Communication P

L’incendie de Notre-Dame de Paris ne suscite guère d’intérêt en haut lieu de la CEF
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Depuis une semaine, strictement rien n’est apparu à son propos dans la rubrique “Actualité de l’Eglise” du site internet de la Conférence des évêques de France (ni même ailleurs sur ce site). La COP 24 était sans doute davantage digne d’intérêt.

Il faut descendre la page et aller sur les vidéos pour découvrir une réaction de Mgr Aupetit et une de Mgr Chauvet.

Le site du diocèse de Nantes fait peau neuve
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Avant :

Et bientôt (le 25 avril) :

Présentation :

 

Quelques réactions épiscopales à propos de Notre-Dame de Paris
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Glanées ici et là dans la presse (cliquez sur les liens) :

N’hésitez pas à ajouter en commentaires d’autres liens vers des réactions d’évêques.

L’évangile selon Marcel
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La campagne du denier du diocèse de Marseille est originale :

Qui confisque le discours dans l’Eglise qui est en France ?
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Céline Béraud, sociologue de l’EHESS et spécialiste (?) du catholicisme, est interrogée dans Libération à propos de l’assemblée générale des évêques français.

Les fidèles se sentent très déstabilisés. La crise des abus sexuels s’ajoute au constat qu’ils dressent depuis longtemps, à savoir que l’Eglise catholique est en déclin en France. Ils voient qu’il y a de moins en moins d’enfants au catéchisme et que les églises se vident. Cette vague énorme de scandales arrive dans ce contexte où les catholiques se vivent déjà comme devenant une minorité. Certains d’entre eux estiment en outre que l’institution et sa hiérarchie leur ont menti. Ce sentiment existe chez des catholiques pratiquants, très attachés à l’Eglise mais dans laquelle ils n’ont plus confiance.

Je perçois aussi de la colère. Les fidèles ont l’impression que l’Eglise fait face à un danger énorme et n’hésitent pas à se référer à des moments historiques tels que la Réforme protestante du XVIe siècle. A l’extérieur, leurs réseaux amicaux et professionnels les interpellent pour qu’ils rendent des comptes sur ces abus sexuels. Et ils sont désemparés pour trouver les mots permettant d’en parler.

Il y a eu, semble-t-il, un basculement depuis le début de l’année. Qu’en pensez-vous ?

Le contexte était déjà là. Mais il y a eu, c’est évident, une accélération en février-mars avec la sortie du film de François Ozon, Grâce à Dieu, que beaucoup de catholiques sont allés voir, la publication du livre Sodoma de Frédéric Martel au sujet de l’homosexualité au Vatican, les suites du procès du cardinal Barbarin, le sommet sur la pédophilie au Vatican et le documentaire d’Arte sur les abus sexuels commis à l’encontre de religieuses qui a beaucoup frappé les esprits, mettant en cause notamment les Frères de Saint-Jean, une congrégation religieuse qui a incarné le renouveau catholique pendant les années 80 et 90.

Les scandales qui frappent l’Eglise catholique tournent autour de la sexualité. Pourquoi ?

Depuis une quarantaine d’années, son discours a été axé sur les questions de morale sexuelle. L’Eglise catholique, en la matière, posait une grande exigence. Elle se disait même prophétique. Mais les comportements qui viennent d’être dénoncés à travers la crise de la pédophilie et les abus sexuels à l’encontre des religieuses constituent autant de contre-exemples délétères. Il me semble même que si le cardinal Philippe Barbarin a autant cristallisé sur sa personne les critiques relatives au silence des autorités ecclésiales par rapport à des affaires dont elles avaient connaissance, c’est parce que lui-même s’est placé à la tête de combats qui concernaient la morale sexuelle.

Que demandent, selon vous, les catholiques pratiquants ?

Ils veulent débattre, s’exprimer, prendre la parole ! La plupart des fidèles jugent insuffisant ce qui leur a été proposé jusqu’à maintenant, c’est-à-dire des prières et des célébrations pour les péchés de l’Eglise ou les prêtres qui ont fauté. Ils ont aussi cette exigence qu’il faut se tourner vers la justice civile, que les cas soient traités comme ils doivent l’être.

Mais je perçois quelque chose de plus profond : une remise en cause des modalités d’exercice de l’autorité dans l’Eglise, une libération de la parole sur la question du rapport entre prêtres et laïcs, sur la place des femmes au sein de l’institution, y compris dans la hiérarchie. Pour moi, qui travaille sur ces questions depuis une vingtaine d’années, c’est très inattendu. J’avais entendu ces questionnements mais seulement aux marges du catholicisme, dans des groupes qui avaient pris leurs distances avec l’Eglise et non pas parmi des fidèles qui demeurent attachés à leur institution.

Est-ce que cela signe le déclin de la Manif pour tous et des mouvements conservateurs très présents sur le devant de la scène depuis 2012 ?

Ce qui se passe actuellement donne à voir la pluralité interne du catholicisme. Les mouvements conservateurs ne sont pas ceux qui prennent actuellement la parole. Depuis les débats sur le mariage pour tous, ils avaient pourtant confisqué le discours catholique. La crise des abus sexuels est une opportunité – et non pas une instrumentalisation, que ce soit clair – d’entendre d’autres voix qui avaient été étouffées depuis les années 80 et 90.

Dire que les mouvements conservateurs ont “confisqué” la parole ne manque pas de sel. Alors que nous sommes des parias dans l’Eglise qui est en France, que tous les médias invitent systématiquement des progressistes comme l’abbé de La Morandais, les dames Soupa et Poletti, Golias, La Croix et consort, et que l’appareil de la CEF nous est extrêmement hostile, qu’il refuse de nous parler, de nous écouter… Mais Mme Béraud est une spécialiste du catholicisme…

Abus sexuels : la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France accuse l’Eglise
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La Conférence des religieux et religieuses de France est née en 2008 de la fusion de deux conférences :

  • la CSM (Conférence des supérieures majeures – congrégations féminines)
  • la CSMF (Conférence des supérieurs majeurs en France – instituts masculins)

Véronique Margron en est la présidente et, à ce titre, elle était invitée sur Europe 1 hier pour évoquer les abus sexuels :

 

Mgr Leborgne : le célibat n’est pas du tout le problème
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L’évêque d’Amiens n’est pas d’accord avec Mgr Wintzer. Il a organisé vendredi à Amiens une rencontre avec des fidèles sur le thème des abus sexuels et il répond au Courrier picard :

L’affaire Stéphane Gotoghian, ancien prêtre d’Amiens, Albert et Fressenneville, condamné par la justice, a fait grand bruit dans la Somme…

Il y a eu cette affaire avant que j’arrive. Une des premières choses que j’ai faite, est de permettre aux prêtres d‘en parler. J’ai senti que c’était très important. Dans la Somme, nous sommes globalement épargnés, mais nous ne sommes pas un très gros diocèse, je ne sais pas si c’est lié. Toujours est-il qu’un cas, c’est un cas de trop. Je pense aux victimes, j’ai rencontré des familles et c’est insupportable. Quelle blessure ! Je suis responsable d’une Église, je veux que l’on fasse tout pour que ça ne se reproduise pas. Des gens sont fragiles et vulnérables, il y en aura toujours, mais que l’on s’organise pour ne pas se laisser avoir.

Qui avez-vous invité à cette soirée ?

J’ai écrit une lettre aux fidèles, entre 6000 et 8000 personnes l’ont reçue, et je leur ai dit que nous vivions un moment difficile, qu’il fallait que nous fassions un travail de vérité. Je leur ai donné deux ou trois éléments de repère, et je leur ai dit aussi qu’il fallait que l’on avance. Il fallait que nous fassions cette soirée que j’ai appelé « abus de pouvoir, abus sexuels, abus de conscience dans l’église, et si on en parlait ? ». Nous sommes donc ce soir (Ndlr : vendredi) à Amiens, mais je n’exclus pas du tout de le faire dans d’autres villes de la Somme.

Comment les prêtres vivent-ils la situation ?

Nous comptons un peu moins de soixante-dix prêtres dans la Somme. Et ils sont blessés par ce qu’il se passe. Quand on est prêtre, on est là pour aimer les gens, et quand on voit que certains prêtres ont abusé de la confiance des gens, on est blessé. Par exemple, si on aime les huîtres, si un jour on tombe sur une mauvaise huître, on se dira que les huîtres sont mauvaises. Ils voient bien que tout cela décridibilise complètement l’Église. Il y a parfois des raccourcis qui font que l’on suspecte tous les prêtres. Mais ce n’est pas parce qu’on a un enseignant pédophile, que tous les enseignants le sont.

On constate une accumulation d’affaires tout de même…

Une seule, c’est déjà trop. Mais je pense que d’autres instances ne sont pas forcément mieux situées que nous. Il se trouve que nous, nous avons l’évangile. Et on nous dit que nous n’aurions jamais dû nous laisser entraîner. Ce qui est vrai.

Le problème est donc pris très au sérieux ?

Je crois que l’on fait beaucoup de choses. Je suis évêque depuis 5 ans, et ça fait 4 ans qu’à toutes les rencontres d’évêques – il y en a deux par an – on parle de ce sujet, et nous n’en parlons pas qu’un peu. La dernière fois, nous avons travaillé avec 10 victimes. Il a fallu du temps pour que l’on prenne conscience de la profondeur de la souffrance. On travaille pour savoir ce qu’il faut que l’on change, que l’on sache ce qui ne va pas. Et maintenant, il s’agit de mettre tous les chrétiens dans cette réflexion, dans cette démarche.

Le mariage des prêtres peut-il être une solution ?

Depuis le 11e siècle, un choix a été fait, et on demande le célibat pour devenir prêtre. Sur le fond, je n’ai pas de problème avec ça, je pense que cela a du sens. On ne m’a rien imposé à moi, on m’a donné 11 ans pour réfléchir avant de donner ma parole. Je pense que le célibat n’est pas du tout le problème, Toutes les statistiques montrent que cette horreur qu’est la pédophilie n’a pas pour cause principale le célibat.

«Pédophilie: l’Église doit se porter partie civile!»
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Selon les avocats Pierre-Olivier Sur, ancien Bâtonnier du Barreau de Paris, et Pierre Masquart, avocat au Barreau de Paris, dans Le Figaro :

L’Église n’a pas choisi le bon camp. «Je ne vois pas de quoi je suis coupable», a déclaré le cardinal Barbarin devant le tribunal correctionnel de Lyon, comme s’il s’agissait d’une formule tirée de l’Évangile. Mais n’aurait-il pas fallu qu’il se place, dès le début et inconditionnellement, au côté des victimes? Car telle est évidemment la mission de l’Église rappelée par le Pape François lors du sommet sur la protection des mineurs: «défendre et protéger les mineurs abusés, exploités et oubliés où qu’ils se trouvent».

Or, si l’Église, à travers le cardinal Barbarin, ne l’a pas fait, c’est pour trois raisons. La première relève d’une méconnaissance surprenante de ce que peuvent représenter les souffrances traumatiques et post-traumatiques que portent les victimes. La seconde tient à une erreur de droit, qui a pu faire croire que le secret de la confession est non seulement général et absolu, mais aussi, que son caractère sacré aurait une portée si large qu’il couvrirait tout le périmètre de la relation entre l’évêque et les prêtres de son diocèse. La troisième raison est purement financière, puisque si les dommages-intérêts alloués par les tribunaux en France aux victimes n’ont jamais ruiné aucune institution, tel n’est pas le cas aux États-Unis.

L’Église n’a pas choisi le bon camp.

C’est dans ces conditions qu’un sophisme s’est petit à petit forgé urbi et orbi pour déterminer la doctrine de l’Église, depuis la défense choisie dans la célèbre affaire de Mgr Pican, où l’évêque n’avait pas dénoncé le prêtre sous le prétexte du secret. Or, que les choses soient claires: le secret de la confession, qui est à juste titre protégé par le Code pénal de notre République laïque, en tant que secret professionnel (article 226-13 CP), ne concerne pas la confidence du prêtre à son évêque. D’ailleurs, les usages veulent que l’évêque ne soit pas le confesseur des prêtres en son diocèse, pour ne pas gêner le rapport hiérarchique. Et en outre, comme le secret médical, le secret de la confession connaît une exception en droit: sa violation est légalement autorisée pour donner l’alerte par un «signalement au parquet» en cas d’atteinte à l’enfance (article 226-14 CP). Ainsi, dans notre droit – et c’est bien – il n’y a pas de secret qui vaille pour protéger l’agresseur sexuel de mineurs, qu’il soit prêtre ou non!

Donc la règle est simple: face à des confidences coupables, l’évêque invite le prêtre à se dénoncer. À défaut, il effectue un «signalement in rem» au parquet. Tel est l’acte nécessaire de sûreté publique qu’on attend de l’Église. Il s’agit d’une protection de la société, qui n’est pas un préjugement contre le prêtre… car ensuite, ce sera la justice et elle seule, qui se chargera d’enquêter, d’instruire, de poursuivre, de juger, éventuellement de condamner.

Chacun comprendra que l’évêque, tel un père dont le fils aîné aurait violé le cadet, se positionne au procès à côté de ce dernier, sans refuser de tendre la main au premier.

Mais la règle est à deux détentes. L’Église doit aller plus loin que le devoir de signalement lorsque, au bout de l’enquête du parquet, il y a une instruction pénale et un procès correctionnel ou d’assises. Il faut qu’elle se «constitue partie civile» et qu’elle en incarne la démarche, par la présence de l’évêque à l’audience, à côté de la victime. À l’image du Christ. Sur le même banc. Épaule contre épaule avec la victime. Pour que la souffrance, par un transfert de charge (comme au rugby on passe le ballon), trouve une justice réparatrice. Pour autant, il ne s’agit pas d’abandonner le prêtre qui s’est dévoyé. Chacun comprendra que l’évêque, tel un père dont le fils aîné aurait violé le cadet, se positionne au procès à côté de ce dernier, sans refuser de tendre la main au premier. En procédure pénale, la constitution de partie civile n’est pas dirigée contre l’accusé ou le prévenu – rôle dévolu au procureur qui lui seul est habilité à réclamer une peine – mais pour la victime.

Cette démarche a été mise en œuvre avec succès, il y a treize ans devant la Cour d’Assises de Melun par Mgr de Montléon. L’arrêt du 25 octobre 2006 a dit et jugé sa constitution de partie civile recevable et bien fondée. Mais la jurisprudence ainsi obtenue a été étonnamment ignorée, voire rejetée par la majorité des évêques. Or, le sens de ce «précédent ayant force de droit» ne doit plus se heurter à un mur froid et déterminé, comme une gravure janséniste du XVIIe siècle, qui utilise le voile gris du secret de la confession là où d’autres le faisaient avec le secret des familles. Puissent les treize années qui ont suivi la courageuse démarche de Mgr de Montléon, non pas lui donner la place des Cassandres de l’Église, mais inviter ses nouveaux pasteurs à prendre la juste mesure des choses et à se constituer partie civile auprès des petits pour les «protéger des loups avides». C’est ce qu’attendent les juristes et les victimes mais aussi ceux qu’on appelle… les fidèles.

Un évêque, un livre : Mgr Ravel
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Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, publie un livre aux Éditions Artège, dont le titre est « Comme un cœur qui écoute, la parole vraie d’un évêque sur les abus sexuels ». Le livre est sorti en librairie le 20 mars.

C’est au contact des victimes d’abus dans l’Église que la parole de Mgr Ravel s’est affermie. C’est ainsi qu’il est un des premiers évêques à publier une lettre pastorale sur le sujet « Mieux vaut tard », à la suite du Pape François, et à entamer une profonde réforme de son diocèse pour les les esprits changent. Remettant les victimes à la première place, demandant justice pour les bourreaux, il voudrait que tous comprennent que personne n’a à craindre de la vérité et que justice et miséricorde ne s’opposent pas. Il veut œuvrer contre la « gangrène » qui a envahi l’Église et appelle à la conversion de tous pour que de tes actes ne soient plus couverts et que les victimes soient reconnues comme telles et soutenues.

La Croix et ses idéologies subrepticement instillées via le courrier des lecteurs
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Ce matin sur Twitter, l’évêque de Gap Mgr Malle s’est plaint publiquement de La Croix :

L’occasion de se désabonner de ce journal et de cesser d’y abonner les curés avec l’argent du denier ?

L’abbé de La Morandais dérape, Mgr Aupetit condamne
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La nouveauté de cette information ce n’est pas le nouveau dérapage de l’abbé des médias. Cela nous y sommes habitués, même si ce dernier est particulièrement abject. Non, la nouveauté réside dans la réaction de l’archevêque de Paris :

 

Message de Mgr Jacques Benoit-Gonnin suite au terrible attentat qui vient de frapper deux mosquées en Nouvelle Zélande
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Rapide comme l’éclair, l’évêque de Beauvais publie un communiqué :

Aux croyants musulmans de l’Oise,
Aux femmes et aux hommes éprouvés par tout ce qui est indigne des hommes,

Sans en connaître tous éléments, nous apprenons le terrible attentat qui vient de frapper deux mosquées, en Nouvelle Zélande. Ils ont fait de trop nombreuses victimes.

En cette circonstance dramatique, avec les chrétiens catholiques de l’Oise, je veux exprimer notre proximité de cœur et de peine aux familles des victimes et aux croyants musulmans éprouvés par cet acte inhumain et profondément révoltant.

Alors qu’un certain nombre de personnes, un peu partout, voudraient nous jouer sur les peurs et tendre les relations interreligieuses, nous prions Dieu d’inspirer à tous des sentiments de paix, la seule qui honore Dieu, la paix enracinée dans le respect de l’autre, dans l’humanité des cœurs tellement grands quand ils sont solidaires, et la recherche de la justice.

Le cléricalisme de Mgr Moutel
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Le 5 mars, le Conseil d’Administration de la radio chrétienne RCF Côtes d’Armor s’est conclu par la démission de son président et de 4 administrateurs.

La raison ? La censure par l’évêque, Mgr Moutel, d’une émission consacrée à la stratégie de conquête des pays musulmans. Cette émission, diffusée le 11 février, n’a pas été rediffusée, comme c’est l’usage, et l’enregistrement n’est plus accessible sur le site.

L’évêque de Saint-Brieuc et Tréguier a en effet exigé le retrait de l’entretien enregistré lors de la venue, le 29 janvier,  du président du parti Chrétien Démocrate, Jean-Frédéric Poisson dans les Côtes d’Armor. Il était interrogé sur son livre « L’islam à la conquête de l’occident, une stratégie dévoilée », dans lequel il explique comment 57 pays musulmans ont signé un texte officiel visant à conquérir la civilisation occidentale.

Le président de RCF Côtes d’Armor, mis devant le fait accompli, a démissionné ainsi que quatre membres du Conseil d’Administration.

Que fait Mgr Moutel de la légitime liberté des laïcs ? A l’heure où le pape dénonce vivement le cléricalisme, cette affaire montre que, en France, nous avons un chemin à faire pour nous libérer d’un épiscopat étouffant…

Nouveau site internet pour le diocèse de Besançon
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La nouveauté commence par une nouvelle adresse : www.diocese-besancon.fr

Si, pour le moment, l’ancien site est toujours accessible, il ne sera plus mis à jour et disparaitra d’ici quelques mois.

Le site a une nouvelle adresse mais aussi un nouveau design (inspiré du logo du diocèse) et plus d’ergonomie : vous pouvez désormais le consulter aussi bien sur votre ordinateur que sur votre téléphone.

Le site, bien qu’il soit mis en ligne, est toujours en construction.

 Mgr Brac de la Perrière reconnait ses erreurs
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Déclaration de Mgr Thierry Brac de la Perrière, évêque de Nevers :

La justice a statué sur les accusations de non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs, dont j’ai fait l’objet avec d’autres personnes. J’accueille ce verdict, qui prononce ma relaxe tout en m’estimant coupable de ce délit. Comme je l’ai dit à l’issue des débats, au mois de janvier, je reconnais les erreurs que j’ai pu commettre lors de l’entretien avec l’une des victimes – la seule dont j’aie eu connaissance. J’ai mal apprécié la portée de cette démarche. Je reconnais ma négligence dans cet entretien pastoral, au cours duquel j’aurais dû parler explicitement avec la victime des suites à donner à cette affaire.

Je réaffirme que je n’ai pas eu l’intention d’entraver la justice, et que mon seul souci était l’écoute de la victime.

Je souhaite par ailleurs souligner qu’au-delà du jugement et de ses conséquences pour chaque personne, ce procès aura permis de faire un pas supplémentaire dans la prise de conscience de ce drame des atteintes sexuelles sur mineurs, et des conséquences durables sur leur développement humain et spirituel. Ces violences sont encore plus choquantes lorsqu’elles viennent de membres de l’Eglise, et celle-ci est légitimement mise en cause à travers ces scandales qui ne cessent d’émerger. Il reste à créer les conditions pour que cela ne se reproduise pas, notamment dans un meilleur accompagnement des prêtres et des responsables éducatifs.

Le procès des responsables du Père Preynat va désormais laisser place au procès du prêtre lui-même. Puissent les victimes avancer, à travers tout cela, dans le chemin de leur reconstruction. Puisse l’Eglise avancer sur un chemin de guérison. Puisse toute la société s’interroger sur le traitement d’affaires similaires.

Un lien entre le manque de fécondité de l’Eglise depuis 70 ans et le cancer des abus sexuels
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Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, vient de publier Comme un cœur qui écoute (Artège, 2019) sur la douloureuse question des abus sexuels. Il répond à Cath.ch :

En ce moment, toutes les semaines on découvre qu’un nouveau pasteur, voire un évêque ou un cardinal a commis des abus sexuels. Que vous inspirent ces révélations?

En devenant évêque il y a 10 ans, j’ai découvert l’ampleur des abus sexuels dans l’Eglise. Elle ne fait que se confirmer, les chiffres tombent montrant les dégâts importants commis à tous les niveaux. Que ce soit un simple prêtre ou un cardinal ne change pas grand-chose à la douleur des victimes, mais, pour l’institution ecclésiale, le retentissement est lourd. Non seulement certains responsables n’ont pas été clairs dans la façon de gérer ces affaires, mais ils ont été directement impliqués.

C’est un séisme dans mon cœur d’évêque. Tous les jours, dans un acte de foi, je renouvelle mon amour pour l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, car ces événements pourraient faire trembler ma foi.

Vous affirmez, et le pape le rappelle, que ces drames concernent tous les chrétiens. Pourquoi? Ce sont les évêques et les supérieurs de séminaires les premiers concernés…

Je dis à ceux qui voudraient passer à autre chose :«ayez le courage de regarder, ces affaires vous concernent, même si vous n’êtes pas fautifs». Sans culpabiliser les chrétiens, il faut les responsabiliser; nous sommes tous membres d’un seul corps: le Corps du Christ, nous participons à ses joies et ses souffrances. Nous sommes invités à porter ces drames et leurs victimes par la prière, le jeûne et la pénitence. Par notre vigilance, nous pouvons aussi prévenir ou limiter ces abus.

Celui qui découvre qu’il est atteint d’un cancer, prend les moyens de lutter contre, même si une chimiothérapie est lourde et fatigante. Aucun malade ne dira: «les consultations médicales suffisent, je passe à autre chose». Aujourd’hui l’Eglise est atteinte d’un cancer métastasé. Nous ne sommes qu’au milieu du gué, d’autres révélations vont tomber et ailleurs que dans les pays occidentaux. Je pense à l’Asie, l’Inde ou l’Afrique, pays à forte catholicité. En Afrique on sait qu’il n’est pas rare que des prêtres ou des évêques abusent de jeunes religieuses novices sous l’œil complice de leurs supérieures. Aujourd’hui ne pas affronter ces questions, comme laïcs ou comme consacrés serait suicidaire.

Vous voyez un lien entre le manque de fécondité de l’Eglise depuis 70 ans et le cancer de la pédophilie. Quel est-il?

Les témoignages des victimes nous permettent de prendre conscience des ravages visibles, mais aussi invisibles. Le corps du Christ qu’est l’Eglise est d’abord lié par des relations sacramentelles, non visibles mais réelles. Chaque sacrement reçu dans la foi nourrit la communion de l’Eglise. Les abus sexuels au contraire distillent un poison qui l’altère depuis des dizaines d’années. Une part de l’infécondité de l’Eglise qui voit ses rangs et ses séminaires se vider depuis un demi-siècle est sans doute en partie due à ces contre-témoignages.

Vous avez rencontré plusieurs victimes de votre diocèse, qu’est-ce qui vous marque chez elles ?

J’ai rencontré plus d’une vingtaine de victimes, ma première constatation, c’est que, même quand les faits sont très anciens, la blessure est toujours ouverte, certains y repensent tous les jours. Beaucoup de chrétiens ignorent ce que vit une personne qui a été abusée par un prêtre; comment arriver ensuite à continuer à croire en Dieu, à trouver du sens à sa vie? L’autre point qui me touche est la confiance que ces victimes font à l’Eglise en allant voir un évêque pour parler. Certains de nos contemporains rejettent violemment l’Eglise, demandent à être débaptisés, mais comment s’en étonner s’ils ont été les souffre-douleurs d’un homme d’Eglise?

Tous les enfants peuvent être des cibles à un moment ou un autre, les parents doivent les mettre en garde, leur apprendre à être prudents, sans non plus les plonger dans un climat de peur. Il faut aussi savoir qu’en cas de problème, le viol ou l’abus créent un phénomène de sidération qui empêche l’enfant de parler.

Peut-on repérer les «prêtres abuseurs»?

Il n’est pas si facile d’identifier ces prêtres. Le père Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, crapuleux et pervers, a berné des évêques et même le pape. Mystérieusement, malgré tout, la grâce de Dieu, par la communion de l’Eglise, a pu parfois porter des fruits à travers lui. Saint Augustin disait que quand Pierre ou Judas l’Iscariote baptisait, à chaque fois, Jésus baptisait parce que chacun avait été ordonné prêtre.

Nous avons à faire un effort de discernement pour suivre, non pas des fortes personnalités séduisantes, mais pour revenir à l’évangile.

Les abuseurs que j’ai rencontrés sont le plus souvent dans le déni, ils essaient de se faire passer pour victimes. Ils présentent des personnalités immatures et autocentrées, souvent perverses au sens psychiatrique. Ils sont séducteurs et capables de manipulation: celle-ci est par définition peu détectable. Brillants, ils agissent en prenant leur temps, abusant de leur statut de prêtre; ils bernent les familles dont ils sont amis comme leur communauté paroissiale. Ils la divisent souvent: suscitant des opposants farouches d’un côté et de l’autre des fidèles admiratifs.

Les fidèles ont à faire preuve de respect mais aussi de maturité vis-à-vis de leurs pasteurs. Nous avons à faire un effort de discernement pour suivre, non pas des fortes personnalités séduisantes, mais pour revenir à l’évangile dans lequel Jésus nous met d’ailleurs en garde contre les mauvais bergers et les faux prophètes. Les saints prêtres sont effacés, leur humilité les rend transparents au Christ. Lui seul est digne de confiance, Il est le seul sauveur. Voilà ce qu’affirmait, il y a 15 siècles, saint Augustin confronté aux mêmes questions.

Le fait de vouloir éviter les scandales a contribué au pourrissement du système écrivez-vous. Qu’est-ce qui peut l’assainir et éviter de nouveaux abus?

C’est LA question aujourd’hui. Un certain nombre de victimes et de media ont été un peu déçus par les résultats trop peu concrets du sommet sur les abus sexuels à Rome qui s’est déroulé du 21 au 24 février dernier. L’institution va devoir nous guider, que signifie par exemple la tolérance zéro? Réduit-on les auteurs de ces crimes, condamnés par la justice civile, à l’état laïc? Comment les empêcher de nuire? Ensuite on pourra penser à la prévention, à l’accompagnement des victimes. Si L’Eglise n’est pas claire, son attitude lui sera reprochée, par une société elle-même laxiste, qui aurait d’ailleurs intérêt à considérer ce problème dans ses institutions et dans les familles.

Dieu permet ces drames pour purifier son Eglise, dites-vous, c’est-à-dire?

Cette douloureuse prise de conscience apporte un peu plus de lumière. Et il faut, comme le Pape François l’a fait, remercier les media qui se sont attaqués à ces tabous. Nous devons prendre en compte ces actes radicalement opposés à l’Evangile, ce dernier appelle à ne pas scandaliser le petit, à protéger le faible. Les prêtres qui commettent ces abus sinistres exploitent la Parole de Dieu de façon inacceptable faisant le jeu du Malin. Saint Jean-Baptiste rappelait que nous avons à être sans cesse en état de conversion. Rien dans nos vies ni dans celle de l’Eglise n’est acquis une fois pour toutes.

Aujourd’hui, le seul chemin possible pour l’Eglise est de rentrer dans une démarche de reconnaissance de ses fautes devant l’opinion publique. Elle s’est trop mise en avant depuis plusieurs décennies, au lieu d’annoncer son Seigneur. Elle porte un trésor dans des vases d’argile et doit rester dans l’humilité pour le transmettre et le protéger.

Sur le film d’Ozon, Mgr Ravel s’était aussi exprimé :

Emission sur Arte : la communauté Saint-Jean, la CEF et la CORREF s’expriment
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A la veille du Carême, Arte diffuse un reportage sur les abus sexuels subis par des religieuses, qui s’en prend au fondateur de la Communauté Saint-Jean :

À la suite du témoignage bouleversant d’une victime du père Marie-Dominique Philippe diffusé ces derniers jours, les Frères de Saint-Jean tiennent en premier lieu à redemander pardon à toutes les victimes de celui-ci.

Les Frères de Saint-Jean condamnent toute situation d’abus sexuel et de pouvoir et réaffirment leur engagement, en communion avec le Pape François, dans la lutte contre les abus. Ils ont conscience de porter une histoire communautaire d’environ 45 ans marquée douloureusement, par les abus sexuels de leur fondateur – révélés en 2013 sur la propre initiative du Prieur général – et ceux commis par des frères, ainsi que par les erreurs passées dans la gestion de cas d’abus sexuels, notamment par manque de prise de conscience de la souffrance des victimes et par manque de formation et de procédures.

Des dysfonctionnements tels que ceux qui ont eu lieu dans le passé ne seraient plus possibles aujourd’hui et ce depuis plusieurs années. Et tout cas signalé est traité conformément à la justice civile et ecclésiastique.

Nous comprenons que des victimes puissent toujours être en colère vis-à-vis de notre Communauté. Dans un courrier adressé à tous les frères pour faire le point sur cette question douloureuse des abus, le Prieur général écrivait le 20 février dernier « Je veux profiter de ce courrier pour demander pardon aux victimes qui ne se sont pas senties assez écoutées et/ou accompagnées (…). Je veux demander pardon aux victimes de notre fondateur ou à celles d’un de nos frères ».

Un travail important a été entrepris avec courage et détermination depuis des années par le gouvernement des Frères de Saint-Jean afin que les erreurs et les fautes du passé ne se reproduisent plus. Le 18 février 2019, le Vatican a adressé un courrier1 au Prieur général, « reconnaissant le travail entrepris, [le Dicastère] souhaite encourager tous les Frères et Sœurs de Saint-Jean à poursuivre ce chemin, humblement, avec courage, confiance et détermination. »

Le Prieur général dans son courrier aux frères du 20 février 2019 précise : « Pour lutter contre les abus multiples et la culture interne qui les a rendus plus facilement possibles, il fallait au moins travailler sur quatre plans : 1) la formation des frères ; 2) la possibilité pour les victimes d’être tout de suite entendues ; 3) la possibilité de traiter sérieusement et rapidement les cas qui se présentent ; 4) la possibilité d’accompagner les victimes d’abus et de les aider vraiment ». En effet, depuis plusieurs années, de nombreuses actions ont été mises en œuvre et ont porté à la fois sur le discernement, la formation initiale et continue des frères sur les questions de vie affective et sexuelle, la prévention de la pédophilie, l’accompagnement spirituel, les procédures en cas de témoignages mettant en cause un frère, avec en particulier la création d’une commission en 2015 comportant notamment deux laïcs dont une psychologue, et qui implique une totale collaboration avec Rome et les autorités civiles. Pour tout cela, nous faisons appel à des personnes compétentes extérieures à la communauté.

Nous rappelons que toute personne peut saisir directement la commission SOS par mail à l’adresse suivante : [email protected] ou la cellule d’écoute de la Conférence des Évêques de France [email protected]

Notre engagement à corriger ce qui doit l’être est aussi motivé par le désir que ne soit pas occulté le bien qui se fait dans la cinquantaine de prieurés que compte Les Frères de Saint-Jean sur les 5 continents ; et que la vie de la très grande majorité des frères, consacrée au service de Dieu et des hommes, continue à être signe d’espérance dans le monde.

Le Prieur général concluait ainsi son courrier aux frères du 20 février : « Étant donné la force du charisme johannique que nous avons reçu, notre fraternité qui m’a encore étonné lors de nos récents chapitres vicariaux, toutes les épreuves que nous avons traversées ensemble, tout le travail accompli, je suis convaincu, que le Cardinal Braz de Aviz [préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée au Vatican], dans sa lettre de juin 2016, avait raison de nous dire : « Que des jeunes puissent être appelés à la vie religieuse dans votre Famille Saint-Jean est un bien pour eux et pour l’Église » . Le travail entamé ensemble portera certainement du fruit pour notre Communauté à moyen terme, même si c’est dans les larmes qu’il faut semer. »

La CEF ajoute de son côté :

La chaîne Arte diffusera ce soir 5 mars  un reportage terrible et dramatique sur les abus sexuels dont des religieuses ont été victimes de la part de religieux ou de prêtres  diocésains. La Conférence des évêques de France s’associe pleinement à la Conférence des Religieux et Religieuses de France (CORREF) dans sa profonde indignation, sa tristesse et sa colère. C’est d’abord vers les religieuses et religieux, victimes de ces abus, que la CEF tourne ses pensées et ses prières. Tous les évêques de France veulent leur apporter leur soutien.

La lutte contre les abus sexuels et toute autre sorte d’abus dans l’Eglise est aujourd’hui une priorité que chacun doit porter en pleine responsabilité. C’est le message que les Présidents de conférences épiscopales du monde entier ont partagé récemment à Rome lors de la rencontre pour la protection des mineurs que le Pape François avait souhaitée. C’est avec cette conviction que la CEF et la CORREF poursuivent leurs efforts pour accueillir et écouter les personnes victimes mais aussi, avec elles, pour continuer ce combat contre tout abus dans l’Eglise : abus de pouvoir, abus de conscience, abus sexuels.

Et la Conférence des Religieux et Religieuses de France :

Le 5 mars, la chaîne ARTE a diffusé un documentaire sur les abus sexuels dont des religieuses ont été et sont victimes. Ce reportage est glaçant et ce qu’il dépeint difficilement supportable. Ce qu’il montre de complicités, de mensonges, de trahisons, de déni, de perversions et de comportements criminels et impunis, est insoutenable. Nous sommes sidérés par ce que nous avons vu et entendu.

Si l’on peut discuter tel ou tel commentaire, ce film montre une cruelle et effroyable réalité. Comme le disait le cardinal Salazar Gomez, archevêque de Bogotá, durant le sommet qui vient de se tenir à Rome « pour la protection des mineurs », « l’ennemi est à l’intérieur ». Nulle part ailleurs.

Le reportage repère des causes internes à l’Église : le caractère sacré du prêtre et du religieux, un pouvoir omnipotent, une conception avilissante de l’obéissance, un machisme parfois viscéral, une fourberie hallucinante et une réification des femmes, y compris quand elles se retrouvent enceintes. Il nomme aussi des causes exogènes comme le dénuement de religieuses ou de la communauté. Une précarité qui peut occasionner un véritable marchandage sexuel dont des supérieures sont alors complices.

Avions-nous, ici en France, connaissance de l’ampleur de ces ignominies ? La réponse est non. Si nous avons tragiquement dû apprendre qu’il est des agresseurs, des prédateurs, des violeurs, dans notre Église, imaginer des situations qui confinent à l’organisation de la prostitution forcée, « d’esclavage sexuel » comme le disait le pape François en rentrant d’Abu Dhabi, le 7 février dernier, et de plus sous couvert de vœux religieux est à peine croyable.

Si nombre de responsables d’Instituts religieux féminins internationaux sont très attentives à la protection de leurs sœurs, spécialement dans tel ou tel continent ou circonstances, le travail des journalistes d’investigation d’ARTE rappelle l’ampleur de ce qui reste à faire.

À commencer par – comme pour la pédocriminalité – en finir avec l’impunité des abuseurs et avec les complicités actives ou passives. Mais aussi débusquer, encore et toujours, le lien mortifère entre les abus de pouvoir, les abus spirituels et les agressions sexuelles.

Seule fenêtre d’espérance dans ces 90 minutes : des religieuses, des religieux et des laïcs qui se dressent avec un grand courage, à Rome, au Québec, aux États Unis, en Afrique et partout contre ces crimes et ces délits insupportables et accompagnent les victimes.

La Corref, pour sa part, est déjà engagée dans le combat contre tous les abus. Il est et sera long. Mais notre détermination est totale à soutenir les victimes, à épauler les Instituts et les responsables qui mettent tout en place pour protéger leurs membres et dénoncer les faits. L’Union internationale des Supérieures Générales , à Rome, s’est prononcée très clairement afin que toutes les sœurs qui ont été et sont victimes puissent sans crainte prendre la parole, sachant alors qu’elles seront écoutées, accompagnées, protégées.

La Corref se fait le relais de cet appel et de cette supplication afin que personne ne soit délaissé.

Là où nous, responsables dans l’Église, avions charge, au nom du Christ serviteur, de protéger les enfants et les personnes vulnérables, de soutenir la conscience, la dignité, la liberté et l’espérance de celles et ceux qui avec confiance rejoignent la vie religieuse, nous avons collectivement gravement failli. C’est un malheur autant qu’un scandale qui n’est pas excusable.

Il nous incombe aujourd’hui de dire cette faute, responsable de vies fracassées, et de nous engager ici et partout, afin que cela ne puisse se perpétuer . L’engagement de tous dans l’Église et l’aide de compétences extérieures sont indispensables.

Par ailleurs, Marie Philippe, nièce du père Marie-Dominique Philippe, souhaite faire connaitre sa totale désapprobation pour la mise en cause de ses oncles alors même qu’aucun tribunal civil ni canonique n’a établi les faits allégués. Vous trouverez sur son site construit spécialement à cet effet toutes les raisons et les pièces qui conduisent à son intervention.

“Une prise de pouvoir sur les autres” ?
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Suite à cet article, une lectrice de Perepiscopus nous propose quelques réflexions :

Voici les éléments relevés, suivent des interrogations et des réflexions.

“Sur ce sujet, nous adoptons une posture raisonnée. Nous ne voulons pas développer un discours de persécutions. Nous n’avons pas le désir de nous faire plaindre. Le judaïsme est porteur dans son histoire d’une lutte continuelle contre des groupes antisémites. Nous, les catholiques, aujourd’hui en France n’avons pas à affronter de telles violences au quotidien !

Vous ne partagez donc pas le diagnostic, porté notamment par Laurent Wauquiez et Éric Ciotti, sur l’existence actuellement en France d’une « cathophobie » ?

Non. Des individus se servent de tout pour abîmer l’Église, mais ce n’est pas un phénomène dominant. Nous ne sommes pas victimes de « cathophobie » ! Une évolution culturelle a modifié le rapport entre la religion et l’organisation de la vie en société, voilà le point. Je ne vois pas quels faits permettent à ces politiques de tenir un tel discours. Un chrétien vit ce qu’il a à vivre, à la manière du Christ et non en profitant d’aubaines pour stigmatiser. Il ne serait pas bon de rentrer dans une problématique qui ressemblerait à une prise de pouvoir sur les autres. “

Quelques questions suite à cet étrange texte:

1 “Le judaïsme est porteur dans son histoire d’une lutte continuelle contre des groupes antisémites.”

“Lutte continuelle” ? le terme “antisémite” a été utilisé depuis le 18 ème siècle seulement.

2- “Nous, les catholiques, aujourd’hui en France n’avons pas à affronter de telles violences au quotidien !”

“violences au quotidien” ? n’est-ce pas exagéré ?

3 – “et non en profitant d’aubaines pour stigmatiser”

“aubaines” ? les profanations ?!

“stigmatiser” qui ? des anti-catho ?

C’est vrai qu’il n’y a pas à donner de nom spécifique à ceux qui sont hostiles à l’Eglise Catholique ! Car en stigmatisant, en désignant, en donnant un nom à l’expression d’une hostilité, on crée un mot qui devient lui-même un mot terrible, instrument pour supposer et accuser les autres, mot diabolique. Le mot “antisémite” en est l’exemple et même modèle universel. Ce mot est une arme diabolique pour produire le mal qu’il veut soit disant dénoncer tous azimuts, tous suspectés.

En écrivant “stigmatiser. Il ne serait pas bon de rentrer dans une problématique qui ressemblerait à une prise de pouvoir sur les autres. ” Mgr Pontier écrit une phrase remarquable et qu’il serait bien, en termes appropriés, de commenter largement. Mgr Pontier écrit “stigmatiser… prise de pouvoir sur les autres. ” ! Là , il montre précisément que le mot qui stigmatise une hostilité, est utilisé comme moyen “de prise de pouvoir sur les autres” . C’est bien exactement ce qui est fait avec le mot “antisémite…”. C’est un moyen de prendre le pouvoir sur les autres. Et une arme terrible, puisque arme légale !

Il faut souligner cette phrase remarquable de Mgr Pontier “stigmatiser. Il ne serait pas bon de rentrer dans une problématique qui ressemblerait à une prise de pouvoir sur les autres. “

On a à déplorer les faits de profanation, à effectuer cérémonies et prières de réparation, en temps que catholiques. Mais par un dépôt de plainte, à laisser à la Loi et la Justice des hommes à s’occuper des coupables. Il n’y a pas effectivement à prendre une attitude victimaire ou de victimisation pour “une prise de pouvoir sur les autres”.

Ce n’est pas drôle
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Mais chez Famille chrétienne, ils devraient relire leurs titres…

Europe : quand des diocèses reprennent la propagande de La Croix
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Le Bulletin paroissial St Colomban en pays de Quimperlé reprend in extenso un article de Clémence Houdaille paru dans le quotidien officieux de la CEF, La Croix, du 14 février, et plaidant pour un soutien à l’actuelle Union européenne.

C’est un véritable matraquage entre l’appel des évêques d’Europe sur les élections et la conférence avec deux fanatiques de l’Union européenne.

Le même bulletin osera-t-il évoquer le prochain livre de Philippe de Villiers sur ce sujet délicat ?

Ces diocèses qui refusent d’informer sur les vols et profanations
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Notre confrère Daniel Hamiche, qui trime tout ce qu’il peut pour rassembler les multiples affaires de christianophobie, est très étonné de la rétention d’information dans les diocèses de France. Pourtant, informer c’est sensibiliser la population.

Ainsi, le 16 février, un article du quotidien Le Parisien informait qu’il y avait eu une tentative d’incendie d’une « petite chapelle d’une église » dans le diocèse d’Arras. Daniel Hamiche a envoyé un courriel au responsable diocésain cité dans l’article :

« Dans son édition du 15 février, le quotidien Le Parisien rapporte vos propos : « […] Michel Tillie, en charge de la valorisation du patrimoine au diocèse d’Arras (Pas-de-Calais) dans lequel deux édifices sont dotés de caméras. Récemment, les images du dispositif, transmises aux forces de l’ordre, ont permis de retrouver un homme qui avait voulu incendier la petite chapelle d’une église. “Quelqu’un qui n’avait pas tous ses esprits”, décrit-il. » Pourriez-vous me préciser de quelle chapelle il s’agit et la date de cette tentative d’incendie ? »

Une semaine après sa demande, il reçoit la réponse de Mme Monique Durbise, responsable du service d’Art sacré du diocèse :

« Je suis désolé [lire désolée] mais la Commission Diocésaine d’Art Sacré ne souhaite pas divulgué [lire divulguer] ces informations. Sans être un secret, ce n’est pas utile de savoir précisément où les faits ont eu lieu. Ce qui est important c’est de les analyser pour mieux les éviter. »

Informer permet aussi souvent d’éviter…

« Père et mère » déclaration de Mgr Bruno Feillet
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Mgr Bruno Feillet, Président du Conseil Famille et Société de la CEF et évêque auxiliaire de Reims, communique suite au vote de l’Assemblée nationale remplaçant les mentions de père et mère sur les formulaires scolaires par ceux de Parent 1 et Parent 2 :

Une fois encore, nous constatons, à regret, une tentative au Parlement qui, au prétexte d’unifier les démarches administratives, déconstruit la réalité familiale. Il n’est pas indifférent pour un enfant de se recevoir, en particulier à travers les formulaires administratifs, d’un père et d’une mère. Loin d’être « arriérée » ou « dépassée » cette pratique de mettre « père » et « mère » permet à chacun d’entre nous de se repérer dans les générations qui se succèdent. L’école, en particulier, se doit de participer à cette perception profondément structurante.

Cette aseptisation administrative de la vie familiale représente le énième avatar de la théorie du genre qui voudrait qu’il soit indifférent d’avoir des parents de même sexe ou de sexe différents. De plus, dans aucune famille, y compris les rares familles où il y a deux adultes de même sexe, on ne se présente comme parent un et parent deux. Faut-il, enfin, se demander qui serait le numéro un et qui serait le numéro deux parmi les parents ? Et en cas de divorce, le numéro deux deviendra-t-il numéro un ? Nous voyons-là tout le ridicule de cet amendement.

Nous espérons que le bon sens puisse reprendre toute sa place pour le bien premier des enfants !

Un évêque chez les Gilets jaunes
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Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, écrit dans la Nef :

Un célèbre vers de Térence dit : « Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. » L’Église est humaine (en même temps que divine !) et elle a donc à être attentive à tout ce qui est humain. Le concile Vatican II et, après lui, le pape saint Jean-Paul II, pouvait écrire que « par le mystère de l’incarnation Dieu s’était en quelque sorte associé à tout homme » (Redemptor hominis). La crise des Gilets jaunes qui se déroule depuis des semaines devant nous ne peut manquer de nous interroger : elle affecte tout le monde, elle ne vient pas d’un groupe spécifique ou d’une catégorie professionnelle. Il ne semble pas qu’il y ait un quelconque leader, une majorité de la population, selon les sondages, la soutient.

Ces quelques éléments montrent ce que les analystes ont précisé : un mouvement spontané, qui ne veut dépendre de personne, qui exprime un cri : celui du peuple qui en a assez de voir son pouvoir d’achat diminuer, ses droits s’amenuiser et ses conditions de vie de plus en plus dégradées. Beaucoup d’entre eux, quand ils sont proches de la retraite, sont désemparés et se demandent comment ils vont vivre à deux avec 800 euros par mois. Ces réalités m’ont touché et j’ai voulu manifester la compassion de l’Église auprès de ces personnes. Notre pape François ne nous redit-il pas que nous devons être « une Église en sortie » ?

Publication d’une lettre « aux catholiques et aux habitants du Tarn-et-Garonne »

Le 7 décembre j’ai pris l’initiative d’une « lettre ouverte » qui va courir les réseaux sociaux dont le titre était explicite : « Rendre leur dignité aux travailleurs ». Dans cette lettre je me suis largement appuyé sur la pensée sociale de l’Église, cette « Doctrine sociale » développée depuis le XIXe siècle et que réactualise sans cesse l’enseignement des papes actuels. J’insistais sur le sens du travail qui permet à la personne d’avoir un espace de valorisation. Trop de personnes en France, aujourd’hui, ne peuvent plus vivre du fruit de leur travail et cette réalité touche les jeunes générations et les anciennes dont les retraites sont insuffisantes. Je soulignais que notre société est livrée au profit, à la rentabilité, à la performance et « le petit » n’y a plus sa place. Il est donc nécessaire de refonder la relation entre le travail et le capital, de rendre à nos concitoyens un moyen de participation aux décisions économiques et financières. Enfin je souhaitais que les pouvoirs publics entendent ce cri de détresse et que le gouvernement écoute et tende la main.

Mais, une fois ce courrier parti, j’étais insatisfait et, le lendemain 8 décembre, je suis allé sur le rond-point le plus emblématique. Après la surprise, le dialogue s’est vite noué et j’ai pu partager ces souffrances, ces inquiétudes que portent les hommes et les femmes qui vont pendant des semaines rester dans le froid et la pluie pour se faire entendre. Les cabanes ou « tentes » sont leur refuge jusqu’au jour où elles seront systématiquement démolies. Dans la plus grande il y avait un sapin de Noël et une crèche en carton (que l’on m’a demandé de bénir) et j’ai aussi béni la nouvelle cabane que les forces de l’ordre ont détruite. Je suis retourné plusieurs fois sur ces lieux. J’ai compris que leur demande ne concernait pas d’abord l’argent mais le besoin d’être reconnus, la recherche de la compréhension. Ils ont l’impression que beaucoup sont reconnus dans leurs difficultés et qu’eux ne le sont pas parce qu’ils se sentent les victimes du système économique. Les exemples de leur situation étaient probants : gagner 600 euros par mois pour une femme de 60 ans en distribuant des journaux la nuit avec une vieille voiture permet difficilement de vivre correctement, ou à 30 ans avoir travaillé trois mois dans l’année et cru à des promesses d’embauche qui ne sont jamais suivies d’effet. J’entends aussi cet homme jeune handicapé qui pourrait (et voudrait) travailler et qui reçoit 380 euros par mois au titre de son invalidité. Comment vivre ? Je devrais ajouter les plaintes au sujet de médicaments qui ne sont plus remboursés ou de soins médicaux inaccessibles

Comment ce malaise nous interroge-t-il ?

Il est évident que cette crise nous rejoint. D’abord elle affecte gravement notre société et en souligne les carences. Malgré les discours lénifiants, depuis des années, la France va mal. Des réformes seraient indispensables. Malheureusement nos gouvernants, ces dernières années, ont préféré des réformes « sociétales » aux réformes sociales. Par exemple, il n’y avait pas urgence à légiférer sur l’union homosexuelle, il n’y avait pas nécessité de revoir les lois de bioéthique en faveur de l’euthanasie ou de la PMA et de la GPA. Les personnes concernées par ces sujets demeurent une minorité et une minorité plutôt favorisée. Au contraire il s’agissait de développer ce qui promeut la dignité de ceux qui, par leur travail, ont droit à être reconnus. Il n’est pas juste que des activités contraignantes, comme le travail de la terre ou le travail à l’usine ne permettent pas de vivre dignement. La recherche du plein-emploi est la première mission d’un gouvernement. C’est par le travail que la personne humaine se réalise. « Le travail humain, écrivait saint Jean-Paul II, ne concerne pas seulement l’économie mais implique aussi et avant tout des valeurs personnelles » (Laborem exercens). Dans la même encyclique Jean-Paul II rappelle que « le travail est le fondement sur lequel s’édifie la vie familiale qui est un droit naturel et une vocation pour l’homme » (ibidem). Ce sont les grands principes du bien commun, de la subsidiarité et de la fraternité qui sont à retrouver. Que disent les Gilets jaunes de nos ronds-points ? Ils disent qu’ils forment une famille et qu’ils ne se disputent pas, même sur les sujets (en général politiques) sur lesquels ils seraient en désaccord. Ce « vivre ensemble » que l’on veut imposer se crée là tout naturellement, la parité hommes-femmes est aussi surprenante ! Il y a quelque chose du rêve démocratique dans ces tentatives de fraternité. En résumé, il est frappant de voir comment les aspirations mises en avant par les Gilets jaunes ont un fond chrétien certain.

La quête d’un monde meilleur

En raison de cette dernière remarque je peux dire volontiers que le mouvement des Gilets jaunes est en recherche de Dieu. Nous assistons à une démarche qui, inconsciemment, est de l’ordre spirituel. Ces hommes et ces femmes attendent plus qu’un supplément d’argent, plus que des aides financières, ils attendent d’être aimés. L’un d’entre eux, un jour, m’a dit : « Vous êtes ici chez les Nuls, on est tous des Nuls. » Ce sentiment est douloureux et, comme citoyen de France et comme chrétien, je ne peux pas l’entendre. Le défi est donc de redonner confiance à ces personnes et de les soutenir pour avancer. Confusément des balbutiements de foi apparaissent : « Priez pour moi, je n’y arrive plus. » « Quand j’étais jeune j’allais à la messe… c’était le bon temps ! »

Il est vrai aussi que pour beaucoup d’entre eux la piété populaire avait de l’importance dans leur pratique religieuse. La mise de côté ou, du moins, la recherche d’une foi plus « formée », plus argumentée, en a détourné de l’Église. Leur attachement à des traditions locales, à des pèlerinages, à des dévotions populaires n’a pas toujours été respecté et ils se sont sentis frustrés. Tel cet homme, la cinquantaine alerte, motard chevronné, qui m’a parlé avec émotion de la vie du Padre Pio et de sa prière régulière auprès de la statue du saint dans une des églises de Montauban.

Mais au-delà apparaît une quête de sens pour eux, pour leurs enfants et leurs petits-enfants. Ils se sentent incapables de transmettre parce qu’ils ont été rejetés, mis de côté, méprisés. Revêtir un gilet jaune c’est reconnaître qu’on est au bord de la route, plus ou moins en détresse et qu’on attend une main secourable. Tels sont les familiers de nos ronds-points depuis ce mois de novembre où ils se sont retrouvés pour exprimer leur souffrance. Je suis allé vers eux, je les ai écoutés et je leur ai dit « le Seigneur vous aime », me rappelant la phrase du psalmiste : « Un pauvre crie, le Seigneur entend » (Ps 33, 7).

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