si rien ne doit être attendu dans le sens d’un véritable rapprochement, la “dégradation” des relations ne semble pas non plus à l’ordre du jour. Le statu quo, peut-être, mais certainement pas la rupture consommée. On est conscient qu’une condamnation de la FSSPX susciterait un véritable malaise dans l’Église, y compris dans des secteurs peu fidèles à la Tradition. La confusion dans l’Église actuelle peut paradoxalement pousser à une certaine souplesse dans le traitement du dossier “Écône”. Pourquoi condamner sur “sa droite”, alors qu’on laisse faire sur “sa gauche” ? Il serait donc exagéré de conclure à une rupture définitive, malgré les hésitations romaines, le refus de certains évêques diocésains et les divisions internes à la FSSPX. Tous les papes dits post-conciliaires – PAUL VI compris – ont cherché une réconciliation avec la FSSPX. Le pape FRANÇOIS s’inscrira-t-il dans cette voie ? On ne voit pas en quoi il agirait différemment. Les gestes de bienveillance, même limités, ont malgré tout une importance: ils démontrent que Rome refuse toujours de traiter la FSSPX comme une communauté chrétienne séparée. Rome préfère considérer ce dossier comme une affaire interne à l’Église. C’était déjà le cas sous JEAN-PAUL II, puis sous BENOÎT XVI. Il n’y a pas de raison que cela change sous le pape FRANÇOIS.

Soutien du patriarche de Jérusalem à la manifestation du 21 septembre : un exemple d’œcuménisme intra-catholique ?
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Comme cela avait été annoncé, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad TWAL, a rédigé une lettre chaleureuse aux responsables de Civitas. Dans ce courrier, on notera un remerciement et un soutien de nature explicite : «je  souhaite vivement vous remercier et vous encourager pour votre démarche et pour cette manifestation de soutien que vous organisez le 21 septembre prochain pour les Chrétiens d’Orient persécutés ». Cet exemple pourrait être médité et suivi dans le monde catholique. Sans que tous les auteurs et les lecteurs de Riposte catholique partagent les options de l’association Civitas, il faut saluer les initiatives qui concourent au bien commun, y compris quand elles ne viennent pas de sa « paroisse ». La cause des chrétiens d’Orient est suffisamment douloureuse pour que l’on se permette des querelles dérisoires. Mgr Fouad TWAL l’a compris. Puissent ses confrères dans l’épiscopat (français ou non) faire de même ! Dernier détail : le patriarche latin  de Jérusalem ne semble pas être un « ami » de la forme extraordinaire du rite romain (dans un décret daté du 23 septembre 2011, le patriarche considère que « la célébration de l’Eucharistie selon la forme extraordinaire du Rite Romain reste toujours exceptionnelle. Elle est consentie seulement pour les groupes de pèlerins déjà habitués à l’employer dans leur pays. » Autrement dit, l’usage de cette forme est inenvisageable pour les prêtres et les paroisses établis dans le patriarcat…). Deo gratias !

L’éparchie de Saint-Joseph de Parma des ukrainiens (Etats-Unis) enfin pourvue !
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C’est une bonne nouvelle pour les ukrainiens catholiques (uniates de rite byzantin) de l’éparchie de Saint-Joseph de Parma des ukrainiens située aux États-Unis d’Amérique (Ohio) : son titulaire a enfin été nommé après une vacance de cinq ans. Comme nous l’avions indiqué, le siège était vacant depuis le 24 juillet 2009. Le 7 août 2014, le pape François a nommé éparque le Révérend-Père Bohdan Danylo. Le nouvel éparque a 43 ans. Il est né en Pologne d’où il émigra pour rejoindre les États-Unis d’Amérique avec sa famille. Dans ce pays, il existe un grand nombre d’éparchies ou d’exarchats de rite oriental (18 au total). C’est le pays d’accueil qui comprend le plus grand nombre de diocèses de rite oriental. Nous adressons toutes nos félicitations au nouveau titulaire de l’éparchie et lui souhaitons un fructueux ministère !

Appel du patriarche Sako à la communauté internationale
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mgr-sakoC’est un véritable cri d’angoisse que le patriarche chaldéen catholique Louis Raphaël SAKO a exprimé dans son courrier daté du 5 août 2014. Dans cette lettre adressée au pape François, aux patriarches d’Orient et aux présidents des conférences épiscopales, le patriarche chaldéen catholique décrit les dernières tragédies subies par les chrétiens d’Irak, mais aussi la situation fragile de l’Irak qui menace la survie et la stabilité des chrétiens. Il souligne d’abord « qu’il n’a y pratiquement pas de collaboration entre le Gouvernement central et celui de la Région Kurde ». On sait qu’en réalité l’Irak est constitué de trois blocs ; le Kurdistan est une entité quasi autonome, tout comme l’État irakien qui se réduit de facto à la communauté chiite. Les partis politiques semblent avoir prouvé leur inefficacité : « ils ont échoué à toute œuvre tangible, et ce pour des raisons devenues bien connues de tous, y compris de ces partis eux-mêmes. » Quant à l’Église, « elle, se trouve toute seule, plus qu’en tout autre temps ; néanmoins, il est fortement exigé de ses leaders de réagir, quand bien même il est trop tard, en exerçant la pression nécessaire sur la communauté internationale ainsi que sur ceux qui détiennent les décisions à prendre, en vue de solutions fondamentales à ces crimes scandaleux et à ces conspirations destructives, touchant surtout les citoyens désarmés. » Avis aux Églises d’Occident. Le patriarche lance à nouveau un appel à la communauté internationale : « nous avons à revendiquer une opération politique de grande envergure et au niveau international. » Mais ce sont surtout les « super puissances » que le patriarche interroge, leur demandant « de se libérer de leurs intérêts étroits, et de s’unir en vue d’une solution politique et pacifique qui mettrait fin à ces conflit », mais aussi d’« exercer vigoureusement leur pression sur ceux qui soutiennent financièrement et entrainent militairement ces cliques, et ceci pour couper court aux sources de la violence et de la radicalisation ». On sait que certains insurgés ne manquent pas d’appuis financiers de la part de certains pays du Proche-Orient… Enfin, le patriarche sollicite pour les chrétiens « une aide humanitaire urgente, comme ils ont besoin d’une protection véridique efficace et de nature permanente, sensée les rassurer, pour qu’il n’y ait pas de terme à leur existence dont les origines sont profondément enracinées en Irak ». Évidemment, ce message « concerne aussi les chrétiens dans les autres parties du Moyen-Orient qui est en train de s’enflammer et de se déchirer. » La question de la survie des chrétiens d’Orient concerne toute la région. Elle constitue un paramètre à prendre en compte dans tout règlement des conflits envisagé dans la région. La balle est dans le camp des occidentaux.

Divorcés remariés : le sain réveil de l’opinion publique ecclésiale ?
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Le rappel de la revue Nova Vetera (l’article mérite d’être lu), la défense de la doctrine classique de l’Église par le cardinal MÜLLER (La Croix, 31 juillet 2014), mais aussi l’annonce d’un ouvrage signé par cinq cardinaux (voir aussi le lien suivant) sont autant de signes d’un salutaire réveil pour la défense de l’une des positions traditionnelles de l’Église. Certes, une telle ligne se heurte à des incompréhensions. Mais cela pèse quand même dans le débat ecclésial. Mieux : de telles attitudes démontrent qu’il existe un souci défendre la foi et la morale dans différents milieux ecclésiaux. Ces différentes réactions, pas coordonnées mais concordantes, témoignent clairement d’un malaise face à la légèreté par laquelle on considère la doctrine traditionnelle (cf. l’intervention du cardinal KASPER au dernier consistoire). Autre aspect à souligner : la miséricorde revendiquée par les propositions « accommodantes » découlent d’une conception erronée de Dieu. Pour le cardinal MÜLLER, il y a une « référence erronée à la miséricorde (qui) comporte le risque grave de banaliser l’image de Dieu, en donnant à penser que Dieu ne serait pas libre, mais qu’il serait obligé de nous pardonner » (La Croix, préc.). Au fond, c’est bien un risque d’immanentisme qui se profile : Dieu n’est plus distinct du monde et des créatures. On connaît le souci de l’actuel préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi face à cette déviation. De même, il y aurait, paradoxalement, dans ce « pardon obligatoire » une forme de kénose. Dieu s’abaisserait non pour pardonner le péché, mais pour le justifier, renonçant alors à sa perfection (à cet égard, on peut aussi se rappeler les propos du cardinal MÜLLER qui datent du 23 octobre 2013: au mystère de Dieu appartiennent, outre la miséricorde, également sa sainteté et sa justice. Si l’on occulte ces attributs de Dieu et que l’on ne prend pas au sérieux la réalité du péché, on ne peut finalement pas non plus communiquer sa miséricorde aux hommes. Jésus a rencontré la femme adultère avec une grande compassion, mais il lui a aussi dit : « Va, ne pèche plus » (Jn 8, 11). La miséricorde de Dieu n’est pas une dispense des commandements de Dieu et des instructions de l’Église. Elle accorde plutôt la force de la grâce pour leur accomplissement, pour se relever après la chute et pour une vie de perfection à l’image du Père céleste.”) On ne peut que se réjouir de ces positions visant à éviter les contresens tant sur le pardon que sur la communion eucharistique, laquelle ne saurait être un rite mondain (cet aspect mériterait d’être approfondi, car la banalisation des communions eucharistiques dans des conditions douteuses interroge encore assez peu la hiérarchie ecclésiale). On espère que ces interventions donneront une image plus sereine de l’attachement à la doctrine catholique. Il y a quelques décennies, PIE XII parlait de la nécessité d’une « opinion catholique » dans l’Église. Assisterait-on à son réveil ?

Retour sur le rassemblement de soutien aux chrétiens d’Orient du 26 juillet 2014
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photoMalgré quelques incidents (les mauritaniens musulmans ont fini par quitter le parvis du Trocadéro accompagnés de CRS), on peut dire que le rassemblement s’est déroulé dans une ambiance bon enfant. Les participants étaient variés: des catholiques, des non-catholiques, des catholiques traditionnels, des jeunes brandissant drapeaux et insignes assyriens, de simples fidèles, quelques figures connues, des anonymes, etc. Le soutien aux chrétiens d’Orient est assez intéressant. Outre la présence de leurs confrères d’Occident, on peut aussi remarquer celle de quelques musulmanes voilées (saluons-les, nonobstant les reproches adressés à certains musulmans), mais aussi de kurdes arborant fièrement leurs drapeaux (cf. la photo de cet article). A cet égard, le rapprochement avec les kurdes peut être la dernière – si ce n’est l’ultime – clé de la survie des chrétiens d’Irak. Menacés par l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), peu à l’aise chez les chiites, les chrétiens d’Orient ont une véritable zone de repli dans le Kurdistan irakien. Le phénomène ne date évidemment pas de cette année, mais il a été accéléré par l’effondrement progressif de l’Etat irakien en tant que structure globale – elle est désormais réduite aux acquêts de la communauté chiite irakienne -, à partir de 2003. Les kurdes ont une forte identité qui ne passe pas par l’islam, mais par une culture solide et enracinée. Dès 1991, certains chrétiens assyriens avaient d’ailleurs joué la carte du Kurdistan autonome. Si l’on regarde l’histoire des chrétiens, on peut remarquer que leur survie a souvent été due à une identité nationale forte. On l’a vu ainsi dans les pays de l’Est (polonais, etc.) ou dans les anciennes républiques socialistes soviétiques (lituaniens, etc). Rien ne pourrait empêcher, à terme, un rapprochement entre l’univers des chrétiens d’Irak (religieux, mais non véritablement culturel dans la mesure où ils sont essentiellement arabophones) et l’univers kurde (culturel, mais non religieux). Le soutien à l’arabité, le déclin du nationalisme arabe corrélatif à la montée de l’islamisme n’ont pas permis d’enrayer la présence des chrétiens d’Irak. Leur survie ne tiendra-t-elle pas à un nouveau rapprochement culturel ? On ne peut que l’espérer.

                                                                                                                                                                                                                                      Jean-Marie VAAS

Décès du cardinal Lourdusamy, préfet émérite de la Congrégation pour les Eglises orientales
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Le cardinal Lourdusamy est décédé le 2 juin dernier à Rome, à l’âge de 90 ans. Né en Inde, ayant fait ses études à Rome, il avait notamment été archevêque de Bengalore. Mais c’est surtout en tant que préfet émérite de la Congrégation pour les Église orientales que ce cardinal, créé par Jean-Paul II, le 25 mai 1985, s’est fait connaître du monde catholique. On notera que c’est sous sa préfecture que fut promulgué le 18 octobre 1990 le Code des canons des Églises orientales (il entra en vigueur le 1er octobre 1991). Le cardinal Lourdusamy a également été le premier cardinal d’origine tamoule. Dans un pays comprenant de nombreuses ethnies et langues, une telle création reste significative. Riposte catholique salue une figure de l’Eglise contemporaine et adresse ses prières les plus ferventes.

Vive le Missel… de Saint-Jean XXIII !
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La canonisation du pape Jean XXIII n’a pas seulement entraîné l’ajout au calendrier liturgique d’un nouveau saint ou l’adjonction de nouvelles prières à la forme ordinaire du Missel romain. C’est aussi la forme extraordinaire du Missel romain qui se trouve ainsi requalifiée, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes de ces qualifications présentes qui agissent sur le passé. On parlait de Missel tridentin ou de Missel de Saint Pie V. L’explication était logique en raison de la promulgation d’une nouvelle édition du Missel romain, en 1969, par le pape Paul VI. Le rattachement de la nouvelle édition du Missel romain à Paul VI devait forcément créer un lien, dans les esprits, entre un livre liturgique et le pape. Puis, à la suite du Motu proprio Ecclesia Dei de 1988, on parla de Missel de 1962 ou de Missel de Jean XXIII. En effet, l’autorité romaine avait retenu comme édition normative du Missel romain anté-paulinien l’édition de 1962 (et non celle de 1965, comme ce fut le cas par l’indult de 1971). Par la suite, on a parla de Missel du Bienheureux Jean XXIII, puis de forme extraordinaire du rite romain. Ce devait être l’effet de la béatification de 2000 et du Motu proprio de 2007. Certes, les expressions mentionnées précédemment sont utilisées alternativement. Désormais, à la suite de la canonisation du 27 avril 2014, le missel traditionnel pourra bénéficier d’un patronage illustre. Bref, un bon coup de publicité ! Et si l’on faisait campagne sur le Missel du pape Saint-Jean XXIII ? Cela pourrait permettre de balayer les accusations de passéisme ou d’opposition à l’action du pape Jean XXIII. Petite anecdote: l’abbé Berto, théologien de Mgr Lefebvre, avait reconnu que le Missel approuvé en 1962 mettait en oeuvre la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium…  Est-ce le cas de l’ensemble des célébrations actuelles ?

 

Jean-Marie Vaas

Au sujet du pape François: “un système héritier de plusieurs siècles de monarchie absolue.” Vraiment ?
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La saison est à la publication d’ouvrages sur le pontificat du pape François. Différents livres sont sortis  à l’occasion. Nous n’entrons pas dans le détail de ces différents ouvrages dont la qualité est fortement inégale. Une recension d’une maison d’édition publiant un ouvrage consacré au pape François a attiré notre attention. En effet, le commentaire de l’un de ses ouvrages ose affirmer que   « François ne craint pas de bousculer plusieurs siècles de monarchie absolue (sic) ». Vraiment ? Si l’on comprend bien, la “monarchie” absolue, c’est non seulement Benoît XVI, mais aussi Saint Jean-Paul II ou Paul VI ? Bref, les récents prédécesseurs de Benoit XVI, pourtant crédités de l’auréole conciliaire…  Parler de “monarchie absolue”, ce n’est pas seulement délicat ou injurieux: c’est profondément inexact. Quid alors des consultations effectuées par le bienheureux Pie IX et le vénérable Pie XII avant les proclamations respectives des dogmes de l’Immaculée conception et de l’Assomption ? Quid aussi de ce gallicanisme que les papes combattirent jusqu’au 19ème siècle, et même récemment (ce mal vivace que certains secteurs ecclésiaux semblent ménager…). Quid, enfin, de cette crise contemporaine que tous les papes, depuis Paul VI, ont eu du mal à endiguer ? Ce ne sont certainement pas les récents déchirements et les problèmes dans l’Eglise,  toujours non résolus, qui le démentiront. 

Jugement sans nuance de Christine Pedotti sur les vocations sacerdotales dans l’Eglise
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Christine Pedotti, rédactrice en chef du site Témoignage chrétien, qui continue la revue du même nom longtemps publiée sous format papier, exprime ses plus vives réserves à l’égard de Jean-Paul II, parlant d’“autocratie médiatique”.  Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne fait pas dans la nuance ! Petit florilège: “son bilan est plus que mitigé” (Christine Pedotti n’ose dire qu’il est négatif, ce qui eût été plus franc de sa part…), “l’hégémonie médiatique du pape, et la production compulsive de textes normatifs, catéchismes et encycliques ont stérilisé la pensée théologique, détruit les structures intermédiaires en transformant les évêques en préfets, et les professeurs en répétiteurs”, etc. Christine Pedotti n’est pas tendre sur différents aspects du pontificat de Jean-Paul II. Les JMJ ? Elles “ne sont au bout du compte que des feux de paille”. Etc. Mais il est une accusation qui nous surprend: celle portée sur les vocations sacerdotales. Citons la phrase qui mérite d’être commentée: “quant aux vocations sacerdotales, elles sont en voie de disparition, partout où elles ne sont pas synonymes d’ascension sociale.” Qu’il existe effectivement une raréfaction des vocations est une chose. Mais dire, de façon générale, qu’elles sont “en voie de disparition” en est une autre: c’est un peu réducteur, car il existe des pays dans lesquels les vocations restent nombreuses. L’affirmation mériterait donc d’être nuancée. Enfin, il est un grief plus scandaleux: celui selon lequel les vocations “sont… synonymes d’ascension sociale” lorsqu’elles ne disparaissent pas. Pour Christine Pedotti, la situation est binaire pour les vocations: il y a soit raréfaction (ce qui se défend), soit promotion sociale (ce qui peut être vrai dans certains cas). Mais peut-on affirmer que cette situation est aussi binaire que cela ? Il existe des vocations sincères, non fondées sur des raisons de prestige sociologique, mais, tout simplement, par désir de suivre le Christ. Comment porter une accusation aussi grave alors que les futurs prêtres savent qu’ils ne fuiront les honneurs humains, renonceront à certaines choses de ce monde, comme la fondation d’un foyer ? C’est une accusation grave qui démontre comment est perçue la sainteté par certains cénacles intellectuels. Cette sainteté reste présente dans une Eglise, certes fragile, mais toujours soucieuse de servir son divin maître…

Jean-Marie Vaas

Chrétiens d’Orient : des diocèses vacants
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L’actualité contrastée des chrétiens d’Orient (persécutions en Syrie notamment, mobilisation d’une partie de l’opinion publique occidentale, etc.) ne saurait faire oublier un sujet méconnu, mais significatif de leur situation : la vacance de certains sièges. Il se peut que pendant des mois, voire des années, le titulaire d’un siège ne soit pas nommé. Cette attente reste normale, le temps de trouver un nouveau titulaire. Cependant, certains sièges ne sont pas pourvus depuis 8, 10, voire 20 ans ! C’est en effet ce que l’on peut constater avec le site bien renseigné www.catholic-hierarchy.org. Pour les commodités de l’enquête, et au risque d’un certain arbitraire, nous n’avons pris en compte que les vacances constatées depuis plus de trois ans, même s’il n’existe pas, en soi, de temps d’attente normal. On peut cependant estimer qu’au bout trois ans le phénomène de vacance tend à s’installer dans la durée.

                                                          Un phénomène qui touche surtout les arméniens et les chaldéens catholiques

Le phénomène de vacance prolongée touche surtout les arméniens catholiques et les chaldéens catholiques (NOTA : la date indiquée entre parenthèses est celle de la vacance du siège). Ainsi, pour les seuls chaldéens catholiques, sont donc vacants : le diocèse d’Aqra en Irak (25 juillet 1998), l’archiéparchie de Diarbekir (16 janvier 2005) et l’éparchie du Caire (31 décembre 2009). (N’a pas été inclue l’archiéparchie d’Awaz, en Iran (14 juin 2011). Concernant les sièges arméniens catholiques, on constatera la vacance de l’éparchie de Kamichilié en Syrie (15 avril 1992), de l’ordinariat d’Athènes (27 septembre 2000) et de l’éparchie d’Ispahan (2 avril 2005). (NOTA : nous n’avons pas englobé l’exarchat patriarcal de Jérusalem et d’Amman, vacant depuis le 24 juin 2011).

                                                               Quelques explications

Il faut d’abord compter avec la raréfaction générale du nombre de Chrétiens d’Orient, phénomène patent depuis quelques décennies, mais qui subit une accélération depuis 15 ans. Cela signifie donc moins de fidèles, et, corrélativement, un clergé moins nombreux.

Moins de fidèles. Ainsi, en Syrie, lors d’un voyage effectué en 2008, nous avons constaté que certains sièges ne comptaient plus que quelques centaines de foyers (c’est ainsi que l’on raisonne, en Orient, pour évaluer le nombre des fidèles d’une confession ou d’un rite).

Un clergé moins nombreux. Il faut donc compter avec un clergé, certes fervent (il ne s’agit pas de minorer le phénomène de carriérisme), mais peu nombreux ; ainsi, il arrive que les diocèses ne comptent qu’une dizaine de prêtres.

                                                  Certaines communautés rituelles sont peu nombreuses

Ce phénomène de raréfaction apparaît chez les arméniens (ils sont disséminés dans plusieurs pays comme le Liban, l’Irak, etc., et sont peu présents en Arménie), les chaldéens (ils ne sont nombreux qu’en Irak, mais encore faut-il redouter l’émigration) ou les syriaques catholiques (on les retrouve surtout en Irak, en Syrie et au Liban ; leur survie devient fragile dans la mesure où les deux pays où existaient les plus importantes communautés sont en guerre civile). Il existe donc peu de fidèles et peu de clercs. On comprendra donc que l’on s’interroge sur l’opportunité de nommer un nouveau titulaire. À cela peut s’ajouter la difficulté de mouvoir un clerc d’un pays à un autre, quand on sait les relations compliquées entre certains pays. Ainsi, il sera difficile pour un clerc irakien de s’établir en Jordanie, au Liban ou en Syrie ! Quand un diocèse est vacant et que la présence chrétienne ne se limite qu’à quelques familles, il devient tout aussi difficile qu’inopportun de nommer un nouveau pasteur.

                                                    Chez les catholiques de rite byzantin, un phénomène qui touchent les communautés « hors sol »

En revanche, ce phénomène touche moins les catholiques de rite byzantin, qui, numériquement, constituent les communautés les plus nombreuses parmi les catholiques de rite oriental. On vise ainsi les melkites, les ukrainiens, etc. On notera que pour ces premiers, les vacances concernent surtout des diocèses situés dans des pays d’émigration des chrétiens d’Orient (éparchie Nuestra Señora del Paraíso des melkites de Mexico, vacante depuis le 7 juin 1994 ; éparchie Saint-Josaphat de Parma [États-Unis d’Amérique] des ukrainiens, vacante depuis le 29 juillet 2009. RECTIFICATION due aux évènements récents: cette dernière a été pourvue en août 2014). Cela démontre la difficulté à trouver des cadres, mais aussi aussi une tendance probable des chrétiens d’Orient, une fois émigrés, à se séculariser.

                                                            Un cas de vacance original : l’archevêché arménien catholique de Lviv (Ukraine)

Enfin, on pourrait ajouter la vacance du siège arménien catholique de Lviv, en Ukraine, qui remonte au 4 décembre 1938. À cause de la Deuxième Guerre mondiale, puis des persécutions opérées par l’URSS à la fin des années 1940, il n’a pas été possible de trouver un titulaire pour ce diocèse. Entre 1939 et 1940, l’Ukraine connaîtra un destin complexe (et connaît toujours, comme le démontre la question de la Crimée !) ; cette région sera discutée notamment entre les allemands et les soviétiques. Pour information, la ville de Lviv était surnommé la ville aux trois archevêchés en raison de la présence d’ordinaires pour les rites byzantin, romain et arménien. Si l’archevêché de rite arménien n’a pas été rétabli, c’est certainement à cause du nombre insignifiant de catholiques de rite arménien : la communauté était déjà déclinante avant la guerre. En 1991, la communauté ne comptait que quelques dizaines de fidèles et était dépourvue de pasteurs. Désormais, la ville de l’Ouest de l’Ukraine ne comprend, pour les rites catholiques, que deux archevêchés: l’archevêché latin et l’archevêché uniate.

                                                                  Quelles solutions ?

Il est difficile d’imaginer ce qu’il adviendra de ces sièges non pourvus. Seront-ils supprimés ? Ce serait reconnaître officiellement la disparition d’une partie de la hiérarchie dans ces pays et entériner l’exil des chrétiens. Seront-ils regroupés ? Cette option a été envisagée par certains participants aux débats qui ont eu lieu lors du synode des évêques consacré au Moyen-Orient qui s’est tenu, à Rome, du 10 au 24 octobre 2010. En effet, il arrive que dans une seule ville on soit en présence de plusieurs diocèses catholiques de rite oriental. Ainsi, à Alep (Syrie), il existe un évêque syriaque, un évêque arménien, un évêque chaldéen, etc. Pour les occidentaux habitués à la rationalisation des structures, cette situation paraît aberrante. Cependant, ce serait faire fi de la complexité des disciplines, des rites et des spiritualités de chaque communauté. La conscience rituelle des chrétiens d’Orient est bien plus forte qu’en Occident (elle se manifeste par l’attachement à la forme extraordinaire du rite romain, même si elle reste, pour le moment, minoritaire) : on ne saurait donc « mixer » les diocèses, qui restent les héritiers d’une longue histoire. Il serait donc délicat de simplifier les structures et de prévoir des diocèses multi rituels, même si cela a été avancé. Bref, dans l’Orient compliqué, combien de subdivisions…

                                                                                                                                                                                                                                 Jean-Marie VAAS

Les gréco-catholiques ukrainiens : pomme de discorde ou… sel de la terre ?
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L’Église gréco-catholique ukrainienne (on désignera ainsi cette Église de rite byzantin, mais sous obédience romaine ; les catholiques ukrainiens sont principalement de rite byzantin) fait état de menaces de la part du Gouvernement ukrainien. En effet, ce dernier aurait menacé l’Église gréco-catholique de « mettre fin aux activités ». Certes, d’autres Églises sont visées, et les orthodoxes ont aussi largement participé aux manifestations, ce qui prouve que l’opposition entre l’Ouest et l’Est de l’Ukraine ne recoupe pas complètement la différence entre les ukrainiens unis à Rome et ceux qui ne le sont pas. (À cet égard, les orthodoxes sont aussi de fervents nationalistes ukrainiens.) Mais l’Église gréco-catholique sait qu’elle est principalement visée. L’Église se plaint de menaces qui découleraient de sa présence dans les rassemblements contestataires.

Une Église impliquée, comme cela se voit dans d’autres pays slaves

 Alors qu’elle accusée de soutenir l’opposition, l’Église invoque sa mission spirituelle. La célébration d’offices en dehors des lieux de culte peut s’inscrire dans le soutien aux âmes. Quoi que l’on pense des rapports entre l’Ukraine et l’Europe  – en soi, il ne s’agit pas de se prononcer sur le bien-fondé du rapprochement avec l’Union européenne émis par une partie des ukrainiens -, l’Église ne peut être indifférente dans la mesure où les citoyens sont aussi membres de l’Église. On peut avoir un résumé de la position de l’Église dans la déclaration officielle de Mgr Sviatoslav Shevchuk: « The Church recognizes the right of the faithful to pray and to satisfy their spiritual needs at all times and in all circumstances. Today, at a time when dialogue between the government and the citizen is wanting, those who believe in God feel a special need to pray for peace and tranquillity in our country, and for an end to the violence that has violated the dignity and the constitutional rights of the citizens of Ukraine.” Enfin, dans une société slave, marquée par le christianisme, il est logique que l’Église soit impliquée. Wladimir Poutine n’est-il pas appuyé et relayé par l’Orthodoxie russe, à commencer par son patriarche ? La présence multiforme de l’Orthodoxie dans la société russe n’est plus à démontrer. Plus généralement, Eglise et société sont imbriquées dans des pays comme la Russie, l’Ukraine ou même la Pologne. Bref, on voit que les implications sont complexes, des deux côtés de ces orientations géopolitiques. Par « orientations géopolitiques », on entendra, d’un côté, le rapprochement avec l’Occident, incarné par les ukrainiens de l’Ouest et leur soutien, et d’autre part, la « spécificité russe », incarnée par la Russie et les ukrainiens de l’Est et, plus généralement, par tous ceux qui se situent dans le giron de Moscou.

Une Église en ligne de mire ?

Il est intéressant de noter que l’Église catholique demeure l’institution la plus en vue dans les contestations d’un pouvoir accusé de verrouiller la société ukrainienne. Cette tension ne peut que rappeler la fâcheuse tendance d’un pouvoir, partiellement héritier d’un régime persécuteur, à vouloir n’aborder l’Église que sous l’angle d’un organisme à maîtriser. La chute de l’URSS ne saurait gommer cette vue bien réductrice… La menace du Gouvernement ukrainien survient d’ailleurs 25 ans après la légalisation de l’Église grecque-catholique par les autorités soviétiques. Elle évoque donc de fâcheux précédents…

Le soutien du pape François aux grec-catholiques ukrainiens

 Rome a fait état de ces accusations dans les différents médias liés au Saint-Siège: on peut voir un soutien à l’Église catholique ukrainienne. Cela suppose de connaître l’attitude du pape François à l’égard des catholiques des différents rites orientaux. Or, il ne semble pas que ce « monde » lui soit étranger : lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Maria Bergoglio était aussi l’ordinaire des catholiques suivant les différents rites orientaux. Plus récemment, le pape François a salué des pèlerins gréco-catholiques d’Ukraine et de Biélorussie, le 27 novembre 2013, lors de la catéchèse du 27 novembre 2013. Les pèlerins étaient conduits par leur archevêque majeur, Mgr Sviatoslav Shevchuk. Priant sur les tombes apôtres Pierre et Paul, les pèlerins ont célébré le 50ème anniversaire du dépôt des reliques de saint Josaphat en la Basilique Saint-Pierre. Dans son message, le pape a notamment invoqué le saint fondateur de l’Église gréco-catholique, martyrisé en 1623, dans son message : « Que l’exemple de saint Josaphat, qui offrit sa vie pour le Seigneur et pour l’unité de l’Église, vous encourage à améliorer votre communion avec vos frères” chrétiens ».

Quel que soit le dénouement, on peut évidemment imaginer que les gréco-catholiques ukrainiens auront le soutien du pape François, loin d’être indifférent à ses frères de rite byzantin. Quant aux difficultés subies par les catholiques ukrainiens, on ne saurait oublier qu’ici-bas, le Corps mystique subit épreuve et persécutions. L’endormissement est aussi un dangereux signe, comme on le voit en Occident. Mais si l’Église subit attaques et mises en cause, c’est aussi pour mieux triompher à l’image de son Divin Maître. Pour Rome, la situation ukrainienne sera en tout cas suivie avec attention.

Jean-Marie VAAS

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