Culte divin

Messe carnavalesque
Download PDF

Messe costumée en l’église Sainte-Thérèse à Coudekerque (Nord), avec le père Yves Béguin et la bénédiction du vicaire épiscopal Bruno Cazin.

Jusqu’au Haut Moyen-Âge on communiait dans la main : fake news
Download PDF

Suite aux récentes mesures de l’épiscopat français sur l’interdiction de la communion sur la langue dans certains diocèses, les lecteurs sont nombreux à réagir.

Pour justifier ses “mesures de précautions” le diocèse de Paris a publié une vidéo pleine de mensonges et d’approximations.

Voici donc quelques éléments:

On vous raconte qu’au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, le rite de la communion aurait comporté la manipulation des hosties consacrées par les fidèles se tenant debout. Avec cette présentation historique, on peut évidemment faire passer ensuite la nouveauté pour une vieille tradition remise à l’honneur.

En fait, il s’agit là d’une tentative malhonnête de justifier par une coutume prétendument « antique » la pratique récente, bien postérieure au concile Vatican II (1962-1965) et, de plus, absolument pas ordonnée ni même prévue par celui-ci. Feuilletez donc attentivement les documents conciliaires et vous constaterez que nous disons vrai.

Quant au véritable rite antique de la communion à genoux et sur la langue, on vous raconte de manière tout aussi trompeuse que ce serait un phénomène médiéval. Or, pour mentionner brièvement ici quelques éléments de réfutation, signalons que le pape Sixte I (117-126) avait déjà interdit de toucher les mystères sacrés si l’on ne faisait pas partie du clergé (ut mysteria sacra non tangerentur, nisi a ministris). Le pape Saint Eutychian (275-283) interdira que la communion à porter aux malades soit confiée à un laïc ou à une femme (nullus praesumat tradere communionem laico vel feminae ad deferendum infirmo). Déjà Tertullien de Carthage (160-250) attestait que la sainte eucharistie était reçue uniquement du prêtre et pas d’autrui (nec de aliorum manu sumimus). Le pape Saint Léon I (440-461) notait, pour sa part, que l’on reçoit en bouche ce qui est cru par la foi (hoc enim ore sumitur quod fide tenetur). Plus tard, à savoir en 536, le pape Saint Agapet I accomplira un miracle de guérison après avoir donné l’hostie en bouche à quelqu’un (cumque ei Dominicum corpus mitteret in os). C’est le pape Saint Grégoire I (590-604) qui le relate, attestant également la pratique de l’Église dans les premiers siècles de l’ère chrétienne.

En l’an 380, le concile de Saragosse avait en son canon 3 lancé l’anathème contre ceux qui voudraient encore toucher la sainte eucharistie comme en temps de persécution. Saint Basile, Père grec et Docteur de l’Église (329-379), avait expliqué qu’en des circonstances pareilles et en l’absence de prêtre ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades, on avait pu jadis « recevoir la communion au moyen de sa propre main ». L’historien Eusèbe de Césarée (270-339) attestait déjà au livre VI de son « Histoire ecclésiastique » que cela se faisait seulement en cas de véritable nécessité. La pratique normale avait toujours été que les fidèles communient à genoux et sur la langue. Devant des abus locaux, le concile de Rouen rappellera en 650 cette norme apostolique, interdisant la communion avec les mains (nulli autem laico aut feminae Eucharistiam in manibus ponat, sed tantum in os ejus).

En Orient, le concile de Constantinople statuera pareillement en 692, frappant d’excommunication tous ceux qui s’aviseraient de prendre l’hostie en main alors qu’un évêque, un prêtre ou un diacre sont disponibles pour la leur dispenser en bouche. Dans une homélie sur la première épître à Timothée, Saint Jean Chrysostome (347-407) indiquait déjà cette humble et pieuse attitude de réception de la part des fidèles : « Que rien d’amer ne sorte de la bouche qui a été gratifiée d’un si grand mystère ; que la langue, sur laquelle le divin Corps a été déposé, ne profère rien de déplaisant. »

On ne vous rapporte pas des citations de ce genre. On ne vous donne aucune référence pertinente, pas même celle alléguée comme étant de Saint Cyrille de Jérusalem (313-386), à savoir les « Catéchèses mystagogiques » dont on vous épingle un passage cité hors de son contexte qui aurait pu vous faire réaliser que ce n’est pas un texte chrétien normal. En effet, on vous cite seulement ce qui fait penser à la pratique moderne : « Lorsque tu t’avances pour Le recevoir, ne t’approche pas sans respect, les paumes des mains grandes ouvertes ou les doigts écartés ; mais avec ta main gauche, fais un trône pour la droite où va reposer le Roi. Reçois le Corps du Christ dans le creux de ta main et réponds Amen.»

Les passages sautés sont notamment ceux-ci : « Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps » et puis, après avoir bu au calice, « lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier.» (sic)”

Mgr Centène encourage la communion spirituelle
Download PDF

Voilà qui nous change un peu de l’obligation de communier dans la main :

Afin de contribuer à la lutte contre cette épidémie et de suivre les dernières recommandations transmises hier soir par M. le ministre des Solidarités et de la Santé, Mgr Centène, évêque de vannes, demande à l’ensemble des prêtres des paroisses du diocèse de Vannes de respecter les mesures suivantes au cours des messes et autres célébrations dans leurs églises :

    • Remplacer la communion eucharistique par une communion spirituelle ou proposer de recevoir la communion dans la main ;
    • Ne pas proposer de communion au calice pour les fidèles (ni par intinction) ;
    • Demander aux prêtres concélébrants de communier par intinction ;
    • Pour le lavabo de l’offertoire et pour celui qui suit la communion, on peut utiliser une aiguière avec de l’eau savonneuse ;
    • Pour toutes les formes de bénédictions ( par exemple bénédiction d’enfant) éviter tout contact ;
    • Demander aux ficèles de ne pas échanger de poignée de main en signe de paix pendant les messes (préférer un signe de la tête) ;
    • Vider les bénitiers présents dans les églises.

Pour les fidèles, nous rappelons que la communion par intinction, réservée aux prêtres, consiste à recevoir la communion en trempant l’hostie consacrée dans le vin consacré.

Mgr Centène invite à prier pour les personnes atteintes de cette maladie, et d’une façon plus générale pour tous les malades et tous les soignants.

Mgr Centène remercie chacun pour le respect de ces consignes temporaires, jusqu’à nouvel ordre.

Communion dans la main : des fidèles choqués
Download PDF

Un lecteur donne ces quelques conseils à nos prêtres en ces temps obscurs de coronavirus…

  • Supprimer les occasions de contamination que sont la quête, les chants d’assemblée, l’usage d’un même micro par une foule de lecteurs et animateurs, la concélébration.
  • Remplacer la “feuille de messe” par un livre personnel et réutilisable.
  • Pour éviter l’échange de miasmes, tourner le célébrant dos à l’assemblée.

Un autre écrit aux évêques :

Vos Excellences,

Avec tout le respect filial que je vous dois en tant que successeur des apôtres et princes de l’église, je vous écris cette lettre, en exerçant mes droits selon le canon 212 du code du droit canonique. 

Depuis quelques semaines, le coronavirus (Covid-19) se trouve sur le territoire national, ainsi les évêques de nombreux diocèses ont pris des précautions afin de limiter la transmission du virus parmi les fidèles rassemblés pour les offices, surtout la messe, ce qui pose un défi particulier en raison de la distribution de la communion.

Je copie ci-dessous les instructions du communiqué de votre frère l’archevêque de Paris :

  • proposer la communion uniquement dans les mains des fidèles et refuser de la donner dans la bouche
  • ne pas proposer de communion au calice pour les fidèles
  • demander aux concélébrants de communier par intinction
  • demander aux fidèles de ne pas échanger de poignée de main en signe de paix pendant les messes
  • vider les bénitiers présents dans l’église

D’une part, les fidèles doivent comprendre les raisons pour lesquelles Son Excellence Mgr Aupetit a agi pour protéger ceux qui assistent dans les églises parisiennes, puisque un prêtre a déjà circulé parmi les clercs du diocèse, après avoir attrapé le virus en Italie. Evidemment, personne ne veut que les fidèles deviennent malades à cause du contact auprès leurs prêtres durant une liturgie.

D’autre part,  en interdisant la réception de la communion sur la langue, les évêques ont posé des problèmes aux consciences des fidèles qui ne reçoivent le Saint Sacrement que dans cette façon.

Permettez-moi de raconter l’histoire de ma vie spirituelle depuis mon adolescence, ce qui me conduit à écrire cette lettre à vous, Messeigneurs les évêques de France.

Quand j’avais sept ans, j’ai fait ma première communion dans un esprit pieux, portant une jolie chemise blanche et une cravate un beau dimanche d’avril. Nous avons appris à présenter nos mains, la droite dessus la gauche, dans la manière d’un petit trône afin de recevoir Notre Seigneur dans une manière révérante.  Puis, nous avons pris la main gauche pour lever l’hostie blanche à nos bouches, faisant ensuite le signe de la croix avec la main droite comme d’habitude, dans un acte d’amour et de reconnaissance au Seigneur. Telle est la manière dans laquelle j’ai reçu la communion jusqu’à l’âge de douze ans, lorsque j’ai découvert le christianisme dans sa plénitude, selon sa tradition, c’est-à-dire, dans la liturgie traditionnelle célébrée en latin selon les livres liturgiques d’avant le Second Concile du Vatican.

Afin de profiter du sacrement de confession, étant un garçon adolescent comme tous les autres, où les changements du corps et de l’esprit rendent plus difficile la tâche de contrôler les passions. (je parle non seulement de la luxure, mais de toutes les passions : les adolescents changent beaucoup dans tous les domaines de vie et posent un défi à l’école, chez eux, etc.), ma famille a cherché une solution spirituelle au combat entre l’esprit et la chair qui se trouve chez moi (encore, mais certainement à l’époque de mes douze ans).

Puisque la paroisse territoriale n’offrait la confession qu’une petite demi-heure le samedi après-midi, ce qui ne suffisait pas, on est arrivé chez les prêtres de la Fraternité St-Pierre, où, au-delà des horaires généreux de confession (tous les jours, avant toutes les messes publiques), j’ai trouvé très agréable la messe en latin. Elle étaient, sinon plus révérencieuses a priori, célébrées d’une manière où on peut trouver le silence et la paix intérieur, quelque chose très profond, très beau, que je n’ai jamais vu auparavant.

J’ai aussi découvert la théologie du pape Benoît XVI, ce qui a laissé une marque profonde dans mon âme grâce à son amour pour Jésus Christ, rédempteur de tous, et pour la sainte liturgie qui le manifeste sur chaque autel, dans chaque tabernacle, aux quatre coins du monde, jusqu’à la fin du temps.

Enfin, bref, après quelques années de service fidèle à l’autel en forme ordinaire, où on pouvait recevoir sur la langue mais non sur les genoux, pour assurer l’unité de l’assemblée (un euphémisme, peut-être, pour éviter un conflit avec l’archevêque) je suis passé à la messe traditionnelle, où il n’y a pas de choix : la communion est distribuée seulement sur la langue de chacun qui se met à genoux. Ici on est tous d’accord : selon l’enseignement de l’Eglise, les espèces du pain ou du vin (pour quelqu’un atteint de la maladie) suffisent, chacune contenant le Corps et le Sang du Seigneur, son âme et sa divinité, quel que soit l’argument pour la distribution habituelle ou occasionnelle des deux espèces au sacrifice de la messe. (Si vous me permettez une digression, je dois noter qu’il a fallu aux prêtres durant les premières concélébrations dans les années 60 leurs propres patènes et calices ainsi qu’une hostie et du vin. Autrement dit, seulement ceux qui étaient directement autour de l’autel ont concélébré la messe au début : vous pouvez même voir les images prises dedans la basilique St-Pierre qui montrent ceci.)

J’aurai vingt-cinq ans cet été, ce qui veut dire que je n’ai pas touché le Corps du Christ avec mes mains depuis treize ans, car j’avais douze ans au moment où j’ai pris la décision de ne plus recevoir l’eucharistie dans la main. Ce n’est plus seulement une question de choix, mais d’habitude et de pensée, c’est-à-dire, je n’imagine pas la possibilité de toucher l’hostie, même en cas d’urgence. Je préférais lâcher le sol que prendre l’eucharistie dans les mains si je trouvais une hostie tombée, comme en Chine communiste pendant la révolution maoïste ou même dans nos églises françaises d’aujourd’hui. Il est tout à fait impensable que je fasse autrement, au moins si mes mains ne sont pas ointes par l’évêque selon la tradition de l’Eglise romaine durant la cérémonie d’ordination sacerdotale.

Nous venons d’entrer au désert pour passer quarante jours de jeûne et de prière comme Notre Seigneur et déjà nous sommes avec lui afin de passer les heures de sa Passion. Il ne m’échappe pas qu’il n’y a plus d’eau bénite, comme après la messe de la cène, et pour ceux qui célèbrent selon le rite traditionnel, ni de Saint-Sacrement, comme le vendredi saint. Mais nous ne sommes pas prêts ! C’est pourquoi il faut le Carême, pour nous aider d’entrer dans la Passion. Je dirais qu’il vaut mieux un monde sans les messes publics suivant les ordres d’un gouvernement, hostile ou non, que celui où nos évêques eux-mêmes nous privent de sacramentaux et même le Corps du Seigneur lui-même sans provocations.

Oui, vous me répondriez, mais qu’en est-il du saint pape Pie X et la réforme de l’âge de raison et la fréquence de réception ? Vous auriez raison, à mon avis, si vous me posiez cette question. Notre situation n’est guère très traditionnelle, mais l’on ne doit pas prendre ce précieux don des fidèles, certainement sans leur laisser la possibilité de discerner leur propre fréquence de reception, en tenant compte de toutes les risques à leur santé, après avoir confessé et fait pénitence.

Je ne me traîne pas trop sur le droit canonique, mais vous avez créé un conflit, parce qu’il y a un droit de non seulement recevoir le Saint-Sacrement si vous vous présentez au prêtre (cf. le canon 912) mais de se mettre aux genoux et recevoir sur la langue. En fait, l’indult Memoriale Domini, qui permet la réception du sacrement dans la main, prévoit que la réception sur la langue soit toujours préservée. Rien n’a abrogé ce document du pape saint Paul VI. Chez les Américains, la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a même corrigé la Présentation Générale du Missel Romain pour préserver ces deux droits et éviter une correction des fidèles par le prêtre en faveur de la réception debout et dans les mains, ce qui est explicitement condamné par la même congrégation romaine.

Voici, tout ce que je dois vous dire, Vos Excellences.

Seigneur, ayez pitié de nous. Jésus-Christ, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.

Rassurez-vous de mes prières. Je baise vos saints anneaux.

Un jeune catholique

Communion dans la main : le coronavirus les rend fous
Download PDF

Voici le communiqué de Mgr Michel Dubost, administrateur du diocèse de Lyon :

Coronavirus : consignes pour nos assemblées eucharistiques

Il est du devoir de chacun de tout faire pour ne pas être agent de la propagation du coronavirus (Covid-19).
Evidemment j’appelle les catholiques à être exemplaires et à suivre scrupuleusement les consignes des autorités publiques.

En ce qui concerne nos assemblées eucharistiques, je demande pour éviter tout risque de contamination :

Que le geste de paix soit un salut souriant sans aucun contact physique.
Que le « pain eucharistique » soit exclusivement donné dans les mains (et non dans la bouche) et qu’il n’y ait pas de communion des fidèles au sang du Christ.

Ces mesures seront levées lorsque les risques de toute contamination auront disparu.

L’évêque de Beauvais a demandé également que la communion ne devra plus être donnée sur la langue, que le geste de paix se fera sans poignée de main, que les bénitiers seront nettoyés et vidés.

Jeanne Smits a traduit sur son blogue un message de Mgr Athanasius Schneider sur la réception de la sainte communion en temps de pandémie, dans lequel il dénonce l’interdiction faite dans certains diocèses de donner l’hostie sur la langue, en imposant le communion dans la main. Il qualifie cette interdiction d’« Abus d’autorité », et recommande au contraire, si la communion ne peut être reçue sur les lèvres, de faire une communion spirituelle au moyen d’une prière qu’il propose. Extrait :

[…] La Communion dans la main n’est pas plus hygiénique que la Communion dans la bouche. En effet, elle peut être dangereuse sur le plan de la contagion. Du point de vue de l’hygiène, la main est porteuse d’une énorme quantité de bactéries. De nombreux agents pathogènes sont transmis par les mains. Que ce soit en serrant la main d’autres personnes ou en touchant fréquemment des objets, telles les poignées de porte ou les rampes et barres d’appui dans les transports en commun, les germes peuvent rapidement passer d’une main à une autre ; et les gens se portent alors souvent ces mains peu hygiéniques au nez et à la bouche. En outre, les germes peuvent parfois survivre pendant de plusieurs jours à la surface des objets touchés. Selon une étude de 2006, publiée dans la revue BMC Infectious Diseases, les virus de la grippe et les virus similaires peuvent persister pendant quelques jours à la surface d’objets inanimés, comme par exemple les poignées de porte ou les rampes et les poignées dans les transports et les bâtiments publics.

De nombreuses personnes qui viennent à l’église et reçoivent ensuite la sainte communion dans leurs mains ont d’abord touché les poignées de porte ou les rampes et les barres d’appui dans les transports en commun ou dans d’autres bâtiments. Ainsi, des virus s’impriment sur la paume et les doigts de leurs mains. Puis, pendant la Sainte Messe, ils se touchent parfois le nez ou la bouche avec ces mains et ces doigts. Avec ces mains et ces doigts, ils touchent l’hostie consacrée, transférant ainsi le virus également sur l’hostie, et ils transporteront ainsi les virus par l’hostie dans leur bouche.

La communion dans la bouche est certainement moins dangereuse et plus hygiénique que la communion dans la main. En effet, la paume et les doigts de la main, à défaut de lavage intense, contiennent indéniablement une accumulation de virus.

L’interdiction de la Communion dans la bouche n’est pas fondée par rapport aux grands risques sanitaires de la Communion dans la main en temps de pandémie. Une telle interdiction constitue un abus d’autorité. De plus, il semble que certaines autorités ecclésiastiques utilisent la situation d’une épidémie comme prétexte. […]

Un lecteur m’envoie cette image :

Messe foraine
Download PDF

Un lecteur m’envoie cette photo avec ce commentaire :

A la fin du carnaval (!!!!) de Granville (Manche), Mgr Le Boulch’h, évêque de Coutances, a célébré la « traditionnelle » (!!!!) Messe sur le manège d’une fête foraine

Le Centre national de Pastorale liturgique
Download PDF

Intéressante rétrospective lue sur le site d’actualités de la FSSPX :

Le 20 mai 1943, dans les locaux des éditions du Cerf (appartenant aux dominicains), est fondé par les pères Pie Duployé et Aimon-Marie Roguet (eux-mêmes dominicains) le Centre de Pastorale liturgique (CPL). Dom Lambert Beauduin participe à la réunion de fondation.

Au début de 1945 commence à paraître la revue trimestrielle La Maison-Dieu, qui sera l’organe du CPL. Le premier article de la revue est signé par Dom Lambert Beauduin.

Un groupe militant

Le CPL est, à ce moment, un groupe de militants qui se reconnaissent dans les grandes orientations du Mouvement (de pastorale) liturgique lancé notamment par Dom Beauduin. Cette notion centrale de « pastorale liturgique » (et pas simplement de « liturgie ») avait été rendue manifeste dès le premier congrès de janvier 1944, dont le titre est « Études de pastorale liturgique » : le volume des Actes est d’ailleurs dédié à Dom Lambert Beauduin.

Ce choix de la « pastorale liturgique » sera déterminant pour l’avenir : comme l’écrit l’historien et sociologue Guillaume Cuchet, « le Centre de pastorale liturgique fut un des lieux où s’est préparée la réforme liturgique conciliaire » (Comment notre monde a cessé d’être chrétien, Seuil, 2018, p. 252). Un rapport de l’abbé Aimé-Georges Martimort au CPL, daté de 1945, détaille d’ailleurs déjà ce que seront les grandes innovations du concile Vatican II en matière de liturgie. Et les figures centrales du CPL (citons encore Louis Bouyer, Pierre Jounel, Pierre-Marie Gy, Joseph Gélineau, Bernard Botte, Joseph Lécuyer, etc.) seront de grandes voix au cours du Concile et dans sa mise en œuvre. « Les fondateurs du CPL avaient identifié les conditions institutionnelles d’un aggiornamento qui dépassait la seule liturgie », note à ce propos le père Patrick Prétot, directeur de La Maison-Dieu (La Croix, 22 mai 2013).

La préparation de l’aggiornamento liturgique

Le CPL organise trois types d’activités. D’abord, des journées d’étude, véritable lieu d’échanges où chercheurs, théologiens, savants et pasteurs mettent en commun leurs préoccupations, leurs interrogations et leurs tendances afin d’élaborer une doctrine et une méthode d’action. Pour conserver à ces journées un caractère à la fois scientifique et pastoral, les participants sont invités en fonction de leurs compétences.

Immédiatement à la suite des journées, est proposée une session ouverte au plus grand nombre, pendant laquelle les spécialistes distillent sous forme d’enseignements magistraux les résultats de leurs études et des échanges menés au cours des journées d’étude. Ces sessions rassemblent de quatre à cinq cents participants.

Enfin, en 1947, en 1957 et en 1962, a lieu un congrès qui rassemble plusieurs milliers de participants. Ils attirent l’attention de l’opinion sur les principales acquisitions du Mouvement (de pastorale) liturgique et assurent sa publicité.

Ces activités sont relayées par des articles de revue, des livres, des expositions, des affiches, des disques, etc. et aboutissent à une réalisation concrète dans un grand nombre de paroisses.

La formation d’animateurs liturgiques

Le CPL contribue aussi en 1956 à la fondation, au sein de l’Institut Catholique de Paris, de l’Institut Supérieur de Liturgie de Paris (ISLP). Selon sa propre définition actuelle, l’ISLP « forme des responsables d’enseignement, de recherche et de pastorale dans le domaine de la liturgie et de la théologie des sacrements ; il les rend plus aptes à long terme à la préparation des célébrations, grâce à la maîtrise des éléments historiques, anthropologiques, théologiques et liturgiques qui entrent en jeu ; il est ouvert aux clercs, aux laïcs, aux religieux et religieuses, qui se préparent à exercer des responsabilités d’enseignement, de recherche et de pratique dans le domaine de la liturgie et de la théologie des sacrements ». Autrement dit, il forme et diplôme des « liturges » aussi bien que des historiens de la liturgie.

C’est ainsi que « le CPL devient véritablement ce qu’il a voulu être dès sa fondation, un centre d’unité et de ralliement où, peu à peu, s’instaure une nouvelle manière d’envisager la réflexion sur les questions pastorales et liturgiques » (Benoît-Marie Solaberrieta, Les experts du Centre de Pastorale Liturgique, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 16).

En 1965, le CPL est érigé en Secrétariat de l’épiscopat français, sous la responsabilité de la Commission épiscopale de liturgie et de pastorale sacramentelle : il prend alors le nom de Centre national de Pastorale liturgique (CNPL), et l’abbé Jacques Cellier (1922-1999), issu du diocèse de Lyon, en est nommé le premier directeur (jusqu’en 1973, soit pendant la période majeure de la Réforme liturgique).

Le CNPL est rebaptisé Service national de Pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS) en 2007, apparemment pour harmoniser son intitulé avec celui de la Commission épiscopale qui le chapeaute.

Le CPL puis CNPL a préparé, contribué à réaliser et à mettre en œuvre, accompagné enfin la grande mutation liturgique dont la charte est la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie (4 décembre 1963).

Quelques années après Vatican II, le père Maurice Lelong, lui-même dominicain comme les fondateurs du CPL, mais fortement rebelle à l’air du temps, décrivait ainsi le but du CNPL : « Changer tout ce qu’on peut changer et, en priorité, l’immuable » (Lexicon de l’Église nouvelle, Robert Morel éditeur, 1971). Il traduisait ironiquement son sigle en « Centre National de Pagaille liturgique » ou encore « Centre National de la Profanation liturgique ». Ces deux interprétations, malheureusement, sont assez vraies.

Quand La Croix refuse de suivre l’Eglise sur la distribution de la communion
Download PDF

Dans La Croix du 6 janvier, quotidien officieux de la Conférence des évêques de France, Claire Lesegretain dénonce les prêtres qui refusent aux femmes de donner la communion. Voici le début de l’article :

Dans la plupart des paroisses, des laïcs sont sollicités pour aider le prêtre dans son ministère de distribution du corps du Christ aux fidèles. Parfois, seuls des hommes sont appelés.« La Croix » a cherché à comprendre pourquoi.

Un dimanche soir de 2018, au Sacré-Cœur de Montmartre. Le prêtre, unique célébrant, appelle « des laïcs » à venir donner la communion. Quelques femmes s’approchent mais sont écartées froidement. « Je ne veux que des hommes ! », leur lance le prêtre.

La religieuse, membre du groupe des supérieurs majeurs ignatiens (SMI), qui raconte cette anecdote, rapporte combien les deux sœurs de sa congrégation qui participaient à la messe, ce soir-là, se sont senties « blessées ». Un ressenti qui n’est pas étranger à la tribune publiée par les SMI, le 16 décembre dernier, pour inviter à « des relations plus évangéliques entre hommes et femmes dans l’Église » et contribuer à lutter contre le cléricalisme.

Puis vient la dénonciation des diocèses conservateurs qui sont, comme par hasard…, ceux qui ont encore un séminaire digne de ce nom :

« Plusieurs supérieures ont constaté que dans certains diocèses où leurs congrégations sont implantées, notamment à Paris, Toulon, Vannes et Versailles, les femmes sont écartées du service de la communion. Cela nous a toutes choquées, car cela remet en cause l’égale dignité des baptisés », évoque Christine Danel, membre de la Xavière et coordinatrice des SMI.

Il serait peut-être utile de rappeler l’enseignement de l’Eglise catholique. L’usage des ministres extraordinaires de la communion s’est répandu de façon abusive en étendant abusivement la notion de nombre trop important de fidèles. Le canon 230 fait allusion aux laïcs qui pourraient donner donner la communion “même s’ils ne sont ni lecteurs, ni acolytes”, ministères réservés aux hommes, ce qui indique qu’il faudrait, à défaut de personnes ayant reçu les ordres mineurs, aller chercher du côté des hommes (ce que fait le premier alinéa du canon en parlant des “viri laici”), et, à défaut, des femmes. Rien ne l’interdit, mais on peine à imaginer le cas d’une assemblée trop nombreuse où il n’y aurait pas suffisamment d’hommes…

Dans l’instruction Redemptionis Sacramentum, signée par le cardinal Arinze en 2004, nous pouvons lire :

– 154 – Comme on l’a déjà rappelé, «seul le prêtre validement ordonné est le ministre qui, in persona Christi, peut réaliser le sacrement de l’Eucharistie».[254] Ainsi, l’expression de «ministre de l’Eucharistie» ne peut être attribuée d’une manière appropriée qu’au seul prêtre. De même, parce qu’ils ont reçu l’Ordination sacrée, les ministres ordinaires de la sainte Communion sont l’Évêque, le prêtre et le diacre;[255] ils leur revient, par conséquent, de donner la sainte Communion aux fidèles laïcs au cours de la célébration de la sainte Messe. C’est ainsi que leur fonction ministérielle dans l’Église est manifestée d’une manière adéquate et en plénitude, et que le signe du sacrement est réalisé.

– 155 – En plus des ministres ordinaires, il y a aussi l’acolyte institué, qui est, du fait de son institution, le ministre extraordinaire de la sainte Communion, y compris en dehors de la célébration de la Messe. De plus, si des motifs de vraie nécessité l’exigent, l’Évêque diocésain peut députer à cet effet un autre fidèle laïc en qualité de ministre extraordinaire, ad actum ou ad tempus, selon les normes du droit,[256] en utilisant, dans ce cas, la formule de bénédiction appropriée. Cependant, il n’est pas nécessaire que cet acte de députation revête une forme liturgique; toutefois, si tel est le cas, celle-ci ne doit en aucune façon être assimilée à une Ordination sacrée. L’autorisation ad actum ne peut être accordée par le prêtre, qui préside la célébration eucharistique, que dans des cas particuliers et imprévisibles[257]

– 156 – Cette fonction doit être entendue, au sens strict, selon sa dénomination de ministre extraordinaire de la sainte Communion, mais non de «ministre spécial de la sainte Communion», ni de «ministre extraordinaire de l’Eucharistie», ni de «ministre spécial de l’Eucharistie». En effet, ces dénominations ont pour effet d’élargir la signification de cette fonction d’une manière à la fois indue et inappropriée.

– 157 – Si, habituellement, les ministres sacrés présents à la célébration sont en nombre suffisant, y compris pour la distribution de la sainte Communion, il n’est pas permis de députer à cette fonction les ministres extraordinaires de la sainte Communion. Dans des circonstances de ce genre, ceux qui seraient députés à un tel ministère, ne doivent pas l’exercer. Il faut donc réprouver expressément l’attitude de ces prêtres qui, tout en étant présents à la célébration, s’abstiennent néanmoins de donner la communion, en chargeant les laïcs d’assumer une telle fonction.[258]

– 158 – En effet, le ministre extraordinaire de la sainte Communion ne peut donner la Communion que dans le cas où le prêtre ou le diacre font défaut, lorsque le prêtre est empêché à cause d’une maladie, du grand âge ou pour un autre motif sérieux, ou encore lorsque le nombre des fidèles qui s’approchent de la Communion est tellement important que cela risquerait de prolonger la célébration de la Messe d’une manière excessive.[259] À ce sujet, on considère néanmoins que le fait de prolonger brièvement la célébration, en tenant compte des habitudes et du contexte culturel du lieu, constitue une cause tout à fait insuffisante.

– 159 – Il n’est permis en aucun cas au ministre extraordinaire de la sainte Communion de déléguer la fonction d’administrer l’Eucharistie à quelqu’un d’autre, comme par exemple au père ou à la mère, au conjoint ou à l’enfant d’un malade, qui doit recevoir la communion.

– 160 – Dans ce domaine, il est demandé à l’Évêque diocésain d’examiner de nouveau la pratique des années plus récentes, et de la corriger selon les cas, ou de définir plus précisément des règles de conduite. Dans les lieux où, pour une vraie nécessité, la pratique se répand de députer de tels ministres extraordinaires, il faut que l’Évêque diocésain publie des normes particulières, par lesquelles, en tenant compte de la tradition de l’Église, il réglemente l’exercice de cette fonction, selon les normes du droit.

L’abus de ministre extraordinaire étant fortement répandue, voici notre recommandation : préférez la forme extraordinaire plutôt que le ministre extraordinaire…

Un concert en hommage à Johnny Hallyday à la cathédrale d’Orléans
Download PDF

En hommage à la star disparue le 5 décembre 2017, un concert et une messe seront donnés à la cathédrale d’Orléans, le samedi 7 décembre.

La cérémonie débutera par une messe, célébrée par le père Chatillon. Il sera accompagné à l’orgue par Michel Thomazeau, et au chant par Patrick Husson et Marie, coach vocal et ancienne choriste de Serge Lama, Michel Fugain ou Rhoda Scott.

Les rockers orléanais du Big Brothers Band interpréteront quelques titres de l’artiste. Un diaporama retraçant sa carrière sera également projeté.

Daniel Angeli, photographe et ami de Johnny, sera présent pour exposer ses tableaux et dédicacer ses ouvrages.

On imagine la teneur de la liturgie…

Validation de la nouvelle traduction du missel
Download PDF

La Conférence des évêques de France a reçu de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le décret de confirmatio de la traduction de la troisième édition typique du Missel Romain.

Fruit d’un travail initié depuis 2002 et de plusieurs allers-retours avec la Congrégation, qui a tenu à faire modifier certaines traductions, cette traduction qui a réuni évêques et experts répond, après 18 ans, aux attentes formulées dans le motu proprio Liturgiam authenticam (2001), puis de Magnum principium (2017). Ce dernier texte demandait aux conférences épiscopales de respecter trois principes de fidélité au texte de l’Editio typica : fidélité au texte original, fidélité à la langue dans laquelle il est traduit, et fidélité à l’intelligence du texte utilisé par les destinataires.

La nouvelle édition du Missel Romain a pour objectif de proposer une plus juste traduction du texte typique latin. S’il ne s’agit pas d’une réforme du Missel, cette nouvelle traduction permet de faire faire au peuple chrétien un pas supplémentaire pour entrer dans l’intelligence du mystère pascal du Christ. Certaines paroles qui sont prononcées par le prêtre dans le déroulement de la messe ou par l’assemblée sont amenées à changer…

Néanmoins, il faudra encore attendre. La phase d’édition de la nouvelle traduction du Missel Romain va débuter et la version imprimée devrait pouvoir être mise en application pour l’Avent 2020 et devenir définitive dans les paroisses de France à partir du lundi 24 mai 2021 mémoire de « Marie, Mère de l’Église » ou lundi de Pentecôte.

Parmi les changements, le consubstantiel fait son retour dans le Credo, à la place du “de même nature” et la prière de fin de l’offertoire devrait être plus fidèle au texte latin (pour plus de détails, voir ici).

“Allahu Akbar” résonne dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides
Download PDF

Pour célébrer le vingtième anniversaire de l’instauration de la paix (sic, alors que des intrusions armées de kosovars ont lieu en Serbie) au Kosovo, l’ambassade du Kosovo (pays non reconnu par la communauté internationale)  a organisé un « concert » à la cathédrale Saint-Louis des Invalides.

Au programme, l’œuvre intitulée « L’homme armé : messe pour la paix », de Sir Karl William Pamp Jenkins. Juste avant le Kyrie (grégorien), il y a l’appel islamique à la prière. En arabe :

Allahu Akbar
Allahu akbar
Ashhadu alla illaha illallah
Ashhadu alla illaha illallah
Ashhadou anna Muhammadan Rasulu l-lah
Ashhadou anna Muhammadan Rasulu l-lah
Hayya Ala s-salah
Hayya Ala s-salah
Hayya Ala l-Falah
Hayya Ala l-Falah
Allahu Akbar
Allahu Akbar
La Ilaha illallah

Ce qui signifie :

Allah est le plus grand. Je témoigne qu’il n’y a pas de Dieu excepté Allah. Je témoigne que Mohammed est le messager d’Allah. Venez vite vers la prière. Venez vite vers le succès Allah est le plus grand. Il n’y a pas de Dieu excepté Allah.

 

Voilà ce qui a résonné le 22 mai sous les voûtes de la cathédrale Saint-Louis des Invalides, au cœur de Paris.

La hiérarchie catholique explique :

Le Diocèse aux Armées est utilisateur et non affectataire de la cathédrale Saint Louis des Invalides. C’est le Musée de l’Armée qui est affectataire. Le diocèse n’est pas décisionnaire des concerts qui s’y déroulent et n’a pas été associé au contenu du concert organisé sous l’égide de l’ambassade du Kosovo à Paris.

La demande a été faite par l’ambassade du Kosovo, auprès de l’autorité affectataire des lieux : les musées de l’armée. Ceux-ci ont certainement adressé une demande de courtoisie au recteur des Invalides, ne serait-ce que pour vérifier la disponibilité de la cathédrale. AU vu de la polémique qui court sur les réseaux depuis hier, il serait opportun que l’évêque aux armées, Mgr Antoine de Romanet, publie une réaction, condamne cette manifestation, demande réparation, organise une procession (etc…)

Vous pouvez lui écrire à : [email protected]

Addendum : le diocèse aux Armées communique :

Le Diocèse aux Armées françaises a appris ce mercredi 29 mai le déroulement d’une soirée tenue le 22 mai dernier dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides. Le Diocèse souhaite rappeler qu’il est simple utilisateur de la cathédrale, dont le musée de l’Armée est affectataire. A ce titre, seuls les offices religieux relèvent de l’autorité de l’Evêque aux Armées, en lien avec le Gouverneur des Invalides.

Dans le cas de ce concert, il s’agissait d’une mise à disposition des lieux par l’affectataire au bénéfice de l’ambassade de la République du Kosovo pour y donner une œuvre, « L’homme armé, une messe pour la paix », commémorant les 20 ans de la fin de la guerre au Kosovo.

A la suite de ce concert, l’Evêque aux Armées prononcera une prière d’invocation et d’intercession au cours de la messe de la Solennité de l’Ascension du Seigneur ce jeudi 30 mai 2019 à 11 heures.

Profanation d’église : l’évêque de Nîmes demande jeûne et adoration
Download PDF

Mgr Robert Wattebled dénonce les profanations commises dans l’église Notre-Dame-des-Enfants de Nîmes :

La profanation de l’église Notre-Dame-des-Enfants à Nîmes affecte grandement notre communauté diocésaine. Le signe de la croix et le Saint-Sacrement ont fait l’objet d’actions gravement injurieuses. Ce geste de profanation nous heurte tous dans nos convictions les plus profondes.

Dans ces conditions, le culte ne peut plus être célébré dans cet édifice tant que la profanation n’aura pas été réparée par un rite pénitentiel dont la date n’est pas encore fixée.

D’ores et déjà, les carmélites, les cisterciennes et les clarisses du diocèse se sont mises d’accord pour observer une journée de jeûne et d’adoration, en réparation des actes de vandalisme. À leur manière, toutes les communautés catholiques sauront s’associer à cette prière, de la façon qui leur paraîtra opportune.

Le 8 février 2019

+ Robert Wattebled, évêque de Nîmes

Qu’est-ce qu’une messe interpeuples ?
Download PDF

Je connaissais la messe basse, la messe chantée, la messe solennelle, la messe pontificale… Voici maintenant la messe interpeuples. Cela se passe à Montargis, dans le diocèse d’Orléans. La messe inter-peuples sera présidée par Mgr Blaquart dimanche et suivie d’un repas partagé inter-culturel, puis à 14h30, des ateliers, animation… et la clôture de la journée à 16h avec l’envoi.

Présence chrétienne au Salon Nautic
Download PDF

Le salon Nautic se tient à Paris, Parc des Expositions, Porte de Versailles, du 8 au 16 décembre.

L’association “Cap vrai” créée par le Père Yves Mesnard, dominicain (1909 – 1987) regroupe plusieurs associations catholiques présentes dans le monde de la voile. Le stand de CAP VRAI (1K2, au fond à gauche du hall 1) sera ouvert pendant toute la durée du salon.

Les 9 et 16 décembre, à 10h30, des messes seront célébrées à la mémoire des personnes ayant péri en mer : salle de conférence du hall 1, escalier à gauche de l’entrée principale.

“De même nature” : c’est fini !
Download PDF

A l’occasion de l’Assemblée plénière des évêques de France, à lourdes, une nouvelle traduction du Missel romain va être publiée. Après la révision du Pater voici celle du Credo. Mais cette-fois, c’est un retour à l’ancienne traduction et non un nouveau bricolage. Mgr Guy de Kerimel, évêque du diocèse de Grenoble et président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle, déclare :

“C’est un processus assez long. Nous avions fait en mars 2017 le dernier vote après les allers-retours entre les évêques et la commission de traduction, entre les évêques et Rome. Et puis le Motu Proprio du pape sur la liturgie est arrivé. Nous nous sommes dits qu’il fallait faire une relecture à partir des critères que donne le Motu Proprio : fidélité au texte latin, à la langue vernaculaire, à la compréhension des fidèles”.

“Il y a eu quatre sessions de relecture avec une équipe d’évêques francophones puisque cela relève de la commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques. Fin juillet, ils ont travaillé et ils nous ont donné ce texte que j’ai diffusé aux évêques français à la fin du mois de septembre, avant l’Assemblée, pour qu’ils aient le temps de le lire, pour que nous puissions faire un vote supplémentaire sur cet ultime texte. Nous sommes les derniers à voter”.

“Il y a eu une nouvelle édition typique en 2002. Nous ne sommes pas en avance. Elle a été revue en 2008. Rome nous demande de réadapter nos missels à cette nouvelle édition typique qui est la norme. Il y a un travail à faire de traduction. Il faut reprendre les choses. Un document du pape Jean-Paul II invitait à une traduction fidèle, quasi-littérale. Et le Motu Proprio du pape François a redonné un peu de souplesse. C’est un texte très riche théologiquement qui doit nous aider à entrer dans le mystère de l’Eucharistie”.

“La liturgie doit être un lieu d’évangélisation. Une liturgie bien vécue, bien préparée, intériorisée, joyeuse mais de manière intérieure doit être une vraie rencontre du Christ dans son Eglise. On le perçoit à certaines messes où nous sentons que nous nous recevons de plus haut que nous, que celui qui nous a convoqué est là. C’est cela la liturgie”.

“Il n’y a pas de choses d’ampleur. Dans le Credo par exemple, nous ne dirons plus “de même nature que le Père”, mais “consubstantiel au Père”. Une formule plus affinée sur le plan théologique. Il y a une pédagogie à déployer, une introduction à ces mots. Chaque mot est soupesé. Ce qui est nouveau, c’est sans cesse de faire une catéchèse sur la liturgie. Il y a toute une démarche spirituelle”.

“Pour le Missel, il y a des petites choses dans les réponses qui vont changer. Cela nous oblige au fond à ne pas célébrer par habitude, cela va nous obliger à revenir au sens profond. Et ça c’est bon. Quand on change de tradition, cela nous bouscule. Il faudra bien une bonne année pour se réhabituer”. “Ce texte va partir à Rome. Nous allons demander la confirmation à Rome. Et si Rome répond rapidement, cela pourrait être pour le temps de l’Avent 2019”.

La traduction du Fils “de même nature” que le Père avait provoqué une controverse dans les années 1960, avec notamment Etienne Gilson, Jacques Maritain, avec la mise au ban du premier, désormais considéré comme un intégriste…

« Je suis maintenant considéré comme rétrograde, écrivait Gilson, parce que “nature” est de gauche tandis que “substance” est de droite » . « Après avoir pu écrire dans Sept, résumait pour sa part un de ses amis dominicains, vous n’avez plus que la France catholique –j’imagine mal la Croix acceptant vos papiers sur les traductions. Autant vous dire que cela vous a fait classer parmi les “intégristes”. Cela vous permettra de rêver, car peu de mots évoluent avec une telle rapidité » .

Ce que pointait Jacques Maritain (et, avec lui, beaucoup d’autres catholiques), ce n’est pas que la traduction « de même nature » est fausse; c’est qu’elle est incomplète. En latin, comme en grec, la profession de foi du concile de Nicée affirme que le Fils est « consubstantiel » au Père. Or, cela désigne une unité beaucoup plus forte que le « de même nature ». Un père et un fils humains sont « de même nature »: ils partagent la même nature humaine, mais ils sont évidemment deux hommes bien distincts. Le Père et le Fils (et, d’ailleurs, le Saint-Esprit aussi), quant à eux, non seulement partagent la même nature divine, mais sont un seul Dieu. Si le Père et le Fils étaient de même nature, mais non consubstantiels, les musulmans auraient raison de croire que les chrétiens sont polythéistes. Mais, c’est faux: nous croyons en un seul Dieu (c’est même comme cela que commence notre profession de foi).

Saint Athanase et saint Hilaire, déjà !, se sont battus contre une traduction assez proche, sur le fond, de ce « de même nature ». C’était une traduction « de compromis », qui cherchait à mettre d’accord ceux qui pensaient que le Fils était co-éternel au Père, tout-puissant comme le Père, etc. (c’est-à-dire les défenseurs de la foi chrétienne) et ceux qui pensaient qu’Il était inférieur au Père: on disait alors que le Fils était homoiousios (de substance semblable) au Père. Alors que la fois chrétienne affirme qu’Il est de même substance (homousios, sans iota). Comme le « de même nature » n’est pas faux, mais gravement incomplet, ce « de substance semblable » n’était pas faux, mais gravement incomplet.”

Aux Etats-Unis, ce retour au consubstantiel s’est faite en 2009… Mgr de Kerimel a raison de souligner que nous ne sommes pas en avance… Notons que les pratiquants de la forme extraordinaire du rite romain en sont toujours resté au consubstantialem… Les traditionalistes en avance sur la CEF?…

A propos de la messe d’installation de Mgr Beau, Archevêque de Bourges
Download PDF

C’était en septembre. Voici la vidéo :

Et le commentaire de Denis Crouan :

Combien de fois ai-je vu des jeunes en larmes lors de belles liturgies ?
Download PDF

Mgr Batut, évêque de Blois, est interrogé dans Famille chrétienne sur la liturgie :

La liturgie vécue dans les monastères n’est-elle pas aux antipodes du quotidien vécu dans certaines paroisses ?

J’espère que non ! Il faut éviter qu’un abîme se creuse entre ce qui est célébré par les spécialistes de la liturgie – les moines – et l’ensemble du peuple chrétien. Les monastères ne sont pas des conservatoires. Les monastères réussissent leur travail quand les simples fidèles se sentent inclus dans la prière monastique.

Par où commencer pour initier les jeunes au mystère de la liturgie chrétienne ?

Il faut les sortir de leurs tablettes et de leurs smartphones, les sortir de leur incapacité à vivre le silence… Le silence, c’est la chose la plus dure pour eux, mais aussi la plus fructueuse. Les jeunes sont capables de comprendre que l’important n’est pas de s’ennuyer ou pas à la messe mais d’y aller. Il faut leur faire dépasser le côté affectif qui les mobilise souvent à 99 %. Le plus important, ce n’est pas de donner des explications sur la liturgie, mais de la faire vivre ! Combien de fois ai-je vu des jeunes en larmes lors de belles liturgies ? Ils pleuraient car ils découvraient une nouveauté transformante, ils faisaient l’expérience de Dieu.

On a l’impression que les querelles liturgiques des années soixante-dix intéressent moins les nouvelles générations… Pourquoi ?

Les acteurs des controverses des années soixante-dix avaient une certaine culture religieuse… Elle a disparu. Ils avaient étudié le latin, ils connaissaient le patrimoine musical européen et savaient à quoi ressemblait une messe de Mozart ! Le grand tourbillon des années soixante-dix a passé par-dessus bord le patrimoine. On n’a rien transmis.

Résultat ? Les jeunes sont aujourd’hui des déshérités à la recherche de leur héritage. Les mêmes iront à une session charismatique à Paray-le-Monial, puis à une messe tridentine et ensuite à un rassemblement de Taizé… Ils butinent. Mais où sont leurs racines ? Elles ne sont nulle part !

L’urgence, à mes yeux, est d’expliquer aux jeunes qu’ils ont besoin de faire un travail pour apprendre le sens profond de la liturgie. Savoir relier les gestes, les rites et les chants avec toute l’Histoire de l’Église. Toutes les initiatives – comme celles de l’abbaye de Randol – sont utiles pour aider nos jeunes. Car, je le répète, la plupart sont comme des plantes sans racines. Faute de formation, certains pourraient même passer de l’Église à autre chose qui les satisferait mieux au niveau affectif…

En quoi la culture est vitale pour la liturgie ?

Les gens qui n’ont pas de culture risquent vite d’être attirés par le clinquant, le show, les paillettes, un discours envoûtant à la manière de certains évangéliques américains. Mais la liturgie n’est pas un show pour entrer en transe ! Ça, c’est le degré zéro de la liturgie. C’est pourquoi l’Église catholique, dans sa grande tradition, a toujours veillé à une symbiose entre la culture et la liturgie. Ces dernières décennies, nous avons eu des compositeurs comme Jacques Berthier qui ont fait du bon travail. L’effort doit être poursuivi pour sortir de l’indigence qui a marqué le chant liturgique.

On a quand même du mal à sortir de l’opposition entre l’ancien et le nouveau ?

Le nouveau est fécondé par l’ancien. C’est le principe même de la réforme liturgique de Vatican II. Certains ont voulu faire table rase du passé. Au contraire, le pape Benoît a souligné la continuité, en faisant remarquer, par exemple, que la liturgie tridentine avait encore des choses à dire à la liturgie rénovée.

Pourquoi la liturgie a-t-elle été l’objet de tant de controverses en France ?

Tout le monde a pris en otage la liturgie parce qu’elle était le signe le plus visible des réformes voulues par le Concile. La liturgie a été choisie par Mgr Lefebvre comme un lieu de combat : il estimait que la messe de Paul VI n’était pas vraiment catholique.

À l’opposé, la liturgie a été instrumentalisée par des gens qui avaient une perspective complètement horizontale : ils pensaient qu’il fallait inventer de nouveaux rites, faire bavarder les gens, les mettre en carrefours au nom de la convivialité chrétienne !

La liturgie est un lieu symbolique. Le langage rationnel n’est pas premier car la liturgie est un langage amoureux, mais il y a aussi une dimension rationnelle (rationalis, dit la liturgie à propos de l’offrande eucharistique) : autrement, l’affectivité prévaudrait et tout deviendrait passionnel.

Inversement, une approche purement rationnelle (qui voudrait, par exemple, en finir avec les répétitions des mêmes gestes) serait un contresens sur la nature de la liturgie : encore une fois, la liturgie n’est pas une réunion de conseil d’administration, c’est un dialogue amoureux ! […]”

Le cardinal Sarah soutient les journées liturgiques de l’abbaye de Randol
Download PDF

L’Abbaye Notre-Dame de Randol organise des Journées liturgiques afin de puiser à la source de la liturgie un amour plus ardent de Dieu et de l’Église. Dom Bertrand de Hédouville répond aux questions de l’Homme Nouveau sur ces journées. A lire en vous procurant le numéro ou ici. Les inscriptions sont possibles par courrier : Abbaye Notre-Dame de Randol – 63450 COURNOLS (France) –, par téléphone. : 33 (0) 473 393 100, ou sur le site internet : www.randol.org

Sur son site, L’Homme nouveau publie la lettre du cardinal Sarah, soutenant ces journées liturgiques :

Congregatio de Cultu Divino et Disciplina Sacramentorum.

Cité du Vatican, le 17 mai 2018.

Révérend Père Abbé,

Votre excellente initiative des première « Journées Liturgiques de Randol » correspond au souci du Saint-Père, et donc aussi du Dicastère, d’offrir une formation liturgique de qualité au clergé et aux fidèles, et qui peut mieux que les moines bénédictins mener à bonne fin une telle initiative, avec la qualité requise dans ce domaine si important pour la vie de l’Église ? Soyez donc remercié d’avoir entendu cet appel, et aussi pour votre prière aux intentions de ma lourde charge.

Je vous assure de mes sentiments très cordiaux et de ma profonde communion dans le service de l’Église, … in Corde Christi et Mariae.

Robert Card. Sarah.

La question qui nous vient spontanément à l’esprit est : quel évêque français soutient publiquement ces journées liturgiques, voire encourage ses fidèles à y assister ? Si vous avez la réponse, merci de me la faire parvenir à mon adresse [email protected]

Procession de la Fête Dieu à Chennevières-sur-Marne
Download PDF

Seule paroisse du diocèse de Créteil à organiser cette messe dans un parc avec une procession dans les rues de la ville. Messe célébrée par Mgr Santier.

Retour du « consubstantiel » dans le Credo
Download PDF

Après la nouvelle traduction du Pater Noster, plus conforme au latin, voici le Credo revisité. La commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle est en train de finaliser la traduction du nouveau missel, attendue depuis 2002 (16 ans !). Celle-ci devrait être présentée lors de l’Assemblée plénière de printemps de la Conférence des évêques de France, avant d’être soumise à Rome pour validation.

Dans les nouvelles traductions, on trouve la fin du “de même nature” et le retour bienvenu du “consubstantiel”. On se demande avec amusement si les intégristes n’ont pas pris le pouvoir au sein de l’épiscopat… Le « de même nature que » est en effet incomplet théologiquement. Selon le catéchisme de l’Église catholique, le Père et le Fils ne se contentent pas de partager une même nature divine. Ils sont de la même substance (homousios), et que le Fils est donc « consubstantiel » au Père. Ils sont un seul Dieu, et non pas deux personnes qui seraient simplement de même nature.

La version en français du missel de 2002 a déjà été votée trois fois par les membres de la CEF. Il y a quelques mois, les évêques n’attendaient plus que le feu vert du Vatican. Pour régler les derniers points, ils avaient délégué un représentant chargé de traiter avec la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en la personne de Mgr Bernard-Nicolas Aubertin. Mais en septembre, le Motu proprio Magnum principium du pape François, accordant une plus grande marge de manœuvre aux conférences épiscopales, est venu changer la donne. Les responsables de la traduction du texte se sont mis d’accord pour relire une dernière fois leur travail. Une fois que la commission aura terminé son travail, elle doit une nouvelle fois le présenter aux évêques, certainement lors de l’Assemblée plénière de printemps de la CEF. Il sera ensuite envoyé à Rome afin d’obtenir une simple « confirmation » (confirmatio, en latin), et non plus la « reconnaissance » (recognitio) autrefois nécessaire, nouveauté introduite par le récent Motu proprio. Il n’y a donc pas de date prévue à ce stade pour la publication du nouveau missel en français, mais celle-ci pourrait intervenir en 2019.

Autre modification discutée actuellement, celle concernant l’Orate fratres, actuellement caviardé : « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église. Pour la gloire de Dieu et le salut du monde » pourrait faire place à une formulation plus proche du texte latin : « Priez mes frères afin que ce sacrifice qui est aussi le vôtre soit agréé par Dieu le Père tout-puissant. Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la gloire de son nom. Pour notre bien et celui de toute Sa Sainte Église. » 

Et ne nos inducas in tentationem
Download PDF

La nouvelle traduction du Notre Père dans toutes formes de liturgie publique entrera en vigueur le premier dimanche de l’Avent, soit le 3 décembre 2017. C’est ce que la Conférence des évêques de France a annoncé le 31 mars, à l’issue de son assemblée plénière de printemps. Désormais, les fidèles ne diront plus « ne nous soumets pas à la tentation » mais « ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Initialement liée à la nouvelle traduction de tout le Missel romain, elle en a été séparée pour pouvoir entrer en vigueur plus tôt ; la traduction du Missel ayant été retardée suite à des points de désaccord entre Rome et les conférences épiscopales francophones…

On se demande pourquoi l’ancienne version, et ne laisse pas succomber à la tentation, n’a pas été reprise. Même si cette nouvelle formule est meilleure que le “ne nous soumets pas”.

Dans une conférence sur le Pater en grec, Yves Daoudal écrivait à propos de cette avant-dernière demande :

kai mi issénènguis imas is pirasmone,
alla rhissai imas apo tou ponirou.

Les sonorités de la première proposition, kai mi issénènguis imas is pirasmone, renvoient à toutes les parties précédentes de la prière. Sa signification est devenue l’objet de grandes controverses avec la nouvelle traduction française : Ne nous soumets pas à la tentation.

La traduction latine est une traduction littérale du grec : Et ne nos inducas in tentationem. Inducas, comme issénènguis, cela veut dire incontestablement conduire dans, faire entrer : Ne nous fais pas entrer dans la tentation. De ce point de vue, Ne nous soumets pas à la tentation est donc une traduction correcte. Et pourtant cette traduction est théologiquement mauvaise, car Dieu n’est pas tentateur, seul le démon peut nous faire entrer dans la tentation.

En fait, on avait eu raison de traduire par une périphrase : Ne nous laissez pas succomber à la tentation.

Pour le coup on a ici un hébraïsme, et un vrai. Et les hébraïsants sont ici précieux. Ils nous expliquent que le verbe grec traduit un verbe araméen à la forme causative. Or le causatif peut avoir un sens factitif fort, faire, faire faire, et un sens permissif, laisser faire, permettre de faire. Ce qui est le cas ici, comme en plusieurs endroits de la Septante. Par exemple dans le psaume 140 qui dit littéralement, de façon très proche de la demande du Pater : N’incline pas mon cœur vers les paroles mauvaises. Le sens est : Ne laisse pas mon cœur s’incliner vers les paroles mauvaises.

Du moins si l’on tient à traduire pirasmone par tentation. En fait ce mot veut dire d’abord épreuve. Le psaume 25 dit à Dieu : Tenta me, ce qui ne se traduit pas par « Tente-moi », bien sûr, mais par « Mets-moi à l’épreuve ». Sans m’y laisser succomber…

 

Le cardinal Barbarin interprète Amoris Laetitia
Download PDF

Le cardinal Philippe Barbarin a présenté dimanche 15 octobre les « chemins de discernement » proposés par le pape François dans Amoris Laetitia. Dans la cathédrales, 6 couples divorcés et “remariés” ont témoigné.

Parmi eux, Florence et Georges, qui s’impliquent au sein de la communauté locale, en tenant des permanences d’accueil. Ils vont désormais à la messe en famille. Mais se sentaient « esseulés sur leur banc » au moment de la communion. « Plus nous trouvions notre place, moins nous nous sentions le droit de l’avoir ». Le prêtre leur a proposé un accompagnement, s’appuyant sur un parcours bâti par les Équipes Reliance, liées aux Équipes Notre-Dame. Puis ils ont préparé « une célébration avec une bénédiction de notre couple ». Lors de la messe dominicale suivante, ils retrouvaient le chemin de l’eucharistie…

Voici le texte du cardinal :

Chers Amis,

Merci d’avoir répondu à cette invitation. Nous vivons une rencontre forte ; beaucoup prient avec nous depuis qu’elle a été annoncée et en ce moment, pour qu’elle porte tout son fruit de paix dans les cœurs, et d’unité dans notre Église diocésaine où la fraternité est toujours à gagner. À vrai dire, cette invitation vient du pape François lui-même. À la fin du ch. 8 d’Amoris Laetitia (a), son exhortation apostolique du 19 mars 2016 sur l’amour dans la famille, il écrit :

« J’invite les fidèles qui vivent des situations compliquées, à s’approcher avec confiance de leurs pasteurs ou d’autres laïcs qui vivent dans le dévouement au Seigneur pour s’entretenir avec eux. Ils ne trouveront pas toujours en eux la confirmation de leurs propres idées ou désirs, mais sûrement, ils recevront une lumière qui leur permettra de mieux saisir ce qui leur arrive et pourront découvrir un chemin de maturation personnelle. Et j’invite les pasteurs à écouter avec affection et sérénité, avec le désir sincère d’entrer dans le cœur du drame des personnes et de comprendre leur point de vue, pour les aider à mieux vivre et à reconnaître leur place dans l’Église » (n. 312) (b).

J’aime beaucoup ces lignes. Elles ne disent pas que tout sera facile ni que les problèmes et les souffrances vont disparaître comme par un coup de baguette magique, mais elles soulignent que ce qui est demandé durant l’heure que nous allons passer ensemble, c’est une écoute intérieure, personnelle et confiante, un respect et une attention à l’amour qui est vécu aujourd’hui par chacun. Le cri que j’ai le plus souvent entendu à propos des ruptures conjugales et des nouvelles situations matrimoniales ou familiales, c’est celui de personnes qui se sentent jugées, incomprises, exclues – c’est peut-être le mot qui revient le plus souvent –, devenues inutiles dans l’Église, qui reste pourtant leur famille et qui doit toujours être une « fraternité ».

Je voudrais donc commencer par demander pardon pour toutes ces blessures infligées à des frères et des sœurs, par un regard, un jugement ou un rejet brutal. Que de rancœur, de douleur et de colère ces blessures n’ont-elles pas engendré ! Tous connaissent bien pourtant la forte injonction de Jésus : « Ne jugez pas pour ne pas être jugés » (Mt 7, 1). Le plus douloureux pour moi, c’est d’entendre ici ou là des expressions, des réactions que je croyais reléguées dans le passé. J’en ai à nouveau reçu le témoignage récemment. Cela me scandalise et je veux vous en demander pardon. Mais ce pardon, certaines de ces personnes blessées m’ont dit qu’elles l’avaient déjà donné : « Quand je lui ai expliqué ma situation, ça l’a surpris, décontenancé ; c’est pour cela que sa réaction a été violente, incontrôlée. Mais je ne lui en tiens pas rigueur. »

Il y a une dizaine de jours, avec un groupe de quatre-vingts prêtres du diocèse, nous étions à Rome et nous avons eu la chance de passer une heure et demie, seuls avec le pape. Quand j’ai demandé aux prêtres : « Sur quel thème souhaitez-vous qu’il nous parle ? », on peut dire que les réponses ont été unanimes et sans hésitation : « Sur le ch. 8 d’Amoris laetitia. » – Quelle aubaine pour moi, car c’est justement ce que l’on m’avait demandé de présenter devant vous, aujourd’hui !

Quels éléments principaux avons-nous retenu de ce temps d’échange avec lui ? Vous connaissez ses expressions bien frappées :

1. D’abord, « refuser les adjectifs » qui mettent des étiquettes, et considérer avant tout les personnes. Qu’on ne définisse plus jamais quelqu’un par un adjectif : « divorcé », « séparé », « remarié ». Nous connaissons, nous rencontrons, nous aimons des personnes. C’est leur nom qu’il faut connaître en premier lieu, leur vie, leur histoire personnelle qui est à découvrir et à écouter.

2. Le pape nous a dit aussi que, dans Amoris laetitia, il avait veillé à ne jamais utiliser le langage du permis et du défendu. Je pense à l’expression du cardinal Schönborn qui résume ainsi son propos. François a « sorti la doctrine de l’Église de son carcan réglementaire, sans la changer du tout. »

C’est un chemin difficile. Il est clair que la phrase de Jésus, « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mt 19, 6), ne va pas cesser d’être valide par décision d’un pape. Elle traversera les siècles, les continents et les cultures, c’est sûr. On remarque aussi que ce désir de sortir la doctrine, la vérité du mariage, d’un carcan réglementaire, engendre des incompréhensions et des dérapages. Plusieurs ont l’impression d’être perdus : « On ne sait plus… tout est flottant ! Quand on met une telle responsabilité pastorale sur les épaules des prêtres, cette charge devient trop lourde pour eux… » On assiste aussi à des dérapages, du genre : « Enfin notre revendication a été entendue !… Maintenant, tout cela, c’est fini, chacun fait comme il le veut. Et toi, fais comme tu le sens ! » Il y avait, en particulier sur l’accès à la communion des divorcés remariés, des positions et des attentes aussi opposées que tranchées. D’un côté certains disaient : « Espérons que le pape François va faire tomber cette règle inhumaine ! » Et d’autres, à l’opposé : « De toute façon, il ne peut rien changer à la discipline de toujours. »

Le pape avait conscience de ces écueils, et il a voulu indiquer un chemin de réconciliation. Dans le n. 305 de l’exhortation, il écrit que c’est révoltant d’entendre parler de « situations “irrégulières”, comme si elles étaient des pierres lancées à la figure des personnes. » Et il rappelle qu’« un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés ».

Pour désamorcer ces schémas de caricature, le pape insiste – cela paraît une évidence – sur l’aide que la communauté de l’Église doit apporter à ces personnes qui souffrent. Concrètement, cela se traduit par du temps donné, de l’écoute, de l’attention, de la miséricorde. Un jour dans un discours, il a mis en parallèle ceux qui restent sur des positions simplistes, comme l’interdiction pure et simple de l’accès aux sacrements pour les divorcés remariés ou celle, tout aussi tranchée, du refus d’une quelconque règle ou parole de l’Église en ce domaine. En fait, les uns et les autres, a-t-il fait remarquer, refusent, esquivent ou craignent d’entrer dans une attitude de patience et de compassion. Prendre le temps d’écouter en profondeur une personne au parcours sinueux marqué par la souffrance et la rupture, et se mettre avec elle sous la lumière de la Parole de Dieu, c’est effectivement une grande exigence.

Le pape a pris le temps ensuite de montrer qu’un enseignement moral de l’Église ne peut pas s’identifier à un règlement de la République, ne peut pas être réduit aux repères du permis, défendu ou obligatoire… Cela est très bien expliqué au n. 304 sous le titre : « Les normes et le discernement. » S’inspirant de la pensée de saint Thomas d’Aquin, il montre la valeur des principes d’une loi ou d’une norme générale, et souligne ensuite l’extraordinaire variété des situations personnelles. La conclusion est éclairante ; il cite une phrase de saint Thomas : « Plus on entre dans les détails, plus les exceptions se multiplient » (1). Chacun, bien sûr, doit rester honnête et résister à la tentation d’arranger tout cela à sa manière. Si un pasteur se dit : « Avec moi, pas de problème, ça marche toujours, on s’arrange… », on n’est plus dans l’analyse attentive de la situation d’une personne humaine sous la lumière de la Parole de Dieu. Ce qui est demandé, c’est de se livrer ensemble à un vrai travail spirituel, dans une attitude d’écoute mutuelle et de prière. C’est exigeant, et jamais ce « discernement pratique face à une situation particulière ne peut être élevé à la catégorie d’une norme » (n. 304).

Les voies du discernement

Une loi civile, un règlement du code de la route ou une directive pour les impôts, cela s’applique à tous sans exception, tandis qu’une norme morale ou pastorale ne peut jamais s’appliquer à tous les cas particuliers. À l’inverse, un discernement pour juger une situation personnelle ne peut pas devenir une norme générale. Ce que le pape nous propose correspond bien, me semble-t-il, à ce que nos communautés vivent depuis longtemps déjà. Combien de fois, dans mon ministère de prêtre, j’ai vu des gens qui rendaient un merveilleux témoignage au sacrement de l’eucharistie et à celui du mariage – et surtout à l’ensemble des sacrements qui sont à vivre dans une même logique d’alliance – en n’allant pas communier à cause de la rupture qu’ils avaient vécue dans l’histoire de leur mariage. C’est certainement pour eux une souffrance, mais ces personnes nous donnent un beau témoignage. Elles ne peuvent vivre cette situation que dans une grande foi : elles savent que Dieu ne manquera pas de générosité envers elles et leur donnera tout ce dont elles ont besoin pour poursuivre leur route.

Je pense à l’expression douloureuse et merveilleuse à la fois de Charles Péguy dont l’épouse avait refusé le sacrement de mariage qu’il souhaitait recevoir, lui, après avoir retrouvé la foi. Chaque dimanche, il allait à la messe, resté « collé » près d’un pilier et ne communiait pas : « Les gens, écrit-il, pensent peut-être que je suis excommunié, mais moi, je sais bien que je ne suis pas “exchristianisé” (2). »

À l’inverse quand une personne divorcée remariée ne supporte pas de ne pas pouvoir communier et finalement décide, à cause de cette brûlure intérieure, de ne plus venir à la messe, il serait absurde et inhumain de continuer à brandir devant elle un panneau d’interdiction. Ce serait la conduire à une rupture plus grave encore et l’enfermer dans son amertume. Quand quelqu’un vit cette situation et décide en conscience d’aller communier, personne ne le juge. Ce n’est pas faire preuve de laxisme de dire cela, c’est accueillir et aimer chacun tel qu’il est, là où il en est, l’accompagner personnellement dans son combat spirituel et surtout, j’espère, prier pour lui « dans le secret ». L’important est d’expliquer, de bien comprendre l’unité organique des sacrements, comment baptême, mariage, eucharistie, réconciliation… tous sont liés dans la logique de cette Alliance nouvelle et éternelle que Jésus est venu sceller en livrant son corps pour nous. Chacun voit quel pas il peut faire aujourd’hui, s’il peut ou ne peut pas encore emprunter ce chemin que l’Église lui indique, pour avancer et suivre le Seigneur comme un disciple.

Pour certaines personnes, ce cheminement de la foi passera par le fait d’aller communier, pour d’autres de participer à la messe sans communier, comme Charles Péguy. Dieu lui en a donné la force, la grâce, et il est probable que l’ardente richesse spirituelle de ses écrits, qui nous touche toujours autant un siècle plus tard, doit beaucoup à ce combat spirituel qu’il a mené avec une admirable loyauté. Depuis longtemps, il existe dans la morale chrétienne un petit mot technique – épikie – qui explique cela (3). Il indique qu’on peut passer par-dessus une norme dont on reconnaît la légitimité, lorsqu’il est clair que son application stricte conduirait à un dommage plus grave encore pour la personne.

Deux pistes de travail

Je voudrais encore souligner deux aspects fondamentaux sur lesquels nous avons à travailler.

D’abord, l’accès à la communion a toujours été un problème délicat dans l’Église. Dans la note 351 du n. 305 d’Amoris laetitia, le pape souligne que l’eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles ».

Dans l’Écriture nous voyons que le concept de dignité a deux utilisations différentes. D’abord, celle du centurion dont nous reprenons à chaque messe la formule « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement un mot et je serai guéri » (cf. Mt 8, 8) et l’avertissement sévère de saint Paul aux Corinthiens : « Celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur » (1 Co 11, 27). Les chrétiens d’Orient ont une vive conscience de cette exigence. Avant d’aller communier, ils disent une prière très différente de la nôtre, mais qui reflète la même question de notre (in) dignité intérieure au moment de recevoir ce sacrement :

« À ta Cène mystique, fais-moi communier aujourd’hui, ô Fils de Dieu. Car je ne dirai pas le Secret à tes ennemis, ni ne Te donnerai le baiser de Judas. Mais comme le larron, je Te crie : Souviens-Toi de moi, Seigneur, dans ton royaume ».

On voit que nos frères chrétiens d’Orient vont communier en tremblant et se sentent tout proche de la situation du bon larron, crucifié aux côtés de Jésus (4).

Un second travail majeur à mener, à mon avis, c’est de réfléchir à la signification du mot Torah, traduit – mal traduit sans doute – par loi. Faisons-le avec les juifs et les autres communautés chrétiennes. La Torah est un enseignement, une parole paternelle que Dieu donne à ses enfants pour éclairer leur vie. Et nous en avons fait des commandements, des règlements ! D’une certaine manière, c’est plus simple, mais je ne pense pas que ce soit conforme au désir de Dieu, à l’esprit de sa parole. Quand le pape François essaie de nous faire sortir des catégories du permis et du défendu, il ne veut certainement pas diminuer ou effacer la force de la Parole de Dieu. Mais il souhaite qu’éclairé par cette Parole, encouragé par les pasteurs et par toute la fraternité de l’Église, chacun poursuive sa route – malgré les inévitables ratés de la vie –, avec courage, parfois dans la souffrance, mais toujours dans l’espérance. Avant de conclure, je voudrais mentionner d’autres grandes souffrances, comme celle des familles où la maladie chronique, le handicap de l’un des membres est un poids quotidien. Je voudrais faire une mention particulière des époux qui vivent cruellement le fait de ne pas avoir d’enfant. Plusieurs sont venus me voir à l’époque des synodes de 2014 et 2015. Ils vivaient douloureusement qu’on parle beaucoup des couples de divorcés remariés, de personnes homosexuelles et plusieurs m’ont dit : « Et nous, c’est comme si nous n’existions pas. » Je voudrais qu’ils sachent – et je compte sur vous pour transmettre ce message – que chaque jeudi, je célèbre la messe à leur intention.

Conclusion

Sans savoir s’il est possible de conclure, je voudrais terminer en nous invitant tous à prier les uns pour les autres. Je prie aussi particulièrement pour vos enfants ; ils sont loin d’être insensibles à votre situation ! Et je me permets de faire quelques propositions. D’abord à vous, les disciples du Seigneur qui vous trouvez dans une situation de rupture. Regardez votre vie et votre chemin avec sérénité, avec courage et avec confiance, dans la logique de l’alliance (5). Chacun voit s’il peut ou non changer sa situation de vie ; chacun se rend compte de ce qui est le meilleur aujourd’hui, pour lui et pour les proches avec qui il est lié maintenant par une relation d’amour et de service mutuel.

N’hésitez pas à rencontrer avec simplicité un prêtre, le curé de votre paroisse ou un autre qui saura accueillir son frère, sa sœur, avec l’âme d’un pasteur. J’ai vu jeudi dernier comment les prêtres recevaient les paroles du pape François quand il nous exhortait à cette écoute et nous confirmait dans notre charisme et notre mission d’accueil et d’écoute. Beaucoup d’autres, dans l’Église, vous le savez, des « aînés dans la foi » si l’on peut dire sont susceptibles de vous comprendre et de vous éclairer. Attachez-vous surtout à vous mettre sous la lumière de la Parole de Dieu. Nous savons tous qu’elle est à la fois un réconfort, une brûlure, un encouragement, une remise en question… Que le fait de ne pas communier n’empêche surtout pas quelqu’un d’aller fidèlement participer à l’eucharistie, en particulier le Jour du Seigneur, avec toute la fraternité de l’Église. La grâce coule à flots sur celui ou celle qui souffre de se sentir dépassé par l’appel de Dieu dans le mystère de sa vie (6).

Deux convictions ne doivent jamais quitter les disciples de Jésus. La première, c’est que Dieu m’aime toujours, la générosité de son amour inconditionnel ne me fera jamais défaut. Et la deuxième : l’Église reste ma famille. Elle est une fraternité qui a pour mission de m’aider, de me comprendre, de me guider. Non seulement, je trouverai toujours en son sein des frères et des sœurs disponibles pour m’écouter et m’accompagner, mais plus encore je découvrirai que l’Église a besoin de moi. Par les souffrances de mon parcours, je peux apporter un témoignage fort, renouvelé qui saura toucher le cœur de beaucoup d’autres qui n’ont pas traversé ces épreuves ou qui ne connaissent pas encore le Seigneur, ni la joie de son Évangile.

Pour finir, j’en appelle aussi aux pasteurs, à chacun de mes frères prêtres. Les quatre verbes essentiels de cette Exhortation du pape François, nous les avons retenus : accueillir, accompagner, discerner et intégrer la fragilité. Ne craignons pas d’appeler ceux qui sont dans ces situations de rupture, quand ils sont prêts à servir la communauté et à s’engager dans la mission. Nous devons les aider à retrouver leur place dans l’Église, à grandir dans l’amour du Seigneur que nous cherchons et servons « d’un seul cœur ». Je laisserai le mot de la fin au pape Benoît XVI que l’on a plusieurs fois entendu dire : « Dans l’Église, on a besoin de tout le monde ! » (7).

(*) Titre de La DC.
(1) Somme théologique I-II, q. 94, art. 4.
(2) Correspondance Péguy-Maritain, in Feuillets mensuels de l’Amitié Charles Péguy, n. 176-177. Voir aussiPéguy au Porche de l’Église, Correspondance inédite Jacques Maritain et Dom Louis Baillet, texte établi et  annoté par R. Mougel et R. Burac, Cerf, 1997. Sur la question de l’excommunication et de l’exchristianisation, voir Charles Péguy, Dialogue de l’histoire et de l’âme charnelle, Œuvre en prose 1909-1914, Gallimard, 1957, p. 422, et passim.
(3) On trouve une brève présentation de ce mot dans le Dictionnaire critique de théologie, PUF, 1998, p. 394.
(4) cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 1386. J’ai fait un jour une petite recherche sur cette question chez les Pères de l’Église au IVe et Ve siècles. Et j’ai vu qu’ils étaient devant la même difficulté que nous aujourd’hui. Saint Jean Chrysostome tonne en disant qu’on doit refuser la communion à un général d’armée et même à l’Empereur s’il n’en est pas digne. Saint Cyrille de Jérusalem soutient exactement le contraire : il faut donner la communion à tous, et d’abord aux pêcheurs, parce que ce sont eux qui ont le plus besoin d’être guéris et pardonnés. Et saint Augustin, pesant le pour et le contre, mentionne d’un côté 1 Cor 11, 27, et de l’autre le discours de Jean 6 où Jésus compare le Pain de Vie à la manne que les Hébreux mangeaient quotidiennement dans le désert – ce qui implique une communion fréquente sinon quotidienne –, et il conclut que… c’est un problème bien difficile !
(5) Saint Paul compare le mariage de l’homme et de la femme au mystère qui unit le Christ à l’Église, cf. Eph 5, 32.
(6) On devrait faire ici un développement analogue sur le sacrement du pardon. Plusieurs fois, j’ai entendu cette parole amère : « Je n’ai même plus le droit de me confesser ! » Et j’avais envie de répondre : Pourquoi ? Certainement pas ! Même si l’on ne reçoit pas l’absolution, que l’on n’hésite pas, en tout cas, à se confesser. Dieu serait-il insensible à une vraie démarche de réconciliation ? Quand notre repentir, toujours plus ou moins authentique, pousse l’un de ses enfants vers Dieu, ce Père ne manquera de lui manifester sa tendresse et de lui donner généreusement le pardon. Que celui qui en douterait relise la parabole dite de l’enfant prodigue (Luc 15, 11-32). Récemment, un jeune catéchumène qui désire ardemment le baptême, mais ne peut pas le recevoir pour l’instant, me disait : « J’ai trouvé un prêtre qui accepte de me confesser. Je sais bien que tous mes péchés seront pardonnés le jour de mon baptême, mais dès maintenant, quand je les confesse, ça m’aide à ne plus les faire ! » Je l’ai encouragé en ajoutant que la grâce du pardon, celle de son futur baptême, agit déjà en lui, car l’action de Dieu n’est pas limitée par la matérialité ou la chronologie des sacrements. Il voit nos cœurs !
(7) Dès l’homélie de sa messe inaugurale (24 avril 2005), il a répété : « Chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire… ».
(a) DC 2016, n 2523, p. 5-96.
(b) Ibid., p. 92.
La messe en semaine ne remplace pas la messe dominicale
Download PDF

Voici un tract disponible dans l’église Saint romain à Rouen :

Mgr Rey à Notre-Dame de Spéluque
Download PDF

L’évêque de Fréjus-Toulon a célébré la messe dans la chapelle Notre-Dame de Spéluque dimanche 17 septembre. Il a été accueilli par soeur Marie du Saint-Esprit. La chapelle Notre-Dame de Spéluque, située dans la commune d’Ampus dans le Var, remonte au xe siècle. L’ensemble fut un prieuré de l’abbaye de Lérins jusqu’à la Révolution. Selon l’historien local Marcel Faure, la basilique fut consacrée le 10 janvier 1090 par Bérenger III, évêque de Fréjus. À la Révolution, cette chapelle, Beate Marie de Speluca comme on la désignait dans les anciens textes, appelée également aujourd’hui Chapelle Notre Dame du Plan, a été vendue comme « bien national » et acquise par Madame d’Autran, puis rachetée par la famille Jerphanion. Le classement au titre de la loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques est intervenu par arrêté du 26 juin 1990. La chapelle est désormais propriété privée de l’Association diocésaine de Fréjus-Toulon et mise à la disposition de l’Association des Amis de Notre-Dame-de-Spéluque constituée le 10 novembre 1990, dans le cadre d’un bail emphytéotique de 99 ans.

Tous les dimanches et fêtes, la messe est célébrée vers le Seigneur à 11h00 dans la forme extraordinaire du rit romain avec chant grégorien.

Adoration perpétuelle dans le diocèse de Saint-Etienne
Download PDF

Mgr Sylvain Bataille souhaite la mise en place d’une Adoration eucharistique continue à la Maison diocésaine.

Pourquoi une Adoration continue à la Maison diocésaine ?

“La Maison diocésaine ne doit pas seulement être un lieu administratif, juridique et de formation. Il est indispensable que ce soit également un lieu où l’on prie, un lieu spirituel. L’évêché se doit d’être aussi un lieu de prière et d’adoration. L’adoration est au cœur de la Nouvelle évangélisation. Adoration et évangélisation sont étroitement liés. On doit rappeler que c’est le Christ qui est à la tête du diocèse”.

De quelle façon ?

“En permanence, quelqu’un à la chapelle de l’évêché prie pour celles et ceux qui portent la maison diocésaine, le diocèse, pour celles et ceux qui agissent sur le terrain. C’est un véritable pari que nous faisons, mais c’est aussi une dynamique, un bel enjeu. Il s’agit de mettre le diocèse en mouvement. Nous voulons créer un mouvement spirituel et emmener le plus grand nombre de personnes possible, même des ados ! Il est important de se pencher sur une pédagogie de l’Adoration auprès des jeunes, à une époque où ceux-ci sont très attirés par la méditation”.

Mais l’organisation concrète sera précisée prochainement.

Concrètement, nous invitons tous les catholiques qui le souhaitent (prêtres, diacres, religieux, religieuses, laïcs, à venir adorer une heure par semaine, pour se relayer dans le service de la prière, en se mettant ensemble humblement devant le mystère de l’Amour. Cette permanence dans la prière permettra aussi à tous ceux qui sont de passages à l’évêché, de venir se joindre à cette intercession. L’objectif est d’arriver à une adoration, habituellement silencieuse, devant le Saint Sacrement exposé, 24h sur 24, et si le nombre d’adorateurs le permet, 7 jours sur 7.

Week-end de préparation : les 16 et 17 septembre 2017

“Pour expliquer le sens de cette démarche et la mise en œuvre, des “Missionnaires de l’eucharistie” vont venir prêcher à différentes messes paroissiales le samedi 16 et dimanche 17 septembre et proposer plusieurs conférences sur le sujet. L’Adoration devrait être lancée en octobre, peut être le jour de la fête de Saint François d’Assise…

Une série de quatre conférences sera assurée par le Père Florian Racine, Missionnaires de la Très Sainte Eucharistie, le week-end du 15, 16 et 17 septembre 2017 sur le thème : “Qu’est-ce qu’adorer ?… Pourquoi adorer ?… Comment adorer ?…”

- Au Centre Saint-Augustin (55, Rue des Docteurs Charcot – Saint-Étienne) vendredi 15 septembre à 20 heures
- A l’église d’Andrézieux samedi 16 septembre à 20 heures
- A La Grand’Eglise dimanche 17 septembre à 18 heures
- A la Maison Saint Antoine lundi 18 septembre à 14h30 pour les prêtres, diacres, consacrés et Animateurs Laïcs en Pastorale (ALP)

Des interventions sous forme d’homélies seront proposées lors des Eucharisties par le Père Florian Racine, accompagné par le Père Denis Mertz et le Père Jérôme Dernoncourt.
Samedi 16 septembre :- à 16 h 30 à l’église Notre-Dame (8, rue Dormand – Saint-Etienne )
- à 17 h à l’église Sainte Marie ( 1 Rue Sainte-Marie – Saint-Étienne)
- à 18 heures à l’église St-Jean-Baptiste (Montaud – Saint-Etienne)
- à 18 heures à l’église St-Pierre-St-Paul (la Rivière – Saint-Etienne)
- à 18 heures à l’église de Cotatay (Chambon-Feugerolles)

Dimanche 17 septembre :

- à 9 heures au Centre Saint-Augustin (55, Rue des Docteurs Charcot – Saint-Étienne)
- à 9 heures à l’église du Sacré-Cœur (LaTerrasse – Saint-Etienne)
- à 9 heures à Notre-Dame de Terrenoire
- à 10 h 30 à l’église Notre-Dame (8, rue Dormand – Saint-Etienne )
- à 10 heures au Patronage St-Joseph (13 Rue Victor Duchamp – Saint-Etienne)
- à 10 h 30 à la cathédrale Saint Charles, Saint-Etienne
- à 19 heures à La Grand’Eglise (Place Boivin – Saint-Étienne))

Traduire le site »