Perepiscopus

Messe carnavalesque
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Messe costumée en l’église Sainte-Thérèse à Coudekerque (Nord), avec le père Yves Béguin et la bénédiction du vicaire épiscopal Bruno Cazin.

Le pape salue les 350 ans du séminaire de Rennes
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Le séminaire Saint-Yves de Rennes fêtait ce week-end les 350 ans de sa fondation par le Nomand saint Jean Eudes. Un anniversaire qui a eu les honneurs d’un courrier daté du vendredi 6 mars, en provenance du Vatican et signé « Franciscus Pp » :


Programme de la 1ere visite ad limina
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Du 9 au 13 mars, cette première visite concerne les provinces de Rouen, Rennes, Poitiers, Tours et Bordeaux soit  33 évêques.

Au programme

Lundi 9

  • 7.30 Messe à la Basilique Papale de Saint-Pierre (Autel de la Tombe de Saint-Pierre), présidée par Mgr d’Ornellas
  • 10.30 Audience avec le Saint-Père
  • 15.00 Conseil Pontifical de la Culture (Via Conciliazione, 5)
  • 16.00 Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens (Via Conciliazione, 5)
  • 16.00 Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs (P.zza Pio XII, 10)
  • 16.00 Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux (Via Conciliazione, 5)

Mardi 10

  • 7.30 Messe à la Basilique Papale de Saint-Jean-de-Latran, présidée par Mgr James
  • 9.30 Congrégation pour les Évêques (P.zza Pio XII, 10) – groupe 1
  • 9.30 Congrégation pour la Doctrine de la Foi (P.zza Sant’Uffizio) – groupe 2
  • 11.30 Congrégation pour les Évêques (P.zza Pio XII, 10) – groupe 2
  • 11.30 Congrégation pour la Doctrine de la Foi (P.zza Sant’Uffizio) – groupe 1
  • 15.30 Tribunal de la Pénitencerie Apostolique (Piazza della Cancelleria, 1)
  • 7.00 Congrégation pour l’Éducation Catholique (Piazza Pio XII, 3)
  • 18.30 Secrétairerie d’État et Seconde Section (Relations avec les États)

Mercredi 11

  • Messe en souvenir des attentats St Louis 19h
  • 9.00 Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements (Piazza Pio XII, 3)
  • 10.30 Congrégation pour les Causes des Saints (Piazza Pio XII, 3)
  • 10.30 Congrégation pour les Églises Orientales (Via Conciliazione, 34)
  • 12.00 Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation (Via Concil., 5)
  • 15.30 Commission Pontificale pour la Protec. des Mineurs (Villa Aurelia, Via Leone XIII, 459)
  • 17.00 Dicastère pour la Communication (Via Conciliazione, 5)
  • 19h Messe à Saint Louis, présidée par Mgr Lebrun

Jeudi 12

  • Messe au séminaire ? présidée par Mgr Wintzer
  • 9.00 Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie (P.zza San Calisto,16)
  • 10.30 Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral (P.zza San Calisto,16)
  • 12.00 Tribunal de la Rote Romaine (Piazza della Cancelleria, 1)
  • 15.00 Congrégation pour le Clergé (Piazza Pio XII, 3)
  • 17.30 Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique (Piazza Pio XII, 3)
  • 18h30 Conférence Bioéthique Mgr d’Ornellas – Ambassade

Vendredi 13 Saint Georges, Fête Patronale du Saint-Père

  • 16.00 Messe à la Basilique Papale de Saint-Paul-hors-les-Mur, présidée par Mgr Jordy

Samedi 14

  • 7.30 Messe à la Basilique Papale de Sainte-Marie-Majeure, présidée par Mgr Lebrun (?)
  • 9.30 Tribunal Suprême de la Signature Apostolique (Piazza della Cancelleria, 1)
34 séminaristes dans l’archidiocèse de Rennes
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En septembre 2019, 29 séminaristes ont fait leur rentrée au séminaire Saint Yves de Rennes. En plus, 6 séminaristes sont en stage sur le terrain, en France (en paroisses, dans les quartiers) ou à l’étranger (Guinée, Canada). Qui sont-ils ?

Au Séminaire Saint-Yves de Rennes, la majeure partie des prêtres de l’Église catholique de Bretagne, de Basse Normandie, ainsi que du diocèse aux Armées et de Reims, sont aujourd’hui formés.

Ces 34 séminaristes se répartissent ainsi :

Bretagne

  • 11 séminaristes pour le diocèse de Rennes, Dol & Saint-Malo
  • 6 séminaristes pour le diocèse de Saint-Brieuc & Tréguier
  • 5 séminaristes pour le diocèse de Quimper & Léon
  • 4 séminaristes pour le diocèse de Vannes

Basse-Normandie 

  • 2 séminaristes pour le diocèse de Bayeux & Lisieux
  • 3 séminaristes pour le diocèse de Coutance & Avranches

Autres diocèses

  • 2 séminaristes pour le diocèse aux Armées
  • 1 séminariste du diocèse de Reims

Parmi ces 34 séminaristes, 2 sont membres de la Société des pères de St Jacques et 2 sont membres de la Communauté de l’Emmanuel : ils seront au service des diocèses de Bretagne.

Le diocèse de Rennes compte aujourd’hui 199 prêtres diocésains dont 120 retraités. 125 prêtres sont donc en fonction pour 77 paroisses.

La France compte actuellement 14 séminaires et (en 2018), 828 séminaristes.

Les formateurs

Les séminaristes sont accompagnés tout au long de leur formation par une équipe animatrice ainsi que des enseignants réguliers ou encore des intervenants ponctuels, en fonction des sujets étudiés. Les formateurs consacrés ou laïcs originaires de tous horizons viennent apporter les meilleures connaissances aux séminaristes. Ils sont bien souvent doctorants ou agréés.

La démission du cardinal Barbarin acceptée par le pape
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Le cardinal Philippe Barbarin quitte officiellement ses fonctions d’archevêque de Lyon. « Le pape vient d’accepter sa démission », a officiellement annoncé Mgr Michel Dubost, ancien évêque d’Evry, administrateur apostolique du diocèse lyonnais. Le primat des Gaules était retiré de sa charge depuis un an, presque jour pour jour, en raison de l’affaire Preynat.

« Les victimes ont trop souffert, le diocèse a trop souffert, il est temps qu’une page se tourne ».

Le cardinal Philippe Barbarin, actuellement en Palestine par les mesures préventives liées au coronavirus, est attendu à Lyon, le 15 mai. Une messe d’action de grâce est prévue dans la cathédrale Saint-Jean.

« Ce dont je suis sûr, c’est que le pape va lui confier une mission », a estimé Mgr Dubost.

Un processus de désignation d’un nouvel archevêque de Lyon est désormais engagé, selon plusieurs étapes : une consultation des évêques français, suivie d’une enquête du nouveau nonce apostolique. Mgr Ulrich comme Mgr d’Ornellas sont de nouveau sur les rangs. Mais le pape pourrait désigner un évêque plus jeune…

De son côté, la CEF a estimé :

«La Conférence des évêques de France (CEF) assure le diocèse de Lyon de la prière fraternelle de tous les catholiques de France. Après les épreuves de ces derniers mois, puisse le diocèse de Lyon poursuivre le travail de vérité et de réconciliation qu’il a engagé et renouveler son élan missionnaire avec un cœur pur. La Conférence des évêques de France remercie le cardinal Philippe Barbarin pour ce qu’il a apporté à l’Église en France pendant son service épiscopal à Moulins et à Lyon depuis 1998. Elle lui exprime son amitié fraternelle, alors que commence pour lui un temps nouveau de son ministère au service du Christ et de l’Église. Avec lui, elle espère que l’issue des procédures engagées contribuera à l’apaisement des personnes victimes, à qui elle redit sa profonde douleur de ce qu’elles ont pu subir».

Le cardinal a diffusé cet entretien :

L’archidiocèse de Lyon est le second de France en terme de population, derrière celui de Paris, avec 1 979 006 habitants, dont 530 prêtres résidents, parmi lesquels 343 sont en activité. Il compte deux évêques auxiliaires, Mgr Patrick Le Gal et Mgr Emmanuel Gobilliard.

Jusqu’au Haut Moyen-Âge on communiait dans la main : fake news
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Suite aux récentes mesures de l’épiscopat français sur l’interdiction de la communion sur la langue dans certains diocèses, les lecteurs sont nombreux à réagir.

Pour justifier ses “mesures de précautions” le diocèse de Paris a publié une vidéo pleine de mensonges et d’approximations.

Voici donc quelques éléments:

On vous raconte qu’au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, le rite de la communion aurait comporté la manipulation des hosties consacrées par les fidèles se tenant debout. Avec cette présentation historique, on peut évidemment faire passer ensuite la nouveauté pour une vieille tradition remise à l’honneur.

En fait, il s’agit là d’une tentative malhonnête de justifier par une coutume prétendument « antique » la pratique récente, bien postérieure au concile Vatican II (1962-1965) et, de plus, absolument pas ordonnée ni même prévue par celui-ci. Feuilletez donc attentivement les documents conciliaires et vous constaterez que nous disons vrai.

Quant au véritable rite antique de la communion à genoux et sur la langue, on vous raconte de manière tout aussi trompeuse que ce serait un phénomène médiéval. Or, pour mentionner brièvement ici quelques éléments de réfutation, signalons que le pape Sixte I (117-126) avait déjà interdit de toucher les mystères sacrés si l’on ne faisait pas partie du clergé (ut mysteria sacra non tangerentur, nisi a ministris). Le pape Saint Eutychian (275-283) interdira que la communion à porter aux malades soit confiée à un laïc ou à une femme (nullus praesumat tradere communionem laico vel feminae ad deferendum infirmo). Déjà Tertullien de Carthage (160-250) attestait que la sainte eucharistie était reçue uniquement du prêtre et pas d’autrui (nec de aliorum manu sumimus). Le pape Saint Léon I (440-461) notait, pour sa part, que l’on reçoit en bouche ce qui est cru par la foi (hoc enim ore sumitur quod fide tenetur). Plus tard, à savoir en 536, le pape Saint Agapet I accomplira un miracle de guérison après avoir donné l’hostie en bouche à quelqu’un (cumque ei Dominicum corpus mitteret in os). C’est le pape Saint Grégoire I (590-604) qui le relate, attestant également la pratique de l’Église dans les premiers siècles de l’ère chrétienne.

En l’an 380, le concile de Saragosse avait en son canon 3 lancé l’anathème contre ceux qui voudraient encore toucher la sainte eucharistie comme en temps de persécution. Saint Basile, Père grec et Docteur de l’Église (329-379), avait expliqué qu’en des circonstances pareilles et en l’absence de prêtre ou de diacre pour administrer la communion et la porter aux malades, on avait pu jadis « recevoir la communion au moyen de sa propre main ». L’historien Eusèbe de Césarée (270-339) attestait déjà au livre VI de son « Histoire ecclésiastique » que cela se faisait seulement en cas de véritable nécessité. La pratique normale avait toujours été que les fidèles communient à genoux et sur la langue. Devant des abus locaux, le concile de Rouen rappellera en 650 cette norme apostolique, interdisant la communion avec les mains (nulli autem laico aut feminae Eucharistiam in manibus ponat, sed tantum in os ejus).

En Orient, le concile de Constantinople statuera pareillement en 692, frappant d’excommunication tous ceux qui s’aviseraient de prendre l’hostie en main alors qu’un évêque, un prêtre ou un diacre sont disponibles pour la leur dispenser en bouche. Dans une homélie sur la première épître à Timothée, Saint Jean Chrysostome (347-407) indiquait déjà cette humble et pieuse attitude de réception de la part des fidèles : « Que rien d’amer ne sorte de la bouche qui a été gratifiée d’un si grand mystère ; que la langue, sur laquelle le divin Corps a été déposé, ne profère rien de déplaisant. »

On ne vous rapporte pas des citations de ce genre. On ne vous donne aucune référence pertinente, pas même celle alléguée comme étant de Saint Cyrille de Jérusalem (313-386), à savoir les « Catéchèses mystagogiques » dont on vous épingle un passage cité hors de son contexte qui aurait pu vous faire réaliser que ce n’est pas un texte chrétien normal. En effet, on vous cite seulement ce qui fait penser à la pratique moderne : « Lorsque tu t’avances pour Le recevoir, ne t’approche pas sans respect, les paumes des mains grandes ouvertes ou les doigts écartés ; mais avec ta main gauche, fais un trône pour la droite où va reposer le Roi. Reçois le Corps du Christ dans le creux de ta main et réponds Amen.»

Les passages sautés sont notamment ceux-ci : « Sanctifie tes yeux par le contact du saint Corps » et puis, après avoir bu au calice, « lorsque tes lèvres en sont encore mouillées, touche-les avec les mains et passe sur tes yeux, ton front et tous tes autres sens, pour les sanctifier.» (sic)”

Mgr Centène encourage la communion spirituelle
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Voilà qui nous change un peu de l’obligation de communier dans la main :

Afin de contribuer à la lutte contre cette épidémie et de suivre les dernières recommandations transmises hier soir par M. le ministre des Solidarités et de la Santé, Mgr Centène, évêque de vannes, demande à l’ensemble des prêtres des paroisses du diocèse de Vannes de respecter les mesures suivantes au cours des messes et autres célébrations dans leurs églises :

    • Remplacer la communion eucharistique par une communion spirituelle ou proposer de recevoir la communion dans la main ;
    • Ne pas proposer de communion au calice pour les fidèles (ni par intinction) ;
    • Demander aux prêtres concélébrants de communier par intinction ;
    • Pour le lavabo de l’offertoire et pour celui qui suit la communion, on peut utiliser une aiguière avec de l’eau savonneuse ;
    • Pour toutes les formes de bénédictions ( par exemple bénédiction d’enfant) éviter tout contact ;
    • Demander aux ficèles de ne pas échanger de poignée de main en signe de paix pendant les messes (préférer un signe de la tête) ;
    • Vider les bénitiers présents dans les églises.

Pour les fidèles, nous rappelons que la communion par intinction, réservée aux prêtres, consiste à recevoir la communion en trempant l’hostie consacrée dans le vin consacré.

Mgr Centène invite à prier pour les personnes atteintes de cette maladie, et d’une façon plus générale pour tous les malades et tous les soignants.

Mgr Centène remercie chacun pour le respect de ces consignes temporaires, jusqu’à nouvel ordre.

Monseigneur Jean-Claude Boulanger a remis sa démission
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L’évêque de Bayeux-Lisieux a eu 75 ans le 1er mars. Il explique à Tendance Ouest :

J’attendrai qu’il accepte. En attendant qu’il nomme un successeur, il peut choisir de me nommer évêque administrateur. Je continuerai d’administrer le diocèse, mais je ne peux plus, par exemple, nommer de curé. Ou bien je prends ma retraite tout de suite et c’est un prêtre du diocèse qui devient administrateur.”

Comment est nommé un évêque ?

“Tous les trois ans, dans chaque région, les évêques proposent trois noms. Parmi ceux-là, trois sont présentés au pape, qui peut en choisir un ou nommer quelqu’un d’autre. Ce n’est pas forcément un Normand. J’espère qu’au début de l’été, l’évêque aura été nommé. Si un candidat dit non, il faut recommencer toute la procédure.”

Il peut y avoir des refus ?

“Il y en a. Il faut savoir encaisser, avoir un certain âge, une expérience de la responsabilité. Les gens demandent un évêque présent, à l’écoute, proche d’eux. Quelqu’un qui ne vienne pas mettre de l’huile sur le feu mais de l’huile dans les rouages. Il faut faire confiance à ses collaborateurs. Il y a, dans le diocèse, 160 prêtres et diacres en activité, 150 salariés et des milliers de bénévoles, au moins 5 000. Enfin, il faut être en bonne santé.”

Qu’allez-vous faire ensuite ?

“Je vais m’occuper de mon jardin ! Je vivrai comme un simple prêtre. Je vais retrouver mes amis et ma famille entre Boulogne, Calais, Saint-Omer… Mes racines.”

Communion dans la main : des fidèles choqués
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Un lecteur donne ces quelques conseils à nos prêtres en ces temps obscurs de coronavirus…

  • Supprimer les occasions de contamination que sont la quête, les chants d’assemblée, l’usage d’un même micro par une foule de lecteurs et animateurs, la concélébration.
  • Remplacer la “feuille de messe” par un livre personnel et réutilisable.
  • Pour éviter l’échange de miasmes, tourner le célébrant dos à l’assemblée.

Un autre écrit aux évêques :

Vos Excellences,

Avec tout le respect filial que je vous dois en tant que successeur des apôtres et princes de l’église, je vous écris cette lettre, en exerçant mes droits selon le canon 212 du code du droit canonique. 

Depuis quelques semaines, le coronavirus (Covid-19) se trouve sur le territoire national, ainsi les évêques de nombreux diocèses ont pris des précautions afin de limiter la transmission du virus parmi les fidèles rassemblés pour les offices, surtout la messe, ce qui pose un défi particulier en raison de la distribution de la communion.

Je copie ci-dessous les instructions du communiqué de votre frère l’archevêque de Paris :

  • proposer la communion uniquement dans les mains des fidèles et refuser de la donner dans la bouche
  • ne pas proposer de communion au calice pour les fidèles
  • demander aux concélébrants de communier par intinction
  • demander aux fidèles de ne pas échanger de poignée de main en signe de paix pendant les messes
  • vider les bénitiers présents dans l’église

D’une part, les fidèles doivent comprendre les raisons pour lesquelles Son Excellence Mgr Aupetit a agi pour protéger ceux qui assistent dans les églises parisiennes, puisque un prêtre a déjà circulé parmi les clercs du diocèse, après avoir attrapé le virus en Italie. Evidemment, personne ne veut que les fidèles deviennent malades à cause du contact auprès leurs prêtres durant une liturgie.

D’autre part,  en interdisant la réception de la communion sur la langue, les évêques ont posé des problèmes aux consciences des fidèles qui ne reçoivent le Saint Sacrement que dans cette façon.

Permettez-moi de raconter l’histoire de ma vie spirituelle depuis mon adolescence, ce qui me conduit à écrire cette lettre à vous, Messeigneurs les évêques de France.

Quand j’avais sept ans, j’ai fait ma première communion dans un esprit pieux, portant une jolie chemise blanche et une cravate un beau dimanche d’avril. Nous avons appris à présenter nos mains, la droite dessus la gauche, dans la manière d’un petit trône afin de recevoir Notre Seigneur dans une manière révérante.  Puis, nous avons pris la main gauche pour lever l’hostie blanche à nos bouches, faisant ensuite le signe de la croix avec la main droite comme d’habitude, dans un acte d’amour et de reconnaissance au Seigneur. Telle est la manière dans laquelle j’ai reçu la communion jusqu’à l’âge de douze ans, lorsque j’ai découvert le christianisme dans sa plénitude, selon sa tradition, c’est-à-dire, dans la liturgie traditionnelle célébrée en latin selon les livres liturgiques d’avant le Second Concile du Vatican.

Afin de profiter du sacrement de confession, étant un garçon adolescent comme tous les autres, où les changements du corps et de l’esprit rendent plus difficile la tâche de contrôler les passions. (je parle non seulement de la luxure, mais de toutes les passions : les adolescents changent beaucoup dans tous les domaines de vie et posent un défi à l’école, chez eux, etc.), ma famille a cherché une solution spirituelle au combat entre l’esprit et la chair qui se trouve chez moi (encore, mais certainement à l’époque de mes douze ans).

Puisque la paroisse territoriale n’offrait la confession qu’une petite demi-heure le samedi après-midi, ce qui ne suffisait pas, on est arrivé chez les prêtres de la Fraternité St-Pierre, où, au-delà des horaires généreux de confession (tous les jours, avant toutes les messes publiques), j’ai trouvé très agréable la messe en latin. Elle étaient, sinon plus révérencieuses a priori, célébrées d’une manière où on peut trouver le silence et la paix intérieur, quelque chose très profond, très beau, que je n’ai jamais vu auparavant.

J’ai aussi découvert la théologie du pape Benoît XVI, ce qui a laissé une marque profonde dans mon âme grâce à son amour pour Jésus Christ, rédempteur de tous, et pour la sainte liturgie qui le manifeste sur chaque autel, dans chaque tabernacle, aux quatre coins du monde, jusqu’à la fin du temps.

Enfin, bref, après quelques années de service fidèle à l’autel en forme ordinaire, où on pouvait recevoir sur la langue mais non sur les genoux, pour assurer l’unité de l’assemblée (un euphémisme, peut-être, pour éviter un conflit avec l’archevêque) je suis passé à la messe traditionnelle, où il n’y a pas de choix : la communion est distribuée seulement sur la langue de chacun qui se met à genoux. Ici on est tous d’accord : selon l’enseignement de l’Eglise, les espèces du pain ou du vin (pour quelqu’un atteint de la maladie) suffisent, chacune contenant le Corps et le Sang du Seigneur, son âme et sa divinité, quel que soit l’argument pour la distribution habituelle ou occasionnelle des deux espèces au sacrifice de la messe. (Si vous me permettez une digression, je dois noter qu’il a fallu aux prêtres durant les premières concélébrations dans les années 60 leurs propres patènes et calices ainsi qu’une hostie et du vin. Autrement dit, seulement ceux qui étaient directement autour de l’autel ont concélébré la messe au début : vous pouvez même voir les images prises dedans la basilique St-Pierre qui montrent ceci.)

J’aurai vingt-cinq ans cet été, ce qui veut dire que je n’ai pas touché le Corps du Christ avec mes mains depuis treize ans, car j’avais douze ans au moment où j’ai pris la décision de ne plus recevoir l’eucharistie dans la main. Ce n’est plus seulement une question de choix, mais d’habitude et de pensée, c’est-à-dire, je n’imagine pas la possibilité de toucher l’hostie, même en cas d’urgence. Je préférais lâcher le sol que prendre l’eucharistie dans les mains si je trouvais une hostie tombée, comme en Chine communiste pendant la révolution maoïste ou même dans nos églises françaises d’aujourd’hui. Il est tout à fait impensable que je fasse autrement, au moins si mes mains ne sont pas ointes par l’évêque selon la tradition de l’Eglise romaine durant la cérémonie d’ordination sacerdotale.

Nous venons d’entrer au désert pour passer quarante jours de jeûne et de prière comme Notre Seigneur et déjà nous sommes avec lui afin de passer les heures de sa Passion. Il ne m’échappe pas qu’il n’y a plus d’eau bénite, comme après la messe de la cène, et pour ceux qui célèbrent selon le rite traditionnel, ni de Saint-Sacrement, comme le vendredi saint. Mais nous ne sommes pas prêts ! C’est pourquoi il faut le Carême, pour nous aider d’entrer dans la Passion. Je dirais qu’il vaut mieux un monde sans les messes publics suivant les ordres d’un gouvernement, hostile ou non, que celui où nos évêques eux-mêmes nous privent de sacramentaux et même le Corps du Seigneur lui-même sans provocations.

Oui, vous me répondriez, mais qu’en est-il du saint pape Pie X et la réforme de l’âge de raison et la fréquence de réception ? Vous auriez raison, à mon avis, si vous me posiez cette question. Notre situation n’est guère très traditionnelle, mais l’on ne doit pas prendre ce précieux don des fidèles, certainement sans leur laisser la possibilité de discerner leur propre fréquence de reception, en tenant compte de toutes les risques à leur santé, après avoir confessé et fait pénitence.

Je ne me traîne pas trop sur le droit canonique, mais vous avez créé un conflit, parce qu’il y a un droit de non seulement recevoir le Saint-Sacrement si vous vous présentez au prêtre (cf. le canon 912) mais de se mettre aux genoux et recevoir sur la langue. En fait, l’indult Memoriale Domini, qui permet la réception du sacrement dans la main, prévoit que la réception sur la langue soit toujours préservée. Rien n’a abrogé ce document du pape saint Paul VI. Chez les Américains, la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a même corrigé la Présentation Générale du Missel Romain pour préserver ces deux droits et éviter une correction des fidèles par le prêtre en faveur de la réception debout et dans les mains, ce qui est explicitement condamné par la même congrégation romaine.

Voici, tout ce que je dois vous dire, Vos Excellences.

Seigneur, ayez pitié de nous. Jésus-Christ, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.

Rassurez-vous de mes prières. Je baise vos saints anneaux.

Un jeune catholique

Bravo à Mgr Roland
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L’évêque de Belley-Ars tranche avec ses confrères, et cela n’est pas pour nous déplaire :

Plus que l’épidémie du coronavirus, nous devons craindre l’épidémie de la peur ! Pour ma part, je me refuse de céder à la panique collective et de m’assujettir au principe de précaution qui semble mouvoir les institutions civiles.

Je n’entends donc pas édicter de consignes particulières pour mon diocèse : les chrétiens vont-ils cesser de se rassembler pour prier ? Vont-ils renoncer à fréquenter et à secourir leurs semblables ? Hormis les mesures de prudence élémentaire que chacun prend spontanément pour ne pas contaminer les autres lorsqu’il est malade, il n’est pas opportun d’en rajouter.

Nous devrions plutôt nous souvenir que dans des situations bien plus graves, celles des grandes pestes, et alors que les moyens sanitaires n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, les populations chrétiennes se sont illustrées par des démarches de prière collective, ainsi que par le secours aux malades, l’assistance aux mourants et la sépulture des défunts. Bref, les disciples du Christ ne se sont ni détournés de Dieu ni dérobés au semblable. Bien au contraire !

La panique collective à laquelle nous assistons aujourd’hui n’est-elle pas révélatrice de notre rapport faussé à la réalité de la mort ? Ne manifeste-elle pas les effets anxiogènes de la perte de Dieu ? Nous voulons nous cacher que nous sommes mortels et, nous étant fermés à la dimension spirituelle de notre être, nous perdons pied. Parce que nous disposons de techniques de plus en plus élaborées et plus performantes,  nous prétendons tout maîtriser et nous occultons que nous ne sommes pas les maîtres de la vie !

Au passage, notons que l’occurrence de cette épidémie au moment des débats sur les lois de bioéthique nous rappelle fort heureusement notre fragilité humaine ! Et cette crise mondiale présente au moins l’avantage de nous rappeler que nous habitons une maison commune, que nous sommes tous vulnérables et interdépendants, et qu’il est plus urgent de coopérer que de fermer nos frontières !

Et puis nous semblons tous avoir perdu la tête ! En tous cas nous vivons dans le mensonge. Pourquoi focaliser soudainement notre attention sur le seul coronavirus ? Pourquoi nous cacher que chaque année, en France, la banale grippe saisonnière fait entre 2 à 6 millions de malades et provoque environ 8.000 décès ? Nous semblons avoir également évacué de notre mémoire collective le fait que l’alcool est responsable de 41.000 décès par an, tandis qu’on estime à 73.000 ceux qui sont attribués au tabac !

Loin de moi donc, l’idée de prescrire la fermeture des églises, la suppression de messes, l’abandon du geste de paix lors de l’Eucharistie, l’imposition de tel ou tel mode de communion réputé plus hygiénique (ceci dit, chacun pourra toujours faire comme il voudra !), car une église n’est pas un lieu à risque, mais un lieu de salut. C’est un espace où l’on accueille celui qui est la Vie, Jésus-Christ, et où par lui, avec lui et en lui, on apprend ensemble à être des vivants. Une église doit demeurer ce qu’elle est : un lieu d’espérance !

Faut-il se calfeutrer chez soi ? Faut-il dévaliser le supermarché du quartier et constituer des réserves afin de se préparer à tenir un siège ? Non ! Car un chrétien ne craint pas la mort. Il n’ignore pas qu’il est mortel, mais il sait en qui il a mis sa confiance. Il croit en Jésus qui lui affirme : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vite et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11, 25-26). Il se sait habité et animé par « l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts » (Romains 8, 11).

Et puis un chrétien ne s’appartient pas à lui-même, sa vie est donnée, car il suit Jésus, qui  enseigne : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera » (Marc 8, 35). Il ne s’expose certes pas indûment, mais il ne cherche pas non plus à se préserver. A la suite de son Maître et Seigneur crucifié, il apprend à se donner généreusement au service de ses frères les plus fragiles, dans la perspective de la vie éternelle.

Alors, ne cédons pas à l’épidémie de la peur ! Ne soyons pas des morts-vivants ! Comme dirait le pape François : ne vous laissez pas voler votre espérance !

Toutes les messes annulées dans le diocèse de Beauvais
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Il n’y a pas de messe dominicale en raison du coronavirus, mais le magasin Auchan est ouvert… La religion du Verbe incarné doit s’écraser, mais pas la religion du consumérisme… Comme l’écrit Laurent Dandrieu

Dans les temps où l’on avait la foi, en cas d’épidémie on emplissait les églises pour prier Dieu de nous en préserver. Aujourd’hui, on se calfeutre chez soi en espérant être assez chanceux pour s’en tirer. Et l’Eglise elle-même collabore à cette écœurante laïcisation.

Voici le communiqué de Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis

Chers frères et sœurs,

Un arrêté du Préfet de l’Oise, sur décision du Ministre de l’Intérieur, interdit tout rassemblement dans l’Oise, jusqu’à nouvel ordre. Cela vaut pour les messes dominicales.

J’ai donc demandé aux curés de prendre acte de ce dispositif et de le mettre en œuvre pour toutes les célébrations prévues, dès ce week-end.

Ne pas célébrer l’eucharistie dominicale, est-ce bien juste ? Ça l’est, parce que le dispositif mis en œuvre par les autorités civiles se justifie par la nécessité de protéger la population de l’Oise, considérée comme particulièrement exposée, face à un virus contagieux  réclamant des mesures spécifiques, notamment pour des populations à risque, bien présentes dans notre population.

Pour autant, nous ne manquerons pas de vivre le « Jour du Seigneur » ! La chaîne de TV France 2 diffuse la messe ; la radio France Culture fait de même.

Nous pouvons prier avec les textes du 1er dimanche de Carême, facilement accessibles, si nous n’avons pas de missel.

Les curés et tous les prêtres ne manqueront pas de célébrer, chez eux, et ils le feront pour tous les fidèles et toute l’humanité, contrariés, de multiples manières, dans la possibilité de célébrer leur foi chrétienne.

Enfin, le Seigneur ne fera pas reproche aux fidèles qui voulaient se réunir et qui ne peuvent pas le faire ! Il donnera à chacune et chacun, dans les circonstances exceptionnelles que nous connaissons, les grâces dont il a besoin pour poursuivre sa route et témoigner de sa foi.

À toutes et à tous mes sentiments cordiaux et dévoués, ainsi que l’assurance de ma prière suppliante et confiante.

Terrible nouvelle dans le diocèse de Gap
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Communiqué du diocèse :

C’est avec une immense tristesse que nous vous annonçons que, ce vendredi 28 février, a été retrouvé le corps sans vie du père Sébastien Dubois. Il s’est donné la mort.

Aujourd’hui, nous pleurons avec tous ceux qui sont affligés par cette mort soudaine : ses proches et ses paroissiens.

Ce soir, un temps de prières aura lieu à partir de 20h à l’église des Cordeliers, avec adoration puis office des défunts présidé par Mgr Xavier Malle.

Le Seigneur détruira la mort pour toujours.

Il essuiera les larmes sur tous les visages,

et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple ; c’est lui qui l’a promis.

Isaïe 25, 8

Communion dans la main : le coronavirus les rend fous
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Voici le communiqué de Mgr Michel Dubost, administrateur du diocèse de Lyon :

Coronavirus : consignes pour nos assemblées eucharistiques

Il est du devoir de chacun de tout faire pour ne pas être agent de la propagation du coronavirus (Covid-19).
Evidemment j’appelle les catholiques à être exemplaires et à suivre scrupuleusement les consignes des autorités publiques.

En ce qui concerne nos assemblées eucharistiques, je demande pour éviter tout risque de contamination :

Que le geste de paix soit un salut souriant sans aucun contact physique.
Que le « pain eucharistique » soit exclusivement donné dans les mains (et non dans la bouche) et qu’il n’y ait pas de communion des fidèles au sang du Christ.

Ces mesures seront levées lorsque les risques de toute contamination auront disparu.

L’évêque de Beauvais a demandé également que la communion ne devra plus être donnée sur la langue, que le geste de paix se fera sans poignée de main, que les bénitiers seront nettoyés et vidés.

Jeanne Smits a traduit sur son blogue un message de Mgr Athanasius Schneider sur la réception de la sainte communion en temps de pandémie, dans lequel il dénonce l’interdiction faite dans certains diocèses de donner l’hostie sur la langue, en imposant le communion dans la main. Il qualifie cette interdiction d’« Abus d’autorité », et recommande au contraire, si la communion ne peut être reçue sur les lèvres, de faire une communion spirituelle au moyen d’une prière qu’il propose. Extrait :

[…] La Communion dans la main n’est pas plus hygiénique que la Communion dans la bouche. En effet, elle peut être dangereuse sur le plan de la contagion. Du point de vue de l’hygiène, la main est porteuse d’une énorme quantité de bactéries. De nombreux agents pathogènes sont transmis par les mains. Que ce soit en serrant la main d’autres personnes ou en touchant fréquemment des objets, telles les poignées de porte ou les rampes et barres d’appui dans les transports en commun, les germes peuvent rapidement passer d’une main à une autre ; et les gens se portent alors souvent ces mains peu hygiéniques au nez et à la bouche. En outre, les germes peuvent parfois survivre pendant de plusieurs jours à la surface des objets touchés. Selon une étude de 2006, publiée dans la revue BMC Infectious Diseases, les virus de la grippe et les virus similaires peuvent persister pendant quelques jours à la surface d’objets inanimés, comme par exemple les poignées de porte ou les rampes et les poignées dans les transports et les bâtiments publics.

De nombreuses personnes qui viennent à l’église et reçoivent ensuite la sainte communion dans leurs mains ont d’abord touché les poignées de porte ou les rampes et les barres d’appui dans les transports en commun ou dans d’autres bâtiments. Ainsi, des virus s’impriment sur la paume et les doigts de leurs mains. Puis, pendant la Sainte Messe, ils se touchent parfois le nez ou la bouche avec ces mains et ces doigts. Avec ces mains et ces doigts, ils touchent l’hostie consacrée, transférant ainsi le virus également sur l’hostie, et ils transporteront ainsi les virus par l’hostie dans leur bouche.

La communion dans la bouche est certainement moins dangereuse et plus hygiénique que la communion dans la main. En effet, la paume et les doigts de la main, à défaut de lavage intense, contiennent indéniablement une accumulation de virus.

L’interdiction de la Communion dans la bouche n’est pas fondée par rapport aux grands risques sanitaires de la Communion dans la main en temps de pandémie. Une telle interdiction constitue un abus d’autorité. De plus, il semble que certaines autorités ecclésiastiques utilisent la situation d’une épidémie comme prétexte. […]

Un lecteur m’envoie cette image :

“Responsable de la pastorale des migrants”
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Le diocèse de Besançon est suffisamment riche pour se payer un responsable de la pastorale des migrants :

La mission du responsable du service sera d’animer le réseau diocésain de la pastorale des migrants ; de mettre en application les orientations diocésaines données par l’archevêque pour le service diocésain pastorale des migrants ; de représenter le service de la pastorale des migrants auprès de instances civiles ; de représenter le diocèse sur le plan local, national et provincial ; de coordonner une équipe de bénévoles (avec l’apport d’une personne en service civique) ; de communiquer (utiliser les moyens de communications disponibles en concertation avec le service diocésain de la communication) et de favoriser le lien avec les acteurs locaux de la société civile, des paroisses, mouvements, les autres services diocésains, les collectifs….

Ce poste, en CDI à mi-temps avec une lettre de mission ecclésiale, est à pourvoir dès que possible. Les bureaux sont situés à Besançon.

Messe foraine
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Un lecteur m’envoie cette photo avec ce commentaire :

A la fin du carnaval (!!!!) de Granville (Manche), Mgr Le Boulch’h, évêque de Coutances, a célébré la « traditionnelle » (!!!!) Messe sur le manège d’une fête foraine

L’affreux silence complice qui a entouré le relativisme moral de certaines autorités ecclésiales
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Suite aux révélations sur Jean Vanier, l’abbé Vénard rappelle sur son blogue la persécution qui a frappé les catholiques fidèles à la foi traditionnelle reçue des apôtres par les autorités ecclésiales, qui ont été extrêmement laxistes sur les plans liturgiques, dogmatiques, moraux…:

Contrairement à beaucoup de ceux qui se sont exprimés ces derniers jours, je ne connaissais pas Jean Vanier, je ne l’ai jamais rencontré, pas plus d’ailleurs qu’un certain nombre d’icônes du catholicisme français des années 1980 – 2000, en passe toutes, d’être déboulonnées du piédestal sur lequel les avaient placés ceux-là même qui, aujourd’hui, pleurent leurs errances. L’air du temps aidant, on peut certes parler d’ « indignation », de « sidération », d’ « émotion », mais je crois qu’il faut surtout parler de raison, et avoir le courage d’examiner, avec lucidité et recul, comment tant de figures dites charismatiques du dernier quart du XXe siècle, se retrouvent désormais au pilori, sans que la gravité des actes qu’elles ont commis – de la pédocriminalité systématique aux dérapages ponctuels sur fond d’emprise psychologique ou spirituelle – ne soit bien sûr remise en cause.

Ce qui est choquant au premier chef, dans cette triste litanie de fondateurs devenus prédateurs,  ̶  à L’Arche, à Point-Cœur, aux Béatitudes, aux Légionnaires du Christ, à la Communauté Saint-Jean, aux Fraternités monastiques de Jérusalem, au Foyer Sainte-Marie de Douvres, et sans doute à d’autres encore non connus  ̶ , c’est autant le sordide des faits que l’affreux silence complice qui les a entourés des années durant, le relativisme moral de certaines autorités ecclésiales, ou encore le contexte délétère d’une Église de France en perte de repère. Car, il faut bien se remettre dans le contexte des terribles années de l’après Concile, quand il était plus important pour les supérieurs de pourchasser les prêtres en soutane ou en clergyman, les réfractaires au grand n’importe quoi liturgique qui tenait lieu de messe, que de soutenir les fidèles dans la foi catholique et de réprimer les prêtres, religieux et autres figures charismatiques aux mœurs déviantes.

Que l’on se rappelle les années de plomb de l’Église de France. Ces années, où trouver une messe ressemblant à ce qu’indiquait le missel romain, relevait du défi dans nombre de diocèses ! Ces années où le clergé  ̶  y compris le haut  ̶  en France n’hésitait pas à critiquer ouvertement les positions magistérielles des papes, où le catéchisme est devenu un gloubiboulga humanitaire à peine digne d’une loge maçonnique théiste, où la confusion à tous les niveaux régnait en maîtresse et était publiquement soutenue par l’épiscopat. Dans ces années-là, quelques personnalités se sont élevées contre ce chaos organisé, ce sabbat diabolique où les hommes d’Église flirtaient avec le monde. C’est là que, face à l’incurie des autorités légitimes, au milieu de ces personnalités forcément aux caractères plus que trempés pour avoir le courage de résister, de s’opposer, se sont aussi glissés des « pervers », des « manipulateurs ». Leur tâche a été d’autant aisée, que le pauvre peuple chrétien, ou ce qu’il commençait à en rester, a vu en eux des planches de salut. De là, ont pu naître en effet des « idolâtries », parce que le peuple voulait des guides, quitte à s’en remettre de manière aveugle à des loups déguisés en bergers et parce que les bergers légitimes eux n’enseignaient plus la foi catholique et favorisaient le désordre et la désobéissance.

Que l’on ne s’y trompe pas. Ce n’est pas la trop grande sacralisation du clerc qui a été la source de ces déviances ; mais bien au contraire sa désacralisation, qui dérivait à la fois de la perte du sens du sacré dans le trésor le plus précieux de l’Église, sa sainte liturgie, et des mouvements idéologiques qui traversaient la société occidentale tout entière. Ceci est bien illustré dans les cas où les manipulateurs se sont révélés être des laïcs ! Le pape François a désigné le cléricalisme sous toutes ses formes comme une expression et une cause majeure de ces dysfonctionnements dans la vie des communautés chrétiennes. Le cléricalisme, ̶  à bien distinguer du « sacré », au risque une fois de plus de tomber dans des errements déjà connus ̶ , est avant tout une tournure d’esprit, qui frappe en premier lieu les clercs dans l’Église, du fait de la charge de gouvernance qui leur est confiée par le droit canon et la tradition. Mais, il peut toucher les laïcs aussi en ce qu’il est avant tout une manière de considérer cette charge comme un exercice de pouvoir (potestas) et non un service d’autorité (auctoritas). Pour le dire avec d’autres mots : est cléricaliste toute manière d’exercer une charge – aussi minime soit-elle, comme les fleurs de la paroisse !  ̶ en la considérant comme propriété personnelle au profit premier, et parfois unique, de soi-même…

Tirer les leçons de ce triste passé récent de notre Église de France est une urgence. Prions pour que nos évêques d’aujourd’hui aient le courage de l’affronter, de l’assumer, loin de la langue de buis et du déni de réalité qui leur sont trop souvent reprochés. Restaurer l’intelligence catholique des fidèles en est une autre, ainsi que leur réapprendre la vraie liberté intérieure. Cette dernière est toujours plus exigeante et inconfortable qu’une pseudo obéissance qui camoufle difficilement paresse et panurgisme ! Nous ne devons d’obéissance inconditionnelle qu’à notre conscience (à charge pour nous précisément de l’éclairer), au Christ et à ses enseignements transmis par la tradition et le magistère authentique, au pape vicaire du Christ à la tête de son Église. Pour le reste… bon sens, prudence, libre obéissance, discernement, sensus fidei, seront toujours les meilleurs guides. Dieu le Père n’invite pas le chrétien à être infantilisé dans des institutions humaines, seraient-elles ecclésiales, mais à devenir son enfant en Jésus-Christ, afin de parvenir, au jour ultime de la rencontre avec son Créateur, à la stature d’homme glorifié.

Revoilà le Mouvement Rural de la Jeunesse pas très Chrétienne
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Un article du Courrier de l’Ouest daté du 25 février nous montre que rien n’a changé au MRJC.

nous ne sommes pas là pour évangéliser…

nous sommes un mouvement politisé, plutôt de gauche, avec des convictions fortes comme le droit à l’avortement

A quand la fin des subventions des diocèses ?

Des évêques au salon de l’agriculture
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Mgr Jacques Habert, évêque de Séez et accompagnateur de la Mission en monde rural de la Conférence des évêques de France, écrit :

Que des évêques se rendent au Salon de l’Agriculture, voilà qui peut apparaître très sympathique, voire un peu folklorique. Nous ne sous-estimons pas le caractère festif de ce rassemblement et nous sommes heureux d’y participer, mais l’enjeu est en réalité bien plus profond.

Depuis plusieurs années, évêques de France, nous prenons la mesure des évolutions du monde rural et du monde agricole. Ces évolutions nous intéressent en tant que pasteurs de diocèses ruraux. En ce domaine les défis sont importants à relever. Nous serons heureux en cette journée d’approfondir certains enjeux de la vie des agriculteurs, de pouvoir les rencontrer et dialoguer avec eux. Nous serons aussi amenés à nous rendre dans les stands de nos régions respectives. Dans ce monde se mélangent créativité et enthousiasme, mais aussi angoisse et désarroi.

À travers les agriculteurs, c’est aussi une vision du monde rural que nous rencontrons. Les enjeux pastoraux sont immenses en ce domaine. Des questions sérieuses sont posées : comment imaginer l’occupation du territoire, comment lutter contre les déserts médicaux, comment accompagner la fragilité de beaucoup ? Des questions aussi positives : comment accueillir les nouveaux arrivants, comment valoriser le patrimoine culturel, naturel, historique ?

Toutes ces évolutions nous intéressent aussi en tant qu’observateurs de notre société. Les questions « d’écologie intégrale », portées par beaucoup de nos contemporains, croisent en effet bien des intuitions profondes de la vie chrétienne et de la révélation.

Au mois de novembre dernier, à l’initiative de notre président l’archevêque de Reims Mgr Eric de Moulins-Beaufort et du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, nous avons vécu deux journées passionnantes sur ce sujet. Ces questions seront au centre de bien des choix de société dans les années qui viennent. Nous n’oublions pas non plus combien les débats sur les lois de bioéthique entrent dans le champ de la réflexion. L’écologie intégrale ne se limite pas à la dimension environnementale.

Notre participation au Salon de l’Agriculture sera enrichie, lors de notre prochaine Assemblée plénière en mars. Chaque évêque est en effet invité à venir à Lourdes avec une personne spécialement concernée par les problématiques du monde agricole. Quelques semaines plus tard, nous vivrons le grand rassemblement Terres d’Espérance dans le diocèse de Valence. Un rassemblement de trois jours où les diocèses enverront une délégation pour des temps de partages, de réflexions, de formations sur la place de l’Église dans le monde rural.

On le voit, les évêques de France se mobilisent, notre présence au Salon de l’Agriculture en est un signe visible.

Essayer d’autres évêques
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C’est un peu ce que l’on se dit quand on découvre le dernier ouvrage de Mgr Wintzer, archevêque de Poitiers, sur la question du prêtre et de sa place est aujourd’hui, suite aux scandales à répétition des dernières années et la recommandation synodale sur l’ordination d’hommes mariés. Alors que l’exhortation du pape suite au synode sur l’Amazonie n’était pas encore sortie, Mgr Wintzer rédigeait son ouvrage en pariant sur une ouverture du sacerdoce aux hommes mariés… Erreur ? Non, comme il le déclare dans Famille chrétienne :

Monseigneur Wintzer, archevêque de Poitiers, demande à ses confrères de discuter du sujet lors de la prochaine assemblée de la CEF. Et si on essayait d’autres évêques ?

L’évêque de Montauban demande au maire de rebâtir l’église de Lafrançaise
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Mgr Ginoux a adressé un courrier à Thierry Debreil, maire socialiste de la commune Lafrançaise. Il lui demande de rebâtir l’église Saint-Georges, fermée depuis 2011 à cause de fissures dans les voûtes… Cette église a été détruite par les protestants au XVIe siècle, reconstruite au XVIIe siècle, puis agrandie au XIXe siècle.

“J’espère, que dans vos objectifs, vous reviendrez à cette question cruciale de l’église. Vous souhaitez que le bourg centre de Lafrançaise soit vivant : rendez-lui son âme”.

Les voûtes sont fissurées, les piliers menacent de s’enfoncer. Des travaux ont déjà été entrepris en 2017, à hauteur de 150 000 euros. Mais pour la rénover entièrement, il faudrait compter au moins un million d’euros.

Thierry Delbreil dénonce une ingérence :

“Il nous dit de raser l’église. Le ton est extrêmement dirigiste et affirmatif. L’église c’est l’image de notre commune. Je ne suis pas sûre que ça soit à lui de décider”.

Candidat à sa réélection, le maire porte le projet de rénovation de l’église Saint-Georges dans son programme, “étape par étape. En commençant par rénover les piliers“.

Mgr Bernard Ginoux se défend de toute ingérence :

“Il ne faut pas dire que l’évêque fait de la politique, je suis un citoyen comme un autre et l’église est un des enjeux de cette campagne. C’était dans son programme en 2014 et je constate que tout n’a pas été fait, à l’occasion des municipales je dis simplement à Thierry Delbreil “Monsieur le maire, réveillez-vous”.”

L’association locale Saint-Georges, qui oeuvre à sa préservation, a envoyé un courrier pour bénéficier du loto du Patrimoine, l’opération nationale de restauration de monuments historiques. Ses membres espèrent bénéficier d’une aide financière et voir un jour les portes de l’église se rouvrir.

Addendum : voici la lettre de Mgr Ginoux 

Le Centre national de Pastorale liturgique
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Intéressante rétrospective lue sur le site d’actualités de la FSSPX :

Le 20 mai 1943, dans les locaux des éditions du Cerf (appartenant aux dominicains), est fondé par les pères Pie Duployé et Aimon-Marie Roguet (eux-mêmes dominicains) le Centre de Pastorale liturgique (CPL). Dom Lambert Beauduin participe à la réunion de fondation.

Au début de 1945 commence à paraître la revue trimestrielle La Maison-Dieu, qui sera l’organe du CPL. Le premier article de la revue est signé par Dom Lambert Beauduin.

Un groupe militant

Le CPL est, à ce moment, un groupe de militants qui se reconnaissent dans les grandes orientations du Mouvement (de pastorale) liturgique lancé notamment par Dom Beauduin. Cette notion centrale de « pastorale liturgique » (et pas simplement de « liturgie ») avait été rendue manifeste dès le premier congrès de janvier 1944, dont le titre est « Études de pastorale liturgique » : le volume des Actes est d’ailleurs dédié à Dom Lambert Beauduin.

Ce choix de la « pastorale liturgique » sera déterminant pour l’avenir : comme l’écrit l’historien et sociologue Guillaume Cuchet, « le Centre de pastorale liturgique fut un des lieux où s’est préparée la réforme liturgique conciliaire » (Comment notre monde a cessé d’être chrétien, Seuil, 2018, p. 252). Un rapport de l’abbé Aimé-Georges Martimort au CPL, daté de 1945, détaille d’ailleurs déjà ce que seront les grandes innovations du concile Vatican II en matière de liturgie. Et les figures centrales du CPL (citons encore Louis Bouyer, Pierre Jounel, Pierre-Marie Gy, Joseph Gélineau, Bernard Botte, Joseph Lécuyer, etc.) seront de grandes voix au cours du Concile et dans sa mise en œuvre. « Les fondateurs du CPL avaient identifié les conditions institutionnelles d’un aggiornamento qui dépassait la seule liturgie », note à ce propos le père Patrick Prétot, directeur de La Maison-Dieu (La Croix, 22 mai 2013).

La préparation de l’aggiornamento liturgique

Le CPL organise trois types d’activités. D’abord, des journées d’étude, véritable lieu d’échanges où chercheurs, théologiens, savants et pasteurs mettent en commun leurs préoccupations, leurs interrogations et leurs tendances afin d’élaborer une doctrine et une méthode d’action. Pour conserver à ces journées un caractère à la fois scientifique et pastoral, les participants sont invités en fonction de leurs compétences.

Immédiatement à la suite des journées, est proposée une session ouverte au plus grand nombre, pendant laquelle les spécialistes distillent sous forme d’enseignements magistraux les résultats de leurs études et des échanges menés au cours des journées d’étude. Ces sessions rassemblent de quatre à cinq cents participants.

Enfin, en 1947, en 1957 et en 1962, a lieu un congrès qui rassemble plusieurs milliers de participants. Ils attirent l’attention de l’opinion sur les principales acquisitions du Mouvement (de pastorale) liturgique et assurent sa publicité.

Ces activités sont relayées par des articles de revue, des livres, des expositions, des affiches, des disques, etc. et aboutissent à une réalisation concrète dans un grand nombre de paroisses.

La formation d’animateurs liturgiques

Le CPL contribue aussi en 1956 à la fondation, au sein de l’Institut Catholique de Paris, de l’Institut Supérieur de Liturgie de Paris (ISLP). Selon sa propre définition actuelle, l’ISLP « forme des responsables d’enseignement, de recherche et de pastorale dans le domaine de la liturgie et de la théologie des sacrements ; il les rend plus aptes à long terme à la préparation des célébrations, grâce à la maîtrise des éléments historiques, anthropologiques, théologiques et liturgiques qui entrent en jeu ; il est ouvert aux clercs, aux laïcs, aux religieux et religieuses, qui se préparent à exercer des responsabilités d’enseignement, de recherche et de pratique dans le domaine de la liturgie et de la théologie des sacrements ». Autrement dit, il forme et diplôme des « liturges » aussi bien que des historiens de la liturgie.

C’est ainsi que « le CPL devient véritablement ce qu’il a voulu être dès sa fondation, un centre d’unité et de ralliement où, peu à peu, s’instaure une nouvelle manière d’envisager la réflexion sur les questions pastorales et liturgiques » (Benoît-Marie Solaberrieta, Les experts du Centre de Pastorale Liturgique, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 16).

En 1965, le CPL est érigé en Secrétariat de l’épiscopat français, sous la responsabilité de la Commission épiscopale de liturgie et de pastorale sacramentelle : il prend alors le nom de Centre national de Pastorale liturgique (CNPL), et l’abbé Jacques Cellier (1922-1999), issu du diocèse de Lyon, en est nommé le premier directeur (jusqu’en 1973, soit pendant la période majeure de la Réforme liturgique).

Le CNPL est rebaptisé Service national de Pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS) en 2007, apparemment pour harmoniser son intitulé avec celui de la Commission épiscopale qui le chapeaute.

Le CPL puis CNPL a préparé, contribué à réaliser et à mettre en œuvre, accompagné enfin la grande mutation liturgique dont la charte est la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie (4 décembre 1963).

Quelques années après Vatican II, le père Maurice Lelong, lui-même dominicain comme les fondateurs du CPL, mais fortement rebelle à l’air du temps, décrivait ainsi le but du CNPL : « Changer tout ce qu’on peut changer et, en priorité, l’immuable » (Lexicon de l’Église nouvelle, Robert Morel éditeur, 1971). Il traduisait ironiquement son sigle en « Centre National de Pagaille liturgique » ou encore « Centre National de la Profanation liturgique ». Ces deux interprétations, malheureusement, sont assez vraies.

Eglise et homosexualité : la grande confusion
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Elle est dénoncée sur Liberté politique :

Il s’est tenu récemment, dans le diocèse de Créteil, une conférence dont l’intitulé était pour le moins stupéfiant : « Chrétiens et homosexuels en couple, un chemin d’espérance ». Ladite conférence s’est tenue dans une paroisse, en présence d’un certain nombre de membres du clergé local, qui ont de ce fait cautionné par leur participation ce qui s’est dit dans cette soirée sans aucun doute hétérodoxe.

L’on y a prôné, grand classique, la nécessaire « adaptation de la morale » aux changements de la société. L’on a pu y entendre également qu’il y avait une « légitimité éthique de l’homosexualité », ou que « la conjugalité homosexuelle avait la même valeur que la conjugalité hétérosexuelle. » Vous avez bien lu.

Peut-on se consoler en se disant qu’il ne s’agit que d’un « dérapage » strictement local ? Malheureusement, non. Les écarts du diocèse de Créteil ne sont que le reflet d’une tendance générale beaucoup plus large, un vent qui souffle sur l’ensemble de l’Eglise, et qui trouve actuellement un écho singulier dans le « chemin synodal » qu’emprunte pour deux ans l’Eglise allemande : dans les débats en cours, on y apprend, par la bouche de Mgr Bode, évêque d’Osnabrück, et vice-président de la Conférence des évêques d’Allemagne, que le Christ est devenu « être humain », et non « homme », tant il semble devenu fondamental pour ces prélats de gommer à tout prix l’identité sexuée, et de faire croire qu’hommes et femmes sont interchangeables, tout comme homosexualité et hétérosexualité. Faut-il également rappeler qu’il y a quelques mois, Têtu se réjouissait de l’élévation au rang de cardinal de Mgr Matteo Zuppi, connu pour ses positions ouvertement favorables aux LGBT, et défenseur d’une pastorale inclusive à leur égard ?

Dès lors, peut-on espérer un rappel à l’ordre de la part de la Conférence des évêques de France, que nous interpellons ici solennellement ? La question qui se pose aux croyants, aux fidèles, est très simple : les enseignements contenus dans le Catéchisme de l’Eglise catholique sont-ils encore pertinents et dignes de foi ? Sont-ils encore l’expression de la Vérité une, qui rend libre ? Forment-ils encore le socle commun de nos croyances et de nos pratiques ? Chaque jour qui passe nous en fait douter un peu plus, au point de désorienter profondément le monde catholique dans son ensemble. La Conférence des évêques de France, a-t-on appris il y a quelques semaines, recommande désormais l’adoption de formulaires ne portant plus les mentions de père et de mère pour s’adapter aux « situations nouvelles ». Le chemin n’est alors plus très long à parcourir pour arriver à cet homme qui, dans l’assemblée paroissiale de Saint-Christophe-de-Créteil, explique avec bonhomie qu’il prépare deux jeunes femmes à se marier.

Il y a malheureusement fort à parier que cette clarification épiscopale tardera à venir, si elle vient un jour, car on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens. Il n’est pas du tout sûr que la hiérarchie ait présentement envie de rappeler sans doute possible les fondements du mariage chrétien, union de l’homme et de la femme, comme image de l’union du Christ et de l’Eglise, tant il est vrai qu’à Rome même la confusion règne en maître.

Cette conférence à Créteil, évoqué ci-dessus, a été donnée par un certain Michel Anquetil le 24 janvier 2020. L’un de nos lecteurs y était :

C’est par une affiche apposée au panneau d’information de l’église St-Christophe de Créteil que j’ai pris connaissance de la tenue d’une réunion sur le thème « Chrétiens homosexuels en couple, un chemin légitime d’espérance », le vendredi 24 janvier 2020 à 20.00.

En consultant le site du diocèse de Créteil, il est facile de trouver le lien concernant l’association : « Se Parler Foi et homosexualité ». Elle est répertoriée à l’onglet « Pastorale des personnes concernées par l’homosexualité ».

LE DEROULE DE LA SOIREE

Vendredi 24 janvier. Il est 20.10. Malgré mon arrivée tardive à la maison diocésaine, la réunion est loin d’être commencée. La plupart des participants sont encore dehors à braver le froid pendant que d’autres s’affairent à préparer une table de presse. J’entre dans la salle où il n’y a pratiquement personne. Je n’ai que l’embarras du choix pour me placer.

C’est donc avec une vingtaine de personnes (en comptant les organisateurs) que la réunion commence vers 20.20. De l’endroit où je me trouve, il m’est aisé de compter le nombre de participants : nous ne dépasserons jamais la trentaine au cours de la réunion.

Le diacre Augustin GRILLON, responsable de « Se Parler Foi et homosexualité » se présente en même temps qu’il présente brièvement l’association née il y a 6 ans et composée de 8 membres : lui, sa femme Edith, Jean-Frédéric, Rémi, Christine, Richard, … Je ne peux pas prendre tous les prénoms…

Augustin GRILLON remercie certaines personnes pour leur présence, notamment celle du père BERA (chancelier / Prélat d’honneur du diocèse de Créteil), d’un prêtre du diocèse de Meaux et de deux autres personnes venues du même diocèse. En comptant bien, cela représente, avec les 8 membres de l’association organisatrice 12 personnes sur une trentaine de participants.

La parole est alors donnée au conférencier, Michel ANQUETIL qui ne souhaite pas utiliser le micro qui lui est offert. Il se présente : magistrat à la retraite, détenteur d’une maîtrise en théologie et 35 ans de vie de couple avec un homme.

D’entrée, il indique que son exposé se placera « sur le terrain biblique et théologique ». Dès les premières phrases, le ton est donné. La voix est mesurée (malheureusement, pas assez puissante pour être enregistrée ; le discours est fluide, usant souvent de phrases construites sous la forme interrogative… Un discours de professionnel !…

Toutefois, le vocabulaire et certaines expressions ne peuvent laisser place à l’équivoque. Ainsi ai-je pu relever, en vrac, quelques bribes de phrases.

D’abord des expressions étonnantes :

  • malgré ce que peut en dire le Magistère…,
  • nous allons établir un justificatif…,
  • la peur suscitée par l’enseignement de l’Eglise…,
  • la question de la légitimité éthique de l’homosexualité…,

Mais surtout des « certitudes » affirmées avec beaucoup d’assurance :

  • ce qui fait sens, ce n’est pas la différence sexuelle comme chez les animaux, mais le fait de devenir homme ou femme ;
  • la parole d’émerveillement peut se vivre entre 2 personnes de même sexe ;
  • la différence n’est pas inscrite dans les corps ;
  • la différence sexuelle se situe au niveau de la biologie ; l’altérité est vécue dans la parole d’émerveillement ;
  • le malaise autour de l’homosexualité est venu de la position du Magistère catholique ;
  • la conjugalité homosexuelle a la même valeur que la conjugalité hétérosexuelle ;
  • les comportements de la société ont changé du fait notamment de l’existence de nombreux couples reconstitués, de la baisse de la mortalité infantile, de l’allongement de la durée de vie…//… La morale doit s’adapter… // …etc…

Concernant le Sacrement du mariage :

  • les couples de mêmes sexes renversent les religions, les morales fermées ;
  • le Salut est un don gratuit de Dieu . Il ne résulte pas d’une obéissance à la Loi ;
  • la Loi n’est qu’un balisage d’un chemin de vie.

Non seulement il est difficile de suivre le raisonnement de l’intervenant, mais il est encore moins facile de retrouver le fil conducteur à partir de la seule prise de notes…[1]

A noter la remarquable aisance de l’orateur pour continuellement faire référence aux Ecritures et leur faire dire exactement le contraire. L’exemple le plus démonstratif est sans nul doute celui des récits de la Genèse (Genèse I et Genèse II).

D’ailleurs, pour appuyer sa « démonstration », il fait remettre à chacun des participants une feuille comportant des extraits des récits de la Genèse ainsi que des extraits de l’épitre de St Paul aux Corinthiens (cf. annexe 1).[2]

Ainsi les récits de la Genèse sont-ils largement revisités. Par exemple, il ne faut plus lire : « il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je veux lui faire une aide qui lui soit accordée », mais : « je veux lui faire un vis-à-vis qui lui soit accordé » ! [3]

Quant à la fameuse phrase « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la Terre et dominez-là », dès l’instant qu’on admet le principe de « couples » composés de deux personnes de même sexe, on peut rejoindre sans aucun scrupule l’enseignement du Magistère qui a toujours magnifié la fécondité spirituelle des personnes célibataires. [4]

Malgré la non-ambigüité des Ecritures (« Homme et femme il les fit »), il n’est pas aisé au conférencier de justifier le couple homosexuel à partir de la Bible… Selon ce que j’ai pu comprendre de son « raisonnement », dans la Bible, la distinction entre « mâle / femelle » serait purement biologique. Ce qui fait sens, ce n’est pas la différence sexuelle comme chez les animaux, mais le fait de devenir homme ou femme. L’altérité est vécue dans la parole d’émerveillement. Nous franchissons là une nouvelle étape dans le don que Dieu nous fait en nous donnant la Foi.[5]

Les textes du Magistères n’échappent pas aux interprétations audacieuses de notre conférencier-théologien. Ainsi les textes de Jean Paul II sur le mariage et l’amour humain sont-ils les bienvenus ; ils sont subrepticement cités pour montrer à l’auditoire qu’on reste déférent à l’égard des auteurs reconnus… St Paul (Gal 2, 21) est lui aussi gratifié d’une belle reconnaissance.

LA SEANCE DES QUESTIONS-REPONSES

Il est environ 21.00 / 21.15. Comme annoncé, l’exposé aura duré une quarantaine de minutes. Arrive le moment des questions. Devant un auditoire aussi réduit, sans doute aurait-il été plus simple et plus convivial pour l’ensemble des participants de pouvoir dialoguer sans passer par la procédure des questions écrites sur des morceaux de papier… Ce n’est pas la solution qui a été retenue.

  • Question : – comment montrer l’Amour de Dieu à votre conjoint (de même sexe que vous) athée quand l’Eglise vous rejette ?… Réponse : – l’Eglise évoluera peut-être un jour…
  • A une autre question du même genre, il est répondu : – classiquement l’Eglise a gardé une vision statique et purement physique du sexe. Grâce à l’apport de la psychologie, elle est en train de bouger. Mais elle n’a pas encore réussi à faire entrer les sciences humaines dans sa réflexion.
  • Question : – Quelle est votre position par rapport à la PMA/GPA ?… Réponse : – « Tout ce qui est possible se fera un jour ou l’autre… // … Quelquefois, on peut regretter qu’un enfant ait pu être né et élevé dans un couple d’hétérosexuels.
  • Question : – Est-ce qui est désirable est forcément moral ?… Réponse : – la morale doit être perçue comme un dynamisme de conversion (!?…).[6]
  • Question sur les divorcés remariés / Réponse : – ils sont considérés comme pécheurs par l’Eglise. C’est la même chose que pour les homosexuels… // … Homosexuels et divorcés remariés : même combat… // … Il faut cependant reconnaître le « beau parcours » de beaucoup de ces personnes… // … Concernant l’accès à l’Eucharistie, il ne faut pas s’en priver.[7]

Un participant assis au tout premier rang (peut-être, l’un des 8 membres de l’association) s’autorise alors à prendre la parole. Il se présente : responsable d’aumônerie et 15 ans de vie homosexuelle. En réalité, il s’agit plus d’un témoignage que d’une question… Michel ANQUETIL répond en évoquant les épisodes de Sodome et Gomorrhe. Selon lui, ce texte – apparemment contre les homosexuels – n’est en fait dirigé que contre ceux qui refusent l’accueil de l’autre

Vient ensuite le témoignage d’un homme de l’assistance expliquant qu’il est en train de préparer 2 jeunes filles à se marier…

Le prêtre de Meaux prend la parole à son tour… Il ne tarit pas d’éloges envers l’orateur et fait part de son souhait de pouvoir un jour parler aussi bien du mariage aux fiancés qu’il accompagne !

La série des questions écrites reprend alors :

  • Question : – quid du mariage religieux des couples homosexuels ?

Réponse : – l’Eglise fait ce qu’elle veut de ses sacrements… // …Certes, il faut faire la distinction entre « sacrement » et « bénédiction », mais quand on dit à quelqu’un « je t’aime pour la vie », est-ce que ça vaut sacrement ?… Personnellement, j’aurais tendance à répondre « oui ».

Voyant que l’assistance s’est soustraite à l’obligation de poser les questions par écrit, je prends la parole. Je sais que je ne dispose que de peu de temps et que, de toute façon, mon intervention sera interrompue et mes propos commentés sans complaisance…

Je demande la parole et je me lance par une entame qui suscite les rires : – « Je me présente : je suis vétérinaire, mais je me soigne » … Les rieurs s’imaginent que je m’apprête à appuyer les affirmations de Michel ANQUETIL par – enfin ! – des arguments scientifiques… Ils devront attendre la fin de mon intervention (environ deux minutes) pour comprendre que la biologie est en totale contradiction avec les thèses avant-gardistes de Monsieur ANQUETIL. En d’autres termes, que le déterminisme génétique commence dès la conception et qu’il ne laisse aucune possibilité de choisir son sexe : on ne devient pas mâle (homme) ou femelle (femme), mais on naît (est) homme ou femme.

Comme il faut faire taire le bavard, il est interrompu par le modérateur d’un soir : – « Monsieur, où est votre question »… Réponse de l’impertinent : – « mais je n’ai pas de question. Il s’agissait juste d’un commentaire… Je peux d’ailleurs continuer si vous voulez… Ai-je répondu à votre question » ?… Les rieurs sont toujours de mon côté, mais leur enthousiasme a significativement baissé d’intensité…

La série des questions écrites reprend… Le conférencier et ses amis présents dans l’assistance font un carillon de réponses. Toutes ces réponses (témoignages) jouent dans une parfaite harmonie faite :

  • de compassion et d’empathie envers les homosexuels,
  • d’encouragements auprès des proches ou des parents d’enfants homosexuels pour qu’ils arrêtent de se culpabiliser,
  • de reproches à peine dissimulés envers l’intransigeance des églises (notamment, de l’Eglise catholique), etc…

Cette plaidoirie pro domo (en faveur du mariage homosexuel) dure déjà depuis près d’une heure-et-demie. Tout juste a-t-on pu noter une ou deux allusions furtives au « mariage hétérosexuel » … En tout cas, personne n’a prononcé le moindre éloge du mariage « normal », c’est-à-dire entre un homme et une femme. L’union entre 2 personnes de même sexe est présentée au même niveau que le mariage (c’est-à-dire, l’union entre un homme et une femme).

Devant un tel parti pris, je demande à nouveau la parole… Je commence par dire, qu’à travers les interventions des uns et des autres, le sujet ravive de grosses souffrances tant chez les personnes concernées que chez leurs parents et leurs proches… Je m’étonne ensuite que, parmi tous les intervenants de la soirée (prêtres, aumôniers de lycées, accompagnateurs auprès des jeunes, diacre) aucun n’a mentionné l’action qu’il menait auprès des jeunes pour leur expliquer la beauté du mariage. Et de citer mon expérience (ainsi que celle de plusieurs « grands-pères ») : le témoignage hebdomadaire devant des lycéens (garçons et filles mélangés) avec qui nous partageons une réflexion passionnante sur la beauté de l’amour entre un homme et une femme… Il m’est répondu qu’il faut se méfier de l’enthousiasme qu’on croit déceler chez les adolescents, et que ceux-ci changent facilement d’avis…

Je m’apprête à répondre lorsque Monsieur Loyal me coupe dans mon élan : – « Il est déjà plus de 22.10… Je vous propose de prolonger la discussion devant un chocolat chaud…

La séance est levée et une prière est récitée (cf. annexe 2). Certains s’approchent du conférencier pour le congratuler. D’autres quittent les lieux discrètement pour regagner leurs pénates… Quant à moi, je quitte lentement ma place en attendant de poursuivre la discussion avec Monsieur Loyal pris dans une discussion. Je tombe alors nez-à-nez avec le jeune trentenaire qui, de son fauteuil situé une rangée devant moi, m’avait interpellé alors que je terminai ma première intervention orale : – « Qui êtes-vous ? » m’avait-il lancé d’un ton peu amène… En fait, il m’attendait au bout de la rangée de sièges…

Il réitère sa question ; – « Qui êtes-vous ? » … Avant même que je lui réponde, il poursuit sur un ton de plus en plus agressif : – « Qui vous a fait connaître la tenue de cette réunion ? » … ; – « N’avez-vous pas compris que la prière que nous avons récitée à la fin de la réunion était pour vous ? … ». J’essaie de lui répondre sur un ton des plus empathiques, mais je n’ai pas le temps de poursuivre la conversation qu’il avait lui-même engagée : il part en maugréant et, apparemment, très malheureux…

J’arrive à l’endroit de la buvette. J’y retrouve Monsieur Loyal et reprends la discussion exactement là où nous l’avions lassée à la fin de la conférence… Je reparle des adolescents et de l’obligation morale que nous – adultes – avons de leur présenter le mariage… Mon interlocuteur me coupe à nouveau pour me redire quasiment mot-pour-mot ce qu’il m’avait dit en public, à savoir que les adolescents sont « sous la pression de nombreuses influences liées, notamment, à leurs environnements familial » … et, qu’en conséquence, la valeur du témoignage n’est que relative… C’est alors que Michel ANQUETIL nous rejoint, une tasse à la main… En essayant de ne pas me répéter, je continue mon plaidoyer en parlant de la beauté d’être parent (père et mère) et grands-parents… Spontanément, j’essaie de communiquer à M. ANQUETIL la joie complice qu’un grand-père peut éprouver avec ses petits-enfants. Je m’arrête assez vite dans mon enthousiasme : je crains de le blesser – comme, probablement, j’ai dû le faire (bien malgré moi) avec le trentenaire qui m’avait entendu parler de la beauté du mariage et qui, peut-être, ne connaîtra jamais le bonheur d’être père et grand-père.

Sans aucune pointe d’ironie ou de fanfaronnade, je quitte mes deux interlocuteurs en m’excusant de mes enthousiasmes qui les ont peut-être blessés. Les deux me saluent, l’un d’eux – Michel ANQUETIL, je crois –  ajoutant que je n’ai pas à m’excuser… Je veux croire, qu’à cet instant, il était sincère.

Arrivé à la maison. Il me faudra plusieurs heures pour trouver le sommeil…

Aujourd’hui, plusieurs questions me taraudent toujours l’esprit… Des questions à laquelle, ni Michel ANQUETIL, ni les personnes qui faisaient chorus avec son discours et ses découvertes n’ont pu répondre :  

  • Pour accueillir, accompagner et aider des personnes homosexuelles, doit-on obligatoirement falsifier la traduction et le sens des Ecritures ?
  • Pour essayer de justifier une pure construction idéologique, doit-on obligatoirement s’affranchir de la réalité biologique?
  • Si l’on veut « se placer sur le terrain biblique et théologique », pourquoi changer le sens des mots, des définitions et des concepts ?
  • Si l’on se prétend théologien catholique, pourquoi systématiquement se poser en contradiction avec l’Enseignement du Magistèrepar une démarche intellectuelle absurde ?

En un mot, pourquoi cette manipulation des esprits, sub specie boni ?… Pourquoi une telle inversion des valeurs ?

[1] Dommage que les interventions de Michel ANQUETIL ne puissent pas passer à la postérité, faute de pouvoir être enregistrées. En effet, que vaut le compte-rendu et le témoignage (même objectif) d’un contradicteur en cas de contestation devant l’Autorité ecclésiastique ?…

[2] La feuille remise en cours de réunion ne comporte aucun titre permettant d’identifier l’auteur du montage, ni les circonstances pour lesquelles ces textes ont été commentés. Autre précaution : la traduction de ces extraits des Ecritures apparaît irréprochable au lecteur que je suis, mais leur interprétation donnée en public est objectivement erronée.

[3] Cette manœuvre foncièrement malhonnête ne sera même pas relevée par les 2 prêtres invités

[4] Ibidem note 4

[5] Par souci d’honnêteté, certaines phrases de ce paragraphe ne sont pas mises entre guillemets ou en caractères italiques. Il ne s’agit en fait que d’une tentative de reconstitution d’un « raisonnement » à partir de mes notes prises durant l’exposé.

[6] En entendant la question, j’observe avec satisfaction que je ne suis pas le seul à ne pas approuver les prises de position de Monsieur ANQUETIL…

En utilisant le filtre des questions posées par écrit, le conférencier se protège de toute explication directe avec un contradicteur et s’en sort par une réponse incohérente que personne n’aura l’opportunité de relever devant l’assistance… Ainsi cette présentation à sens unique est-elle tout, sauf un débat.

[7] Cette affirmation ne sera pas contestée, ni par les deux prêtres présents, ni par le diacre organisateur de la conférence.

La chute de Jean Vanier
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Communiqué du Conseil Permanent de la Conférence des évêques de France, à la suite des annonces faites le 22 février 2020 par L’Arche Internationale à propos de Jean Vanier et du père Thomas Philippe, dominicain.

Les Évêques de France ont appris avec stupeur et douleur ce que l’enquête ouverte par L’Arche internationale révèle aujourd’hui du comportement de Jean Vanier à l’égard de plusieurs femmes, au long des années, comportement mêlant emprise spirituelle et abus sexuel dans la suite de la relation spirituelle que Jean Vanier a eue avec le père Thomas Philippe, dominicain, et sous l’influence des doctrines perverses de ce dernier.

Les évêques membres du Conseil permanent remercient les femmes victimes de Jean Vanier qui ont eu le courage intérieur de parler de ce qu’elles ont subi. Au nom de tous les évêques de France, ils assurent de leur compassion les femmes qui ont été ainsi abusées. Ils expriment leur détermination à agir pour que la lumière soit faite.

Ils redisent leur confiance aux communautés de L’Arche où personnes handicapées et assistants vivent des relations authentiques de respect mutuel et d’entraide.

Les évêques du Conseil permanent tiennent à exprimer leur estime pour les responsables de L’Arche qui ont pris au sérieux les témoignages reçus et qui ont su adopter les moyens nécessaires pour qu’une enquête indépendante et approfondie soit menée. Le Conseil permanent remercie ces responsables de l’avoir tenu informé des résultats de cette enquête.

Au terme de cette enquête, rien n’indique que des personnes handicapées auraient été victimes d’actes inappropriés de la part de Jean Vanier. Le Conseil permanent salue le travail d’évaluation des procédures de prévention des abus et de protection des personnes, vulnérables ou non, engagé actuellement par L’Arche internationale.

La Conférence des évêques de France s’associera volontiers à la CORREF, à la Province de France de l’Ordre dominicain et à la Congrégation des Frères de Saint-Jean pour poursuivre le travail d’élucidation nécessaire à propos du père Thomas Philippe, dominicain, décédé en 1993, qui avait été sévèrement condamné par Rome en 1956, condamnation dont les termes ont été peu à peu oubliés ou négligés.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, président
Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, vice-président
Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, vice-président
Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois
Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers
Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen
Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre
Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers

Les évêques de la Province Pays de Loire – Bretagne réunis à Pontmain
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A l’occasion de leur formation annuelle, les évêques de la province épiscopale Bretagne et des Pays de la Loire se sont réunis les 5 et 6 février à Pontmain en Mayenne. Philosophes, théologiens, psychologues sont intervenus autour du thème Les ruptures anthropologiques sous-jacentes au monde contemporain. Il y avait ainsi

  • Anne-Marie Pelletier : Professeur des universités, agrégée de lettres modernes et docteur en sciences des religions
  • Pierre Le Coz : Agrégé de philosophie et docteur en sciences de la vie et de la santé, Pierre Le Coz est professeur de philosophie à l’UFR de médecine de Marseille, où il dirige le département des sciences humaines. Les travaux de recherche placés sous sa responsabilité portent sur la bioéthique et l’éthique médicale.
  • Jean-François Braunstein : philosophe et professeur d’université français, dont les travaux portent principalement sur l’histoire des sciences et la philosophie des sciences. il se consacre à des enseignements de philosophie pratique (éthique médicale et hospitalière) en partenariat avec le Centre de formation du personnel hospitalier de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
  • Gemma Serrano : Docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Humanisme numérique du Collège des Bernardins.
  • Alexandra Boissé : psychologue en Unité de soins palliatifs.
  • Denis Moreau : professeur d’histoire de la philosophie moderne et de philosophie de la religion à l’Université de Nantes.
Début des visites ad Limina
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Habituellement, elles ont lieu tous les cinq ans. Mais la dernière visite ad Limina des évêques de France à Rome a eu lieu en 2012, sous Benoît XVI. Pèlerinage sur les tombeaux des apôtres saint Pierre et saint Paul, elle sont l’occasion, à travers un rapport écrit, de présenter au pape et à la curie chaque diocèse.

En mars, les évêques des provinces de Paris, de Lille, de Reims et de Besançon ouvriront le ballet des visites. Mgr Stenger, évêque de Troyes bientôt démissionnaire pour raison d’âge, effectuera sa dernière visite officielle en présentant un rapport sur les années 2012-2020. L’état des lieux sera sans surprise : baisse des effectifs des prêtres, moins d’enfants catéchisés, moins de sacrements, baisse du denier, crise sur toute la ligne.

« Nous sommes contraints car nous avons moins de moyens en personnel. Il est donc important que les laïcs prennent le relais. Nous avons aussi moins de moyens matériels. Certes, certains chrétiens donnent plus qu’avant, mais ils sont moins nombreux à donner ».

Après l’Amazonie, un synode pour la France ?…

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