Messages du Pape

Mercredi des cendres, homélie du pape
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Le Pape François a présidé, ce mercredi 10 février 2016, la messe du Mercredi des Cendres qui marque le début du Carême, un temps de pénitence qui prend un relief particulier en cette Année jubilaire de la Miséricorde. Cette année, comme ce fut le cas en 2013 peu après l’annonce de la renonciation de Benoît XVI, cette célébration s’est tenue à la basilique Saint-Pierre, et non à la basilique Sainte-Sabine, sur l’Aventin, comme c’est la tradition. Cette cérémonie s’est tenue en présence des reliques de saint Padre Pio et de saint Leopold Mandic, les deux confesseurs capucins, exposées depuis vendredi au Vatican.

Dans son homélie, le Pape s’est adressé, notamment, aux plus de 700 missionnaires de la miséricorde présents pour leur envoi en mission, en centrant une nouvelle fois sa réflexion sur le thème de la réconciliation.

«Les missionnaires de la miséricorde sont présents à cette cérémonie pour recevoir le mandat d’être des signes et des instruments du pardon de Dieu, a donc rappelé le Saint-Père. Chers frères, puissiez-vous aider à ouvrir les portes des cœurs, à dépasser la honte, à ne pas fuir de la lumière. Que vos mains paternelles bénissent et soulagent vos frères et sœurs ; qu’à travers vous le regard et les mains du Père se posent sur ses fils et guérissent leurs blessures !»

François a construit sa méditation autour des appels de saint Paul : «Laissez-vous réconcilier avec Dieu», et du prophète Joël :«revenez à moi de tout votre cœur». Il a rappelé que Dieu

«triomphe du péché et nous relève de nos misères, si nous les lui confions» Et cela relève de la grâce, mais aussi de la responsabilité individuelle de chacun : «C’est à nous que revient de reconnaitre notre besoin de miséricorde : c’est le premier pas du chemin chrétien ; il s’agit de franchir la porte ouverte qui est le Christ où Lui-même nous attend, le Sauveur, et nous offre une vie nouvelle et joyeuse.»

Le Pape a ensuite listé les freins qui empêchent de nombreuses personnes de se laisser embrasser par le pardon de Dieu :

«Il y a la tentation de blinder les portes, et de cohabiter avec son péché en le minimisant, en se justifiant toujours, en pensant de ne pas être pire que les autres ; mais en faisant ainsi, les verrous de notre âme se ferment, et nous restons enfermés en nous-mêmes, prisonniers du mal». Il a aussi évoqué comme un obstacle «la honte d’ouvrir la porte secrète de notre cœur», précisant toutefois que «la honte en réalité est un bon symptôme parce qu’elle indique que nous voulons nous détacher du mal ; cependant elle ne doit jamais se transformer en crainte ou en peur». Il a enfin évoqué «un troisième piège, celui de nous éloigner de la porte. Cela arrive lorsque nous nous terrons dans nos misères, quand nous ruminons continuellement, reliant entre elles les choses négatives jusqu’à plonger de manière abyssale dans les caves les plus sombres de notre âme.»

Face à ces trois risques, le Pape a rappelé que la tradition chrétienne offre trois «médicaments» pour soigner nos maladies, nos névroses, nos freins intérieurs : ces trois remèdes sont la prière, la charité vécue activement, et le jeûne, ou plus largement, la pénitence.

Le Pape a enfin lancé ce vœu rempli de bienveillance mais aussi de fermeté :

«Que le Carême soit un temps bénéfique pour nous couper de la fausseté, de la mondanité, de l’indifférence ; pour ne pas penser que tout va bien si je vais bien ; pour comprendre que ce qui compte vraiment n’est pas l’approbation, la recherche du succès ou du consensus, mais le nettoyage du cœur et de la vie pour retrouver l’identité chrétienne, c’est-à-dire l’amour qui sert et non l’égoïsme qui nous sert.»

Voici une traduction complète de l’homélie du Saint-Père :

«La Parole de Dieu, au début du chemin de Carême, adresse à l’Église et à chacun de nous deux invitations.

La première est celle de Saint-Paul : «laissez-vous réconcilier avec Dieu». Il ne s’agit pas simplement d’un bon conseil paternel et pas seulement non plus d’une suggestion. C’est une véritable supplique au nom du Christ : «nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.» Pourquoi un appel si solennel et fervent ? Parce que le Christ sait combien nous sommes fragiles et pécheurs, il connait la faiblesse de notre cœur ; il le voit blessé par le mal que nous avons commis et tout de suite ; il sait combien nous avons besoin de pardon, il sait que nous avons besoin de nous sentir aimés pour faire le bien. Tout seul, nous ne sommes pas capables : et pour cela l’Apôtre ne nous dit pas de faire quelque chose, mais de nous laisser réconcilier avec Dieu, de lui permettre de nous pardonner, avec confiance parce que «Dieu est plus grand que notre cœur». Il triomphe du péché et nous relève de nos misères, si nous les lui confions. C’est à nous que revient de reconnaitre notre besoin de miséricorde : c’est le premier pas du chemin chrétien ; il s’agit de franchir la porte ouverte qui est le Christ où Lui-même nous attend, le Sauveur, et nous offre une vie nouvelle et joyeuse.

Des obstacles peuvent exister, qui ferment les portes du cœur. Il y a la tentation de blinder les portes, et de cohabiter avec son péché en le minimisant, en se justifiant toujours, en pensant de ne pas être pire que les autres ; mais en faisant ainsi, les verrous de notre âme se ferment, et nous restons enfermés en nous-mêmes, prisonniers du mal.

Un autre obstacle est la honte d’ouvrir la porte secrète de notre cœur. La honte en réalité est une bon symptôme parce qu’elle indique que nous voulons nous détacher du mal ; cependant elle ne doit jamais se transformer en crainte ou en peur.

Il y a un troisième piège, celui de nous éloigner de la porte. Cela arrive lorsque nous nous terrons dans nos misères, quand nous ruminons continuellement, reliant entre elles les choses négatives jusqu’à plonger de manière abyssale dans les caves les plus sombres de notre âme. Alors nous devenons même familiers de la tristesse dont nous ne voulons pas, nous nous décourageons et nous sommes plus faibles face aux tentations. Cela arrive parce que nous restons tout seul avec nous même, nous renfermant sur nous, fuyant la lumière, alors que seule la grâce du Seigneur nous libère. Laissons-nous alors réconcilier, écoutons Jésus qui dit à celui qui est fatigué et opprimé «viens à moi». Ne reste pas enfermé sur toi-même, mais va à Lui ! Là se trouvent la détente et la paix.

Les missionnaires de la miséricorde sont présents à cette cérémonie pour recevoir le mandat d’être des signes et des instruments du pardon de Dieu. Chers frères, puissiez-vous aider à ouvrir les portes des cœurs, à dépasser la honte, à ne pas fuir de la lumière. Que vos mains paternelles bénissent et soulagent vos frères et sœurs ; qu’à travers vous le regard et les mains du Père se posent sur ses fils et guérissent leurs blessures !

Il y a également une deuxième invitation de Dieu, qui dis, par le biais du prophète Joël: «Revenez à moi avec tout votre cœur». S’il faut revenir c’est parce que nous nous sommes éloignés. C’est le mystère du péché : nous nous sommes éloignés de Dieu, des autres, et de nous-mêmes. Ce n’est pas difficile de s’en rendre compte : tous nous voyons combien nous nous fatiguons à avoir vraiment confiance en Dieu, à nous fier à lui comme Père, sans peur ; combien il est difficile d’aimer les autres au lieu de penser du mal d’eux ; combien cela nous coûte de faire vraiment du bien alors que nous sommes attirés et séduit par tant de réalités matérielles qui disparaissent et à la fin nous laissent pauvres.

À côté de cette histoire de péché, Jésus a inauguré une histoire de Salut. L’Évangile qui ouvre le carême nous invite à en être les protagonistes, en embrassant trois remèdes, trois médecines qui guérissent du péché. Le premier est la prière, expression d’ouverture et de confiance en Dieu : C’est la rencontre personnelle avec lui qui raccourcit les distances créées par le péché. Prier signifie dire : «Je ne suis pas autosuffisant, j’ai besoin de Toi, Tu es ma vie et mon salut». Deuxième médecine, la charité pour dépasser l’extranéité ressentie vis-à-vis des autres. L’amour véritable, en effet, n’est pas un acte extérieur, ce n’est pas donner quelque chose de manière paternaliste pour tranquilliser sa conscience, mais accepter ceux qui ont besoin de notre temps, de notre amitié, de notre aide. C’est vivre le service, en triomphant la tentation de nous auto-satisfaire. En troisième lieu, le jeune, la pénitence, pour nous libérer des dépendances de ce qui est éphémère, et nous entrainer à être plus sensible et miséricordieux. C’est une invitation à la simplicité et au partage : ôter quelque chose de notre table et de nos biens pour retrouver le véritable bien de la liberté.

«Retournez à moi, dit le Seigneur, retournez avec tout votre cœur» : non seulement avec quelques actes extérieurs, mais du plus profond de nous-mêmes. En effet Jésus nous appelle à vivre la prière, la charité et la pénitence avec cohérence et authenticité, en vainquant l’hypocrisie. Que le Carême soit un temps bénéfique pour nous couper de la fausseté, de la mondanité, de l’indifférence ; pour ne pas penser que tout va bien si je vais bien ; pour comprendre que ce qui compte vraiment n’est pas l’approbation, la recherche du succès ou du consensus, mais le nettoyage du cœur et de la vie pour retrouver l’identité chrétienne, c’est-à-dire l’amour qui sert et non l’égoïsme qui nous sert.

Mettons nous en chemin ensemble comme Église (nous aussi, nous deviendrons cendres), et en recevant les Cendres et en maintenant le regard sur le Crucifix. Lui, en nous aimant, il nous invite à nous laisser réconcilier avec Dieu et à retourner à Lui pour nous retrouver nous-mêmes.»

 

Source Osservatore Romano

Le pape envoie les confesseurs en missionnaires de la miséricorde
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Hier, le pape a profité de son entretien avec des “missionnaires de la miséricorde” pour rappeler l’importance de la confession et, selon son habitude, donner quelques conseils pratiques. pas de curiosité malsaine, être un Père et agir au nom du Christ, non en son nom….Le saint-Père a également rappeler les bienfaits d’une conversion, comme celle qui a changé sa propre vie le 21 septembre 1953

Extraits du discours

 

Le Pape a reçu ce mardi soir plusieurs centaines de “missionnaires de la Miséricorde”, qu’il enverra en mission mercredi lors de la messe du Mercredi des Cendres. Il les a invités à exercer avec enthousiasme le ministère de confesseur, non pas en agissant en leur propre nom mais bien au nom de Jésus.

«En entrant dans le confessionnal, souvenons-nous toujours que c’est le Christ qui accueille, c’est le Christ qui écoute, c’est le Christ qui pardonne, c’est le Christ qui donne la paix», a-t-il insisté. «Être missionnaire de la miséricorde est une responsabilité qui vous est confiée pour être (…) témoins de la proximité de Dieu et de sa façon d’aimer».

«Je vous confesse fraternellement que le souvenir ce cette confession du 21 septembre 1953 qui a réorienté ma vie, est pour moi une source de joie» a lancé le Pape François, sortant de son texte pour évoquer ce souvenir de jeunesse qui l’a éveillé à la vocation sacerdotale quand il avait 17 ans. Il a toutefois avoué ne plus se souvenir de ce que lui avait dit le prêtre, mais avoir été marqué par son sourire… Le langage des paroles n’est donc pas suffisant, il faut aussi utiliser «le langage des gestes», «les bras ouverts», a-t-il insisté.

Une attitude respectueuse, et non pas curieuse

Face à eux, les confesseurs ont des personnes qui parfois ne savent pas s’exprimer, mais qui n’y arrivent pas, qui ont à la fois honte de leurs péchés et de ne pas savoir le dire. Ces personnes sentent pourtant le désir d’être accueillies et pardonnées. Le Pape a donc appelé à une attitude de respect et d’encouragement de la part des confesseurs. «Nous ne sommes pas appelés à juger, avec un sentiment de supériorité…» «Il s’agit au contraire de couvrir le pécheur avec la couverture de la miséricorde.»

Il a lancé, en sortant de son texte, un ferme avertissement contre les prêtres qui font preuve d’une curiosité malsaine, en posant trop de questions à ceux qui veulent se confesser. «On peut faire tellement de mal, tellement de mal à une âme, si elle n’est pas accueillie avec un cœur de père, avec le cœur de la Mère Église».

Le Pape a conclu en invitant les prêtres à vivre cette «aventure missionnaire» en suivant les exemples de saint Padre Pio et saint Leopold Mandic, les deux grands confesseurs capucins dont les corps sont actuellement exposés à la basilique Saint-Pierre. «Quand vous sentirez le poids des péchés qui vous sont confessés, et les limites de votre personne et de vos paroles, faites confiance à la force de la miséricorde qui va à la rencontre de tous avec amour et qui ne connait pas de frontières», a martelé le Pape.

 

Source Osservatore Romano

Benoît XVI : la justice ? Message de carême 2010
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Alors que l’année de la miséricorde donne la part belle aux œuvres de justice, que notre monde brandit comme étalon cette divinité des temps anciens, mieux vaut savoir de quoi nous parlons. Avec la profondeur qui est la sienne Benoît XVI ouvrait le carême de 2010 en ces termes La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ (Rm 3, 21-22).

Écho à l’année de la miséricorde, approfondissement du message de son successeurs pour la journée mondiale des malades, (voir notre article) voici donc à l’aube du carême 2016, le message toujours actuel du pape Benoît XVI

 

Chers frères et sœurs,

Chaque année, à l’occasion du carême, l’Église nous invite à une révision de vie sincère à la lumière des enseignements évangéliques. Cette année j’aimerais vous proposer quelques réflexions sur un vaste sujet, celui de la justice, à partir de l’affirmation de saint Paul : «La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ. » (Rm 3, 21-22)

Justice : « dare cuique suum »

En un premier temps, je souhaite m’arrêter sur le sens du mot « justice » qui dans le langage commun revient à « donner à chacun ce qui lui est dû – dare cuique suum » selon la célèbre expression d’Ulpianus, juriste romain du III siècle. Toutefois cette définition courante ne précise pas en quoi consiste ce « suum » qu’il faut assurer à chacun. Or ce qui est essentiel pour l’homme ne peut être garanti par la loi. Pour qu’il puisse jouir d’une vie en plénitude il lui faut quelque chose de plus intime, de plus personnel et qui ne peut être accordé que gratuitement : nous pourrions dire qu’il s’agit pour l’homme de vivre de cet amour que Dieu seul peut lui communiquer, l’ayant créé à son image et à sa ressemblance. Certes les biens matériels sont utiles et nécessaires. D’ailleurs, Jésus lui-même a pris soin des malades, il a nourri les foules qui le suivaient et, sans aucun doute, il réprouve cette indifférence qui, aujourd’hui encore, condamne à mort des centaines de millions d’êtres humains faute de nourriture suffisante, d’eau et de soins. Cependant, la justice distributive ne rend pas à l’être humain tout ce qui lui est dû. L’homme a, en fait, essentiellement besoin de vivre de Dieu parce que ce qui lui est dû dépasse infiniment le pain. Saint Augustin observe à ce propos que « si la justice est la vertu qui rend à chacun ce qu’il lui est dû… alors il n’y a pas de justice humaine qui ôte l’homme au vrai Dieu» (De Civitate Dei XIX, 21)

D’où vient l’injustice?

L’évangéliste Marc nous transmet ces paroles de Jésus prononcées à son époque lors d’un débat sur ce qui est pur et ce qui est impur : « Il n’est rien d’extérieur à l’homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller… ce qui sort de l’homme voilà ce qui souille l’homme. Car c’est du dedans, du cœur des hommes que sortent les desseins pervers. » (Mc 7, 14-15 ; 20-21) Au-delà du problème immédiat de la nourriture, nous pouvons déceler dans la réaction des pharisiens une tentation permanente chez l’homme : celle de pointer l’origine du mal dans une cause extérieure. En y regardant de plus près, on constate que de nombreuses idéologies modernes véhiculent ce présupposé : puisque l’injustice vient du dehors, il suffit d’éliminer les causes extérieures qui empêchent l’accomplissement de la justice. Cette façon de penser, nous avertit Jésus, est naïve et aveugle. L’injustice, conséquence du mal,  ne vient pas exclusivement de causes extérieures ; elle trouve son origine dans le cœur humain où l’on y découvre les fondements d’une mystérieuse complicité avec le mal. Le psalmiste le reconnaît douloureusement : « Vois dans la faute je suis né, dans le péché ma mère m’a conçu. » (Ps 51,7). Oui, l’homme est fragilisé par une blessure profonde qui diminue sa capacité à entrer en communion avec l’autre. Naturellement ouvert à la réciprocité libre de la communion, il découvre en lui une force de gravité étonnante qui l’amène à se replier sur lui-même, à s’affirmer au-dessus et en opposition aux autres : il s’agit de l’égoïsme, conséquence du péché originel. Adam et Eve ont été séduits par le mensonge du Satan. En s’emparant du fruit mystérieux, ils ont désobéi au commandement divin. Ils ont substitué une logique du soupçon et de la compétition à celle de la confiance en l’Amour, celle de l’accaparement anxieux et de l’autosuffisance à celle du recevoir et de l’attente confiante vis-à-vis de l’autre (cf. Gn 3, 1-6) de sorte qu’il en est résulté un sentiment d’inquiétude et d’insécurité. Comment l’homme peut-il se libérer de cette tendance égoïste et s’ouvrir à l’amour ?

Justice et Sedaqah

Au sein de la sagesse d’Israël, nous découvrons un lien profond entre la foi en ce Dieu qui « de la poussière relève le faible » (Ps 113,7) et la justice envers le prochain. Le mot sedaqah, qui désigne en hébreux la vertu de justice, exprime admirablement cette relation. Sedaqah signifie en effet l’acceptation totale de la volonté du Dieu d’Israël et la justice envers le prochain (cf. Ex 20,12-17), plus spécialement envers le pauvre, l’étranger, l’orphelin et la veuve (cf. Dt 10, 18-19). Ces deux propositions sont liées entre elles car, pour l’Israélite, donner au pauvre n’est que la réciprocité de ce que Dieu a fait pour lui : il s’est ému de la misère de son peuple. Ce n’est pas un hasard si le don de la Loi à Moïse, au Sinaï, a eu lieu après le passage de la Mer Rouge. En effet, l’écoute de la Loi suppose la foi en Dieu qui, le premier, a écouté les cris de son peuple et est descendu pour le libérer du pouvoir de l’Egypte ( cf. Ex 3,8). Dieu est attentif au cri de celui qui est dans la misère mais en retour demande à être écouté : il demande justice pour le pauvre (cf. Sir 4,4-5. 8-9), l’étranger (cf. Ex 22,20), l’esclave (cf. Dt 15, 12-18). Pour vivre de la justice, il est nécessaire de sortir de ce rêve qu’est l’autosuffisance, de ce profond repliement sur-soi qui génère l’injustice. En d’autres termes, il faut accepter un exode plus profond que celui que Dieu a réalisé avec Moïse, il faut une libération du cœur que la lettre de la Loi est impuissante à accomplir. Y a-t-il donc pour l’homme une espérance de justice ?

Le Christ, Justice de Dieu

L’annonce de la bonne nouvelle répond pleinement à la soif de justice de l’homme. L’apôtre saint Paul le souligne dans son Épître aux Romains : « Mais maintenant sans la Loi, la justice de Dieu s’est manifestée…par la foi en Jésus Christ à l’adresse de tous ceux qui croient. Car il n’y a pas de différence : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie par le Christ Jésus. Dieu l’a exposé instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi. » (3, 21-25)

Quelle est donc la justice du Christ ? C’est avant tout une justice née de la grâce où l’homme n’est pas sauveur et ne guérit ni lui-même ni les autres. Le fait que l’expiation s’accomplisse dans « le sang » du Christ signifie que l’homme n’est pas délivré du poids de ses fautes par ses sacrifices, mais par le geste d’amour de Dieu qui a une dimension infinie, jusqu’à faire passer en lui la malédiction qui était réservée à l’homme pour lui rendre la bénédiction réservée à Dieu (cf. Gal 3, 13-14). Mais immédiatement pourrait-on objecter :  de quel type de justice  s’agit-il si le juste meurt pour le coupable et le coupable reçoit en retour la bénédiction qui revient au juste ? Est-ce que chacun ne reçoit-il pas le contraire de ce qu’il lui est dû ? En réalité, ici, la justice divine se montre profondément différente de la justice humaine. Dieu a payé pour nous, en son Fils, le prix du rachat, un prix vraiment exorbitant. Face à la justice de la Croix, l’homme peut se révolter car elle manifeste la dépendance de l’homme, sa dépendance vis-à-vis d’un autre pour être pleinement lui-même. Se convertir au Christ, croire à l’Évangile, implique d’abandonner vraiment l’illusion d’être autosuffisant, de découvrir et accepter sa propre indigence ainsi que celle des autres et de Dieu, enfin de découvrir la nécessité de son pardon et de son amitié.

On comprend alors que la foi ne soit pas du tout quelque chose de naturel, de facile et d’évident : il faut être humble pour accepter que quelqu’un d’autre me libère de mon moi et me donne gratuitement en échange son soi. Cela s’accomplit spécifiquement dans les sacrement de la réconciliation et de l’eucharistie. Grâce à l’action du Christ, nous pouvons entrer dans une justice « plus grande », celle de l’amour (cf. Rm 13, 8-10), la justice de celui qui, dans quelque situation que ce soit, s’estime davantage débiteur que créancier parce qu’il a reçu plus que ce qu’il ne pouvait espérer.

Fort de cette expérience, le chrétien est invité à s’engager dans la construction de sociétés justes où tous reçoivent le nécessaire pour vivre selon leur dignité humaine et où la justice est vivifiée par l’amour.

Chers frères et sœurs, le temps du carême culmine dans le triduum pascal,  au cours duquel cette année encore, nous célébrerons la justice divine, qui est plénitude de charité, de don et de salut. Que ce temps de pénitence soit pour chaque chrétien un temps de vraie conversion et d’intime connaissance du mystère du Christ venu accomplir toute justice. Formulant ces vœux, j’accorde à tous et de tout cœur ma bénédiction apostolique.

Cité du Vatican, le 30 octobre  2009

BENEDICTUS PP. XVI

Synode : le pape et la cohabitation juvénile
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Dans un entretien à La Nación, du 5 octobre 2014, le pape François fait cette déclaration étonnante relativement au Synode qui vient de commencer au Vatican :

Joaquím Morales (La Nación) – Qu’est-ce qu’il importe de tirer comme conclusion du Synode ?

Le Pape – La famille est un thème de très grande importance, un thème très cher à la société et à l’Église », dit-il, en ajoutant ceci : « On a beaucoup insisté sur la question des divorcés C’est un aspect qui sera sans doute débattu. Mais, pour moi, il y a un problème tout aussi important : ce sont les nouvelles habitudes actuelles de la jeunesse. La jeunesse ne se marie pas. C’est une culture de l’époque. Beaucoup de jeunes préfèrent cohabiter sans se marier. Qu’est-ce que l’Église doit faire? Les expulsez de son sein ? Ou, au contraire, les approcher, les retenir, et essayer de leur apporter la parole de Dieu? Je suis pour cette dernière position », dit-il. « Le monde a changé et l’Église ne peut pas s’enfermer dans des interprétations présumées du dogme. Nous devons aborder les conflits sociaux, les nouveaux et les anciens, et essayer de donner un coup de main de conseil, pas de stigmatisation ou seulement de contestation », dit le Pape.

Si le pape veut dire qu’il faut faire un plus grand effort pour prêcher la morale de l’Évangile aux jeunes qui cohabitent au lieu de se marier – « Heureux les cœurs purs » – il a mille fois raison. Mais alors pourquoi dit-il qu’il ne faut pas les exclure du sein de l’Église ? Jamais il n’a été question de rejeter du sein de l’Église les concubins ! On leur demande seulement, comme à tous les pécheurs, de sortir de leur péché grave pour retrouver l’état de grâce. Jamais, au grand jamais, l’Église n’a considéré les pécheurs comme exclus de son sein. Jusqu’à leur mort, ils font partie de l’Église. En fait, on comprend, ici encore, qu’il s’agit de la communion sacramentelle : un concubin (comme un fauteur de violence grave, comme un divorcé remarié, comme un voleur) en est, en effet, exclu, aussi longtemps qu’il ne se repent pas et qu’il ne sort pas de son péché. Ce n’est pas une « interprétation présumée du dogme » que de dire que l’état de grâce doit être retrouvé, lorsqu’il est perdu, pour accéder au sacrement de l’eucharistie. Il n’y a donc personne dans l’entourage du pape qui puisse le tirer par la manche de la soutane et l’avertir quand il dit des choses pour le moins très peu claires ?

Le Pape demande que l’on prie pour lui
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 pape

Le Pape a récemment demandé aux fidèles qui l’entouraient, le 4 mai dernier, à Sainte-Marie Majeure de prier pour lui et de réciter 3 Ave à ses intentions. Nous relayons bien volontiers sa demande et vous invitons, chers amis de Riposte catholique, à prier pour lui.

Le pape François et la “dictature du relativisme”
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PapaCDRecevant aujourd’hui, 22 mars, le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le pape François a prononcé un discours préparé, sans jamais se permettre une ce ces digressions auxquelles sont tout nouveau pontificat nous avait déjà habitué… Première remarque, le discours a été prononcé en italien alors que la langue utilisée par les Souverains Pontifes quand ils reçoivent le corps diplomatique est toujours le français, ce qui a constitué comme un “mini scandale”… On murmure, dans les couloirs du Vatican, que si le nouveau pape comprend le français (et l’anglais) il ne se sent pas suffisamment familiarisé avec cette langue pour se lancer dans la lecture d’un discours écrit en cet idiome. Dont acte. Mais il y a, dans son discours, une phrase particulièrement intrigante qui semblerait montrer à la fois un recentrage sur la question de la “pauvreté“, chère au pape mais réduite à la pauvreté matérielle par tant de médis et de clercs, et un rappel, tout sauf discret, de la pensée de son prédécesseur Benoît XVI. La voici en italien : « Ma c’è anche un’altra povertà! È la povertà spirituale dei nostri giorni, che riguarda gravemente anche i Paesi considerati più ricchi. È quanto il mio Predecessore, il caro e venerato Benedetto XVI, chiama la ‘dittatura del relativismo’ ». En français : « Mais il existe une autre pauvreté ! C’est la pauvreté spirituelle de notre époque qui afflige d’une manière particulièrement sévère les pays que l’on considère comme les plus riches. Et c’est ce que mon prédécesseur, le cher et vénéré Benoît XVI, a appelé la “dictature du relativisme” ».

Intéressant.

 

Benoît XVI et le « Concile des médias »
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Jeudi 14 février dernier, le pape Benoît XVI recevait le clergé romain, les prêtres de son diocèse, « il mio clero » comme il le précise avec affection au début du discours improvisé qu’il leur a tenu. Un lecteur de Riposte Catholique (merci J. C.) a traduit les deux derniers paragraphes des propos du pape où il aborde la question du « Concile des médias » qu’il oppose au « Concile des Pères », proposant ainsi une autre clé d’interprétation de la mauvaise réception de Vatican II.

pope_priests_of_rome-200x200« Je voudrais maintenant ajouter encore un troisième point : il y avait le Concile des Pères – le vrai Concile –, mais il y avait aussi le Concile des médias. C’était presque un Concile en soi, et le monde a perçu le Concile à travers eux, à travers les médias. Si bien que le Concile qui est efficacement arrivé jusqu’au peuple a été celui des médias, non pas celui des Pères. Et tandis que le Concile des Pères se déroulait à l’intérieur de la foi et était un Concile de la foi qui cherche l’intellectus, qui cherche à se comprendre et cherche à comprendre les signes de Dieu à ce moment, qui cherche à répondre au défi de la foi en ce moment et de trouver dans la Parole de Dieu la parole pour aujourd’hui et pour demain, tandis donc que tout le Concile – comme je viens de le dire – avançait à l’intérieur de la foi, en tant que fides quaerens intellectum, le Concile des journalistes ne s’est naturellement pas réalisé dans la foi, mais à l’intérieur des catégories des médias d’aujourd’hui, c’est-à-dire à l’extérieur de la foi, avec une herméneutique différente. C’était une herméneutique politique : pour les médias, le Concile était une lutte politique, une lutte de pouvoir entre différents courants dans l’Église. Il était évident que les médias auraient pris position pour la partie qui leur apparaissait la plus conforme avec leur monde. Il y avait ceux qui cherchait la décentralisation de l’Église, le pouvoir pour les évêques et ensuite, à travers la “Parole de Dieu”, le pouvoir du peuple, des laïcs. Il y avait cette triple question : le pouvoir du Pape, ensuite transféré au pouvoir des évêques et au pouvoir de tous, souveraineté populaire. Naturellement, pour eux c’était celle dernière la partie à approuver, à promulguer, à favoriser.
Et ainsi aussi de la liturgie : la liturgie n’était pas intéressante en tant qu’acte de la foi, mais comme une chose où se font des choses compréhensibles, des activités de la communauté, une chose profane. Et nous savons qu’il y avait une tendance, qui avait des fondements historiques aussi, à dire : la sacralité est une chose païenne, éventuellement aussi dans l’Ancien Testament. Dans le Nouveau, seul vaut le fait que le Christ soit mort dehors : c’est-à-dire en dehors des portes, c’est-à-dire dans le monde profane. En finir donc avec la sacralité, caractère profane aussi du culte : le culte n’est pas culte, mais un acte fait ensemble, participation commune, et ainsi aussi participation comme activité. Ces traductions, banalisations de l’idée du Concile, ont été virulentes dans la pratique des applications de la Réforme liturgique ; celles-ci étaient nées dans une vision du Concile prise en-dehors de sa propre clef, de la foi. Et de même pour la question de l’Écriture : l’Écriture est un livre, historique, à traiter historiquement et rien d’autre, et ainsi de suite.
Nous savons comment ce Concile des médias fut accessible à tous. Par conséquent, il fut dominant, le plus influent, et il a provoqué tant de calamités, tant de problème, réellement tant de misères : séminaires fermés, couvent fermés, liturgie banalisée… et le vrai Concile a eu des difficultés à se concrétiser, à se réaliser ; le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel. Mais la force réelle du Concile était présente, et peu à peu, elle se réalise toujours plus, et elle devient la vraie force qui est aussi la vraie réforme, la vraie rénovation de l’Église. Il me semble que, 50 ans après le Concile, nous voyons comment ce Concile virtuel se brise, se perd, et apparaît le vrai Concile avec toute sa force spirituelle. Et c’est notre devoir, justement en cette année de la foi, en commençant par cette année de la foi, de travailler pour que le vrai Concile, avec sa force qui lui vient de l’Esprit Saint, se réalise et que l’Église soit réellement rénovée.
Espérons que le Seigneur nous y aide. Moi, retiré dans la prière, je serai toujours avec vous, et ensemble avançons avec le Seigneur dans cette certitude : Christ est vainqueur ! Merci. »

 

Une nouvelle “appli” Apple pour suivre Benoît XVI…
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Mgr Claudio Maria Celli, l’archevêque président du Conseil pontifical pour les communications sociales, a annoncé le 5 décembre le lancement d’une nouvelle “appli” pour Smartphones, baptisée « The Pope » dans sa version anglaise. Elle devrait être soumise la semaine prochaine à Apple pour validation et serait disponible gratuitement d’ici à la fin de l’année. Une version pour Androïd est en cours de développement. Cette “appli” permettra à tous ceux qui disposent d’un iPhone ou d’un iPad de suivre en temps réel les discours et les homélies de Benoît XVI, de voir ce qui se passe au Vatican ou à Castelgandolfo grâce à plusieurs webcams, et de se connecter à différents services du Saint-Siège, site internet, Radio Vatican et à www.va.news le site d’informations du Vatican.

Le Concile n’a rien produit de nouveau
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Grâce à Jean Madiran, qui en parlait récemment dans Présent, mon attention est attirée sur un passage de l’homélie de Benoît XVI pour l’ouverture de l’année de la foi, le 11 octobre dernier:

Le Concile n’a rien produit de nouveau en matière de foi et n’a pas voulu en ôter ce qui est antique. Il s’est plutôt préoccupé de faire en sorte que la même foi continue à être vécue dans l’aujourd’hui, continue à être une foi vivante dans un monde en mutation.

Cela n’a l’air de rien, mais, si l’on se souvient des débats des dernières décennies, ce n’est pas du tout négligeable!

La solennité du Christ-Roi, couronnement de l’année liturgique
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Le Pape a créé, samedi 24, 6 nouveaux cardinaux et a concélébré avec eux la messe dominicale du lendemain (qui se trouvait être, dans le missel de Paul VI, la solennité du Christ-Roi). La première phrase de l’homélie pontificale était la suivante:

La solennité du Christ-Roi de l’univers – couronnement de l’année liturgique – s’enrichit aujourd’hui de l’accueil dans le Collège cardinalice de six nouveaux Membres que, selon la tradition, j’ai invités à concélébrer avec moi l’Eucharistie, ce matin.

En ces temps de laïcisme agressif, il est jubilatoire de voir le pontife romaine affirmer sereinement que la solennité du Christ-Roi (que tant que de catholiques timides aimeraient passer par pertes et profits) est le couronnement de l’année liturgique.

NB: voir texte intégral de cette homélie sur le site de La Croix.

Aucun geste de bonté n’est dénué de sens
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Commentant l’évangile de l’obole de la veuve, dimanche dernier, Benoît XVI a déclaré, citant l’un de ses plus illustres prédécesseurs:

Pour Dieu, disait saint Léon Le Grand, aucun geste de bonté n’est dénué de sens. Devant lui, aucune miséricorde n’est privée de fruits.

Musique sacrée et évangélisation
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Recevant les membres de l’association musicale italienne Santa Cecilia, en congrès à Rome, Benoît XVI leur a rappelé la fonction de la musique sacrée:

La musique sacrée peut favoriser la foi et contribuer à la nouvelle évangélisation… A propos de la foi, on pense spontanément à la vie de saint Augustin…dont la conversion est certainement due en grande partie à l’écoute du chant des psaumes et des hymnes dans les liturgies présidées par saint Ambroise. Si, en effet, la foi naît toujours de l’écoute de la parole de Dieu, d’une écoute des sens qui passe aussi par l’esprit et le cœur, il ne fait aucun doute que la musique et surtout le chant donnent à la lecture des psaumes et des cantiques bibliques une plus grande force communicative.

Le Pape prie pour les chrétiens persécutés
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Lors de l’Angélus d’hier, le Pape a salué des pèlerins polonais priant spécialement ce jour pour les chrétiens persécutés:

Je m’unis aussi en ce jour aux prières que vous offrez dans le cadre de la Journée de solidarité à l’Eglise persécutée, à l’initiative de l’association Aide à l’Eglise qui souffre, en faveur des chrétiens d’Egypte.

Comme vous le savez, à Riposte catholique, nous sommes, grâce au blogue associé Observatoire de la christianophobie, particulièrement sensibles à cette cause des chrétiens persécutés. Et nous sommes heureux de prier (même avec un jour de retard) en union avec le pontife romain à cette intention.

Il est beau d’être une personne âgée
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Visitant ce matin une résidence de personnes âgées dirigée par la communauté Sant’Egidio, le Pape a déclaré:

A un certain âge, il arrive que l’on se retourne vers le passé, en regrettant sa jeunesse, du temps où l’on profitait de forces fraîches, où l’on faisait des projets pour l’avenir. C’est ainsi que parfois le regard se voile de tristesse, considérant cette phase de la vie comme le temps du déclin. Ce matin, en m’adressant à toutes les personnes âgées, conscient des difficultés que comporte notre âge, je voudrais vous dire avec une conviction profonde: il est beau d’être une personne âgée! Il faut, à tout âge, savoir découvrir la présence et la bénédiction du Seigneur et les richesses qu’il contient. Il ne faut jamais se laisser emprisonner par la tristesse! Nous avons reçu le don d’une longue vie. Il est beau de vivre à notre âge aussi, malgré nos petits ennuis de santé et nos limites. Que nos visages reflètent toujours la joie de nous sentir aimés de Dieu, jamais la tristesse!

Du “mariage pour tous” au droit de célébrer un authentique mariage
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Un lecteur, que je remercie vivement, attire mon attention sur un texte du Pape, datant de début 2011 (et dont nous avions déjà parlé ici), mais qui prend une saveur particulière dans le contexte actuel de combat contre la dénaturation du mariage:

Personne ne peut vanter le droit à une cérémonie nuptiale. Le ius connubii se réfère, en effet, au droit de célébrer un authentique mariage. On ne nierait donc pas le ius connubi là où il apparaîtrait évident que ne subsistent pas les prémisses pour son exercice, c’est-à-dire si manquait de façon évidente la capacité demandée pour se marier, ou bien si la volonté se fixait un objectif qui est en opposition avec la réalité naturelle du mariage.

Ce qui remet nettement à sa place la revendication du prétendu “mariage pour tous”!

Désir de Dieu
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Lors de l’audience générale du 7 novembre, Benoît XVI a évoqué le désir de Dieu:

Chers frères et sœurs, « le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme a été créé par Dieu et pour Dieu », nous dit Le Catéchisme de l’Église catholique. Ce désir se manifeste de diverses manières. Par leur amour réciproque, l’homme et la femme expérimentent la grandeur et la beauté de la vie. C’est un exode permanent vers un don de soi, vers une découverte de soi-même et de Dieu. Chaque désir du cœur humain fait écho à un désir fondamental qui, jamais pleinement satisfait, cache un mystère. « L’homme passe infiniment l’homme », disait Pascal. L’homme est profondément un être religieux et le sens religieux de la vie montre que la foi n’est pas absurde et irrationnelle, si nous apprenons le goût des joies authentiques et désirons toujours un bien plus profond. Chers amis, le dynamisme du désir est toujours ouvert à la rédemption. L’étincelle, qui lui permet de reconnaître et de goûter le bien véritable, ne s’éteint jamais dans le cœur humain, même dans l’abîme du péché. L’ouverture du désir humain vers Dieu est le signe de la présence de la foi. Nous avons tous besoin de purifier notre désir. Dans notre pèlerinage, sentons-nous frères de tous les hommes et prions pour que Dieu montre son visage à ceux qui le cherchent avec un cœur sincère.

Science et foi
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Ce matin, le Pape a adressé un message aux membres de l’académie pontificale des sciences réunis en session plénière. Je lis notamment dans ce message très riche cette remarque:

 Une telle approche interdisciplinaire de la complexité montre également que les sciences ne sont pas des mondes intellectuels déconnectés les uns des autres ou déconnectés de la réalité, mais plutôt qu’ils sont reliés entre eux et orientés vers l’étude de la nature comme une réalité unifiée, intelligible et harmonieuse dans son incontestable complexité . Une telle vision offre des points de contact féconds avec la vision de l’univers choisie par la philosophie et la théologie chrétiennes, avec sa notion de l’être participé, dans lequel chaque créature personnelle est dotée d’une perfection propre et partage également un caractère spécifique et ce, dans un cosmos ordonné originaire de la Parole créatrice de Dieu.

Amour de Dieu et amour du prochain sont indissociables
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Dans le message pontifical de l’Angélus d’avant-hier, je lis encore:

L’amour de Dieu et celui du prochain sont indissociables “car ils agissent réciproquement. Jésus n’a inventé ni l’un ni l’autre mais a révélé qu’il sont un seul commandement. Il l’a démontré dans les faits comme par sa parole. Sa personne et son mystère incarnent l’unité de l’amour de Dieu et de celui du prochain, comme des deux poutres de la croix. Il nous offre ce double amour dans l’Eucharistie, où il se donne lui même afin que, nourris de ce pain nous nous aimions les uns les autres comme il nous a aimés.

Le commandement de l’amour
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Lors de l’Angélus de dimanche dernier, Benoît XVI a expliqué ce qu’était le commandement de l’amour:

Le commandement de l’amour ne peut être vécu que dans une profonde relation avec Dieu, tels des enfants qui apprennent à aimer dans leur rapport avec leurs pères et leurs mères… L’amour n’est pas une imposition mais un don, une réalité que Dieu nous révèle à l’instar d’une graine qui doit germer en nous et faire grandir notre vie.

La foi réponse à l’individualisme moderne
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Toujours dans la catéchèse pontificale d’hier (déjà évoquée ici et ), nous lisons encore:

Dans un monde où l’individualisme semble régler les rapports entre les personnes, en les rendant toujours plus fragiles, la foi nous appelle à être Peuple de Dieu, à être Eglise, porteurs de l’amour et de la communion de Dieu pour tout le genre humain.

Ma foi n’est pas le résultat de ma réflexion solitaire
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Dans la catéchèse sur l’aspect ecclésial de la foi, dont nous parlions hier, le Pape dit encore:

Ma foi, n’est pas le résultat de ma réflexion solitaire, ce n’est pas le projet de ma pensée, mais c’est le fruit d’une relation, d’un dialogue, dans lequel il y a une écoute, une réception et une réponse ; c’est la communication avec Jésus qui me fait sortir de mon « moi » enfermé sur lui-même pour m’ouvrir à l’amour de Dieu le Père.

Le Pape défend les migrants contre l’immigrationnisme
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En matière d’immigration, un certain discours ecclésial s’est souvent inscrit à l’unisson d’une vision à la fois idéaliste et fataliste du phénomène migratoire. Malheur à ceux qui osent remettre en cause les mouvements de population!

Il est vrai que l’Église appelle au respect des étrangers, tout en demandant à ces derniers de respecter le pays d’accueil. Ce n’est pas tant sur l’aspect migratoire du phénomène que l’Eglise se concentre que sur la dignité des migrants. Le respect de cette dernière est parfaitement normal. La charité et la justice ne sont pas optionnelles et concernent tous les hommes.

 Pourtant, les conséquences négatives de l’immigration ne sont guère soulignées (déracinement des populations, individus perdus dans leur pays d’accueil, exploitation des êtres humains, etc.) par ses promoteurs. L’immigration reste un problème en ce sens qu’elle se traduit par une rupture entre l’homme et le territoire où il a ses racines. En soi, elle peut être même dramatique.

 Avant de se demander si elle devrait être choisie par le pays d’accueil, il faut réfléchir à son caractère subi par le migrant lui-même. Si l’immigration n’est guère souhaitée et semble être vécue sous la contrainte par l’intéressé, ne faudrait-il pas logiquement faire en sorte que ce dernier ne soit pas dans l’obligation de quitter son pays ? Ne faut-il pas tout faire pour qu’un individu reste sur le sol natal et que ses conditions de vie soient positives ?

 On peut concevoir une immigration de travail (expatriés), religieuse, ou touristique, dont la caractéristique est d’ailleurs d’être temporaire.

 Les propos de Benoît XVI, dans son message du 12 octobre 2012 pour la 99ème Journée mondiale des migrants et réfugiés 2013, dont nous avons parlé hier et avant-hier, tranchent avec une certaine « béatitude » : « Avant le droit d’émigrer, il faut réaffirmer le droit ne pas émigrer, c’est-à-dire d’être en condition de demeurer sur sa propre terre. » Citons la phrase dans on intégralité, elle mérite d’être analysée :

Dans le contexte sociopolitique actuel, cependant, avant même le droit d’émigrer, il faut réaffirmer le droit de ne pas émigrer, c’est-à-dire d’être en condition de demeurer sur sa propre terre, répétant avec le Bienheureux Jean-Paul II que « le droit primordial de l’homme est de vivre dans sa patrie : droit qui ne devient toutefois effectif que si l’on tient constamment sous contrôle les facteurs qui poussent à l’émigration » (Discours au IVème Congrès mondial des Migrations, 1998)

Le droit d’émigrer ne devrait-il finalement pas être vu comme une exception au droit fondamental qu’a l’homme de vivre là où il est ? L’immigration peut être un drame, car elle contredit la perspective selon laquelle nous devons vivre sur la terre qui nous a vus naître,  sur celle de nos ancêtres…En soi, le droit d’émigrer ne devrait être lié qu’à des conditions objectives soit de nature dramatique (famine, guerre…), soit de nature optimiste (tourisme, nécessités professionnelles…).

 Il ne saurait être un droit désincarné, sous peine de perdre toute signification. Il doit répondre à des exigences qui rendent impossibles la vie sur son propre sol.

 Le déracinement est aussi une atteinte à la dignité de l’homme.

La foi de l’Eglise précède notre foi
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Benoît XVI, dans son audience de ce matin, a poursuivi sa catéchèse sur la foi, insistant sur son caractère ecclésial:

Le Catéchisme de l’Eglise catholique résume clairement la foi en disant que croire est un acte ecclésial. La foi de l’Eglise précède, entretient et soutient notre foi, car elle est la Mère de tous les croyants…  Depuis toujours l’Eglise est un espace de foi et de transmission de la foi… C’est au sein de la communauté ecclésiale que la foi de chacun grandit et mûrit.

 
Défendons le droit à demeurer dans sa patrie!
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Nous avons parlé hier du message pontifical pour la journée des migrants. Nous y lisons également ces quelques lignes, fondamentales:

Dans le contexte sociopolitique actuel, cependant, avant même le droit d’émigrer, il faut réaffirmer le droit de ne pas émigrer, c’est-à-dire d’être en condition de demeurer sur sa propre terre, répétant avec le Bienheureux Jean-Paul II que « le droit primordial de l’homme est de vivre dans sa patrie.

Sainteté et rédemption
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Lors de la messe de canonisation d’hier, Benoît XVI a rappelé que la sainteté découlait toujours de la Rédemption, oeuvre du seul Saint:

La sainteté dans l’Eglise a toujours sa source dans le mystère de la Rédemption… La canonisation d’aujourd’hui représente une confirmation éloquente de cette mystérieuse réalité salvifique. La tenace profession de foi de ces sept généreux disciples du Christ, leur conformation au Fils de l’Homme resplendit aujourd’hui dans toute l’Eglise.

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