Médias et journalistes catholiques

Vidéo : le cardinal Burke à Houston devant l’avortoir de Planned Parenthood
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Ce sont les premières images que j’ai pu récupérer sur la marche du cardinal Raymond Burke, dimanche dernier, avec tant de clergé et de fidèles, vers l’avortoir de Planned Parenthood de Houston (Texas), le plus grand avortoir des États-Unis et peut-être du monde. Une marche suivie de prières ferventes. Courageux cardinal Burke ! Voyez ce court reportage vidéo de Michael Voris sur RealCatholicTV.

 

Formidable image pro-vie sur un blogue catho américain !
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Je ne connaissais pas le blogue Faillible Blogma, sous titré « Un commentaire social catholique », rédigé par un Américain encore jeune me semble-t-il, Matthew Warner, et placé sous le patronage de saint Joseph. Ce jeune blogueur et ses différentes prestations sur le net sont, me dit-on, très populaires chez les cathos américains.

Matthew a mis en ligne avant-hier une image pro-vie que je trouve formidable ! On attribue à Napoléon la formule célèbre : « Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ». L’image que vous allez découvrir l’illustre à merveille. Souvenez-vous, pour la savourer, des sophismes des militantes de l’avortement du type « Mon corps m’appartient »

Voici donc l’image, suivie immédiatement de quelques commentaires pour aider ceux qui ne sont pas anglophones.

Our Sunday Visitor : premier centenaire d’un grand hebdomadaire catholique
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À une époque où l’on ne parlait pas encore de « nouvelle évangélisation », mais d’évangélisation et de défense de la foi catholique, c’est à l’initiative d’un simple curé d’une modeste bourgade de l’Indiana qu’allait naître le plus grand journal catholique de langue anglaise.

L’abbé John F. Noll, né dans une famille de dix-sept enfants de l’Indiana le 25 janvier 1875, fut ordonné prêtre pour le diocèse de Fort Wayne (Indiana) le 4 juin 1898. Il en devint l’évêque le 12 mai 1924, puis fut élevé à titre personnel l’archiépiscopat par Pie XII le 2 septembre 1953, et décéda le 31 juillet 1956 dans sa 82ème année.

La fin du XIXe siècle fut marqué aux États-Unis par un intense anticatholicisme, un phénomène qui n’était pas nouveau mais qui était aggravé par les progrès de l’imprimerie permettant aux sectes protestantes, si nombreuses aux États-Unis, à déverser un flot de littérature anticatholique encourageant les préjugés chez les protestants et ébranlant la foi des catholiques. John F. Noll écrira :

  • « Évidemment, puisque nous possédons la vérité, et surtout, parce que nous avons la mission d’être les instituteurs dans l’école mondiale du Christ, nous avons le devoir d’apporter la foi catholique à ceux qui ne sont pas catholiques. Notre devoir est de prêcher l’Évangile à toute créature. Ce commandement est plus impératif de nos jours qu’autrefois parce que toutes sortes d’officines s’agitent pour désinformer les gens sur la pratique et les enseignements catholiques. Plus l’ennemi travaille avec acharnement, et plus nous devons nous efforcer d’abolir ses efforts ».

Pour contrer ces efforts, il eut l’idée d’un journal de défense et de propagande catholiques. Ce sera l’hebdomadaire Our Sunday Visitor, dont le premier numéro, tiré à 35 000 exemplaires, paraîtra le 5 mai 1912. Vendu 1 cent à la sortie des églises, proposé aux curés avec de bonnes remises, ce journal connaîtra un progrès foudroyant : 160 000 exemplaires dès la première année, 400 000 exemplaires en 1914, 500 000 exemplaires juste après la Première Guerre mondiale…

Le journal se caractérisait par une fermeté doctrinale et une affirmation de la vérité catholique aux antipodes de tant de robinets d’eau tiède catholique que l’on constate encore de nos jours… Dans les années 1930, le journal s’affirme comme un recours contre la sécularisation de la société, dans les années 1940 contre le contrôle des naissances, contre le divorce, contre l’immoralité, dans les années de l’après Seconde Guerre mondiale contre le communisme – donc très proche du projet de L’Homme Nouveau qui naît en 1946.

Victime d’un accident vasculaire cérébral an 1954, celui qui était devenu archevêque dut cesser de diriger personnellement le journal mais sa croissance continua : en 1961 le tirage dépassait le million d’exemplaires… Chaque cent gagné était réinvesti pour l’Église : on doit à Mgr Noll le financement de congrégations religieuses, d’écoles, d’œuvres de charité.

« Servir l’Église » c’était, et c’est toujours, la devise de ce journal qui poursuit son combat. Le journal, et le groupe d’édition qu’il a constitué, emploie plus de 300 personnes et est toujours diffusé dans plus de 6 000 paroisses.

Heureux centenaire Our Sunday Visitor !

Jeanne Smits revient sur l’affaire « Piss Christ » pour LifeSiteNews
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Mon amie et consœur Jeanne Smits, qui rédige un précieux blogue pro-vie, membre de notre portail Riposte Catholique, est désormais une collaboratrice régulière du site d’information catholique et pro-vie américain LifeSiteNews. Elle en est même, officiellement, la « Paris Correspondent »… Félicitations, Jeanne ! Catholiques pro-vie de tous les pays, unissez-vous !

LifeSiteNews a reproduit hier une dépêche de Jeanne sur le scandaleux débouté de l’AGRIF par le juge des référés d’Avignon dans l’affaire de l’abominable « Piss Christ » de l’artisse américain Andres Serano, condamnant même l’AGRIF à 5 000 € de dommages et intérêts et à 3 000 € de frais de justice ! Vous pourrez lire l’article de Jeanne ici (c’est en anglais, of course…). Soit dit en passant, la presse catholique américaine a pas mal parlé de l’affaire d’Avignon. Jeanne termine sa dépêche en rappelant l’usage juridique que le juge des référés et l’avocat de la Collection Lambert ont su faire du misérable ouvrage L’Église et l’art d’avant-garde co-écrit par le ci-devant archevêque de Poitiers, Albert Rouet, et préfacé par le toujours évêque de Châlons-en-Champagne Gilbert Louis, en pamoison devant l’artisse Serano et à son infâme « Piss Christ ». Bruti tempi ! Des évêques faisant condamner des catholiques qui réagissent légalement contre un abominable sacrilège envers le Christ… L’affaire n’est pas close. Loin de là. Riposte Catholique vient de lancer une pétition sous forme de supplique à NN.SS. Rouet et Louis. Je l’ai signée. Je vous invite à faire de même et à la faire suivre à votre carnet d’adresses. C’est ici. Et c’est urgent.

Catholic News Agency révèle une grave erreur de théologie morale dans la version italienne du Youcat des JMJ
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Youcat, c’est un catéchisme par questions réponses de 300 pages qui sera massivement distribué (700 000 exemplaires, toutes éditions confondues) aux participants des Journées Mondiales de la Jeunesse de Madrid en août prochain. C’est le cardinal Christoph Sshönborn, archevêque de Vienne, qui en a supervisé la rédaction laquelle a été doctrinalement approuvée par la Conférence épiscopale d’Autriche en mars 2010. C’est donc à partir de la version allemande que ces Youcat ont été édités dans différentes langues. La version italienne semble pourtant s’éloigner de l’original allemand comme l’a révélé hier Catholic News Agency, une agence d’informations catholiques américaine. Comme me le signalait ce matin, un blogueur de Riposte Catholique, ce qui est vraiment confondant c’est que ce sont les catholiques américains qui ont levé le lièvre et pas les catholiques italiens…
Voici l’article qu’on pouvait lire tôt ce matin sur le blogue Osservatore Vaticano :

  • « La version italienne du catéchisme – le Youcat, avec une préface de Benoît XVI – qui sera distribué massivement aux jeunes participants des Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid, comporterait, selon une dépêche de l’agence d’informations catholiques américaine Catholic News Agency (CNA) et d’EWTN News, une assertion contraire à la doctrine morale catholique.
  • On trouve en effet au n° 420 de ce catéchisme par questions et réponses, ce qui suit :
  • Q. Puo una coppia christiana fare ricorso ai metodi anticoncezionali ? [Un couple chrétien peut-il avoir recours à des méthodes contraceptives ?]
  • R. Si, una coppia cristiana puo e deve essere responsabile nella sua facolta di poter donare la vita. [Oui, un couple chrétien peut et doit être responsable dans sa faculté d’être capable de donner la vie] ».
  • La version anglaise de ce même Youcat est très différente à ce même n° 420 :
  • Q. May a Christian married couple regulate the number of children they have ? [Un couple chrétien marié peut-il contrôler le nombre de ses enfants]
  • R. Yes, a Christian married couple may and should be responsible in using the gift and privilege of transmitting life. [Oui, une couple chrétien marié peut et doit être responsable en usant du don et du privilège de transmettre la vie] ».
  • Ce n’est, évidemment, pas du tout la même chose…
  • Selon CNA, des sources romaines non identifiées auraient imputé cette erreur de la version italienne de Youcat à l’original allemand qui a servi de base à la traduction. Une imputation contredite par Ignatius Press, la maison d’édition californienne fondé par le P. Joseph Fessio, un ancien élève de Benoît XVI, qui a édité la version anglaise de Youcat. Mark Brumley, président d’Ignatius Press, a précisé : « Le problème n’a pas sa source dans le texte allemand – du moins pas si la traduction italienne est basée sur le même texte allemand qui a servi de base à la traduction d’Ignatius Press. Le texte allemand de la question n° 420 demande si un couple chrétien marié peut contrôler le nombre de ses enfants. Il ne demande pas si le couple peut utiliser des méthodes contraceptives ».
  • Il y a là “comme un problème”. Il nous tarde de lire la version française de ce Youcat… »
Incroyable ! Michael Voris interdit de parole dans le diocèse de Scranton
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J’ai déjà signalé sur ce blogue, le talentueux et fougueux Michael Voris qui anime une télé sur internet : RealCatholicTV. Il ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à appeler un chat un chat et à fustiger la “mollesse” de certains autorités ecclésiastiques et épiscopales aux États-Unis. Cela ne lui fait pas que des amis dans ce milieu. Sur Riposte Catholique, nous en savons quelque chose… Voris était supposé faire une conférence dans un local appartenant au diocèse de Scranton (Pennsylvanie). Ce dernier, dans un communiqué du 7 avril, a fait savoir que sa présence n’était pas jugée opportune :

  • « Le diocèse de Scranton a décidé que M. Voris ne sera pas autorisé à s’exprimer dans un local paroissial du diocèse. Après que l’invitation a été faite, le diocèse a pris connaissance de ses positions personnelles sur un certain nombre d’autres groupes religieux. Dans des vidéos mises en ligne sur Internet, M. Voris fait des commentaires qu’on peut assurément considérer comme indélicats envers des personnes appartenant à d’autres confessions religieuses. L’Église catholique nous enseigne au respect de tous, indépendamment de leurs traditions religieuses. Bien que le diocèse partage le soutien que manifeste M. Voris dans la protection de la vie humaine, ses positions extrêmes sur d’autres croyances ne sont pas convenables, et, par conséquent, le diocèse ne peut pas le recevoir ».

La position, pour le moins curieuse, du diocèse de Scranton aurait pu être plus acceptable si, l’an passé, l’évêque Joseph Bambera n’avait pas fini par accepter que vienne s’exprimer à la University of Scranton (catholique) une militante lesbienne et pro-avortement… Elle devait être beaucoup moins « indélicate » que Voris
Ci-dessous une récente vidéo de Michael Voris, où il dénonce l’attitude laxiste de certains ecclésiastiques vis-à-vis du respect du à l’Eucharistie. On trouve des dizaines d’autres vidéos de Voris sur Internet.

Les meilleures ressources catholiques aux États-Unis selon About.com
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Ce sont évidemment les lecteurs ou utilisateurs de ces ressources catholiques qui ont voté dans ce concours sur Internet destiné à déterminer les meilleurs produits ou services dans le domaine de la communication catholique dans dix catégories pour l’année 2010 : meilleur livre, meilleur blogue, meilleur site, meilleur podcast, meilleur magazine, meilleur journal, meilleurs application iPhone, meilleure application iPad, meilleur suivi sur Twitter et meilleure page Facebook. Les premières réponses étaient attendues du 13 janvier au 4 février 2011. About.com a ensuite, dans chaque catégorie, sélectionné les cinq premiers en nombre de votes, puis, le 8 mars, le deuxième scrutin a été ouvert pendant 12 heures, pour revoter sur le meilleur des cinq dans chacune des dix catégories.
Les résultats finaux ont été déclarés le 15 mars. Et voici Les vainqueurs de About.com Catholicism Reader’s Choice Awards…
1. Meilleur livre : Stories for the Homeschool Heart de Patti Maguire Armstrong et Theresa A. Thomas (36 % des scrutins).
2. Meilleur blogue : What Does the Prayer Really Says (ici) de l’abbé John Zuhlsdorf (51 %). Un blogue tout à fait passionnant en vérité et que consulte presque tous les jours…
3. Meilleur site web : DivineOffice.org (ici), avec 44 % des scrutins.
4. Meilleur Podcast : Divine Office – Liturgy of the Hours of the Roman Catholic Church ; c’est le service Podcast du site web précédent (46 %).
5. Meilleur magazine : This Rock – Catholic Apologetics and Evangelisation (35 %). À noter, pour sourire, que le “grand” magazine des jésuites américains, America, est en dernière position avec 9 % des scrutins !
6. Meilleur journal : National Catholic Register (44 %) qui vient d’être repris par Eternal Word Television Network. À noter, toujours pour sourire, que le National “Catholic” Reporter (les guillemets sont de moi, évidemment…), est en dernière position avec 4 % des scrutins !
7. Meilleure application iPhone : DivineOffice (51 % des scrutins), donc troisième récompense après celles du meilleur site web et du meilleur service Podcast.
8. Meilleur application iPad : Divine Office – Audio Prayer – Liturgy of the Hours of the Roman Catholic Church (62 %). Et de quatre…
9. Meilleur suivi sur Twitter : Thomas Peters pour l’American Papist (36 %).
10. Meilleure page Facebook : Ask a Catholic Nun (ici), avec 44 % des scrutins.

Inutile de préciser que tous ces vainqueurs sont orthodoxes… Les vieux machins progros sont arthritiques et plus dans la course… Tempora bona veniant !

EWTN acquiert le National Catholic Register des Légionnaires du Christ
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Michael Warsaw, le patron d'EWTN

C’est une excellente nouvelle que Catholic News Agency nous a transmise hier. Michael Warsaw, président-directeur général d’Eternal Word Television Network, a en effet annoncé l’acquisition du National Catholic Register dont les Légionnaires du Christ avaient la propriété depuis 1995. Secouée par la révélation des turpitudes de son fondateur, le P. Maciel, la congrégation avait été incapable de juguler la chute du lectorat justement scandalisé et des agissements du P. Maciel et du fait que le National Catholic Register n’en avait soufflé mot jusqu’à une date toute récente… Il n’empêche que ce journal catholique tenait une ligne éditoriale plutôt orthodoxe qui en faisait une publication aux antipodes de son presque homonyme National Catholic Reporter, égoût collecteur de toutes les dissidences. Sur ce dernier hebdomadaire, j’ai d’ailleurs récemment appris quelques singularités que je vous donne de mémoire : 70 % de son lectorat à plus de 70 ans, et 60 % de ce même lectorat est composé d’épiscopaliens. Comme jeune et dynamique hebdomadaire catholique, on repassera ! La cession du National Catholic Register à EWTN se fera pour 0 $ : EWTN reprend le journal avec ses actifs et son passif à la date du 1er février. EWTN deviendra donc le quatrième propriétaire de ce titre publié pour la première fois en 1905 à Denver (Colorado) et qui devint un titre national en 1927 puis un journal au tirage appréciable dans les années 1950. Il fut racheté en 1970 par un investisseur californien qui le rapatria à Los Angeles. En 1995, les Légionnaires du Christ rachetèrent le titre et transportèrent les bureaux d’abord dans le Connecticut puis récemment à New York. « Je pense, a déclaré Warsaw, que le Register a un brillant avenir (…) Notre but n’est pas seulement de maintenir l’héritage du Register, mais de l’augmenter et de lui donner un socle pour sa croissance et son expansion ». Tout mes vœux de succès !

Phil Lawler : le quotidien du Vatican a trahi le pape
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Sa Nullité Journalistique Giovanni Maria Vian Ier (ou, on l'espère, dernier)

L’ami Phil Lawler n’y va pas avec le dos de la cuillère dans sa dernière chronique de CatholicCulture du 22 novembre. Son titre est sans ambigüité et sa conclusion franche : « On devrait demander à Giovanni Maria Vian, le directeur de L’Osservatore Romano, de présenter sa démission ». Quelques extraits de sa chronique.

  • « Le pape Benoît XVI n’a en rien changé les enseignements de l’Église, ni même laissé entendre qu’ils pourraient être sujet à changement. Le Saint Père n’a pas demandé un nouveau débat sur la moralité de la contraception. Il n’a aucunement suggéré que l’utilisation du préservatif puisse être parfois moralement justifiable.
  • Pourtant aujourd’hui des millions de gens sur toute la terre croient que le Souverain Pontife a changé l’enseignement de l’Église, a ouvert le débat sur la question de la contraception, et a justifié l’utilisation du préservatif dans certaines circonstances. Comment en est-on arrivé là ?
  • Une fois de plus, le pape Benoît XVI a été desservi par son équipe de relations publiques. Et dans cette affaire, le quotidien du Vatican L’Osservatore Romano est principalement à blâmer pour cette gaffe véritablement désastreuse (…).
  • Ceux d’entre nous qui ont reçu à l’avance un exemplaire de Lumière du monde, ont été informés que ce texte était placé sous un strict embargo. Il nous était interdit d’en donner des citations, de le mentionner, et même d’évoquer quelque révélation que ce soit sur son contenu avant le lancement formel du livre [hier, mardi]. Des embargos de cette sorte ne sont pas inhabituels dans la profession (…) et les journalistes professionnels les respectent régulièrement.
  • Et voilà que, d’une manière incroyable, le propre quotidien du Vatican viole cet embargo. Trahissant les éditeurs et rompant le confiance avec tous les autres journalistes qui ont respecté leur engagement. L’Osservatore Romano a reproduit un passage de l’entrentien du pape. Et pas n’importe quel passage. Le quotidien du Vatican a reproduit – sans explication ni commentaire – le passage dans lequel Benoît XVI réfléchit sur la possibilité que, dans certains cas extrême, la pulsion à utiliser un préservatif pourrait indiquer le vacillement du désintéressement dans une conscience gravement corrompue. (…)
  • Dans ce contexte d’une longue conversation avec un interviewer sympathique, il est aisé de constater que le pape a pu être tenté par des remarques d’ordre spéculatif. Mais pendant les semaines entre l’entretien et la date de sortie du livre, est-ce que personne au Vatican n’a pris conscience de la probabilité que ces paroles du pape pourraient être tirées hors de contexte ? Est-ce qu’aucun responsable du Vatican n’a examiné avec attention le texte de cet entretien, afin de s’assurer que les réponses du pape à Seewald ne pourraient pas être sujet à confusion et/ou à de mauvaises interprétations ? Si ce n’est pas le cas, alors ce pontificat est victime d’un coup qu’il s’est à lui-même infligé. Assurément, tout journaliste compétent aurait identifié le trouble potentiel à la seule lecture des propos du pape. Quiconque est conscient de la manière dont fonctionne le débat public, aurait été capable de mettre en garde le pape que cette subtile distinction sur la moralité de l’utilisation du préservatif serait enfouie profondément par les médias séculiers (…).
  • Et pourtant ce sont les propres journalistes du Vatican, ceux de L’Osservatore Romano, qui ont imprimé les mots du pape sans aucune présentation convenable, sans aucun effort pour replacer les propos du pontife dans leur contexte. La déclaration du pape ne pouvait pas manquer de provoquer du trouble. Sa publication prématurée par le quotidien du Vatican n’a fait qu’exacerber le problème.
  • Ces mois passé, L’Osservatore Romano a souvent placé le Vatican dans l’embarras, avec ses articles puérils sur les mérites de Michael Jackson, des Beatles et des Simpsons. Mais cette bourde rédactionnelle est beaucoup plus sérieuse. Avec cette énorme mauvaise utilisation d’une question très grave, le quotidien du Vatican a provoqué une confusion mondiale sur cette très importante question morale : il faudra des années d’efforts pénibles pour remédier à ce dommage. (…)
  • Pourquoi L’Osservatore Romano a-t-il violé les normes journalistiques, ignoré les dangers évidents, et imprimé un propos potentiellement explosif hors de son propre contexte ? Le rédacteur en chef espérait-il provoquer du grabuge et pousser les ventes de Lumière du Monde au mépris du coût pastoral de ce grabuge ? Espérait-il provoquer un nouveau débat sur l’utilisation du préservatif, débat que le pape de toute évidence ne recherchait pas ? Ou est-ce que le rédacteur en chef était inconscient du danger de publier un tel extrait ? Quelle que soit la réponse, il a fait la démonstration que son jugement rédactionnel n’était pas fiable. Comme premier pas nécessaire pour régler l’incessante incompétence des relations publiques du Vatican, on devrait demander à Giovanni Marie Vian, le directeur de L’Osservatore Romano, de donner sa démission. »

Je partage entièrement cette analyse de mon confrère. Trop c’est trop. Cette bande d’incompétents prétentieux a fait trop de mal à l’Église. Dehors ! Ce serait un véritable acte de charité de la part du Saint Père que de remplacer cette équipe. Je dis bien équipe, car il ne s’agit pas que de Giovanni Marie Vian, grand professeur de patristique sans doute, mais nullité journalistique et véritable danger public. Qu’en pensez-vous amis lecteurs ? Ne serait-il pas temps d’une respectueuse supplique pour qu’on en finisse avec cette équipe de pieds nickelés ?

NPR : l’affaire “Juan Williams” n’est pas la seule à souligner les méthodes de la radio publique américaine
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Commentant l’affaire “Juan Williams”, le journaliste catholique Tim Drake, revient, dans un excellent petit papier titré « Les voix que NPR ne veut pas vous faire entendre», et publié sur son blogue hébergé par le National Catholic Register – à ne pas confondre avec l’hebdomadaire dissident National Catholic Reporter –, sur les “méthodes” journalistiques de la National Public Radio (NPR), ce réseau radiophonique financé par le contribuable américain et qui, en matière idéologique, n’a rien à envier à nos “France” Inter, “France” Info, “France” Culture et autres stations du “service public” de Radio France, payées par le contribuable français…
« Toute cette controverse qui environne le licenciement inexcusable par NPR du journaliste Juan Williams, me rappelle une expérience que j’ai eue avec ce réseau voici quelques années.
Une journaliste de NPR préparait un reportage sur ce qui entraîne des gens à cesser de voter pour les candidats du parti politique de leurs parents et à voter pour les candidats d’un autre parti. J’ai adressé par courriel à la station une idée. La station fut intéressée et elle m’envoya une journaliste à la maison avec son équipement d’enregistrement digital.
Nous nous sommes assis à la table de la salle à manger et j’ai expliqué pourquoi je n’avais pas abandonné le parti politique de mes parents [1], mais que c’est ce parti qui m’avait abandonné. J’ai aussi expliqué combien cette décision m’était vraiment personnelle, grandement stimulée par l’acceptation par ce parti de l’avortement, et je lui ai confié avoir été moi-même en grand danger d’être avorté dans le sein de ma mère, ne pouvant dès lors en conscience défendre un parti politique qui s’était opposé à ma propre existence.
Dès que j’ai eu prononcé le mot d’avortement, j’ai pu voir quelque chose passer dans le regard de la journaliste. Ce fut, comme l’a expliqué Juan Williams, comme si j’avais franchi « la ligne jaune ». L’opinion que j’exprimai n’était pas une opinion soutenue par NPR. J’ai su, tout de suite, que cet entretien ne serait jamais diffusé.
Pas besoin de dire que la journaliste eut tôt fait de mettre fin à cet entretien. J’ai laissé passé quelques jours dans l’attente de nouvelles de cette journaliste. À la fin, l’émission finit par être diffusée mais sans qu’aucun de mes commentaires ne soit utilisé.
Quand j’ai demandé pourquoi, la journaliste m’expliqua par courriel que le producteur avait décidé qu’il fallait traiter avec humour ce sujet.
Humour ou pas, je n’ai pu m’empêcher de m’interroger : la chaîne de radio ne pratiquait-elle pas une forme de censure en refusant de diffuser une opinion avec laquelle elle n’était pas d’accord. Je m’interrogeais sur son parti pris. Quiconque a passé du temps à écouter ses émissions et ses entretiens – même l’émission « Prairie Home Companion » [2] – devra admettre que la chaîne a véritablement un programme particulier.
C’est évident pour moi qu’elles sont nombreuses les voix dont NPR ne souhaite pas qu’elles s’expriment et qu’elles soient entendues par ses auditeurs. Et avant tout les voix des plus fragiles d’entre nous : les enfants à naître. Mais elle est aussi rétive à nous faire entendre celles des Américains conservateurs, des fidèles et croyants catholiques, de ceux qui s’opposent à cette folle course de la culture vers le précipice. Il n’est vraiment pas possible de soutenir que NPR est un réseau sans parti pris qui représente les différents types d’électorats au service desquels elle est supposée être.
Juan Williams n’est pas tout seul. Il est en bonne compagnie. Il a été licencié pour avoir exprimé un sentiment qui va à l’encontre du programme du réseau de radios publiques le plus subventionné par l’argent du contribuable.
Parce que nous sommes les vrais “propriétaires” de la radio publique, nous avons tous les droits non seulement d’exprimer notre scandale mais d’exiger mieux de ce réseau. Nous pouvons “voter” en ne soutenant pas ce réseau, soit au travers de nos dons personnels, soit au travers de nos impôts. Nous devons faire savoir à nos élus que nous sommes désormais las des partis pris d’un réseau qui n’autorise qu’un seul point de vue. Si c’est vraiment un réseau que chacun d’entre nous “possède”, alors c’est un réseau qui devrait offrir à chacun un espace pour exprimer ses opinions. »

Il y a eu beaucoup de déclarations ces tout derniers jours, notamment de responsables du parti Républicain, allant dans le même sens : la suppression de tout financement public de NPR qui ne sert pas le public, mais est au service d’une idéologie.

1. Il s’agit évidemment, sans qu’il soit nommé, du parti Démocrate.
2. Émission de variétés en direct, animée par Garrison Keillor.

Our Sunday Visitor revient sur la communication du Saint Siège
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Our Sunday Visitor (OSV, notre invité du dimanche) est le plus ancien et, sans
doute, le plus connu des hebdomadaires catholiques aux États-Unis. Lancé en 1912 à Huntington (Indiana) avec un tirage initial de 35 000 exemplaires, il fut le plus populaire des périodiques
catholiques du XXe siècle aux États-Unis, atteignant un tirage de 500 000 exemplaires après la Première Guerre mondiale, et un énorme succès pour sa livraison annonçant en 1918 la conversion au
catholicisme, in articulo mortis, de… Buffalo Bill ! Dans les années 1930, il hébergea dans ses colonnes les premiers articles de Mgr Fulton J. Sheen
qui devint le plus médiatique des évêques américains dans les années 1960. L’élection du “catholique” John F. Kennedy propulsa la diffusion de l’hebdomadaire : 1 million de
lecteurs en 1961. L’hebdomadaire est toujours lu avec attention et analysé aux États-Unis.

Dans le débat américain qui a suivi la publication des Norma de gravioribus delictis – soit dit en passant
un débat de cette qualité n’a pas eu lieu en France –, j’ai signalé la position de Phil Lawler. Il y
en a eu d’autres et je pense, notamment, à l’analyse de Carl Olson sur Ignatius Insight Scoop, qui ne partage pas la critique de Lawler mais qui
mérite d’être découverte.

Je voudrais aujourd’hui signaler la position de John Norton d’Our Sunday Visitor qui,
elle aussi, mérite qu’on s’y arrête un instant. Moins laudative que celle d’Olson, peut-être moins sévère que celle de Lawler, la position de
Norton vaut la peine d’être lue. En voici la traduction.

  • « La manière dont le Vatican a diffusé les normes sur les abus sexuels, et la manière prévisible dont les médias ont couvert cette
    diffusion, ont déclenché un ardent débat dans nos salles de rédaction et aussi avec les communicants catholiques dans tout le pays. Qui doit-on critiquer pour cette couverture médiatique
    minable ?
  • Un Vatican distant qui ne se préoccupe pas de savoir comment fonctionne le message ou qui n’est pas suffisamment compétent pour le
    façonner ? Ou un monde médiatique qui est prêt à flinguer l’Église en toute occasion ?
  • Un peu les deux probablement. Mais je dois dire que, dans ce cas, il semble que le Vatican se soit tiré une balle dans le pied en
    agitant le proverbial chiffon rouge devant le taureau.
  • Et dans ce sentiment j’ai été rejoint par quelques uns des plus loyaux défenseurs du Vatican dans la blogosphère. Elizabeth
    Scalia
    qui blogue sur The Anchoress du site de First Things, a été outrée et a menacé (enflammée qu’elle était je pense) d’aller
    à Rome pour s’asseoir avec les responsable de la presse du Vatican, leur faire une bise sur la joue puis leur faire quelques remarques cinglantes.
  • “Dans les rares occasions, écrit-elle, ou vous avez fait quelque chose qui va vous apporter une prudente mesure de
    bonne volonté, ou au moins un reportage moins hostile, vous ne vous accordez pas avec des questions controversées et ne permettez pas que des équivalences absurdes soient tirées par des gens
    qui ne savent pas aller au-delà des manchettes et de brèves citations !”
  • Le journaliste britannique et catholique Damian Thompson a été pareillement scandalisé dans son blogue
    Holy Smoke du quotidien The Telegraph : “Si j’avais été chargé par le bureau de presse du Vatican de la mission singulière de fournir des
    munitions aux ennemis de l’Église, je ne pense pas que j’aurais pu mieux faire que ce qui a été fait.”
  • Mais certains contestent cette position. Un blogueur catholique de tout premier plan m’a envoyé un courriel pour me demander :
    “Quel est exactement le problème que le Vatican a créé ?” Il voit là essentiellement la faute d’un monde médiatique tout prêt à abattre le Vatican.
  • “Pourquoi est-ce que de plus en plus de journalistes sont apparemment  1. paumés sur l’Église catholique et sur la foi
    catholique, 2. ont peu ou pas du tout d’intérêt à n’apprendre que les choses les plus basiques sur l’Église, 3. considèrent toutes choses selon le paradigme Église = vieille et rétrograde ;
    modernité = jeune et magnifique, ou 4. manifeste une aversion et un préjugé patents contre l’Église catholique ? »
    demande-t-il.
  • Je vois le problème, mais je ne fais pas mien ce paradigme guerrier. Le fait est que la plupart des catholiques ont des nouvelles
    sur l’Église – et des commentaires sur les actions et les faits d’Église – que par la grosse presse (bien que vous sachiez, je pense, que c’est pour cela que tous les catholiques des États-Unis
    devraient lire l’hebdomadaire OSV !).
  • L’Église ne peut pas compromettre le message mais doit être plus consciente de la ma,ière dont fonctionne la présentation du
    message, et, quand cela est possible, en ajuster la présentation pour en faciliter l’acceptation (ou au moins la non hostilité) par des gens généralement de bonne volonté. »

 

 

 

« Norma de Gravioribus Delictis » : Phil Lawler donne quelques conseils aux communicants du Vatican…
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Annoncées depuis plusieurs semaines, les Norma de Gravioribus Delictis (nouvelles normes
relatives aux délits les plus graves) de la Congrégation pour la doctrine de la foi ont été rendu publiques le 15 juillet. J’ai lu, depuis, pas mal de commentaires renversants
dans la presse américaine, mais j’ai surtout constaté beaucoup de confusion dans les rédactions incapables de distinguer entre crimes d’abus sexuels, crimes d’hérésie, d’apostasie, de schisme,
crimes de tentative d’ordination de femmes, etc. Un vrai boulgiboulga. Certes, une partie de la faute incombe aux journalistes dont la culture religieuse et catholique approche trop
souvent du zéro absolu. Mais pas toute la faute. En effet, ce texte a été signé et promulgué par Benoît XVI le 21 mai et adressé, ce même jour, à tous les évêques catholiques de
l’univers. N’aurait-on pu tirer profit des 55 jours – près de deux mois ! – séparant l’envoi de ces normes aux évêques du jour de sa mise à disposition au public, pour préparer les journalistes
afin qu’ils informent mieux l’opinion ? C’est l’avis de Phil Lawler dans sa chronique estivale et vacancière du 15 juillet, parue du CatholicCulture et intitulée « Pour corriger la communication à l’usage des officiels du Vatican
».

  • « Même en vacances, sur mon perchoir, ici sur la péninsule de Dingle [Irlande], dans l’adorable maison d’adorables
    amis, et hors d’atteinte des médias, j’ai vite entendu parler de la publication par le Vatican des nouvelles normes sur la manière de traiter les crimes ecclésiastiques graves.
  • Cela aurait pu être une histoire réconfortante, un baume pour nos sensibilités en compote, une histoire dans laquelle
    le Vatican aurait pu paraître sous un éclairage favorable. Pendant des semaines, les médias ont hurlé pour que le Vatican manifeste une attitude plus sévère envers les abuseurs sexuels
    ecclésiastiques, et voilà que l’attitude sévère se manifeste. (Elle s’était manifestée depuis des années aux yeux de ceux qui savent où regarder, et les normes rendues publiques aujourd’hui ne
    sont pas vraiment une énorme nouveauté. Bon, c’est une autre histoire. Il faut prendre les bonnes choses quand elles se présentent).
  • Mais un instant. Les manchettes sont mélangées. Certains journalistes mettent l’accent sur les normes relatives aux
    abuseurs sexuels, d’autres choisissent d’insister sur les sanctions pour des tentatives d’ordination de femmes. Du point de vue de n’importe qui non familier avec les choses catholiques – et à
    peu près tout le monde dans les médias est dans ce cas – ce sont des questions totalement disjointes, et ajouter l’ordination des femmes dans un article sur les abus sexuels apparaît biscornu
    et confus. Les médias n’y comprennent rien et donc cédant à leurs attitudes réflexes dans cette confusion, ils se moquent de l’Église.
  • Or cela aurait été totalement évitable si l’on avait appliqué quelques principes de base à la
    communication.
  • . Aider les médias à comprendre ce dont il s’agit. Fournir aux journalistes une liste des personnes – responsables du
    Vatican et experts médiatiques – parfaitement rompues à ces normes et capable de proposer un point de vue fiable et informé.
  • . Traiter l’affaire en amont. Avant de rendre publiques les normes, fournir aux journalistes intéressés un exposé sur
    les problèmes concernés : pourquoi ces normes sont-elles publiées maintenant, pourquoi ne constituent-elles pas un changement significatif par rapport aux règles déjà en vigueur, et peut-être
    aussi pourquoi la question de l’ordination des femmes entre-t-elle dans la même catégorie.
  • . Ou, mieux encore, raconter l’affaire par étapes. Du point de vue du Vatican – du point de vue du droit canonique –
    la question de l’ordination des femmes appartient à la même catégorie que celle des abus sexuels ; toutes les deux font partie des plus graves délits que des clercs puissent commettre. Parfait.
    Mais le reste du monde voit les choses sous une tout autre perspective et n’est pas capable de procéder à une pareille association. Alors qu’on fournisse deux exposés. D’abord parlez aux
    journalistes des normes en tant qu’elles s’appliquent aux abus sexuels, cela fournira l’information N° 1 pour les manchettes. Puis, un ou deux jours plus tard, organisez un second exposé et
    expliquez les normes sur l’ordination des femmes. Ainsi, les deux sujets seront traités séparément dans la presse. Les problèmes ne seront pas mélangés et les articles ne seront peut-être pas
    trop sarcastiques. Puis, après ces explications, faites paraître le texte des normes. Le texte lui-même ne sera peut-être pas traité en tête des infos, mais ce sera parfait car les articles
    auront déjà été publiés et c’est le Vatican qui aura fourni le point de vue. »

Je n’en suis pas encore à proposer de remplacer le Père Federico Lombardi par Phil
Lawler
, mais si vous me poussez, je constitue l’association de soutien la semaine prochaine… Blague à part – encore que… – ceux qui ont quelque connaissance en communication (et
notamment en communication de crise) seraient fort avisés de déposer leurs commentaires.

 


Phil Lawler : la communication du Vatican ou l’art de se tirer une balle dans le pied
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La communication du Saint Siège est devenue préoccupante, surtout en cette période de crises à répétition. La pauvreté
des moyens financiers explique peut-être les réactions parfois peu convaincantes ou à contretemps de la communication vaticane face aux campagnes internationales qui, elles, disposent d’argent et
de technicité. Une autre explication pourrait aussi relever des hommes qui sont chargés de cette communication. Au cœur du système de communication du Saint Siège et à la tête de tout son
dispositif – Salle de presse, radio et télévision du Vatican –, le P. Federico Lombardi, S.J. nous a fourni, à de trop nombreuses occasions, bien des exemples d’une communication
décalée et incapable de répondre de manière efficace aux interrogations ou aux agressions du monde médiatique.

Dans un commentaire du 30 juin dernier, publié par CatholicCulture, Phil Lawler nous
en livre une nouvelle illustration. Le constat est sévère et l’on pourra ne pas nécessairement l’adopter en totalité. Mais il valait la peine qu’on le traduise sur ce blogue.

  • « C’est déjà assez déplaisant que les mass médias raffolent d’attaquer l’Église catholique. Mais la situation
    est encore pire quand les efforts de communication maladroits du Vatican lui-même, lui infligent des coups. Voyez le dernier cas de gaucherie dans la stratégie vis-à-vis de la
    presse.
  • Après les informations des médias sur l’enquête des autorités civiles italiennes sur des accusations de corruption
    fiscale contre la Congrégation pour l’évangélisation [des peuples], la Salle de presse du Saint Siège a diffusé une “Note” sur cette Congrégation, attirant l’attention sur ses
    très nombreuses bonnes œuvres et ses responsabilités financières compliquées. La Note débute par cette introduction :
  • “Devant les nouvelles qui, depuis quelques temps, continuent de circuler à propos de la Congrégation pour
    l’évangélisation des peuples (anciennement De propaganda Fide), mise en cause dans de récentes enquêtes sur la vente d’immeubles, il a été jugé nécessaire de rappeler certaines données
    objectives afin de protéger la bonne réputation d’un organisme important du Saint-Siège et de l’Église catholique”.
  • Cette extraordinairement accrocheuse introduction indiquait que la Note était une réponse (“il a été jugé
    nécessaire…”) au récents articles de presse. Pourtant, la Note ne répond pas à ces articles. À un moment, la Note semble faire allusion au fait que la Congrégation aurait pu mal gérer des
    transactions financières, en reconnaissant que cet organisme “peut être exposé aussi à des erreurs de jugement et aux fluctuations du marché international”. (…)
  • Bien entendu alors, les journalistes qui ont pris au sérieux la déclaration ont essayé de discerner un message entre
    les lignes. Aujourd’hui, ces journalistes s’attirent une réprimande du directeur de la Salle de presse du Vatican pour leurs “mauvaises interprétations” de la Note. La référence aux “erreurs”
    dans la Note constituait une “observation d’ordre général”, dit-il, et n’aurait pas du être interprétée comme se “référant à une quelconque Congrégation”.
  • Pour ce qui est de l’ancien préfet de cette Congrégation, le cardinal Crescenzio Sepe, qui est au
    cœur de l’enquête annoncée, le porte-parole du Vatican a exprimé “la certitude que sa conduite correcte pourra conduire à une clarification complète et rapide du processus
    judiciaire”.
  • En résumé :
  • . Face à des articles défavorables, le Vatican a diffusé une déclaration qui ne traite pas de la substance de ces
    articles.
  • . Quelques journalistes ont tenté de deviner comment la “Note” opaque du Vatican pourrait alimenter leurs articles.
    Leurs analyses ont été déclarées “incorrectes”.
  • . Un court passage de la Note a semblé pouvoir être pertinent pour les analyses des journalistes. La clarification du
    Vatican nous assure que non, que toute la déclaration traitait de généralités. En d’autres mots, la Note n’avait aucune pertinence pour les articles auxquels elle répondait.
  • . Néanmoins, sans produire aucune preuve disculpant l’ancien responsable du Vatican qui est suspecté, la Salle de
    presse affirme sa “conduite correcte”, comme si elle avait démontré l’innocence du cardinal au lieu d’ignorer les accusations portées contre lui.
  • Et vous vous étonnez que le Vatican ait mauvaise presse ? »

 

 






Le Saint Siège rend hommage à EWTN et à sa fondatrice
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Celli EWTN

 

 

Le formidable apostolat audiovisuel créé par Mère Angelica, Eternal Word Television
Network
, vient de recevoir un hommage appuyé du Saint Siège.
Le 1er juin, le quartier général d’ETWN d’Irondale (Alabama) recevait la visite de l’archevêque Claudio Maria Celli, président du Conseil pontifical pour
les communications sociales
. Sous la conduite du président-directeur général d’EWTN, Mike Warsaw, le prélat a pu se rendre compte par lui-même « de
l’incroyable travail accompli chaque jour au service de l’Église pour nos dévoués collaborateurs »
a précisé Mike Warsaw, « lors de sa visite, l’archevêque a souligné
l’importance de ce qu’accomplit EWTN avec la télévision, la radio et l’internet, et a exprimé son soutien à ce que nous faisons »
.
Par une délicate attention, Mgr Celli a rendu visite le même jour à Mère Angelica dans son monastère du Shrine of the Most Blessed Sacrement
d’Hanceville
(Alabama) et lui a remis un chapelet tout spécialement béni pour elle par Benoît XVI.

Phil Lawler : À quoi va ressembler l’Église demain ?
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Dans une forte intéressante analyse publiée le
28 avril sur CatholicCulture, Phil Lawler nous livre ses prévisions. Elle suscitent bien des réflexions. En voici la traduction.

  • « En 1662 (la même année où Paris fut élevé au rang d’archidiocèse, pour mettre les choses dans une perspective
    historique), la Propaganda Fide fut créée au Vatican. Connu habituellement de nos jours comme Congrégation pour l’évangélisation, ce dicastère a pour responsabilité de suivre la
    propagation de l’Évangile dans les territoires de mission, comme par exemple l’Afrique.
  • Il a été rapporté que le pape Benoît XVI vient de décider qu’un nouveau dicastère était nécessaire
    pour coordonner la réintroduction de l’Évangile dans les sociétés sécularisées d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord.
  • En attendant, dans des pays que nous qualifiions traditionnellement de “territoires de mission”, et tout spécialement
    en Afrique, l’Église croît à une allure vertigineuse.
  • Dès lors, où les missionnaires sont-ils le plus urgemment attendus aujourd’hui ? En Afrique ou en Europe ? En Afrique
    ou en Amérique du Nord ?
  • Depuis le tournant du début du XXIe siècle, la population catholique en Afrique a augmenté de 33 %. Votre
    diocèse, votre paroisse ont-ils augmenté d’un tiers sur cette période ? Les miens certainement pas.
  • Mais alors, pourquoi pas ? Est-ce parce que l’Église en Afrique dispose de plus de ressources financières ? Non.
    Parce qu’elle a plus d’accès à la communication moderne ? Non. Parce qu’elle a plus d’influence politique ? Plus d’écoles paroissiales ? Plus de collèges catholiques ? Plus d’identification
    historique avec la culture ? Non, non, non et non. C’est nous autres catholiques qui disposons de ces évidents avantages matériels. Mais ce sont eux qui obtiennent des résultats.
  • C’est peut-être une implification excessive, mais je pense que la principale raison de ce succès africain et de ce
    déclin européo-américain, tient à une question d’attitude. Les catholiques africains attendent de l’Église qu’elle croisse, alors que les catholiques européens et américains se contentent
    d’espérer de pouvoir se maintenir sur des territoires gagnés à la foi voici bien longtemps.
  • Mais cette approche défensive ne pourra – ne peut – réussir. Dans le champ de l’évangélisation, comme dans la vie
    spirituelle personnelle, on ne peut pas se contenter de la neutralité. Si vous n’avancez pas, vous êtes assurés de reculer. Et sitpot que la vitesse sociétale change, sitôt que la tendance à la
    sécularisation envahit vraiment tout, ces principes deviennent de plus en plus évidents. Si vous êtes dans un flot à fort courant, vous ne pouvez même pas nager sur place dans l’espoir de ne
    pas bouger, vous devez nager contre le courant pour rester sur place.
  • Nager contre le courant : s’il est bien vrai que le pape envisage de lancer une Congrégation pour la nouvelle
    évangélisation, alors cela pourrait lui servir d’énoncé de mission. »

 

 


 


Catholic News Agency dénonce le scandale d’une communion sacrilège
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Je préfère ne faire aucun commentaire ! Cette courte vidéo que diffuse l’agence de presse américaine Catholic News Agency se suffit à elle-même (elle a été tournée au Costa Rica – mais
elle aurait pu l’être en France… La dame en question est la maîtresse d’un certain Otto Guevara, ancien candidat à l’élection présidentielle au Costa Rica. Visiblement, l’hostie n’est pas
à son goût et ce qu’elle n’a pas fini de consommer, elle le met dans la poche de la chemisette de son amant. Charmant tableau ! Voilà une des raisons pour lesquelles je n’ai jamais été, je ne
suis pas et je ne serai jamais favorable à la réception de l’Eucharistie dans la main.

Mise à jour à 9 h 25 : beaucoup plus d’informations sur ce scandale sur le blogue de Jeanne Smits :
ici.

Le site de la NCR fait peau neuve
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À compter de ce jour, 12 janvier 2010, le site internet de l’hebdomadaire catholique américain National Catholic Register, se présente sous
un aspect tout nouveau et, pour tout dire, plus ergonomique et plus riche que le précédent. C’est le plus ancien hebdomadaire catholique des États-Unis (il fut fondé en 1927) mais aussi le plus
orthodoxe et le plus fidèle au Magistère si on le compare à son concurrent – avec lequel on le confond souvent en raison de la proximité lexicale de leurs titres respectifs –, l’hebdomadaire
National Catholic Reporter très à gauche et soutenant trop souvent des positions dissidentes. Le National Catholic Register a été racheté par les Légionnaires
du Christ
dans les années 1990. Son directeur de la publication et de la rédaction est le P. Owen Kearns, LC. Ce site mérite d’être visité.

Une bonne raison de béatifier Pie XII selon « American Papist »
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Magnifique image transmise par l’ami Thomas Peters, l’animateur du blogue American Papist désormais intégré à
CatholicVote Action. Cela se passe de tout commentaire (sinon que le retour de la Sedia Gestatoria éviterait les incidents comme celui qu’on a constaté lors de la Messe de Minuit à
la basilique Saint-Pierre et permettrait à tous de voir le Souverain Pontife…).

Pie-XII.jpg

Décès du journaliste catholique Robert Novak
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Celui que ses amis – mais peut-être pas que ses amis… – avaient baptisé « Le Prince des Ténèbres », en raison de sa personnalité plutôt pessimiste, encore que très chaleureuse avec
ses


amis, Robert Novak (photo) est décédé hier 18 août d’un
cancer au cerveau qui avait été diagnostiqué voici très exactement un an. Ce brillant éditorialiste de droite qui commença à collaborer à des organes de presse dès 1948 alors qu’il était encore
au lycée, naquit le 26 février 1931 à Joliet (Illinois) dans une famille juive et fut élevé dans cette religion. Il se convertit au catholicisme en 1998.

Cette personnalité très célèbre et très féconde du monde du journalisme américain – il dirigea notamment une
émission de débat politique sur CNN pendant 25 ans –, fut qualifiée assez méchamment de « paléo-conservateur ». En fait, cet homme de droite, inscrit comme Démocrate – il fut
l’ami de John Kennedy et de Lyndon Johnson –, mena la vie dure au courant néo-conservateur dominant du Parti Républicain, dont il combattit l’entrée en guerre contre l’Irak et
l’alignement sur la politique du gouvernement de Tel Aviv dont il critiqua vivement « l’apartheid » qu’il réserve aux Palestiniens. Robert Novak était intellectuellement assez proche des
Libertariens dont il soutint d’ailleurs le candidat, Ron Paul, lors des dernières présidentielles.

Phoenix : depuis jeudi, pour la première fois, une radio catholique a commencé à émettre
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« Immaculate Heart Radio est un apostolat associatif de laïcs qui animent un réseau de stations de radio diffusant 24 h sur 24 dans la partie occidentale des États-Unis. Nous nous
consacrons au partage de ce qui est le cœur de la foi chrétienne et à changer la vie au moyen des ondes radiophoniques »
. C’est ainsi que le réseau de radios catholiques Immaculate Heart
Radio
, IHR (radio Cœur Immaculé) se présente sur son site internet.
IHR, dont le siège est à Sacramento en Californie et le studio principal à Loomis dans ce même État, a commencé son apostolat sur les ondes le 2 janvier 1997 à Reno (Nevada). En cette
année-là, et la chose est vraiment curieuse à constater, il n’y avait que 7 (sept !), radio catholiques à émettre 24 h sur 24 aux États-Unis, alors qu’on y comptait déjà 1 600 radios protestantes
et plus de 15 000 radios commerciales ! Le réseau radiophonique catholique s’est depuis considérablement développé puisqu’on recense désormais quelque 200 stations émettant en permanence soit en
modulation d’amplitude (AM), soit en modulation de fréquence (FM). J’ai déjà traité des radios catholiques voici deux ans ici.
KIHP 13010 AM a commencé ce jeudi à émettre à Phoenix en Arizona, où l’on compte environ 650 000 catholiques (pour 5,2 millions d’habitants). C’est la première radio catholique en continu
à diffuser des émissions sur cet État de l’Ouest américain situé entre le Nouveau Mexique et la Californie. Radio privée associative et laïque, KIHP a été bénie ce jeudi par l’évêque de
Phoenix, Mgr Thomas Olmsted, et a commencé à émettre. En dehors de ses programmes propres, elle rediffusera également des productions d’Eternal Word Television Network qui réalise
aussi des programmes radiophoniques.
KIHP dispose désormais d’une assez bonne couverture sur le petit quart sud-ouest des États-Unis, puisque désormais présente en Arizona avec sa station de Phoenix – rachetée à une radio
commerciale locale cessant ses activités pour 1 million de $ (alors qu’elle était estimée à 4 ou 5 millions, mais la récession est là…) et entièrement financé par des dons privés – mais aussi en
Californie (10 stations), au Nevada (2 stations), au Nouveau Mexique (10 stations) et en Utah (1 station).

IHR.jpg

Champions of Faith : baseball et… foi catholique
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Jusqu’à ce matin, j’ignorais tout de John Morales. Ce que je viens d’en découvrir m’incite à vous en
parler incessamment.
John Morales est journaliste sportif depuis plus de vingt ans pour plusieurs chaînes de télévision (Fox, UPN, ABC…) mais, bien
que je n’aie pu découvrir sa biographie complète, il doit être encore dans sa jeune quarantaine.
Il était donc, samedi dernier, l’un des orateurs invités de la cinquième Catholic Men’s Conference 1, une réunion annuelle
réservée aux hommes catholiques, qui s’est tenue dans le Calihan Hall (lieu ordinaire de rencontres de basketball…) de la
University of Detroit Mercy, la grande université catholique du Michigan née en 1990 de la fusion du Detroit College (fondé par les Jésuites en 1877) et du Mercy College of Detroit (fondé en
1941 par les Sisters of Mercy, les Sœurs de la Miséricorde). 3 000 Michiganers catholiques,
adolescents et adultes, y sont venus prier ensemble, réfléchir à leur rapport à Dieu et à la manière de mieux vivre leur foi.
Je ne sais trop ce qu’il leur a dit exactement, car je n’ai point encore trouvé de compte-rendu détaillé de cette réunion sur le net, mais je conjecture, avec toute probabilité, qu’il les a
entretenus du film qu’il a contribué à réaliser : Champions of Faith.
C’est une vidéo haute définition dans laquelle sont interrogés sur leur foi catholique plus de trente joueurs, entraîneurs et propriétaires d’équipes de… baseball, tous de premier plan. Le baseball, un sport typiquement américain, est traité dans ce film comme une métaphore même de la vie, enseignant ses valeurs
fondamentales : loyauté, discipline, persévérance, confiance, dévouement et fair play. Ne me demandez pas de vous expliquer les règles de ce sport, mais pour avoir assisté à une rencontre de
baseball dans l’immense stade de St. Louis (Missouri), dans la touffeur d’une fin d’après-midi d’un des tout derniers jours d’août 2000, où d’ailleurs l’équipe locale des Cardinals écrasa l’équipe des visiteurs (n’était-ce pas d’ailleurs les Detroit Tigers ? car ils ont
participé à ce film…), laissez-moi vous dire l’extraordinaire ambiance familiale et bon-enfant de cette rencontre, et le nombre impressionnant d’enfants et de jeunes adolescents vibrant à ce
spectacle sportif – j’étais, je dois l’avouer plus fasciné par le public que par ce qui se déroulait sur ce curieux terrain en éventail. Ce film est précisément destiné à tous ces jeunes pour que
leur passion de ce sport et leur admiration pour les champions qui s’y illustrent, les incite à devenir eux aussi des champions dans la compétition qu’est la vie par la pratique des vertus
chrétiennes.
Ce film, Champion of Faith, est la première production audio-visuelle de Catholic
Exchange
(www.catholicexchange.com), le formidable site de Tom Allen, également patron de The Maximus Group qui a quelque chose à voir avec saint Maximilien Kolbe : www.maximusmg.com), qui a
tant contribué à la distribution de La Passion du Christ de Mel Gibson, et qui a co-signé, avec Matthew Pinto, A Guide to the Passion, vendu à plus d’un million d’exemplaires et édité en France chez Téqui sous le titre Guide la
Passion
dans une excellente traduction de la chère Claude Mahy.
John Morales était dimanche dernier à Phoenix (Arizona) pour une “première” de Champions of Faith, projection à laquelle
ont assisté des joueurs de baseball parmi les plus célèbres des États-Unis. Je ne sais pas si nous aurons bientôt le DVD en France mais, en attendant, vous pouvez en déguster une petite minute
sur le web (www.catholicexchange.com/Champion_Of_Faith).
Allez-y voir puis dites-moi, en toute franchise, si vous connaissez quelque chose d’équivalent en France ? D’où l’utilité de ce blog…

1. Ces réunions sont organisées dans quasiment tous les diocèses américains, avec le soutien des ordinaires, par la National Fellowship of Catholic Men (Gaithersburg, Maryland ; voyez son site à http://catholicmensresources.org ).


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