Relations avec les Etats

Cardinal Zen : le Vatican ne nous écoute pas
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L’accord qu’on disait imminent entre le Saint-Siège et la Chine communiste sur le choix des évêques, est bloqué. « Et c’est très bien » a commenté le cardinal Joseph Zen, archevêque émérite de Hong Kong. « Je devine que l’accord sur le choix des évêques est prêt, mais qu’il n’a pas été signé. Je pense que le gouvernement veut que le Saint-Siège accorde tout. Pas seulement sur le choix des évêques mais sur d’autres choses afin de contrôler l’Église. Mais ces autres choses sont impossibles. Donc le gouvernement a refusé de signer. Et donc pour moi c’est très bien ainsi ». Le cardinal critique les responsables du Vatican qui veulent un accord « à n’importe quel prix » et qui ne veulent pas écouter les prélats chinois : « Comment peuvent-il croire connaître la situation mieux que moi ? Mieux que l’archevêque Savio Hon Tai-Fai qui est le n° 2 de la Congrégation pour l’évangélisation ? Nous sommes Chinois ! Nous sommes en Chine depuis tant d’années, nous enseignons dans les séminaires, nous y passons six mois par an et nous voyons ce qui s’y passe de nos propres yeux. Ils ne nous croient pas. Ils ne nous écoutent pas. C’est horrible ».

L’intolérance religieuse en Europe inquiète le saint Siège
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Lors de la session de l’OSCE, Mgr Urbanczyck, représentant permanent du Saint-Siège, à la 1 089e Réunion du Conseil permanent de l’OSCE, est intervenu rapidement sur les axes des travaux du comité, soulignant les points importants pour le Vatican.

Si Zenith titre “le Saint-Siège fustige la discrimination contre les femmes”, nous peinons à voir dans le texte ci-dessous, plus qu’une préoccupation soulignée du prélat.

En revanche, il insiste nettement sur un point passé inaperçu, mais qui pourrait inspirer les gouvernements européens et particulièrement français :

En ce qui concerne plus particulièrement l’intolérance religieuse, ma délégation considère que toute forme d’intolérance et de discrimination religieuses doit être soigneusement identifiée et traitée, évitant toute sélectivité inappropriée ou partialité hiérarchique

 

Intervention de Mgr Urbanczyk

Monsieur le Président,

Le Saint-Siège félicite les ambassadeurs Cristian Istrate, Andreas Papadakis et Katja Pehrman pour leur nomination en tant que Présidents des trois Comités du Conseil permanent. Il les remercie d’avoir exposé les grandes lignes de notre travail de cette année. Je tiens à assurer mes collègues du soutien de la délégation du Saint-Siège qui, conformément à sa nature spécifique, cherche à contribuer de manière constructive au travail des trois Comités.

En ce qui concerne les aspects non militaires de la sécurité traités par le Comité de la sécurité, le Saint-Siège apprécie les efforts de l’OSCE, d’une part, pour renforcer la coordination et la cohérence dans la lutte contre les menaces transnationales, y compris la lutte contre le terrorisme, la radicalisation de la jeunesse et le trafic de drogue transfrontalier et, d’autre part, pour promouvoir des mesures dans le domaine de la sécurité informatique, notamment à travers le développement de mesures de confiance. De même, nous appuyons les efforts pour lutter contre le fléau de la traite des êtres humains et ses liens avec la migration, ainsi que pour faire face aux grands défis liés à la sécurité. Toutes ces questions ont une valeur intrinsèque en tant que contribution à la protection des droits des êtres humains.

Le Saint-Siège apprécie également le choix des préoccupations environnementales, le climat, les migrations de travail, la gouvernance de l’eau et la réduction des risques de catastrophes comme principaux sujets du Comité économique et environnemental, en particulier parce que ces questions sont étroitement liées et interdépendantes. Par conséquent, nous sommes heureux de voir que le thème du Forum économique et de l’environnement de l’OSCE de cette année est « Le renforcement de la stabilité et de la sécurité par une coopération sur la bonne gouvernance ». Tous ces sujets sont d’une importance fondamentale pour le développement durable, la sécurité et les droits de l’homme dans la zone de l’OSCE.

En outre, ma délégation souhaiterait voir une plus grande attention accordée à la question de l’utilisation responsable des ressources et de leur distribution, et à la lutte contre leur utilisation non contrôlée dans une course effrénée pour le profit. Nous espérons que ce travail contribuera à mettre un terme, le plus rapidement possible, aux exclusions sociales et économiques dans la région de l’OSCE.

En ce qui concerne le Comité de la dimension humaine, ma délégation se déclare prête à apporter sa contribution à la poursuite des objectifs communs et au respect des engagements, convenus par consensus, de l’Organisation. Il ne faudrait pas que nous cherchions à tout régler car une telle approche aboutirait très probablement à n’accomplir que très peu, ou même rien du tout.

En outre, ma délégation est convaincue que le Comité de la dimension humaine restera le principal forum où sont préparées les réunions sur la dimension humaine, et qu’il veillera à ce que leur ordre du jour reflète les points de convergence de tous les États participants.

Dans ce contexte, ma délégation se félicite des initiatives prévues dans le domaine de la liberté d’expression et des médias, et dans la réflexion sur la façon d’assurer l’accès à une information indépendante en temps de crise. Comme tous les droits de l’homme, la liberté d’expression est un droit avec des responsabilités et des devoirs correspondants. À cet égard, il est important de souligner que chaque personne, surtout s’il ou elle est un professionnel des médias, doit exercer de manière responsable sa liberté d’expression.

L’accent mis sur le droit à l’éducation des minorités nationales et sur la participation des Roms et des Sinté à la vie publique est également bien accueilli par ma délégation. Cette insistance, nous l’espérons, facilitera la pleine intégration de ces groupes dans la vie des sociétés et sera la suite logique d’un événement et d’engagements précédents.

Nous sommes très heureux que la tolérance et la non-discrimination soient parmi les priorités de la troisième dimension. Dans cette perspective, nous sommes d’accord pour dire qu’il y a une nécessité de renforcer la discussion sur les moyens de lutter contre la discrimination, le racisme, la xénophobie et l’intolérance – en particulier à la lumière de la crise migratoire actuelle. Il est nécessaire de s’occuper de politiques et de stratégies en vue de traiter les causes profondes de l’intolérance et de la discrimination, conformément aux engagements des États participants.

En ce qui concerne plus particulièrement l’intolérance religieuse, ma délégation considère que toute forme d’intolérance et de discrimination religieuses doit être soigneusement identifiée et traitée, évitant toute sélectivité inappropriée ou partialité hiérarchique. Dans ce contexte, la promotion des engagements de l’OSCE, à travailler pour mettre fin à l’intolérance et à la discrimination basées sur des motifs religieux, demeure une priorité et le Saint-Siège attend avec impatience la nomination des deux derniers Représentants personnels du président en exercice sur Intolérance et Discrimination, et leur participation active à la fois au Conseil Permanent et au Comité de la dimension humaine.

Nous saluons l’accent mis par la présidence sur la fin de la discrimination contre les femmes. Le Saint-Siège est convaincu que toute idéologie ou politique sociale, toute culture qui domine les femmes, qui les relègue à un statut de seconde catégorie, ou comme « moins que des êtres humains », est totalement inacceptable. Par conséquent, ma délégation continue de soutenir les engagements basés sur, et visant à une véritable et authentique égalité entre les femmes et les hommes, qui doivent encore être soigneusement mis en œuvre.

Enfin, nous sommes convaincus que les résultats des réunions du Comité de la dimension humaine nous aideront à mieux comprendre les exigences et les défis de la mise en pratique des engagements sur la dimension humaine ainsi qu’à préparer correctement les décisions pertinentes pour le prochain Conseil ministériel.

En conclusion, Monsieur le Président, ma délégation renouvelle ses meilleurs vœux et réaffirme son soutien aux trois présidents de Comité ainsi que sa volonté de contribuer de manière constructive au travail des Comités cette année.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

 

source Zénith

Pape François, une main tendue vers la Chine diversement reçue
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A l’occasion du Nouvel an chinois, le pape François vient d’accorder un entretient exclusif à ASIA TIMES. Bien que le contenu soit essentiellement un éloge de la culture et de la sagesse millénaire de la Chine, il ne fait pas l’unanimité ni auprès du gouvernement, ni semble-t-il de la hiérarchie ecclésiale locale.

Considérée comme manquant d’ouverture et de flexibilité, ou encore intrusive dans une Église qui “a formé son propre système” (sic) cette main tendu est diversement appréciée comme le détaille cet article de Église d’Asie.

Cependant, il semblerait qu’un “tournant historique” se négocie avec la nomination par le Saint-Siège de trois évêques sur proposition du gouvernement. C’est en tout cas ce qu’annonçait le Courrier du soir du 30 janvier dernier.

 

Un réchauffement sans langue de bois si l’on en juge le rappel du Saint Père sur la position romaine quant à la politique de l’enfant unique. Un rappel qui n’est pas sans conséquence politique à l’heure où les Chinois semblent remettre en cause le modèle défini par le régime communiste entre 1979 et 2015.

 

On pourra s’amuser à comparer le ton employé par le courrier international et Le Monde pour traiter de cette affaire bien plus significative politiquement et spirituellement que ne comprend leur rictus un rien naïf.

 

Ajoutons cette information d’un lecteur. Marc Fromager, lors de la nuit des témoins de Rennes, a annoncé que 20 000 à  30 000 chinois se convertissaient chaque mois . Si ce phénomène se poursuivait la Chine pourrait être le plus grand pays catholique à l ́ horizon 2025. Un beau signe d ́ Espérance. 

Le pape invite le Président chinois au Vatican
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Églises d’Asie, l’agence d’information des Missions étrangères de Paris, vient de mettre en ligne une information de grand intérêt : selon le site argentin Infobae, le pape François a invité, par lettre, le Président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, à se rendre au Vatican. Voici un extrait de la dépêche d’Églises d’Asie.

« Le site argentin en question, Infobae, indique que, lors d’une rencontre le 3 septembre dernier à la Maison Sainte-Marthe, lieu de résidence du Saint-Père au Vatican, le pape François s’est longuement entretenu avec deux émissaires argentins. L’entretien s’est déroulé en présence du secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin, et du secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti. Toujours selon le site d’information, le pape a remis aux deux émissaires argentins une lettre signée de sa main, une lettre officielle cachetée à la cire, à charge pour les deux hommes de la remettre en main propre aux plus hautes autorités chinoises – ce qui a été fait trois jours plus tard par les deux émissaires qui ont remis la lettre à un proche collaborateur du président chinois. Les deux émissaires en question sont Ricardo Romano, présenté comme membre du péronisme, mouvement politique majeur de la scène politique argentine, et José Luján, présenté comme « représentant » de l’Académie chinoise des sciences auprès du Mercosur, l’Académie des Sciences étant une institution centrale placée directement sous la supervision du gouvernement chinois. Une photo atteste de la réalité de la rencontre du 3 septembre à Sainte-Marthe. Si le contenu de la lettre n’est pas connu, Ricardo Romano a confié à Infobae qu’au cours de la discussion, avait été souligné la nécessité pour le Saint-Siège d’établir des relations avec Pékin « de manière à contribuer à la marche des affaires d’un monde multipolaire, à garantir le plus haut degré de gouvernance [des affaires mondiales] et à contribuer à l’émergence d’une société planétaire fraternelle où l’équité sociale soit plus grande ». Toujours selon la même source, le pape François a déclaré : « Je suis un médecin généraliste. J’ai dit que je souhaitais me rendre en Chine [populaire] mais, pour tout ce qui touche à l’Asie, c’est le cardinal Parolin qui est le chirurgien », allusion sans doute à la longue expérience du secrétaire d’Etat dans la gestion des dossiers asiatiques, chinois et vietnamien en particulier. »

Sur la photo (de gauche à droite) : Mgr Pietro Parolin, secrétaire d’État, José Luján, le pape François, Ricardo Romano, une personne non identifiée, et Mgr Dominique Mamberti.
Sur la photo (de gauche à droite) : Mgr Pietro Parolin, secrétaire d’État, José Luján, le pape François, Ricardo Romano, une personne non identifiée, et Mgr Dominique Mamberti.
Le pape à Ban Ki-moon : résistez à la « culture de mort »
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Comme on l’avait annoncé ici, le pape François a reçu hier au Vatican Ban Ki-moon secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies et tous les directeurs de ses agences à l’occasion de leur réunion annuelle qui se tient à Rome sur le thème des buts futurs pour un développement durable. Le pape leur a déclaré que, travaillant à ces buts, l’organisation devrait y inclure « la protection appropriée de la famille qui est un élément essentiel de tout développement humain et social durable (…) De manière spécifique, cela implique de contester toutes les formes d’injustice, de résister à “l’économie d’exclusion”, à la “culture du déchet” et à la “culture de mort” qui, de nos jours comme on le constate avec tristesse, risquent d’être passivement acceptées ». Un appel du pape qui contredit sans ambigüité l’idéologie hégémonique et les pratiques constantes des agences de l’ONU…

Le Pape reçoit le président libanais, Michel Sleiman
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sleiman + pape 

Le Pape a reçu hier le président libanais, Michel Sleimain. Dans le communiqué publié par le salle de presse au sujet de cette rencontre, on lit notamment:

Elles [les parties, c’est-à-dire le saint-siège et le président libanais] ont enfin rappelé la délicate situation des chrétiens du Proche et Moyen Orient, et le rôle qu’ils peuvent y jouer, comme l’a mis en évidence l’exhortation post-synodale Ecclesia in Medio Oriente, document clef pour les communautés catholiques et les sociétés de la région.

Une nouvelle occasion de prier pour nos frères chrétiens d’Orient.

Mme Taubira doit avoir quelques lacunes en droit…
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Lisant ce matin le compte rendu des débats sur le prétendu “mariage pour tous” au Sénat, je suis tombé en arrêt devant ce morceau de bravoure de “notre” inénarrable Garde des Sceaux, Christiane Taubira (vous savez, l’antiesclavagiste qui veut obliger les femmes pauvres à louer leurs ventres !) :

En 1787 avait été reconnu le pluralisme religieux, et donc le mariage des Juifs et des protestants – ceux du moins qui n’avaient pas été contraints à l’exil – et que leurs enfants cessèrent d’être tenus pour des bâtards.

Passons sur le révisionnisme historique (qui, il est vrai, se “marie” bien, c’est le cas de le dire, avec la défense du mariage révisionniste, comme disent les Américains). Je ne sais pas si Mme Taubira a eu l’occasion de lire d’autres livres d’histoire que ceux de la propagande, mais imaginer que la France de Louis XVI contraignait les Juifs et les protestants à l’exil, c’est faire preuve d’un admirable esprit romanesque!

Passons aussi sur le fait que l’édit de tolérance de 1787 n’est aucunement la reconnaissance du pluralisme religieux, puisque la France est restée, à ce moment-là, un État catholique.

Ce qui m’a le plus sidéré, dans cette phrase ahurissante, c’est l’idée qu’avant 1787, les enfants de parents non catholiques étaient tenus pour des bâtards. Ah, il est loin le temps des docteurs in utroque jure (en l’un et l’autre droit, c’est-à-dire en droit romain et en droit canonique) ! On pensait tout de même pouvoir attendre du Garde des Sceaux de la France (car, qu’elle le sache ou non, Mme Taubira occupe un poste prestigieux, qui possède une histoire millénaire) qu’il évite de raconter n’importe quoi sur un sujet de droit qui ressortissait voici à peine un demi-siècle à la culture générale moyenne.

Non, Madame le Garde des Sceaux (dans le cas fort improbable où vous, qui représentez dans cette affaire une belle brochette de menteurs, souhaiteriez rétablir la vérité), l’Église catholique, et donc la France d’Ancien Régime dont le droit matrimonial devait à peu près tout au droit canonique, n’a jamais tenu les enfants de parents non-catholiques pour des bâtards. Figurez-vous que nous avons, dans notre religion “réactionnaire”, des livres saints, dont le premier s’intitule le livre de la Genèse (livre que nous partageons d’ailleurs, voyez-vous, avec les juifs, les orthodoxes et les protestants !) et que, dans ce livre, est exposé un dogme fondamental pour nous, celui de la Création (je sais bien que vous allez vous mettre à vous rouler par terre en bavant, puisque, précisément, votre projet de loi est un manifeste satanique pour “montrer” que l’homme est son propre créateur, mais enfin, figurez-vous que nous sommes quelques milliards sur cette planète à croire à la Création).

Et, des deux récits de la création, nous avons toujours, après le peuple juif, déduit que l’union entre un homme et une femme (là aussi, quelle abomination pour vous!) était à la fois sacrée et naturelle. Nous, catholiques, en avons en outre déduit qu’à la base du sacrement surnaturel du mariage, il y avait un mariage naturel que les non-catholiques pouvaient évidemment contracter. Ce qui signifie que nous avons toujours considéré que le mariage entre deux protestants, entre deux juifs, ou de façon général entre deux non-catholiques était un mariage valide. Et nous n’avons jamais considéré que les enfants nés de ces mariages soient des bâtards. Il suffit pour s’en convaincre de constater que beaucoup de convertis ont reçus les ordres – ce qui a longtemps été interdits aux bâtards.

Si vos connaissances en matière de droit civil approchent vos connaissances en droit canonique, on comprends mieux que votre texte dit de “mariage pour tous” soit un tissu de n’importe quoi !

Mais je note avec intérêt que, dans la France de 2013, il n’est pas nécessaire d’être juriste pour être Garde des Sceaux, pas plus qu’il n’est nécessaire d’être honnête pour être ministre du Budget, ou d’être compétent et dévoué au bien commun pour être chef de l’État. Voilà qui ouvre d’admirables horizons pour les millions de Français que votre impéritie a condamné au chômage: à défaut de pouvoir trouver un travail honnête, ils pourront toujours être politiciens!

Le mariage, la laïcité et la guerre de religion
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Je découvre dans le compte rendu des débats d’hier à l’Assemblée nationale, cette puissante réflexion d’une certaine Colette Capdevielle, député socialiste (dont j’avoue n’avoir jamais entendu parler jusqu’ici):

Le mariage est une institution républicaine et grâce à ce texte il le deviendra encore davantage. Mais le mariage n’est pas sacré, sauf à considérer que le principe de laïcité est devenu caduc.

capdevielleJ’aime beaucoup l’idée que le mariage sera d’autant plus républicain qu’il cessera d’être un mariage. Il y a un nihilisme stupéfiant dans cette idée de la république.

Mais c’est naturellement la phrase suivante qui m’intéresse. Pour ceux qui en doutaient encore, le “principe de laïcité”, avancé à tort et à travers dans le débat public, n’est pas simplement une expulsion, fût-elle radicale et totale, des religions hors de l’espace public. C’est bel et bien une nouvelle religion. S’il y a quelque chose que toutes les sociétés, tous les penseurs (y compris les plus radicaux des révolutionnaires), ont toujours considéré comme relevant du sacré, c’est bien cette institution où s’organise la transmission de la vie. Dire qu’il n’est pas sacré n’a rigoureusement aucun sens en français. Et on ne peut lire cette phrase que comme le rejet d’un sacré particulier (à savoir le sacré chrétien prioritairement). Et donc la revendication d’un autre sacré (d’ailleurs l’invocation précédente à la république est très claire: remplacez “institution républicaine” par “institution sacrée” et dites-moi si ce n’est pas là un fort joli début de sermon pour un mariage!…). Décidément, ce que les socialistes nous font aujourd’hui, ce n’est pas seulement un changement de civilisation. C’est aussi une guerre de religion.

Et oui, l’enseignement catholique a le droit d’être catholique!
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peillon

Je confesse – sans trop de honte – que je ne suis pas un lecteur régulier de “Libération” (ce qui, dans les temps orwelliens que nous vivons, désigne selon toute vraisemblance le quotidien de toutes les aliénations). Mais je reconnais volontiers qu’on y fait des trouvailles, tout à fait intéressantes, pour ne pas dire savoureuses.

Un lecteur de Riposte catholique, que je remercie vivement, a attiré mon attention sur une tribune parue de ce vénérable quotidien gauchisto-bancaire. Elle est signée d’un certain Benoît Schneckenburger, qui précise sa qualité de “professeur de philosophie dans l’enseignement public” (on devine vite, à le lire, que ce qui compte, c’est bien sûr le “dans l’enseignement public”; il aurait tout aussi bien pu être peintre en bâtiment “dans l’enseignement public” ou professeur de claquettes “dans l’enseignement public”…).

L’idée de base tient en une phrase: l’enseignement catholique serait un instrument pernicieux du viol des consciences. Le problème, pour M. Scheckenburger, c’est que l’enseignement catholique est “confessionnel et catholique” – et “donc” prosélyte. J’aurais plutôt tendance à trouver qu’il l’est trop peu, si je le regarde de façon générale. Mais, enfin, je comprends grosso modo ce que veut dire notre excellent professeur.

Je note en passant que tous les efforts de normalisation, voire de sécularisation, de trop nombreux établissement de l’enseignement catholique n’auront servi à rien. On peut bien aller jusqu’à supprimer le catéchisme à l’école catholique, on n’en reste pas moins “confessionnel et catholique” et “donc” prosélyte. Je précise que le “donc” est de M. Schneckenburger. On constate ainsi, une nouvelle fois, que les anticléricaux savent parfois mieux que nous quelle est la vraie nature de l’Eglise – et sa vraie nature, M. Schneckenburger a raison sur ce point, est d’être missionnaire.

Est-il besoin de préciser que M. Schneckenburger ne dit pas cela pour féliciter l’enseignement catholique de son oeuvre de libération des âmes enfantines? Mais permettez-moi de lui laisser la parole. Il a une façon de parler qui est si éloignée de la mienne que vous pourriez croire que je galège, comme on dit à Marseille:

Voilà qui devrait faire réfléchir tous ceux qui croient qu’en mettant leurs enfants à l’école privée, ils ne font que les exempter des influences fantasmées des pauvres et des immigrés : ils les soumettent également à une influence religieuse.

Ca alors! Un vrai scandale n’est-il pas? Alors qu’on croit simplement, en bon bobo, se trouver une école où nos chers petits ne se mêleront point à la populace, on découvre en prime, et avec horreur, que l’enseignement catholique n’est pas uniquement une façon de contourner la carte scolaire!

Vous me direz, ou plutôt vous lui direz, qu’il n’y a pas franchement tromperie sur la marchandise et que les parents qui choisissent l’enseignement catholique, même quand ils ne sont pas “grenouilles de bénitier”, le choisissent en connaissance de cause. Si tromperie il peut y avoir, elle serait plutôt pour nous, parents catholiques, qui avons parfois la désagréable surprise de découvrir que nos enfants ont appris des choses contradictoires avec notre foi et notre morale dans une école où nous croyions être en confiance. Vous lui direz surtout qu’après tout, c’est la loi Debré. Ces braves gens passent leur temps à nous tancer parce que nous serions trop peu respectueux des lois civiles (et ils n’ont pas tout à fait tort car je reconnais bien volontiers n’avoir aucun respect pour ces prétendus lois qui nient la dignité de la personne humaine de sa naissance à sa mort naturelle), et ils sont incapables de respecter une loi qui leur déplairait. Je ne suis pas du tout certain que la loi Debré ait été une bonne affaire pour l’enseignement libre en général et l’enseignement catholique en particulier, mais enfin, du côté des bons laïcards, c’est tout de même une bonne affaire: ils ont finalement acheté la paix scolaire à très bon compte, et ils se sont même offert par la même occasion un “service public de l’éducation” moins coûteux et plus performant que leur propre mammouth. De quoi se plaignent-ils donc?

Eh bien, ils se plaignent, comme toujours de payer! Ces gens sont incroyables!

C’est comme pour nos églises. Nos pères se sont saignés aux quatre veines pour offrir à Dieu et aux hommes des chapelles et des cathédrales, des hospices et des universités. Ils nous volent tout, mettant par la même occasion les pauvres et les étudiants sous la coupe de leur Léviathan tentaculaire. Nous passons l’éponge. Ils nous indemnisent à demi ou à dixième par le concordat – moyen de ne pas nous rembourser les spoliations et moyen d’asservir le clergé à l’Etat. 100 ans se passent. Ils recommencent leurs spoliations et, cette fois, sans la moindre indemnité. Mais, aujourd’hui, ils trouvent que ce qu’ils nous ont volé leur coûte un peu cher et ils voudraient les offrir aux musulmans (c’est sûr que c’est plus payant, tant sur le plan électoral que sur le plan capitalistique, si j’en juge par les opérations juteuses que tout ce beau monde fait avec les fanatiques du Golfe) ou les transformer en salles de shoot.

Pour l’enseignement, c’est la même chose. Nos aïeux ont fait, aux côtés de leur clergé, des efforts insensés pour faire de la France le pays le plus alphabétisé du monde. Les béotiens de la Révolution débarquent, trouvent parfaitement idiot et scandaleux d’éduquer le peuple qui doit en savoir le moins possible pour rechigner le moins possible à jouer les bêtes de somme, et ils détruisent tout simplement le système d’instruction le plus sophistiqué de l’époque. Au point qu’à la fin du XIXe siècle, avec leur soi-disant grande réforme de l’instruction gratuite, laïque et obligatoire, l’alphabétisation n’aura pas encore retrouvé le sommet de 1788. Quand je dis soi-disant grande réforme, je m’égare: ce fut effectivement une grande réforme. Funeste certes, mais grande. Car, à défaut d’introduire le “gratuit”, qui existait depuis longtemps; à défaut même d’introduire le “obligatoire” qui avait sa place aussi (sans être aussi généralisé qu’aujourd’hui); elle introduisit le “laïque”. Ce fut ainsi la première fois qu’en France, un Etat se sentit autorisé à enseigner une religion d’Etat (car le laïcisme en est une!) dans des établissements dont la fréquentation n’était pas facultative. Aux termes d’efforts inouïs, la France catholique parvient à maintenir un enseignement libre où les consciences des enfants n’étaient pas systématiquement violées par la propagande anti-catholique. Mais, évidemment, la conséquence de tout cela, c’est qu’il y avait deux France. Et la loi Debré a voulu en finir avec les deux France. Hélas, nous n’en avions pas fini. M. Savary, M. Peillon, et tant d’autres, sont là pour témoigner que nous n’en aurons fini que lorsque tous les petits enfants de France auront appris à bien haïr la religion qui a façonné leur pays. Ou lorsque la France sera redevenue catholique (et, croyez-moi, M. Schneckenburger, nous y travaillons!).

Mais, puisque nous l’apostrophons, revenons à notre docte tribun. Je pense, amis lecteurs, que vous avez compris où l’homme voulait nous emmener:

– 1er temps: c’est un scandale, dans l’enseignement catholique, il s’en trouve encore qui enseignent la foi et la morale catholiques, y compris quand elles s’opposent aux heureuses réformes que de généreux ministres socialistes ont imaginées pour nous.

– 2e temps: il faut d’ailleurs reconnaître que le scandale est dans les textes eux-mêmes, puisque, au mépris de toute “laïcité”, l’enseignement catholique est encore autorisé par la loi à être catholique.

– 3e temps: maintenant, MM. de l’enseignement catholique, il est temps de passer à la caisse (M. Schneckenburger dit plus élégamment que moi “de solder les comptes” – comme si ce n’était pas lui et les siens qui nous devaient un sacré paquet d’oseille!). Et voici comment le brave professeur conclut son poulet:

Alors oui, cette intervention de l’école catholique dans un débat de société doit nous conduire à réaffirmer le principe simple, mais garant de l’égalité et de la laïcité : école publique fonds publics, école privée fonds privés. Il est temps, non de rouvrir la guerre scolaire, mais de solder les comptes.

J’ai toujours eu un faible coupable pour ce vieux slogan des radicaux-socialiste: “école publique fonds publics; école privée fonds privés”. Personnellement, je suis pour. A la condition qu’on considère que mes impôts sont des “fonds privés”. Car, cher M. Schneckenburger, il y a effectivement une solution très simple pour solder les comptes (sinon ceux du passé, du moins ceux du présent et de l’avenir) sans ranimer la guerre scolaire: c’est tout simplement d’instaurer le chèque scolaire, ou tout autre réforme analogue, qui permettrait aux parents de choisir eux-mêmes l’éducation qu’ils veulent pour leurs enfants en faisant gagner des milliards d’euros à l’Etat. Mais j’ai comme dans l’idée que cette idée ne vous sourit pas… Peut-être, à tout prendre, dois-je supposer que ce que vous reprochez à la “propagande” de l’enseignement catholique, ce n’est pas qu’elle soit propagande; c’est qu’elle soit catholique, c’est-à-dire qu’elle ne soit pas votre propagande. Au demeurant, si j’en crois les mesures envisagées par votre ministre de ce que l’on appelle encore par antiphrase l’Education nationale (à la fois anti-éducative et anti-nationale), vous ne voyez aucun inconvénient à arracher les enfants aux familles pour les formater selon vos voeux. Mais je m’égare: cela ne saurait être du prosélytisme, puisque c’est pour faire goûter à nos enfants les charmes des “Lumières” et les faire célébrer le culte de la “déesse Raison”, n’est-ce pas?

Opposition au « mariage pour tous »: de l’ivraie chez les opposants…
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Un ami juriste, lecteur de Riposte catholique, nous prie de publier cette étude fort intéressante sur les revendications de “Pacs +” qui se sont fait jour ces dernières semaines.

 

Alors que de nombreuses personnalités, à droite et quelquefois a gauche, ont exprimé leur opposition, on ne peut que regretter la profonde ambiguïté vis-à-vis de la question des unions homosexuelles. On affirme tout refus du mariage, mais on admet la nécessité, par d’autres voies, de reconnaître les unions homosexuelles et de leur donner des effets juridiques, dont certains n’ont rien de mineur. On pourrait même se demander ce qui distingue ces différentes unions (union civile, selon les uns, alliance civile, selon les autres) du mariage en ce sens qu’un bon nombre d’attributs qui relève de ce dernier finit par être transféré à ces unions homosexuelles. Il y a plusieurs manières de dénaturer le mariage. D’abord en le diluant. C’est effectivement la voie suivie par le projet « Taubira ». Mais il en est un autre plus subtil qui consiste à l’affaiblir en laissant prospérer des unions concurrentes qui partageraient avec le mariage certains de ces attributs. Des attributs assez importants.

Soyons honnêtes : la polémique actuelle ne saurait faire oublier que le souci d’une prise en compte large et étendue des unions homosexuelles a conduit aux difficultés actuelles. Le PACS adopté, on s’aperçut que cela n’était pas suffisant. Mais surtout parce qu’au delà des avantages matériels, il manquait une chose: le symbole même. Toute avancée dans le traitement des couples homosexuels débouche toujours sur la question de l’ultime étape. Le « mariage pour tous » n’est pas apparu par effraction. Il s’est manifesté parce que l’on ne s’est pas interrogé sur les unions homosexuelles et que l’on a considéré qu’elles devaient recueillir certains effets du mariage. On les a considérées comme non seulement légitimes, mais comme soulevant des questions qui devaient, sans restriction, être prises en compte (« je comprends parfaitement l’aspiration des couples homosexuels à la reconnaissance de leur union, et je suis sensible aux problèmes que ces couples rencontrent aujourd’hui », Laurent Wauquiez, entretien dans 20 minutes, 10 janvier 2013). Si un débat aurait dû être ouvert, c’est peut-être sur des droits qui ne relèvent pas de la vie familiale, mais, par exemple, du droit immobilier, patrimonial ou successoral. À cet égard, la question du droit au bail au profit du survivant peut même être soulevée chez des personnes qui ne sont pas unies affectivement. Or, la perversité du débat actuel est qu’il s’introduit ouvertement dans les questions afférentes au droit de la famille… Cela devrait être un signe d’inquiétude pour saisir le véritable enjeu.

En réalité, sous couvert d’union (ou d’alliance) civile, ce sont tous les droits qui peuvent découler du mariage que l’on étend aux couples homosexuels, à l’exception du nom même, ainsi que de l’adoption et de la filiation. Mises à part ces exceptions, le mariage perd quand même son monopole. Est-ce souhaitable ? Nous ne le pensons pas, car de telles mesures aboutiraient à une situation absurde: une situation où le mariage n’aurait plus aucun sens, parce que dépouillé de la plupart – je n’ose dire: de l’essentiel – de ses attributs. En réalité, c’est sa place même qui finirait par être fragilisée. Il ne pourrait, à terme, qu’être victime de la pression concurrentielle et corrosive de ces unions à moindre prix. Si le mariage doit être défendu, c’est aussi dans sa spécificité, parce qu’il est irréductible à d’autres formes d’union.

 I.               L’attribution aux couples homosexuels de la plupart des droits qui s’attachent aux mariages

Si l’on analyse les différents attributs que les partisans de l’union (ou alliance) civile proposent de « prélever » sur le mariage, il y a de quoi être inquiet. Prenons un exemple : celui des pensions de réversion. Il est assez inquiétant, car on y mesure pas les conséquences directes ou non.

En effet, certains promoteurs envisagent la possibilité pour le conjoint survivant d’un couple homosexuel de toucher une pension de réversion. Rappelons que le système de la pension de réversion mesure vise a aider le conjoint isolé qui se trouve démuni face a certaines charges, des lors que ses revenus sont inférieurs a un certain plafond. Or, on ne peut que craindre de la part de certains homosexuels des unions douteuses, qui permettraient au plus “jeune” de profiter de la situation d’un homosexuel âgé… Certes, cette situation se retrouve aussi dans des mariages hétérosexuels. Mais ne nous arrêtons pas à cet aspect.

Quand un député la réclame dans le cadre d’une éventuelle l’union civile (Gérald Darmanin, entretien sur le site Atlantico, 11 janvier 2013 : « il faut améliorer le Pacs sur un certain nombre de points, comme les pensions de reversions pour les couples  homosexuels »), il oublie que la pension ne bénéficie même pas aux concubins hétérosexuels ou aux pacsés ! Son attribution est soumise à une condition de mariage entre les deux partenaires. Une telle proposition pèche par absurdité. En effet, assez curieusement, on étend aux couples homosexuels des droits auxquels les couples hétérosexuels non mariés ne bénéficient pas… Actuellement, la pension de réversion ne peut être attribuée que s’il a existé un mariage entre la personne décédée et le conjoint survivant. Elle ne s’applique pas entre personnes unies par un PACS, même hétérosexuelles. Certes, l’union civile serait applicable à tous, mais l’extension de la pension de réversion se ferait désormais dans un cadre non matrimonial. La conséquence prévisible est l’attribution de la pension de réversion à tous les couples, avec d’ailleurs un risque évident : celui de fragiliser davantage les comptes de la sécurité sociale ! Ce qu’institue une telle proposition, ce n’est rien d’autre que la course aux pensions de réversion pour tous…

II.             La conséquence prévisible: le mariage dilué pour être à terme miné 

Loin d’être sauvé, le mariage est dilué au nom d’une démarche mimétique qui finit par doter tous les propositions d’union de droits et attributs qui n’étaient attachés qu’au mariage. À coup sur, c’est la destruction programmée et la création non d’un « mariage pour tous », mais d’une panoplie de formules juridiques, où le mariage est sûr d’être fragilisé.

Cette, le nom serait préservé. Soit. Mais pour combien se temps alors ? Les partisans des unions civiles et autres formules de même acabit écartent l’adoption. Mais en quoi y a-t-il réel échec dans la mesure où l’adoption individuelle reste possible ? Il suffit à l’homosexuel de réclamer une adoption à son égard. Le seul « pan » à être véritablement préservé serait la filiation. Il ne serait effectivement possible d’établir qu’une seule filiation – de nature biologique – avec le géniteur réel de l’enfant. Mais on peut se demander si, à terme, le verrou tendant à établir la filiation avec le conjoint non géniteur ne serait pas admise. On voit mal comment la pression concurrentielle des alternatives proposées ne risquerait pas de récupérer les différents attributs du mariage ? Et puis si l’on regarde bien, certains proposent un statut de coparent (d’autres parlent de statut de beau-parent), formule plus discrète qui permet l’entrée par la grande porte… Un homme politique n’a-t-il pas, en effet, déclaré qu’« au regard de l’intérêt de l’enfant, pour préserver ses droits, je serais également ouvert à ce que l’on réfléchisse au statut de coparent, ou second parent. Ce nouvel arsenal juridique permettrait de répondre aux attentes légitimes des couples et parents homosexuels sans bouleverser l’héritage de notre modèle de société » ? (François Fillon, « Lettre ouverte au président de la République », Le Figaro, 11 janvier 2013)

Quel serait l’intérêt de se marier si les droits se retrouvent ailleurs, dans des formules moins contraignantes ? Or, si le mariage confère des droits, c’est parce qu’il institue aussi des devoirs: devoirs d’assistance et de fidélité, secours mutuel, etc. Quant à sa dissolution, même si elle est regrettable, le droit civil prévoit des formalités et des procédures qui visent justement à éviter que le lien ne soit rompu sur un simple coup d’humeur. Or, le mariage, s’il veut garder sa signification, ne doit être pas dessaisi de tout ce qu’il confère, car la logique de la formule la moins contraignante l’emporterait à coup sur.

Certains de nos lecteurs connaissent la loi de Gresham : de même que la mauvaise monnaie chasse la bonne, l’union la plus précaire chassera celle qui exige le plus de sacrifices. L’opposition au mariage homosexuel mérite une réflexion sérieuse, non des réactions épidermiques qui se satisfont des causes au lieu même de les combattre. 

Camille LUCÉ

Docteur en droit

Benoît XVI invité officiellement en Iran…
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Selon Rome Reports d’hier, le pape Benoît XVI aurait reçu une lettre du président iranien Mahmoud Ahmadinejad l’invitant à une visite officielle en République islamique d’Iran aux fins de renforcer le dialogue entre chrétiens et musulmans. Cette invitation, si elle est confirmée, ne serait pas vraiment une surprise puisqu’il se dit que Mahmoud Ahmadinejad en aurait déjà faite une verbalement lors de la visite du cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, en octobre 2010. Il y a sans doute plusieurs clés de lecture de cette invitation officielle, mais ce désir affiché du régime de Téhéran de « renforcer le dialogue entre chrétiens et musulmans » serait mieux fondé si la République islamique accomplissait des actes concrets envers les minorités chrétiennes de son pays, ce qui est loin d’être le cas, la persécution contre ces dernières ne cessant pas et ayant même tendance à s’aggraver ces derniers temps…

 

Le rapport Sicard ouvre bien la porte à l’euthanasie
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Didier Sicard remet son rapport à François Hollande
Didier Sicard remet son rapport à François Hollande

Remis mardi dernier à François Hollande, le rapport Sicard est l’exemple-type du document ambigu qui ouvre certaines portes, sans le dire… ouvertement, mais en faisant comprendre que ces dernières l’ont bien été. Il faut noter autant sa prudence que sa résolution. Côté rue, c’est effectivement le refus de l’euthanasie, mais côté cour, c’est un son de cloche différent, pour ne pas dire inquiétant. En fait, c’est lorsque l’on passe de la rue à la cour, par le hall d’entrée, que l’on comprend la profonde ambiguïté du rapport Sicard.

Côté rue : le refus apparent de l’euthanasie…

Le rapport dit écarter explicitement l’euthanasie dite “active” au motif que « la barrière d’un interdit serait franchi ». Les rédacteurs du rapport ont pris le soin de ne pas adopter une option aussi franche, au grand dam de certains promoteurs de l’euthanasie, comme Jean-Luc Romero et autres partisans du « droit de mourir dans la dignité ». Cela suffit pour susciter des déceptions et, peut-être, pour rassurer les esprits inquiets qui craignent qu’une tournure aussi radicale ne soit prise ; il est vrai que les déconvenues du mariage dit pour tous ne sont pas là pour rassurer… Engager un deuxième chantier sociétal, c’est prendre le risque de trop charger la barque gouvernementale et de faire chavirer une équipe qui peine à gérer différents dossiers. Autre aspect intéressant : le rapport Sicard exclut toute modification législative, ce qui ne manque pas de surprendre quand on sait que les partisans de l’euthanasie souhaitent modifier le cadre normatif. Dans ce cas, pourquoi demander au législateur de trancher, alors qu’on semble s’en remettre à la pratique… A priori, la perspective radicale est donc écartée. Complètement ? Pas véritablement. Le rapport Sicard veut quand même ne pas se contenter de reprendre les griefs prudents exprimés précédemment. On le voit sur la question des soins palliatifs.

Côté hall d’entrée : l’ambiguïté sur les soins palliatifs

Le rapport Sicard est autant le promoteur de la loi « Leonetti » que son contempteur. C’est sur cette question que l’on peut comprendre le ton du rapport qui veut développer les soins palliatifs tout en estimant qu’ils ne suffisent pas à résoudre la question de la souffrance en fin de vie. En effet, le rapport entend ne pas toucher à la loi et cherche même à faire la promotion des dispositifs. Tout paraît raisonnable. Pas totalement. Le rapport précise que les soins palliatifs ne pourront « jamais résoudre la totalité des situations, même si ces structures devaient être en nombre plus important ». C’est là que le bât blesse. Comment ne pas noter une certaine contradiction ? S’il fallait évaluer à leur juste mesure les soins palliatifs, il aurait au moins fallu que leur couverture soit suffisante, ce qui n’est pas le cas. Or, le rapport Sicard se permet de juger l’efficacité d’un dispositif qui reste encore insuffisamment développé. Pire : il juge l’efficacité à partir d’une situation hypothétique. Or, si les soins palliatifs étaient plus répandus, la question du traitement de la fin de vie ne prendrait-elle pas une tournure différente ? Ce n’est qu’une question. Mais avant de critiquer une orientation (le choix des soins palliatifs), faisons en sorte qu’elle puisse être évaluée objectivement.

Côté cour : le choix de la sédation terminale et la possibilité du suicide assisté

Dénonçant le recours aux sédations légères, le rapport Sicard ouvre néanmoins une brèche d’importance : celle du recours à la sédation terminale. Or, administrer un traitement qui aboutit au décès est ni plus, ni moins, un acte d’euthanasie. À la différence de la sédation légère, dont l’intention n’est pas de mettre fin à une vie, la sédation terminale a bien pour objet principal la fin de vie. Ce n’est pas parce que la sédation légère est délicate pour le patient qu’elle équivaut intentionnellement à une euthanasie ou à un homicide. Dans ce cas, la légitime défense devrait être requalifiée en meurtre pur et simple et faire l’objet de poursuites pénales. Cela est absurde : la finalité est bien de préserver une vie innocente, non d’en supprimer une. Ce n’est que par contrecoup, de manière non intentionnelle, qu’elle aboutit à ce résultat. De même, l’Église ne prohibe pas l’usage des contraceptifs lorsque la fin n’est plus d’interrompre le processus qui conduit à la vie, mais de nature médicale (régulation du cycle menstruel). Pour ces différentes raisons, on ne peut dire que l’administration de sédations légères aurait pour objet la fin de la vie. En revanche, la sédation terminale aboutit bien au meurtre du patient. Son effet est directement voulu. Il n’est nullement accidentel, mais bien substantiel. Enfin, timidement, le rapport admet la possibilité d’un suicide assisté « à la mode Oregon » (nota : référence à une législation d’un État américain) : le patient en phase terminale pourrait se voir remettre un produit létal qu’il pourrait d’ailleurs ne pas utiliser. Ainsi, le médecin n’administrerait pas le traitement mortel, ce qui permet de ne pas l’impliquer dans l’acte de mourir qui revient au seul patient. Mais cette option constitue déjà un pas considérable. Malgré la dissociation entre l’acte médical d’accompagnement le fait de se donner la mort, cette option suscite des réticences de spécialistes comme Jean Leonetti . Enfin, comment justifier la réanimation des suicidés, dans un cas, et la non-intervention sur une personne, dans un état incurable, ayant absorbé un produit létal, dans l’autre cas ? Même si le corps médical n’agit pas directement, rien n’exclut la voie de la complicité. L’assistance est déjà susceptible de conséquences juridiques.

La technique de la subversion… 

Une brèche a bien été ouverte par le rapport Sicard. Comme dans la légalisation relative à l’avortement, on invoque des situations d’extrême détresse. On prétend les circonscrire des autres situations. Comme dans les années 1970, on invoque l’insatisfaction de la situation actuelle (à ce sujet, le rapport Sicard s’appuie sur ce que penserait l’opinion publique et invoque l’insatisfaction des français). Comme dans le dispositif même de loi « Veil », on prétendait ne pas ériger un quelconque droit. Mieux : on affirmait que la vie devait être respectée « dès le commencement » ( !) et que l’avortement devait constituer l’exception. Faut-il relire l’article premier de ladite loi ? « La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu’en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi. » Aujourd’hui, on peut dire que ça c’était avant…

13 janvier, un seul mot d’ordre: Oui à la famille traditionnelle!
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Depuis quelques semaines, plusieurs constitutionnalistes et parlementaires se sont exprimés, soit en privé, soit en public, pour dire que le funeste projet de loi gouvernemental sur le “mariage” homosexuel n’était probablement pas constitutionnel.

Il y a  des arguments techniques à cela (l’inégalité entre les enfants qu’instaurererait le nouveau code civil, le viol manifeste des articles 10 et 11 du préambule de la constitution de 1946, ou encore l’inintelligibilité de la loi qui serait entraîné par le fait que le mot “parents” prendrait des sens différents selon les sections du code civil) – sans parler du non respect de certaines conventions internationales qui ont élaboré progressivement un “droit de l’enfant”, en rejetant tout “droit à l’enfant” que prétend mettre en oeuvre le texte de loi (mais le conseil constitutionnel n’étant pas juge de la conventionnalité, il n’est pas certain qu’il puisse se saisir de ce dernier argument, que nous aurons en revanche à faire valoir devant les tribunaux internationaux).

Mais il y a surtout une idée très forte, qui dépasse la sphère strictement juridique et même la sphère strictement politique: l’idée que ce projet de loi entraîne une mutation anthropologique profonde (même Mme Taubira l’a déclaré) et qu’en changeant la conception du mariage et de la famille, en transformant radicalement la conception du père et de la mère, entraîne de facto une modification du contrat social. Or, une modification du contrat social n’est pas accessible au simple législateur, mais seulement au législateur constitutionnel.

Je précise, au passage, que je suis très hostile aux principes politiques de Jean-Jacques Rousseau sur ce contrat social que les hommes pourraient librement négocier. Ces principes me semblent radicalement anti-chrétiens. Selon moi, l’homme n’est pas maître de “constituer” la société; c’est la prérogative de Dieu seul. Mais, enfin, mes réserves n’ont, dans le cas d’espèce, pas beaucoup d’intérêt, puisque je suis bien forcé de constater que cette discussion va avoir lieu dans le cadre des principes constitutionnels rousseauistes.

Dans le cadre constitutionnel actuel, donc, tout le monde sent plus ou moins confusément que cette loi sur le “mariage” homosexuel excède de beaucoup les pouvoirs du parlement.

D’où l’idée d’une réforme constitutionnelle, qui se répand donc depuis plusieurs semaines: si, vraiment, le gouvernement veut dénaturer le mariage, il doit réformer la constitution. Le hic, c’est qu’il n’a pas la majorité requise des 3/5e de l’Assemblée et du sénat. Il ne lui reste donc qu’une solution: passer par le référendum.

Encore une fois, je dis tout net que je ne crois pas que le référendum ait ce pouvoir extravagant de modifier la nature humaine. Mais je comprends sans peine que, même dans le cadre de la démocratie moderne, le législateur se sente embarrassé par un texte semblable.

On comprend aussi facilement que la campagne référendaire serait l’occasion d’avoir le débat dont la société française a été privée par le diktat de la majorité.

On comprend enfin, toujours sans difficulté, que le référendum pourrait offrir une porte de sortie honorable pour François Hollande et son gouvernement et il peut être de bonne tactique de ne pas les acculer à passer en force. A ce sujet, je dois tout de même faire remarquer que cela pourrait bien être l’exemple-type de la fausse bonne idée: les ultras de la majorité écolo-socialo-communiste considéreront comme une trahison le fait de passer par le référendum tout autant que le fait de retirer le texte. Et la majorité a toutes les chances de se déchirer sur l’acceptation ou non de la voie référendaire.

Il n’empêche. Je ne vois, pour ma part, aucune difficulté à ce qu’une minorité d’opposants, versés dans la science juridique, suggère cette voie référendaire.

Mais il est évident que le référendum ne peut pas être la revendication de la manifestation du 13 janvier.

Cette dernière ne peut réclamer qu’une chose: le seul objectif commun à tous les manifestants, qui est le retrait du texte. Les modalités intéressent certainement les juristes, les parlementaires et quelques observateurs. Mais, nous, manifestants de base (même quand nous ne sommes pas tout à fait ignorants des réalités juridiques et politiques), nous battons, non pas pour un débat, non pas pour des états-généraux, non pas pour un référendum (plus exactement, nous ne nous battons pas tous pour ces points que certains d’entre nous défendent). La seule chose qui nous réunisse, c’est que nous refusons la dénaturation du mariage et la prise en otage des enfants.

Mettre en avant les modalités (sur lesquels nous sommes inévitablement partagés), c’est évidemment nous diviser. Et cela ne servira ni la cause du référendum éventuel, ni la cause du retrait pur et simple. Cela servira les partisans de la dénaturation du mariage.

La responsabilité historique que nous avons le 13 janvier, c’est de présenter un front uni sur un, et un seul, sujet. Nous l’avons dit à maintes reprises: nous sommes très différents les uns des autres et il est bien évident qu’entre Renaissance catholique et La gauche pour le mariage républicain, il y a bien peu de points d’accord. Mais il y en tout de même un, et c’est précisément le motif de notre présence le 13: nous refusons tous la dénaturation du mariage.

Alors, de grâce, ne jouons pas avec le feu en faisant mine d’être les plus malins! Une manifestation n’est pas un débat subtil entre experts. Elle ne peut pas tenir un langage argumenté et raffiné. Elle ne peut obéir qu’à des logiques simplissimes (ce qui ne veut pas dire simplistes, car beaucoup d’entre nous ont longuement réfléchi au sujet et viendront avec un argumentaire solide le 13 janvier): un non et un oui. Un non à la dénaturation du mariage et un oui à la famille traditionnelle.

Une petite remarque à propos des effets civils du mariage religieux
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Riposte catholique a lancé une action pour libérer le mariage religieux – et éviter que les époux chrétiens soient obligés de passer devant le maire avant de se marier à l’église.

Plusieurs commentaires nous ont été envoyés pour attirer notre attention sur un danger: que l’Eglise soit obligée de célébrer des mariages contradictoires avec sa doctrine. En particulier, des unions homosexuelles.

D’abord, la distinction entre mariage religieux et mariage civil ne nous protégera pas longtemps: le lobby homosexualiste a déjà annoncé son intention de réclamer le mariage religieux, dès qu’il aura obtenu (si nous ne nous mobilisons pas assez…) le mariage civil (voir ici).

Mais, surtout, nous ne réclamons pas du tout que l’Eglise s’aligne sur la législation civile, mais que le mariage religieux produise des effets civils (en matière d’état-civil, en matièred’autorité parentale, en matière patrimoniale, en matière fiscale, etc.). C’est tout différent, car, dans notre projet, l’Eglise demeure parfaitement libre de garder sa propre législation matrimoniale. Simplement, dans le cadre d’un accord avec l’Etat, l’Eglise s’engagerait à respecter un “cahier des charges” (excluant, par exemple, la polygamie ou l’inceste, que le code civil réprouve à juste titre). Il va de soi que l’Eglise pourrait avoir une législation plus stricte que l’Etat – et, de fait, elle le ferait, puisqu’elle continuerait à rejeter les “remariages” ou les éventuelles unions homosexuelles.

Décès accidentel du nonce en Côte d’Ivoire
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Mgr Ambroise [Ambrose] Madtha, archevêque titulaire de Naissus et nonce apostolique en Côte d’Ivoire, est décédé samedi soir 8 décembre lors d’un accident de la route. Le nonce, qui avait succédé à Mgr Mario Cassari en 2008 à la nonciature en Côte d’Ivoire, revenait en voiture d’Odienne et se dirigeait vers le diocèse de Man pour participer à une cérémonie d’ordinations, quand son véhicule en a heurté un autre. Le nonce a été tué sur le coup.

Né le 2 novembre 1955 à Belthangadi (État du Karnataka, Inde), Mgr Madtha avait été ordonné le 28 mars 1982 pour le diocèse de Lucknow (Uttar Pradesh, Inde). Il joua un rôle de médiation discret mais efficace lors de la crise politique ivoirienne de 2010-2011, alors que plusieurs évêques ivoiriens avaient pris parti pour Laurent Gbagbo contre Alassane Ouattara, dont le dernier succès fut la visite officielle au Saint-Siège, en novembre dernier, du Président Ouattara et de son épouse de confession protestante.

Libérez le mariage religieux!
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La loi actuelle oblige les Français à contracter un mariage civil avant de contracter un mariage religieux. Alors que, dans la plupart des pays civilisés, le mariage religieux entraîne naturellement des effets civils, le prêtre, le pasteur, le rabbin ou l’imam étant, de fait, lors des célébrations de mariage, des officiers d’état-civil.

Nous réclamons l’application en France de cette norme des pays civilisés.

Historiquement, cette loi a d’abord été une mesure vexatoire imaginée par l’anticléricalisme d’Etat.

Aujourd’hui, elle n’a plus qu’une raison d’être: éviter la polygamie, pour les religions qui tolèrent ou encouragent cette pratique – et notamment pour l’islam. Or, d’une part, la législation actuelle n’empêche nullement la polygamie. Et, d’autre part, il serait très facile de maintenir l’interdiction de la polygamie sur le territoire français, y compris pour les musulmans. Il suffirait que le Code civil, à côté du mariage civil, prévoie que tous les mariages religieux entraînent des effets civils; que les représentants des cultes sont, pour l’occasion, officiers d’état-civil; et que, comme tels, ils sont tenus de respecter les lois françaises, de ne marier que des personnes majeures, un seul homme avec une seule femme, et, pour assurer un contrôle sérieux, d’envoyer régulièrement à la préfecture le registre des actes des mariages.

C’est une mesure toute simple, qui ne coûterait rien à l’Etat, qui ne compliquerait aucunement la vie des représentants des cultes, et qui éviterait  cette espèce de mise sous tutelle des religions par l’Etat qui est, aujourd’hui, si pénible.

Il est bien évident que, si, par malheur, le projet de loi légalisant le “mariage” des couples homosexuels était adopté, cette revendication prendrait alors un sens nouveau: nous catholiques, ne souhaitons évidemment rien avoir de commun avec une parodie de mariage.

Pour libérez le mariage religieux, signez et faites signer cette pétition! (Il vous suffit de laisser votre courriel dans la case ci-dessous)

Défense du mariage naturel : 40 jours pour la famille
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Ayant participé aux deux manifestations du 17 et du 18 novembre, nous nous sommes vivement réjoui de leur succès. D’autant plus que ce succès était pour une large part inattendu. Le fait que la manifestation du 17 novembre ait réuni plus de personnes que la manifestation nationale contre le PACS, voici bientôt 15 ans, est d’excellent augure et nous prions pour que cet essai soit transformé au cours d’une grande manifestation nationale unitaire.

Que l’on nous permette toutefois deux critiques, l’une sur la manifestation du 17; l’autre sur la manifestation du 18. Non pas pour être, comme le vieux Méphistophélès, « l’esprit qui nie toujours », mais pour assurer un plein succès à notre prochaine manifestation du 13 janvier.

Nous n’avons guère apprécié que la manifestation du 17 s’affirme « contre l’homophobie ». D’abord, parce que ce mot ne veut rien dire. Ensuite, parce que ce mot a été forgé de toutes pièces pour nous museler. Enfin, parce que ce n’est pas le sujet. Nous nous battons contre un projet de loi dénaturant le mariage. Nous ne nous battons ni pour, ni contre les homosexuels. Au demeurant, la rumeur veut que ce slogan “bobo” ait fait fuir les musulmans opposés au projet. Si c’est le cas, c’est un dommage collatéral aisément évitable. Nous ne revenons pas sur les qualificatifs « aconfessionnel » et « apolitique », particulièrement inappropriés. Nous en avons parlé avant les manifestations. Nous n’avons pas changé d’avis. Il est toujours aussi absurde de parler d’apolitisme pour qualifier un combat éminemment politique.

Quant à la manifestation du 18, l’un d’entre nous a critiqué ailleurs la banderole inadaptée : « La France a besoin d’enfants, pas d’homosexuels ». Encore une fois, le problème tient au projet de loi, pas aux homosexuels. Et nous défendons le mariage traditionnel, naturellement sans ignorer que bien des enfants naissent en-dehors de ses cadres. Notre sujet n’était donc ni les enfants à avoir, ni les homosexuels à bannir, mais bel et bien l’institution du mariage à défendre – notamment pour l’accueil des enfants.

Pour le reste, nous notons deux critères particuliers de réjouissance.

Tout d’abord, les deux manifestations comportaient une proportion remarquable de jeunes gens. Ce qui laisse à penser que la “génération 68”, qui veut nous imposer un projet de loi ne correspondant guère aux exigences et aux besoins des Français, est en train de perdre pied. Ce n’est certes pas nous qui nous en plaindrons.

Ensuite, la mobilisation des catholiques était une superbe réussite. Alors que beaucoup de prophètes de malheur nous annoncent la mort de l’Église, nous constatons qu’elle se porte beaucoup mieux que les bobos ne le souhaiteraient. Au demeurant, les attaques de ces derniers jours manifestent plus clairement qu’aucune démonstration de force que l’Église catholique est, pour les tenants de la dénaturation du mariage et de la “chosification” des enfants, l’ennemi à abattre.

Comme a dit naguère un homme que nous citons habituellement peu sur Riposte catholique, le président Mao, être attaqué par l’ennemi est une bonne chose pas une mauvaise chose. À en juger par les tombereaux d’injures qui ont été déversés sur Civitas ou sur le cardinal André Vingt-Trois, nous tenons le bon cap !

La défense du mariage naturel est une question de bon sens et tous les hommes de bonne volonté sont les bienvenus dans ce combat. Nous accueillons, avec un respect particulier pour leur courage, les militants socialistes ou les homosexuels qui refusent ce projet de loi funeste. De même que nous applaudissons à toutes les prises de position des avocats, des notaires, des associations familiales, de la Caisse nationale des allocations familiales, du grand rabbin Bernheim, des représentants de l’islam, des maires pour l’enfance ou des membres de l’Entente parlementaire pour la famille.

Au moins 95 % des représentants de la société civile que nous avons entendus sur ce texte y sont opposés. Alors que ses défenseurs acharnés n’en représentent une poignée. Si l’on veut des chiffres, il suffit de constater que moins de 10 000 couples homosexuels se “pacsent” chaque année. Autrement dit, nous allons légiférer pour moins de 20 000 personnes, alors que les représentants de millions d’autres personnes ont déjà dit leur opposition nette et argumentée.

Voilà qui devrait faire réfléchir les soi-disant grands démocrates qui nous gouvernent !

Oui, la mobilisation de la société civile est un motif de réjouissance pour nous.

Mais nous devons, à présent, dire un mot de la particulière responsabilité des évêques, des prêtres et des fidèles catholiques.

Comme journalistes, nous avons régulièrement (surtout en ce moment !) l’occasion de discuter avec des responsables politiques. Tous s’accordent à dire que, si la manifestation du 13 janvier rassemble 500 000 ou un million de personnes dans la rue, le gouvernement sera obligé de reculer. Nous ne savons pas encore la forme que prendra cette reculade et, à vrai dire, ce n’est pas notre problème pour le moment. Ce qui compte, c’est qu’il est désormais à notre portée d’empêcher ce texte de devenir une loi.

Or, seuls les évêques de France ont le pouvoir de mettre des centaines de milliers de personnes dans la rue sur un sujet pareil. Bien sûr, toutes les bonnes volontés seront les bienvenues. Mais, de même que l’adversaire regarde principalement le cardinal Vingt-Trois, de même les défenseurs du mariage naturel comptent prioritairement sur l’engagement des évêques.

Pour le moment, disons-le tout net, les évêques de France font un sans-faute. Il n’y a eu aucune voix discordante et plus de 80 évêques ont déjà, personnellement, pris la parole. Comme fidèles du rang, nous leur disons, pour cela, merci publiquement et solennellement.

Mais il faut passer à la vitesse supérieure.

Les évêques doivent appeler à manifester dans la rue le 13 janvier. Ils doivent dire qu’ils comptent y être. Parmi nous et devant nous. Bien sûr, ce combat politique relève de la mission des laïcs. Mais le sujet est trop grave pour que les évêques se contentent de nous y encourager : ils doivent y être avec nous.

Il suffit de regarder le traitement médiatique de la manifestation de Lyon, le 17 novembre dernier. Numériquement, cette manifestation n’était sans doute pas aussi gigantesque que celle de Paris. Mais la présence du cardinal Philippe Barbarin a, si nous osons dire, transfiguré cette manifestation. Et les propos sobres et nets du cardinal ont été repris en boucle sur toutes les radios.

Si 50 évêques annonçaient leur présence au milieu des défenseurs du mariage naturel, alors, nous serions certainement plus de 500 000. Et cette manifestation nationale deviendrait alors un tel succès que le gouvernement serait obligé de reculer.

Quant à nous, comme le 17 et le 18 novembre, nous serons présents et nous invitons bien volontiers les lecteurs de Riposte Catholique à se joindre à nous. Et, comme pour les manifestations de novembre, nous y serons sans cacher notre catholicisme dont nous n’avons pas à rougir et dont, au contraire, nous sommes fiers. Nous ne ferons pas semblant de soutenir un gouvernement avec lequel nous partageons bien peu de choses. Nous ne ferons pas semblant de défendre une autre morale que celle que nous avons reçue de la Révélation et de la loi naturelle. Ce qui ne nous empêchera pas de nous réjouir de la présence d’autres Français d’autres confessions ou incroyants, militant avec nous pour le retrait de ce projet de loi.

En attendant, et parce que nous sommes d’abord catholiques, nous vous invitons, amis lecteurs, à combattre ce projet de loi par des armes spirituelles. Notre combat est politique, mais il est aussi, il est d’abord, spirituel. Nous vous demandons donc instamment de vous joindre à notre croisade de jeûne et de prière. D’ici le 13 janvier, il nous reste 40 jours. Faisons-en une sainte quarantaine pour la vie et la famille. Inscrivez-vous vite à notre chaîne de prières pour réciter chaque jour une dizaine, un  chapelet (ou même un rosaire, si vous le pouvez) ; pour vous engager à jeûner une fois par semaine ; ou pour faire célébrer des messes à ces intentions. Comme toujours, la victoire dépendra d’abord de Dieu, et ensuite de notre mobilisation.

 

Daniel Hamiche, porte-parole de Riposte catholique

Guillaume de Thieulloy, directeur de Riposte catholique

Pourquoi nous participerons aux deux manifestations du 17 et du 18 novembre
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Samedi et dimanche prochains, deux manifestations auront lieu à Paris contre le prétendu « mariage » homosexuel. Après mûre réflexion, nous avons décidé de participer aux deux.

Notre participation à la manifestation organisée par Civitas, dimanche 18 novembre, allait de soi.

D’abord parce que c’est la première que nous ayons programmée dans notre agenda – à une époque où les combattants contre la dénaturation du mariage ne se pressaient pas au portillon. Lorsque, début septembre, Civitas a annoncé cette manifestation, nous pensions faire un baroud d’honneur dans un combat perdu d’avance. Les choses ont complètement changé depuis. Mais notre agenda, lui, n’a pas changé !

Ensuite, parce que Riposte catholique partage bien des principes avec Civitas : comme Civitas, nous voulons travailler à la restauration de la Royauté sociale du Christ et c’est cela qui guide notre action publique. Nous avions été heureux et fiers de soutenir Civitas l’année dernière, contre les pièces de théâtre sacrilèges. Nous sommes heureux et fiers d’être à ses côtés pour lutter contre le funeste projet gouvernemental.

C’est pourquoi, dernier point, Riposte catholique soutient officiellement cette manifestation du 18 novembre.

Notre participation à la manifestation de dimanche allait donc de soi.

 

Notre participation à la manifestation du 17 était beaucoup moins évidente.

D’abord, parce que le choix de cette date est une mauvaise manière faite à Civitas.

Ensuite, parce que nous avons entendu plusieurs des organisateurs de cette « manif pour tous » dire tout le mal qu’ils pensaient des catholiques trop ceci ou pas assez cela. C’est d’autant plus mal venu que les évêques, eux, ne se sont pas trompés de combat : plusieurs d’entre eux ont encouragé Civitas, sans oublier les légitimes divergences liturgiques et théologiques, mais en se fixant des priorités : dans ce combat précis, nous devons absolument être unis. Accessoirement, qui sait si ce combat mené en commun ne sera pas l’occasion de réussir ce que nous appelons de nos vœux depuis de longs mois : l’union des forces vives du catholicisme français ? Nous cherchons d’abord la victoire dans ce combat politique, pour défendre la famille et les enfants, mais Dieu pourrait bien nous accorder par surcroît la pleine unité religieuse.

Enfin, parce que cette manifestation se dit bizarrement aconfessionnelle et apolitique. Combattant, dans ce dossier, pour la loi naturelle, nous pouvons naturellement rencontrer dans ce combat des personnes qui ne croient pas comme nous. Nous nous sommes réjouis de l’essai du grand rabbin Bernheim, de l’appel à manifester de certains imams, des réserves de certains militants socialistes à l’égard du projet gouvernemental, ou encore des oppositions de certains homosexuels. Mais cela ne nous empêche évidemment pas de participer au combat comme catholiques, et pas franchement bolcheviques !

Ce n’est donc pas manifestation aconfessionnelle et apolitique qu’il fallait dire, mais manifestation ouverte à toutes les confessions et toutes les sensibilités politiques. Y compris les catholiques. Y compris les catholiques attachés au Christ-Roi.

Mais, à la réflexion, il est clair que ces mauvaises formulations ne peuvent être que des lapsus. On voit mal comment les organisateurs de la « manif pour tous » pourraient demander des catholiques qui viendront manifester le 17 de retirer leur croix ou aux prêtres de quitter leur col romain ou leur soutane.

Nous y serons donc comme catholiques, comme visiblement catholiques, aux côtés de quelques prêtres amis.

Pour montrer notre désir d’unité et pour montrer notre détermination à faire capoter ce projet de loi catastrophique. Car, dans cette mobilisation, nous n’avons qu’un adversaire : le projet de loi.

 

Daniel Hamiche, porte-parole de Riposte catholique

Guillaume de Thieulloy, directeur de Riposte catholique

La prochaine revendication du lobby homosexualiste sera le mariage religieux!
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Grâce à une lectrice vigilante, je viens de découvrir cette déclaration de Christophe Girard, maire du IVe arrondissement de Paris, et militant actif du lobby homosexualiste (rappelons que nous utilisons fréquemment ce mot, ou le terme anglophone de lobby gay, parce que ledit lobby n’est absolument pas représentatif des homosexuels: son objectif n’est absolument pas le bien-être des homosexuels, ni même la soi-disant égalité des droits, mais bien le chaos social), sur la chaîne LCP (payée par nos sous, soit dit en passant…):

Je pense que les prochaines revendications viendront des hommes et des femmes homosexuels qui ont une religion, qui ont une foi et qui demanderont à leur église ou à leur temple, en tout cas à leur communauté religieuse, de célébrer des mariages religieux. Je pense que ce sera le prochain combat.

Vous avez bien lu: mariage religieux.

Personnellement, je le pensais depuis longtemps. Mais la plupart des hommes d’Eglise ou hommes politiques à qui j’en avais parlé haussaient les épaules.

La loi sur le mariage civil n’est pas encore passée que, déjà, les revendications suivantes sont formulées.

Nos “élites” comprendront-elles enfin que c’est le ‘toujours plus” qui règle les revendications du lobby? Rien ne pourra jamais le satisfaire. Raison de plus pour marquer un coup d’arrêt dès maintenant!

PS: pour ceux qui ne me croiraient pas, vous pouvez aller y voir sur place. C’est à peu près à 9mn25.

Le Grand Orient préfère-t-il Adolf Hitler au cardinal Vingt-Trois?
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Le communiqué du Grand Orient (dit par antiphrase ou par dérision “de France”) condamnant les propos du cardinal Vingt-Trois contre la dénaturation du mariage a déjà fait couler beaucoup d’encre et de salive. Mais il vaut la peine d’y revenir de plus près. Nous verrons ainsi à quel point les présupposés philosophiques de la franc-maçonnerie sont étrangers à la civilisation chrétienne, bien sûr, mais même à la civilisation tout court.

Voilà ce que déclare la “première obédience maçonnique” (si vous ne me croyez pas, ce communiqué est actuellement en ligne ici – mais peut-être n’y restera-t-il pas: on peut imaginer que les auteurs, rouges de confusion, se rendant compte de l’énormité du propos, le retirent prudemment!…):

La définition des droits de la personne ne dépend que de la volonté collective des hommes.

Le Grand Orient de France condamne fermement les propos de l’Église Catholique au sujet du projet de loi sur l’ouverture du mariage civil à tous les couples qui sera présenté au Conseil des Ministres mercredi prochain.
Ainsi, l’évocation par le Cardinal André Vingt-Trois de ” mutations profondes de notre législation qui pourraient transformer radicalement les modalités des relations fondatrices de notre société ” témoigne de positions arriérées voire obscurantistes en décalage complet avec les nécessaires évolutions sociales et politiques de notre temps.

Ce projet de loi vise à assurer une reconnaissance républicaine du libre choix matrimonial des individus qui le souhaitent, au nom de l’égalité des droits.

Au nom de la Laïcité, le Grand Orient de France rappelle que les Églises doivent se restreindre à la seule sphère spirituelle, et ne pas interférer, par des imprécations stigmatisantes et des amalgames violents et haineux, avec les légitimes débats publics et démocratiques qui président à l’évolution et au progrès des droits civils.

Je vois mal comment les propos du cardinal cités par le GODF pourraient témoigner de positions arriérées. Si nos interlocuteurs maçonniques ont appris à lire la même langue que nous, ils remarqueront que les propos cités ne sont qu’un constat et non une thèse. Ils peuvent, bien sûr, contester que le prétendu “mariage” homosexuel modifie radicalement les relations fondatrices de notre société (je leur souhaite bon courage!), mais ils ne peuvent rien en déduire sur les “positions arriérées, voire obscurantistes” du cardinal. Car, enfin, il ne manque pas de partisans de cette dénaturation du mariage qui partagent le constat avec l’archevêque de Paris – pour se féliciter, eux, que l’on en finisse avec le patriarcat ou Dieu sait quoi encore. On peut partager un constat et en déduire des conséquences politiques rigoureusement opposées.

Mais, là n’est pas le plus important.

Ce qui me semble gravissime, c’est l’assertion finale:

Au nom de la Laïcité, le Grand Orient de France rappelle que les Églises doivent se restreindre à la seule sphère spirituelle, et ne pas interférer, par des imprécations stigmatisantes et des amalgames violents et haineux, avec les légitimes débats publics et démocratiques qui président à l’évolution et au progrès des droits civils.

Je note que la laïcité est majusculaire au GODF et rien que cela suffirait à m’inquiéter! Mais, surtout, il est faux qu’au nom de la laïcité (en bon français, on dit “laïcisme”, mais, décidément, on a des difficultés avec la langue de Molière rue Cadet!), les Eglises soient tenues de se  restreindre à la seule sphère spirituelle. Le voudraient-elles, d’ailleurs, qu’elles ne le pourraient pas, car – cela a peut-être échappé aux bons “frères” en tablier de cochon! – les fidèles sont aussi des citoyens: si la morale que nous apprenons dans nos familles et nos Eglises nous interdit de rester inertes devant l’abrogation par décret de la famille naturelle, nous aurons un comportement politique spécifique. On peut éventuellement le déplorer, mais on ne peut rien y faire. Ou, plus exactement, on ne peut y faire qu’une chose: priver du droit de vote les catholiques. Comme me le faisait remarquer mon excellent confrère Daniel Hamiche, au nom de la “non discrimination”, il faudrait, par conséquent, priver aussi du droit de vote les musulmans, les juifs, les protestants, les bouddhistes, et tous les fidèles d’une quelconque religion. Plutôt que de publier ce communiqué incohérent, le Grand Orient aurait pu écrire plus simplement:

Au nom de la Laïcité, seuls les Français initiés au GODF ont le droit de vote.

Ce qui évidemment simplifierait les “légitimes débats publics et démocratiques”! Au passage, vous avez remarqué qu’ils ont le front de parler de “légitime débat”? Personnellement, étant complètement “arriéré, voire obscurantiste”, je ne crois pas qu’il soit légitime de demander au parlement de changer un homme en femme. Mais il faut être singulièrement gonflé pour oser parler de débat, alors que, précisément, la seule réponse que nous ayons obtenue, c’est: circulez, y a rien à voir. Les Français ont voté pour Hollande, ils auront le programme de Hollande. Même si les électeurs de Hollande (je veux dire, les vrais, ceux du premier tour) étaient moins de 25% du corps électoral. Même si cette promesse de campagne n’a que fort peu motivé le vote Hollande (alors qu’une partie non négligeable du vote Sarkozy, on l’oublie trop, a été motivé par le refus de cette mesure). Et même si, d’ailleurs, il est parfaitement évident que le programme de Hollande n’est quasiment pas entré en ligne de compte dans le vote Hollande: les Français voulaient virer Sarkozy; ils auraient voté pour une autruche pour obtenir ce résultat (pardon pour les autruches, je n’ai rien contre elles, c’est le premier nom d’animal qui m’est venu à l’esprit…). Bref, il faut la mauvaise foi (si j’ose dire, camarades rationalistes!) d’un frère la gratouille pour oser parler de débat dans cette affaire.

Quant aux amalgames violents et haineux, alors, là, ça déclenche un gigantesque éclat de rire: parler de mutations de société, c’est un amalgame? C’est violent? Mais ces gens ne savent donc ni lire, ni écrire?

Mais je m’égare: revenons à nos moutons. Le GODF en est donc resté à la conception de la “laïcité” de 1793: vous êtes catholique, allez zou, au rasoir national! Au moins, ça a la tranquille sérénité de la constance! Mais, alors, ne venez pas nous parler d’évolution de la société. Nous, figurez-vous, nous vivons au XXIe siècle, pas à la fin du XVIIIe!

Chers amis lecteurs, je ris pour éviter de pleurer, mais, quand je redeviens sérieux, je lis dans ce communiqué des propos clairement totalitaires:

1) Le GODF refuse aux catholiques le droit de parler, au nom de leur foi, dans l’espace public. Pour le dire simplement, il nous force à choisir entre nos libertés religieuses et son laïcisme. Le choix est vite fait!

2) Le GODF prétend nous offrir comme base de discussion, comme principe quasi religieux, l’idée que “la définition des droits de la personne ne dépend que de la volonté collective des hommes” (je précise que la phrase est en gras sur le site maçonnique et que cette insistance n’est donc pas due aux élucubrations de votre serviteur). Eh bien, voilà très exactement le principe commun au GODF, à Joseph Staline, à Adolf Hitler, à Maximilien de Robespierre, à Pol Pot et à quelques autres. Cela a peut-être échappé au Grand Orient, mais le IIIe Reich était un Etat de droit, dans lequel, comme dans l’Etat rêvé par les maçons, les droits de la personne ne dépendaient que de la volonté collective des hommes. Faible garantie en vérité! Demandez aux Juifs, demandez aux koulaks, aux Vendéens, aux Arméniens, ou aux enfants à naître, tous exterminés légalement, dans le plus strict respect des droits de l’homme – le seul hic, mais il est de taille, c’est que la volonté collective des hommes a malencontreusement décrété que ces personnes n’étaient plus des hommes.

Le Grand Orient de France a, par ce communiqué, au moins un mérite: il situe l’enjeu du combat dans lequel nous sommes à son exact niveau: soit nous suivons le cardinal Vingt-Trois, nous considérons que la dignité de la personne humaine nous échappe, et nous maintenons la civilisation; soit nous suivons le GODF, nous considérons que le droit est sujet à toutes les manipulations, et nous glissons (mais, hélas, nous y sommes en plein et depuis fort longtemps!) dans la barbarie totalitaire. Là aussi, notre choix est vite fait!

Lutte anti-terroriste et libertés publiques
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Mgr Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats, est intervenu lundi devant l’assemblée générale d’Interpol qui avait lieu à Rome. Mgr Mamberti a notamment évoqué, de façon remarquablement équilibrée, les relations entre la lutte anti-criminelle et la défense des libertés publiques:

En même temps, le développement des institutions démocratiques a permis d’affiner les techniques de protection de la liberté des individus et les modalités d’un usage proportionné et responsable de la force publique. Malgré cela, il reste toujours une marge de vulnérabilité devant la criminalité la plus atroce dont les manifestations remettent en cause les bases mêmes de la cohabitation civile, en attaquant l’échelle des valeurs sur lesquelles les institutions de l’État moderne sont fondées.

La défense et la promotion de cette échelle des valeurs est la première et la plus importante action de prévention de la criminalité. Si les pouvoir publics n’étaient plus en mesure d’agir de façon préventive dans cette direction, ils verraient par là même s’affaiblir leur propre légitimité. Une telle dérive est un risque à éviter avec attention : l’autorité publique qui a le devoir de gérer l’administration de la justice et de la sécurité, tire nécessairement sa propre vitalité et son autorité d’une constante référence à un ordre éthique objectif. Quand l’autorité perd le crédit et la confiance des citoyens et s’appuie seulement sur le formalisme juridique, sur la simple application des règles, sans un regard de vérité sur l’homme, cette autorité devient un géant aux pieds d’argile.

En soi, l’État démocratique doit offrir à tous les citoyens les mêmes garanties de défense des droits fondamentaux. On constate toutefois que, même dans des pays où des formes de gouvernement démocratique sont en place, ces droits ne sont pas toujours complètement respectés (cf. Jean-Paul II, Lett. Enc. Centesimus annus, n. 47).

Mgr Mamberti, en diplomate aguerri, évite le double écueil dans lequel tombent trop souvent les politiciens occidentaux: soit l’angélisme face aux menaces du crime organisé, et notamment du terrorisme; soit l’abolition des droits fondamentaux de la personne (de toute personne et de tout citoyen) sous prétexte de lutte anti-terroriste.

Il est clair que la lutte anti-terroriste est un point obscur de la réflexion politique: l’Etat de droit est, dans ce cadre, obligé de réfléchir aux conditions de sa propre suspension pour protéger ses ressortissants du terrorisme.

Je note cependant un point qui ne me semble nullement aller de soi dans la réflexion de Mgr Mamberti: il affirme que “l’État démocratique doit offrir à tous les citoyens les mêmes garanties de défense des droits fondamentaux”. Je ne vois, pour ma part, pas de raison s’opposant à ce qu’un Etat démocratique (ce qui, manifestement, dans ce contexte, est compris comme un synoyme d’un Etat de droit – même si, là non plus, cette synonymie ne va nullement de soi, puisque j’affirme, pour ma part, que l’Etat français était davantage un Etat de droit sous saint Louis qu’il ne l’est aujourd’hui où les innocents à naître sont réduits à une sous-humanité par une décision illégitime du parlement) offre des privilèges à certaines catégories de citoyens (comme, par exemple, la possibilité de célébrer son culte en public pour la vraie religion).

Le Nigéria a un ambassadeur près le Saint-Siège
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Depuis lundi, le Nigéria a un ambassadeur près le Saint-Siège: ce pays, meurtri régulièrement par les attentats des fanatiques islmamistes du Boko Haram, a décidé d’élever le niveau de sa représentation diplomatique au Vatican. Le premier ambassadeur est Francis Okeke.

Mgr Rosso expulsé du Tchad pour avoir défendu les pauvres
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Mgr Michele Rosso, évêque de Doha au Tchad, a été expulsé du pays le 13 octobre, pour avoir osé critiquer le gouvernement, notamment parce que les populations tchadiennes profitent peu des ressources pétrolières du pays, actuellement dirigé par le musuman Idriss Debny (photo).

Le cardinal Ricard dénonce la laïcisation de la société
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Le cardinal Ricard célébrant pontificalement le Saint-Sacrifice

“Ce qui me frappe […], c’est le glissement qui s’opère depuis une dizaine d’années, au moins dans certains secteurs de l’opinion, d’une laïcité de l’État à une laïcité de la société. Je dis tout de suite ma propre position et ce sera le contenu de mon intervention : ce glissement me paraît indu. C’est l’État qui est laïc, ce n’est pas la société. Celle-ci est plurielle.”

“Il y a dix ans, on voulait donner aux musulmans ce qu’on avait donné aux catholiques, aux protestants et aux juifs (bâtiments, aumônerie…). Aujourd’hui, on restreindrait volontiers ce qu’on avait donné aux catholiques (ou ce à quoi ils avaient droit) pour ne pas le donner aux musulmans (création d’une aumônerie scolaire dans un collège, affichage dans un lycée, voile sur les photos d’identité). Il faut d’ailleurs noter que pour éviter de donner l’impression d’une discrimination religieuse vis-à-vis d’une religion, même si le problème est spécifique à cette religion, on prendra une mesure qui touchera toutes les religions, pour ne pas faire – dit-on – de discrimination envers une religion (par ex. l’interdiction de tout signe ostentatoire dans l’espace scolaire).”

Ce ne sont que deux passages, mais particulièrement significatifs, de l’intervention faite par le cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux, lors d’une conférence prononcée au Centre Saint-Louis de Rome, le 27 septembre 2012, sur le thème de la laïcité.

En distinguant laïcité de l’État et laïcité de la société, le cardinal Ricard offre un angle intéressant permettant de concilier la séparation de l’Église et de l’État avec l’affirmation du lien privilégié qui doit continuer d’unir la société française et le catholicisme en dépit de la sécularisation qui nourrit “un processus d’éloignement de notre société vis-à-vis de sa référence chrétienne”.

On lira avec profit l’intégralité de la conférence de l’ancien président des évêques de France sur le site de l’agence Zenit.

Signez vite la lettre à Laurent Fabius pour défendre les chrétiens d’Orient!
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Nos confrères de l’Observatoire de la christianophobie ont mis en ligne la lettre que Daniel Hamiche, rédacteur en chef de ce blogue associé à Riposte catholique, et Guillaume de Thieulloy, directeur de notre site, ont adressée à Laurent Fabius, après avoir révélé au public francophone une vidéo d’une inqualifiable barbarie, montrant l’égorgement d’un jeune musulman converti au christianisme.

Cette lettre, il faut maintenant qu’un maximum d’internautes la signent pour que la France retrouve enfin son rôle traditionnel de protection des chrétiens d’Orient.

Pour signer, il vous suffit de laisser votre courriel ici:



N’oubliez pas de faire suivre à tous vos contacts: nous devons absolument être des milliers à manifester notre horreur devant cette abominable massacre et, de façon générale, devant les persécutions que subissent nos frères en Orient.

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