Communication OV

Le pape et les nouvelles technologies
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Ce 24 janvier 2016, la 50e Journée mondiale des communications sociales a pour thème « Communication et miséricorde : une rencontre féconde ».  Le langage du Pape est clair : «  si notre cœur et nos gestes sont animés par la charité, par l’amour divin, notre communication sera porteuse de la force de Dieu ». C’est-à-dire ? Que cette communication soit virtuelle ou réelle, l’essentiel, pour François, reste en effet le cœur de l’homme et « sa capacité de bien user des moyens mis à sa disposition » car « ce n’est pas la technologie qui décide si la communication est authentique ou non ». Tous les moyens numériques (mails, sms, réseaux sociaux, etc) peuvent ainsi être « des formes de communication pleinement humaines ». « Les réseaux sociaux sont capables de favoriser les relations et de promouvoir le bien de la société, se réjouit le Pape, mais ils peuvent aussi conduire plus tard à des polarisations et des divisions entre les personnes et les groupes ». « Le domaine numérique est une place, un lieu de rencontre où l’on peut caresser ou blesser, avoir une discussion profitable ou faire un lynchage moral ».

Alors que le numérique n’est qu’un instrument de communication parmi d’autres, le risque est de se cacher derrière les écrans et croire que l’on peut agir différemment que si l’on était en face de la personne. C’est faux et lâche, nous rappelle François. Si le réseau est bien utilisé, il peut « faire grandir une société saine et ouverte au partage », consciente que contribuer à la « solide proximité entre les enfants de Dieu » est fondamental dans notre monde « divisé, fragmenté, polarisé ».

Pour lire la suite RDV ici

Au Vatican, on s’intéresse de près aux technologies numériques. A l’occasion de la Journée Mondiale des Communications sociales, le Pape a invité les chrétiens à se servir des nouvelles technologies pour humaniser le monde. En clair, utilisez votre smartphone, oui, mais ne vous enfermez pas dedans !

Le premier “tweet” pontifical
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C’est mercredi prochain, 12 décembre, que Benoît XVI devrait “poster” son premier “tweet”.

Disparition d’une figure de l’enseignement catholique français
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L’abbé Hyacinthe-Marie Houard est mort mardi 4 décembre à l’âge de 85 ans. Ordonné prêtre en 1951, l’abbé Houard avait consacré toute son existence à la formation de la jeunesse. Il fut le secrétaire général de l’Université Catholique de l’Ouest entre 1964 et 1983, affrontant la crise de mai 1968 avec le sang-froid et la fermeté qui le caractérisait. Il développa de nombreux partenariats avec l’étranger et mit en place des instituts de professionnalisation. En 1983, il avait fondé aux Ponts-de-Cé, près d’Angers, l’IRCOM (Institut de Relations Publiques et de Communication), dont il fut le directeur général jusqu’en 2003. En 1993, il avait fondé l’Institut Albert le Grand, institut d’études supérieures. L’abbé Houard était également une figure du scoutisme européen dont il fut l’aumônier durant de nombreuses décennies

Le Vatican veut contrôler ce qui est “.catholic”
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L’Icann, l’organisme international qui gère les noms de domaine des sites internet a depuis plusieurs années en projet la commercialisation de suffixes à caractère religieux : .islam, .hindu et .catholic notamment.
En 2009, le Saint-Siège s’était élevé contre cette idée, attirant l’attention de l’organisme sur les “litiges graves” que pourrait provoquer cette décision. Le risque est grand en effet de voir l’attribution de tel ou tel suffixe déboucher sur des polémiques violentes entre communautés ou groupes adverses se disputant la légitimité de tel ou tel suffixe.

Aujourd’hui, constatant que l’Icann poursuivait dans cette politique – à motivations exclusivement commerciales – de multiplication des noms de domaine, le Vatican change de pied et choisit de s’assurer les droits sur toutes les adresses internet avec le suffixe “.catholic”.
Une décision annoncée sur Radio Vatican par Mgr Paul Tighe, secrétaire du Conseil pontifical pour les communications sociales, et qui devrait coûter plus de 500 000 euros au Saint-Siège.
Comme l’indique l’agence Apic, le Vatican a demandé la protection du nom “.catholic” non seulement pour les langues utilisant les caractères latin mais aussi pour les caractères arabes, chinois et cyrilliques.
La décision de l’Icann devrait intervenir d’ici un an mais, pour l’instant, le Vatican est le seul candidat à l’achat groupé.
de ce suffixe.

Le secret pontifical, un anachronisme dangereux ?
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L’arrestation du majordome du pape et les fuites de documents en
provenance des appartements pontificaux, notamment exploitées par le journaliste d’investigation italien Gianluigi Nuzzi, auteur du
best-seller “Sua Santità – Le carte segrete de Bendetto XVI” [Sa
Sainteté – Les Lettres secrètes de Benoît XVI], peuvent-elles remettre en cause le secret pontifical ?
Dans une Église qui a fait sienne la séparation de l’Église et de
l’État et s’est ouverte au monde lors du concile Vatican II, la
survivance du secret pontifical, dont la violation n’est cependant
plus passible d’excommunication, a des allures d’anachronisme
sympathique.
Pourtant, il n’est pas illégitime de se demander si ce secret
pontifical ne constitue pas un élément aggravant de l’affaire
Vatileaks. Un investigateur comme Gianluigi Nuzzi se serait-il donné autant de mal pour arriver jusqu’aux appartements pontificaux sans l’existence de ce défi à sa curiosité ? L’écho donné aux informations récoltées par Nuzzi ­ dont aucune, en substance, n’a de caractère ni scandaleux ni subversif pour l’Église ­ aurait-il été si grand en l’absence de ce secret pontifical ?
En outre, pour qu’un interdit soit respecté, il faut qu’il soit
compris. Or la cité vaticane n’est pas suffisamment isolée du reste du monde pour que l’emprise de l’hyper-communciation n’y ait d’effet. Ne demande-t-on pas au pape de twitter pour ouvrir les JMJ ? Ne lui demande-t-on pas aussi de se prononcer sur l’ouverture des championnats d’Europe de football ? Comment un fonctionnaire de Curie ou un employé du Gouvernorat peut-il encore comprendre la valeur de ce secret qui lui est demandé, quand tout ce qui l’entoure n’est que bruit et communication et que certains des cardinaux qu’il côtoie s’empressent de s’affranchir eux-mêmes de ce secret pontifical à la rencontre du premier journaliste venu ?

L’intéressante évolution de L’Ossservatore Romano
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Immense éclat de rire, jeudi dernier, 31 mai, dans les Palais apostoliques : paraissait pour la première fois un Osservatore Romano Madame (de son vrai titre : « donne, chiesa, mondo », femmes, église, monde).

C’est la dernière idée du professeur Giovanni Maria Vian, directeur responsable du quotidien officiel du Saint-Siège : désormais, le dernier jeudi de chaque mois sera inséré dans l’édition quotidienne de L’Osservatore Romano, un supplément de quatre grandes pages en papier glacé, photos et titres en couleurs, où des femmes parleront à des femmes de problèmes de femmes. Dans une littérature au total assez cocasse, une espèce de féminisme pour couvents, on découvre au détour d’un paragraphe que Jeanne d’Arc est « une femme qui s’est libérée du destin habituellement réservé aux femmes »… en faisant de la politique et en ne se mariant pas !

Les responsables de cet Osservatore Madame sont bien entendu deux femmes. La première : Lucetta Scaraffia, 63 ans, professeur d’histoire, journaliste, féministe convaincue, qui « entend donner la parole aux femmes dans l’Eglise où leur rôle est trop peu reconnu ». Elle voudrait que des femmes (des « cardinales » ?) prennent la tête de congrégations romaines. Espérons cependant que la parité sera respectée et qu’il restera autant de Préfets que de Préfètes… Membre du Comité national de bioéthique, elle est mariée en secondes noces à un historien très engagé, Ernesto Galli della Loggia, représentant parfait de ces intellectuels italiens qui composent entre marxisme rénové, socialisme mondialisé et humanisme traditionnel.

L’autre responsable de L’Osservatore Madame est Ritanna Armeni, même âge, journaliste notamment de télévision, qui a commencé sa carrière au sein de la militance marxiste extra-parlementaire dans les années d’après 68, pour finir, aujourd’hui, dans les hautes sphères de Refondation communiste.

Il faut dire que L’Osservatore Romano (qui n’est plus guère lu, comme on dit à Rome, que par « quatre chats ») fait de plus en plus dans le culturel. Au point de reléguer les discours du Pape en dernière page. Avec parfois allusions culturelles pour initiés : le 29 mai, relatant la messe de la Pentecôte dans la Basilique vaticane, le journal du Siège Apostolique publiait sous le titre « De Babel à l’unité », une photo couleur de l’une des deux versions de « La Tour de Babel », de Pierre Bruegel l’Ancien, celle de la « Petite Tour de Babel », conservée à Rotterdam, dans laquelle il n’est pas possible de ne pas voir une charge contre l’Église cléricale en train de s’effondrer, tandis qu’une procession monte la rampe de la tour dont les bases se délitent. A moins que Pierre Bruegel n’ait représenté prophétiquement, par cette « Petite Tour de Babel » de 1563, la Curie romaine en 2012, à l’heure des sauvages règlements de comptes en forme de « fuites » de correspondances du Pape, récemment publiées dans Sua Santità, le livre de Gianluigi Nuzzi, aux éditions Chiarelettere…

La courageuse dénonciation de la funeste internationale des barbus
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Ce qu’il y a de bien avec la grosse presse, c’est qu’elle ne s’embarrasse pas de subtilités!

Notre confrère, le solennel et néanmoins vespéral “quotidien de référence”, sous le titre: “Les catholiques intégristes perturbent la pièce Golgota Picnic”, a publié, le 20 novembre dernier, en partenariat avec l’AFP, un article dénonçant les “ultra-catholiques” qui manifestent à Toulouse.

Cet article présente un certain nombre d’extravagances. Je constate d’abord que 150 “intégristes”, armés d’une grosse caisse (!), empêchent la sereine représentation d’une pièce dont le metteur en scène avait réclamé, lors de sa diffusion espagnole, que le public monte sur scène (pour démontrer, je suppose, le caractère vivant autant que “subversif” de ce théâtre “engagé”). Il avait même, si j’ai bien compris (mais ces gens parlent un jargon tellement abscons que je ne suis pas sûr d’avoir bien compris…), laissé entendre qu’une bonne pièce de théâtre contemporain est une pièce où le public moleste les acteurs… ce qui relativise singulièrement la prétendue “violence” des personnes qui prient devant le théâtre!

Je note encore que la pièce, de l’aveu de ses défenseurs, ne vaut pas grand-chose. Ce que “Le Monde” traduisait, la semaine précédente, en termes choisis:

Pour être honnête, il est difficile de rendre compte de Golgota picnic du strict point de vue artistique.

Le sens de cette phrase est encore l’objet de nombreux débats chez les meilleurs exégètes. Mais je puis, d’ores et déjà, amis lecteurs, vous souffler une solution: même les défenseurs de “Golgota Picnic” n’osent pas dire que cette pièce serait de l’art…

Je relève aussi que cette poignée de “fondamentalistes” a de la suite dans les idées. Dans cet article daté du 20 novembre, il était mentionné que c’était la cinquième fois depuis mercredi [16 novembre]

que les fondamentalistes se rassemblaient pour réclamer la déprogrammation et l’interdiction du spectacle, et pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une banalisation de la “christianophie”.

Ces “intégristes”, tout de même, de vrais stakhanovistes! Tous les soirs, ils sont là (même pas de repos dominical). Et tout ça pour dénoncer une “christianophobie” (entre guillemets dans l’article), dont le journaliste – éclairé, lui! – sait bien qu’elle ne peut être dénoncée qu’entre guillemets. C’est-à-dire, en français dans le texte, que les “fondamentalistes” dénoncent une prétendue christianophobie. Au “Monde”, on sait bien qu’il n’existe point de christianophobie. On n’en parle qu’entre guillemets. Avec circonspection et sagacité…

Mais, surtout, je note que la photo illustrant l’article (ou la dépêche, car on ne sait trop si c’est “Le Monde” qui dicte à l’AFP ou, au contraire, l’AFP qui tient la plume pour “Le Monde”…) représente des capucins.

Sauf que personne n’en saura rien. Si vous ne lisez que l’article du 20, rien ne vous explique qui sont ces barbus incongrus (à moins que vous ne soyez un lecteur “anormal” du “Monde”, connaissant, par ailleurs, les usages des franciscains de la stricte observance). L’article du 17, auquel je faisais référence plus haut, est un peu plus disert sur le sujet. Mais, en toute hypothèse, la photo a une, et une seule, fonction: elle associe le vocable “intégriste” (ou “fondamentaliste”, c’est selon) aux barbus. Suivez mon regard…

Comme toujours, il s’agit de “montrer” que les “intégristes” catholiques sont comme les islamistes radicaux. Et même, comme naguère on enseignait doctement que les “intégristes” étaient “pires que les communistes”, on laisse entendre que les “fondamentalistes chrétiens” sont “pires que les islamistes” en matière de “violation de la liberté d’expression”.

Et nos bobos de service de se donner bonne conscience en faisant mine de militer héroïquement pour la liberté d’expression. Mais non point devant les personnes qui les menacent de mort, ou qui dynamitent les journaux des “mécréants”. Ils résistent “héroïquement” devant quelques dizaines de catholiques qui récitent le chapelet, emmenés par une poignée de disciples du Poverello d’Assise!

NB: En contemplant la photo et la mise en scène, je ne pouvais m’empêcher de songer à l’excellent Audiard: “Un barbu, c’est un barbu. Trois barbus, c’est des barbouzes!” Et je me demandais avec angoisse: Que fait donc le Parlement ? Il devrait déjà être en train de légiférer pour interdire le port de la barbe à toute personne portant par ailleurs un chapelet (oups, pardon, cela risquerait de concerner aussi des barbus islamistes, qui nous apportent – M. Delanoë nous l’assure et nul n’oserait contester son admirable maîtrise de la théologie coranique – une diversité bien venue et nous enseignent la paix et l’amour; je voulais naturellement dire “toute personne portant par ailleurs un chapelet terminé par une croix”…)

Quelques réflexions à propos d’un article du “Monde” et de l’apostasie austro-allemande
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Notre consoeur Stéphanie Le Bars, spécialiste des questions religieuses du “quotidien de référence“, vient de nous donner des précisions chiffrées sur l’apostasie en Allemagne et en Autriche (malheureusement, ces précisions ne sont pas accessibles sur le site internet dudit quotidien de référence et vous devrez donc me croire sur parole). Ces chiffres sont terrifiants: selon la journaliste, 181 000 catholiques allemands ont quitté l’Eglise en 2010 (sur 24,6 millions). De la même façon, 84 000 catholiques autrichiens ont apostasié cette même année 2010 (sur 5,5 millions).

Mon premier mouvement est de prier pour ces pauvres âmes.

Mon deuxième est de chercher le pourquoi. Mme Le Bars nous le dit sans ambages: c’est “en grande partie dû aux révélations en série de scandales de pédophilie dans les paroisses et les institutions religieuses allemandes”. Dieu sait que j’ai été sévère sur le laxisme qui a, trop longtemps, encombré les réactions catholiques sur ces scandales. Mais je maintiens que cette “série de scandales” est une série artificiellement montée par les médias anti-catholiques. Non certes (hélas) qu’il n’y ait pas eu de clercs prédateurs sexuels. Mais je trouve suspect que la complaisance de l’ensemble de la société médiatique envers les dépravations sexuelles ne trouve qu’une borne: la pédophilie (qui, le plus souvent, n’est pas de la pédophilie, mais bien de l’éphébophilie – ce qui n’est, selon la morale catholique, pas beaucoup mieux, mais, en revanche, est très encouragé par la “morale” médiatique), et la pédophilie pratiquée par des clercs. Chacun sait qu’il y a bien davantage (dans l’absolu, et même, je crois bien, proportionnellement) de crimes de cet ordre commis par des instituteurs, ou par des pères de famille. Pourtant, les médias n’ont parlé que d’une série de scandales pédophiles: celle qui concerne l’Eglise, c’est-à-dire la seule institution au monde à avoir réellement pris la mesure du caractère monstrueux de ce péché et de ce crime.

Je doute, d’ailleurs, fort que l’apostasie austro-allemande ait beaucoup à voir avec cette crise. Le meilleur indice de cette absence de causalité tient dans cette phrase:

En vingt ans, l’Eglise allemande a ainsi officiellement perdu 12 % de ses ouailles.

Mais, voici 20 ans, il n’y avait pas l’ombre d’un scandale pédophile. On encensait encore ceux qui brisaient “le dernier tabou” en affirmant leur attirance sexuelle pour les enfants.

La crise “pédophile” fut peut-être un accélérateur. Mais je crois surtout que cette apostasie est due au fait que les catholiques concernés ne savent plus, depuis longtemps, en quoi ils croient (il faut dire, à leur décharge, que les clercs ne les ont guère aidés à approfondir leur foi au cours des dernières décennies, le massacre du catéchisme et de la liturgie aidant). Et, en Autriche ou en Allemagne, l’appartenance à une Eglise entraîne le paiement d’un impôt. Je comprends sans peine qu’une personne qui ne croit pas à la Sainte Trinité, à l’Incarnation ou à la Présence réelle ne voie aucun intérêt à payer un impôt pour une organisation dont la principale vocation est précisément d’annoncer ces dogmes aux hommes!

En réalité, cet article, à la faveur d’une information terrible, est surtout une occasion de régler, pour la énième fois, ses comptes avec une Eglise qui a le tort de ne pas apprendre la Révélation dans les gazettes du soir ou du matin. Et Mme Le Bars de finir, très classiquement sur l’habituel “rappel à l’ordre”:

Ce mouvement de désaffection envers l’institution catholique tient aussi aux positions inflexibles du Vatican sur le célibat des prêtres, le refus d’ordonner des hommes mariés ou des femmes ou bien encore sur la morale sexuelle.

C’est curieux. Aucun des catholiques que je vois à la messe le dimanche ne me parle de ces sujets, mais il semble, à en croire les médias, que tous soient obnubilés par eux! Je vais finir par me demander s’il n’existe pas un échantillon spécifique de “catholiques” dans les caves du journal “Le Monde”…

Les réserves de Benoît XVI vis-à-vis de “l’esprit d’Assise”
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Le vaticaniste Sandro Magister vient de publier un très intéressant article sur l’expression “esprit d’Assise”. J’avoue qu’il m’avait échappé que cette expression n’était que médiatique, et qu’elle n’était jamais utilisé par les autorités vaticanes.

Magister mentionne, en particulier, le numéro de l’Osservatore Romano commémorant les 25 ans de la première rencontre d’Assise:

Lors de la préparation du vingt-cinquième anniversaire de la rencontre d’Assise, au mois de juillet dernier, “L’Osservatore Romano” a publié une série d’articles qui avaient pour objectif de bien expliquer l’événement et qui ont été ensuite réunis en un livre.
Les articles étaient signés par tous les dirigeants des services du Vatican impliqués dans l’organisation de l’événement, c’est-à-dire par les cardinaux Tarcisio Bertone, Jean-Louis Tauran, William J. Levada, Kurt Koch, Peter K. A. Turkson et Gianfranco Ravasi.
Et bien l’expression “l’esprit d’Assise” n’apparaît pas une seule fois dans ces textes. En revanche on la trouve dans trois des quatre autres articles de la série qu’a publiée “L’Osservatore Romano”, articles qui avaient été confiés à des personnes ne faisant pas partie de la curie.

C’est, effectivement, un indice intéressant de la réserve marquée par les collaborateurs de Benoît XVI à l’égard d’un nébuleux “esprit d’Assise”.

Mais, surtout, Magister ne relève que deux mentions par Benoît XVI de cette expression:

Et Benoît XVI ? Lui qui, quand il était cardinal, a été l’une des rares éminences de curie à n’avoir jamais pris part aux meetings interreligieux annuels de Sant’Egidio, qui attiraient beaucoup de monde et dont le titre citait “l’esprit d’Assise”, n’a pas utilisé l’expression plus de deux fois.
L’une de ces deux citations du pape Joseph Ratzinger – la seconde – a été insérée dans le film commémoratif qui a été montré à ceux qui participaient au pèlerinage d’Assise et au pape lui-même le 27 octobre dernier, au cours de l’événement. […]
Mais il faut remarquer que la première et la plus importante utilisation par Benoît XVI de l’expression “l’esprit d’Assise”, en septembre 2006, avait précisément pour objectif d’expliquer quelle en était l’interprétation correcte, de manière à ce qu’”elle ne se prête à aucune interprétation syncrétiste, fondée sur une conception relativiste”.
En tout cas, depuis que Benoît XVI a annoncé qu’il voulait célébrer le vingt-cinquième anniversaire de la rencontre d’Assise, il n’en a jamais évoqué une seule fois “l’esprit”. […]

En somme, pour reprendre les termes employés par Valli, Benoît XVI ne considère peut-être pas l’expression “l’esprit d’Assise” comme “dévastatrice”, comme le pensent les lefebvristes. Mais elle lui paraît tellement chargée d’ambigüités – comme l’est d’ailleurs l’expression “l’esprit du concile” – qu’il fait tout pour l’éviter.

L’Osservatore Romano reçoit le prix “Bravo de Prensa” 2011
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La Commission des moyens de communication sociale de la Conférence épiscopale espagnole, présidée par Mgr Joan Enric Vives i Sicilia, archevêque et co-prince d’Andorre (titre qu’il partage avec le chef de l’Etat français), a remis le Prix « Bravo de Prensa » 2011 à « L’Osservatore Romano » pour le « parcours exemplaire de communication, au service du Saint-Siège et de l’Eglise universelle », que le quotidien du Saint-Siège mène depuis 150 ans.

Malgré les divergences qui nous ont parfois séparés (à propos de l’affaire de Recife, notamment), nous félicitons bien volontiers nos confrères.

 

Source: Zenit

A propos de la liturgie et des traductions de l’agence VIS
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Comme beaucoup de médias attentifs à la vie du saint-siège, et notamment aux messages pontificaux, l’agence officielle Vatican Information Service a une tonalité bien différente dans sa version anglaise et dans sa version française.

Voici un exemple, pris sur le vif, à propos de la visite ad limina des évêques australiens.

En français, voici ce que dit VIS:

Puis le Pape a recommandé aux évêques d’être attentifs à la liturgie: “La nouvelle traduction du missel romain, fruit de l’excellente collaboration entre Saint-Siège, évêques et experts du monde anglophone, se propose d’enrichir les louanges que son peuple adresse à Dieu. Aidez vos prêtres à accepter ce résultat positif, pour qu’ils s’adaptent à ces textes revus. Nous savons tous combien la liturgie et ses formes sont fortement inscrites dans le coeur de tout catholique. Faites donc tout votre possible pour aider aussi les catéchistes et les chorales à célébrer plus dignement le rite romain dans vos diocèses, en étant dignes du Seigneur et enrichis spirituellement”.

Et en anglais:

“You are conscious of your special duty to care for the celebration of the liturgy”, Pope Benedict told the prelates in conclusion. “The new translation of the Roman Missal, which is the fruit of a remarkable cooperation of the Holy See, the bishops and experts from all over the world, is intended to enrich and deepen the sacrifice of praise offered to God by His people. Help your clergy to welcome and to appreciate what has been achieved, so that they in turn may assist the faithful as everyone adjusts to the new translation. As we know, the sacred liturgy and its forms are written deeply in the heart of every Catholic. Make every effort to help catechists and musicians in their respective preparations to render the celebration of the Roman Rite in your dioceses a moment of greater grace and beauty, worthy of the Lord and spiritually enriching for everyone”.

C’est-à-dire:

“Vous êtes conscients de votre obligation spéciale de prendre soin de la célébration de la liturgie”, a déclaré, en conclusion, le Pape aux prélats.”La nouvelle traduction du Missel romain, qui est le fruit d’une coopération remarquable du Saint-Siège, des évêques et d’experts du monde entier, est destinée à enrichir et approfondir le sacrifice de louange offert à Dieu par son peuple. Aidez votre clergé à accueillir et à apprécier ce qui a été réalisé, de sorte qu’il puisse à son tour aider les fidèles et tout le monde à s’adapter à la nouvelle traduction. Comme nous le savons, la sainte liturgie et ses formes sont écrites profondément dans le cœur de tous les catholiques. Faire tous les efforts possibles pour aider les catéchistes et les musiciens dans leurs préparations respectives pour faire de la célébration du rite romain dans vos diocèses un moment de plus grande grâce et de plus grande beauté, digne du Seigneur et spirituellement enrichissante pour tous.”

Je serais assez tenté, étant d’humeur facétieuse ce matin, de vous suggérer de jouer au jeu des 7 erreurs. Il reste une question: que signifient ces différences? Pourquoi faut-il donc que, systématiquement, les traductions françaises “oublient” un certain nombre de points qui contribuent à développer le sens du sacré en anglais ou dans d’autres langues?

Radio Vatican: un moment d’égarement?
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Radio Vatican, « la voix du Pape par les ondes », a reçu le 18 octobre, pendant un quart d’heure Cherie Blair, l’épouse de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et la présidente de la Cherie Blair Foundation for Women.

Cherie Blair fut qualifiée, au cours de cette émission d’hommage, par la journaliste Tracey McClure de Radio Vatican de « fervente catholique » (devout Catholic). Ce que Radio Vatican s’est bien gardé de dire sur cette « fervente catholique », c’est qu’elle un « fervent » partisan de l’avortement et de la contraception…

Offrir une tribune à une personne qui défie depuis longtemps et avec autant d’obstination l’enseignement moral de l’Église est toujours une faute grave – et aggravée quand on est une radio que se dit «la voix du Pape par les ondes»…

 

Sources : Catholic Culture, John Smeaton (SPUC)

Jesus Colina, le fondateur de Zenit, a été remercié par les Légionnaires du Christ
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Notre consoeur Jeanne Smits nous informe que

Jesus Colina, fondateur et directeur de l’agence d’informations Zenit, a démissionné à la demande du conseil de direction de l’agence qui applique la décision des Légionnaires du Christ qui en sont propriétaires. Les Légionnaires souhaitent lui donner une image qui leur soit davantage liée.

Zenit, fondée voici 14 ans, apporte un service remarquable: des informations en provenance de Rome non déformées par le prisme médiatique. Ces informations sont aujourd’hui offertes en sept langues, dont le français.
Il semble que Colina ait été une victime collatérale de l’effrayant scandale Maciel (le fondateur de cette très belle oeuvre que sont les Légionnaires du Christ menait une double vie, a eu au moins une femme et un enfant, et a abusé de certains séminaristes). Il explique ainsi:

« En réalité, je crois que cette décision est l’aboutissement d’une progressive perte de confiance mutuelle qui a commencé il y a quelques années déjà. La manière dont la Légion du Christ a occulté les informations sur le père Marcial Maciel, découvertes à compte-gouttes par la presse, conduit à ce la confiance en cette institution, de la part d’un directeur d’agence d’informations, en vienne à se fissurer. »


Et Jesus Colina dénonce (à juste titre) le fait que certains Légionnaires du Christ aient déclaré avoir eu connaissance de la double vie de leur fondateur plusieurs années avant son décès, et qu’il aient assisté à des messes où l’on le donnait publiquement en exemple devant des centaines de religieux, après son décès:

« Cela est particulièrement grave, car une chose est d’éviter le scandale en n’informant pas sur les crimes ou sur la double vie (mais il faudrait dire triple ou quadruple) du père Maciel, autre chose est de continuer à afficher ce mythe de sainteté dont la congrégation avait fait la promotion durant sa vie. »

 

Il est possible que le départ de Jesus Colina de Zenit répondent à plusieurs questions différentes. Mais je ne peux, en tout cas, que lui donner raison sur le caractère terrifiant de cette double vie et, plus encore, sur le mensonge de certains dirigeants de la congrégation.

Messe pour les 80 ans de Radio Vatican
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Radio Vatican fête ses 80 ans. A cette occasion, le cardinal Bertone a célébré hier, dans les jardins du Vatican, une messe votive.

Le RP Simone, victime collatérale de l’Obamacare
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Comme tous les lecteurs habituels du blogue de mon confrère Daniel Hamiche, j’avais suivi avec beaucoup d’intérêt la bataille des évêques américains contre l’Obamacare (et spécialement contre le financement fédéral de l’avortement).
Je découvre aujourd’hui, en lisant une analyse du vaticaniste Sandro Magister, que cette bagarre a fait une nouvelle victime, tout à fait inattendue: le directeur adjoint de la principale revue du monde chrétien, la Civilta cattolica. Celui-ci, le jésuite Michele Simone, qui était pressenti pour devenir directeur en titre, a été remplacé sur le fil par son confrère Antonio Spadaro. Motif: il avait laissé passer un article très partial en faveur des analyses de la soeur Keehan, religieuse dirigeant la bien mal nommée Catholic Health Association. Les évêques américains ayant légitimement fait connaître leur mécontentement et la Civilita cattolica a été reprise en main!

Jean-Marie Guénois et la dernière homélie de Benoît XVI
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Nous fêtions aujourd’hui les saints Pierre et Paul, colonnes de l’Eglise romaine, et le Pape a prononcé une homélie à l’occasion du 60 e anniversaire de son ordination sacerdotale.
Le vaticaniste du “Figaro” Jean-Marie Guénois a écrit à ce sujet sur son blogue:

“Pour un prêtre, l’anniversaire de l’ordination sacerdotale est comme un anniversaire de mariage. Respectable. Et aujourd’hui, c’est une sorte de déclaration d’amour pour Dieu que ce pape ose faire publiquement.
On glorifie, à juste titre la mystique soufie ou bouddhiste et l’on regarde souvent avec dédain la mystique catholique, forcément dépassée, par nature has been. Prendre le temps de lire pourtant, et pourquoi pas, croyant ou non, de méditer, ce sens de Dieu que ce pape essaye de partager.
Il réfléchit à propos de deux images, celle de l’amitié avec Dieu – qui est un notion typiquement chrétienne car comment être ami de “l’Inconnaisable” ? – et celle du vin… Oui, du vin, comme “fruit de la vigne”, méditation sur la lenteur de la vie et l’approfondissement qui l’accompagne, Ã travers les joies et les souffrances.”

Pour une fois qu’un journaliste français dit du bien et de la mystique chrétienne et du Pape, je suis heureux de le mentionner!

La photo du jour
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Benoît XVI en train de “twitter” pour le lancement du nouveau site du Vatican.

Petit exemple de la brillante culture religieuse des journalistes
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A propos de l’affaire du “Piss Christ”, un correspondant m’a dit avoir lu une dépêche parlant d’un crucifix “trempé dans l’urine du Christ”.
J’avais quelques doutes avant de trouver des précisions chez notre confrère Nouvelles de France… qui ajoute même que des “grands médias” ont relayé ladite dépêche sans sourciller. Mieux encore, le journal télévisé de TF1 a repris “l’information” telle quelle.
Dans un élan de générosité, on veut bien admettre la coquille pour la première rédaction. Mais la répétition d’une coquille témoigne soit d’une remarquable distraction, soit d’une remarquable inculture.
Je ne parlerais pas de cette affaire, si un autre correspondant ne venait de me signaler que, le 17 mai, sur France 24, un journaliste n’avait évoqué, à l’occasion de la venue de la reine d’Angleterre en Irlande, les accords du “bon vendredi”. Ce qui est évidemment une traduction de “Good Friday” que l’on peut sans peine trouver dans Robinson Crusoé (comme le note malicieusement ce correspondant), mais dans le contexte, il est probable qu’en français, “Good Friday” se comprenne “Vendredi saint”. Mais peut-être le journaliste en question ignore-t-il de quoi il s’agit…

La conférence épiscopale et les blogueurs catholiques
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Lu sur Perepiscopus:

On apprend par ailleurs que certains évêques français ont écrit à Rome pour manifester leur incompréhension quant au choix des blogueurs. Sur les 5 Français, 2 étaient traditionalistes (Paix Liturgique et Le Forum catholique, mais ce dernier n’a pas pu participer). Benoît-et-moi rétorque :

La démarche du blog est une démarche de la base, et non pas institutionnelle. Et d’ailleurs, la Conférence des évêques de France, n’est pas l’Eglise en France! La réaction des évêques mécontents, elle, laisse supposer que ces derniers sont pour une forme soviétoïdes de l’information, avec une vérité officielle. Les excellences souhaitent-elles un système de quotas (pourtant durement critiqué dans le milieu du foot), estimant que 2 blogs traditionalistes sur 5, c’est décidément trop, et pas représentatif ?

Benoît XVI nous invite à lutter contre l’hédonisme
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Lu sur l’excellent blogue Benoît et moi:

“J’ai traduit en toute hâte son homélie [du Pape à Venise, aujourd’hui], afin qu’on ne puisse pas déformer ses propos.
Dans les titres de la presse italienne, on lit déjà: “Le Saint-Père a invité chacun à ne pas craindre les étrangers, ceux qui viennent de loin”.
Il n’est pas question ici d’occulter ou de détourner les propos du Pape: commentant l’Evangile du jour sur la rencontre d’Emmaüs, le Saint-Père a dit très précisément (et je trouve que c’est différent): “Le problème du mal, de la douleur et de la souffrance, le problème de l’injustice et de l’oppression, la peur des autres, des étrangers et des lointains qui arrivent sur nos terres et semblent attenter à ce que nous sommes, portent les chrétiens d’aujourd’hui à dire avec tristesse: nous espérions que le Seigneur nous délivrerait du mal, de la douleur, de la souffrance, de la peur, de l’injustice”.
Pour ce que j’ai compris, ces propos ne sont pas politiques.
Et les medias qui vont annoncer triomphalement que le Pape a demandé d’accueillir les immigrés (en réalité, c’est bien plus subtil que cela) se garderont bien de répéter qu’il a dit aussi avec force “Je vous encourage à ne jamais céder aux tentations de la culture hédoniste et à l’appel du consumérisme matérialiste”.”

Naturellement, il est un peu plus facile, pour la grosse presse post-soixantehuitarde, de dénoncer les politiques de Sarkozy ou Berlusconi que de dénoncer la culture hédoniste ou le consumérisme!

Ben Laden: Face à la mort d’un homme, un chrétien ne se réjouit jamais
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Le RP Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, a ainsi réagi à l’annonce de la mort d’Oussama Ben Laden:

“Osama Bin Laden, comme nous le savons tous, porte la grave responsabilité d’avoir semé la division et la haine entre les peuples et d’avoir manipulé la religion à cette fin. Face à la mort d’un homme, un chrétien ne se réjouit jamais, mais il réfléchit sur la responsabilité de chacun devant Dieu et devant les hommes, agissant toujours pour faire grandir la paix et non la haine.”

Sévillia: Jean-Paul II, un Pape qui aimait la France
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“Le Figaro” vient de publier un bel article de Jean Sévillia sur Jean-Paul II, où notre confrère retrace les liens du Pape avec la Fille aînée de l’Eglise qu’il avait si fermement apostrophée en 1980.
Un article dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture.
On y retrouve un Pape aimant la France, ayant lutté efficacement contre la dérive marxisante de l’épiscopat français (Sévillia rappelle qu’à la fin des années 1970, 66% des évêques, selon une enquête, admettaient le bien-fondé des analyses marxistes!).
Et, en conclusion de l’article, cette question:

“Combien sont-ils, aujourd’hui, les Français dont ce grand mort a changé le regard sur la vie?”

La presse française et la religion
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Une brève intéressante de Nouvelles de France à propos des rapports entre la presse française et la religion:
A propos du dénommé Xavier Dupont de Ligonnès – dont le nom revient en boucle ces jours-ci à la “une” des journaux, puisque la police a récemment découvert le corps de son épouse et de ses quatre enfants -, tous les “gros médias” parlent de “catholique pratiquant”, voir de “délire mystique”… et personne ne relève qu’il avait perdu la foi!

Non, Benoît XVI ne fait pas l’éloge de l’immigration incontrôlée!
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Notre consoeur Jeanne Smits vient d’écrire dans Présent un excellent article sur la récupération médiatique du message Urbi et Orbi de Benoît XVI à propos des questions migratoires:

“Benoît XVI a lancé à la face du monde : « Aux nombreux exilés et aux réfugiés qui proviennent de différents pays africains et qui ont été contraints de laisser leurs affections les plus chères, que se manifeste la solidarité de tous ; que les hommes de bonne volonté soient éclairés pour ouvrir leur cœur à l’accueil, afin que de façon solidaire et concertée il soit possible de répondre aux nécessités pressantes de tant de frères […]. »
De là à l’ériger en chantre de l’immigration il n’y a évidemment qu’un pas […].
Comment les hommes d’Eglise pourraient-ils ne pas prôner la charité envers les personnes, ceux qui souffrent et fuient la pauvreté, le malheur et la guerre ? […]
Mais cela n’interdit pas, ne peut, au niveau politique, interdire aux Etats – qui le font déjà mollement – de préserver la paix et l’identité pour leurs citoyens d’abord. Et cela oblige aussi à porter le Christ dans ces pays où tout va mal… Dans le même message Urbi et Orbi, Benoît XVI affirmait d’abord : « Que dans les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, tous les citoyens – et en particulier les jeunes – mettent tout en œuvre pour promouvoir le bien commun et pour construire une société où la pauvreté soit vaincue et où tout choix politique soit inspiré du respect pour la personne humaine. »
Là-bas. Sur place. Il ne leur recommande point l’émigration, mais, autant que possible, le travail actif et la prise de responsabilités. « Que l’éclat du Christ atteigne aussi les peuples du Moyen-Orient » : la réponse de l’Eglise est là.”

Cela va sans dire. Mais cela va effectivement beaucoup mieux en le disant!

Peut-on être modérément excommunié?
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La lecture de “La Croix” m’a toujours semblé à la fois riche d’informations que l’on ne trouve pas ailleurs dans la presse française, et souvent agaçante par l’application de critères vaguement politiques sur tel prélat ou telle décision. Vous savez, le style: Benoît XVI est un Pape de droite parce qu’il a une “sensibilité traditionnelle” en matière de liturgie; ou, c’est un Pape de gauche parce qu’il est “pour” le dialogue interreligieux… Je sais bien que les contraintes médiatiques imposent souvent la simplification, mais il n’empêche: ça m’agace souvent.
C’est encore ce qui s’est passé quand j’ai lu l’article de Frédéric Mounier, correspondant du quotidien “officieux” de l’épiscopat français à Rome, en date du 15 avril et intitulé: “Rome adresse un message à tous les catholiques de Chine”.
Déjà, cette appellation de “Rome” me paraît périlleuse. En l’occurrence, il s’agit de la Commission vaticane pour l’Eglise catholique en Chine – ce qui, dans la vie politico-administrative française, serait quelque chose comme une réunion interministérielle.
Mais, surtout, j’ai du mal à supporter les découpages pseudo-politiques sur le thème l’extrémiste cardinal Zen (je vous rassure, ce n’est pas ce que dit Frédéric Mounier) face au modéré Mgr Hon-Fai-Tai, secrétaire chinois de la Congrégatioin pour l’Evangélisation des peuples (et, pour le coup, Mounier parle bien de la ligne “plus modérée” de ce dernier).
En réalité, je ne crois pas que l’on puisse être plus ou moins “modéré” sur le dossier dont il est question: la question est finalement de savoir s’il revient au Pape ou à l’Etat de conférer l’épiscopat (c’est toujours le même problème depuis la querelle dees investitures chez nous!).
Le Pape peut accepter une intervention plus ou moins large de l’Etat dans cette affaire cruciale, mais il ne peut pas renoncer à un principe de base: le pouvoir de juridiction de l’évêque lui est donné par Dieu par la médiation du souverain pontife. Il peut s’agir d’une désignation ou d’une simple approbation tacite, mais il faut au minimum une acceptation du saint-siège.
C’est là le problème central entre l’Eglise clandestine et l’Eglise “patriotique”, entre le saint-siège et Pékin.
Et, de même que l’on ne peut pas être modérément excommunié ou extrêmement excommunié, on ne peut être modéré sur cette question. Je n’ignore pas que je m’expose à être accusé de simplisme. A vrai dire, j’y consens volontiers. Je sais bien que le problème des relations avec Pékin est délicat; je sais bien qu’une chrétienté pleine d’avenir naît sous nos yeux en Chine, malgré les tracasseries ou les persécutions communistes et qu’il ne faut pas éteinde la mèche qui fume encore. Il reste que, sur le fond, la question est simple: il s’agit du lien avec l’Eglise universelle et ce lien passe par la communion hiérarchique avec le successeur de saint Pierre.

NB: Est-il besoin de préciser que cela n’empêche nullement l’article de Frédéric Mounier d’être fort instructif et je vous invite volontiers à le lire… et, plus encore à lire le message aux catholiques de Chine dont il est question. A propos du message, vous serez sans doute surpris comme moi: le message est en 11 points, alors que Mounier parle de 4. Je n’ai pas compris pourquoi. Peut-être disposait-il d’une autre version (mais alors, il est bizarre de renvoyer dans son article à cette version-là)?

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