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Quel mal ont donc fait les Franciscains de l’Immaculée ?
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C’est la question que pose le vaticaniste Marco Tosatti dans le blogue Vatican Insider du quotidien italien La Stampa, le 4 décembre dernier. Des questions qui exigent désormais des réponses claires…

Nous recevons une lettre d’un laïc proche des Franciscains de l’Immaculée, le petit Ordre “commissarié’” – une décision hautement discutable selon diverses sources – qui dénonce une situation de notable dureté de la part des nouveaux gestionnaires de la situation. D’une longue expérience, nous savons que la cruauté envers les confrères dans les milieux ecclésiastiques n’a rien à envier aux autres milieux. Mais le pape Bergoglio, qui a approuvé l’envoi d’un commissaire, exhortait dans son interview au directeur de la Civiltà Cattolica à une attitude de « miséricorde » et de « tendresse », il parlait de l’Église comme d’un « hôpital de campagne après la bataille » et il affirmait : « Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui est la capacité de guérir les blessures », parce que « à la fin, les gens sont fatigués de l’autoritarisme ».

Lisez donc ce qui suit pour savoir si autoritarisme et sa sœur tyrannie sont présents dans le cas des Franciscains de l’Immaculée. On en vient à se demander : mais, qu’ont donc fait ces pauvres religieux ? Escroqué, abusé des mineurs, conduit une vie immorale ? Voici la lettre :

« Après la nouvelle de la mise sous tutelle avec un commissaire apostolique des Franciscains de l’Immaculée, les évènements sont peu connus. Il est bon de faire un résumé :

1. Après avoir accusé le père Stefano Maria Manelli, fondateur de l’Institut des Franciscains de l’Immaculée (FI), d’avoir fait dévié les Frères de leur charisme de fondation, sans expliquer, jusqu’à aujourd’hui, de quelle route le Père aurait dévié ;

2. Après avoir interdit de célébrer le Vetus Ordo, interdiction encore en cours, suivi de l’obéissance totale de la part de l’Institut, après avoir déposé de leurs charges, transféré et éloigné, avec furie et précipitation, les frères fidèles au charisme des Pères Fondateurs et après avoir promu tous les frères qui appuient la ‘“nouvelle’” ligne dans les différents couvents FI disséminés par le monde ;

3. Après avoir, sans motif clair, éloigné de l’enseignement le père Apollonio, Procurateur Général, Président du Séminaire Théologique et Gardien du couvent de Rome-Boccea et après l’avoir transféré au Portugal ;

4. Après avoir éloigné de l’enseignement le père Lanzetta, vice-délégué FI pour l’Italie, supérieur à Florence et enseignant au séminaire et après l’avoir transféré en Autriche, après avoir transféré le père Settimio Manelli et le père Siano, respectivement recteur et vice-recteur du séminaire, déposés de leur charge et remplacés par deux frères de la “nouvelle” ligne, dont l’un n’est même pas bachelier en théologie ;

5. Après avoir expédié en Afrique, du jour au lendemain, le père Budani, en maîtrise de Droit Canon et empêché de poursuivre ses études, après avoir exilé le père Stefano, toujours obéissant, et l’avoir privé de recevoir des visites, même de ses parents de sang, sous peine de péché grave et après lui avoir interdit de recevoir des appels téléphoniques et entretenir tout contact direct avec le monde extérieur…

6. Après tout cela, par une lettre du 27 novembre, le père Fidenzio Volpi, avec l’appui du père Alfonso Bruno, a retenu opportun de continuer sa guerre totale également contre les laïcs. Il a en effet suspendu toutes les activités des laïcs appartenant à la MIM (Mission de l’Immaculée Médiatrice) et au TOFI (Tiers-Ordre Franciscain de l’Immaculée) et a interdit aux tertiaires de porter l’habit. »

Est-ce ainsi, avec cette dureté inouïe et ces purges staliniennes, que l’on résout d’éventuelles difficultés internes à une congrégation religieuse ? Ou bien c’est ainsi que l’on détruit un charisme, non seulement en mesure d’attirer de nombreuses vocations, mais aussi qui était loué jusqu’à hier et soutenu par les plus hautes autorités vaticanes (que l’on songe qu’il y seulement quelques mois les pères Manelli et Lanzetta, aujourd’hui réprouvés, fréquentaient évêques et cardinaux et trouvaient l’hospitalité sur l’Osservatore Romano).

 

Cardinal Hoyos : le pape François soutient la forme extraordinaire
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Voici une contribution d’intérêt qui pourra, peut-être, répondre à des inquiétudes nées dans le milieu traditionaliste quant à l’attitude du pape François envers la forme extraordinaire. Certes, le pape François n’a pas pour la liturgie la même “sensibilité” que son prédécesseur le pape émérite Benoît XVI. Si ce dernier a, par son motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, considérablement facilité l’usage des livres liturgiques antérieurs à la réforme issue de Vatican II, son successeur a été soupçonné de vouloir le limiter – et la rumeur ne s’est pas limitée au milieu traditionalistes, et pas toujours pour le regretter… Nous avions noté que le cardinal Castrillon Hoyos avait été reçu en audience privée par le pape François le jeudi 31 octobre au matin, quatre jours après la fin du pèlerinage Summorum Pontificum à Rome, au cours duquel le cardinal avait célébré pour les pèlerins la forme extraordinaire. On savait aussi que le cardinal avait sollicité cette audience pour transmettre au Souverain Pontife les inquiétudes que de nombreuses personnes attachées à la forme extraordinaire lui avaient manifestées quant à son maintien par le nouveau pape. Le blogue étatsunien Catholic Culture a publié le 11 novembre un court article sur ce sujet, dont voici la traduction de la partie la plus importante à ce propos.

L’ancien préfet de la Congrégation du clergé a déclaré à un groupe traditionaliste que le pape François n’avait pas l’intention de restreindre l’accès à la forme extraordinaire de la liturgie latine. « J’ai récemment rencontré le pape François et il m’a dit qu’il n’avait aucun problème avec l’ancien rite, et qu’il n’en avait pas davantage avec des groupes de laïcs et des associations comme la vôtre qui le promeuve » a déclaré le cardinal Castrillon Hoyos aux membres de la Fédération internationale Una Voce (FIUV) réunis à Rome pour une assemblée générale. Répondant aux questions de membre de la FIUV sur les tensions avec les Franciscains de l’Immaculée, le cardinal colombien a répondu que le pape avait été poussé à insister sur l’usage du Novus Ordo dans cette communauté religieuse uniquement en raison des dissensions internes et non en raison d’un quelconque jugement négatif de sa part sur la liturgie traditionnelle.

Franciscains de l’Immaculée vers un compromis “pluraliste” : la scission
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L’affaire des Franciscains de l’Immaculée est désormais bien connue. Dès juillet 2012, en raison de plaintes de quelques membres de la Congrégation mécontents de la ligne imprimée par le fondateur, le P. Stefano Manelli, spécialement du point de vue liturgique (les Franciscains de l’Immaculée étaient devenus bi-formistes), un visiteur apostolique, Mgr Vito Todisco, fut nommé par la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, sous Benoît XVI. Mgr Vito Todisco a essentiellement adressé aux profès solennels de la Congrégation un questionnaire demandant de rendre compte de certains aspects de la vie de l’institut (style de gouvernement du fondateur, formation des clercs, etc.) Puis il rédigea un rapport qui aboutit à un décret de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée, daté du 11 juillet 2013, lequel mettait sous tutelle les Frères Franciscains de l’Immaculée, destituait leur supérieur, nommait un commissaire pontifical, le P. Fidenzio Volpi, OFMcap, et suspendait le droit de ses membres à la forme extraordinaire du rite romain. Désormais, celui-ci était conditionné à l’accord du commissaire apostolique.

Cette décision – notamment à cause de son incidence liturgique – a soulevé une émotion considérable, spécialement en Italie. C’est un vaticaniste de grande autorité, Sandro Magister, lequel n’a rien d’un traditionaliste, qui s’est alarmé dans des articles successifs sur le gâchis que représentait cette décision torpillant une communauté jeune, florissante, représentant en Italie tout le bénéfice d’une pastorale de reviviscence.

C’est alors qu’un certain nombre de frères, conscients que la situation était sans issue et que leur institut serait soumis à un esprit différent de celui auquel ils adhéraient, résolurent de présenter une supplique au Saint-Père pour préconiser une séparation : un nouvel institut, fidèle à l’esprit du fondateur, demandant d’être placé sous l’autorité de la commission Ecclesia Dei ; et l’autre, qui adopterait l’esprit voulu par la minorité, restant soumis à la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée. Il s’avère que cette supplique a été signée par 220 membres de la Congrégation sur 370 (non compris les exclaustrés). Ce qui est considérable dès lors que les signataires semblent avoir été soumis à de fortes pressions psychologiques en sens contraire, comme cela advient souvent dans toute situation analogue au sein d’un milieu religieux fermé.

Quelle autre solution au reste qu’une scission ? D’autant qu’il y a un précédent célèbre qui a fort bien fonctionné pour le plus grand bien de tous, et auquel tout le monde pense à Rome, celui des religieuses carmélites. La Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique avait approuvé en 1990 les constitutions présentées par un groupe de monastères de carmélites déchaussées (une centaine de carmels sur un peu moins de 800). Ces constitutions étaient très proches de celles de 1581 (texte du chapitre d’Alcalá, le dernier approuvé par sainte Thérèse), qui avaient régi l’ensemble des carmélites jusqu’à Vatican II.

La Mère Maravillas de Jesús, prieure du couvent du Cerro de los Ángeles (Aldehuela à Madrid), une femme de forte personnalité, avait en effet refusé d’accepter une transformation considérable de l’Ordre de sainte Thérèse. Autour de la Mère Maravillas se regroupèrent les religieuses de même sensibilité (dites les maravillosas, merveilleuses). Ces religieuses créèrent une association indépendante, l’association de Sainte-Thérèse ou des « Carmels unis ».

On s’achemina alors vers un compromis raisonnable : les « Carmels unis » sont ainsi devenus l’ordre indépendant « de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel ». Soustraits à la juridiction du préposé général des carmes déchaux, ils sont depuis soumis aux normes dites de « stricte observance ».

Ce type de compromis par mode de division qui, de droit ou de fait, s’est répandu dans les mouvements, les congrégations, les œuvres, n’est-il pas un moindre mal ? Ne peut-il pas d’ailleurs se référer à un pluralisme qui serait parfaitement dans « l’esprit du Concile ».

Dernier acte du pèlerinage Summorum Pontificum : messe du Christ-Roi à Sainte-Marie de la Minerve
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Le pèlerinage Summorum Pontificum s’est achevé hier, dimanche matin 27 octobre, par la messe pontificale du Christ-Roi, dans la basilique Sainte-Marie de la Minerve, à Rome. Elle était célébrée, privilège rare, à l’autel majeur, sur le corps de sainte Catherine de Sienne, patronne de l’Italie, devant une nef pleine de fidèles et une cinquantaine de prêtres.

L’évêque célébrant, Mgr Rifan, Ordinaire de l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney, au Brésil, a prononcé en italien, d’abondance de cœur, une homélie sur le Christ qu’il n’était pas permis d’arracher des institutions et des législations, que n’eussent pas désavouée les spécialistes du Droit public de l’Église formés jadis au Séminaire Français, à cent mètres de là, de l’autre côté de la Place de la Minerve.

S’agissant du dernier acte du pèlerinage Summorum Pontificum en conclusion de l’Année de la Foi, Mgr Rifan a souligné le puissant support que la forme extraordinaire du rite romain représentait pour la confession de la foi.

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An I du pontificat du Pape François : messe traditionnelle à Saint-Pierre de Rome
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A 11heures, hier matin, samedi 26 octobre, les pèlerins Summorum Pontificum venus à Rome pour la fin de l’Année de la Foi en grand nombre (grosse présence de pèlerins italiens, avec une centaine de prêtres et séminaristes, diocésains pour la plus grande part) sont entrés dans la Basilique Vaticane pour participer à la messe pontificale célébrée par le cardinal Castrillón Hoyos. Ils étaient partis en une longue procession de la Chiesa Nuova, de l’autre côté du Tibre. La procession a passé le pont Saint-Ange et empruntant la Via de la Conciliazione, est entrée dans Saint-Pierre en chantant le Credo. Suivit un très beau pontifical, divinement accompagné, comme les précédents, par les chants de la Schola Sainte-Cécile de Paris, en présence de trois évêques, Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, Mgr Schneider et Mgr Rifan, et de prélats, dont Mgr Perl, ancien Vice-Président d’Ecclesia Dei.

Le sermon du cardinal Castrillón, prononcé avec une particulière vigueur, se félicitait de la liberté de ce qu’il nomme la « messe grégorienne », et invitait les assistants à la mission, lesquels ont apprécié le « nous » qu’avait choisi d’employer le cardinal, pour se montrer pleinement una cum populo Summorum Pontificum.

Mgr Pozzo a lu le message adressé par le Pape et signé par Mgr Parolin, texte très cordial, sans la moindre restriction pour ces pèlerins accomplissant leur pieux itinéraire auprès des tombes des Apôtres, célébrant le Christ « dans le culte public de l’Église », et leur accordant sa bénédiction apostolique. D’un point de vue anecdotique, le texte est remarquable en ce qu’il salue non pas des personnes, mais un Cœtus fidelium, un groupe de fidèles, le Cœtus internationalis Summorum Pontificum, ce qui est rarissime, sinon unique, et qu’il est assurément le premier message signé par Mgr Parolin comme Secrétaire d’État.

Demain, dimanche du Christ-Roi, les pèlerins se sépareront après une ultime messe pontificale, célébrée par Mgr Rifan, ordinaire de l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie-Vianney, en la basilique Santa Maria Sopra Minerva, église de l’Ordre dominicain, au cœur du centre historique de Rome.

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La Schola Sainte-Cécile à Rome
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Voici le programme musical qu’exécutera, sous la direction d’Henri Adam de Villiers, la Schola Sainte Cécile lors du pélerinage Summorum Pontificum, cette semaine à Rome. La Schola exécutera un tour de force puisqu’elle chantera les vêpres solennelles de saint Raphaël jeudi soir en la Trinité des Pèlerins ; accompagnera le chapelet récité vendredi matin en l’église de Santa Maria in Campitelli par les Bénédictins de l’Immaculée ; chantera la messe pontificale de vendredi soir à la Trinité des Pèlerins, que célébrera Mgr Schneider ; et, enfin, chantera en la basilique Saint-Pierre la messe du cardinal Castrillón Hoyos pour le 61ème anniversaire de son ordination sacerdotale. Dimanche, c’est en revanche un chœur romain qui chantera la messe du Christ-Roi que célébrera Mgr Rifan en la basilique de la Minerve. Un moment de répit pour une Schola très active ces temps-ci puisqu’elle a chanté une messe mozarabe en août à Tolède et sera courant novembre à Milan pour une messe ambrosienne.

Programme 1

PROGRAMME 2

FSSP : pour ses 25 ans, Messe à Saint-Sulpice
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La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) annonce aujourd’hui qu’elle a reçu du curé de l’église Saint-Sulpice de Paris l’autorisation d’y célébrer sa Messe solennelle d’action de grâce, à l’occasion de son 25ème anniversaires, le samedi 16 novembre à 10 h. L’église Saint-Sulpice possède l’une des plus grandes nefs des lieux de culte parisiens.

Le pape François, Sandro Magister et la Messe traditionnelle
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Dans son article intitulé « Le virage de François », et publié le hier sur son blogue Chiesa, hébergé sur le site du quotidien italien La Repubblica, le vaticaniste Sandro Magister rassemble que faits et dits du pape François qui semblent dessiner la manière dont il envisage son gouvernement de l’Église. On lira ici avec profit l’article complet de Magister. Un passage de cet article ne manquera pas de préoccuper les fidèles catholiques attachés à la « forme extraordinaire ». On savait le jésuite Bergoglio peu intéressé par les questions liturgiques – ce qui est le cas de nombreux membres de la Compagnie de Jésus, chacun connaît la pique appliquée aux fils de saint Ignace : Nec rubriquant nec cantant ! On savait aussi que comme archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio n’avait pas manifesté un enthousiasme marqué à l’application de Summorum Pontificum : il désigna un seul lieu de culte pour qu’elle y soit célébrée, une  décision plus dans l’esprit du motu proprio Ecclesia Dei de 1998 que dans celui de Summorum Pontificum… Devenu Pape, l’ancien archevêque de Buenos Aires ne semble pas être dans de meilleures dispositions selon Magister pour la Messe dite traditionnelle.

L’interdiction qui a été faite par le pape Bergoglio à la congrégation des religieux Franciscains de l’Immaculée de célébrer la messe selon le rite ancien a été une restriction réelle de la liberté de célébrer selon ce rite que Benoît XVI avait assurée à tous. Il ressort des conversations qu’il a eues avec les gens qui lui rendent visite que Ratzinger lui-même a perçu cette restriction comme un vulnus [coup] à son motu proprio de 2007 Summorum pontificum.

Dans l’interview qu’il a accordée à La Civiltà Cattolica le pape François a liquidé la libéralisation de l’usage du rite ancien décidée par Benoît XVI en la qualifiant de simple « choix prudentiel lié à l’aide apportée à des personnes qui avaient cette sensibilité particulière », alors que l’intention explicite de Ratzinger – qu’il avait exprimée en son temps dans une lettre adressée aux évêques du monde entier – était au contraire que « les deux formes d’utilisation du rite romain puissent s’enrichir réciproquement ».

Dans cette même interview le pape François a défini la réforme liturgique postconciliaire comme « un service au peuple en tant que relecture de l’Évangile à partir d’une situation historique concrète ». Cette définition est fortement réductrice par rapport à la conception de la liturgie qui était celle de Ratzinger, théologien et pape.

De plus, toujours dans ce domaine, le pape François a remplacé en bloc, le 26 septembre dernier, les cinq consulteurs du service des célébrations liturgiques pontificales. Parmi ceux qui ont été renvoyés, il y a, par exemple, le père Uwe Michael Lang, un liturgiste dont le livre le plus important, consacré à l’orientation “vers le Seigneur” de la prière liturgique, a été préfacé par Ratzinger lui-même. Alors que, parmi ceux qui ont été nommés, il y a des liturgistes beaucoup enclins à soutenir le style de célébration du pape François, lui aussi visiblement éloigné de l’ars celebrandi, inspiré, de Benoît XVI.

Au revoir Très Saint-Père et… merci
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Sur le site du pèlerinage Summorum Pontificum, une belle initiative pour dire au revoir au pape Benoît XVI. A signer et à faire circuler.

Très Saint-Père,

nous nous adressons filialement à Votre Sainteté pour lui exprimer tout spécialement notre profonde gratitude pour ses enseignements et son exemple dans un domaine que son magistère a fait ressortir comme élément central de la vie de l’Eglise : la liturgie.

Merci, Votre Sainteté, de nous avoir enseigné que « la liturgie n’est pas une sorte d’ “auto-manifestation” d’une communauté, mais qu’elle est en revanche une manière de sortir du simple “être-soi-même”, être enfermés en soi-même », insistant sur le fait que « la liturgie implique universalité et que ce caractère universel doit entrer toujours à nouveau dans la conscience de tous ».

Pareillement, Votre Sainteté a affirmé que « chaque jour doit croître en nous la conviction que la liturgie n’est pas notre “action”, mon “action”, mais l’action de Dieu en nous et avec nous ». Et comme « ce n’est pas l’individu — prêtre ou fidèle — ou le groupe qui célèbre la liturgie, mais qu’elle est avant tout action de Dieu à travers l’Église », Votre Sainteté nous a rappelé que « cette universalité et ouverture fondamentale, qui est propre à toute la liturgie, est l’une des raisons pour laquelle elle ne peut pas être conçue ou modifiée par une communauté singulière ou par des experts, mais elle doit être fidèle aux formes de l’Église universelle… elle est par sa nature catholique, elle provient du tout et conduit au tout, en unité avec le Pape, avec les évêques, avec les croyants de toutes les époques et de tous les lieux ».

Votre Sainteté nous a encouragés aussi à demander au Seigneur « de nous enseigner chaque jour à vivre la sainte liturgie, en particulier la célébration eucharistique, en priant dans le “nous” de l’Eglise, qui porte son regard non pas sur elle-même, mais sur Dieu et en sentant que nous sommes une partie de l’Eglise vivante de tous les lieux et de tous les temps ».

Ces principes fondamentaux, éloquemment synthétisés lors de vos récentes catéchèses des mercredis ont connu une application concrète dans la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum. La législation qu’il contient a eu pour principale conséquence précisément de nous avoir fait sentir « partie de l’Eglise vivante de tous les lieux et de tous les temps ».

… la suite  à lire et à signer ICI.

Mgr Bernard Fellay : le rendez-vous manqué avec l’Histoire
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Les douze coups de minuit ont sonné, pour reprendre le titre de l’article de grand poids de Jean-Marie Guénois, publié dans son blogue du Figaro, appelant Mgr Fellay à sa responsabilité devant l’histoire.

par Christophe Saint-Placide

Rome, d’ailleurs avait déjà pris acte de l’échec réciproque. Après une dernière tentative pour que le pape « sortant » puisse concéder à Mgr Fellay une Prélature personnelle universelle (lettre du 8 janvier lui laissant un délai de 6 semaines, soit jusqu’au 22 février, restée en vigueur après la démission de Benoît XVI), la Commission Ecclesia Dei a fini par jeter l’éponge : « Nous n’attendons pas de réponse ; le futur pape verra ce qu’il veut faire ». Quant il en aura le loisir. Et s’il en a l’envie.

Au lieu donc que le pontificat de Benoît XVI, le pontificat du Motu Proprio Summorum Pontificum, s’achève par un acte qui l’aurait qualifié pour toujours : l’érection de la Prélature Saint-Pie-X, on a donc une énième remise aux calendes. Au lieu donc que les cardinaux, qui commencent dès à présent à arriver à Rome, soient frappés en ce 22 février, fête de la Chaire de Saint-Pierre, par la foudre de cet événement, puis qu’ils entrent au conclave avec ce signal testamentaire fortissime du vieux pontife, de la « Tradition » on ne parle pas à Rome, de la « Tradition » on ne parlera pas au moment de choisir le nouveau pape. Immense soulagement…

Sauf que. Sauf que la tradition fera en sorte d’être toujours plus présente par toute la force morale que lui donne désormais le droit de cité rendu à la liturgie tridentine. Dieu, qui tire toujours du mal (ou du non-bien) un plus grand bien oblige ainsi l’ensemble des prêtres des paroisses ou des communautés, des fidèles du rang, des séminaristes, des religieux attachés à divers degrés à ce critère loi de la prière/loi de la foi de l’usus antiquior, et à tout ce qu’il entraîne avec lui, catéchisme, vocations, mission, éducation chrétienne, à participer de toutes leurs forces à la préparation de l’avenir de l’Église cum Petro.

Christophe Saint-Placide

La responsabilité historique de Mgr Fellay
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Fellay

 

Jusqu’au bout donc Benoît XVI tente de régler le problème de la Fraternité Saint-Pie X. À vrai dire, présenter les choses ainsi, c’est finalement prendre la situation par le mauvais côté. Ce que souhaite le pape Benoît XVI, c’est parfaire, par la réintégration canonique de la Fraternité Saint-Pie X, son œuvre de restauration catholique, œuvre pour laquelle – il l’a dit le lundi 11 février dernier – il n’a plus les forces nécessaires.

par Christophe Saint-Placide

En sens inverse, on craint du côté de la Fraternité Saint-Pi X de collaborer à l’augmentation de la confusion religieuse, à l’amplification de l’incertitude théologique et dogmatique, à la démocratisation à grande échelle de la vérité religieuse soumise aux tendances et aux partis, voire à la transformation définitive de l’Église catholique en une sorte d’Église anglicane à grande échelle, mais découpée comme elle en branches diverses, unies par un minimum commun.

Cette crainte serait juste et justifiée si la Fraternité Saint-Pie X ne représentait qu’elle même. 

Mais justement, ce n’est pas le cas. Malgré les imperfections de ses membres, elle porte en elle le poids de la vérité catholique, de la Tradition catholique, du dogme catholique. Réintégrer canoniquement la Fraternité Saint-Pie X dans l’Église, c’est certes prendre le pari de supporter des hommes pas toujours commodes, mais surtout de prendre le plus beau risque, qui est celui de la Tradition. Or celle-ci a sa propre force, sa propre capacité à séduire les cœurs catholiques. Tous les grands prélats l’ont dit, du cardinal Pie à Mgr Lefebvre, en passant par dom Guéranger. Il y a une force évangélisatrice propre à la vérité et à la Tradition. 

La vraie question donc n’est plus de savoir si la Fraternité Saint-Pie X a confiance ou non dans le personnel romain. À juste titre, sa confiance sera relative, prudente. Mais a-t-elle confiance dans la force propre de la Tradition et de la vérité ? La réponse appartient à Mgr Fellay. Et c’est pourquoi nous vivons doublement un moment historique !

C’est dans ce sens, me semble-t-il, qu’il faut lire l’article de Jean-Marie Guénois que l’on trouvera intégralement sur son blog

 

« Il est minuit moins le quart Mgr Fellay ». Cette parodie du titre du film consacré au Docteur Schweitzer, un grand protestant, est très mal choisie pour évoquer la très catholique question Lefebvriste, mais il se trouve que ce dossier qui semblait perdu pourrait marquer les tous derniers jours du pontificat de Benoît XVI. Des discussions, ultimes, sont en cours entre Rome et Ecône… Jusqu’au bout le Pape tente de trouver un accord. 

J’ai moi-même écris après l’annonce de la démission de ce Pape le 11 février que ce dossier des négociations avec la Fraternité Saint Pie X fondée par Mgr Marcel Lefebvre s’annonçait comme l’un des « échecs » du pontificat. Si ce n’est son échec majeur : Benoît XVI a accepté toutes les requêtes de la Fraternité : réhabilitation de la messe selon l’ancien rite, levée des excommunications, proposition d’un accord doctrinal. Il y a mis tout son cœur de pasteur éperdu de l’unité du troupeau. Jamais un Pape n’avait consacré autant de labeur personnel à un dossier si particulier au risque d’être totalement incompris. Il a d’ailleurs subi une infamie mondiale lors de l’affaire Williamson. 

Cette négociation, souvent considérée en Italie ou dans l’Eglise universelle comme une « question française » ne l’est pas en réalité. Elle est l’un des symboles du pontificat. Ce qui pourrait advenir ou échouer dans les jours qui viennent est donc très important à l’échelle de l’Eglise catholique. 

S’il fallait en effet résumer en un mot le pontificat de Benoît XVI ce serait : réhabilitation de la foi et de l’identité catholique. Une image résume le tout. Les JMJ de Madrid ont vu, lors de la veillée et avant la tempête et le déluge qui s’est soudain levé, non pas le show d’un Pape devant plus d’un million de jeunes, mais un incroyable silence de prière devant une hostie consacrée… avec un Pape, à genoux, au premier rang. Dans la vision catholique, donc, l’adoration de… Dieu puisque l’Eglise considère que le Christ est « réellement présent » dans l’hostie consacrée sous « l’apparence » du pain. 

Il faut ajouter ce fait : les monastères et séminaires qui sont remplis, les nouvelles communautés et les prêtres qui ont du rayonnement, sont le plus souvent des gens qui plient le genou devant l’Eucharistie. 

On peut tourner en dérision cette pratique, la voilà toutefois réellement réapparue ! Lancée sous Jean-Paul II, ce retour de la foi eucharistique a comme trouvé son épanouissement sous le pontificat de Benoît XVI. 

Et l’on ne comprend strictement rien à l’évolution actuelle de l’Eglise, ou alors seulement de l’extérieur, si l’on ne saisit pas cette clé de lecture essentielle. 

Une autre façon de le dire, plus ramassée, serait la suivante – elle est sans aucune acrimonie pour les protestants : le pontificat de Benoît XVI a comme « dé-protestantisé » l’Eglise catholique. Au grand dam de l’aile progressiste. Mais c’est bien cette réalité objective qui fait grincer des dents. 

 

Christophe Saint-Placide

Fin de la Semaine de l’Unité : un autre climat entre Rome et Menzingen
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25 janvier : nous sommes aujourd’hui à la fin de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens (dont on sait peu qu’elle a été approuvée par saint Pie X).


par Christophe Saint-Placide

Le premier jour, le 18 janvier, moi-même puis Jean-Marie Guénois dans Le Figaro, faisions connaître qu’une lettre privée de Mgr Di Noia, Vice-Président de la Commission Ecclesia Dei, avait été communiquée à tous les prêtres de la FSSPX. Le lendemain, Il Sismografo publiait tant l’original anglais que la version française de cette lettre.

Dans le courant de la semaine (de l’Unité) qui s’achève, le retentissement de ce pas fait par le mandataire du Pape en charge du dossier fut considérable dans le monde. On relevait le ton spirituel de la missive, les ouvertures faites à une discussion encadrée de Vatican II par l’instruction Donum veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien de 1990. On relevait aussi les formules indiquant avec délicatesse que le temps du statu quo ne pouvait plus durer très longtemps : « Il est clair qu’un élément nouveau doit être introduit dans nos échanges, si nous ne voulons pas apparaître à l’Église, au grand public et, au fond, à nous-mêmes, comme engagés dans un échange courtois, mais sans issue ni fruit. […] Une réconciliation ecclésiale immédiate et totale mettra-t-elle fin aux soupçons et à la méfiance qui ont surgi de part et d’autre ? Sans doute pas si facilement. […] Voici venu le moment d’une grâce extraordinaire : saisissons-le de tout notre cœur et de tout notre esprit. […] Le seul avenir imaginable pour la Fraternité sacerdotale saint Pie X se trouve sur le chemin d’une pleine communion avec le Siège Apostolique ».

 

Et voici une correspondance étonnante : cette lettre a été envoyée à Mgr Fellay en novembre dernier, quand allait commencer l’Avent. La rédaction a donc été concomitante de celle du discours que le Pape a adressé le 15 novembre dernier à l’assemblée plénière du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens (dont le Président est le cardinal Koch). Le Pape remarquait :  « l’importance des dialogues théologiques et des conversations avec les Églises et les Communautés ecclésiales dans lesquels l’Église est engagée ». Elles permettent de saisir, « en même temps que les résistances et les obstacles, également la richesse d’expériences, de vie spirituelle et de réflexions théologiques, qui deviennent un encouragement pour un témoignage toujours plus profond ». Comme Mgr Di Noia, le Pape insistait sur le fait que l’unité « n’est pas une œuvre que nous, les hommes, pouvons simplement réaliser », mais qu’elle « est un don de Dieu ». C’est pourquoi, elle exige « avant tout patience, humilité, abandon à la volonté de Dieu ». Avec cet avertissement : il ne faut pas que les uns et les autres « s’arrêtent le long du chemin, en acceptant les diversités contradictoires comme quelque chose de normal ou comme le mieux que l’on puisse obtenir ». Bien sûr, objectera-t-on, la réconciliation avec la FSSPX n’est pas de même nature que le retour des orthodoxes et des anglicans. Les similitudes entre la Lettre Di Noia et le discours pontifical montrent tout de même où se trouve la vraie préoccupation du Siège Apostolique.

Comment les prêtres de la FSSPX ont-ils reçu la lettre que Mgr Di Noia leur a adressée ? L’un d’eux, qui tient à garder l’anonymat, pense qu’un bon procédé proportionné de la part de la FSSPX s’impose. Il pense (il est vrai que son ancienneté lui permettrait d’y participer) à la réunion d’un chapitre de la FSSPX pour prendre la mesure de cette atmosphère nouvelle. Il estime qu’à l’appel du temps de grâce de l’Avent devrait correspondre une réponse du temps de grâce de Carême.

Christophe Saint-Placide

Une nouvelle église pour la messe traditionnelle à Paris
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Nous reproduisons l’annonce d’une excellente bonne nouvelle recueillie sur le Forum catholique, ce 21 janvier :

 

La FSSPX s’installe à N.-D. de Consolation à Paris 8e par Ennemond (2013-01-20 20:59:56)

 

Notre-Dame-de-Consolation a été élevée sur les lieux de l’incendie du Bazar de la Charité où ont péri le 4 mai 1897 cent vingt-cinq victimes parmi lesquelles la duchesse d’Alençon, sœur de la célèbre impératrice Sissi. L’architecte de l’édifice a reçu pour son œuvre la médaille d’or de l’exposition universelle de 1900 et la chapelle et son cloître sont d’ailleurs classés monument historique. 

Après avoir abrité successivement deux communautés religieuses au cours du XXe siècle, Notre-Dame-de-Consolation est depuis plusieurs jours entre les mains de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, sous la houlette de l’abbé Grégoire Celier. Pour la Fraternité, cette nouvelle installation permettra de remplacer la très historique chapelle Sainte-Germaine, attenante à la salle Wagram, que des prêtres desservent depuis 1974 (bien avant l’arrivée à Saint-Nicolas du Chardonnet). Néanmoins si son décor n’est pas moins riche, ses dimensions demeurent plus raisonnables que la paroisse du Ve. Elle dispose cependant d’une crypte prolongée plus grande qui fera office de lieu de culte pour les grandes occasions. 

Sur ces lieux ont péri dans d’atroces conditions des dames qui se dépensaient ce mardi 4 mai pour les nécessiteux et qui, pour certaines, ont sacrifié leur vie pour sauver celle des autres. Leur foi était telle qu’elles ont exercé la charité jusqu’à l’extrémité. Et d’ailleurs, à l’entrée de la chapelle, deux grandes statues entourent la porte principale. Elles représentent à droite la foi et à gauche la charité. Sans doute y a-t-il un clin d’œil de la Providence qui permet que s’installent en ces lieux les disciples de l’archevêque dont la devise alliait ces deux vertus : “Et nous, nous avons cru en la charité”

 

La chapelle de l’hôpital Laennec, la rue de la Cossonnerie, Wagram, St-Nicolas-du-Chardonnet, St-Eugène-Ste-Cécile, aujourd’hui N.-D. de Consolation, rue Jean-Goujon, autant de lieux – je ne cite que les plus importants – qui sont aussi des bornes dans l’histoire du redéploiement e la messe traditionnelle à Paris, depuis 1969.

 

 

FSSPX : pour combien de temps encore le statu quo ? Une intervention de Mgr Di Noia
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Le renvoi de Mgr Williamson annonce inéluctablement une scission dans la FSSPX. Pour autant, cela ne resserre pas les rangs de la majorité de ses prêtres autour de Mgr Fellay, dont la ligne de conduite est peu lisible.

Le statu quo peut-il perdurer longtemps ? Le choix va finir par s’imposer à la FSSPX ou lui être imposé, choix entre reconnaissance canonique et rupture (sans grandes conséquences immédiates pour ses apostolats et séminaires, mais désormais sans issue à vue humaine).

Chaque prêtre de la Fraternité Saint-Pie-X vient de recevoir une très longue lettre de Mgr Di Noia, Vice-Président de la Commission Ecclesia Dei. Le mandataire du Pape prend acte du désaccord inchangé entre le Saint-Siège et la FSSPX : le Saint-Siège estime qu’il faut interpréter les textes du Concile à la lumière de la Tradition ; la FSSPX pense que certains des enseignements de Vatican II sont erronés. Toute la question, elle-même inchangée, est de rendre ce désaccord supportable.

À l’aide de textes de saint Paul, saint Augustin, saint Thomas, Mgr Di Noia propose donc une nouvelle approche, spirituelle. Il demande que les deux parties procèdent, chacune pour sa part, à un examen de conscience à propos de l’humilité, de la douceur, de la patience, de la charité. La FSSPX estime que cela ne peut exclure, compte tenu des questions doctrinales en jeu, la rigueur de la confession de la foi. D’autant que le morcellement de la foi, de la catéchèse, des pratiques sacramentelles, amène beaucoup d’eau à son moulin. Inversement, il est vrai, on pourrait dire que la dégradation continue de la situation de la foi catholique est une invitation pressante à quitter son splendide isolement et à se joindre aux corps officiels de secouristes dans les lieux sinistrés eux-mêmes.

L’esquisse de la solution concrète est laissée, sans doute volontairement, dans une certaine incertitude par Mgr Di Noia. Il rappelle en passant que Rome attend de Mgr Fellay une réponse au document qui lui a été remis le 14 juin dernier. Mais par ailleurs, il propose à la FSSPX un processus que l’on pourrait qualifier de transactionnel :

  • D’une part, la FSSPX retrouverait le charisme positif de ses premières années à Fribourg et Écône (elle chercherait à réformer ce qui doit l’être, d’abord par la formation de prêtres traditionnels et en les missionnant pour un magistère conforme à leur formation).

  • Mais d’autre part, la FSSPX estimant toujours que certains passages de l’enseignement de Vatican II ne peuvent être conciliés avec le magistère antérieur, elle pourrait les discuter, sous réserve :

    • D’éviter de recourir par principe aux médias de masse ;

    • De ne pas s’ériger en magistère parallèle ;

    • De présenter toujours les objections de manière positive et constructive ;

    • De fonder toutes ses analyses sur des bases théologiques profondes et larges.

Restrictions qui sont du type des réserves de pure forme. Référence est faite à l’instruction Donum veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien (24 mai 1990). Cela revient, certes, à vouloir réduire les contestations de Vatican II, dans la forme qu’elles peuvent prendre, à de simples divergences théologiques, mais cela consiste aussi à admettre des divergences publiques sur le fond.

Le Saint-Siège ne peut-il proposer plus ? La FSSPX peut-elle estimer qu’on ne lui donne assez ?

Elle peut bien sûr essayer de gagner encore un peu de temps. Mais le statu quo institutionnel (FSSPX ni excommuniée ni reconnue) ne peut s’éterniser. Quand il cessera, elle aura à régir une situation nouvelle, soit celle d’après la rupture pour une durée désormais indéfinie, soit bien celle d’après la reconnaissance canonique. Ce qui veut dire que le statu quo interne à cette Fraternité est lui aussi appelé à être modifié.

La vigne ravagée ou Hildebrand contre les nouveaux apprentis réformateurs
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En 1973, le philosophe allemand Dietrich von Hildebrand publiait un livre au titre explicite : The Devastated Vineyard. Cette vigne, c’était celle du Seigneur, c’est-à-dire son Église, alors sous la conduite du Pape Paul VI. Philosophe, Hildebrand ne se contentait pas de dresser un constat ni d’élever des plaintes devant le ravage que subissait l’Église visible. Il en analysait les causes et il explorait la portée des effets, le tout porté par une foi profonde et une assurance donnée par la fréquentation assidue de la sagesse. Publié une première fois en France en 1983, La Vigne ravagée vient d’être réédité par les éditions Dominique Martin Morin, 35 ans après le décès de l’auteur dans l’État de New York aux États-Unis.

par Christophe Saint-Placide

Dietrich von Hildebrand

Il n’est pas inintéressant de noter, avant d’entrer dans quelques aspects du livre d’Hildebrand, que celui-ci ne correspond en rien à la caricature du « traditionaliste » tel qu’il est généralement dépeint. Par exemple, on aurait quelques difficultés à réduire l’auteur de La Vigne ravagée au statut commode de militant ou de penseur d’extrême-droite. Il serait assurément peu facile de voir en lui un tenant du conservatisme philosophique, un néo-scolastique au pire sens de ces deux termes. Impossible encore de dresser à son sujet le portrait d’un vieux ronchon recroquevillé sur des certitudes morales d’un autre âge. Bref, en tout point, Dietrich von Hildebrand échappe aux raccourcis faciles et à l’exploitation dialectique. Connu et reconnu dans le monde germanique ainsi que dans la sphère anglo-saxonne, Hildebrand reste pourtant aujourd’hui un parfait inconnu dans la sphère francophone, à quelques rares exceptions. Il n’est donc pas exagéré de souligner rapidement quelques aspects de cette existence brillante, douloureuse et riche.

Le parcours d’un converti

C’est le parcours d’un converti qu’il nous faut suivre ici, depuis cette magnifique ville de Florence en Italie où il naît le 12 octobre 1889, au sein d’une famille protestante, jusqu’à sa mort le 26 janvier 1977 à New Rochelle aux États-Unis, comme catholique romain.

Ce fils d’un célèbre sculpteur devint catholique en 1914, l’année même de l’effondrement définitif du monde ancien, dans la boue et le sang des tranchées. Il étudia la philosophie sous la direction d’Husserl qui qualifia sa thèse de géniale et il fut également un ami de Max Scheler qui fut un des éléments qui le mena à la conversion.

Pendant la Première Guerre mondiale, le jeune homme servit comme assistant chirurgien, ce qui lui permit de voir de près la souffrance humaine dans le paroxysme de son expression. Il fait alors la connaissance de Friedrich Wilhelm Foerster, un pacifiste et un antinationaliste allemand. Une rencontre importante qui ancre le jeune Hildebrand dans le désir d’œuvrer à réconciliation franco-allemande et qui le fait inviter en 1921 par le sillonniste Marc Sangnier au Congrès pour la paix de Paris. À cette occasion, Hildebrand dénonce la responsabilité allemande dans le déclenchement de la guerre de 1914-1918, responsabilité qu’il qualifie de crime. Il est aussitôt considéré comme un traître à sa patrie et sera ensuite mis sur la liste noire des ennemis du parti nazi. Quand Adolf Hitler tente son putsch à Munich en 1923, Hildebrand est obligé de fuir la Bavière. Adversaire irréductible du nazisme, il s’y oppose de toutes ses forces quand celui-ci accède au pouvoir en 1933 et il doit prendre le chemin de l’exil, cette fois hors des frontières de son pays.

 L’exil d’un anti-nazi

Refugié d’abord à Vienne, où il devint professeur de philosophie à l’université de cette ville et le fondateur d’un journal anti-nazi, Der Christliche Ständestaat (L’État chrétien corporatif), basé sur les principes chrétiens, il doit quitter ce pays au moment de l’Anschluss car il est condamné à mort par les nazis. De la Tchécoslovaquie au Brésil, en passant par la Suisse, la France (où il enseigna à l’Université catholique de Toulouse), le Portugal, il rejoint définitivement les États-Unis en 1940.

Philosophiquement, Hildebrand était un personnaliste chrétien et ses travaux, portant principalement sur la morale, renouvelèrent en profondeur le discours chrétien sur la morale conjugale et trouvèrent leur achèvement dans l’enseignement de Jean-Paul II sur le sujet.

 

A gauche de Benoît XVI, Alice von Hildebrand, la veuve de Dietrich von Hildebrand

Proche de Pie XII, qu’il rencontra quand celui-ci était nonce à Munich, il aurait été qualifié par le Pasteur Angélique de « docteur de l’Église du xxe siècle ». À sa femme, Alice von Hildebrand (son ancienne étudiante et secrétaire, devenue sa seconde épouse en 1959, la première, Margaret Denck étant décédée en 1957), Jean-Paul II aurait déclaré : « Votre mari est l’un des plus grands spécialistes de l’Éthique du xxe siècle » Quant à Benoît XVI, il semble qu’il rencontra le philosophe quand il était vicaire à l’église St. Georg de Munich. Devenu cardinal, Joseph Ratzinger déclarera : « Quand l’histoire intellectuelle de l’Église catholique au XXe siècle sera écrite, le nom de Dietrich von Hildebrand sera le plus important parmi les figures de notre temps »

Un moraliste face à la crise de l’Église

Moraliste, Dietrich von Hildebrand fut particulièrement consterné par la crise qui ébranla l’Église au moment du Concile Vatican II. Il écrivit plusieurs ouvrages à ce sujet. Concernant le drame de la liturgie, il contribua à colmater les brèches en participant à la fondation d’Una Voce USA. Dans La Vigne ravagée, on peut lire à ce sujet cette phrase explicite : « En vérité, si l’un des démons de C.S. Lewis dans Tactique du diable s’était vu confier de ruiner la liturgie, il n’aurait pas pu faire mieux. »

Dans son livre La Vigne ravagée, que vient judicieusement de rééditer DMM, Dietrich von Hildebrand analyse en profondeur cette crise, ses manifestations et les moyens d’y répondre. Il est impossible ici d’en donner ne serait-ce qu’un vague aperçu. La pensée est riche, l’analyse profonde et l’écriture sans détours. Il met en cause le mythe de l’homme moderne et les illusions du progrès. Il voit dans le Concile Vatican II la « grande déception », les promesses non tenues d’un véritable renouveau.

Mais l’un des aspects les plus passionnants du livre – et, étrangement d’une criante actualité – concerne ses propos sur la nouvelle liturgie. Dietrich von Hildebrand dénonce notamment la mise à sac de l’Année liturgique, semblant répondre ainsi, des décennies à l’avance, à ceux qui aujourd’hui veulent modifier l’année liturgique de la forme extraordinaire (cf. mon précédent article).

Très justement, le philosophe remarque : « Pourra-t-on croire que la communion avec les contemporains puisse être renforcée par le fait même que sera affaiblie la communion avec les saints des temps passés ? » Il semble aujourd’hui que de bons évêques, des prêtres apôtres et plein de miséricordes, des moines ardents, le pensent.

Hildebrand souligne également que la messe n’est pas le lieu pour découvrir la richesse et l’étendue des Saintes Écritures. « La raison d’être de la lecture de l’Épître et de l’Évangile au cours du Saint-Sacrifice de la messe, écrit-il, est bien plutôt de préparer spirituellement notre âme au sacrifice et à la communion. Nous ne sommes pas là pour apprendre, mais pour nous laisser pénétrer dévotieusement de la lecture de la Révélation. »

La structure organique de la liturgie traditionnelle

Il donne la raison principale pour laquelle il me semble néfaste de vouloir modifier en profondeur la structure de l’Année liturgique du missel traditionnel, raison que devraient méditer les apprentis réformateurs d’aujourd’hui. Hildebrand oppose, en effet, la structure organique de l’Année liturgique traditionnelle à la réforme post-conciliaire : « Dans la réforme actuelle, la structure organique des fêtes a été détruite. On lui a substitué un principe mécanique, suivant lequel les quatre évangiles se succèdent au cours de l’année liturgique, de telle façon qu’en une seule année la totalité des Évangiles soit présentée. »

Dietrich von Hildebrand s’est malheureusement trompé sur un point : la longévité de la nouvelle liturgie « Nous le disons franchement. Le nouvel “Ordo missae” (ainsi que la réforme de l’année liturgique) est tellement terne, inarticulé et artificiel qu’il ne pourra subsister longtemps ». Il existe toujours, et toujours en état de crise. Raison de plus pour continuer à s’appuyer sur l’ancien missel, année liturgique comprise.

Ch. Saint-Placide

Adflicta ?
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À la parution du motu proprio Summorum Pontificum, en 2007, je fus de ceux qui estimèrent qu’il était temps de changer définitivement le nom de la Commission « Ecclesia Dei ». Cette appellation renvoie, en effet, au motu proprio Ecclesia Dei Adflicta du pape Jean-Paul II, publié en 1988 à la suite des sacres épiscopaux sans mandat pontifical de Mgr Lefebvre et de Mgr de Castro-Mayer. En 2007, il me semblait, qu’en continuant à s’intituler ainsi, la commission pontificale, en charge des questions liturgiques de ce qui est convenu maintenant d’appeler la « forme extraordinaire » et des communautés qui la célèbrent, continuait de renvoyer à un passé douloureux.

En changeant d’appellation, la commission aurait indiqué également un changement profond d’orientation générale. En montrant d’abord qu’il était mis fin à la réserve d’indiens octroyée aux traditionalistes et que ces derniers appartenaient pleinement au visage visible de l’Église. Ensuite, que l’on pouvait espérer que la question de la réintégration de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X n’était plus qu’une question de temps, qui devait faire sa part aux discussions, aux blocages psychologiques, à la pesanteur historique – comment effacer, en effet, des décennies d’opposition, d’un seul coup de crayon ? – mais finirait par se résoudre naturellement.

Dois-je confesser qu’à cinq ans de distance, je ne suis pas si sûr d’avoir eu raison et que le changement de dénomination – d’une portée principalement symbolique – ne me semble pas aussi urgent qu’en 2007 ?

Certes, je suis bien conscient de l’avancée lente mais continue des célébrations de l’usus antiquior dans le monde, davantage aux Etats-Unis qu’en Europe pourtant.

Certes, je suis bien conscient de l’augmentation du nombre d’évêques et de cardinaux qui ont célébré cette messe, certains à plusieurs reprises et en voyant bien la richesse doctrinale et spirituelle qu’elle contient.

Certes, je ne peux que me réjouir du succès du pèlerinage du 3 novembre dernier pour les cinq ans du motu proprio Summorum Pontificum, avec l’apothéose qu’a représenté la célébration du vénérable rite par le préfet de la Congrégation pour le Culte divin en personne, le cardinal Canizarès.

Certes, je me réjouis également du maintien, et dans beaucoup de cas, du développement des communautés dites « Ecclesia Dei », pourvues en vocations nombreuses et jeunes, véritable promesse d’avenir.

Certes, je trouve encourageant et heureux les nombreux prêtres diocésains qui ont appris à célébrer l’usage antique de la messe, qui désormais s’en nourrissent et puisent à la fraîcheur de sa doctrine et de sa spiritualité la force d’un apostolat toujours plus catholique.

Certes je suis heureux de savoir que de nombreux séminaristes attendent avec impatience l’ordination pour pouvoir célébrer également ce rite et que certains réclament même une formation appropriée dans leur séminaire.

 

Cependant, je ne peux remarquer que l’autre face de la médaille. Je passerai ici sur les blocages des évêques, la crainte des curés, les accusations grossières. Je ne m’arrêterais qu’à deux faits.

 

– Premier fait : plus que jamais, la réintégration de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X semble s’éloigner d’un avenir prochain. À ce titre, « Ecclesia Dei » reste bien « « adflicta ». Le plus hallucinant dans cette histoire tient à la réception de Vatican II. Ce concile reste la pierre d’achoppement de part et d’autre. On le sait des deux côtés. Mais, du côté romain, d’ouvertures en revirements, Vatican II continue de s’imposer sans que jamais on ne réponde aux objections qui lui sont faites autrement que par la demande d’une acceptation pure et simple. Or ce type de questions dépasse aujourd’hui les rangs même de la Fraternité Saint-Pie X. Cinquante ans après, Vatican II appartient à l’Histoire et on ne peut simplement pas effacer ce qui a eu lieu ainsi que ses conséquences.

 

– Deuxième fait : on assiste aujourd’hui, dans certains milieux, à la tentative d’imposer une troisième voie, différente de celle qui fut incarnée en son temps par le cardinal Lustiger à Paris (une sorte de « ni-ni » ecclésial) mais tout aussi peu fondée. Cette troisième voie, poussant à l’extrême une certaine interprétation du motu proprio Summorum Pontificum entend transformer les livres liturgiques de 1962. Il s’agit notamment (mais pas seulement) de faire entrer de force le lectionnaire de la forme ordinaire dans la forme traditionnelle, sous prétexte d’une unité qui ne serait, en fait, qu’une uniformisation.

Les acteurs d’une telle entreprise, qui comprend des évêques, des prêtres et des moines, ont déjà essayé de forcer les choses auprès de la Commission Ecclesia Dei. En son temps, ils se sont cassés le nez sur le refus de Mgr Pozzo. Il faut donc espérer qu’il y aura une jurisprudence Pozzo à cet égard, même si rien n’est certain.

Cette intrusion dans les règles liturgiques risque certainement d’accroître encore davantage la confusion et de détruire toujours plus l’unité que l’on prétend chercher. Elle rompt aussi avec l’esprit même de la liturgie et, sans aller jusqu’à prétendre que cette intrusion soit de même type que la révolution protestante, il faut constater, hélas, qu’elle partage avec elle, heureusement à une dose infime, un des caractères de l’hérésie anti-liturgique dégagée par dom Guéranger dans les Institutions liturgiques : « la haine de la Tradition dans les formules du culte divin. » Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’une « haine » mais évidemment d’une préférence pour ses propres choix plutôt que pour ceux de l’Église qui, en l’occurrence, depuis Jean-Paul II jusqu’à Benoît XVI, et, sur ce point, en plein accord avec la Fraternité Saint-Pie X, a acté pour les livres liturgiques de 1962. C’est vers une nouvelle confusion liturgique que nous conduisent ceux qui, de bonne foi, pensent servir ainsi l’Église. Une telle confusion renforcera, si elle se produit, le côté « adflicta », reculant davantage encore dans le temps et les esprits l’émergence d’une commission Summorum Pontificum qui serait plus en accord avec les vœux du Saint-Père. 

 Christophe Saint-Placide

[Une erreur technique a fait sauter la signature de ce post, erreur que plusieurs lecteurs ont heureusement relevée. Nous les en  remercions]. 

Quand Mgr Bugnini proposait des solutions pour résoudre le « cas Lefebvre »
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Yves Chiron est aujourd’hui l’un de nos meilleurs historiens et un lecteur attentif et scrupuleux des documents. Il vient de le démontrer dans le dernier numéro de sa publication Aletheia, « lettre d’informations religieuses ». Il consacre un long article aux Memorie autobiografiche » de Mgr Bugnini, le grand acteur de la réforme liturgique post-conciliaire, notamment à travers le Consilium et la Congrégation pour le Culte divin. Il faut lire cet article d’Yves Chiron car on y apprend beaucoup de choses. Mais trois éléments m’ont particulièrement frappé.

– Premier élément : l’affirmation de Mgr Bugnini concernant Paul VI et disant que le pape a « tout vu, tout suivi, tout approuvé » en ce qui concerne la réforme liturgique. Yves Chiron commente : « L’expression est, sans nul doute, excessive. Mais il est certain, qu’à la différence d’autres domaines, Paul VI a suivi de près les dossiers de la réforme liturgique et a eu d’innombrables séances de travail en tête à tête, avec Mgr Bugnini ». N’oublions pas, en passant, qu’Yves Chiron est aussi le biographe de Paul VI (Perrin, réédition Via Romana).

Deuxième élément : on découvre que l’acteur de la réforme liturgique, lequel est tant détesté par les milieux traditionalistes, s’est montré plus libéral ou plus ouvert que Paul VI à leur égard. Yves Chiron nous apprend ainsi qu’après l’autorisation qui fut donnée en 1971 aux prêtres âgés de célébrer la messe de saint Pie V, puis l’indult accordé aux évêques anglais d’autoriser, sous certaines conditions la célébration de cette même messe, « Mgr Bugnini a suggéré au pape d’accorder une faculté identique à d’autres conférences épiscopales. Le pape s’est montré “intraitable” (p. 86) et a refusé d’étendre l’indult. »

Troisième élément : Mgr Bugnini avait proposé une solution pour résoudre le « cas Lefebvre » : « par une large “concession” de la messe traditionnelle. Il fixait quatre points (p. 89). Le Saint-Père fit répondre qu’il ne lui semblait “pas opportun de concéder aujourd’hui ce qui avait été refusé dans le passé” (p. 90). La proposition de Mgr Bugnini sera largement reprise par Jean-Paul II dans l’indult de 1984. »

La responsabilité de Paul VI dans la crise liturgique qui a touché l’Église en apparaît donc d’autant plus écrasante. 

En direct de Rome : ce 3 novembre à la basilique Saint-Pierre, la messe « extraordinaire », est la messe normale
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Une messe « extraordinaire » ? Une messe normale !

En préambule à cette célébration, qui vient de s’achever à Saint-Pierre, le cardinal Cañizares avait donc expliqué au vaticaniste Andrea Tornielli, en pesant ses mots : « C’est une manière de faire comprendre que l’usage du missel de 1962 est normal ». Pour qui connaît le fonctionnement de la Curie romaine, un tel acte du Préfet de la Congrégation pour le Culte divin dans la Basilique du Pape, ne pouvait qu’être, d’une manière ou d’une autre, inspiré, comme l’indique le message du pape, en français, lu en début de cérémonie.

A 14h30, la longue procession des confréries, des clercs et des fidèles, partie de San Salvatore, de l’autre côté du Tibre, ayant traversé le pont Saint-Ange, après avoir remonté toute la via della Conciliazione, passait les portes de la Basilique vaticane, pour rejoindre la foule des fidèles qui attendaient déjà à l’intérieur. Et à 15h, visiblement rayonnant, le Préfet du Culte divin commençait la messe pontificale sous la Chaire de Saint-Pierre, devant une assistance d’environ 2 à 3 000 personnes autour de la Chaire de Saint-Pierre, sans compter la foule derrière les barrières et d’un très nombreux clergé séculier et religieux. Comme dans les autres cérémonies de ce pèlerinage Summorum Pontificum, un des points les plus frappants aura été la présence massive de prêtres diocésains et de séminaristes, issus des diverses Universités pontificales, où venus pour l’occasion de France, des États-Unis, Angleterre, etc.

Parmi les prélats romains assistant à la cérémonie (Mgr Perl, Mgr Pozzo, qui vient d’être nommer archevêque ce matin, Mgr Agostini, cérémoniaire pontificale, etc.), la présence la plus remarquable était celle, quasi officielle, de la Commission Ecclesia Dei, avec son Vice-Président, Mgr Di Noia, entouré de ses collaborateurs et présidant les membres du clergé. Le Rev De Andrade, membre de la même Commission, a dirigé impeccablement la cérémonie, aidé d’un prêtre diocésain, le Rev Cuneo. Le prêtre assistant était Mgr Ferrer, Vice-Secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin, le diacre, le Rev Barker, vicaire de la paroisse personnelle romaine vouée à la liturgie traditionnelle, le sous-diacre, le Rev Reginal-Marie de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, les autres ministres étant pris parmi les séminaristes des collèges romains ou les clergés diocésains.

Tout visait à faire entendre que, parti d’une situation de « privilège » concédé, on est désormais en chemin – même si on est encore très loin du but – vers une situation normale, l’extraordinaire d’hier devant s’intégrer peu à peu, pas à pas, dans les paroisses, dans les diocèses, dans les mouvements de jeunesse, dans l’ensemble de la vie de l’Église.

C’est ce que le cardinal Cañizares lui-même a souligné à la fin de son homélie (très spirituelle), brodant sur un thème qui lui est cher : le Motu Proprio, c’est la pacification de l’Église avec elle-même, c’est-à-dire avec sa tradition, dont l’axe est le culte romain traditionnel. Lorsque le « Ministre de la Liturgie » de Benoît XVI évoque avec beaucoup de finesse l’« illumination » que la constitution Sacrosanctum Concilium doit apporter à l’une et l’autre forme du rite romain, cela ne revient-il pas à dire que si hier, le Concile était expliqué par la liturgie de Paul VI, il peut tout aussi bien se relire aujourd’hui à l’aide – pour ne pas dire au filtre – de la liturgie dite de Saint-Pie-V ?

L’émotion qui étreignait les assistants à la messe de ce 3 novembre participait de la conscience de voir s’ébranler cette révolution copernicienne. Le cardinal a repris les buts du pèlerinage : action de grâce et de soutien à l’intention du Saint-Père, communion « affectueuse » du peuple Summorum Pontificum avec le Père Commun.

Annonce de la célébration du Pape qui scellera ce passage de la messe « extraordinaire » à la messe normale ?

La bien-nommée Trinité des Pèlerins
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Une église remplie – « comme rarement » nous a confié un fidèle romain ; une cérémonie « glorieuse » selon le commentaire d’un séminariste britannique qui découvre la liturgie traditionnelle ; un cardinal en pleine forme en dépit de son récent malaise cardiaque ; des fidèles aux accents du monde entier… hier matin, l’église romaine de la Trinité des Pèlerins portait bien son nom.

Érigée en 2008 par le Saint Père en paroisse personnelle destinée à la célébration de la forme extraordinaire du rite romain – la liturgie traditionnelle – l’église de la Trinité des Pèlerins est probablement entrée aujourd’hui dans une nouvelle phase de son existence en renouant pleinement avec ses origines quand, sous l’inspiration de saint Philippe Néri, « le troisième apôtre de Rome », elle fut construite pour satisfaire les besoins spirituels, physiques et matériels des pèlerins se rendant sur le tombeau de Pierre. En accueillant la plupart des cérémonies du pèlerinage du peuple Summorum Pontificum, la paroisse confiée à la Fraternité Saint Pierre est ainsi fidèle à sa vocation comme à son histoire.

Après les premières vêpres de Toussaint, entonnées la veille par l’abbé Claude Barthe, aumônier du pèlerinage Una cum Papa nostro, c’est une messe solennelle qui a été célébrée hier matin par le cardinal Walter Brandmuller, ancien président du Comité pontifical des sciences historiques, pour la fête de la Toussaint. Au cours de son homélie, le cardinal a insisté sur l’action de la Sainte Trinité à travers la foule des saints et la vocation de l’Église militante à rejoindre les rangs glorieux de l’Église triomphante.

À l’issue de la cérémonie, Son Éminence a inauguré le salon d’honneur de la paroisse, une salle adjacente à la sacristie, aux murs couverts des portraits des protecteurs de la paroisse, de saint Philippe Néri aux cardinaux Spada ou Salviati. L’occasion pour les pèlerins de saluer notamment Monseigneur Sciacca, le secrétaire général du Gouvernorat de la Cité du Vatican, qui célébrera ce 2 novembre la messe de Requiem pour les fidèles défunts en cette même et décidément bien-nommée Trinité des Pèlerins.

 

(vidéo The Remnant)

Pourquoi le Cardinal Cañizares célèbre la messe extraordinaire à St-Pierre du 3 novembre
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D’aucuns auraient pu s’étonner que le cardinal Cañizares, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin (sur la photo avec le Pape), en charge de la liturgie léguée par Vatican II, célébrât la messe en forme extraordinaire, et qu’il le fît à Saint-Pierre de Rome. « C’est une manière de faire comprendre que l’usage du missel de 1962 est normal », expliquait hier le cardinal au vaticaniste Andrea Tornielli. Tout simplement. Et d’appuyer : « J’ai déjà célébré avec le missel du Bx Jean XXIII, et je le ferai volontiers cette fois encore ».

Le cardinal Cañizares avait d’ailleurs fait une déclaration de principe dans un document très construit servant de prologue à La reforma de Benedicto XVI – La liturgia entre la innovación y la tradición (Ciudadela Libros, 2009), édition espagnole du livre de Nicola Bux, La réforme de Benoît XVI. La liturgie entre innovation et tradition (Tempora, 2009). Compte tenu de l’importance de ce texte émanant du « Ministre de la Liturgie » de Benoît XVI, nous le publions intégralement.

Il pourrait se résumer en ces deux affirmations cardinales :

1°/ Sur la réforme liturgique telle qu’elle s’est déroulée concrètement : « Il y a eu un changement dans les formes, une réforme, mais non une vraie rénovation comme le demandaient les Pères conciliaires ».

2°/ Sur le Motu Proprio : « Geste d’un extraordinaire sens ecclésial par lequel a été reconnue la validité d’un rite qui a nourri spirituellement l’Église occidentale pendant des siècles [… il] a une signification plus vaste qui dépasse l’existence ou non de conflits ».

 

Peu de mois se sont écoulés depuis la publication de ce livre jusqu’à la présente édition espagnole. Pourtant certains faits sont intervenus dans ce court laps de temps qui, par leur importance, ont modifié de façon sensible le « climat » entourant la question, en particulier l’atmosphère relevant de la controverse suscitée par la levée des excommunications des quatre évêques ordonnés il y a vingt ans par Monseigneur Lefebvre. Ce geste de miséricorde gratuite du Saint Père en vue de permettre leur pleine insertion ecclésiale qui concrètement montre que l’Église ne renie pas sa tradition, semble avoir signifié que la « Messe traditionnelle » demeurait liée à un problème disciplinaire ou, pire, politique.

Par la même, un risque existe de défigurer le sens profond du Motu Proprio du 7 juillet 2007 ; geste d’un extraordinaire sens ecclésial par lequel a été reconnue la validité d’un rite qui a nourri spirituellement l’Église occidentale pendant des siècles.

Indubitablement, un approfondissement et une rénovation de la liturgie étaient nécessaires. Mais cela n’a pas toujours été, loin de là, une opération parfaitement réussie. La première partie de la constitution Sacrosantum Concilium n’est pas rentrée dans le cœur du peuple chrétien. Il y a eu un changement dans les formes, une réforme, mais non une vraie rénovation comme le demandaient les Pères conciliaires. Parfois même on a changé pour le plaisir de changer par rapport à un passé perçu comme complètement négatif et dépassé, en concevant la réforme comme une rupture et non comme un développement organique de la Tradition. Dès le début, cela provoqua réactions et résistances, se cristallisant dans certains cas en des positions et des attitudes aboutissant à des solutions extrêmes, voire en des actions concrètes qui impliquaient des sanctions canoniques. De ce fait, il est urgent de distinguer le problème disciplinaire, issu d’attitudes de désobéissance d’un groupe, du problème doctrinal et liturgique.

Si l’on croit véritablement à l’Eucharistie comme vraie « source et sommet de la vie chrétienne » –comme nous le rappelle le Concile Vatican II–, nous ne pouvons pas admettre qu’elle soit célébrée d’une façon indigne. Pour beaucoup, accepter la réforme conciliaire a consisté à célébrer une Messe qui d’une manière ou d’une autre devait être « désacralisée ». Combien de prêtres ont été traités de « rétrogrades » ou « anti-conciliaires » par le seul fait de célébrer d’une façon solennelle, pieuse, ou simplement de respecter fidèlement les rubriques ! Il est urgent de sortir de cette dialectique.

La réforme a été appliquée et principalement vécue comme un changement radical, comme s’il fallait créer un abîme entre l’avant et l’après Concile, dans un contexte où le terme « préconciliaire » était utilisé comme une insulte. On remarqua aussi ce phénomène observé par le Pape dans sa lettre récente aux évêques (10 mars 2009) : « Parfois on a comme l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins pour lequel elle n’aie aucune tolérance, contre lequel elle puisse s’en prendre avec haine ». Pendant des années cela a été pour une bonne mesure le cas des prêtres et des fidèles attachés à cette forme de la Messe reçue d’un héritage séculaire, qui furent maintes fois traités « tels des lépreux », comme le dira de façon incisive le cardinal Ratzinger qu’il était alors.

Aujourd’hui, grâce au Motu Proprio, cette situation est notoirement en train de changer. Et cela se réalise en grande mesure parce que la volonté du Pape n’a pas été uniquement celle de satisfaire les fidèles de Mgr. Lefebvre, pas plus qu’elle ne s’est limité à répondre aux justes désirs des fidèles se sentant attachés, pour des motifs variés, à l’héritage liturgique représenté par le rite romain, mais aussi et d’une façon spéciale, elle s’est exprimée pour ouvrir à tous les fidèles la richesse liturgique de l’Église, rendant ainsi possible la découverte des trésors du patrimoine liturgique de l’Église aux personnes qui l’ignorent encore. Combien de fois l’attitude de ceux qui méprisent ce patrimoine n’est pas due à autre chose qu’à la méconnaissance de celui-ci ! Pour cela, au vu de ce dernier aspect, le Motu Proprio a une signification plus vaste qui dépasse l’existence ou non de conflits. Même s’il n’existait aucun « traditionaliste » à satisfaire, cette découverte aurait été suffisante pour justifier les dispositions du Pape.

Il a été aussi prétendu que ces dispositions seraient un « attentat » contre le Concile. Mais cela manifeste une méconnaissance du Concile lui-même dont l’intention, ardemment désirée par l’assemblée des Pères, était d’offrir à tous les fidèles l’occasion de connaître et d’apprécier les multiples trésors de la liturgie de l’Église : « le saint Concile déclare que la sainte Mère l’Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu’elle veut, à l’avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières » (SC, 4).

D’ailleurs, ces dispositions ne sont pas une nouveauté : l’Église les a toujours maintenues ; et lorsque, occasionnellement cela n’en a pas été ainsi, les conséquences ont été tragiques. Non seulement les rites d’Orient ont été respectés, mais en Occident des diocèses comme Milan, Lyon, Cologne ou Braga ainsi que différents ordres religieux ont pacifiquement conservé leurs différents rites à travers les siècles. Mais le précédent sans doute le plus évident de la situation actuelle est le cas de l’Archidiocèse de Tolède. Le cardinal Cisneros mit tous les moyens pour conserver comme « extraordinaire » dans l’Archidiocèse le rite mozarabe qui était en voie d’extinction : il ne fit pas seulement imprimer le Missel et le Bréviaire, mais il créa une chapelle spéciale dans l’église Cathédrale, où encore aujourd’hui ce rite est quotidiennement célébré.

Cette variété de rites n’a jamais signifié, ni ne peut le faire, une différence doctrinale mais, au contraire, révèle une profonde identité de fond. Parmi les rites actuellement en usage, il est nécessaire que se retrouve cette même unité. La tâche actuelle, comme l’indique le présent ouvrage de don Nicola Bux, est de mettre en évidence l’identité théologique entre la liturgie des différents rites qui se sont célébrés à travers les siècles et la nouvelle liturgie, fruit de la réforme ; ou bien, si cette identité s’est estompée, de la récupérer.

La réforme de Benoît XVI est donc un livre riche en données, réflexions et idées. Parmi les nombreuses matières qui y sont traitées, je voudrais relever quelques points :

Le premier, à propos du nom par lequel appeler cette Messe. L’auteur propose de l’appeler, selon le style oriental, « liturgie de Saint Grégoire le Grand ». Cela semble préférable que de l’appeler simplement « grégorienne », qui peut induire une double équivoque, pouvant néanmoins être évitée par la dénomination « damaso-grégorienne ». Cela est également préférable à « Messe traditionnelle » où l’adjectif court le risque d’une connotation soit polémique, soit « folklorique » ; ou que « mode extraordinaire », qui est une dénomination trop extrinsèque. « Usus antiquior » présente le défaut de n’être qu’une simple référence chronologique. D’autre part, « usus receptus » serait trop technique. « Missel de Saint Pie V » ou « du Bienheureux Jean XXIII » sont des termes trop limités. Le seul inconvénient tient au fait que dans le rite byzantin, il existe déjà une liturgie de Saint Grégoire, Pape de Rome : celle de la Liturgie des Saints Dons Présanctifiés, utilisée pendant le Carême.

En deuxième lieu, le fait que son utilisation soit « extraordinaire » ne veut pas dire qu’elle doive être utilisée uniquement par les prêtres et les fidèles qui ont recours habituellement au mode extraordinaire. Comme le propose le père Bux, il serait très positif que celui qui célèbre habituellement dans le mode « ordinaire » le fasse aussi, extraordinairement, dans le mode extraordinaire. Il s’agit là d’un trésor qui est un héritage de tous et auquel, d’une façon ou d’une autre, tous devraient avoir accès. C’est pour cela qu’il devrait être possible de le proposer notamment aux occasions où une richesse particulière de l’ancien Missel peut être mise à profit (surtout si rien n’est prévu dans l’autre calendrier): par exemple, pour le temps de la Septuagésime, les Quatre Temps ou la Vigile de la Pentecôte, ainsi que, peut-être, dans le cas de certaines communautés particulières, tant de vie consacrée comme confréries ou fraternités. La célébration « extraordinaire » serait aussi de grande utilité pour les offices de la Semaine Sainte, au moins pour quelques-uns d’entre eux, car tous les rites conservent dans le Triduum Sacré des cérémonies et des prières qui remontent aux époques les plus anciennes de l’Église.

Un autre point nous semble nécessaire d’être souligné, c’est l’attitude de Benoît XVI : elle ne constitue pas tant une nouveauté ou un changement de cap dans le gouvernement. Elle concrétise ce que Jean-Paul II avait déjà entrepris avec des initiatives telles que le document papal Quattuor abhinc annos, la consultation à la Commission des Cardinaux, le Motu Proprio Ecclesia Dei et la création de la Commission du même nom, ou les propos dirigés à la Congrégation pour le Culte Divin en 2003.

Il y a quelque chose d’urgent à prendre en compte, c’est la répercussion œcuménique de ces questions : les critiques dirigées contre le rite reçu de la tradition romaine atteignent aussi les autres traditions, surtout celles de nos frères orthodoxes. Presque toutes les attaques de ceux qui s’opposent à la réintroduction de l’ancien Missel affectent précisément les points que nous avons en commun avec les Orientaux ! Un signe confirmant ce fait est exprimé dans les appréciations positives du Patriarche de Moscou –récemment décédé– à l’occasion de la publication du Motu Proprio.

Ce n’est pas l’un des aspects les moins importants de ce livre, le fait qu’il nous aide à prendre conscience des divers aspects de la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Notre génération s’affronte à de grands défis en matière liturgique : aider toute l’Église à suivre pleinement ce que disent à propos de la liturgie le Concile Vatican II dans la Constitution Sacrosantum Concilium et le Catéchisme de l’Église Catholique ; recueillir en le valorisant ce que le Saint Père –quand il était encore le cardinal Ratzinger– a écrit à ce sujet, spécialement dans son beau livre L’Esprit de la liturgie ; s’enrichir de la façon avec laquelle le Saint Père –assisté par l’Office des célébrations liturgiques, présidé par Mgr. Guido Marini, et dont l’auteur du livre est consulteur– célèbre la liturgie. Ces liturgies pontificales sont des exemples pour tout le monde catholique.

Pour finir, j’ajoute que ce serait de grande importance que tout cela soit exposé en profondeur dans les séminaires comme partie intégrante de la formation au sacerdoce, pour fournir une connaissance théorico-pratique des richesses liturgiques, non seulement du rite romain, mais aussi, dans la mesure du possible, des divers rites d’Orient et d’Occident, et créer ainsi une nouvelle génération de prêtres libres de préjugés dialectiques.

Il est à espérer que ce livre estimable de don Nicola Bux puisse servir à mieux connaître les intentions du Saint Père et à découvrir les richesses de l’héritage reçu et, par là même, nous illuminer dans notre action. Pour cela, demandons au Seigneur de savoir interpréter, comme le disait Paul VI, les « signes des temps ».

 

+ Antonio, cardinal Cañizares, Préfet de la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin

  

La messe extraordinaire du 3 novembre à Saint-Pierre de Rome prend des allures officielles
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Célébrée par le cardinal Cañizares, « ministre de la liturgie du Pape », qui « publiera » l’indulgence de l’Année de la Foi dont bénéficieront les pèlerins, elle sera honorée par la présence de Mgr Di Noia, Vice-Président de la Commission Ecclesia Dei, entouré de son équipe de travail. La cérémonie est d’ailleurs prise en charge par l’abbé De Andrade, de la même Commission. Le clergé diocésain, selon la tonalité de cet acte religieux qu’ont voulue les organisateurs, sera largement représenté dans les ministres de la cérémonie.
Les organisateurs nous prient de faire une annonce concernant les clercs qui vont assister à la messe du 3 novembre :

Il est demandé à chacun, clerc séculier ou régulier, d’apporter sa tenue de chœur habituelle. Le Cardinal célébrera la messe du Cœur Immaculé de Marie (22 août) pour le 1er samedi du mois. Pour entrer à la Basilique :

–         Il est vivement conseillé de se joindre à la procession de clercs et fidèles qui partira de S Salvatore in Lauro (en face du Château Saint-Ange, sur l’autre rive, Piazza di San Salvatore in Lauro, 15) vers 13h 15. Le clergé peut s’y joindre, soit au départ, à S Salvatore in Lauro, soit en cours de route, via della Conciliazione, Pzza Pio XII ou Place St-Pierre. A St-Pierre, le clergé processionnant entrera sans contrôle et rejoindra le couloir de la Sacristie pour recevoir le Cardinal.

–         Mais il est aussi possible de se rendre individuellement à la Sacristie en se soumettant aux contrôles d’usage et en suivant la file des visiteurs de la Basilique.

Les fidèles qui suivront la procession entrant dans Saint-Pierre bénéficieront d’un contrôle de sécurité allégé.

Rétabli, le cardinal Brandmuller célèbre pour les pèlerins Una cum Papa nostro
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Jeudi 1er novembre, pour la fête de la Toussaint, Son Éminence le cardinal Walter Brandmuller, ancien président du Comité pontifical des Sciences historiques, célébrera une messe pontificale en la paroisse de la Trinité des Pèlerins, à Rome.

Cette messe s’inscrit dans le programme officiel du pèlerinage du peuple Summorum Pontificum à Rome pour l’ouverture de l’Année de la Foi. Elle constitue également une heureuse nouvelle en particulier parce que Son Éminence avait été victime d’un malaise cardiaque en septembre. Rétabli, le cardinal Brandmuller a d’autant plus volontiers accepté l’invitation de l’abbé Kramer (FSSP), curé de la Trinité des Pèlerins (la paroisse personnelle voulue par Benoît XVI pour les fidèles de la forme extraordinaire dans la Cité éternelle), qu’il avait été approché dans un premier temps pour célébrer la messe de clôture, le 3 novembre.

La messe est à 10h30 en l’église de la « Trinità dei Pellegrini », entre Ponte Sisto e l’ambassade de France.

Une offrande pour le pèlerinage Una cum Papa nostro
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On nous prie de préciser : 

Vous ne serez pas à Rome le 3 novembre ?

Outre vous unir par la prière aux intentions du pèlerinage, vous pouvez vous aussi participer pratiquement et symboliquement au peuple Summorum Pontificum qui sera à Rome cette semaine.

Faites une offrande via paypal pour la messe que célébrera le cardinal Cañizares, préfet du Culte divin, en la basilique vaticane.

  

Déclaration de la Commission Ecclesia Dei
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Nous reproduisons ci-dessous et sans commentaire, le texte de la déclaration de la Commission Ecclesia Dei, publiée  aujourd’hui : 

Cité du Vatican, 27 octobre 2012 (VIS). La Commission pontificale Ecclesia Dei annonce aujourd’hui que, “dans sa dernière correspondance (6 septembre 2012), la Fraternité sacerdotale St.Pie X a fait savoir qu’elle avait besoin d’un temps supplémentaire de réflexion et d’étude pour préparer sa réponse aux dernières propositions du Saint-Siège. Les discussions en cours font suite à trois années de colloques doctrinaux et théologiques, qui ont vu une commission mixte se réunir à huit reprises pour étudier et débattre de questions controversées quant à l’interprétation de certains documents du concile Vatican II. Ces colloques conclus, il a été possible de passer à une phase de discussion plus directement orientée vers une réconciliation fortement souhaitée de la Fraternité avec le Siège apostolique. D’autres étapes déterminantes du processus de réintégration progressive ont été franchies par le Saint-Siège, en 2007, avec l’extension à toute l’Eglise de la forme extraordinaire du rite romain par le Motu Proprio Summorum Pontificum et, en 2009, avec la levée des excommunications. Sur ce chemin ardu, un point important a été atteint le 13 juin 2012, quand la Commission pontificale a présenté à la Fraternité une déclaration doctrinale accompagnée d’une proposition de régularisation canonique de son statut dans l’Eglise catholique. Aujourd’hui, le Saint-Siège attend la réponse officielle des supérieurs de la Fraternité à ces deux documents. Après trente ans de séparation, il est compréhensible qu’il faille du temps pour assimiler la substance des développements récents. Puisque le Saint-Père cherche à favoriser et préserver l’unité de l’Eglise en réalisant une réconciliation depuis longtemps espérée de la Fraternité sacerdotale St.Pie X avec le Successeur de Pierre…il faut faire preuve de patience, de sérénité, de persévérance et de confiance”.

Le programme du pèlerinage du peuple Summorum Pontificum à Rome
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Messe en forme extraordinaire à la paroisse personnelle de la Trinité-des-Pèlerins

Nous reproduisons ci-dessous le programme que nous a communiqués monsieur l’abbé Claude Barthe, aumônier du pèlerinage du pèlerinage Summorum Pontificum de la Toussaint, à Rome. 

Voici les cérémonies prévues à ce jour (Paroisse de la Trinité-des-Pèlerins, FIUV, CISP) pour le pèlerinage Summorum Pontificum de la Toussaint, à Rome.

Les intentions de ce pèlerinage sont bien connues. En outre, la spécificité de cet acte religieux, particulièrement avec la messe pontificale qui sera célébrée par le Préfet de la Congrégation pour le Culte divin dans la Basilique St-Pierre, est de réunir à Rome des représentants du monde entier des demandeurs de la messe en forme extraordinaire dans les paroisses et des représentants des prêtres qui peuvent désormais célébrer cette messe. Nous invitons instamment ceux qui n’ont pas prévu de s’y rendre, prêtres, religieux, séminaristes, fidèles, à se joindre par la prière à cette présence liturgique à Rome des représentants du « Peuple Summorum Pontificum ».

Des indications seront données dans les prochains jours pour les clercs qui se joindront à la cérémonie à Saint-Pierre de Rome.
L’abbé Claude Barthe

 

mercredi 31 octobre

19h 15 :  premières vêpres solennelles de la Toussaint, église de la Trinité-des-Pèlerins

 jeudi 1er novembre : Toussaint

 10h30 :  messe pontificale célébrée par le cardinal Brandmüller, église de la Trinité-des-Pèlerins
15h30 : Rosaire et Bénédiction du Saint-Sacrement, célébrés par le R.P. John Hunwicke en la basilique des Saints-Apôtres.
17h30 :  2èmes vêpres de la Toussaint suivies des vêpres des défunts, église de la Trinité-des-Pèlerins

vendredi 2 novembre : Commémoration de tous les fidèles défunts

11h :  messe célébré par le R.P. John Hunwicke, église Sainte-Agathe-des-Goths
18h 30 : messe pontificale de Requiem célébrée par Mgr Sciacca, Secrétaire du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, église de la Trinité-des-Pèlerins

Samedi 3 novembre – 1er samedi du mois

10h 30 : adoration eucharistique et accueil des pèlerins, église San Salvatore in Lauro

13h 15 : procession vers Saint-Pierre de Rome.

15h : messe pontificale dans la Basilique Saint-Pierre, par le Cardinal Antonio Cañizares, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin

17h30 : Conférence en l’honneur du cardinal Alfons Stickler et de M. Michael Davies, au Centre Russia Exumenico, Borgo Pio, 141, sous la présidence de Fabio Bernabei, président du Centro Cultural Lepanto de Rome. La plupart des interventions se dérouleront en italien : Leo Darroch, pt de la FIUV. Mgr Ignaco Barreiro Carambula, directeur du Roman Bureau of Human Life International. Thomas Murphy, Secrétaire gal de la FIUV.

Adresses :

1/ Église San Salvatore in Lauro, Piazza di San Salvatore in Lauro (en face du Château Saint-Ange, sur l’autre rive)

2/ Église de la Trinité des Pèlerins, Piazza delle SS. Trinità dei Pelegrini

3/ Église Sainte-Agathe-des-Goths, via Mazzarino, 16 (près de la via Nazionale et du Marché de Trajan)

4/ Basilique des Saints-Apôtres, Piazza dei Santi Apostoli, 51 (au bout de la Via del Corso, près de la Piazza Venezia).

Dimanche 4 novembre : 23e après Pentecôte

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