Opposition au Pape

La Croix a décidé de soutenir le lobby LGBT
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Rappelons d’abord que La Croix est l’organe officieux de la Conférence des évêques de France. A l’approche de la Gay Pride et de la loi de bioéthique, ce quotidien diffuse la propagande LGBT et tente de rallier les catholiques à ce mouvement de perversion.

La Croix diffuse en effet une large publicité à un rassemblement de prière organisé par des protestants LGBT. Et malvenu celui qui viendrait critiquer cette prière car comment peut-on critiquer ceux qui prient ? Outre le fait que la prière, même protestante, est utilisée pour justifier des abominations contraires à l’enseignement de l’Eglise, il est important de souligner que La Croix soutient ce genre de veillées de prières et non pas les veillées pour la vie, celles-ci sont illégitimes, car organisées par des intégristes, réactionnaires et autres lieux découverts à marée basse!

La Croix publie aussi la propagande de l’association LGBT “catholique” David et Jonathan qui plaide pour toutes les perversions homosexuelles condamnées dans le catéchisme de l’Eglise catholique. C’est toute l’hypocrisie de cette position, soutenue en douce mais non assumée par certains membres de l’épiscopat français, alors qu’un certain nombre d’évêques allemands plaident aujourd’hui ouvertement et sans complexe pour une réécriture du catéchisme. A croire que les catholiques français sont plus fidèles à l’enseignement de l’Eglise que leurs confrères d’outre-Rhin…

Le Pape Benoît XVI persécuté par les thuriféraires de la bien-pensance
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Réflexion d’un lecteur :

Il y a peu, Benoît XVI a écrit un texte d’une fermeté et d’une clarté rare sur la crise actuelle. Les médias depuis se font un devoir tout particulier de critiquer jusqu’à la sottise un texte précis, argumenté qui témoigne d’une grande intelligence et d’une érudition profonde, devenue rare en théologie…(bref, c’est le style ratzingérien, auquel nous étions habitués jusqu’en 2013…et que certains s’obstinent à ne pas vouloir reconnaître: on se demande si les critiques qui dénient à Benoît XVI la paternité de l’œuvre ont déjà lu trois pages de lui, car c’est trop flagrant: c’est trop brillant pour n’être pas de l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi…ou bien, qu’on nous présente le théologien de génie qui a analysé la crise avec une pertinence aussi profonde, et des qualités intellectuelles et spirituelles aussi exceptionnelles, afin qu’on le loue!) au point qu’on s’étonne d’une chose: ceux-là qui prônent aujourd’hui l’obéissance et la soumission au pape François, et qui l’admirent avec des ardeurs bigotes fleurant l’ultramontanisme sont les premiers à reprendre leurs anciennes habitudes, et à déchaîner les haines les plus démentielles sur un homme qui ne fait que donner son avis…La liberté d’expression semble être limitée aux “minorités sexuelles” et au Pape régnant. Contre les droits de la personne humaine les plus élémentaires, les théologiens du monde entier demandent à Benoît XVI de mener une existence de chartreux qui les arrange bien…Et de ne surtout pas piper mot à propos de l’impuissance de l’Église hiérarchique devant l’ampleur des scandales et abus d’enfants et de femmes consacrées. Alors qu’on souhaite la fin de ces scandales, on se prépare à bâillonner celui qui (et c’est bien le seul) propose une solution raisonnable et efficace: la conversion des cœurs, et l’assainissement moral de l’Eglise à tous les niveaux, spécialement à celui de la formation des futurs prêtres (quel bon sens!): les perversions homosexuelles, ou la fréquentation désordonnée de jeune femmes et le relâchement de la sobriété et de la continence sont à proscrire et à bannir de tous les séminaires du monde. Le séminaire est un lieu de retraite et de formation, un lieu où le temps est consacré à Dieu, pour Le servir avec un cœur pur, non au divertissement malsain. Alors que Benoît XVI s’inquiète de la protection des mineurs en proposant en filigrane de son exposé, un protocole de renouvellement de la formation des futurs prêtres, on l’accuse de tous les maux, de vouloir faire de l’ombre au Pape François, de diviser l’Eglise, d’encourager les schismes…etc. Les accusateurs du Pape Benoît XVI sont, nous le voyons bien, des gens de verbiage et non d’actes: devant la gravité de l’atteinte qui est faite aux fidèles du Christ les plus petits, on s’abaisse à négliger les solutions les plus saines, pour s’arrêter à des considérations idéologiques. C’est, disons-le, de la part des journalistes et pseudo-spécialistes ou hommes et femmes d’influence, le signe d’une perversion grave, proche du crime. Le Pape Benoît XVI, persécuté par les thuriféraires de la bien-pensance, semble avoir offert à l’Église un diagnostic sûr, lumineux, clair, et qui ne demande plus que la bonne volonté des évêques et des supérieurs de séminaires et congrégations religieuses pour être la source d’une thérapie adaptée et complète. Les séminaristes continueront-ils longtemps à lire Benoît XVI en cachette, et à se faire persécuter pour leur orthodoxie et leur bon sens? Le laïcat chrétien est en droit d’exiger le respect par les prêtres et les religieux de leurs promesses sacerdotales ou de leurs vœux religieux. Ainsi, nous exigeons la mise-en-pratique radicale des conseils de Benoît XVI, par tous les clercs de la terre. Revenez à Dieu de tout votre cœur, et c’est dans la paix que nous vous confierons nos enfants!

Sur le départ, Mgr Pontier ne cache plus son hétérodoxie
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L’archevêque de Marseille sur le départ et bientôt ex-président de la CEF (au 1er juillet prochain) a été interrogé par “La Provence”. Il y avoue sa rupture avec des pans entiers de la foi catholique :

«Il se peut qu’un jour nous ayons des femmes prêtres ou des hommes mariés ordonnés. Mais ce n’est pas par là qu’il faut commencer», «Ce qui importe, c’est d’exercer le pouvoir d’une autre manière. Être plus à l’écoute de la société qui nous entoure”.

Il n’y aura jamais de femme prêtre dans l’Eglise catholique, qui n’a pas reçu de mandat pour cela. Contrairement aux prêtres mariés, qui existent déjà dans l’Eglise catholique, une femme prêtre n’est pas possible. C’est pourquoi la déclaration de Mgr Pontier est ahurissante.

Le 22 mai 1992, Jean-Paul II, dans la lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis adressée aux évêques de l’Église catholique, rappelle :

«C’est pourquoi, pour dissiper tout doute sur une question de grande importance», «je déclare que l’Église n’a nullement le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale aux femmes et que cette déclaration doit être tenue définitivement par tous ses fidèles».

Le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a affirmé que la Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis a un caractère permanent et définitif car elle appartient au dépôt de la foi.

On comprend mieux pourquoi le secrétaire général de la CEF, Mgr Ribadeau-Dumas n’a pas été repris, suite à ses propos également gravement hétérodoxes. Et quand on constate que son successeur semble être un habitué des loges maçonniques, on comprend qu’il y a une mafia qui pilote la CEF…

Absolutions collectives : sont-elles valides?
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Un lecteur nous propose un article très complet et éclairant concernant la controversée question des absolutions collectives. C’est paru dans la revue “En Route“, une revue religieuse catholique ayant son siège au Québec (Canada). Ce document a de plus été vérifié et approuvé par l’abbé J.-Réal Bleau, prêtre et docteur en théologie, du diocèse de Montréal.

A l’approche de la fête de Noël, de plus en plus de paroisses (du moins au Québec) n’offrent plus de confessions individuelles et les remplace par des cérémonies plus ou moins fantaisistes s’inspirant en tout ou en partie de l’absolution collective. Les fidèles sont troublés, mais se disent que si le curé le fait, c’est que c’est bon… et qu’il faut être “de notre temps”…

Extrait de l’article :

Disons-le franchement : actuellement il n’existe pas, dans nos paroisses, de cas qui répondent aux critères pour que de telles absolutions (collectives) soient valides. Voici ces critères, détaillés dans le Catéchisme de l’Église Catholique :

‟En des cas de nécessité grave on peut recourir à la célébration communautaire de la Réconciliation avec confession générale et absolution générale. Une telle nécessité grave peut se présenter lorsqu’il y a un danger imminent de mort sans que le ou les prêtres aient le temps suffisant pour entendre la confession de chaque pénitent. (Par ex.: un naufrage, un départ subit pour le front, une vaste catastrophe mortelle… NDLR)

La nécessité grave peut exister aussi lorsque, compte tenu du nombre des pénitents, il n’y a pas assez de confesseurs pour entendre dûment les confessions individuelles dans un temps raisonnable, de sorte que les pénitents, sans faute de leur part, se verraient privés pendant longtemps de la grâce sacramentelle ou de la sainte communion. (Par ex.: une mission éloignée où le prêtre ne peut se rendre que très rarement et pour une durée qui ne lui permet pas d’entendre tous les pénitents en confession. NDLR)

Dans ce cas les fidèles doivent avoir, pour la validité de l’absolution, le propos de confesser individuellement leurs péchés graves en temps voulu (cf. CIC, can. 962, § 1). (Ce qui veut dire : avant la prochaine absolution collective, si possible ; et dans un délai d’un an, car le commandement de l’Église ‟Tous tes péchés confesseras à tout le moins une fois l’an” s’applique à ces pénitents aussi, sauf s’ils en sont vraiment empêchés. NDLR)

C’est à l’Évêque diocésain de juger si les conditions requises pour l’absolution générale existent (cf. CIC, can. 961, § 2). Un grand concours de fidèles à l’occasion de grandes fêtes ou de pèlerinages ne constitue pas un cas d’une telle grave nécessité (cf. CIC, can. 961, § 1) ”. (À plus forte raison le nombre de fidèles fréquentant actuellement nos paroisses… NDLR)

___________________

Au civil, un juge ne peut inventer des lois ou des clauses au gré des cas qui se présentent à lui. Il doit juger selon les lois en vigueur. S’il s’écarte du droit, son jugement sera déclaré nul.

De même, l’Évêque n’a pas le droit d’outrepasser les limites que lui assigne l’Église pour asseoir son jugement. C’est pourquoi, si un Évêque autorise l’absolution collective sans respecter les conditions d’admissibilité que lui prescrit la loi de l’Église, cette “permission” non seulement est invalide, mais elle constitue un acte de désobéissance envers le Magistère.

De ce fait, les absolutions collectives données dans ce contexte sont invalides.

COMMENT DOIS-JE RÉAGIR?

“Ayant participé à de telles absolutions collectives invalides, dois-je refaire mes confessions ?”

Si l’on n’avait que des fautes vénielles (légères) sur la conscience, on n’est pas tenu de refaire ces confessions. La raison est qu’il existe d’autres façons d’obtenir le pardon pour les fautes vénielles (contrition, communion…).

Si, pour des fautes graves, on a eu recours DE BONNE FOI à une telle “absolution”, la miséricorde divine a suppléé aux manques du prêtre, en raison de notre contrition. Cependant, on reste lié par l’obligation de confesser individuellement toutes nos fautes graves dès que possible, tel qu’expliqué dans le chapitre précédent. En attendant, on peut communier.

Si on a participé à de telles cérémonies en sachant qu’elles étaient invalides, pour ne pas avoir à s’humilier en confession, ou autres raisons mauvaises, alors nous devons non seulement reprendre ces confessions invalides (en confessant nos fautes graves individuellement à un prêtre), mais également accuser le fait d’avoir tenté d’abuser du sacrement du Pardon, et d’avoir communié dans cet état (si c’est le cas). On doit faire cette bonne confession avant de communier à nouveau.

Dans tous les cas, on aura compris qu’il ne faut plus participer à ces simulacres de sacrement.

Abus sexuels : le silence des diocèses français
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Olivier Bonnel, journaliste à Radio Vatican, a pris la peine de visiter les sites internet des diocèses français et constate sur Twitter :

  • 3 jours après sa publication, 57 des 93 diocèses ne font AUCUNEMENT mention de la lettre du Pape aux catholiques sur les abus sexuels, ni sur leur page internet, ni sur Twitter ou Facebook…
  • 18 diocèses ont mis en ligne la lettre seulement sur leur page web, aucun “social” (2 ou 3 diocèses seulement ne sont ni sur Twitter ni Facebook)
  • Seulement 8 diocèses ont partagé la lettre à la fois sur leur page web, Twitter et Facebook

Il précise que certains diocèses sont modestes, fonctionnent avec des bénévoles et qu’au cœur du mois d’août l’activité ne bat pas son plein etc… MAIS certains ont publié des posts Facebook ou des tweets après le 20/08, date de publication de la lettre du pape.

  • Que faut-il de plus grave que les abus sexuels pour que l’Église de France comprenne enfin l’urgence de savoir communiquer?
  • Que dit ce handicap de communication ? Une peur de déterrer des dossiers inavouables?
  • Un “je-m’en-foutisme”? Il semble que non, à écouter plusieurs évêques, la volonté est là. Mais alors quoi?
  • Quel signal envoie-t-on aux victimes dont les évêques ne cessent de répéter “qu’elles sont la priorité”?

Communiquer aussi piteusement n’est-il pas une autre forme de cléricalisme que le pape dénonce lui-même?

Le cardinal Ricard et la Fraternité Saint Pie X
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Le cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux, a été interrogé sur RCF

Sur la lettre adressée au pape courant juillet et restée sans réponse et signée notamment par Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Jean-Pierre Ricard, membre de la commission pontificale Ecclesia Dei, déclare :

“J’ai vu tous les efforts que le pape Benoît XVI a fait pour essayer d’accueillir le plus possible la Fraternité. Le point qui avait achoppé à ce moment-là n’était pas la liturgie puisque dans l’Eglise, vous avez un certain nombre de communautés qui célèbrent aussi selon ce rite. Ce qui a fait achopper, c’était la reconnaissance de l’autorité du Concile Vatican II”.

“Depuis, le pape François a fait des gestes unilatéraux même s’il n’y avait pas forcément de réponse. Et je crois qu’un certain nombre de prêtres de la Fraternité y ont été sensibles. Le premier geste a été durant l’année de la Miséricorde de dire que les prêtres de la Fraternité pouvaient donner l’absolution, ce qui reconnaissait donc leur sacerdoce. Le second geste a été d’accueillir des prêtres de la Fraternité au cours de célébrations des mariages”.

“Je sens qu’il y a débat au sein de la Fraternité. Tout le monde n’est pas d’accord. J’ai rencontré un certain nombre de prêtres de la Fraternité qui souhaiteraient vraiment un accord avec Rome. D’autres, pas du tout. Et puis la personnalité du pape François est ressentie de façon ambivalente. Certains de ses gestes et de ses paroles irritent un certain nombre de membres qui restent sur la réserve. C’est maintenant aux responsables, et notamment Mgr Fellay, de dire ce qu’ils souhaitent. Ils vont avoir l’an prochain un grand chapitre qui orientera l’avenir. Ce sera un moment décisif pour savoir s’ils renouent avec la communion, ou s’ils prennent l’autre route”.

“A Rome on ne donne pas trop d’importance à ces interpellations qui se veulent filiales, mais qui restent intransigeantes. Elles oublient quand même qu’il y a eu deux synodes qui ont réfléchi avec de nombreux évêques et théologiens. De dire comme ça : ‘vous avez écrit des hérésies’. A mon avis c’est très léger.“.

“C’est vrai que Mgr Fellay a durci un peu. Mais on sait qu’il a d’autres fois alterné des moments de position un peu dure à des moments où il était plus ouvert. On verra ce qui l’emportera.”

En 1997 les évêques ne croyaient pas au succès des JMJ
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Il y a 20 ans, commençaient les JMJ à Paris. Pour l’occasion, La Croix a interrogé Mgr Michel Dubost, alors évêque du diocèse aux armées, chargé de l’organisation de ces Journées mondiales de la jeunesse de 1997. Mgr Dubost est aujourd’hui presque à la retraite. Il sera remplacé bientôt par Mgr Pansard à l’évêché d’Evry.

En 1997, qu’attendait l’Église de France des JMJ ?

Il faut reconnaître qu’il n’y avait pas une grande attente vis-à-vis de ce rassemblement. Peu de personnes y croyaient. Il est clair que c’est le cardinal Lustiger, archevêque de Paris, qui a voulu ces JMJ, qui les a imposées, et qui a eu un rôle très important dans leur organisation. Le souvenir des rassemblements du Bourget en 1980, et du congrès eucharistique de Lourdes en 1981, où il y avait beaucoup moins de monde que prévu, a sans doute joué. Peu de gens avaient pris conscience que l’atmosphère avait changé, et que c’était devenu possible de réunir des jeunes catholiques en masse. La préparation s’est donc faite un peu contre vents et marées. Beaucoup ne voulaient pas que cette organisation repose sur des bénévoles. Pour ma part, je pensais, avec l’expérience des autres JMJ, qu’il fallait aussi que les jeunes aient de grandes responsabilités. On a essayé de mélanger professionnalisme et volontariat des jeunes.

Comment est-on passé de l’indifférence ou l’incrédulité à l’enthousiasme ?

Ce qui a bien fonctionné, c’est la présence des étrangers dans les différents diocèses, avant la semaine à Paris. C’était important pour que l’événement soit populaire. Un autre élément, plus étonnant, a été la dissolution de l’Assemblée nationale en avril 1997. Nous avions­ prévu un budget publicitaire pour les JMJ. Mais nous avons décidé de reporter la campagne de communication initialement prévue, pour ne pas dépenser l’argent au moment des élections, où l’attention de l’opinion n’aurait pas été à la hauteur de nos attentes. Finalement, c’est au mois d’août, au moment où les participants étrangers étaient déjà là, qu’il y a eu la campagne d’affichage dans le métro. À partir de là, tout le monde y a cru.

Avant les JMJ, un responsable des programmes d’une chaîne nationale m’a ri au nez en me disant que si nous réunissions 30 000 personnes, ce serait le maximum… Au sein de l’organisation, nous avions prévu différents scénarios en termes de participation. Mais nous avions quand même prévu de l’eau et des toilettes en quantité suffisante pour la messe finale à Longchamp qui a réuni plus de 1 million de personnes…

Comment expliquez-vous le succès des JMJ de 1997 ?

Depuis le premier rassemblement à Rome en 1985, les JMJ ont pris place petit à petit dans le paysage ecclésial. Les anciens des JMJ de Saint-Jacques-de-Compostelle, en 1989, et de Czestochowa en 1991, ont leur place dans la réussite de Paris. La volonté du cardinal Lustiger a aussi été déterminante. Il voulait cette évangélisation de la mondialisation. Dans un pays où les chrétiens devenaient minoritaires, il s’agissait de leur donner d’être joyeux d’être chrétiens. Enfin, il s’agissait de faire quelque chose qui marque le rôle des évêques. Les catéchèses ont « converti » les évêques, qui ont été obligés de parler devant les jeunes.

Comment voyez-vous l’avenir des JMJ ?

Quand on a une bonne idée, il faut l’user, mais pas l’élimer jusqu’à la corde. Aujourd’hui, je trouve que ces grands rassemblements coûtent très cher. Il ne faudrait pas que le gigantisme tue les choses. Il faut sans doute inventer quelque chose de nouveau. En outre, notre grand drame, c’est de ne pas réussir à les organiser en Afrique. Mais il est intéressant que ce soit un événement ­mondial.

Le scandale Gréa : une affaire concertée ?
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La lecture en chaire, par le vicaire général du diocèse, de la scandaleuse lettre de l’abbé Gréa, n’est sans doute pas une bévue. Tout comme la rencontre organisée à Rome par le cardinal Philippe Barbarin. C’est notamment ce passage qui est source de scandale, en laissant croire que Dieu peut appeler à la foi à la prêtrise et au mariage :

Heureux comme prêtre je suis convaincu d’être appelé par Dieu pour ce beau ministère. Il y a quelques temps, j’ai commencé à construire une relation avec une femme avec laquelle je pense que Dieu m’appelle a vivre. Je découvre une joie insoupçonnée qui me semble dans la continuité de ce que j’ai vécu jusque là en me donnant corps et âme à votre service. J’ai souhaité être en vérité avec l’Eglise en disant ma joie d’être prêtre et mon désir de me marier.

Jean-Pierre Denis écrit ainsi dans La Vie :

S’il n’est pas le premier, ce départ n’est plus évacué mais assumé par l’intéressé, qui croit y voir la volonté divine. Même son diocèse (Lyon) semble vouloir relancer le débat sur le célibat sacerdotal, puisque le cardinal Barbarin lui a ménagé un rendez-vous avec le pape – ce qui choque nombre d’humbles serviteurs, qui n’auront jamais un tel honneur.

Quel aveu.

Il faut dire que l’abbé Gréa est très apprécié par La Vie, qui l’avait invité aux États généraux du christianisme. Et le rédacteur en chef milite :

Soyons francs : vu l’urgence de l’évangélisationje crois que je préférerais que David Gréa se marie et reste curé de Lyon-Centre, plutôt que de le savoir perdu pour la mission. Je suis d’ailleurs persuadé que la situation traumatiserait moins les fidèles que le départ d’un prêtre.

Et, inéluctablement, sont données en exemples les Églises orientales catholiques et chez les ex-anglicans ralliés à Rome. Mariés avant leur ordination. Mais mariés. Et le journaliste conclut :

Dans Amoris Lætitia, le pape offre cependant une autre perspective, invitant à ne pas s’affranchir de la loi, mais à essayer de discerner l’intelligence des situations.

Sic. L’intelligence des situations… Il est réellement nécessaire que cette exhortation soit interprétée en accord avec la Tradition de l’Eglise.

La majorité des évêques ne souhaitent pas de la paix liturgique
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Selon la dernière lettre de Paix Liturgique, consacrée aux 10 ans du Motu Proprio Summorum Pontificum :

“L’année 2017 marquera le dixième anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007. Ce texte de Benoît XVI, entré en application le 14 septembre suivant, rappelait que le missel traditionnel n’avait jamais été abrogé et instaurait, du moins théoriquement, un régime de liberté quant à la célébration de l’antique liturgie.

Théoriquement…

En effet, et sans nier l’importance et la portée de ce texte qui a considérablement fait bouger les lignes et les mentalité – et pour lequel nous ne cessons de rendre grâces –, force est de constater qu’en pratique il n’a pas encore permis de répondre aux attentes des fidèles.

L’objet de la présente lettre n’est pas de faire un bilan comptable du motu proprio mais de tenter de comprendre pourquoi, dix ans après Summorum Pontificum (SP), la situation française semble relativement gelée et ne progresse que très timidement.

I – Un triste constat

« Nous n’avons pas de dossiers en cours ; il n’y a plus de demandes de mise en œuvre du motu proprio posant problème dans les diocèses français », peut-on entendre aujourd’hui dans les bureaux de la commission Ecclesia Dei à Rome. Factuellement, c’est parfaitement exact.

Est-ce à dire pour autant qu’il n’y a pas ou plus de problème liturgique en France ? Que tout va pour le mieux dans une Église soucieuse de répondre aux aspirations liturgiques de tous ses fidèles ? Non, c’est en réalité que les demandeurs ont tout simplement fini par se lasser.

Les mois qui ont suivi l’entrée en vigueur du motu proprio de 2007 ont vu de très nombreux espoirs se manifester et de multiples groupes de fidèles s’adresser filialement à leurs pasteurs pour bénéficier de ce trésor que leur offrait théoriquement ce texte pontifical. Certes, d’excellents résultats ont été obtenus. Quelques paroisses se sont ouvertes honnêtement à la liturgie traditionnelle (et continuent de le faire à l’heure actuelle). D’autres, cependant, l’ont fait en trahissant l’esprit et la lettre du motu proprio. Mais la grande majorité, hélas, est restée sourde aux demandes formulées par les familles. De sorte que, au fil des mois et des années, les nouvelles demandes paroissiales se sont faites de plus en plus rares.

Cette absence d’expression de nouvelles demandes s’explique par la résignation des fidèles qui ont compris que la majorité des évêques et des curés ne souhaitaient pas de la paix liturgique et faisaient tout pour priver d’effet le motu proprio de Benoît XVI.

Mauvaise foi, manipulations grossières, calomnies et mensonges, aucune arme n’aura été négligée par ceux qui auraient dû être des artisans de l’unité liturgique (SP, art. 5.1).

Selon les cas on répondit aux demandeurs : « Vous n’êtes pas de la paroisse » ou « Il existe déjà une célébration diocésaine, l’évêque juge qu’il n’est pas nécessaire d’en créer une nouvelle » ou encore « Nous en parlerons au Conseil paroissial qui étudiera votre demande, nous ferons un point dans six mois ». On utilisa aussi l’argument du nombre. Parfois les fidèles n’étaient pas assez nombreux alors qu’ailleurs, comme à Vaucresson dans le diocèse de Nanterre, ils l’étaient bien trop et étaient accusés de mettre en péril l’équilibre paroissial.

Un curé bienveillant mais en fin de mandat expliquait aux demandeurs qu’il valait mieux « attendre l’arrivée de [son] successeur » tandis que celui qui arrivait demandait aux mêmes demandeurs de lui « laisser le temps de [s]’installer ». Etc, etc.

En un mot, l’essentiel des réactions ecclésiastiques, sous la houlette des autorités épiscopales, fut d’organiser le frein et le refus, de maintenir l’apartheid liturgique et de décourager les plus décidés des demandeurs. Bien entendu, et nos lettres en fournissent la preuve abondante (certains lecteurs nous reprochent d’être trop optimistes !), il existe de belles exceptions diocésaines et paroissiales. Mais, au bout d’une décennie, elles ne constituent toujours que des exceptions à une règle qui demeure celle du déni.

Le peuple fidèle en a conscience. Cela fait bien longtemps qu’il a compris que la volonté d’« aller aux périphéries » ou d’« accueillir la différence » n’étaient que des incantations à usage des médias et certainement pas des lignes de conduite à usage intra-ecclésial.

II – Cependant…

Tout n’est pas négatif dans le négatif. Le motu proprio de 2007 a au moins eu le mérite de permettre au motu proprio de 1988 (Ecclesia Dei) de commencer à être mieux et plus appliqué. En effet, alors que l’artisan de Summorum Pontificum est théoriquement le curé de paroisse, le traitement des demandes a, en pratique et contrairement à l’esprit et à la lettre du motu proprio de 2007, quasiment toujours été décidé au niveau épiscopal… comme y invitait Ecclesia Dei il y a près de 30 ans ! C’est probablement ce que les évêques appellent « vivre avec son temps »…

Reste que si les évêques souhaitaient réellement la paix liturgique, ils auraient depuis longtemps fait en sorte que les fidèles aient concrètement accès, au moins dans les cathédrales et dans les églises les plus centrales, dans un premier temps, à cette forme de célébration. Ils auraient fait de la liturgie traditionnelle un trésor accessible à chaque catholique qui le souhaite et non plus une pièce de musée réservée aux fidèles ayant fait le choix de quitter leurs paroisses pour des lieux de culte dédiés aux allures de réserves indiennes.

En cette année du dixième anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum nous souhaitons rappeler que selon les multiples sondages réalisés par des organismes professionnels et indépendants entre 2008 et 2011, au moins un catholique français pratiquant sur trois assisterait au moins une fois par mois à la célébration de la forme extraordinaire du rite romain si celle-ci lui était proposée dans SA paroisse.

Ces chiffres, vérifiés dans le temps, dans l’espace et dans les différents instituts de sondages sollicités, n’ont jamais été pris en compte, ni même débattus par la hiérarchie catholique. L’omerta organisée sur ces études scientifiques et le refus de toute discussion sur ces données chiffrées en disent long sur les préjugés liturgiques qui continuent de régner en France. Et si les études d’opinion font peur aux évêques – qui en raffolent pourtant dès qu’il s’agit de sujets politiques – alors pourquoi ne pas considérer la réalité des messes dominicales ?

Partout où l’expérience Summorum Pontificum a été tentée honnêtement à un rythme dominical hebdomadaire et à un horaire familial par un prêtre bienveillant, cela a été un succès et n’a en rien vidé le lieu de culte voisin. Pas plus que les bancs des chapelles de la Fraternité Saint Pie X.

En ce début 2017, nous formons donc le vœu que la nouvelle génération de prêtres qui se lève, qui n’a pas les œillères idéologiques de ses aînés, applique honnêtement et avec liberté d’esprit le motu proprio de Benoît XVI, sous le regard d’évêques enfin prêts à faire preuve de réalisme, si ce n’est de bienveillance, pastoral. Il est temps d’accepter la réalité telle qu’elle est, à savoir que, dans chacune des paroisses françaises, une partie consistante des fidèles assisterait volontiers à la forme extraordinaire du rite romain si l’occasion lui en était offerte par M. le curé.

Le reste n’est que langue de buis.”

Absolutions collectives : ça existe toujours
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Dans les annonces du diocèse d’Angers, on me fait remarquer qu’il existe toujours des absolutions collectives :

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En 2002, dans son Motu Proprio Misericordia Dei, Jean-Paul II écrivait :

“on observe dans certaines régions une tendance à l’abandon de la confession personnelle, ainsi qu’un recours abusif à l’«absolution générale» ou «collective», en sorte que celle-ci n’apparaît pas comme un moyen extraordinaire dans des situations tout à fait exceptionnelles. En raison d’une extension arbitraire de l’obligation de grave nécessité, on perd de vue pratiquement la fidélité à l’aspect divin du sacrement, et concrètement la nécessité de la confession individuelle, ce qui entraîne de graves dommages pour la vie spirituelle des fidèles et pour la sainteté de l’Église.

Après avoir donc consulté en la matière la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, ainsi que le Conseil pontifical pour les Textes législatifs, et recueilli les avis de Vénérés Frères Cardinaux préposés aux Dicastères de la Curie romaine, reprenant la doctrine catholique au sujet du sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation exposée de manière synthétique dans le Catéchisme de l’Église catholique, conscient de ma responsabilité pastorale et en pleine connaissance de la nécessité et de l’efficacité toujours actuelles de ce sacrement, j’établis ce qui suit:

1. Les Ordinaires rappelleront à tous les ministres du sacrement de Pénitence ce que la loi universelle de l’Église a confirmé, en application de la doctrine catholique en la matière, à savoir:

a) «La confession individuelle et intégrale avec l’absolution constitue l’unique mode ordinaire par lequel un fidèle conscient d’un péché grave est réconcilié avec Dieu et avec l’Église; seule une impossibilité physique ou morale excuse de cette confession, auquel cas la réconciliation peut être obtenue aussi selon d’autres modes».

b) C’est pourquoi «tous ceux auxquels est confiée, en vertu de leur fonction, une charge d’âmes sont tenus par l’obligation de pourvoir à ce que les confessions des fidèles qui leur sont confiés soient entendues, lorsqu’ils le demandent raisonnablement, et de leur offrir la possibilité de se confesser individuellement à des jours et heures fixés qui leur soient commodes».

En outre, tous les prêtres qui ont la faculté d’administrer le sacrement de Pénitence doivent se montrer toujours et pleinement disposés à l’administrer chaque fois que les fidèles en font raisonnablement la demande. Le manque de disponibilité pour accueillir les brebis blessées, ou encore pour aller à leur rencontre afin de les conduire dans la bergerie, serait un signe attristant du manque de sens pastoral chez ceux qui, par l’ordination sacerdotale, doivent porter en eux l’image du Bon Pasteur.

2. Les Ordinaires des lieux, ainsi que les curés et les recteurs d’églises et de sanctuaires, doivent vérifier périodiquement qu’il existe concrètement les plus grandes facilités possibles pour les confessions des fidèles. En particulier, on recommande la présence visible des confesseurs dans les lieux de culte durant les heures prévues, l’adaptation des horaires à la situation réelle des pénitents, et la disponibilité spéciale pour confesser avant les Messes et aussi pour répondre aux nécessités des fidèles durant la célébration des Messes, si d’autres prêtres sont disponibles.

3. Puisque «le fidèle est tenu par l’obligation de confesser, selon leur espèce et leur nombre, tous les péchés graves commis après le baptême, non encore directement remis par le pouvoir des clés de l’Église et non accusés en confession individuelle, dont il aura conscience après un sérieux examen de soi-même», on doit réprouver tout usage qui limite la confession à une accusation d’ordre général, ou seulement à un ou plusieurs péchés considérés comme étant plus significatifs. D’autre part, compte tenu de l’appel de tous les fidèles à la sainteté, il leur est recommandé de confesser aussi les péchés véniels.

4. C’est à la lumière des normes précédentes et dans leur contexte que doit être comprise et correctement appliquée l’absolution à un ensemble de pénitents, sans confession individuelle préalable, comme cela est prévu au canon 961 du Code de Droit canonique. En effet, «elle revêt un caractère exceptionnel» et «ne peut pas être donnée par mode général […] sauf:

1º si un danger de mort menace et que le temps n’est pas suffisant pour que le ou les prêtres puissent entendre la confession de chacun des pénitents;

2º s’il y a une grave nécessité, c’est-à-dire si, compte tenu du nombre de pénitents, il n’y a pas assez de confesseurs disponibles pour entendre comme il le faut la confession de chacun dans un temps convenable, de sorte que les pénitents, sans qu’il y ait faute de leur part, seraient forcés d’être privés pendant longtemps de la grâce sacramentelle ou de la sainte communion; mais la nécessité n’est pas considérée comme suffisante lorsque des confesseurs ne peuvent pas être disponibles pour le seul motif du grand afflux de pénitents, tel qu’il peut se produire pour une grande fête ou un grand pèlerinage».

À propos du cas de grave nécessité, il est précisé ce qui suit:

a) Il s’agit de situations qui, objectivement, sont exceptionnelles, comme celles qui peuvent se produire dans des territoires de mission ou dans des communautés de fidèles isolées, où le prêtre ne peut passer qu’une ou quelques fois par an, ou encore lorsque les conditions de guerre, de météorologie ou d’autres circonstances similaires le requièrent.

b) les deux conditions établies par le canon pour expliquer la grave nécessité sont inséparables, c’est pourquoi jamais n’est suffisante la seule impossibilité de confesser «comme il faut» les personnes «dans un temps convenable» à cause du manque de prêtres; une telle impossibilité doit être associée au fait que, dans le cas contraire, les pénitents seraient contraints à rester «longtemps», sans qu’il y ait de leur faute, privés de la grâce sacramentelle. On doit donc de ce fait tenir compte des circonstances globales des pénitents et du diocèse, en ce qui concerne l’organisation pastorale de ce dernier et la possibilité pour les fidèles d’accéder au sacrement de Pénitence.

c) La première condition, à savoir l’impossibilité de pouvoir entendre les confessions «comme il faut» «dans un temps convenable», se réfère uniquement au temps raisonnablement requis pour l’indispensable administration valide et digne du sacrement, étant donné qu’à ce sujet un colloque pastoral prolongé n’est pas nécessaire, ce dernier pouvant être renvoyé à des circonstances plus favorables. Ce temps raisonnablement convenable pour entendre les confessions dépendra des possibilités réelles du confesseur ou des confesseurs, et des pénitents eux-mêmes.

d) À propos de la seconde condition, c’est avec un jugement prudentiel qu’il conviendra d’évaluer la durée du temps de privation de la grâce sacramentelle, afin qu’il s’agisse d’une impossibilité vraie aux termes du canon 960, quand il n’y a pas danger imminent de mort. Ce jugement n’est pas prudentiel s’il dénature le sens de l’impossibilité physique ou morale, comme il arriverait si, par exemple, on considérait qu’un temps inférieur à un mois impliquerait de rester «longtemps» dans une telle privation.

e) Il n’est pas admissible de créer ou de laisser se créer des situations d’apparente grave nécessité, dues au fait que l’on n’a pas pourvu à l’administration ordinaire du sacrement par suite de l’inobservance des normes rappelées ci-dessus, et encore moins si elles sont dues au choix des pénitents en faveur de l’absolution collective, comme s’il s’agissait d’une possibilité normale et équivalente aux deux formes ordinaires décrites dans le Rituel.

f) La grande affluence de pénitents ne constitue pas à elle seule une nécessité suffisante, non seulement à l’occasion d’une grande fête ou d’un pèlerinage, mais même dans les lieux de tourisme ou pour d’autres raisons semblables dues à la mobilité croissante des personnes.

5. Juger si les conditions requises par le canon 961, §1, 2º, sont remplies appartient non pas au confesseur mais «à l’Évêque diocésain; en tenant compte des critères établis d’un commun accord avec les autres membres de la Conférence épiscopale, il peut déterminer les cas où se rencontre cette nécessité». Ces critères pastoraux devront être l’expression de la recherche effectuée en toute fidélité, dans les circonstances des territoires respectifs, aux critères de fond indiqués par la discipline universelle de l’Église, critères qui s’appuient d’ailleurs sur les exigences découlant du sacrement de Pénitence lui-même dans son institution divine.

6. La pleine harmonie entre les divers épiscopats du monde étant d’une importance fondamentale dans une matière aussi essentielle pour la vie de l’Église, les Conférences épiscopales, aux termes du canon455, §2, feront parvenir dans les meilleurs délais à la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements le texte des normes qu’elles entendent établir ou mettre à jour, à la lumière du présent Motu proprio, sur l’application du canon 961 du Code de Droit canonique. Cela ne manquera pas de favoriser une communion toujours plus grande entre les évêques de toute l’Église, incitant partout les fidèles à puiser abondamment aux sources de la miséricorde divine, toujours jaillissantes dans le sacrement de la Réconciliation.

Dans cette perspective de communion, il sera également opportun que les évêques diocésains rendent compte à leurs Conférences épiscopales respectives de l’existence ou non, dans le cadre de leur juridiction, de cas de grave nécessité. Il appartiendra ensuite aux Conférences épiscopales d’informer la susdite Congrégation sur la situation de fait qui existe dans leur territoire et sur les éventuels changements qui devraient intervenir par la suite.

7. Quant aux dispositions personnelles des pénitents, on se rappellera que:

a) «Pour qu’un fidèle bénéficie validement d’une absolution sacramentelle donnée à plusieurs ensemble, il est requis non seulement qu’il y soit bien disposé, mais qu’il ait en même temps le propos de confesser individuellement, en temps voulu, les péchés graves qu’il ne peut pas confesser ainsi actuellement».

b) Dans la mesure du possible, même en cas de danger imminent de mort, on adressera préalablement aux fidèles «une exhortation pour que chacun prenne soin de faire un acte de contrition»

c) Il est clair que les pénitents qui vivent en état habituel de péché grave et qui n’entendent pas changer leur situation ne peuvent pas recevoir validement l’absolution.

8. Restant sauve l’obligation «de confesser fidèlement ses péchés graves au moins une fois par an», «un fidèle dont les péchés graves sont remis par une absolution générale recourra à la confession individuelle le plus tôt possible et dès qu’il en a l’occasion, avant de recevoir une nouvelle absolution générale, à moins que n’intervienne une juste cause».

Benoît XVI soutient le cardinal Sarah
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C’est ce que constate Yannick Chauvin sur le site de Boulevard Voltaire... :

“On n’en vient pas aux mains parce que l’on est entre gens bien élevés, mais c’est tout comme. L’objet du litige ? L’emplacement du prêtre qui célèbre la messe. En juin 2015, le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements – en clair, patron de la liturgie sous les ordres du pape –, proposait que « tous, prêtre et fidèles, se tournent ensemble vers l’Orient » pendant les parties de la messe où l’on s’adresse directement à Dieu : kyrie, gloria, oraisons diverses et eucharistie. Cette proposition, appuyée par le cardinal américain Raymond Burke, mettait à mal le changement opéré par Vatican II, qui enjoint l’officiant de faire volte-face et de se tourner désormais vers l’assemblée.

De tout temps, et au moins jusqu’au XVe siècle, les églises ont été « orientées », c’est-à-dire tournées vers l’Orient et le prêtre, dos aux fidèles, était, lui aussi « orienté », non pas comme on l’entend souvent, pour regarder vers Jérusalem – ça, c’est l’affaire des juifs et des premiers musulmans –, mais pour faire face à ce point cardinal qui voit, tous les jours, la naissance de la lumière, symbole du Christ.

Quelques jours plus tard, le trublion pourpre s’est fait sèchement recadrer par le Vatican : « Aucune nouvelle directive liturgique n’est prévue », a tonné Mgr Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, qui a ajouté, avec un brin de perfidie : « C’est au pape qu’il revient de décider des normes liturgiques. » En clair : prends ton seau et ta pelle et va jouer sur le tas de sable, et, pour t’apprendre la bienséance, je te raye de la liste des invités à diverses manifestations vaticanes.

Ces querelles presque byzantines, avec croche-pieds, tirages de surplis et coups bas, auraient pu ne pas dépasser le cadre des sacristies.

C’était sans compter avec le pape Benoît XVI dont l’Osservatore Romano du 12 octobre publie les commentaires. On peut penser ce que l’on veut de cet ex-souverain pontife, mais nul ne songe un seul instant à lui dénier une force et une crédibilité absolues dans le domaine de la théologie prise au sens large. Se démarquant résolument de son successeur, le pape émérite se prononce, une nouvelle fois, en faveur de la célébration ad orientem : « Dans l’orientation de la liturgie vers l’est, nous voyons que les chrétiens, ensemble avec le Seigneur, veulent progresser vers la rédemption de la création tout entière. » Avec ce verbe « progresser », c’est la pratique actuelle qui se ringardise d’un coup ainsi que cette sorte de vedettariat du célébrant, objet de tous les regards des fidèles. Et puis, dit Benoît XVI, puisque les chrétiens d’Orient prient « à l’ancienne », en faire autant pour les catholiques ne transgresse rien mais, au contraire, traduit un pas important vers l’œcuménisme. Enfin, pour être certain de se faire bien comprendre, il ajoute : « Un pasteur du troupeau de Jésus-Christ n’est jamais orienté simplement vers le cercle de ses propres fidèles. »

Pan sur le bec ! dirait un journal satirique bien connu. On attend avec gourmandise la réplique du pape François.”

Qu’en pensent les quelques évêques français qui ont répondu “non” à la proposition du cardinal ?

La Croix pointe les réseaux catholiques qui critiquent le pape
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Dans le quotidien officiel de la Conférence des évêques de France, Céline Hoyau tente de recenser ces chrétiens de France qui osent critiquer le Souverain Pontife, étant bien entendu que La Croix est une sorte de blanche colombe en la matière (enfin ça dépend des papes…). Le premier à passer sous les fourches caudines est Jacques de Guillebon suite à sa tribune publiée en septembre dans le mensuel  La Nef. Il s’agaçait de « sa face compagnon de route de SOS Racisme » ou encore de « son côté politologue de comptoir »… 

 

Un “fin connaisseur” (selon La Croix) de je ne sais quels milieux mélange la bourgeoisie des affaires, la droite et l’ultradroite, qui ont pris en grippe le pape « en particulier après son premier discours aux ambassadeurs contre la sphère financière et l’ultralibéralisme ». Encore un fin connaisseur qui n’y connait que ce qu’il s’imagine.

L’article constate que c’est avec les migrants et l’islam que le pape s’est mis à dos un certain nombre de catholiques :

« Dans un contexte où les chrétiens sont perçus comme faibles par les musulmans et alors que les flots de migrants ont permis à certains islamistes agressifs de passer en Europe, c’est comme s’il nous disait : laissez-vous faire. Certes, il n’a pas dit qu’il fallait les accueillir tous… Mais puisqu’il prend position sur le sujet, il faudrait dans ce cas qu’il soit plus précis et nous dise jusqu’où ! »

Façon de justifier le dernier texte du groupuscule épiscopal qui tient sous sa coupe la CEF. Tandis que la culture de mort avance, nos évêques nous appellent à repenser notre identité face à l’immigration.

Enfin La Croix en profite pour citer cette cathosphère qui l’horripile et qui ose, publier

“des tribunes outrées, relayées sur le Salon Beige, Riposte catholique, ou encore la colère exprimée dans les commentaires publiés sous les articles cherchant à défendre le pape.”

Sic.

Erwan Le Morhedec, avocat du progressisme catholique, célèbre blogueur “moi je” explique doctement :

« Ce sont des catholiques tentés par le refrain identitaire, pour qui le pape est un porte-étendard, son rôle est de défendre la chrétienté ».

A croire qu’il ne faut plus se battre pour la chrétienté…

La réponse du diocèse de Toulouse au cardinal Sarah
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Elle est brève, parue sur la newsletter, et non signée, alors que l’archevêque de Toulouse est l’ancien père abbé de l’abbaye bénédictine de Kergonan :

Hier soir, la France populaire et intergénérationnelle avait les yeux rivés vers le poste pour suivre les Bleus. Et qu’on aime le foot ou pas, on ne peut que se réjouir de cette victoire qui fait, il faut se l’avouer, du bien à la nation toute entière. Aussi fugitive soit-elle.

Au moment où les vacances se profilent, où nombre d’entre nous bouclent leurs valises – les jeunes, vous le savez, ont déjà changé de cap, qu’ils soient éparpillés en camp scout, en selle sur leur vélo à arpenter les sentiers du Comminges ou prêts à s’envoler vers Cracovie, on peut en toute simplicité se poser la question : « Et moi, vers quoi vais-je me tourner cet été ? », « Quelle direction vais-je prendre ? »

Mais les chrétiens que nous sommes vont peut-être se poser la question autrement. Car portés par la prière, nourris de la Parole de Dieu, ils sont appelés à témoigner de la Bonne Nouvelle. Nous sommes des disciples missionnaires du Christ ! Voilà déjà une piste en matière de réponse. Ils se demanderont alors peut-être davantage : « Et moi, vers qui vais-je me tourner ? ».

Ad orientem ou versus populum ?

Bataille entre les évêques et la Congrégation pour le culte divin
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Alors que le cardinal Sarah plaide dans l’hebdomadaire français Famille chrétienne pour la célébration orientée de la messe, La Croix relate le conflit entre l’épiscopat francophone et la Congrégation présidée par le cardinal Sarah.

A l’origine de ce conflit, la nouvelle traduction du Missel romain, prévue initialement pour le premier dimanche de Carême 2017, mais qui sera vraisemblablement reportée à l’Avent 2017. On ne compte plus les reports de cette entrée en vigueur. Le Missel date de 2002, cette comédie de traduction traîne donc depuis 15 ans… Les anglophones ont publié leur traduction en 2011. Officiellement,  nos évêques expliquent que l’Avent est  est une date plus pratique pour les éditeurs qui n’auraient à sortir un missel unique pour l’année 2017-2018.

Dans la réalité, la Congrégation pour le culte divin refuse (encore) d’accorder sa recognitio au texte. Une première traduction avait déjà été refusée par Rome en 2007. Mais depuis le pape a changé et, sans doute, certains évêques francophones se sont dit que la nouvelle curie ne poserait plus d’opposition. C’est sans compter sur la cardinal Sarah.

En mars 2016, l’assemblée de la Conférence des évêques de France a voté un texte, « laissant à la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques le soin d’apporter les dernières mises au point du texte ». Dans les autres conférences épiscopales francophones (Suisse, Canada, Belgique) l’opposition serait plus forte.

Rome a formulé des exigences sur un certain nombre de points. En cause, l’instruction romaine Liturgiam authenticam de 2001 qui exige que le texte latin soit

« traduit intégralement et très précisément, c’est-à-dire sans omission ni ajout, par rapport au contenu, ni en introduisant des paraphrases ou des gloses ».

Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque de Tours, achève son mandat de président de la commission liturgique de la CEF le 1er juillet prochain… Il voulait terminer ce dossier avant de partir. Y parviendra-t-il ? Le 7 avril, la présidence des évêques de France devait aborder le sujet avec le pape François… et court-circuiter le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin.

D’où la réaction de ce dernier dans Famille chrétienne, dans lequel il précise :

« À l’audience qu’il m’a accordée, le samedi 2 avril, le pape m’a confirmé que les nouvelles traductions du Missel romain doivent impérativement respecter le texte latin ».

En Allemagne, les évêques ont refusé en 2013 le travail de la commission imposée par Benoît XVI. La traduction en espagnol serait au point mort tandis que les évêques italiens renâclent.

Depuis le début de l’année, le site Il Sismografo, proche de Radio Vatican ne cesse de publier de longs articles d’Andrea Grillo, professeur de liturgie à l’Université pontificale Saint-Anselme, attaquant Liturgiam authenticam, notamment en ce que ce texte empêche toute inculturation de la liturgie. Le vieux progressisme liturgique a la vie dure et a repris du poil de la bête.

Un évêque français déclare à La Croix :

« c’est tout de même étonnant que, à l’heure où le pape insiste tant sur l’inculturation et la synodalité, un texte voté par 120 évêques français soit ainsi bloqué par un seul cardinal ».

Et voilà : le cardinal Sarah est dans l’oeil du cyclone et se retrouve accusé de s’opposer au Pape. Alors que ce sont nos évêques qui, depuis bien longtemps, s’opposent au Souverain Pontife sur ce sujet.

Philippe Zeller ambassadeur de France auprès du Saint-Siège
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Selon le Bulletin Quotidien, la nomination est quasiment officielle :

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Critique du processus des nominations épiscopales
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L’ancien président de la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Karl Lehmann, évêque de Mayence, âgé de 80 ans, s’en prend aux nominations épiscopales réalisées par Rome.

Il publie un livre d’entretien, dans lequel il juge sévèrement les pratiques du Vatican à ce sujet. Il affirme qu’il y a eu des cas

« où tous les candidats proposés par le chapitre de la cathédrale locale ont été rayés de la liste »

« Ce genre de choses se passe malheureusement aujourd’hui encore, malgré le pape François ».

Il demande que Rome rejette les « influences extérieures, qui ne sont pas légitimes ».

« Rome ne peut pas simplement rayer des noms sans commentaires ». « Il s’est déjà passé tout simplement trop de choses. (Si on continue), l’ensemble du processus sera de plus en plus remis en question ».

Et il explique où il veut en venir : avant l’élection ou la nomination d’un nouvel évêque, Rome doit prendre en considération davantage sa « compétence théologique » que son orthodoxie…

« Un évêque doit pouvoir apporter une ouverture, avoir la capacité de relever théologiquement de nouveaux défis ».

Source

Sandro Magister travaille pour Golias ?
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C’est ce qui est indiqué dans… Golias :

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Sandro Magister écrit dans l’Espresso. Il est né en 1943 dans l’archidiocèse de Milan. Marié, il a deux filles, et vit à Rome. Il a étudié théologie, philosophie et histoire à la Faculté de Théologie de Milan et à l’Université Catholique du Sacré Coeur. En 1967, il a obtenu sa licence en théologie. Il est journaliste, spécialiste de l’information religieuse, en particulier de l’Église catholique et du Vatican. Il est l’auteur de deux livres sur l’histoire politique de l’Église catholique: “La politica vaticana e l’Italia 1943-1978” [La politique du Vatican et l’Italie, 1943-1978], Rome, 1979, et “Chiesa extraparlamentare. Il trionfo del pulpito nell’età postdemocristiana” [“L’Église extraparlementaire. Le triomphe de la chaire dans l’ère postdémocrate-chrétienne”], Naples, 2001. Il a supervisé en 2008, 2009 et 2010 la publication en un volume des homélies de Benoît XVI pour l’année liturgique correspondante, aux éditions Libri Scheiwiller. De 2010 à 2013 il a été consultant à la direction des programmes de TV 2000, la chaîne de télévision de la conférence des évêques d’Italie. Il est, entre autres, le créateur de l’émission “Nel cuore della domenica. Arte, parola, musica”, qui présente les textes de chaque messe dominicale en s’appuyant sur le meilleur des homélies de Joseph Ratzinger, sur les chefs d’œuvre de l’art expliqués par un grand expert et sur des interprétations raffinées de chants grégoriens et polyphoniques propres à chaque messe. Le site Chiesa a été créé par lui. Depuis 2002 il est bilingue, en italien et en anglais. Dès l’automne 2006, il est aussi publié en français et en espagnol. Il est passé de gauche à droite et au ratzinguérisme sous la direction spirituelle du cardinal Ruini. Vérité en deçà des Alpes, vérité au-delà ?

Pour une réception catholique d’Amoris laetitia
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Le Salon Beige diffuse une analyse du père Thomas Michelet, dominicain, qui appelle à une herméneutique de continuité sur l’exhortation apostolique :

“Les documents du magistère doivent être toujours lus et interprétés à la lumière de la doctrine catholique. Si un enseignement précédent n’est pas rappelé, on ne peut pas supposer qu’il est rejeté. Au contraire, si tel était le cas, il faudrait un texte explicite pour l’établir. Et quand bien même, nous devrions alors nous efforcer de le comprendre non pas comme un changement, mais comme un approfondissement, un développement dans l’ordre de l’explicitation de ce que l’Église a toujours cru.

Avec l’exhortation apostolique Amoris laetitia faisant suite au délicat synode sur la famille, un tel rappel n’est sans doute pas inutile. Comme le disait de manière préventive le Cardinal Brandmüller, « L’exhortation post-synodale est donc à interpréter à la lumière des principes énoncés ci-dessus ; spécialement parce qu’une contradiction entre un document pontifical et le Catéchisme de l’Eglise catholique est inconcevable. »

Si nous lisons ce texte à charge, en soulignant d’abord ses déficiences, en interprétant ses silences, ses zones d’ombre ou ses ambiguités comme autant de preuves d’une remise en cause de la doctrine catholique, alors nous favoriserons en effet une « herméneutique de la discontinuité » qui donnera raison à ceux qui prétendent que tout a changé ou que tout va changer, nous serons des agents de division et de schisme. La révolution que nous craignons se produirait, et nous en serions en partie responsables.

Il nous faut donc à l’inverse lire ce texte selon une « interprétation charitable », une « herméneutique de la continuité » qui part du principe que cet enseignement est conforme au magistère précédent, que la doctrine de toujours n’est pas changée. Cela favorisera alors une réception vraiment catholique du texte, et nous aurons été des ferments d’unité et de paix. Peut-être est-ce là une tâche difficile, mais elle n’est pas impossible.

Pour autant, nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était, en partant du principe que rien n’a changé et donc que ce texte pourra gentiment retomber dans l’oubli après les émois médiatiques des quelques jours autour de sa publication. La réception n’est pas une passivité, mais une activité. Ce texte est long et difficile à cerner, et le pape invite à prendre le temps de le lire et de le comprendre. Si nous ne nous donnons pas la peine de l’interpréter correctement, d’autres le feront à notre place, pas forcément dans le même sens. Le risque étant de laisser se développer des « herméneutiques de rupture », faute d’en avoir donné une intelligence conforme à la tradition. Donc au travail !

Nous ne pouvons pas davantage nous contenter de réduire la portée du texte en déclarant qu’il est purement pastoral et que le pape s’est interdit de régler le débat doctrinal. Il est vrai qu’après avoir entendu les uns et les autres, il n’a pas voulu trancher. Ce n’est pas dans les habitudes des papes d’intervenir dans des débats théologiques lorsque les solutions ne sont pas mûres. Mais il a tout de même donné une ligne de conduite : on ne peut plus se contenter d’une approche purement “objectiviste”, qui jette à la face du fidèle infidèle la « situation objectivement désordonnée » dans laquelle il se trouve “en vérité” ; pas plus que d’une approche purement “subjectiviste” qui s’en tient à l’appréciation de la personne “en conscience”, sans relever que cette conscience peut être erronée, ce qui suppose une loi objective comme étalon pour l’éclairer et la corriger. Ces deux lignes voient bien chacune un aspect de la vérité de foi, autrement elles n’auraient pas chacune des partisans. Elles ont aussi chacune leurs limites. Le pape nous invite donc à dépasser l’opposition et les limites, à faire une synthèse complète vraiment catholique ; mais il ne nous dit pas comment.

Ce sera donc l’œuvre des théologiens que de trouver comment tenir les deux bouts de la chaîne, d’intégrer les deux approches non pas dans la contradiction d’une dialectique qui se réjouit des tensions censées être fécondes, ou dans un mélange tiède d’une solution moyenne médiocre qui ne veut fâcher personne et finalement dégoûte tout le monde, mais dans une synthèse authentique qui discerne la lumière de vérité et la dégage de la boue de l’erreur dans laquelle elle se trouve, qui dépasse les opposition par le sommet, en posant les distinctions qui s’imposent. Bref, là encore, il y a du travail.

Sans doute ce texte nous oblige-t-il à renoncer décidément à une « morale de la loi », qui réduit l’activité humaine au permis et au défendu, en se contentant de poser un jugement définitif sur les personnes, que ce soit dans le sens de la justification ou de la condamnation. De ce point de vue, les deux approches dans leurs extrêmes se rejoignent. Il nous faut au contraire retrouver une « morale de la vertu » qui est celle de S. Thomas d’Aquin, celle du dynamisme de l’action et de la croissance de la grâce en nous. La conscience est le « premier guide de l’agir », il n’est pas le dernier. On doit suivre sa conscience, mais on doit aussi l’éclairer lorsqu’elle est déformée. Ce travail de conversion ne peut se faire que par référence à une loi objective, qui doit être visée dans l’accompagnement spirituel comme le but à atteindre. Autrement, le discernement serait mensonger, on laisserait la conscience livrée à elle-même, prisonnière de son erreur, sans chercher à l’éclairer en profondeur, ce qui n’est pas la vraie miséricorde. Il faut reconnaître aussi qu’il faut du temps et des étapes pour aller à la vérité : c’est là que cet accompagnement se fait patient et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour.

Ceux qui ont l’expérience d’un tel accompagnement nous disent qu’une vraie conversion est possible, que des couples parviennent à se remettre en pleine conformité avec les exigences de l’Évangile qu’ils ont fini par intégrer comme leur bien propre. C’est possible, mais cela prend du temps ; entre dix et vingt ans nous dit-on. C’est là une véritable œuvre missionnaire : la moisson est abondante, les ouvriers peu nombreux… Il est sans doute plus facile de s’en tenir à un jugement tout fait, instantané, de justification ou de condamnation, qui prend cinq minutes pour ne plus y revenir ensuite. Mais ce n’est certainement pas ce que le Seigneur nous demande, lui qui est venu non pas pour juger et condamner mais pour guérir et sauver ceux qui étaient perdus. Appeler les hommes à la vraie vie, en transformant les cœurs de l’intérieur et non par une justification extérieure, forensique. Lui qui a livré sa vie pour nous, alors que nous étions détournés, séparés de Dieu.”

L’affaire Trump entre laïcité et cléricalisme
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Les propos du pape sur le candidat républicain Donald Trump ont agité la presse et le landernau catholique, certains y voyant une condamnation nette et sans bavure, d’autres un abus de pouvoir, d’autres encore une interprétation excessive des propos du pape… Difficile en effet de s’y retrouver. Il faut souligner que si le pape François avait déclaré la même chose sur Hillary Clinton (par exemple, une personne qui soutient l’avortement n’est pas chrétienne ou quelque chose dans ce genre là…), il n’est pas certain que la presse mainstream ait réagi pareillement. Mais passons sur ce deux poids deux mesures…

Rappelons que le pape, interrogé par les journalistes dans l’avion qui le ramenait de son périple mexicain, a répondu à une question sur une proposition électorale du candidat Donald Trump. Ce dernier envisage la construction d’un mur entre le Mexique et les États-Unis. Le pape a répondu qu’« une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne ». Face à la polémique, le père Lombardi semble indiquer un rétropédalage du Vatican à l’égard de ces propos:

«Le pape dit ce que nous savons bien quand nous suivons son magistère et ses positions: le besoin n’est pas de construire des murs mais des ponts. Cela, il le dit toujours, continuellement, y compris pour ce qui est des migrations en Europe. Ce qu’il a dit n’est donc pas limité à un cas. C’est une attitude générale, très cohérente, qui consiste à suivre avec courage, les indications contenues dans l’Evangiles, sur l’accueil et sur la solidarité. Naturellement ceci a été très lancé mais ce n’est pas ce que cela voulait être. Ce ne fut d’aucune manière, une attaque personnelle, ni une indication de vote. Le pape a dit clairement qu’il n’entrait pas dans les questions de vote dans la campagne électorale aux Etats-Unis et a précisé – ce qui n’a pas été naturellement repris – qu’il y avait le bénéfice du doute sur ce que ce candidat avait effectivement vraiment dit».

Et l’une des questions suivantes concernait le projet de pacs en Italie, et là François a répondu

« le Pape ne doit pas interférer dans la politique italienne »

Il est vrai que le pape n’a rien dit lors de la manifestation géante en faveur de la famille fin janvier dernier… En revanche, quand il s’agit d’immigration, il intervient assez spontanément… Mais sur ce sujet là, il précise « je ne sais pas ce qui se passe au Parlement Italien ». Sic.

Comprenez-nous bien : Riposte catholique ne cherche pas à juger le pape (qui sommes-nous pour juger ?…) : on ne juge pas le Primus inter pares. Mais il y a certaines incohérences qui nous interpellent. Le sujet n’est pas non plus de défendre quelque candidat que ce soit aux élections présidentielles américaines. Mais de constater que notre pape prétend intervenir dans ce débat qui n’est pas de sa compétence. La régulation de l’immigration est une question de prudence politique et technique, donc du ressort exclusif des Etats concernés. Le compendium de la doctrine sociale de l’Eglise laisse la possibilité aux Etats de réguler l’immigration en vue du bien commun. On peut contester le choix de Trump d’ériger une barrière frontalière, mais pas de dire que ce n’est pas chrétien… Même dans l’Evangile, Notre-Seigneur parle de clôture dans la parabole de vignerons (en Matthieu)… Il est parfaitement légitime d’ériger un mur autour de son domaine. Ce n’est pas une question théologique, mais politique. Cela relève de la prudence.

Ce qui est assez intéressant dans cette affaire, me semble-t-il, c’est la réaction des candidats républicains catholiques : plutôt que de s’engouffrer dans la brèche et de profiter de l’ambiguïté des propos du pape pour condamner leur adversaire Donald Trump, ils l’ont soutenu ! Je ne suis pas certain que si la même polémique avait touché la France, les candidats de droite ait soutenu l’un de leur adversaire. Je crois plutôt, mais je peux me tromper, qu’ils auraient sauté sur l’occasion pour taper et enfoncer leur adversaire politique.

Le candidat Donald Trump, presbytérien, a commencé par répondre au pape :

« Qu’un leader religieux mette en doute la foi d’une personne est honteux. Je suis fier d’être chrétien et comme président je ne permettrais pas que la chrétienté soit constamment attaquée et affaiblie. »

Il a néanmoins ajouté, beau joueur, que le pape était « un type formidable. (…) Je n’aime pas me battre avec le pape. (…) J’ai beaucoup de respect pour lui. »

Et ses deux rivaux républicains catholiques, Marco Rubio et Jeb Bush, l’ont soutenu. Le premier, sénateur de Floride, a déclaré qu’aucun autre pays que les États-Unis ne faisaient preuve d’autant de compassion vis-à-vis des immigrés. Il a aussi précisé que les États-Unis avaient le droit de contrôler leur frontière, « comme le fait le Vatican » (dont on connaît les murs impressionnants). Jeb Bush, l’ancien gouverneur de Floride, a de son côté affirmé que le rapport de Donald Trump avec la religion relevait de la relation « entre lui et le Créateur ». Ted Cruz, sénateur du Texas et baptiste du Sud, a quant à lui refusé de se mêler à cette polémique.

On dit qu’aux Etats-Unis, les Américains n’ont pas de complexe avec la religion : Dieu fait partie du quotidien. Alors qu’en France, toute mention publique en est bannie, conformément au laïcisme agressif. Ce caractère décomplexé donne aux Américains la capacité de ne pas se faire avoir par les excès du cléricalisme. La distinction entre le temporel et le spirituel y est encore assez saine, alors qu’en France, on trouve des évêques prêts à donner des consignes électorales, et des catholiques, prêts à suivre sans réfléchir ces consignes. Et quand ils ont parlé, il est alors interdit de critiquer leur choix, au sein de la communauté catholique. Profitant de cette confusion des pouvoirs, on trouve alors des journalistes catholiques (officiels dirais-je), qui mélangent allègrement le temporel et le spirituel pour condamner leurs frères dans la foi, les fustiger, souligner leur excommunication pratique car ils ne suivent pas leurs évêques sur le plan temporel… Il y a là une confusion fort dommageable. Les laïcs chrétiens doivent savoir distinguer le temporel du spirituel et remettre parfois à leur place les clercs qui abuseraient de leur pouvoir. A ce titre, il y a un sain anticléricalisme…

Le modèle du laïcat demeure Sainte Jeanne d’Arc, celle qui, après ses campagnes guerrières, affronta un tribunal ecclésiastique, et pas n’importe lequel puisqu’il était composé, outre de l’évêque Cauchon, de savants théologiens de l’Université de Paris. Mais ces clercs, tout hommes de Dieu qu’ils étaient, étaient vendus à une puissance temporelle, à savoir le roi d’Angleterre. Et face à eux, Jeanne a lutté, dans un beau procès, rappelant l’indépendance de sa mission temporelle face à un pouvoir ecclésiastique abusif. Puisse cette affaire nous servir de leçon.

Les Semaines Sociales tirent à boulets rouges sur la rencontre entre le pape et Kirill
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Antoine Arjakovsky, membre du conseil des Semaines Sociales de France, n’a pas de mots assez durs pour critiquer la rencontre, pourtant historique, entre le pape François et le patriarche de Moscou. Son titre est sans ambiguïté :

L’échec funeste de La Havane

Les Semaines sociales sont une institution qui cherche, lors d’une conférence annuelle, à réfléchir sur la mise en oeuvre de la Doctrine sociale catholique. C’est en tout cas leur vocation – et ce qui leur vaut un soutien officiel de l’Eglise. Mais les SSF invitent régulièrement des personnalités favorables à la culture de mort, voire des marxistes. En passant, on peut se demander si M. Arjakovsky serait aussi dur avec les dirigeants de La Havane… On y retrouve cette haine américano-occidentale contre la politique de Vladimir Poutine. Voici ce qu’il écrit :

“Le pape François et le patriarche Kirill se sont donc rencontrés le vendredi 12 février 2016 pendant deux heures à La Havane, dans les salons VIP de l’aéroport international José Marti. Cette rencontre restera longtemps comme un échec retentissant du rapprochement œcuménique entre les chrétiens d’Orient et d’Occident.

D’abord parce que les deux pasteurs n’ont pas prié ensemble en public. Alors que depuis 1979 il existe une commission mixte de dialogue théologique entre l’Eglise Orthodoxe et l’Eglise Catholique et que les deux Eglises affirment avoir la même conception des sacrements et de la liturgie. Ils invalident de la sorte le travail de plus de 35 ans de dialogue œcuménique entre les deux Eglises.

Ensuite, parce qu’à défaut de caractère œcuménique, la rencontre a pris une tournure hautement politique, mais de la pire manière pour l’Eglise du Christ. En effet les deux hommes ont signé une déclaration commune, de 30 points, alignée entièrement sur la vision du monde du Kremlin. Les deux hommes présentent la guerre russo-ukrainienne comme une « confrontation en Ukraine ». Chacun sait pourtant, surtout depuis que le président Poutine a lui-même avoué en 2014 avoir initié l’annexion de la Crimée, qu’il s’agit d’une véritable guerre qui a emporté plus de 10 000 morts du côté ukrainien.

Les deux hommes ne disent pas un mot de la suppression de l’Eglise grecque catholique par Staline avec le soutien du patriarche orthodoxe Alexis de Moscou en mars 1946, il y a exactement 70 ans. Une Eglise de 5 millions de fidèles fut victime de persécutions, d’arrestations, de déportations et d’exécutions pendant 70 ans, et les deux chefs d’Eglise qui se rencontrent pour la première fois, font mine de ne pas voir cette blessure encore purulente. Le pape François et le patriarche Kirill veulent se distancier « des vieilles querelles de l’ »Ancien Monde » » mais oublient tout simplement que nulle part sur la terre, pas même à Cuba, on ne peut construire la paix sans la justice.

Les deux hommes se disent aussi prêts à prier pour les chrétiens d’Orient mais ne soufflent pas un mot sur les scandaleux bombardements de civils par l’aviation russe ayant lieu au même moment à Alep (alors qu’ils n’hésitent pas à se prononcer pour la libération de deux évêques orthodoxes syriens). Bien sûr les deux chefs d’Eglise font un « appel à la communauté internationale », pour « des actions urgentes », et « pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient ». Mais ce ne sont que des mots vides que chacun peut interpréter comme il veut. Côté russe pourtant, le patriarche Kirill a béni en septembre 2015 l’envoi de troupes russes en Syrie. Le site du patriarcat de Moscou a même expliqué qu’il s’agissait d’une « guerre sainte », mots qui n’ont pas été désavoués par la suite par le patriarche Kirill. Par conséquent la position de surplomb adoptée par les deux hommes à la Havane n’est pas crédible. Elle ne fait que déconsidérer le patriarche, pour son double langage, et le pape, pour s’être solidarisé avec le patriarche. Tout ceci bien sûr ne peut que renforcer la sécularisation des sociétés de la planète.

Car leur appel « pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne » sonne creux. L’âme de l’Europe en effet se trouve aujourd’hui, comme l’a affirmé José Manuel Barroso, du côté de ceux qui ont lutté sur la place Maïdan de Kiev pour la dignité de chaque personne humaine. Elle se trouve aussi dans les communautés œcuméniques en Europe qui, fidèles à la longue histoire œcuménique de la conscience européenne, ne craignent pas de communier au même calice, en sachant que ce qui unit les disciples du Christ est bien plus important que ce qui les divise.

Enfin cette déclaration est un mauvais tour joué aux Eglises Orthodoxes par le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens du Vatican. En effet au moment où le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée vient tout juste de convoquer un concile panorthodoxe en Crète au mois de juin 2016, au moment où il voit son leadership confirmé par l’ensemble des 14 Eglises Orthodoxes, le pape François signe une déclaration à visée planétaire avec …le n°5 de la hiérarchie orthodoxe. Certes, le patriarcat de Moscou compte nominalement près de 60 millions de fidèles, mais cela ne représente qu’un quart de l’ensemble du monde orthodoxe. On a peine à imaginer quelles pourraient être les réactions du Vatican si le patriarche œcuménique de Constantinople signait une déclaration avec le chef de l’Eglise catholique en Argentine sur tous les sujets chauds de la planète sans même penser en référer au pape de Rome. Ce n’est donc pas seulement le patriarche de l’Eglise grecque catholique ukrainienne Mgr Sviatoslav Shevchuk, c’est aussi le patriarche Bartholomée qui est victime de cette funeste rencontre de Cuba.”

Supprimer le péché d’adhésion à la franc-maçonnerie ?
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Jean Rigal est un théologien d’avant-garde qui sévit depuis trop longtemps au sein de l’Eglise en France (Préparer l’avenir de l’Église, Cerf, 1990). Ce prêtre, né en 1929, fut longtemps professeur d’ecclésiologie à l’Institut catholique de Toulouse et auteur de nombreux ouvrages dans ce domaine qui ont influencé bon nombre d’évêques, notamment sur la liturgie qu’il a contribué à dénaturer

  • Artisans d’une Église nouvelle, 1976
  • L’Église, obstacle et chemin vers Dieu, 1983
  • Le courage de la mission, 1985
  • Services et responsabilités dans l’Église, 1987
  • Le mystère de l’Église, 1992
  • L’Église en chantier, 1994
  • L’ecclésiologie de communion, 1997
  • Horizons nouveaux pour l’Église, 1999
  • L’Église en quête d’avenir, 2003
  • L’Église à l’épreuve de ce temps, 2007

Donc La Croix a sortir Jean Rigal de sa naphtaline pour qu’il vienne interpréter l’année de la Miséricorde sous l’angle maçonnique :

En 2016, la famille de pensée maçonnique, en dépit de ses divisions, est bien représentée en France avec 150 000 adultes des deux sexes, en toutes régions. Ce sont des personnes qui vivent souvent des valeurs morales et citoyennes affirmées. Pourquoi ne pas multiplier les occasions de dialogue ?

On sait que beaucoup de maçons se veulent a-dogmatiques (opposés aux dogmes). Peut-être est-il utile de rappeler que la foi chrétienne ne porte pas d’abord sur des formules mais sur la découverte de « Quelqu’un ». Qu’en pensent les catholiques maçons ?

Dans le contexte actuel, le débat ne serait-il pas plus bénéfique qu’une condamnation ? Comment ne pas situer cet appel dans l’interpellation lancée par l’Année jubilaire sur la miséricorde ? « Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, écrit le pape Françoispuisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous. “La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde.” Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute puissance de Dieu ».

À l’occasion de l’Année de la miséricorde, pourquoi ne pas écarter définitivement cette accusation de « péché grave », imputée uniquement, du moins de cette façon, aux « initiés » des obédiences maçonniques ?

Quelle ignorance. Au-delà de la condamnation bien connue, Jean Rigal ne connaît pas ce texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui explique pourquoi un catholique ne peut pas adhérer à la franc-maçonnerie :

À propos de 1’affirmation sur 1’impossibilité de conciliation des principes, on objecte parfois de ci de là que ce qui est essentiel dans la maçonnerie serait précisément de n’imposer aucun «principe», au sens d’une position philosophique ou religieuse représentant un lien pour tous ses adhérents, mais de réunir les uns aux autres, au-delà des frontières des diverses religions et visions du monde, des hommes de bonne volonté sur la base de valeurs humanistes compréhensibles et acceptables par tous.

La maçonnerie représenterait un élément de cohésion pour tous ceux qui croient en l’Architecte de l’Univers et qui se sentent engagés vis-à-vis de ces orientations morales fondamentales définies par exemple dans le Décalogue; elle n’éloignerait personne de sa religion mais représenterait, au contraire, une incitation à y adhérer davantage.

On ne peut pas discuter ici les nombreux problèmes historiques et philosophiques qui se dissimulent dans de telles affirmations. Que par ailleurs l’Église catholique cherche à parvenir à une collaboration entre tous les hommes de bonne volonté, il est superflu de le souligner depuis le IIe Concile du Vatican. Qu’elle s’associe à la maçonnerie va cependant nettement au-delà de cette collaboration légitime et aurait une signification bien plus marquée et déterminante.

Il faut rappeler en premier lieu que la communauté des «maçons libres» et ses obligations morales se présentent comme un système progressif de symboles d’un caractère comportant un strict engagement. La discipline rigide de l’occulte qui y règne renforce par ailleurs le poids de l’interaction de signes et d’idées. Ce climat de secret comporte par dessus tout pour les inscrits le risque de devenir 1’instrument de stratégies qui leur demeurent inconnues.

Même si l’on affirme que le relativisme n’est pas assumé en tant que dogme, on propose cependant en réalité une conception symbolique relativiste et, ainsi, la valeur relativisante d’une telle communauté morale-rituelle, loin de pouvoir être éliminée, apparaît au contraire déterminante.

Dans un tel contexte, les diverses communautés religieuses auxquelles appartiennent chaque membre des Loges ne peuvent être considérées que comme de simples institutionnalisations d’une vérité plus vaste et insaisissable. La valeur de ces institutionnalisations apparaît donc comme inévitablement relative en regard de cette vérité plus vaste qui se manifeste au contraire plutôt dans la communauté de la bonne volonté, c’est-à-dire dans la fraternité maçonnique.

Toutefois, pour un chrétien catholique, il ne lui est pas possible de vivre sa relation avec Dieu de deux façons, c’est-à-dire en la scindant sous une forme humanitaire: supraconfessionnelle, et sous une forme interne: chrétienne. Il ne peut entretenir de relations de deux sortes avec Dieu, ni exprimer son rapport avec le Créateur par des formes symboliques de deux natures. Ceci représenterait quelque chose de totalement différent de cette collaboration, évidente pour lui, avec tous ceux qui sont engagés dans l’accomplissement du bien, même à partir de principes différents. D’autre part, un chrétien catholique ne peut pas, simultanément, participer à la pleine communion de la fraternité chrétienne et considérer son frère chrétien, par ailleurs, selon l’optique maçonnique, comme un «profane».

Même, comme on l’a déjà dit, s’il n’y avait pas obligation explicite de professer le relativisme en tant que doctrine, la force relativisante d’une telle fraternité, en raison de sa logique intrinsèque elle-même a cependant en soi la capacité de transformer la structure de l’acte de foi si radicalement qu’elle ne serait plus acceptable pour un chrétien «auquel sa foi est chère» (Léon XIII).

Ce bouleversement de la structure fondamentale de foi s’opère en outre, en général, de manière atténuée et sans que l’on s’en aperçoive: la solide adhésion à la vérité de Dieu, révélée dans l’Église, devient simple appartenance à une institution considérée comme une forme expressive particulière à côté d’autres formes expressives – également plus ou moins possibles et valables – de l’orientation de l’homme vers l’éternel.

La tentation d’aller dans cette direction est aujourd’hui d’autant plus forte en raison du fait qu’elle correspond entièrement à certaines convictions qui prévalent dans la mentalité contemporaine. L’opinion que la vérité ne peut être connue est une caractéristique typique de notre époque et, en même temps, un élément essentiel de sa crise générale.

C’est précisément en considérant tous ces éléments que la Déclaration de la S. Congrégation affirme que l’inscription aux associations maçonniques «demeure interdite par l’Église» et que les fidèles qui s’y inscrivent «sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion».

Par cette dernière expression, la S. Congrégation indique aux fidèles qu’une telle inscription constitue objectivement un péché grave, et en précisant que ceux qui adhèrent à une association maçonnique ne peuvent accéder à la Sainte Communion, elle veut éclairer la conscience des fidèles sur la conséquence grave de leur adhésion à une loge maçonnique.

Mais peut-être veut-il dédouaner les franc-maçons parmi ses connaissances ? Voudrait-il nous donner les noms de ces proches, notamment mitrés, qui auraient adhéré à cette secte ?

Volée de bois vert contre La Croix
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La couverture très orientée du Synode des évêques par le quotidien catholique La Croix a visiblement énervé de nombreux prêtres, parmi lesquels certains n’ont pas hésité à dénoncer publiquement la désinformation du journal, source de confusion et de relativisme. Parmi eux, l’abbé Jean-Baptiste Nadler, prêtre de Tours et membre de la Communauté de l’Emmanuel. Sur Twitter, suite à un article mettant en cause l’indissolubilité du mariage (http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-mariage-chretien-est-il-indissoluble-2015-10-20-1370714?utm_medium=Social&utm_source=Twitter&utm_campaign=Echobox&utm_term=Autofeed#link_time=1445368781), il réagit :

Hier, sur le blog même de La Croix, consacré au synode, c’est l’abbé Pierre Amar, prêtre du diocèse de Versailles, qui s’en est pris au journal :

Tout comme je regrette le parti pris de La Croix depuis le début de ce synode. La publication des propos de Mgr Vesco puis le récent article reprochant la « timidité des évêques » en sont les exemples les plus significatifs. Pourquoi donc un journal qui se dit catholique devrait interpeller les évêques en leur reprochant leur timidité à (enfin !) revenir sur ce que dit l’Eglise depuis des siècles ?

Source : http://synode-famille.blogs.la-croix.com/la-croix-ou-ma-croix/2015/10/23/

Et hop, la communion pour tout le monde
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Frère Hervé Janson, Prieur général des petits frères des pauvres, l’un des dix supérieurs généraux élus pour le synode, est intervenu jeudi 15 octobre à l’assemblée du synode. Il a bafoué l’enseignement des papes Jean-Paul II et Benoît XVI :

« Oui, qu’ils soient divorcés remariés, homosexuels, épouses de foyers polygames… ils sont frères et sœurs de Jésus, donc ils sont notre famille ! (…) L’Eucharistie est la nourriture de ceux qui sont en chemin pour former le Corps du Christ »

Il a ensuite déclaré à la radio :

 « Une voie est en train de se dégager : celle en faveur d’une commission qui retravaillerait ces questions, avec des théologiens, des historiens ».

Mgr Philippe Bordeyne conteste Humanae Vitae
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Rome a publié ce jour la liste complète et définitive des participants à la XIV Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques (4-25 octobre). On y trouve notamment Mgr Philippe Bordeyne, recteur de l’Institut catholique de Paris. Et ce n’est pas une bonne nouvelle. Il avait participé au synode fantôme en mai dernier. Le 27 août, La Croix publiait un extrait d’une intervention dans laquelle Mgr Bordeyne remettait en cause l’encyclique du Bienheureux pape Paul VI Humanae Vitae :

« L’encyclique Humanae vitae enseigne que les méthodes naturelles de maîtrise de la fécondité sont seules licites. Il faut toutefois reconnaître que la distance entre la pratique des fidèles et l’enseignement magistériel s’est creusée. Est-ce pure surdité aux appels de l’Esprit ou le fruit d’un travail de discernement et de responsabilité chez les couples chrétiens soumis à la pression de nouveaux modes de vie ?

Les sciences humaines et l’expérience des couples nous enseignent que les rapports entre désir et plaisir sont complexes, éminemment personnels et donc variables selon les couples, et qu’ils évoluent dans le temps au sein du couple. Devant le devoir moral impérieux de lutter contre les tentations de l’avortement, du divorce et du manque de générosité face à la procréation, il serait raisonnable de renvoyer le discernement sur les méthodes de régulation des naissances à la sagesse des couples, en mettant l’accent sur l’éducation morale et spirituelle permettant de lutter plus efficacement contre les tentations dans un environnement souvent hostile à l’anthropologie chrétienne.

Dans cette perspective, l’Église pourrait admettre une pluralité de chemins pour répondre à l’appel général à maintenir l’ouverture de la sexualité à la transcendance et au don de la vie. Lorsque les couples “ont exercé ou exercent une paternité raisonnable et généreuse” (Congar, 1968) et qu’ils ont discerné devant Dieu leur devoir d’espacer les naissances, une première voie consiste à limiter les rapports conjugaux aux périodes infécondes, telles que les méthodes de régulation naturelle des naissances permettent de les observer. (…)

L’autre voie, dont la licéité morale pourrait être admise et le choix confié à la sagesse des époux, consisterait à user des méthodes contraceptives non abortives. S’ils décident d’introduire cette médecine-là dans l’intimité de leur vie sexuelle, les époux seraient conviés à redoubler d’amour mutuel. Celui-ci est seul à pouvoir humaniser l’usage de la technique, au service d’une “écologie humaine de l’engendrement”. »

Comme le clergé français a refusé d’enseigner cette encyclique aux catholiques, on constate par conséquent que “la pratique des fidèles et l’enseignement magistériel s’est creusée”. Mais plutôt que d’accuser les pasteurs, on accuse la doctrine. Voilà un vrai pharisien : puisque je suis un incapable et que je n’ai pas l’humilité d’aller reconnaître ma misère, je réclame un assouplissement de la règle ! C’est rabaisser l’homme à hauteur de l’animal. Au fond c’est une négation de la grâce divine, une nouvelle gnose : on considère que le peuple ne peut pas vivre de l’enseignement de l’Eglise. Donc il faut changer cet enseignement. Le péché n’existe plus. Il faut dire que l’on n’enseigne peu l’usage du confessionnal en France… Alors la pilule devient un médicament (sic). On “humanise” la technique. Comme cela est bien dit. C’est comme si j’écrivais : il faut rendre le péché bon… L’acte mauvais devient bon.

A part cela, on trouve aussi Mgr Laurent Ulrich, Archevêque de Lille, non-élu par ses pairs comme Mgr Brunin et Mgr James, mais nommé directement par le pape. Pourquoi ?

Mgr Gaillot reçu par le pape
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Le jour le pape argentin tend une main inattendue aux fidèles de Mgr Lefebvre, membres de la Fraternité Saint Pie X, en donnant aux prêtres de cette fraternité le droit de confesser durant l’année de la Miséricorde, il recevait au Vatican Mgr Jacques Gaillot, âgé de 80 ans. Limogé par Jean-Paul II pour ses déclarations hétérodoxes, nommé évêque du diocèse fantôme de Partenia, Mgr Gaillot ne rassemble plus grand monde.

Il était accompagné de l’abbé Daniel Duigou, curé de Saint-Merri à Paris (Ive). La rencontre a duré trois quart d’heure. «Nous sommes frères», a commencé le pape,  ajoutant: «Vous êtes évêque de Partenia?»

«Oui, a répondu Jacques Gaillot, cela fait vingt ans, vingt ans que je suis exclu, ce qui est mon passeport parce que je suis avec les exclus et les exclus se reconnaissent en moi. En me recevant, ils se sentent reconnus par vous. Ce n’est pas pour moi que je suis là, c’est pour eux. Ils en sont très heureux. Merci.»

La conversation n’a pas abordé les querelles passées. Concernant un éventuel voyage en France, la pape a déclaré «préférer aller vers des petits pays qui ont besoin d’aide».

Source.

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