Summorum Pontificum
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L’abbaye de Wisques pourrait passer à la liturgie traditionnelle…
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Dom Pateau Mgr Jaeger

C’est en tout cas ce que laisse entendre un article mis en ligne le 2 mai sur le site du diocèse d’Arras à la suite de l’accord donné par Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque d’Arras, Boulogne et Saint-Omer, à Dom Jean Pateau, père abbé de l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault, de “reprendre” l’abbaye Saint-Paul de Wisques. Voici quelques extraits de ce qu’on peut lire en ligne (en gras, souligné par notre rédaction)

La difficulté de renouvellement de l’actuelle communauté saint Paul, et le décès de l’abbé Lugez ont amené les bénédictins à revoir l’avenir de l’abbaye. Fallait-il fermer ou trouver une autre communauté ? L’actuelle abbaye de Wisques avait été fondée par des pères de Fontgombault fin XIXe siècle (…) Le déclin de Wisques, avec une moyenne d’âge de plus de 75 ans, à la différence de Fontgombault (âge moyen de 51 ans) provoque la réflexion du père abbé de Fontgombault. C’est ainsi que plusieurs moines feront des “stages” à Wisques au cours du premier semestre 2013 et qu’une solution de reprise était envisagée. Ce passage de plusieurs groupes de religieux durant quatre semaines devait permettre de mûrir le projet. Les contacts furent très bons et l’installation de 13 moines à l’automne 2013 est donc envisagée.

La mise en place d’une nouvelle communauté répond au processus très précis de la nomination d’un prieur puis d’un abbé pour Wisques, dépendant de Solesmes. La nouvelle communauté devrait être forte de 18 religieux.

Plusieurs questions ont été posées par les doyens : sur les relations avec la population chrétienne locale, sur le rite liturgique, sur les activités pratiques (hôtellerie, culture, activités artistiques). Les communautés religieuses ne reçoivent aucune responsabilité de la part de l’évêque du lieu envers les chrétiens des paroisses. Les moines n’ont pas pour mission première l’animation des communautés paroissiales. Cependant comme de nombreux monastères, ils accueilleront les chrétiens qui désirent prier avec eux et se ressourcer. Le rite de la liturgie de l’abbaye est celui dit « extraordinaire », c’est-à-dire le missel de [saint] Pie V. (A la différence de l’abbaye Notre-Dame, qui célèbre en latin, selon le rite de Paul VI). Le père abbé a fait ce choix, suite à une révélation divine qu’il aurait eue en 1988, l’année même du schisme de Mgr Lefebvre. Le père insiste sur l’importance d’une belle liturgie pour favoriser l’évangélisation et l’intériorisation.

Le père abbé espère que la communauté pourra reprendre et développer les activités matérielles qui donneront subsistance à la communauté. Hôtellerie, travaux d’agriculture et, probablement, atelier artistique dont céramique. Il attend de la part du diocèse accueil et prière.

Profanation d’une église de la Vienne où se célèbre la forme extraordinaire
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L’Observatoire de la Christianophobie, blogue associé à Riposte Catholique, a fait grand cas d’une grave profanation survenue au cours de la nuit du 5 au 6 mai dans l’église de Naintré (voir ici et ). Le curé de cette paroisse, l’abbé Thierry Delumeau, fait partie de ces jeunes “nouveaux prêtres” classiques qui non seulement ne craignent pas de célébrer dans la forme extraordinaire, mais en ont aussi saisi « l’accent particulier », comme il le dit lui-même, en matière d’adoration eucharistique. L’Observatoire de la Christianophobie a publié ce matin un commentaire qu’il a reçu de l’abbé Delumeau et que je crois utile de reproduire ici.

Je viens de lire vos réactions suite à la publication de mon texte de déclaration. Je vous remercie beaucoup de votre soutien et de votre participation à la prière d’adoration pour ceux qui peuvent s’y rendre et de votre union de prière pour ceux qui ne le peuvent pas. Je tiens à rassurer ceux qui s’inquiètent pour qu’une plainte et une action en justice soient déposées et lancées. Cela a été, bien entendu, fait. Cependant, il sera probablement très difficile de retrouver les auteurs de ces faits et de connaître les groupuscules et réseaux qui se cachent derrière de tels actes. Ce que je trouve d’autant plus inquiétant, c’est que cette église de Naintré, petite ville au sud de Châtellerault, n’a pas été choisie par hasard. En effet, c’est dans cette église qu’a lieu régulièrement, deux fois par semaine, l’adoration du Saint Sacrement ; la nuit entière d’adoration le jeudi Saint de chaque année au reposoir (lequel fut arraché de la table d’autel), la célébration de la Sainte Messe dans la forme extraordinaire chaque mois, laquelle de par ses rites met un accent particulier sur le culte et l’adoration de la divine présence réelle du Seigneur. Autrement dit, dans cette église, le Seigneur est honoré et adoré. Les voleurs-sacrilèges savaient donc qu’ils pourraient trouver ce qu’ils recherchaient, notamment les grandes hosties consacrées, lesquelles étaient présentes dans les lunules en vue de l’adoration. C’est de fait celles-ci qu’ils ont prises et non pas les petites laissées sur place après avoir renversé le ciboire. On sait, par ailleurs, que les satanistes utilisent de préférence des grandes hosties pour leur culte sacrilège. De plus, ils ont volés les trois quarts des rayons de l’ostensoir (celui qui est d’ailleurs le plus couramment utilisé, comme par hasard, ils n’ont pas touché à l’autre juste à côté). Ce qui précisément signifie l’exaltation de la gloire de Dieu sur l’ostensoir est dérobé pour être utilisé dans un sens totalement opposé, c’est-à-dire comme un couteau pour s’attaquer au Corps de notre Seigneur Jésus lors d’un rite sacrilège. Tout cela fait froid dans le dos, et donc ne doit pas nous laisser naïf sur la situation gravissime que connaît notre pays. Le mariage pour tous, la dégradation extrêmement préoccupante de la famille, les atteintes multiples à la vie sous toutes ses formes, la promotion du libertinage, de la théorie du “gender”, la destruction de l’éducation des enfants, organisée et systématisée par une véritable désappropriation du rôle des parents irremplaçable en la matière, confiée à une toute puissante éducation nationale, laquelle ne cesse de voir défiler au fil des ans des projets de réformes visant toujours plus à étatiser, à déresponsabiliser, à faire des enseignants, malgré eux, des serviteurs d’une institution qui ne paraît avoir aucun responsable, tout cela n’est à mon sens pas étranger aux buts que peuvent se fixer les satanistes : attaquer l’homme dans ce qu’il a de plus fondamental, celle d’une créature à l’image et à la ressemblance de Dieu, créé pour aimer et pour l’amour, lequel trouve sa source en Dieu. Je ne dis pas que ceux qui militent pour ce que j’ai dénoncé plus haut, et que je pense être une attaque contre la dignité humaine, sont liés à des courants satanistes, mais je dis que leurs intérêts au final se rejoignent, même s’ils s’ignorent entre eux. Merci encore de tout cœur pour votre prière d’adoration envers notre Seigneur, car c’est finalement en lui que le combat pour le bien porte ses fruits.

Nouvelle Messe traditionnelle à San Francisco
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À l’initiative de Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco (Californie), la paroisse Star of the Sea de la ville offrira à partir du dimanche de la Trinité (26 mai), la Messe traditionnelle, dite “forme extraordinaire” tous les dimanches et fêtes d’obligation à 11 h. Trois réunions de préparation des fidèles sont organisées par le curé de la paroisse, le Père Mark G. Mazza, les 7, 14 et 21 mai. Il semble que cette Messe de 11 h remplacera celle qui était célébrée à cette heure pour la communauté de langue chinoise.

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Une Messe traditionnelle en… Afghanistan
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Le blogue américain Rorate Cæli vient de publier une singulière information : sans donner exactement le lieu et la date pour des raisons évidentes de sécurité (mais le Cierge pascal visible à gauche de la photo indique qu’elle est récente et a été célébrée après Pâques), on apprend qu’une Messe selon la forme extraordinaire vient d’être célébrée en Afghanistan par l’abbé Charles Johnson – dont on admirera le coupe “réglementaire”… – qui est aumônier de la Marine des États-Unis. L’article indique qu’une quinzaine de soldats assistaient à cette célébration outre le servant de Messe, un officier, lui aussi en tenue réglementaire…

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Messe supprimée à Notre-Dame : précisions !
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Notre brève de dimanche dernier annonçant que la paroisse Saint-Eugène/Sainte-Cécile de Paris avait pris la décision d’annuler la Messe en « forme extraordinaire » qui devait être célébrée pour ses paroissiens demain mercredi en la cathédrale Notre-Dame a suscité bien des commentaires hasardeux. Il s’agit, en effet, d’un report de la célébration qui sera offerte plus tard ce printemps dans cette même cathédrale, le clergé de cette paroisse parisienne ayant estimé, à juste titre, que l’urgence était de ne rien faire qui puisse détourner ses fidèles de la manifestation de protestation contre la loi révisionniste dénaturant le mariage, qui viendra en seconde lecture à la Chambre des députés ce soir là, ce qui est tout sauf critiquable.

Manif pour Tous : Messe traditionnelle supprimée à Notre-Dame
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La Messe traditionnelle qui devait être célébrée en la cathédrale Notre-Dame de Paris pour la paroisse Saint-Eugène/Sainte-Cécile, ce mercredi 17 avril à 19 h, est supprimée pour permettre aux paroissiens de participer à la manifestation qui se déroulera à Paris en raison du passage en seconde lecture, ce jour-là, de la loi révisionniste sur le mariage à la Chambre de Députés.

Le pape François fait plus pour “Summorum Pontificum” que Benoît XVI…
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Si les Français ont donné au monde une multitude de fromages succulents et de vins gouleyants – tradition gastronomique millénaire dont une grande partie est née dans les monastères –, il faut bien admettre que les Anglo-Saxons ont apporté à l’humanité un humour toujours teinté de paradoxe qui n’est pas à négliger et qui est parfois un peu plus qu’un simple art d’agrément de l’existence… C’est sans doute au nom de cet humour paradoxal que l’abbé John Zuhlsdorf a mis en ligne sur son blogue un article intitulé « Merci, pape François ! », dans lequel il soutient « qu’en deux semaines, le pape François a fait plus pour promouvoir Summorum Pontificum que le pape Benoît XVI depuis qu’il l’a promulgué ». Mais comment donc ? Le Father Z revient sur la controverse du lavement des pieds de femmes par le pape François, et nous régale de ce commentaire dont je ne traduis ici que de larges extraits.

motu+surprise« Le rite du lavement des pieds est en fait optionnel, bien que cet acte soit peu compris des progressistes qui veulent rendre obligatoires les options qu’ils aiment pour tous ceux qui préféreraient s’en dispenser. Le droit liturgique prescrit que seuls des hommes (viri en latin) peuvent être choisis pour ce rite. Les prêtres qui entendent satisfaire à ce droit se devront faire face à une vive opposition des progressistes exigent que des femmes soient aussi choisies. Les évêques seront pressés d’expliquer comment des prêtres pourraient s’en tenir au droit alors que le Pontife lui-même en fait fi. En incluant des femmes, le pape a mis toutes les lois liturgiques en danger.

Les prêtres qui prendront l’option d’omettre le lavement des pieds lors de la Messe du Jeudi Saint seront considérés – paradoxalement – comme dissidents du droit qui exclut clairement les femmes d’avoir leurs pieds lavés. Pour éviter complètement ce dilemme, les prêtres et les laïcs catholiques souhaitant que soit respecté le droit liturgique auront l’option très convenable de la forme ancienne du rite romain, que l’on qualifie de “tridentin”, et qui a été libérée en 2007 par le pape Benoît XVI.

Après l’entrée en vigueur de Summorum Pontificum, un document explicatif intitulé Universæ Ecclesiæ fut promulgué pour aider les gens à interpréter convenablement la manière d’appliquer les dispositions du pape Benoît XVI. Universæ Ecclesiæ dit que toutes les coutumes ou pratiques liturgiques qui n’étaient pas d’usage avant 1962 (comme les servantes de Messe, la communion dans la main et, à présent, à ce qu’il semble, le lavement des pieds de femmes) ne doivent pas être intégrées dans les liturgies selon l’ancienne forme du rite romain. Les prêtres et les laïc catholiques qui veulent un Jeudi Saint sans dilemmes, sans controverses et sans bagarres quant à qui on peut laver les pieds, disposent de la légitime option du Missel Romain traditionnel qui est, véritablement, à l’épreuve des balles. »

C.Q.F.D.

Mgr Haas célèbrera la Messe chrismale traditionnelle
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C’est une très encourageante information que l’on découvre sur le site de la Confraternité Saint-Pierre (merci à M. J. pour ce signalement). Je vous la laisse découvrir…

IMGP7087Nouvelle intéressante et importante pour les fidèles attachés à la forme extraordinaire: dans quelques jours, Mgr Wolfgang Haas, archevêque du diocèse de Vaduz, célèbrera la Messe chrismale en présence de son clergé dans cette forme extraordinaire.

Cette longue et impressionnante cérémonie (douze prêtres en chasuble, sept diacres et sept sous-diacres revêtus des ornements sacrés participent à la consécration des saintes huiles) accomplie dans la forme extraordinaire est un évènement significatif.

Mgr Haas est sans aucun doute le premier évêque diocésain dans le monde à faire ainsi depuis probablement plus de quarante ans (hormis le cas du diocèse de Campos dans les années 70 au Brésil). Les séminaristes du Séminaire Saint-Pierre [Wigratzbad] se rendront à Vaduz le Jeudi Saint pour assurer le service de l’autel. Notre Supérieur général [abbé John Berg] sera également présent.

États-Unis : une Messe traditionnelle pour le pape François
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Lue cette information sur le site Knight of Columbus Latin Mass : hier, mercredi 20 mars, la Traditional Latin Mass Guild (chapitre 2161 des Knights of Columbus) a fait célébrer une Messe traditionnelle (dite « en forme extraordinaire ») par le Père Gregory Plow, T.O.R. (tiers ordre régulier) de la Fanciscan University of Steubenville, en l’église St. Titus de la ville d’Aliquippa (Pennsylvanie). Quelques photos de cette célébration.

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Messe pontificale traditionnelle à Saint-Pierre de Rome, le 26 octobre 2013
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Une heureuse nouvelle : le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum annonce une deuxième édition du pèlerinage à Rome du « peuple Summorum Pontificum », en octobre et la célébration d’une messe pontificale à Saint-Pierre de Rome à la veille de la fête du Christ- Roi. Voici le communiqué du CISP :

LE PEUPLE SUMMORUM PONTIFICUM DE RETOUR À ROME

POUR LA CLÔTURE DE L’ANNÉE DE LA FOI

Le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum (CISP) est heureux d’annoncer qu’il conclura l’Année de la Foi comme il l’a commencée : par un pèlerinage Ad Petri Sedem.

Après le succès spirituel du pèlerinage 2012, le peuple Summorum Pontificum se donne à nouveau rendez-vous à Rome pour témoigner l’éternelle jeunesse de la liturgie traditionnelle sur le Tombeau de l’Apôtre. Le CISP entend ainsi participer à l’harmonie et à l’édification de l’Église universelle, dans la docilité à l’action du Saint-Esprit.

Pour répondre à l’encouragement à « seguir adelante » (continuer à aller de l’avant) que lui avait adressé à l’issue du pèlerinage de novembre le cardinal Cañizares Llovera, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, le CISP avait demandé, en début d’année, la disponibilité de la basilique Saint-Pierre à son archiprêtre, le cardinal Angelo Comastri. Ce 14 mars, le cardinal Comastri a confirmé la disponibilité de la basilique samedi 26 octobre prochain, à 11 heures, pour la célébration solennelle qui sera le temps fort du pèlerinage.

Le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum remercie le cardinal Comastri pour son hospitalité et invite tous les groupes liés à la forme extraordinaire du rite romain à se préparer dès à présent par la prière au pèlerinage et à s’associer activement à son organisation.

*

Constitué en juillet dernier, le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum est l’organisateur du pèlerinage du peuple Summorum Pontificum – prêtres diocésains ou de communautés, séminaristes, religieux et fidèles attachés à la liturgie traditionnelle – à Rome. Cette année, il est piloté par un comité constitué de : Giuseppe Capoccia, délégué général ; Guillaume Ferluc, secrétaire général ; Abbé Claude Barthe, aumônier. Le Conseiller Giuseppe Capoccia, haut-fonctionnaire italien, succède au Conseiller Riccardo Turrini Vita devenu, le 31 décembre 2012, juge de la Cour d’appel de l’État de la Cité du Vatican.

Contact téléphonique : +39 366 70 46 023; courriel : [email protected]

Philippe Maxence : le prochain Pape devra être totalement libre
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Rédacteur en chef de L’Homme Nouveau et auteur talentueux, Philippe Maxence a livré une analyse très fine du pontificat qui s’achève et tracé quelques perspectives de celui qui va bientôt commencer au quotidien Direct Matin. Après le combat contre le relativisme de Benoît XVI, le prochain pape aura à se colleter au laïcisme militant. À lire et à ruminer…

Les dernières interventions de Benoît XVI, en particulier la cérémonie de l’Angélus célébrée mercredi, permettent-elles de mieux comprendre les raisons de sa renonciation ?

Il me semble qu’il faut distinguer deux aspects dans les propos de Benoît XVI depuis l’annonce publiquemaxence-4 de sa renonciation. Le premier a consisté à indiquer qu’il agissait, non seulement en conformité avec sa conscience, mais aussi en pleine conscience. Il a clairement montré qu’il posait un acte libre et mûrement réfléchi. Aspect capital pour la validité de son choix. Deuxièmement, il a exprimé la raison immédiate de son départ – le déclin de ses forces et le jugement qu’il fait de son incapacité à assumer le ministère pétrinien – en l’élargissant peu à peu aux raisons même de cette incapacité : à savoir les dangers très forts qui pèsent actuellement sur l’Église et face auxquels il estime qu’il faut un pape plus vigoureux.

Benoît XVI a déclaré mercredi que « Dieu ne laissera pas couler son Église ». En creux, ne sous-entend-il pas que l’Église connaît un naufrage aujourd’hui  ?

Il le dit même explicitement en faisant référence à la tempête sur le lac de Galilée. Là aussi, le risque de “naufrage” est double, voire triple. Il y a d’abord les attaques extérieures. Nous sommes en train de passer d’une époque de relativisme absolu à celle d’un laïcisme agressif et militant. Comme pour Pie XI sous Mussolini on risque de réentendre sous les balcons de Saint-Pierre les cris de « À bas le Pape », sans même parler du sort subi par Pie IX.

Mais plus grave est certainement la crise qui continue à l’intérieur de l’Église. Certes, Jean-Paul II et Benoît XVI ont amorcé le redressement. Mais celui-ci est loin d’être achevé. Il y a une crise de la foi au sein même de ceux qui se déclarent catholiques, qui ignorent souvent qu’ils sont en fait dans un état d’hérésie latent. D’où d’ailleurs l’Année de la foi, le retour aux fondamentaux et à la doctrine, voulue par Benoît XVI. Certains évêques, prêtres et laïcs, dits progressistes, sont également dans un état de schisme non dit qui pourrait aller jusqu’à la rupture explicite. Le relativisme ici ne vient pas de l’extérieur mais il est revendiqué de l’intérieur.

Enfin, si au début de son pontificat, Benoît XVI avait demandé la prière des catholiques pour qu’on le préserve des loups, force est de constater que certains d’entre eux campent toujours au cœur même de Rome, empêchant le gouvernement effectif de l’Église. On l’a encore vu avec les épisodes à répétition touchant le règlement de la situation de la Fraternité Saint-Pie X qui aurait dû s’effectuer sous ce pontificat. D’une certaine manière, Benoît XVI n’a pas osé ou n’a pas pu se confronter à ces deux derniers aspects de la crise.

Sous quelle forme peut-il encore exercer son influence ?

Au risque de choquer, j’espère qu’il l’exercera principalement sous la forme de la prière et du sacrifice, comme il l’a d’ailleurs laissé entendre lors de la dernière audience de ce mercredi. Sa référence à saint Benoît est explicite. Ne rien préférer à l’œuvre de Dieu, c’est-à-dire à la prière, dit le patriarche des moines d’Occident. Il est capital que le prochain pape soit totalement libre, pratiquement et moralement, d’exercer sa tâche.

La renonciation de Benoît XVI a été massivement interprétée comme un signe de “modernité” et d’“humilité”. N’est-ce pas une lecture réductrice d’une décision qui obéit à des ressorts plus profonds ?

Un signe d’humilité certainement car c’est l’une des caractéristiques profondes de cet homme, rendant caduques depuis longtemps les images-slogans de “Panzer-cardinal”. Modernité, tout dépend ce que l’on entend par là. Il existe un catalogue des erreurs modernes condamnées par l’Église, laquelle se méfie très largement de la modernité philosophique. L’œuvre de restauration des liens entre foi et raison, tenté par Benoît XVI, est la face positive de cette méfiance. Mais il y a effectivement quelque chose de plus profond, incompréhensible à nos yeux, parce que justement antimoderne. Le pape a pu poser cet acte parce qu’il est le souverain pontife, souverain absolu et qu’il ne rend de comptes qu’à Dieu. Il ne démissionne pas ; il renonce ; il abdique. Et, enfin, il croit que l’Église continuera comme l’Histoire le montre depuis 2000 ans et comme la foi le lui dit. Les scintillements des caméras et le bruit de la rue auront disparu depuis longtemps que l’Église annoncera toujours le Christ.

 

FSSPX : fin de partie…
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Sauf coup de théâtre, très improbable, il semble bien que le chapitre ouvert par Benoît XVI pour tenter de réconcilier la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X avec Rome, soit définitivement clos. Le Père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, a en effet déclaré au cours d’un point de presse cet après-midi : « A propos […] de la Fraternité Saint Pie X, […] la date butoir du 22 avancée par la presse n’est que pure hypothèse, Benoît XVI ayant décidé de remettre la question à son successeur. Il est donc inutile d’attendre un règlement de la situation avant la fin de ce pontificat. »

Ce sera donc, selon le Père Lombardi, et conformément à la décision du Souverain Pontife, au pape élu par le prochain conclave de reprendre, s’il le souhaite, le dossier. Le kairos a passé… Se représentera-t-il ?

NDC : jeûne et prière demain lundi
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Notre-Dame de Chrétienté a adressé hier ce communiqué à tous ses adhérents et amis :

Image-1-copie-24A l’occasion de la fête de Notre-Dame de Lourdes le lundi 11 février 2013, veille de jour où l’Assemblée Nationale sera appelée à voter un funeste projet de loi en faveur d’un prétendu « mariage pour tous », l’Association Notre Dame de Chrétienté vous propose une journée de prière et de jeûne pour demander à la Très Sainte Vierge Marie, patronne de la France, de nous préserver de cette dénaturation du mariage.

Nous nous associons de grand cœur à cette demande, et nous invitons nos lecteurs à faire de même.

La lettre de Mgr Di Noia à Mgr Fellay relue et approuvée par le pape ?
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di noiaL’agence de reportages vidéo Rome Reports, qui est installée dans la Ville Éternelle, a mis en ligne hier une courte vidéo titrée « Le Vatican envoie une lettre de proposition aux lefebvristes ». Première remarque, visiblement Rome Reports ne lit pas La Croix ni ce que ce quotidien rapporte des déclarations du P. Federico Lombardi sur la correspondance de Mgr Augustine Di Noia adressée à Mgr Bernard Fellay et aux prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X,  car ce qu’on voudrait réduire à une « initiative personnelle » du vice-président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, est considérée quasiment comme une démarche “officielle” par Rome Reports. Il est en outre précisé dans les premières phrases du commentaire de la vidéo que vous pourrez regarder ci-dessous, et ce sera notre deuxième remarque, ce qui suit : « Benoît XVI offre à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X une nouvelle chance de rentrer dans la pleine communion de l’Église. Avant Noël, le vice-président de la comission [sic] Ecclesia Dei, [Mgr] Augustine Di Noia, qui est en partie chargé de la négociation avec ce groupe traditionaliste, lui a fait parvenir une lettre qui a été personnellement revue et approuvée par le pape ». [le gras figure dans l’original du texte du commentaire mis en ligne par Rome Reports]

 

Paroisse personnelle pour la FSSP aux Pays-Bas
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Le site des apostolats en Belgique de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) annonce cette excellente nouvelle :

 

L'abbé Knudsen, curé de la paroisse personnelle Sint-Agnes d'Amsterdam
L’abbé Knudsen, curé de la paroisse personnelle Sint-Agnes d’Amsterdam

 « Le diocèse de Haarlem-Amsterdam érige une paroisse personnelle pour la forme extraordinaire du rite romain ; elle est confiée à la Maison FSSP d’Amsterdam et M. l’abbé Knudsen devient le premier curé de cette nouvelle paroisse. Deo gratias ! »

Le décret d’érection du 10 dernier janvier a été publié en néerlandais le 20 suivant sur le site de la Sint-Agneskerk (église Sainte-Agnès) d’Amsterdam où la FSSP disposait déjà d’un apostolat depuis 2006, et qui est donc érigée en paroisse personnelle traditionnelle dont tous les fidèles attachés à la forme extraordinaire, quelle que soit leur lieu de résidence, pourront désormais devenir paroissiens au sens plein. L’abbé Kromann Knudsen, FSSP, qui était administrateur paroissial devient donc curé de plein droit.

La lettre de Mgr Augustine Di Noia à Mgr Bernard Fellay
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Le journaliste religieux du quotidien Le Figaro, Jean-Marie Guénois, a réussi a se procurer une copie de la longue lettre que Mgr Augustine Di Noia, vice-président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, a adressée à Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale saint Pie X et aux « chers frères prêtres de la Fraternité sacerdotale saint Pie X », pendant l’« Avent 2012 ». En voici la copie réputée intégrale et conforme à l’original (y compris les intertitres).

 

S.E. Monseigneur Bernard FELLAY Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X

Avent 2012

Excellence, chers frères prêtres de la Fraternité sacerdotale saint Pie X,

C’est avec joie que j’ai appris la satisfaction que vous a donnée notre dernière déclaration en date du 28 octobre. Il était important d’affirmer de manière publique et autorisée que les relations du Saint-Siège avec la Fraternité sacerdotale saint Pie X restent ouvertes et pleines d’espérance. Jusqu’ici, à part ses décisions officielles, le Saint-Siège s’est, pour différentes raisons, abstenu de rectifier certaines affirmations inexactes au sujet de sa conduite et de sa compétence dans ces relations. Quoi qu’il en soit, vient le moment où, dans l’intérêt de la vérité, le Saint-Siège sera obligé de faire état de certaines de ces indélicatesses. Particulièrement douloureuses ont été les prises de position qui attaquent la mission et la personne du Saint-Père: cela, désormais, demande une réponse.

De récentes prises de position de membres de la Fraternité qui y occupent d’importants postes d’autorité ne peuvent que faire douter de la possibilité effective d’une réconciliation. On pense, en particulier, à des entretiens accordés par le Supérieur du district d’Allemagne, ancien Supérieur général de la Fraternité (18 septembre 2012) et par le premier Assistant général de la Fraternité (16 octobre 2012), ainsi qu’à un récent sermon du Supérieur général (1er novembre 2012). Le ton et le contenu de ces déclarations ont suscité une certaine perplexité sur le sérieux et même sur la possibilité effective d’une poursuite de nos relations. Tandis que le Saint-Siège attend patiemment une réponse officielle de la Fraternité, certains de ses supérieurs tiennent, dans des communications non officielles un langage qui, aux yeux du monde entier, apparaît comme un rejet des dispositions requises pour la réconciliation et la régularisation canonique de la Fraternité dans l’Église catholique.

De plus, en revoyant l’histoire de nos relations depuis les années 1970, on est amené à faire le constat objectif que les termes de notre désaccord au sujet du Concile Vatican II demeurent, en fait, inchangés. Avec son autorité magistérielle, le Saint-Siège a toujours affirmé qu’il fallait interpréter les textes du Concile à la lumière de la Tradition et du Magistère, et non l’inverse, tandis que la Fraternité a insisté pour dire que certains enseignements du Concile sont erronés et donc non susceptibles de recevoir une interprétation en harmonie avec la Tradition et le Magistère. Au fil des ans, cette impasse est restée plus ou moins telle quelle. Tout en permettant un fructueux échange de vues sur des thèmes précis, les trois années de colloques doctrinaux qui viennent à peine de s’achever n’ont pas fondamentalement changé la situation.

Dans ces circonstances, tandis que l’espérance demeure, il est clair qu’un élément nouveau doit être introduit dans nos échanges, si nous ne voulons pas apparaître à l’Église, au grand public et, au fond, à nous-mêmes, comme engagés dans un échange courtois, mais sans issue ni fruit. Il faut développer des considérations nouvelles, de nature plus spirituelle et théologique, qui transcendent les désaccords importants et apparemment insurmontables sur l’autorité et l’interprétation du Concile Vatican II, objet de notre division actuelle; ces considérations seront centrées sur notre devoir de préserver et de chérir l’unité et la paix de l’Église, qui sont voulues par Dieu.

Il me semble opportun d’introduire ces nouvelles considérations sous la forme d’une lettre personnelle pour l’Avent, adressée à vous-même ainsi qu’aux membres de la Fraternité sacerdotale. Son enjeu n’est autre que l’unité de l’Église.

Le maintien de l’unité de l’Église

Dans ce contexte, les mots de saint Paul reviennent à l’esprit: « Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à vivre de manière digne de l’appel que vous avez reçu, avec beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, en vous supportant les uns les autres avec amour, en ayant à cœur de garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. De même que votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit. Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous » (Ep 4, 1-6).

Par ces mots, l’apôtre Paul nous invite à garder l’unité de l’Église, l’unité qui est donnée par l’Esprit et nous unit au Dieu unique « qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous» (Ep 4, 6). La véritable unité est un don de l’Esprit, et non le résultat de notre action.

Toutefois, nos décisions et nos actions nous rendent aptes à coopérer dans l’unité de l’Esprit ou à agir contre les motions de l’Esprit. Par conséquent, saint Paul nous exhorte « à vivre de manière digne de l’appel que nous avons reçu » (Ep 4, 1), à vivre en gardant le don précieux de l’unité.

Afin de persévérer dans l’unité de l’Église, saint Thomas d’Aquin remarque que, d’après saint Paul, « il faut cultiver quatre vertus et proscrire les quatre vices qui leur sont opposés » (Commentaire de la Lettre aux Éphésiens, § 191). Que faut-il éviter sur la voie de l’unité ?

L’orgueil, la colère, l’impatience et le zèle désordonné. D’après l’Aquinate, « le premier vice rejeté par [saint Paul] est l’orgueil. Quand une personne arrogante décide de diriger les autres, alors que ces autres, dans leur fierté, refusent de se soumettre, des désaccords surgissent dans la société, et la paix disparaît… La colère est le deuxième vice. Car un colérique est porté à l’injustice, verbale ou physique, ce qui provoque la confusion. …. Le troisième est l’impatience. Parfois, un homme humble et doux, qui s’interdit de provoquer le trouble, ne supporte pas avec patience les attaques effectives ou projetées qu’on porte contre lui. … Le quatrième vice est le zèle désordonné. Le zèle désordonné peut porter sur n’importe quoi; à cause de lui, les hommes vont juger de tout ce qu’ils voient, sans attendre le bon moment ou le bon endroit, et c’est une catastrophe pour la société» (ibid.).

Comment pouvons-nous agir contre ces vices? Saint Paul nous dit: « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour » (Ep 4, 2).

D’après l’Aquinate, en nous faisant voir la bonté présente chez les autres et reconnaitre nos propres forces et nos propres faiblesses, l’humilité nous aide à éviter l’esprit de rivalité dans nos rapports avec autrui. La douceur « aplanit les difficultés et préserve la paix » (Commentaire de la Lettre aux Éphésiens, § 191). Elle nous aide à éviter les manifestations désordonnées de colère en nous donnant la sérénité de faire notre devoir avec égalité d’humeur et dans un esprit de paix. La patience nous rend capables de supporter la souffrance pour obtenir le bien recherché, surtout s’il est difficile à atteindre ou si des circonstances extérieures militent contre la réalisation de l’objectif. La charité fait éviter le zèle désordonné en nous donnant de nous soutenir les uns les autres, « en portant les défauts des autres avec charité» (ibid.). Saint Thomas donne ce conseil: « Quand quelqu’un tombe, il ne faudrait pas immédiatement le corriger, à moins qu’il y ait un temps et un lieu pour cela. Il faudrait attendre avec compassion, puisque la charité supporte tout (1 Co 13, 7). Il ne s’agit pas de tolérer par négligence ou complicité, par familiarité ou amitié charnelle, mais par charité. … Nous qui sommes forts, nous devons porter les infirmités des faibles (Rm 15, 1)) (ibid.).

Le prudent conseil de saint Thomas peut nous être utile, si nous acceptons d’être formés par sa sagesse. Au cours des quarante dernières années, nos relations n’ont-elles pas parfois manqué d’humilité. de douceur, de patience et de charité ?

Souvenons-nous de ce qu’a écrit le pape Benoît XVI à ses frères dans l’épiscopat pour expliquer la promulgation du motu proprio Summorum Pontificum : « En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Église n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité; on a l’impression que les omissions dans l’Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation: faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau» (Lettre du 7 juillet 2007).

Comment les vertus d’humilité, de douceur, de patience et de charité peuvent modeler nos pensées et nos actions. D’abord, si nous cherchons humblement à reconnaitre la bonté qui existe chez ceux avec qui nous pouvons être en désaccord sur des points même apparemment fondamentaux, nous sommes capables d’examiner des questions disputées dans un esprit d’ouverture et en toute bonne foi. Deuxièmement, si nous avons une véritable douceur, nous pouvons garder un esprit de sérénité, en évitant de parler sur un ton qui divise ou de développer des considérations imprudentes qui offenseront au lieu de favoriser la paix et la compréhension mutuelle. Troisièmement, si nous gardons une vraie patience, nous reconnaitrons que, dans la recherche du bien précieux que nous poursuivons, nous devons vouloir, si nécessaire, accepter la souffrance de l’attente. Enfin, si nous sentons encore le besoin de corriger nos frères, ce doit être avec charité, au bon moment et au bon endroit.

Dans la vie de l’Église, toutes ces vertus visent à préserver « l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Ep 4, 3). Si nos rapports sont marqués par l’orgueil, la colère, l’impatience et le zèle désordonné, notre recherche inquiète du bien de l’Église ne nous conduira qu’à l’amertume. Si, d’autre part, la grâce de Dieu nous fait grandir en vérité dans l’humilité, la douceur, la patience et la charité, notre unité dans l’Esprit sera maintenue et nous grandirons plus profondément dans l’amour de Dieu et du prochain, en accomplissant toute la loi que Dieu nous a donnée.

Si nous insistons tant sur l’unité de l’Église, c’est qu’elle reflète la communion de la sainte Trinité et s’opère par elle. Comme nous le lisons dans un sermon de saint Augustin: cc Le Père et le Fils nous ont souhaité d’être en communion avec eux et entre nous; par ce don, qu’ils possèdent tous deux comme s’ils ne faisaient qu’un, ils ont souhaité nous unir à eux et nous unir entre nous par l’Esprit saint qui est Dieu et le don de Dieu » (Sermon 71, 18).

L’unité de l’Église n’est pas une chose que nous obtiendrions pour nous-mêmes par notre propre pouvoir, mais c’est un don de la grâce divine. C’est en reconnaissant ce don qu’Augustin peut dire: « Un ennemi de l’unité n’a pas de part à l’amour de Dieu. Par conséquent, ceux qui sont en dehors de l’Église n’ont pas l’Esprit saint » (Lettre 185, § 50). Voilà des mots qui glacent: un ennemi de l’unité devient ennemi de Dieu, car il rejette le don que Dieu nous a fait. « Comment prouver que nous aimons notre prochain ? » demande saint Augustin. « En ne brisant pas son unité, car nous observons la charité» (Homélies sur la première lettre de saint Jean 2, 3). Écoutons ce que dit saint Augustin à ceux qui divisent l’Église: « Vous n’avez pas la charité, parce que, au nom de votre honneur, vous provoquez des divisions dans l’unité. Comprenez donc par là que l’Esprit vient de Dieu …. Vous vous écartez vous-mêmes de l’unité du monde, vous divisez l’Église par des schismes, vous lacérez le corps du Christ. Il est venu dans la chair pour le rassembler ; vous, vous criez pour le déchirer » (ibid. 6, 13).

Comment pouvons-nous éviter de devenir des ennemis de Dieu ? « Que chacun interroge son cœur. Si quelqu’un aime son frère, l’Esprit de Dieu habite en lui. Qu’il regarde, qu’il s’éprouve lui-même sous le regard de Dieu! Qu’il voie s’il existe en lui un amour de la paix et de l’unité, un amour de l’Église répandue sur toute la terre! » (ibid. 6, 10). Comment donc nous comporter avec ceux dont il nous est difficile d’être les amis? Écoutons saint Augustin: « Aimez vos ennemis de manière à souhaiter les avoir pour amis ; aimez vos ennemis de manière à en faire des compagnons » (ibid. 1, 9). Pour Augustin, la forme authentique de l’amour ne peut être qu’un don de Dieu: « Demandez à Dieu de pouvoir vous aimer les uns les autres. Vous devriez aimer tous les hommes, même vos ennemis, non parce qu’ils sont vos frères, mais parce qu’ils peuvent le devenir, de manière à pouvoir être toujours embrasés de l’amour fraternel, soit pour celui qui est devenu votre frère, soit pour votre ennemi, si bien qu’en l’aimant, il puisse devenir votre frère » (ibid. 10,7).

L’exemple de l’amour qui transforme nos ennemis en amis nous vient, en dernière analyse, du Christ lui-même: « Aimons-nous, car il nous a aimés le premier (4, 19). Comment aimerions-nous, s’il ne nous avait aimés le premier? Par son amour, nous sommes devenus ses amis, mais il nous a aimés comme ennemis, de manière à faire de nous ses amis. Il nous a aimés le premier et nous a accordé les moyens de l’aimer » (ibid. 9, 9).

Pour saint Augustin, l’unité de l’Église vient donc de la communion de la Bienheureuse Trinité et doit être maintenue, si nous voulons rester en communion avec Dieu même. Par la grâce de Dieu, nous devons préserver cette unité avec une grande détermination, même si cela implique des souffrances et une patiente endurance: « Supportons le monde, supportons les tribulations, supportons le scandale des procès. Ne rebroussons pas chemin. Tenons bon dans l’unité de l’Église, tenons bon dans le Christ, tenons bon dans l’amour. N’abandonnons pas les membres de son épouse, n’abandonnons pas la foi, de manière à pouvoir être glorifiés en sa présence, et nous serons en sûreté en lui, dès maintenant par la foi, et plus tard par la vision, dont l’Esprit saint nous a donné le gage » (ibid. 9, 11).

La place de la Fraternité sacerdotale dans l’Église

Que vous est-il donc demandé dans la situation présente ? Non pas de perdre le zèle de votre fondateur, Monseigneur Lefebvre. Loin de là ! Au contraire, il vous est demandé de raviver la flamme de son zèle ardent pour la formation des hommes au sacerdoce de Jésus-Christ. Le moment est sûrement venu d’abandonner la rhétorique âpre et contre-productive qui a surgi au cours des années passées.

Retourner au charisme jadis confié à Monseigneur Lefebvre, le charisme de la formation des prêtres dans la plénitude de la Tradition catholique pour entreprendre auprès des fidèles un apostolat qui jaillisse de cette formation sacerdotale. Voilà le charisme que l’Église discerna lorsque la Fraternité sacerdotale saint Pie X fut approuvée en 1970. Nous n’avons pas oublié le jugement élogieux porté par le Cardinal Gagnon sur le séminaire d’Écône en 1987.

Le charisme authentique de la Fraternité consiste à former des prêtres pour le service du peuple de Dieu, non à se donner la mission de juger et de corriger la théologie ou la discipline d’autrui dans l’Église. Vous aurez à vous centrer sur la transmission d’une formation philosophique, théologique, pastorale, spirituelle et humaine à vos candidats, pour qu’ils puissent prêcher la parole du Christ et agir comme des instruments de la grâce de Dieu dans le monde, en particulier par la célébration solennelle du saint Sacrifice de la Messe. Il faudra certainement prêter attention aux passages du Magistère qui vous semblent difficiles à concilier avec l’enseignement magistériel, mais ces questions théologiques ne devraient pas constituer le centre de votre prédication ou de votre formation.

Sur la question de savoir qui est compétent pour corriger un abus, nous pouvons considérer le cas de saint Pie X et de ses interventions dans le domaine de la musique sacrée. En 1903, saint Pie X promulgua le célèbre motu proprio Tra le sollecitudini, qui promouvait dans toute l’Église une réforme de la musique sacrée. Ce document marquait l’aboutissement de deux initiatives antérieures de Giuseppe Sarto: un votum sur la musique sacrée écrit à la demande de la Sacrée Congrégation des Rites en 1893, et une lettre pastorale sur la réforme de la musique sacrée dans l’Église de Venise publiée en 1895.

Ces trois documents avaient substantiellement le même contenu. Pourtant, le premier était une liste de suggestions pour la Curie romaine, le deuxième une instruction pour les croyants placés sous la juridiction du Patriarche de Venise, et le troisième une série de dispositions valables pour l’Église universelle. En tant que Pape, saint Pie X avait l’autorité nécessaire pour signaler les abus en matière de musique sacrée dans le monde entier, tandis que, comme évêque, il ne pouvait intervenir que dans son diocèse. Par ses prescriptions disciplinaires et doctrinales, saint Pie X pouvait traiter les problèmes dans l’Église sur un plan universel, précisément à cause de son autorité universelle.

Même si nous sommes convaincus que notre point de vue sur une question particulière disputée est le bon, nous ne pouvons pas usurper la mission du Souverain Pontife en nous arrogeant le droit de corriger publiquement les autres dans l’Église. Nous pouvons proposer et chercher à influer, mais non pas manquer de respect à l’égard des autorités locales légitimes ou agir contre elles. Nous devons respecter le genre propre de différentes sortes d’instances: c’est la foi qu’il faudrait prêcher dans nos chaires, et non la dernière interprétation de ce que nous croyons problématique dans un document magistériel. Ce fut une erreur de faire de tout point difficile de l’interprétation théologique de Vatican II la matière d’une controverse publique, en cherchant à pousser ceux qui ne sont pas compétents en théologie à adopter notre point de vue au sujet de points théologiques délicats.

L’Instruction Donum Veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 1990) affirme qu’un théologien peut « se poser des questions portant, selon les cas, sur 1’opportunité, sur la forme ou même le contenu d’une intervention du Magistère », bien que « la volonté d’acquiescement loyal à cet enseignement du Magistère en matière de soi non irréformable doive être la règle » (§ 24). Toutefois, un théologien « ne présentera pas ses opinions ou ses hypothèses divergentes comme s’il s’agissait de conclusions indiscutables. Cette discrétion est commandée par le respect de la vérité ainsi que par le respect du Peuple de Dieu (cf. Rm 14, 1-15; 1 Co 8 ; 10, 23-33). Pour les mêmes raisons, le théologien renoncera à leur expression publique intempestive » (§ 27).

Si, après une intense, patiente et loyale réflexion de sa part, des difficultés demeurent, « c’est un devoir /pour le théologien de faire connaître aux autorités magistérielles les problèmes que soulève un enseignement en lui-même, dans les justifications qui eI1 sont proposées ou encore dans la manière selon laquelle il est présenté, Il le fera dans un esprit évangélique, avec le désir profond de résoudre les difficultés. Ses objections pourront alors contribuer à un réel progrès, en stimulant le Magistère à proposer 1’enseignement de l’Église d’une manière plus approfondie et mieux argumentée. – Dans ces cas, le théologien évitera de recourir aux mass media plutôt que de s’adresser à l’autorité responsable, car ce n’est pas en exerçant ainsi une pression sur 1’opinion publique que 1’on peut contribuer à la clarification des problèmes doctrinaux et servir la vérité » (§ 30).

Cette partie de la tâche du théologien menée dans un esprit loyal et animée par l’amour de l’Église, peut parfois être difficile. « Ce peut être un appel à souffrir dans le silence et la prière, avec la certitude que si la vérité est vraiment en cause, elle finira nécessairement par s’imposer » (§ 31).

Toutefois, un examen critique des actes du Magistère ne doit jamais devenir une sorte de « magistère parallèle » des théologiens (cf. § 34), car il doit être soumis au jugement du Souverain Pontife, qui a « la tâche de préserver l’unité de l’Église, avec la sollicitude d’offrir à tous l’assistance pour répondre avec les moyens opportuns à cette vocation et grâce divine » (Lettre apostolique Ecclesiae unitatem § 1). Nous voyons donc que, pour ceux qui, dans l’Église, ont le devoir ou la mission canonique d’enseigner, il y a place pour un engagement vraiment théologique et non polémique avec le Magistère. Intellectuellement parlant, de toute façon, nous ne pouvons pas nous centrer uniquement sur la controverse. Les problèmes théologiques difficiles ne peuvent être adéquatement traités que par l’analogie de la foi, c’est-à-dire la synthèse de tout ce que le Seigneur nous a révélé. Nous verrons chaque doctrine et article de foi comme soutenant les autres et apprendre à comprendre les liens internes qui existent entre chacun des éléments de notre foi.

Pour entreprendre des études de théologie, nous devons avoir une expérience culturelle, biblique et philosophique adéquate. Je pense, par exemple, à un passage du Code de Droit canonique de 1917 reproduit dans l’introduction de Denziger à l’édition anglaise de la Somme Théologique: « Les religieux qui ont déjà fait leurs humanités devront étudier la philosophie pendant au moins deux ans, et la théologie pendant quatre ans, en suivant l’enseignement de saint Thomas et en accord avec les instructions du Siège apostolique» (CIC 1917, can. 589). Considérons la sagesse de cette directive: la théologie doit être entreprise par ceux qui ont été formés aussi bien dans les humanités qu’en philosophie. La Congrégation pour l’Éducation catholique a récemment demandé que l’étude de la philosophie dure trois ans pendant la formation au sacerdoce. Sans cette ouverture, notre recherche théologique n’aura pas le riche terreau de culture sur lequel la foi s’enracine et qui est indispensable pour une pleine compréhension des concepts et des termes philosophiques qui sous-tendent les formulations doctrinales de l’Église.

Si nous nous centrons seulement sur les questions les plus difficiles et les plus controversées, – qui doivent, certes, faire l’objet d’une grande attention – nous pouvons finir par perdre le sens de l’analogie de la foi et nous mettre à voir la théologie surtout comme une sorte de dialectique intellectuelle sur des sujets conflictuels plus que comme un engagement de la sagesse avec le Dieu vivant qui s’est révélé à nous en Jésus Christ et qui, par l’Esprit saint, inspire notre travail, notre prédication et notre action pastorale.

Conclusion

Avec sa façon magnanime d’exercer le munus Petrinum, le pape Benoît XVI est extrêmement désireux de surmonter les tensions qui ont existé entre l’Église et votre Fraternité. Une réconciliation ecclésiale immédiate et totale mettra-t-elle fin aux soupçons et à la méfiance qui ont surgi de part et d’autre ? Sans doute pas si facilement.

Mais ce que nous cherchons n’est pas une œuvre humaine: nous cherchons la réconciliation et la guérison par la grâce de Dieu, sous la conduite aimante du Saint-Esprit. Rappelons-nous les effets de la grâce articulés par saint Thomas: guérir l’âme, désirer le bien, réaliser le bien qu’on s’est proposé, persévérer dans le bien et, pour finir, obtenir la gloire (cf. Somme Théologique la Irae, 111, 3).

Nos âmes ont d’abord besoin d’être guéries, purifiées de l’amertume et du ressentiment nés de trente ans de soupçons et de tourments de part et d’autre. Nous devons prier le Seigneur de nous guérir de toutes les imperfections qui sont venues précisément à cause des difficultés, surtout du désir d’autonomie qui est, en fait, étranger aux formes traditionnelles de gouvernement dans l’Église. Le Seigneur nous donne la grâce de désirer certains biens: en ce cas, le bien d’une unité et d’une communion ecclésiales totales. C’est un désir que bon nombre d’entre nous partagent, humainement parlant, mais ce que nous avons besoin de recevoir du Seigneur, c’est la communication de ce désir à nos âmes, de manière à nous faire désirer le ut unum sint avec le désir même du Christ. C’est seulement alors que la grâce de Dieu nous permettra de réaliser le bien que nous nous proposons. C’est Lui qui nous pousse à chercher une réconciliation et la porte à son achèvement.

Voici venu le moment d’une grâce extraordinaire : saisissons-le de tout notre cœur et de tout notre esprit. En nous préparant â la venue du Sauveur du monde au cours de cet Avent de l’Année de la Foi, prions et espérons avec confiance: ne pouvons-nous pas aussi espérer la réconciliation, attendue depuis longtemps, de la Fraternité sacerdotale saint Pie X avec le Siège de Pierre ? Le seul avenir imaginable pour la Fraternité sacerdotale saint Pie X se trouve sur le chemin d’une pleine communion avec le Saint-Siège, dans l’acceptation d’une profession de foi inconditionnelle en sa plénitude, et donc avec une vie sacramentelle, ecclésiale et pastorale convenablement ordonnée.

Ayant reçu de Pierre la charge d’être un instrument de réconciliation de la Fraternité sacerdotale, j’ose faire miennes les paroles de Paul en nous exhortant à « vivre fidèlement l’appel reçu, avec beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, en nous supportant les uns les autres avec amour, en ayant à cœur de garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ».

Sincèrement vôtre dans le Christ,

+ J. Augustine Di Noia, O.P.

“La Croix”, le P. Lombardi, Mgr Di Noia et la FSSPX
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La lettre de Mgr Augustine Di Noia, vice-président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, adressée en décembre dernier à Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, et destinée aux prêtres de cette fraternité, ne serait-elle qu’une « initiative personnelle » ou, pour citer verbatim, un « appel personnel » du prélat romain comme le soutient Nicolas Senèze dans La Croix d’hier qui le tiendrait du Père Federico Lombardi,  directeur de la salle de presse du Saint-Siège : « “Il ne s’agit pas d’un document officiel de la Commission Ecclesia Dei, mais d’un appel personnel du vice-président, Mgr Di Noia”, a expliqué à La Croix le P. Federico Lombardi (…), se refusant à faire plus de commentaire » ? Que La Croix tente de minimiser la démarche du prélat que le pape a mandaté pour tenter de surpasser une situation apparemment figée, en la qualifiant d’« initiative personnelle », est peu sérieux, et que le journal s’appuie sur un commentaire “personnel” du P. Lombardi qui, on l’admettra sans difficulté, n’est pas chargé du dossier de la FSSPX, s’apparente à une manœuvre d’enfumage.

Mgr Centène va célébrer la Messe traditionnelle
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Lu ce matin sur le Forum Catholique, cette courte information de son fondateur et administrateur Xavier Arnaud :

Mgr [Raymond] Centène, évêque de Vannes, célèbrera une Messe pontificale en forme extraordinaire à la chapelle militaire des Écoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan le dimanche 20 janvier 2013 à 9 h (56 380 Guer).

Messe traditionnelle pour Louis XVI en Belgique
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À l’occasion du 220ème anniversaire de l’assassinat de S.M.T.C. Louis XVI (21 janvier 1793), une Messe de Requiem sera célébrée à ses intentions selon la forme extraordinaire le 21 janvier prochain à 19 h en l’église du couvent Sainte-Anne (Avenue Léopold Wiener, 28) de Watermael Boitsfort, par Monseigneur Gilles Wach, supérieur général de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP). La Messe sera suivie de la lecture du Testament du roi puis d’une réception.

 

Washington : Messe tradie pour Nelly Gray le 25 janvier…
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Nellie Gray et le serviteur de Dieu Fulton Sheen
Nellie Gray et le serviteur de Dieu Fulton Sheen

En ce quarantième anniversaire de l’abominable arrêt Roe vs Wade (22 janvier 1973) de la Cour suprême des États-Unis, la fondatrice de la célèbre March for Life de Washington D.C., Nellie Gray, ne sera pas parmi les centaines de milliers de marcheurs pour la vie le 25 janvier dans la capitale fédérale… Nellie Gray a rejoint la maison du Père en août dernier. Son souvenir est toujours présent et son exemple révéré par le mouvement pro-vie aux États-Unis. Très attachée à la forme extraordinaire de la liturgie latine, elle était paroissienne de l’église St. Mary Mother of God de Washington où elle assistait à la Messe traditionnelle tous les dimanches au troisième rang de l’assemblée, Nellie Gray sera présente dans les prières de fidèles qui sont invités par The Paulus Institute, une organisation de laïcs catholiques œuvrant pour la promotion de la liturgie sacrée, à se rassembler au matin du jour de la March for Life en l’église St. Mary pour une messe qui sera célébrée en sa mémoire par l’abbé Gregory Pendergraft de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP). Ce sera, providentiellement, le jour de la fête de la conversion de saint Paul.

 

Mgr Athanasius Schneider célèbre la forme extraordinaire à la cathédrale de Brooklyn
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La basilique St. James est la cathédrale officielle du diocèse de Brooklyn (État de New York). Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (Kazakhstan) y a célébré pontificalement une Messe selon la forme extraordinaire, le 5 janvier dernier lors d’une visite à New York (5-6 janvier), une célébration organisée par la Society of St. Hugh of Cluny de Norwalk (Connecticut). Plutôt que de longs discours, le mieux est de découvrir quelques splendides photos de cette cérémonie mises en ligne par le blogue St. Peter’s List et une belle vidéo postée sur celui du New Liturgical Movement

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Forum Catholique : c’est reparti !
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Un courriel de Xavier Arnaud, le fondateur et l’administrateur du Forum Catholique, nous apprenait ce matin à 10 h 30, que le Forum Catholique était reparti…

C’est avec une certaine émotion que je reprends ce matin le clavier pour vous annoncer la réouverture du Forum Catholique, après une douzaine de jours de fermeture forcée.
A l’heure qu’il est, le FC n’a pas retrouvé sa forme habituelle complète. Vous constaterez très certainement certaines anomalies. Celles-ci feront l’objet de corrections progressives, au fil du temps. (N’hésitez pas à les signaler à l’adresse [email protected], cela pourra nous aider).
Une panne de serveur est à l’origine de cette fermeture prolongée, sans que notre hébergeur nous ait restitué les sauvegardes précédentes. Il s’ensuit que nous avons pour l’heure perdu plus d’une année de messages,, que nous espérons bien pouvoir rapidement remettre en ligne.
Plus embêtant, un nombre important de comptes liseurs ont été supprimés. Si vous deviez constater que votre propre compte n’est plus actif, je vous remercie de m’écrire à l’adresse mentionnée ci-dessus. Je ferai en sorte de recréer votre compte dans les meilleurs délais. Une vérification individuelle m’est impossible au vu de l’ampleur du travail. En m’écrivant, merci de me redonner vos identifiant et mot de passe afin que je puisse gagner du temps. N’oubliez pas les majuscules et minuscules. Et si par hasard vous les aviez oubliés, écrivez-moi tout simplement et nous ferons au mieux dans des délais raisonnables.
Je tiens à remercier les nombreux liseurs qui ont pu m’écrire depuis deux semaines pour me faire part de leur inquiétude et de leur soutien. Je forme le voeu que nous puissions repartir du bon pied et sur la durée sans subir de nouveaux désagréments.

Source : Le Forum Catholique

Angleterre : un séminaire construit un “mur d’Hadrien” contre SP
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C’est une information que signale, à regret, Damian Thompson du quotidien The Telegraph. Le recteur du St. Mary’s College d’Oscott (Birmingham) à refusé à ses séminaristes que soit célébrée en son sein la forme extraordinaire – on n’en est même pas à ce que l’usus antiquior y soit enseigné… Pour les responsables de ce séminaire qui accueille les vocations sacerdotales des Midlands et du nord de l’Angleterre, la messe traditionnelle n’y a pas sa place. La décision a été prise, malgré la demande de séminaristes, après consultation avec les évêques locaux. Il s’agit d’un mépris pur et simple de l’esprit et de la lettre de Summorum Pontificum. Toutefois, les séminaristes sont autorisés à « faire l’expérience » de la forme extraordinaire et « dans la mesure où le programme le permet », mais ailleurs qu’au séminaire, de l’autre côté du “mur d’Hadrien” que des évêques anglais viennent d’édifier contre la romanité à Oscott… Cette affaire est d’autant plus lamentable que celui qui a promulgué Summorum Pontificum, avait en personne visité ce séminaire en septembre 2010, lors de son voyage apostolique au Royaume-Uni !

St. Mary's College (Oscott). Le personnage en blanc, au centre de la photo, c'est le pape…
St. Mary’s College (Oscott). Le personnage en blanc, au centre de la photo, c’est le pape…
Un monastère cistercien en Tchéquie renoue avec la forme extraordinaire
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VyssiBrodComme le notait hier le blogue Rorate Cæli, l’événement est passé presque inaperçu l’an passé. Pourtant, sans tambours ni trompettes, le monastère cistercien de Vyšší Brod (Tchéquie), qui est aussi paroisse, est passé à l’usage de la forme extraordinaire de la liturgie (rite cistercien tel qu’il existait avant le concile Vatican II). La messe conventuelle (en semaine et le dimanche) est désormais célébrée selon le rite cistercien ancien ainsi que tout l’office divin. Vyšší Brod appartient à l’Ordo Cisterciensis. C’est donc le troisième monastère de tradition bénédictine à passer à la forme extraordinaire (après les trappistes de Mariawald et les bénédictins de Nurcie).

Ci-dessous une vidéo montrant des extraits d’une messe traditionnelle célébrée pontificalement selon le rite propre cistercien le 25 décembre dernier par l’abbé de Mariawald, Dom Josef Vollberg, en présence d’un évêque dont l’identité n’est pas précisée (peut-être l’évêque auxiliaire de Prague, la paroisse de Vyšší Brod semblant relever de ce diocèse).

 

Mgr Müller : une condamnation surprenante des traditionalistes
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Arnaldo Vidigal Xavier da Silveira est né à Sao Paulo, au Brésil, en 1929. Cet universitaire et théologien s’est particulièrement penché sur le Magistère de l’Église et sur le problème de l’Infaillibilité. Ancien collaborateur de feu Monseigneur Antonio de Castro Mayer, évêque de Campos au Brésil, on lui doit un ouvrage qui a fait à son époque quelque bruit : La Nouvelle Messe de Paul VI : qu’en penser ? (Éditions de Chiré, 1975). Il fut membre fondateur de la Société brésilienne de Défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété (T.F.P.). Cet auteur a fait paraître sur son blogue Bonum Certamen, le 23 décembre dernier, une étude intitulée « La surprenante condamnation des traditionalistes par le Préfet de la Congrégation de la doctrine de la Foi [Mgr Gehrard Müller] ». Il nous l’a transmis le 4 janvier en nous suggérant de le publier, ce que nous faisons très volontiers compte tenu de l’intérêt de la problématique qu’il y développe. Voici donc sa contribution sous forme de “Tribune Libre”…

Le problème ne consiste pas à savoir si une telle assistance absolue et générale [omnimoda] de l’Esprit Saint serait, en principe, possible. Il est clair qu’il le serait. – Néanmoins, Notre Seigneur n’a pas voulu, en réalité, doter Saint Pierre et ses successeurs, ou le Collège des évêques unis au Pape, bref l’Église, d’une assistance aussi absolue. Les chemins de Dieu ne sont pas toujours les nôtres. La barque de Pierre doit traverser des tempêtes. En principe, rien ne s’oppose, en particulier en temps de crise, à ce qu’il y ait des erreurs et même des hérésies dans des décisions papales et conciliaires non garanties par l’infaillibilité.

Le doux Christ sur la Terre

1] Je ne suis pas sédévacantiste. Je ne l’ai jamais été, même si quelques commentateurs distraits ont prétendu voir des traces de sédévacantisme dans mon étude sur la possibilité théologique d’un pape hérétique, qui fait partie de mon livre La Nouvelle Messe de Paul VI, Qu’en penser? (Diffusion de la Pensée Française, Chiré-en-Montreuil, France, 1975). Basé sur la bonne théologie dogmatique traditionnelle, je ne considère pas, concernant les pontificats de ces dernières décennies, qu’il ait été théologiquement possible, à un moment ou un autre, de déclarer le siège de Pierre vacant (cf. Paul Laymann SJ, +1635, Th Mor., Venise, 1700, pp. 145-146 ; et Pietro Ballerini, De Pot. Eccl., Rome, 1850, pp. 104-105). Si la Divine Providence m’en donne la force, je publierai prochainement une étude sur les erreurs théologiques des théories sédévacantistes courantes.

2] Pour tous fidèles attachés à leur foi catholique, le Pape est le « doux Christ sur la Terre », il est le pilier et fondement de la vérité. Des grands saints, des docteurs et des Papes admettent néanmoins la possibilité pour le Pape de tomber dans l’erreur, et même en hérésie. Et cela n’exclut pas l’hypothèse théologique qu’une telle chute se produise dans des documents officiels du Pape ou de Conciles avec le Pape (voir La Nouvelle Messe …, Part II, chap. IX et X, et mes travaux antérieurs cités dans cet article).

Les paroles de Mgr Müller

3] Le 29 Novembre dernier, L’Osservatore Romano a donné le jour à un texte de Mgr Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’ancien Saint-Office, intitulé : « Une image de l’Église de Jésus-Christ qui embrasse le monde entier ». En commentant le Discours à la Curie Romaine du 22 décembre 2005, dans lequel Benoît XVI avait déclaré que Vatican II devait faire l’objet d’une « herméneutique de la réforme dans la continuité » par opposition à une « herméneutique de la discontinuité et de la rupture », Mgr Müller écrit que l’interprétation de la réforme dans la continuité « est la seule possible selon les principes de la théologie catholique », et poursuit: « En dehors de cette unique interprétation orthodoxe, il existe malheureusement une interprétation hérétique, à savoir l’herméneutique de la rupture, à la fois sur le versant progressiste et sur le versant traditionaliste. Ces deux versants sont unis par le refus du Concile : les progressistes veulent le laisser derrière eux, comme s’il ne s’agissait que d’une saison qui passe pour aborder à une autre Église; les traditionalistes ne veulent pas y arriver, comme si c’était l’hiver de la [Église] Catholique. »

4] Je ne veux pas approfondir ici certains points de cette déclaration, comme la question, déjà si commentée et développée ces derniers temps, de « l’herméneutique de la réforme dans la continuité » et de « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture ». Je ne veux pas non plus analyser la phrase dans laquelle Son Excellence déclare que les progressistes et les traditionalistes « sont unis par le refus du Concile ». Je ne dirai rien non plus sur le titre donné au texte de Mgr Müller, où on lit l’expression, ambigüe et suspecte dans le contexte d’aujourd’hui, « l’Église de Jésus-Christ qui embrasse le monde entier ». Et je ne discourrai pas davantage sur le fait historique qu’après tant de décennies une condamnation du progressisme intervienne finalement. Condamnation qui serait de bon augure et présage de jours meilleurs si elle se revêtait de la force canonique ou si, au moins du point de vue magistériel, elle commençait à façonner vraiment la vie catholique, que ce soit dans l’enseignement des séminaires ou comme critère des promotions ecclésiastiques. Le progressisme aurait alors été radicalement proscrit comme hérétique par le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

5] À ce stade, je veux juste faire quelques commentaires sur le passage où Mgr Müller dit que les traditionalistes donnent au Vatican II une « interprétation hérétique ». Je sais bien qu’il ne s’agit point d’un décret de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Je constate aussi qu’il ne précise pas quels sont les courants dits « traditionalistes » qu’il condamne, tout en exprimant qu’il vise ceux qui n’acceptent pas entièrement et inconditionnellement Vatican II. Je conviens, enfin, que l’orientation adoptée par Mgr Müller face aux traditionalistes et aux progressistes n’est pas celle qui domine dans de nombreux cercles du Vatican, ni surtout celle de Benoît XVI. Rien de cela ne retire cependant à ses paroles leur énorme importance.

La gravité extrême de cette condamnation

6] Ne minimisons pas, en fait, la force de cette condamnation. La logique s’impose : celui qui interprète de façon hérétique un Concile œcuménique est un hérétique. On ne peut prétendre que cette condamnation serait sans portée au motif qu’elle ne serait pas une condamnation formelle. Il est grave que le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi ait affirmé ce qu’il a écrit. Il est grave que, pour essayer un premier anathème contre les traditionalistes, il se soit abrité derrière sa condition de doctor privatus, parce que si le mal a une telle dimension – celui d’interpréter un Concile œcuménique dans un  sens hérétique – l’Église ne devait-elle pas s’exprimer officiellement ?  Ne serait-ce pas cela un devoir du custos fidei vis-à-vis des fidèles ? Il est de plus à craindre que ces manières de penser et d’agir viennent désormais à guider les attitudes de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

7] Comme saint Thomas d’Aquin l’enseigne, « l’hérésie s’oppose essentiellement  à la foi » (S.Th., II-II, 39, 1, ad 3), et hérétiques sont « ceux qui professent la foi chrétienne mais en corrompent les dogmes » (S.Th., II-II, 11, 1). « De soi, il est certain qu’entre toutes les vertus la première est la foi » (S.Th., II-II, q. 4, a.7). « Il est beaucoup plus grave de corrompre la foi qui assure la vie de l’âme, que de falsifier la monnaie qui sert à la vie temporelle » (S.Th., II-II, Q.11, a. 3).

8] Sur la portée de la condamnation. – Le monde moderne a perdu la notion de ce qu’est la foi, comme il a perdu celle de la gravité de l’hérésie. L’intégrité de la foi est le point de départ de la vie catholique. L’hérétique formel n’a pas la vertu théologale de la foi, raison pour laquelle il est exclu de l’Eglise. Mgr Müller a proféré sa condamnation dans des termes génériques et sommaires. Compte tenu de l’importance de la question, les personnes concernées par sa démarche ont le droit de demander que soient explicitées, au moins in sede theoretica, la portée et les conséquences théologiques, canoniques et pratiques de son anathème, s’il est recevable.

La faute théologique fondamentale de Mgr Müller

9] Texte de Mgr Müller sur le Magistère. – Dans la déclaration citée, Mgr Müller affirme comme un principe de la théologie catholique « l’ensemble indissoluble de la Sainte Écriture, la Tradition complète et intégrale et le Magistère, dont la plus haute expression est le Concile présidé par le successeur de Pierre, comme chef de l’Église visible ».

10] Le présupposé de la condamnation de Mgr Müller aux traditionalistes est que, selon lui, il ne peut y avoir d’erreur ou d’hérésie dans des documents du Magistère, qu’ils émanent du Pape ou d’un concile, y compris ceux qui ne remplissent pas les conditions requises pour jouir de l’infaillibilité. En effet, en proclamant le caractère indissoluble de l’union entre l’Écriture, la Tradition et le Magistère, son texte indique qu’il conçoit ce dernier comme étant garanti contre toute et n’importe quelle erreur ou hérésie. En outre, en ne parlant pas simplement de Tradition, mais en la qualifiant de « complète et intégrale », Son Excellence sous-entend que la Tradition comprend aussi les enseignements conciliaires non couverts par le charisme de l’infaillibilité, y compris les « nouveautés d’ordre doctrinal » de Vatican II (voir point 13, ci-dessous), qui auraient ainsi force de dogme, ne pouvant être niées ou mises en doute que par des hérétiques.

Le Concile Vatican II et l’infaillibilité de l’Église

11] Magistère extraordinaire ? – Selon Vatican I, le Pape est infaillible quand, en matière révélée de foi ou de morale et en s’adressant à l’Église universelle, il définit solennellement que telle vérité doit être crue par les fidèles. Selon la doctrine sédimentée par les docteurs, ces conditions de l’infaillibilité papale s’appliquent, mutatis mutandis, aux conciles œcuméniques dont les définitions infaillibles s’imposent aux fidèles avec l’obligation stricte de professer les doctrines qui y sont proposées. Or, Paul VI a déclaré à plusieurs reprises que dans le Concile Vatican II il n’a été promulgué aucun nouveau dogme du Magistère extraordinaire. C’est ce que les théologiens de bonne doctrine ont aussi affirmé à satiété. En conséquence, le postulat de Mgr Müller selon lequel il ne peut y avoir de déviation doctrinale dans les documents du Concile Vatican II est troublant pour de simples fidèles, et inacceptable pour un penseur catholique. Quel est, à cet égard, le fond de la pensée du Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi?

12] Magistère infaillible ordinaire ? – Selon Vatican I, le « magistère ordinaire et universel » est aussi infaillible. Par ce biais, dans son enseignement quotidien, l’Église prêche aux fidèles une vérité comme devant être crue, et cela partout dans le monde et avec la continuité dans le temps ; de telle sorte que, pour les fidèles, il devient évident que cette vérité a été révélée et doit être crue sous peine d’abandon de la foi. Le concept d’ « universel » dans ce contexte n’est pas toujours bien interprété, parce que certains affirment qu’il indique seulement l’universalité dans l’espace, c’est-à-dire, partout dans le monde. Selon ce point de vue, les enseignements doctrinaux de Vatican II seraient infaillibles, car ils ont été solennellement approuvés par le Pape, avec l’unanimité morale des évêques du monde entier. Des actes magistériels isolés du Pape et du Concile, tels que ceux de Vatican II, ne peuvent pourtant pas définir des dogmes du magistère ordinaire, parce qu’il leur manque la continuité dans le temps et la force obligatoire qui en découle, nécessaires pour lier entièrement les consciences des fidèles.

13] Les « nouveautés d’ordre doctrinal » de Vatican II. – Le 2 décembre 2011, Mgr Fernando Ocáriz, vicaire général de l’Opus Dei et professeur de théologie, a publié dans L’Osservatore Romano un article intitulé: À propos de l’adhésion au Concile Vatican II, où il écrivait: « Au Concile Vatican II, il y eut diverses nouveautés d’ordre doctrinal (…) Certaines d’entre elles ont été et sont encore l’objet de controverses en ce qui concerne leur continuité avec le Magistère précédent, c’est-à-dire leur compatibilité avec la Tradition ». Mgr Ocáriz reconnaît ensuite les «difficultés qui peuvent apparaître pour comprendre la continuité de certains enseignements conciliaires avec la Tradition ». À leurs propos, « des espaces légitimes de liberté théologique demeurent, pour expliquer, d’une façon ou d’une autre, la non-contradiction avec la Tradition de certaines formulations présentes dans les textes conciliaires et, par conséquent, pour expliquer la signification même de certaines expressions contenues dans ces passages ». Nous signalons la différence de ton entre ce texte et la condamnation lancée par Mgr Müller, et le fait que Mgr Ocáriz affirme, plus loin, qu’« une caractéristique essentielle du Magistère est sa continuité et son homogénéité dans le temps ». Le 28 décembre de la même année, j’ai publié un article sur mon site web intitulé Un lapsus théologique grave de Mgr Ocáriz, dans lequel j’ai soutenu, comme dans mes précédentes études, que « Jésus aurait pu, évidemment, avoir donné à saint Pierre et à ses successeurs le charisme de l’infaillibilité absolue. […] Mais le problème ne consiste pas à savoir si une telle assistance absolue et générale de l’Esprit Saint serait, en principe, possible. Il est clair qu’il le serait. – Notre Seigneur n’a néanmoins pas voulu, en réalité, doter saint Pierre et ses successeurs, ou le Collège des évêques unis au Pape, bref l’Église, d’une assistance aussi absolue. Les chemins de Dieu ne sont pas toujours les nôtres. La barque de Pierre doit traverser des tempêtes. En deux mots: la théologie traditionnelle affirme qu’il se dégage de la Révélation que l’assistance de l’Esprit Saint n’a pas été promise, et n’a donc pas été assurée, d’une façon aussi étendue, couvrant tous les cas et toutes les circonstances. L’assistance garantie par Notre Seigneur couvre sans restriction les définitions extraordinaires des papes et des conciles œcuméniques. Mais les imposants ouvrages théologiques du passé, surtout ceux de l’âge d’argent de la Scholastique, affirment la possibilité qu’il y ait des erreurs et même des hérésies dans des décisions papales et conciliaires non garantis par l’infaillibilité ». C’est ce que je réaffirme maintenant.

Trois demandes respectueuses à Mgr Müller

14] Profession de foi catholique. – Compte tenu du texte ci-dessus du Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, je lui demande d’accueillir ici ma profession de foi en tout ce qui est enseigné infailliblement par la Sainte Église, tant dans les dogmes du Magistère extraordinaire, papal ou conciliaire, que dans les dogmes du Magistère ordinaire et universel. J’affirme mon assentiment religieux aux autres vérités de la doctrine catholique, chacune avec la qualification théologique que les docteurs traditionnels leur attribuent. Et je rejette comme théologiquement incongrue et factieuse l’accusation d’être tombé en hérésie par attachement à la Tradition.

15] Le sens et la portée de la condamnation. – Compte tenu du besoin de précision dans un acte théologique de poids comme l’est la condamnation de tout un courant de pensée de grande expression dans le monde catholique, même si elle n’a été proférée que d’un siège uniquement doctrinal, je demande à Mgr Müller de préciser la portée théorique et pratique de son anathème, au vu des observations du point 8 ci-dessus. En faisant cette demande, j’ai également en vue le salut des âmes simples, celles qui croient avec une foi inébranlable aux dogmes de la Transsubstantiation, de la Virginité de Marie avant, pendant et après l’Enfantement, et à tous les autres dogmes de la foi: des âmes qui n’ont pas accès à des distinctions théologiques subtiles et dont la foi peut être ébranlée par la déclaration du Préfet de l’ancien Saint-Office selon laquelle les traditionalistes de tous poils sont des hérétiques.

16] La possibilité d’erreur dans des documents du Magistère. – En tant que fidèle catholique qui connaît l’autorité magistérielle des dicastères du Vatican et en tant qu’auteur d’écrits ayant un nombre pondérable de lecteurs dont je suis, qu’on le veuille on non, responsable en cela devant Dieu, je me sens dans le droit de demander filialement au Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi qu’il définisse de façon formelle, claire et précise si la thèse que j’ai défendu dans mes ouvrages cités plus haut, et que je soutiens encore maintenant, est vraie ou fausse ; c’est-à-dire la thèse qui soutient la possibilité théologique de l’existence d’erreurs et même d’hérésies dans des documents conciliaires ou papaux qui ne remplissent pas les conditions requises pour jouir de l’infaillibilité.

17] À la veille de Noël et invoquant le Divin Enfant, Sa Sainte Mère et saint Joseph, patron de l’Église universelle, je rends publiques ces considérations en légitime défense et cum moderamine inculpatae tutelae, puisque publique a été l’agression.

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