Abus sexuels du clergé

Un ancien prêtre délinquant sexuel assassiné dans le Nevada
Download PDF

La “transparence” et la dénonciation publique peuvent avoir des conséquences tragiques. Certes, John Capparelli, ancien prêtre de l’archidiocèse de Newark, né en 1948, était un prédateur sexuel impénitent, certaines de ses agressions contre des mineurs de sexe masculin, remontant même aux années 1970, bien avant son ordination pour l’archidiocèse de Newark survenue en 1980 : ce qui ne laisse par d’interroger sur le manque de discernement de ceux qui l’ont appelé aux ordres sacrés…

Continuant ses prédations, l’archevêque – qui était alors Theodore McCarrick… – le suspendit de son ministère paroissial en 1989, puis de tout ministère en 1992. Le successeur de McCarrick le priva de tout revenu diocésain en 2011 et le réduisit à l’état laïc autour de 2013. Il trouva à s’employer à partir de 2011 dans l’enseignement public où aucune allégation d’agression sexuelle n’a été constatée jusqu’à ce qu’il quitte cette profession. Deux procès pour agressions sexuelles sur des mineurs, lui furent faits. Le premier concernant un mineur au moment des faits qui aurait été sexuellement violenté pendant une dizaine d’années entre 1970 et 1980. Il semble, d’après que qu’on peut lire dans la presse, qu’il n’aurait pas été condamné en raison du principe de prescription. Le second, un autre jeune violenté de sa quinzième à sa dix-septième année. La victime semble avoir abandonné les poursuites après un arrangement financier avec l’archidiocèse de Newark.

Le nom de John Caparelli est apparu dans une liste de 63 ecclésiastiques délinquants sexuels – dont 33 décédés ­– diffusée par l’archidiocèse le 13 février dernier. Trois semaines plus tard, le samedi 9 mars, Capparelli a été retrouvé mort d’une balle dans la nuque, dans la cuisine de la maison qu’il louait à Henderson, dans le Nevada. La police enquête sur cet homicide. Elle n’en a pas encore retrouvé l’auteur, mais évoque des « circonstances suspectes ». On se saurait affirmer que cet assassinat soit lié à la révélation publique des comportements de l’ancien prêtre, mais le rapprochement des dates est troublant.

Viganò écrit aux évêques américains encore sous le choc
Download PDF

Réunis, depuis lundi dernier, en assemblée plénière d’automne à Baltimore (Maryland), les évêques des États-Unis sont encore sous le choc de l’oukase du Saint-Siège qui leur est tombé dessus par surprise, au premier jour de leurs travaux, et leur interdisant de voter sur des projets de résolutions destinés à aggraver les mesures disciplinaires visant à combattre et à prévenir les abus sexuels du clergé – du simple prêtre à l’évêque… Nous reviendrons sur cette affaire. Au lendemain de cette incroyable démarche, l’archevêque Viganò a, dans un message, encouragé les évêques des États-Unis à tenir bon. Voici la traduction de sa lettre.

Chers frères évêques aux États-Unis,

je vous écris pour vous rappeler le commandement sacré qui vous a été donné lors de votre ordination épiscopale : mener le troupeau au Christ. Méditez Proverbes 9, 10 : « La sagesse commence avec la crainte du Seigneur » ! Ne vous comportez pas comme des moutons apeurés, mais comme de courageux bergers. N’ayez pas peur de tenir tête et d’agir comme il faut pour les victimes, pour les fidèles et pour votre propre salut. Le Seigneur rendra à chacun de nous selon ce que nous aurons fait ou ce que nous aurons omis de faire.

Je jeûne et je prie pour vous.

Archevêque Carlo Maria Viganò.

Votre ancien nonce apostolique.

13 novembre 2018.

Sainte Françoise-Xavière Cabrini [née en Lombardie en 1850, naturalisée américaine en 1909, née au Ciel le 22 décembre 1917, béatifiée par Pie XI le 13 novembre 1938]

Les diocèses du Texas vont révéler la liste des prêtres accusés d’abus sexuels
Download PDF

Les quinze diocèses catholiques du Texas vont rendre public, d’ici au 31 janvier 2019, la liste des prêtres contre lesquels « une accusation crédible » d’abus sexuel contre un mineur aura été portée. Les évêques du Texas ont pris collectivement cet engagement le 31 septembre dernier et la Conférence des évêques catholiques du Texas l’a officiellement annoncé le 10 octobre. Les dossiers diocésains contenant ce type d’abus, seront passés au peigne fin par des analystes indépendants des diocèses : agents du FBI, experts en application de la loi, etc. L’étude portera sur les cas enregistrés depuis 1950, au moins, et jusqu’à 2018. L’État du Texas compte 8,5 millions de catholiques et 1 320 paroisses.

Abus sexuels dans l’Église : un prêtre en parle
Download PDF

Dire que ce texte est “réconfortant” serait quelque peu inconvenant en raison de la gravité du sujet qu’il aborde, mais il l’est quand même par l’esprit de vérité qui l’a suscité. Il est rare de lire une analyse aussi imparable venant d’un membre du clergé diocésain. L’abbé Henri Vallançon, curé de la paroisse Notre-Dame-de-Cenilly – onze communes, douze cochers… – du diocèse de Coutance, l’a fait paraître dans le quotidien La Manche libre du 4 octobre dernier

*

Une nouvelle fois, l’Église est entachée par le scandale de nombreux prêtres à travers le monde ayant pratiqué des actes sexuels sur des mineurs.

Le même scénario se répète à chaque fois : des déclarations de honte et de repentance sont produites par les autorités catholiques, avec une note appuyée de compassion pour les victimes et des promesses de réforme pour l’avenir. Évidemment, l’efficacité de la réaction perd de sa force au fur et à mesure, car nous suivons, apeurés, un rythme qui nous est imposé : c’est seulement depuis que les victimes organisent leur riposte juridique que nous disons prendre conscience de la gravité de ces actes délictueux ! Il nous faut la pression des médias pour esquisser un commencement de réaction. Incapable de juger à temps les coupables et de leur appliquer les sanctions appropriées, l’institution ecclésiastique ne se détermine plus guère à partir d’un jugement objectif sur les fautes selon son droit canonique et sa doctrine théologique, mais elle se contente d’organiser avec des experts laïcs des communications de crise.

La ruine de l’autorité morale de l’Église qui en résulte la détruit de l’intérieur : elle n’existe que pour être le témoin crédible de la révélation divine. Prêtres qui vivons au contact des gens, nous sommes atteints au cœur : si nous avons perdu leur confiance, notre ministère est impossible.

Ce qui me frappe dans les réactions officielles, c’est leur impuissance à s’élever au-delà du registre émotionnel et à identifier les causes du mal. La pédophilie de ces prêtres viendrait de leur « cléricalisme » et de leur « séparation », de leur prise excessive de distance vis-à-vis des autres, etc. On se rapproche le plus possible des arguments qui conviennent aux médias, pour négocier leur indulgence.

Outre que tous les cas que je connais contredisent ces explications, la question de fond me semble la suivante : comment est-il possible que la conscience d’un prêtre soit si profondément obscurcie qu’il en vienne à poser des actes aussi graves ?

Depuis quelques décennies, un mouvement général de sécularisation du prêtre s’est emparé du clergé, un climat anti juridique et anti doctrinal s’est développé au profit de postures soi-disant pastorales, les signes distinctifs visibles ont été abandonnés dans l’habit et dans le comportement. Malaise autour des concepts de loi et de dogme, effacement des justes frontières dans les relations humaines… Comment, dans ces conditions, le prêtre peut-il garder vive la conscience qu’avec l’onction sacerdotale reçue au jour de son ordination, il est un être consacré, mis à part par le Christ pour être totalement dédié à Son service ? Peu à peu, tout se banalise. Si ce qui est le plus sacré se désacralise, le plus grave devient anodin.

Depuis quelques décennies, au catéchisme, dans les séminaires diocésains, dans les homélies se sont radicalement estompées de la formation de la conscience morale : une définition claire du péché originel, à cause duquel nul ne peut être sauvé sans la grâce de Dieu que confèrent les sacrements ; la possibilité du péché mortel, dont la conséquence est la damnation éternelle ; l’existence d’actes intrinsèquement pervers, indépendamment de l’intention de celui qui les pose ; la nécessité de l’ascèse et du sacrement de pénitence pour lutter contre le mal ; l’obéissance à la volonté de Dieu et l’acceptation de tous les sacrifices à consentir pour ne jamais la transgresser ; la place d’honneur faite à la vertu de chasteté, dans le mariage comme dans le célibat consacré ; la mise en garde vis-à-vis du monde et de ses sollicitations qui souillent la pureté de l’âme…

Tant que les hommes d’Église ne renoueront pas avec la prédication de ces vérités évangéliques, ils se laisseront eux-mêmes corrompre par le mal qu’ils ne combattent plus et entraîneront dans leur dérive ceux auxquels ils s’adressent.

Müller invite le pape François à se réconcilier avec Viganò
Download PDF

Dans un entretien exclusif accordé à la chaîne de télévision catholique EWTN, le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, répond au journaliste Raymond Arroyo sur le plateau de l’émission The World Over du 4 octobre dernier. Voici les points saillants de ses déclarations.

Le cardinal invite le pape « à chercher une réconciliation » avec l’archevêque Viganò. Il demande aussi au pape de « donner des réponses » aux « accusations et questions » de l’ancien nonce aux États-Unis car « le peuple de Dieu a le droit de savoir ce qui s’est passé ». Le cardinal ajoute que le pape doit s’efforcer de surmonter les divisions entre catholiques et assumer sa fonction « de symbole de l’unité de l’Église. Nous devons surmonter, avec l’aide du Saint-Père, la division de l’Église entre les conservateurs et ceux qu’on nomme les progressistes. Nous sommes une seule Église unie dans la foi et non par une idéologie qu’elle soit conservatrice ou progressiste ».

Le cardinal aborde ensuite la crise des abus sexuels du clergé en notant que l’Église « ne pourra jamais changer son enseignement : toute infraction au sixième commandement constitue un péché mortel ». Interrogé par Arroyo sur ce qui est dominant dans cette crise, le cardinal répond : « Nous pouvons dire que 80 % ou plus des victimes étaient des jeunes – mais pas des jeunes filles. C’étaient des garçons à partir de 14 ans et au-delà. C’était plus des agressions homosexuelles que des agressions pédophiles […] Les victimes ne sont pas – dans leur grande majorité – des enfants, mais des adolescents et au-delà ».

Interrogé par Arroyo sur l’affirmation que la crise des abus sexuels a pour cause le « cléricalisme », le cardinal répond : « Non. La cause des abus sexuels est toujours le non respect du sixième commandement ».

En passant, le cardinal confirme que le pape est bien intervenu personnellement auprès de lui pour que la Congrégation pour la doctrine de la foi cesse d’enquêter sur les allégations portées contre le cardinal anglais Cormac Murphy-O’Connor (décédé le 1er septembre 2017), qui, bien que non électeur, fut un très actif agent pour l’élection du cardinal Bergoglio en 2013. « Il n’est pas bon, déclare le cardinal, que le pape prenne ce droit pour arrêter une enquête nécessaire ».

Enfin, le cardinal fait une remarque sur l’actuel synode en cours à Rome : « Le synode des évêques n’est pas un concile œcuménique – il n’a pas d’autorité magistérielle. Le pape ne peut pas changer la constitution fondamentale de l’Église ».

 

Détroit : perquisitions à la chancellerie du diocèse et au séminaire
Download PDF

Le blogue One Peter Five, signale que le procureur général de l’État du Michigan a fait procéder, hier matin 3 octobre, à des perquisitions sur mandat de la chancellerie de l’archidiocèse de Détroit et du séminaire du Sacred Heart, respectivement à 9 h et à 10 h 45. Ces perquisitions sont liées à l’enquête lancée par le procureur général en août dernier, sur la manière dont l’Église locale a géré le dossier des abus sexuels commis par le clergé de l’archidiocèse.

Papal Foundation : révélations sur la mafia ecclésiastique aux manettes…
Download PDF

L’excellent blogue Benoît-et-moi vient de publier la traduction d’un article de grand intérêt de Matthew O’Brien paru dans First Things du 28 septembre. L’article est très long : nous renvoyons donc nos lecteurs à Benoît-et-moi pour le lire intégralement. Les extraits qui suivent mettent en lumière les inclinations sexuelles de dirigeants ecclésiastiques de la Papal Foundation (voyez notre précédent article sur cette fondation…).

*

[…] Aucun prélat n’a été plus régulièrement et intimement impliqué dans la Papal Foundation que McCarrick, qui a contribué à fonder l’association en 1988 aux côtés des cardinaux Krol de Philadelphie et O’Connor de New York. Le président actuel du conseil de contrôle des cardinaux est le cardinal Wuerl, successeur de McCarrick comme archevêque de Washington. Avant d’être élevé au cardinalat et de déménager à Rome, Kevin Farrell, alors évêque, protégé de McCarrick et son ex-colocataire à Washington, était membre du conseil d’administration de la Papal Foundation. Le président actuel du conseil des cardinaux est un autre protégé de McCarrick, l’évêque Michael Bransfield.

McCarrick a consacré Bransfield comme évêque. Avant que Bransfield ne devienne évêque, il a été recteur du sanctuaire national de l’Immaculée-Conception à Washington pendant le mandat de McCarrick à ce siège. Depuis la création de la Papal Foundation jusqu’à la création de McCarrick en tant que cardinal en 2001, McCarrick lui-même a occupé le poste qu’occupe aujourd’hui Bransfield.

Comme McCarrick, Bransfield est accusé d’abus sexuel. Sa récente démission du diocèse de Wheeling-Charleston a été annoncée le 13 septembre 2018, au moment même où le Saint-Siège annonçait la tenue d’une enquête spéciale sur Bransfield pour abus sexuel d’adultes. Avant l’annonce de l’enquête, Bransfield avait été poursuivi pendant des années par des accusations d’abus sexuels et de complicité présumée dans des viols et des agressions commis par des amis prêtres dans sa ville natale de Philadelphie.

Le premier directeur exécutif de la Papal Foundation, qui a été en fonction de 1988 à 2001, était un prêtre nommé Monseigneur Thomas Benestad. Benestad, qui a pris une retraite anticipée de son diocèse d’Allentown et qui vit maintenant à Boca Raton, en Floride, est accusé dans le rapport du Grand Jury de Pennsylvanie d’avoir agressé sexuellement un garçon pendant des années au début des années 1980, alors que celui-ci avait 9 ans.
Selon le rapport, les responsables de l’application des lois de Pennsylvanie ont déterminé que les accusations contre Benestad étaient crédibles, mais ils ont refusé de porter plainte parce qu’en 2011, le délai de prescription de l’État pour les crimes présumés avait expiré. À l’époque, le diocèse d’Allentown a transmis le cas de Benestad au Vatican, et le Vatican a rétabli ses facultés sacerdotales en 2014, bien que le diocèse de Palm Beach, où il vit actuellement, ait toujours refusé de l’autoriser à y célébrer les sacrements.

Benestad, Bransfield et McCarrick ont été trois des dirigeants ecclésiastiques les plus importants de la Papal Foundation, et tous font face à de graves accusations d’abus sexuels. Certaines de ces accusations étaient amplement connues depuis des décennies, mais elles n’ont pas empêché les hommes de s’élever d’un poste ecclésiastique à l’autre. Ces hommes ont-ils utilisé le pouvoir d’octroi de subventions de la Papal Foundation pour obtenir des faveurs et acheter la protection des autorités du Vatican? Ont-ils permis le détournement des subventions de bienfaisance de la Fondation? La seule façon de répondre à ces questions est de mener une enquête indépendante sur la Papal Foundation et d’établir un rapport juridique sur les subventions passées […] Aucune permission de Rome n’est nécessaire. Le conseil d’administration de la fondation peut commander une enquête par un simple vote. Si la fondation n’autorise pas sa propre enquête indépendante, elle pourrait néanmoins se trouver confrontée à une enquête de la part des autorités étatiques ou fédérales.

*

Le conseil d’administration de la Papal Foundation entamera-t-il l’enquête indispensable sur ce scandale ? On peut avoir des doutes…

McCarrick : comment Wuerl pouvait-il ne pas savoir ? Des révélations…
Download PDF

On s’attendait, depuis quelques semaines, à ce que le cardinal Donald Wuerl annonce que le pape François avait fini par accepter sa démission, après leur dernière rencontre. Il semble qu’il n’en soit rien puisque le cardinal est toujours l’archevêque en titre de Washington D.C. Ce même cardinal Wuerl, depuis la révélation au grand public des turpitudes sexuelles de Theodore McCarrick, son prédécesseur Washington D.C., a toujours soutenu ne rien savoir des comportements de McCarrick révélés par l’archevêque Vigano et les médias. La chose semblait assez surprenante puisque ces comportements étaient un secret de polichinelle dans l’épiscopat étatsunien et au Saint-Siège. De toutes nouvelles révélations rapportées par le site Church Militant semblent infirmer les dénégations du cardinal Wuerl. En effet, selon le Washington Post de samedi dernier, le nom de Donald Wuerl est cité dans le protocole d’accord signé entre Robert Ciolek, un ancien prêtre, et trois évêchés du New Jersey (Newark, Trenton et Metuchen). Après avoir révélé des agressions sexuelles de McCarrick contre lui, Robert Ciolek aurait touché de ces diocèses une indemnité de 80 000 US$. Dans la première page de ce protocole d’accord, et parmi ses nombreuses parties prenantes, figure le diocèse de Pittsburgh – dont un prêtre fut aussi dénoncé par Robert Ciolek pour des attouchements –, diocèse dont le cardinal Wuerl était l’évêque au moment des faits – il le fut de 1988 à 2006. Le Washington Post écrit : « La présence du nom de Wuerl sur l’accord de règlement pour Ciolek, soulève des questions quant à l’affirmation du cardinal qu’il ne savait rien sur les allégations portées contre le cardinal McCarrick avant qu’elles deviennent le sujet d’un débat public cet été ».

Tensions entre les dirigeants de l’USCCB et le Saint-Siège
Download PDF

La commission administrative de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), la plus haute instance dirigeante de la Conférence épiscopale, a pris la décision de proposer au vote lors de la prochaine assemblée plénière d’automne des évêques qui se tiendra du 12 au 15 novembre à Baltimore (Maryland), qu’une enquête complète soit menée par une commission de laïcs qualifiés sur les agissements de Theodore McCarrick dans ses fonctions épiscopales. Il s’agirait donc de passer en revue les archives du diocèse de New York (New York) où l’ancien cardinal fut évêque auxiliaire de 1977 à 1981, du diocèse de Metuchen (New Jersey) où il fut évêque de 1981 à 1986, de l’archidiocèse de Newark (New Jersey) dont il fut archevêque de 1986 à 2000, puis enfin de l’archidiocèse de Washington D.C. dont il fut l’ordinaire de 2000 à 2006. Outre le fait qu’il faudra obtenir un consensus à Baltimore, l’autre problème, qui n’est pas mince, c’est que l’USCCB n’a aucune autorité canonique sur les évêques des diocèses précités, et, pour qu’un tel projet voie le jour, il faudra obtenir l’accord et la pleine coopération des ordinaires de ces diocèses… En outre, il ne semble pas du tout envisageable que cette commission, si l’assemblée en accepte la constitution, aie accès aux archives du Saint-Siège où le dossier sur McCarrick est volumineux selon l’archevêque Viganò…

La commission administrative a imaginé ce pis aller, puisque la visite apostolique de tous les diocèses des États-Unis demandée au Saint-Siège par le cardinal DiNardo, président de l’USCCB, officiellement les 16 et 27 août et vraisemblablement réitérée lors de l’audience avec le pape François, le 13 septembre dernier, n’aura pas été acceptée. Le pape n’y est pas présentement disposé et a même suggéré à la délégation épiscopale que conduisait le cardinal DiNardo, de repousser la tenue de l’assemblée plénière d’automne et de la remplacer par une retraite spirituelle des évêques : ce que la direction de l’USCCB n’a pas accepté, estimant que le scandale des abus sexuel devait être traité de toute urgence.

On sait désormais que la Secrétairerie d’État prépare un rapport sur le scandale McCarrick : l’annonce en a été faite le 10 septembre. Le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation des évêques, lui aurait déjà transmis tous les éléments d’archives en sa possession. La perspective que ce rapport soit rédigé par la Secrétairerie d’État, n’enchante pas unanimement aux États-Unis et ailleurs, évêques ou non. Certains craignent que la rédaction de ce rapport prenne du temps, qu’il soit abondamment censuré et qu’il ne réussisse pas à satisfaire l’exigence de l’opinion d’obtenir une explication honnête… Les évêques des États-Unis arriveront peut-être à en savoir plus sur les trente ans d’épiscopat de McCarrick et sur ceux qui l’ont couvert aux États-Unis, mais l’essentiel de ce qu’il faudrait savoir, et pas que sur McCarrick, est de l’autre côté de l’Atlantique. Et cela est une toute autre histoire…

Viganò : nouvelle déclaration, nouvelles révélations
Download PDF

Dans un nouveau texte d’un peu plus de 1 300 mots, rendu public hier 27 septembre mais postdaté du 29 « Fête de saint Michel Archange », l’archevêque Carlo Maria Viganò répond au silence – relatif… – du pape François sur son premier Témoignage et apporte, au moins, une nouvelle révélation : c’est le cardinal canadien Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, qui lui a révélé à Rome, sans doute en avril 2016, les « sanctions du pape Benoît XVI à l’encontre de McCarrick »

Nos amis de Campagne Québec-Vie ont traduit hier en français ce nouveau document. En voici le texte.

*

Archevêque titulaire d’Ulpiana
Nonce apostolique

Scio Cui credidi
(2 Tim 1:12)

Avant de commencer à écrire, je voudrais tout d’abord rendre grâce et gloire à Dieu le Père pour chaque situation et épreuve qu’Il a préparée et qu’Il me préparera durant ma vie. En tant que prêtre et évêque de la sainte Église, épouse du Christ, je suis appelé comme tout baptisé à rendre témoignage à la vérité. Par le don de l’Esprit qui me garde dans la joie sur le chemin que je suis appelé à parcourir, je compte le faire jusqu’à la fin de mes jours. Notre seul Seigneur m’a aussi adressé l’invitation : « Suis-moi ! » et j’ai l’intention de le suivre avec l’aide de sa grâce jusqu’à la fin de mes jours.

Je veux chanter à Yahvé tant que je vis,
je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
Puisse mon langage lui plaire,
moi, j’ai ma joie en Yahvé !
(Psaume 103 :33-34) [ou 104 :33-34]

Cela fait un mois que j’ai donné mon témoignage, uniquement pour le bien de l’Église, sur ce qui s’est passé lors de l’audience avec le Pape François le 23 juin 2013 et sur certains sujets qu’il m’a été donné de savoir dans les missions que l’on m’avait confiées au Secrétariat d’État et à Washington, concernant ceux coupables de couvrir les crimes commis par l’archevêque de cette capitale.

Ma décision de révéler ces graves faits a été pour moi la décision la plus douloureuse et la plus importante que j’aie jamais prise de ma vie. Je l’ai fait après longue réflexion et prières, pendant des mois de souffrance profonde et d’angoisse, pendant un crescendo de nouvelles continuelles d’événements terribles, comprenant des milliers de victimes innocentes détruites et les vocations et les vies de jeunes prêtres et religieux perturbées. Le silence des pasteurs qui auraient pu apporter un remède et empêcher de nouvelles victimes est devenu de plus en plus indéfendable, un crime dévastateur pour l’Église. Bien conscient des conséquences énormes que mon témoignage pouvait avoir, car ce que j’allais révéler impliquait le successeur de Pierre lui-même, j’ai néanmoins choisi de parler pour protéger l’Église, et je déclare en toute conscience devant Dieu que mon témoignage est vrai. Le Christ est mort pour l’Église, et Pierre, Servus servorum Dei [Serviteur des serviteurs de Dieu], est le premier appelé à servir l’épouse du Christ.

Assurément, certains des faits que je devais révéler étaient couverts par le secret pontifical que j’avais promis d’observer et que j’ai fidèlement observé depuis le début de mon service au Saint-Siège. Mais le but de tout secret, y compris le secret pontifical, est de protéger l’Église de ses ennemis, et non de couvrir et de devenir complice des crimes commis par certains de ses membres. J’ai été témoin, non par choix, de faits choquants et, comme l’affirme le Catéchisme de l’Église catholique (par. 2491), le sceau du secret n’est pas contraignant lorsque des dommages très graves ne peuvent être évités que par la divulgation de la vérité. Seul le sceau de la confession aurait pu justifier mon silence.

Ni le Pape, ni aucun des cardinaux de Rome n’ont nié les faits que j’ai affirmés dans mon témoignage. « Qui tacet consentit » [Qui ne dit mot consent] s’applique sûrement ici, car s’ils nient mon témoignage, ils n’ont qu’à se prononcer et à fournir des documents à l’appui de cette dénégation. Comment peut-on éviter de conclure que la raison pour laquelle ils ne fournissent pas la documentation est qu’ils savent que cela confirmerait mon témoignage ?

Le centre de mon témoignage était que depuis du moins le 23 juin 2013, le Pape savait par moi à quel point McCarrick était pervers et mauvais dans ses intentions et ses actes, et au lieu de prendre les mesures que tout bon pasteur aurait prises, le Pape a fait de McCarrick un de ses principaux agents dans le gouvernement de l’Église, par rapport aux États-Unis, la Curie, et même la Chine, comme nous le voyons en ces jours avec une grande préoccupation et une grande anxiété pour cette église martyre.

Maintenant, la réponse du Pape à mon témoignage a été : « Je ne dirai pas un mot ! » Mais ensuite, se contredisant lui-même, il a comparé son silence à celui de Jésus à Nazareth puis devant Pilate, et m’a comparé au grand accusateur, Satan, qui sème le scandale et la division dans l’Église — sans toutefois prononcer mon nom. S’il l’avait dit : «Viganò a menti», il aurait mis en question ma crédibilité tout en essayant d’affirmer la sienne. Ce faisant, sa réponse aurait eu pour résultat d’intensifier les demandes du peuple de Dieu et du monde concernant la documentation nécessaire pour déterminer qui a dit la vérité. Au lieu de cela, il a mis en place une subtile calomnie contre moi — la calomnie étant un offense dont il a souvent comparé la gravité à celle du meurtre.

En effet, il l’a fait à plusieurs reprises, dans le cadre de la célébration du Très Saint Sacrement, l’Eucharistie, où il ne court aucun risque d’être interpellé par des journalistes. Lorsqu’il s’est adressé aux journalistes, il leur a invité à exercer leur maturité professionnelle et à tirer leurs propres conclusions. Mais comment les journalistes peuvent-ils découvrir et connaître la vérité si les personnes directement concernées par une affaire refusent de répondre aux questions ou de divulguer des documents ? Le refus du Pape de répondre à mes accusations et sa surdité à l’appel des fidèles à se justifier, ne sont guère compatibles avec ses appels à la transparence et à la construction de ponts.

De plus, la protection du Pape envers McCarrick n’était manifestement pas une erreur isolée. De nombreux autres cas ont récemment été documentés dans la presse, montrant que le Pape François a défendu des ecclésiastiques homosexuels qui avaient commis de graves abus sexuels à l’encontre de mineurs ou d’adultes. Il s’agit notamment de son rôle dans l’affaire du P. Julio Grassi de Buenos Aires, de la réhabilitation du P. Mauro Inzoli après que le Pape Benoît l’eut retiré de son ministère (jusqu’à ce qu’il aille en prison, moment à partir duquel le Pape François le laïcisa) et de la suspension de l’enquête sur les allégations d’abus sexuels contre le cardinal Cormac Murphy O’Connor.

Entre-temps, une délégation de l’USCCB [Conférence des évêques catholiques des États-Unis], dirigée par son président, le cardinal DiNardo, s’est rendue à Rome pour demander une enquête du Vatican sur McCarrick. Le cardinal DiNardo et les autres prélats devraient dire à l’Église en Amérique et dans le monde : le Pape a-t-il refusé de mener une enquête vaticane sur les crimes de McCarrick et sur les responsables de leur dissimulation ? Les fidèles méritent de savoir.

Je voudrais lancer un appel spécial au cardinal Ouellet, car en tant que nonce, j’ai toujours travaillé en grande harmonie avec lui, et j’ai toujours eu une grande estime et amitié pour lui. Il se souviendra quand, à la fin de ma mission à Washington, il m’a reçu dans son appartement à Rome le soir pour une longue conversation. Au début du pontificat du pape François, il avait conservé sa dignité, comme il l’avait fait avec courage lorsqu’il était archevêque de Québec. Plus tard, cependant, quand son travail de préfet de la Congrégation pour les évêques a été miné parce que les recommandations pour les nominations épiscopales ont été transmises directement au Pape François par deux « amis » homosexuels de son dicastère, contournant ainsi le cardinal, il a abandonné. Son long article dans L’Osservatore Romano, dans lequel il se prononce en faveur des aspects les plus controversés d’Amoris Lætitia, incarne sa reddition. Votre Éminence, avant mon départ pour Washington, c’est vous qui m’avez parlé des sanctions du pape Benoît XVI à l’encontre de McCarrick. Vous avez à votre disposition des documents clés incriminant McCarrick et plusieurs membres de la curie pour leurs dissimulations. Votre Éminence, je vous invite à porter témoignage à la vérité.

*

Enfin, je veux vous encourager, chers fidèles, mes frères et sœurs en Christ : ne soyez jamais découragés ! Faites vôtre l’acte de foi et de confiance totale en Jésus-Christ, notre Sauveur, de saint Paul dans sa deuxième Lettre à Timothée, Scio Cui credidi, que j’ai choisis comme devise épiscopale. C’est un temps de repentance, de conversion, de prières, de grâce, pour préparer l’Église, l’épouse de l’Agneau, à être prête pour combattre et à gagner avec Marie le combat contre l’antique dragon.

«Scio Cui credidi » (2 Tim 1 :12)
[je sais en qui j’ai mis ma foi]
En Vous, Jésus, mon seul Seigneur, je place toute ma confiance.
« Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum » (Rom 8:28)

 

 

Pour commémorer mon ordination épiscopale conférée par saint Jean Paul II le 26 avril 1992, j’ai choisi cette image tirée d’une mosaïque de la basilique Saint-Marc à Venise. elle représente le miracle de l’apaisement de la tempête. J’ai été frappé par le fait que dans la barque de Pierre, secouée par les eaux, la figure de Jésus est représentée deux fois. Jésus dort profondément à l’avant, tandis que Pierre essaie de le réveiller : « Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? » Pendant ce temps, les apôtres, terrifiés, regardent chacun dans une direction différente et ne se rendent pas compte que Jésus se tient derrière eux, les bénit et commande sûrement la barque : « S’étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : “Silence! Tais-toi !” Et le vent tomba et il se fit un grand calme. Puis il leur dit : “Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N’avez-vous pas encore de foi ?” » (Mc 4, 38-40).

La scène dépeint opportunément l’immense tempête que traverse l’Église en ce moment, mais avec une différence substantielle : non seulement le successeur de Pierre ne voit pas le Seigneur en pleine possession de la barque, mais il ne semble même pas envisager de réveiller Jésus endormi à l’avant.

Peut-être le Christ est-il devenu invisible à son vicaire ? Peut-être est-il tenté d’essayer de se substituer à notre seul Maître et Seigneur ?

Le Seigneur est maître de la barque !

Que le Christ, la Vérité, soit toujours la lumière sur notre chemin !

+ Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire d’Ulpiana
Nonce apostolique

Enquête sur les abus sexuels du clergé dans le diocèse de Baltimore
Download PDF

Mgr William Lori, archevêque de Baltimore (Maryland) vient, le 24 septembre, d’informer ses prêtres et ses diacres qu’il a été en discussion avec Brian Frosh, procureur général de l’État du Maryland, pour la fourniture des archives diocésaines relatives aux abus sexuels contre des mineurs commis par des clercs de l’archidiocèse. « J’ai informé le procureur général que l’archidiocèse soutenait cette enquête et qu’il serait pleinement coopératif pendant tout le processus », leur a déclaré Mgr Lori. « Selon toutes les conversations que j’ai eues avec des personnes dans tout l’archidiocèse […], il est clair que nous sommes une Église en crise et que cette crise est une crise de confiance [et que beaucoup sont] sceptiques sur la manière dont l’Église à géré les allégations d’abus ».

L’archevêché de Baltimore a été l’un des premiers aux États-Unis à publier une liste de prêtres et de frères religieux accusés, avec toute vraisemblance, d’abus sexuels sur des mineurs. Cette liste fut publiée en septembre 2002, soit trois mois après l’adoption de la Charte de Dallas par la Conférence épiscopale des États-Unis, et elle contenait 57 noms.

Depuis, une nouvelle liste contenant les noms de 18 prêtres de l’archidiocèse suspectés d’avoir commis des abus sexuels après septembre 2002, a été publiée.

Début septembre 2018, une troisième liste de 10 prêtres et religieux a été diffusée : ce sont des prêtres qui ont servis dans l’archidiocèse et qui sont cités dans le rapport d’août dernier du Grand Jury de Pennsylvanie.

Les États du Michigan, du Missouri, de l’Indiana et de New York ont récemment annoncé l’ouverture d’une enquête sur les abus sexuels du clergé dans les diocèses de ces États.

Affaire McCarrick : une vidéo de L’Homme Nouveau
Download PDF

Pour sa toute nouvelle et sympathique chaîne vidéo, le bimensuel catholique L’Homme Nouveau a reçu une deuxième fois Daniel Hamiche, administrateur de Riposte Catholique et rédacteur en chef de son blogue Americatho, pour des précisions sur l’affaire McCarrick. De nombreux éclaircissements y sont apportés sur une bien ténébreuse affaire et l’invité d’Odon de Cacqueray sur le plateau de L’Homme Nouveau, y réfute quelques calomnies assénées avec pertinacité contre l’archevêque Carlo Maria Viganò. Quatorze minutes de réinformation…

Multiplication des États à enquêter sur les abus sexuels des diocèses
Download PDF

Le Lepanto Institute de Partlow (Virginie) a publié une carte de États-Unis montrant l’ensemble des États de l’Union où des enquêtes ont été, sont en cours, sont prévues ou pourraient l’être sur les abus sexuels du clergé dans les diocèses catholiques de ces États.

En rouge : l’État où un rapport du procureur général a déjà été diffusé (Pennsylvanie).

En jaune : les États où l’enquête est en cours (Wyoming, Nouveau Mexique, Missouri, Illinois, New York, New Jersey, Connecticut).

En orange : les États qui prévoient de telles enquêtes (Dakota du Sud, Nebraska, Oklahoma, Arizona, Vermont, Maryland).

En vert : les États où des demandes ont été faites auprès de procureurs généraux pour ouvrir une telle enquête (Oregon, Californie, Utah, Colorado, Texas, Louisiane, Minnesota, Wisconsin, Iowa, Michigan, Indiana, Ohio, Kentucky, Virginie occidentale, Massachussetts, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Géorgie, Floride, Washington D.C.).

Au total 34 États plus le District de Washington : soit 68 % des États !

Traduire le site »