Église en France

La courageuse dénonciation de la funeste internationale des barbus
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Ce qu’il y a de bien avec la grosse presse, c’est qu’elle ne s’embarrasse pas de subtilités!

Notre confrère, le solennel et néanmoins vespéral “quotidien de référence”, sous le titre: “Les catholiques intégristes perturbent la pièce Golgota Picnic”, a publié, le 20 novembre dernier, en partenariat avec l’AFP, un article dénonçant les “ultra-catholiques” qui manifestent à Toulouse.

Cet article présente un certain nombre d’extravagances. Je constate d’abord que 150 “intégristes”, armés d’une grosse caisse (!), empêchent la sereine représentation d’une pièce dont le metteur en scène avait réclamé, lors de sa diffusion espagnole, que le public monte sur scène (pour démontrer, je suppose, le caractère vivant autant que “subversif” de ce théâtre “engagé”). Il avait même, si j’ai bien compris (mais ces gens parlent un jargon tellement abscons que je ne suis pas sûr d’avoir bien compris…), laissé entendre qu’une bonne pièce de théâtre contemporain est une pièce où le public moleste les acteurs… ce qui relativise singulièrement la prétendue “violence” des personnes qui prient devant le théâtre!

Je note encore que la pièce, de l’aveu de ses défenseurs, ne vaut pas grand-chose. Ce que “Le Monde” traduisait, la semaine précédente, en termes choisis:

Pour être honnête, il est difficile de rendre compte de Golgota picnic du strict point de vue artistique.

Le sens de cette phrase est encore l’objet de nombreux débats chez les meilleurs exégètes. Mais je puis, d’ores et déjà, amis lecteurs, vous souffler une solution: même les défenseurs de “Golgota Picnic” n’osent pas dire que cette pièce serait de l’art…

Je relève aussi que cette poignée de “fondamentalistes” a de la suite dans les idées. Dans cet article daté du 20 novembre, il était mentionné que c’était la cinquième fois depuis mercredi [16 novembre]

que les fondamentalistes se rassemblaient pour réclamer la déprogrammation et l’interdiction du spectacle, et pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une banalisation de la “christianophie”.

Ces “intégristes”, tout de même, de vrais stakhanovistes! Tous les soirs, ils sont là (même pas de repos dominical). Et tout ça pour dénoncer une “christianophobie” (entre guillemets dans l’article), dont le journaliste – éclairé, lui! – sait bien qu’elle ne peut être dénoncée qu’entre guillemets. C’est-à-dire, en français dans le texte, que les “fondamentalistes” dénoncent une prétendue christianophobie. Au “Monde”, on sait bien qu’il n’existe point de christianophobie. On n’en parle qu’entre guillemets. Avec circonspection et sagacité…

Mais, surtout, je note que la photo illustrant l’article (ou la dépêche, car on ne sait trop si c’est “Le Monde” qui dicte à l’AFP ou, au contraire, l’AFP qui tient la plume pour “Le Monde”…) représente des capucins.

Sauf que personne n’en saura rien. Si vous ne lisez que l’article du 20, rien ne vous explique qui sont ces barbus incongrus (à moins que vous ne soyez un lecteur “anormal” du “Monde”, connaissant, par ailleurs, les usages des franciscains de la stricte observance). L’article du 17, auquel je faisais référence plus haut, est un peu plus disert sur le sujet. Mais, en toute hypothèse, la photo a une, et une seule, fonction: elle associe le vocable “intégriste” (ou “fondamentaliste”, c’est selon) aux barbus. Suivez mon regard…

Comme toujours, il s’agit de “montrer” que les “intégristes” catholiques sont comme les islamistes radicaux. Et même, comme naguère on enseignait doctement que les “intégristes” étaient “pires que les communistes”, on laisse entendre que les “fondamentalistes chrétiens” sont “pires que les islamistes” en matière de “violation de la liberté d’expression”.

Et nos bobos de service de se donner bonne conscience en faisant mine de militer héroïquement pour la liberté d’expression. Mais non point devant les personnes qui les menacent de mort, ou qui dynamitent les journaux des “mécréants”. Ils résistent “héroïquement” devant quelques dizaines de catholiques qui récitent le chapelet, emmenés par une poignée de disciples du Poverello d’Assise!

NB: En contemplant la photo et la mise en scène, je ne pouvais m’empêcher de songer à l’excellent Audiard: “Un barbu, c’est un barbu. Trois barbus, c’est des barbouzes!” Et je me demandais avec angoisse: Que fait donc le Parlement ? Il devrait déjà être en train de légiférer pour interdire le port de la barbe à toute personne portant par ailleurs un chapelet (oups, pardon, cela risquerait de concerner aussi des barbus islamistes, qui nous apportent – M. Delanoë nous l’assure et nul n’oserait contester son admirable maîtrise de la théologie coranique – une diversité bien venue et nous enseignent la paix et l’amour; je voulais naturellement dire “toute personne portant par ailleurs un chapelet terminé par une croix”…)

Le président du groupe de travail épiscopal sur la bioéthique n’organise pas de veillée de prière pour la vie
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Actuellement, ce sont 122 veillées pour la vie naissante qui sont organisées à travers toute la France grâce à une mobilisation de blogues valeureux, comme le Salon Beige et le blogue des veillées, qui font un travail formidable dans un silence épiscopal assourdissant. C’est peu dire que les laïcs catholiques de France ne sont pas aidés par leurs évêques. Oh certes, il y a quelques évêques qui participeront aux veillées de prière pour la vie (la liste des veillées est ici). Mais il y a tout de même un grand absent : Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes.

En parcourant le site internet du diocèse de Rennes (http://catholique-rennes.cef.fr/?-Actualite-), on ne voit rien sur la veillée pour la vie naissante du 26 novembre, veille du premier dimanche de l’Avent. On trouve en revanche la littérature de Mgr d’Ornellas sur la pièce de Castellucci. Le président du groupe de travail épiscopal sur la bioéthique préfère louer ce spectacle “caca-boudin”, se faire le chantre de l’art contemporain bling-bling (rappelons que, fort du soutien de l’archevêque, Castellucci a réintroduit dans les représentations à Rennes la scène dans laquelle des enfants de 8 ans balancent des grenades sur le visage du Sauveur), plutôt que de se pencher sur l’essentiel.

Seule, la chapelle saint François (43 rue de Redon à Rennes, Institut du Christ-Roi) organise des vêpres et la bénédiction du SS Sacrement à 19h.

Divorcés-remariés: Mgr Daucourt réinvente la discipline de l’Eglise
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La lettre n°24 du diocèse de Nanterre est consacrée aux divorcés-remariés. Mgr Daucourt raconte dans son éditorial une “journée d’amitié et de prière” réunissant un certain nombre de divorcés-remariés. Le “fil rouge” de cette journée est sans équivoque : l’évêque a choisi pour thème “Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde“… Voilà de quoi encourager les mariés à divorcer et à se remarier, ou tout au moins, à ne pas les dissuader de divorcer : ils deviennent ainsi le sel de la terre ! Puis Mgr raconte une étrange cérémonie :

Dans un premier temps, chaque personne a cherché à dire à son conjoint comment ils sont sel et lumière l’un pour l’autre. Le partage s’est poursuivi dans des groupes qui ont ensuite écrit des réactions remises à l’évêque. Très diverses, elles exprimaient la souffrance, la révolte, le questionnement, et aussi de beaux cheminements spirituels souvent difficiles, mais féconds. J’ai fait quelques commentaires de ces réactions pour aider ces personnes à vivre avec le Christ. L’échange a continué après un repas convivial, puis s’est déroulée la célébration de la Parole, avec une homélie de l’évêque auxiliaire. Au cours de cette célébration, chaque couple a écrit une intention de prière et l’a déposée au pied de la croix en se signant avec l’eau bénite, en rappel du baptême. L’évêque a remis alors un cierge allumé au cierge pascal, en adressant à chacun les paroles de Jésus : Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde.

Puis Mgr Daucourt poursuit son éditorial, qui ne manque décidément pas de sel, en appelant non pas à la conversion de ces personnes, mais au changement de la discipline de l’Eglise :

L’impossibilité d’avoir accès aux sacrements est vécue comme une exclusion par la majorité d’entre eux. Certains cependant manifestent une confiance en l’Église pour éclairer leur nouvelle situation et découvrir des moyens spirituels pour répondre à leur mission de parents, tout en osant regarder le lien de leur sacrement de mariage qui ne peut mourir. On doit espérer que les autorités de l’Église n’ont pas dit leur dernier mot à ce sujet. On peut et doit continuer de poser des questions, tout en cherchant à obéir au Christ et en étant réaliste devant ces situations dont aucune ne ressemble exactement à l’autre.

Qu’est-ce à dire, sinon une contestation publique, par un évêque en place, de l’indissolubilité du mariage ? Mgr Daucourt va même jusqu’à confondre divorce et séparation :

Il y a des époux qui se détruiraient s’ils ne se séparaient pas. Il y a aussi des époux qui, ne prenant pas les moyens humains et spirituels pour lutter, espérer, être pardonnés ou pardonner, se séparent de leur conjoint simplement parce qu’ils éprouvent des sentiments amoureux envers une autre personne.

Le catéchisme de l’Eglise catholique admet pourtant, dans certains cas, la séparation, ce qui n’est en rien une reconnaissance du divorce :

1649 Il existe cependant des situations où la cohabitation matrimoniale devient pratiquement impossible pour des raisons très diverses. En de tels cas, l’Église admet la séparation physique des époux et la fin de la cohabitation. Les époux ne cessent pas d’être mari et femme devant Dieu ; ils ne sont pas libres de contracter une nouvelle union. En cette situation difficile, la solution la meilleure serait, si possible, la réconciliation. La communauté chrétienne est appelée à aider ces personnes à vivre chrétiennement leur situation, dans la fidélité au lien de leur mariage qui reste indissoluble.

1650 Nombreux sont aujourd’hui, dans bien des pays, les catholiques qui ont recours au divorce selon les lois civiles et qui contractent civilement une nouvelle union. L’Église maintient, par fidélité à la parole de Jésus Christ (” Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à l’égard de la première ; et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère ” : Mc 10, 11-12), qu’elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le premier mariage l’était. Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison ils ne peuvent pas exercer certaines responsabilités ecclésiales. La réconciliation par le sacrement de pénitence ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et se sont engagés à vivre dans une continence complète.

Ainsi, et l’évêque ne le rappelle pas, des divorcés-remariés peuvent s’approcher des sacrements à partir du moment où, lors d’une confession, ils se sont engagés à vivre dans la continence complète. C’est pourtant essentiel de le rappeler.

La richesse des traditionalistes dans l’Église dans Paris-Notre-Dame
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Le dernier numéro de Paris Notre-Dame (17/11/2011), publié par le diocèse de Paris, est vraiment passionnant. En page 13, dans un encadré intitulé « Nouvelle évangélisation », on peut lire ceci :

 

Les traditionalistes en Europe connaissent un “réveil” depuis ces vingt dernières années et “ont beaucoup à offrir” dans le processus de nouvelle évangélisation. Telle a été la conclusion de la rencontre annuelle des évêques de France à Lourdes. Président de la Conférence des évêques de France qui organisait le rassemblement, le cardinal Vingt-trois, archevêque de Paris, a notamment évoqué la richesse de la liturgie, vecteur moderne de la transmission de la foi selon lui.

 

Les lecteurs l’auront compris. Quand il s’agit d’évoquer les richesse de la liturgie, autre que la forme ordinaire du rite romain, on ne peut parler que des liturgies orientales. Il faut donc remplacer notre titre par celui plus véridique de « La richesse des Églises catholiques orientales » (de même dans le début du texte), remplacer Lourdes par Oradea, la conférence des évêques de France par les évêques catholiques orientaux et le cardinal Vingt-Trois par le cardinal Peter Erdro, président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe et archevêque d’Esztergom-Budapest.

Dommage ?

Oui, dommage ! Il faudra encore attendre pour lire un texte approchant dans Paris Notre-Dame.

Mgr Delmas désavoue le DAL
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Le DAL (Droit au logement), a ouvert un squat à Angers, rue de l’Esvière, pour abriter des clandestins. Mgr Delmas, évêque d’Angers, a réagi aussitôt :

Nous ne pouvons cautionner des solutions d’hébergement dans des lieux impropres, obligeant les personnes à vivre dans une grande promiscuité. Nous ne pouvons qu’approuver des solutions concertées avec les responsables politiques qui ont mission de veiller à la sécurité des personnes et des biens. Cet événement révèle une situation où l’Église se sait concernée et qu’il importe de rechercher des solutions respectueuses de la loi et des personnes.

La charité exercée par le DAL est de ce genre de vertu devenue folle : soutien aux clandestins, transgressions de la loi, mépris de l’autorité publique… C’est une fausse charité.

Solution pour l’abbé Michel de Thiberville
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Grâce au médiateur désigné par la Congrégation pour le Clergé, Mgr Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux, la situation de l’abbé Francis Michel, vidé de la paroisse de Thiberville par Mgr Nourrichard, évêque d’Evreux, devrait se normaliser.

Mgr Christian Nourrichard, a rendu public un accord passé avec l’abbé Francis Michel, qui devient recteur de l’église du Planquay, située à quelques kilomètres de son ancienne paroisse. Dans cette église, il sera libre de célébrer la messe, quelle qu’en soit la forme. En revanche, comme il n’est plus curé, il devra demander l’autorisation du curé du groupement paroissial local avant de célébrer un baptême ou un enterrement. S’il n’aura pas le droit de prendre en charge la catéchèse, il sera libre de diriger d’autres activités pastorales, « comme animer une journée de récollection »,  explique Mgr Nourrichard.

L’abbé Michel devrait célébrer sa première messe au Planquay le 27 novembre, c’est-à-dire le premier dimanche de l’Avent. Il disposera d’un nouveau presbytère, mis à sa disposition par le maire de ce village de 140 habitants, qui n’est autre que l’épouse du maire de Thiberville. Néanmoins, l’abbé Michel reste prudent :

Je déménagerai quand mon presbytère sera prêt, et quand l’église, la plus petite et la plus humide de la région, sera chauffée. Ce qui n’est pas le cas. Mais j’ai dit oui à cette solution, donc je partirai. En ce qui concerne les états d’âme, c’est une autre affaire…

Source, le blogue de soutien à l’abbé Michel

Les photos du jour
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12 novembre 2011 : ordination diaconale de Robert Grenier en l’église Saint Dominique de Nantes

Avant

Après

Merci Mgr James !

La photo du jour
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Qui est cet évêque au milieu des manifestants toulousains, venus protester et prier samedi, en réponse à la pièce imbécile et christianophobe Golgota Picnic ? En fait, ce n’est pas un évêque, mais un prélat, Mgr Tournyol du Clos, membre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, dont il est l’un des membres fondateurs. Il est exorciste et a déjà publié plusieurs ouvrages sérieux sur les pouvoirs de Satan et de la franc-maçonnerie, spécialement dans le monde actuel :

– Pour se défendre du malin
Peut-on se libérer des esprits impurs ?
Le combat avancé de l’Église

Civitas, l’aiguillon qui pousse l’archevêque de Paris à réagir
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Les multiples manifestations organisées par Civitas n’auront pas été inutiles. Et ce n’est pas terminé, du 8 au 17 décembre, pas une représentation de Golgota Picnic à Paris ne se fera sans une mobilisation des chrétiens devant les portes du Théâtre du Rond Point. Civitas a déclaré à la Préfecture une manifestation chaque soir de représentation, manifestation qui se tiendra avenue Franklin Roosevelt, face au théâtre. Le dimanche 11 décembre sera l’occasion d’une nouvelle grande manifestation contre la christianophobie. Elle partira à 14 h de la place de l’Alma pour se diriger vers l’avenue Franklin Roosevelt.

Dépassé, l’archevêché de Paris a donc réagi. Après avoir tenté de semer la division en utilisant l’abbé Pierre-Hervé Grosjean (qui fait étrangement penser à ce jésuite colombien, le père Carlos Novoa, qui, il y a quelques années, lorsque la chanteuse Madonna avait effectué sa tournée intitulée “Crucifixion”, mêlant des scènes de nu avec des images de la Passion, avait proposé d’utiliser le DVD comme “modèle d’évangélisation“), le cardinal tente de récupérer le mouvement de contestation :

Alors que le spectacle Gólgota Picnic, programmé à Paris à partir du 8 décembre prochain, insulte la personne du Christ en croix, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, invite jeudi 8 décembre à 20h ceux qui le veulent à une veillée de prière à Notre-Dame de Paris au cours de laquelle seront proposées une méditation de la Passion du Christ et la vénération de la sainte couronne d’épines.

Mais comme le risque est grand qu’il y ait une scission entre les catholiques qui prient dans la cathédrale et les catholiques qui prient dans la rue devant le théâtre, l’abbé Pierre-Hervé Grosjean propose en plus de venir déposer dans la journée et jusqu’à 19h, en silence,  une fleur blanche devant le Théâtre du Rond Point. Le Metablog analyse :

Pour marquer leur réprobation de Golgota Picnic, les Padres proposent en plus de «déposer en silence une fleur blanche devant le Théâtre du Rond Point», ils estiment que «ce geste … ne peut pas être caricaturé.» Penser cela, c’est sous-estimer gravement la créativité de notre époque, qui a su rendre des mots tels que pureté ou vertu ridicules, voir odieux. J’aime les Padres pour leur candeur, je les envie de ne pas comprendre qu’un siècle qui sait se foutre du rosaire, saurait aussi bien se moquer de leur rose.

Si Civitas n’avait pas réagi, ces initiatives auraient-elles vu le jour ? Non, fort probablement. A ce titre, il est légitime de reconnaître dans ces actes les fruits de l’action de Civitas.

Cacophonie au sein de l’Eglise qui est en France
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Le constat est du journal Le Point : la cacophonie bat son plein. Nos évêques ne savent plus où donner de la tête. Civitas a joué le rôle d’aiguillon forçant nos épiscopes à réagir, cahin caha, sans vision d’avenir. Certains évêques invoquent des mandats, comme si le cléricalisme était encore d’actualité. D’autres proposent de s’enfermer dans les églises pour prier pendant que gronde la haine de Dieu sur les tréteaux. Certains, plus rare, osent braver le conformisme épiscopal en tenant un discours clair, honneur à eux.

Au milieu de ce brouhaha, Mgr Pascal Wintzer, administrateur apostolique du diocèse de Poitiers (en attente de nomination), a publié un texte au nom d’un obscur groupe de la CEF intitulé “Observatoire Foi et Culture”. Cette note est explicitement destinée aux évêques, preuve que la CEF tente de reprendre le contrôle du discours épiscopal. Une note aux arguments spécieux destinés à justifier l’injustifiable, selon Mgr Brincard. Dès le début, Mgr Wintzer utilise le Pape pour mieux condamner les manifestations :

Avant tout, comme nous y invite le Pape Benoît XVI , je choisis la voie du dialogue et sa fécondité. C’est pourquoi je veux déplorer les manifestations qui se sont exprimées tant à l’extérieur que dans la salle même du Théâtre de la Ville, à Paris, à l’occasion des représentations du spectacle de Romeo Castellucci « Sur le concept du visage du fils de Dieu ». Si elles veulent exprimer la révolte de certains face à ce spectacle, elles blessent les relations que l’Eglise catholique s’est toujours efforcée d’entretenir avec les arts et les artistes. Ces relations se lisent tout au long de l’histoire chrétienne. Elles ont été récemment encouragées par le cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil pontifical pour la culture, dans un entretien publié dans le journal La Croix, en date des samedi 14 et dimanche 15 novembre 2009, à la page 9 : « Nous croyons à la possibilité d’une rencontre entre la foi et l’art, pourvu que l’art sorte de son impuissance provocatrice. De même l’Eglise ne doit plus s’en tenir à une récupération hasardeuse de styles anciens et à des productions artisanales sans ambition. Elle doit accepter la confrontation avec ces nouvelles grammaires, avec ces nouvelles modalités d’expression. Ce dialogue-là serait fécond pour elle. »

Patatras : jeudi dernier, un autre scandale éclatait à Rome. Le société commerciale Benetton déployait une affiche géante sur le Pont “Sant’Angelo” à Rome, à deux pas du Vatican, avec un photomontage montrant le pape embrasser un imam. La réaction vaticane ne s’est pas faite attendre. Qu’a dit le père Lombardi ? A-t-il invité les publicistes au dialogue ? Non. A-t-il organisé une veillée de prière ? Non. A-t-il proposé d’aller déposer une rose blanche devant les affiches ? Non plus. Il n’a pas non plus invité les chrétiens à s’interroger sur les intentions réelles de Benetton. Bref : il n’a pas fait comme nos épiscopes. Le père Lombardi a vigoureusement

protesté contre une campagne publicitaire commerciale, manipulant l’image du Pape de manière inacceptable. Il s’agit d’un grave manque de respect envers le Saint-Père et d’une offense à la sensibilité des fidèles, prouvant combien la publicité peut violer les règles élémentaires de la décence due à chacun aux fins d’attirer l’attention par le biais de la provocation. La Secrétairerie d’Etat étudie les démarches appropriées pour que soit garanti le respect du Pape et de son image.

La Secrétairerie d’Etat a publié un communiqué le lendemain :

La Secrétairerie d’Etat a chargé ses avocats d’entreprendre en Italie et hors d’Italie les démarches nécessaires pour bloquer la circulation, y compris médiatique, du photomontage utilisant l’image du Saint-Père. Cette publicité commerciale Benetton constitue une atteinte à la dignité du Pape et de l’Eglise catholique, ainsi qu’une offense à la sensibilité des fidèles.

Le résultat, c’est que Benetton a retiré ses affiches et a présenté ses excuses.

Voila ce qui arrive quand on sait être ferme, direct, et fier de sa foi.

Frère Ephraïm avoue des abus sexuels sur des religieuses
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La  rumeur le laissait deviner (mais les rumeurs malveillantes sont légion, spécialement dans l’Eglise). La communauté charimastique des Béatitudes a annoncé en fin de semaine que son fondateur Gérard Croissant (connu sous son nom religieux de Frère Ephraïm) avait pratiqué plusieurs abus sexuels sur des religieuses de sa communauté. Encore une nouvelle désastreuse, que je suis désolé de vous donner en ce dimanche. Prions pour les victimes et pour les coupables!

Source: Catholic News Agency

La scatologie promue au rang d’interlocutrice avec l’Église par certains de nos évêques
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Héli Trottincas, qui écrit dans le journal d’un prêtre diocésain, résume le discours épiscopal face à la christianophobie et aux réactions de catholiques indignés :

Le Code pénal et le Code de Procédure Pénale ont tout simplement fait l’objet d’une suppression spéciale pour ces catholiques. Mais les ordres, comme l’ont avoué les agents de la Loi, venaient de très très haut.

Dans le même temps, l’évêque de Paris, avouant tout d’un coup tout ignorer de la pièce, s’est quand même mis à condamner la foule comme fondamentalistes manipulés par l’extrême-droite et celui de Rennes, 6 jours plus tard au milieu de la réunion bisannuelle des évêques à Lourdes, a déclaré voir dans cette pièce scatologique une parabole chrétienne illustrant la kénose paulinienne. Pendant ladite conférence de Lourdes, en revanche, Mgr de Moulins-Beaufort (Paris), homme de terrain informé et non de bureau, a rappelé que les manifestants étaient quasiment tous de simples chrétiens de base et pas du tout des groupes manipulés politiquement, marginaux ou intégristes – comme feint de le croire Mgr Vingt-Trois, ni violents (il n’y a eu qu’un ou deux jets d’œufs un soir) comme feint de le croire Mgr Barbarin et Ulrich, lesquels, ignorant la différence entre un chapelet et une épée, osent citer qui prend l’épée périra par l’épée, en oubliant qu’une autre fois Jésus au temple a sorti⁄ le fouet ! Voici quelques questions et réflexions de bases pour aider à y voir plus clair. les évêques français, selon ce que rapporte le journal, « se démarquent » de la manifestation. Et aussi, il me semble que cette position est faible, et révélatrice d’on ne sait quel complexe d’infériorité . Et je ne dis pas cela pour une défense a priori du sacré, de l’image sacrée. Je crois que dès lors que je couvre avec des excréments le visage de quelqu’un qui est important pour beaucoup de gens, je réalise un acte violent. Non seulement envers l’image, mais envers les gens eux mêmes. […]

On ne peut que ressentir une grande pitié pour la misérable corruption de l’esprit où gît une certaine classe épiscopale dont Mgr D’Ornellas est un des archétypes, qui conclut ainsi son communiqué : « Ne nous trompons donc pas de combat en luttant contre une christianophobie à laquelle on veut nous faire croire. Manifester contre Castelluci est une erreur de perspective. Nous, chrétiens, nous croyons au Christ, Fils de Dieu. Vivre selon notre foi est notre vrai combat quotidien, dans l’amour qui écoute vraiment

Une erreur de perspective ! Saluer le caca d’un artiste pendant 55mn, c’est sans doute être dans la bonne perspective !? […] Il est ahurissant de voir combien des évêques ont perdu le minimum de jugement, contrairement à de simples étudiants comme ce spectateur qui remarque : « Cette pièce est une négation du véritable humanisme, qui est la lutte contre tout ce qui rend bestial l’être humain à l’intérieur comme à l’extérieur de lui. C’est d’ailleurs en tant que négation de l’homme que cette pièce devient une négation de Dieu. A s’attaquer à l’homme, on finit par se retourner contre le Créateur de l’homme : on offense un peintre en lacérant son chef d’oeuvre (c’est d’ailleurs réversible : à s’attaquer à Dieu lui-même, on s’attaque presque nécessairement à ses créatures). » […]

Il est surtout ahurissant de voir combien certains évêques sont outre le déni de réalité, dans l’inconscience des enjeux. Voir de la culture dans l’expression anale de cerveaux malades ou pervers, c’est faire la preuve qu’on est en complet naufrage humain non seulement au sens le plus élémentaire du mot, intellectuel et moral, mais aussi spirituel et pastoral. Car, c’est, de fait, se faire les propagateurs de la scatologie puisque promue au rang d’interlocuteur avec l’Église. C’est, de fait, rentrer dans l’engrenage décrit par saint Augustin : « A force de tout voir l’on finit par tout supporter…A force de tout supporter l’on finit par tout tolérer… A force de tout tolérer l’on finit par tout accepter… A force de tout accepter l’on finit par tout approuver ! » C’est, de fait, collaborer à faire passer, au nom du droit au blasphème considéré comme un acquis par les médias, l’intelligentsia et le pouvoir (de droite comme de gauche), un droit à l’insulte et à l’immondice envers certains citoyens et ce sans restriction. C’est préparer le retour de l’étoile jaune. […]

Au lieu de foncer aveuglément dans la solution magique du “dialogue” à tout prix, Mgr D’Ornellas et ses séides auraient peut-être gagné à relire ce que disait le futur Benoît XVI interrogé par TSR en 1988 lors de la sortie du film de Scorsese : « Non, je ne l’ai pas vu, et je ne veux pas donner un jugement sur une chose que je ne connais pas, seulement peut-être des observations plus générales. La première, c’est de transmettre un roman dans un film. Kazantzaki était un grand chercheur de l’absolu avec un profond désir de Dieu, et dans un roman on peut profondément exprimer une réflexion avec toutes les nuances de l’âme. Dans le film, il y a une dominance de l’image qui peut détruire l’essentiel de cette chose. Deuxième point, il me semble que le respect de la conscience des hommes, des hommes religieux, et du sacré, est aussi une des conditions de la liberté. Je ne sais pas si on a violé cette liberté, mais il me semble que ce n’est pas une atteinte contre la liberté de l’art de parler du respect nécessaire du sacré aussi dans l’art d’aujourd’hui. » […]

Justement, dans ‘Porta Fidei’ que Benoît XVI vient d’écrire, on lit : « Le renouveau de l’Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants … Nous désirons que cette Année suscite en chaque croyant l’aspiration à confesser la foi en plénitude et avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance …. la foi implique un témoignage et un engagement publics. Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé. »

Mgr Brincard : la pièce de Castellucci est violente, pénible et provocante
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L’évêque du Puy-en-Velay a publié un communiqué qui tranche singulièrement avec l’avis de Mgr d’Ornellas sur la pièce excrémentielle de Castellucci :

Il n’est point nécessaire d’avoir vu la pièce de Roméo Castellucci pour dire que sa seule lecture amène à s’interroger sur la notion de culture et, partant, sur ce qu’il faut entendre par « liberté artistique ». Pour ma part j’estime que la pièce de Castellucci est – et je pèse mes mots – violente, pénible et inutilement provocante.

Je vous l’avais dit, la parole se libère dans l’Eglise qui est en France. Mgr Brincard poursuit :

Pour un croyant – et c’est une évidence – Jésus n’est certes pas un « concept » mais le « Témoin fidèle, le Premier né d’entres les morts, le Chef des rois de la terre » (Apocalypse 1). C’est dire que la relation personnelle avec Jésus est notamment celle de la foi, de l’adoration aimante, du service des plus petits et des plus pauvres en lesquels « le Témoin fidèle » veut être servi avec prédilection. Comment ne pas être profondément atteint par une pièce de théâtre dont certaines scènes dépassent l’entendement et, par voie de conséquence, le supportable ?

L’évêque du Puy dénonce l’interprétation qui consiste à se réfugier derrière les secrètes intentions de l’artiste :

Pour atténuer le scandale il ne suffit pas de dire que les intentions de l’auteur sont bonnes ni même que certaines clés de compréhension permettent de faire des découvertes apaisantes. L’art véritable est un langage dont la clarté rend le beau accessible à tous. L’art qui aide l’homme à être plus conscient de sa dignité est un art au service de la splendeur du vrai et de la beauté du bien. Lorsqu’il est chrétien, un tel art sait montrer comment en Jésus, Dieu tire d’un drame « un effet sublime d’amour ».

Faut-il le rappeler, il y a des libertés « liberticides »… l’art n’y trouve certes pas son compte. Par ailleurs, affirmer que « foi et culture » ont des liens profonds et nécessaires relève de l’évidence. Ces liens font l’objet d’heureux approfondissements, en particulier par des enseignements magistériels d’une grande richesse. Il arrive aussi – et je ne suis pas le seul à le déplorer – que la relation intrinsèque entre foi et culture donne parfois lieu à des développements hasardeux justifiant par des arguments spécieux l’injustifiable.

Par ces mots, Mgr Brincard pointe le dernier communiqué de Mgr Wintzer, qui s’occupe de l’Observatoire “Foi et culture”… Nous en reparlerons très prochainement. Mais poursuivons avec l’évêque du Puy :

Je pose à présent deux questions :

  • La pièce de Castellucci fait-elle partie d’une culture qui élève l’homme et donc nous humanise ?
  • Cette pièce de Castellucci aide-t-elle le croyant chrétien à avoir un regard plus profond sur « Celui qui nous aime et nous a lavés de son sang » ?
    Même après avoir lu les déclarations de Catellucci, je ne parviens pas à répondre positivement à ces deux questions.

Et ce n’est pas fini ! Mgr Brincard n’élude pas la problématique des manifestations, condamnées par certains, approuvées par d’autres

La plus élémentaire objectivité exige de distinguer entre ce qui s’est passé à l’intérieur du théâtre et ce qui s’est passé à l’extérieur. Le temps m’étant mesuré je ne parlerais que des manifestations dans la rue. En m’appuyant sur de nombreux témoignages et sur les observations d’une journaliste appartenant à l’équipe d’un grand journal parisien, je ferai les remarques suivantes :

C’est aller trop vite en besogne de penser que les manifestants dans leur ensemble appartenaient à des groupes de fanatiques ou à des groupes ayant des relations tumultueuses avec l’Église de Dieu qui est en France. En réalité, un nombre non négligeable de manifestants appartenaient aux réseaux nés des « Journées Mondiales de la Jeunesse ». Dans la rue, à quelques exceptions près, les jeunes ont manifesté paisiblement. Beaucoup d’entre eux ont même adopté des attitudes de prière exprimant leur peine, leur « désarroi intérieur », leur angoisse et enfin leur espérance. Alors je pose la question : « Depuis quand dans un État de droit, de telles manifestations sont-elles interdites ? » Quant à l’Église, ainsi que nous l’a dit le président de notre conférence : « Il faut entendre les questions des jeunes ».

D’importantes forces de l’ordre ont été mobilisées pour réprimer une manifestation pacifique. Pourquoi tant de forces de l’ordre ? Pourquoi tant de gardes-à- vue dont certaines ont duré près de 48h ? Un avocat a dressé une liste impressionnante d’illégalités commises au cours de ces gardes-à-vue. Cette liste est-elle exacte ? Quoiqu’il en soit, plusieurs policiers et CRS se sont étonnés d’avoir été mobilisés en si grand nombre.

Amis lecteurs, réjouissez-vous avec moi : voilà un Pasteur !

Ma conclusion sera celle-ci : rassemblés devant un théâtre parisien au cœur d’un douloureux problème, ces jeunes m’ont fait penser à un « troupeau sans pasteur », un troupeau ayant le sentiment d’être laissé à lui-même, voire abandonné. Ce constat m’interroge personnellement : « Comment guider ces jeunes par de sages conseils ? » « Comment les apaiser ? » « Comment éclairer leur courage par de judicieux accompagnements ? » Une chose est certaine : les « sweeping statements », comme on dit en anglais, ne sont d’aucune utilité. Autrement dit, des amalgames regrettables ont parmi leurs effets nuisibles celui d’engager les jeunes sur des chemins semés de périls.

Le retour de la liberté d’expression dans l’Eglise en France
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Les scandaleuses représentations théâtrales ont au moins ceci de positif, c’est d’avoir libéré la parole de certains prélats, qui ne dédaignent plus donner une note discordante à la curieuse mélodie soufflée par la Conférence épiscopale. Sur l’affaire Castellucci, nous avions vu que Mgr Centène avait courageusement soutenu les manifestants parisiens tandis que Mgr d’Ornellas s’extasiait devant les excréments répandus.

Pour la pièce Golgota Picnic, la division épiscopale s’affirme, avec un léger recul toutefois de la branche de gauche, forcée de constater que, là au moins, il y a véritablement insulte. Ainsi, Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse a publiquement déclaré :

Est-il légitime de salir la foi de nombreux fidèles, de les heurter de front dans leur attachement au Christ ? Je ne le pense pas.

Mais l’archevêque n’indique pas ensuite comment il faut répondre à cette injure et fustige les catholiques qui osent s’indigner publiquement :

nous désapprouvons vivement les manifestations prévues à Toulouse du 16 au 20 novembre contre la pièce de R. Garcia. Nous tenons à préciser que ceux qui se présentent comme Étudiants catholiques de Toulouse et qui distribuent des tracts à la sortie des églises n’ont aucun mandat de notre part ; ils n’ont aucun lien avec la Pastorale étudiante de Toulouse.

Encore une fois, où se trouve le bureau des mandats de l’archevêché ? Mgr Le Gall, sans honte, poursuit :

Nous souhaitons mettre en garde contre toutes les manipulations politiques et intégristes qui sous-tendent ces manifestations. La prière ne peut en aucun cas être utilisée par des chrétiens comme instrument de pression, sinon elle est en contradiction avec ce qui la nourrit : une relation d’amour avec Dieu et avec son prochain. […] Nous comprenons le désarroi causé chez des chrétiens de bonne volonté par ce spectacle et nous le partageons : nous sommes sensibles avec eux à tout ce qui outrage notre foi. Mais les groupes qui utilisent quelque forme de violence que ce soit en se réclamant du christianisme nous blessent également et défigurent l’Église. Jésus n’a jamais demandé qu’on venge l’outrage qui lui serait fait. Il ne répond pas à la violence par la violence, mais par le pardon.

C’est quand même un peu fort de café que d’assimiler la prière publique, dans la rue, au son des Ave Maria, avec de la violence vengeresse ! De son côté, Mgr Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, a dénoncé les scandales, tout en accusant les manifestations publiques de fomenter la « division » qui est la marque du diable. Et dans Présent, Jeanne Smits répond :

Mais qui a créé la « division » ? Ceux de nos pasteurs qui ont dénoncé ces jeunes catholiques, qui les ont décrits comme « violents » ; qui n’ont pas su dire qu’il existe plusieurs demeures dans la maison du Père et plusieurs façons d’exprimer sa foi et sa douleur devant les salissures jetées à la Face du Christ.

L’excellent Michel de Jaeghere déclare :

Le président de la conférence épiscopale, le cardinal Vingt-Trois, s’est au contraire distingué par la violence de sa condamnation… des chrétiens protestataires. Je ne crois pas que ce soit forcément le rôle des évêques, d’aller eux-mêmes dans la rue (sans doute y seraient-ils bienvenus, mais bien d’autres mode d’action leur sont ouverts). Ce n’est pas non plus leur rôle de témoigner plus d’hostilité à ceux qui manifestent qu’aux auteurs du sacrilège. […] on doit veiller aussi à ne pas accepter l’inacceptable parce qu’on a peur de la marginalisation, qu’on tient plus que tout à sa réputation d’ouverture d’esprit, de sens du dialogue, d’intelligence, ou qu’on attend d’avoir trouvé la martingale, la réaction “idéale” avant de s’autoriser à faire connaître son dissentiment. « Là où il y a homme, il y a hommerie » : il est donc illusoire d’imaginer qu’il existe, en la matière, une réponse qui soit à la fois parfaitement évangélique et absolument efficace, qui retournera nos adversaires et attirera sur nous une sympathie unanime. Il me semble que la récitation publique et pacifique du chapelet devant (et parfois dans) la salle de spectacle a été un beau témoignage, qui a vivifié, chez ceux qui y ont participé, la conscience du fait qu’être chrétien, dans le monde contemporain, vous condamnait à être à part et à subir cette « petite voie » de la persécution que représentent l’insulte, la diffamation, les poursuites judiciaires. Qu’elle a pu constituer, pour les organisateurs du spectacle, une gêne susceptible de les engager à y regarder à deux fois avant de rééditer l’expérience.

Un autre évêque, Mgr Rey, a soutenu l’action judiciaire de L’Agrif :

Vous avez bien voulu me solliciter à propos de l’action en justice de l’association AGRIF, que vous présidez, demandant l’interdiction du spectacle de Rodrigo Garcia intitulé Golgota Picnic et programmé du 16 au 20 novembre 2011 au Théâtre de la Garonne à Toulouse et du 8 au 17 décembre au Théâtre du Rond Point à Paris. Les éléments rassemblés dans l’assignation préparée par votre avocat correspondent aux informations circulant dans les médias depuis plusieurs semaines, en provenance d’Espagne notamment, à propos tant du spectacle lui-même que des déclarations de son auteur, M. Garcia.
[…] L’identité de tout fidèle catholique est en effet constituée par la personne même du Christ, et par son sacrifice sur la Croix, au Golgotha, où Il nous a rachetés de nos péchés et ouvert, dans son sang, la voie de la réconciliation avec Dieu. Porter atteinte à la personne du Christ en Croix, c’est tout à la fois porter atteinte à la religion chrétienne dans son ensemble, mais c’est aussi insulter gravement et au plus intime de sa conscience et de son cœur chaque fidèle.
Dans le cas présent, traiter le Christ en Croix de « fou », de « chien de pyromane » et « messie du sida », de « putain de diable », en faire l’égal d’un terroriste, équivaloir la multiplication des pains qui annonce le don renouvelé de Lui-même dans son Eucharistie, à chaque Messe et à chaque communion, et la Crucifixion par laquelle Il nous sauve, à des représentations enfermant les hommes dans la cruauté, tout cela dépasse de très loin la mesure de ce qu’un chrétien peut entendre sans éprouver le sentiment d’une agression très vive dans ce qu’il a de plus cher et de plus intime. […]
Un tel spectacle ne peut que blesser violemment les consciences chrétiennes comme celles de tous les hommes de bonne volonté attachés au respect mutuel des uns par les autres. J’espère vivement que le succès de vos actions permettra à tous ceux qui ont déjà exprimé leur dégoût et leur révolte, de comprendre que la société dans laquelle nous vivons les protège dans leur identité, leur conscience, et leur volonté de dialoguer dans la paix, sans offense et sans violence, avec ceux qui ne partagent pas leur foi ou qui se posent légitimement des questions sur le Christ et sur l’Église.

Création d’un nouvel ensemble paroissial dans le diocèse de Belfort
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Le dimanche 20 novembre sera créée dans le diocèse de Belfort-Montbéliard (Mgr Claude Schockert),  la paroisse Sainte-Anne. Une messe sera célébrée à l’église Saint-Léger de Delle à 10h15. Cette paroisse regroupera les communes de Croix, Delle, Lebetain, Saint-Dizier-l’Evêque et Villars-le-Sec.

La désertification se poursuit.

Contestation dans le diocèse de Rouen
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Une lettre écrite par les 17 prêtres (sur les 170 du diocèse) qui appellent à la désobéissance circule actuellement au sein du diocèse de Rouen. Ces prêtres ont rendez-vous avec Mgr Descubes, cette semaine. Ils lui remettront leur lettre ainsi que la pétition qui circule et qui a déjà été signée par un certain nombre de laïcs. Les quelques signataires non anonymes ont tous des postes à responsabilité au sein de l’organisation du diocèse. S’ils représentent toutefois un courant marginal, ils montrent que les structures diocésaines sont noyautées par des personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’Eglise catholique. Bref, il y a un bon coup de ménage à faire. Voici le texte de la lettre des contestaires :

Nous, laïcs chrétiens de Rouen et de son agglomération, nous prenons à notre compte et nous venons porter vers vous les questions et l’interpellation lancées à notre Eglise par les prêtres du diocèse qui, dans la suite des prêtres autrichiens, ont écrit un Appel à la désobéissance…pour une plus grande obéissance à l’évangile”. Ils ajoutent aussi qu’ils veulent une Église qui soit à l’écoute des besoins et des attentes des hommes d’aujourd’hui, une Église solidaire des pauvres et des exclus”.

Si nous prenons au sérieux l’enseignement du Concile sur la vocation universelle des baptisés, la situation de nos petites communautés dispersées, le fait qu’il y a davantage de laïcs engagés et formés, capables de responsabilités, il nous paraît urgent de nous engager nous aussi dans cette démarche, en tant que laïcs, pour faire évoluer l’ Église catholique à laquelle nous sommes attachés. Celle-ci nous semble trop frileuse et manquer d’audace pour trouver les moyens de répondre aux besoins du peuple chrétien et du monde d’aujourd’hui.

Le Synode a souhaité « la reconnaissance de ministères confiés à des fidèles laïcs pour répondre à la situation actuelle de l’ Église diocésaine » (IV.15).Mais il convient d’aller beaucoup plus loin et plus vite par rapport à ce qui est proposé,afin que laïcs et prêtres soient collectivement responsables de l’animation des communautés chrétiennes. Celles-ci doivent en effet pouvoir partager partout et toujours la Parole, le Pain et le Vin.

On imagine par exemple une communauté urbaine ou rurale, privée d’eucharistie et de partage d’évangile, qui pourrait se réunir, proposer le nom d’une ou deux personnes, hommes ou femmes d’expérience, mariés ou célibataires, pour un ministère au service de la communauté et ce serait à l’évêque de valider cette proposition. Sans nier la valeur du célibat consacré choisi librement par ceux qui envisagent de devenir prêtres, nous souhaitons que l’Église latine réfléchisse dès aujourd’hui à l’ordination de ministres de l’Eucharistie et de la Parole sur des bases plus larges, comme cela se fait dans les Églises orientales et les autres Églises chrétiennes.

Nous souhaitons aussi que l’on dynamise fortement l’appel de diacres permanents, trop peu nombreux aujourd’hui, en particulier dans notre diocèse. C’est un acquis de Vatican II insuffisamment exploité actuellement.

Nous souhaitons que l’on reconnaisse à des laïcs baptisés, hommes et femmes compétents, le droit de faire des homélies, pratique qui s’est répandue avec bonheur après Vatican II et qui est aujourd’hui remise en cause. Beaucoup y sont préparés par les formations reçues au diocèse.

Nous souhaitons également que l’Église cesse de refuser l’eucharistie aux fidèles divorcés-remariés au nom d’une discipline qui fait souffrir inutilement. Chacun sait d’ailleurs qu’heureusement de nombreux prêtres, en conscience, s’écartent des directives canoniques.

Enfin, il est vital d’établir un vrai dialogue entre prêtres et laïcs, entre chrétiens de tendances différentes, voire opposées, car il est urgent de faire entendre à nos contemporains une parole plus soucieuse de promouvoir une Bonne Nouvelle que d’édicter des règles de morale, dont beaucoup sont incompréhensibles et le plus souvent inappliquées.

Nous partageons l’inquiétude de Gérard Bessière, prêtre, qui écrit le 18 octobre 2011 :

« Des milliers de chrétiens ‘ s’en vont sur la pointe des pieds’ sans être écoutés pendant qu’on recherche longuement un accord avec les intégristes(…). N’assistons-nous pas à l’enterrement discret du concile Vatican II ? »

Oui, nous nous sommes de ceux qui souhaitent une Église à l’écoute des besoins et des attentes des hommes et des femmes d’aujourd’hui, une Église solidaire des pauvres et des exclus.

Qu’il y ait des “milliers” de chrétiens qui partent, seulement maintenant, cela reste à prouver. Les “milliers” des chrétiens sont déjà partis, dans les années 1970-1990, sous l’influence d’une pastorale désastreuse.

Mais ce qui est intéressant, c’est que cette manifestation intervient après la clôture du synode du diocèse de Rouen, que nous avions évoqué. Comme le montre le blogue Le Terrorisme pastoral, Mgr Descubes a ouvert les vannes de la contestation interne. En effet, dans le document préparatoire au synode, on trouve comme exemple d’organisation de la communauté chrétienne,  l’Eglise Réformée de France !

Parmi les promoteurs de cette pétition, il y a Françoise Siroy, Henri Couturier (RCF),  Sylvie Daniel (laïque en charge ecclésiale…), Françoise Lecourt, Yves Millou (commission théologique du diocèse), Geneviève Sennequier, Claude Rasset (membre de la commission diocésaine de pastorale liturgique) tous membres de l’assemblée synodale du diocèse de Rouen. On y trouve aussi des membres de l’ACAT, du CCFD, du MCC, des animatrices liturgiques (sic), un diacre permanent…

On a l’impression que Mgr Descubes, loin d’être innocent, a cherché cette contestation. Reste à savoir comment il réagira. S’il laisse faire, nous saurons de quel côté il se place.

Les utilisateurs du terme “intégriste” se disqualifient
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Dans Présent du 9 novembre, Jean Madiran rappelle aux journaleux de La Croix l’origine du terme “intégriste” :

Dans sa guerre impitoyable contre « les intégristes », La Croix les englobe souvent dans une qualification supplémentairement dépréciative, elle dit : « les groupuscules intégristes ». Elle vient encore de le refaire sous la signature d’Isabelle de Gaulmyn. « Groupuscules », même au pluriel, constitue un dénigrement calomnieux, comme on peut s’en rendre compte en constatant que La Croix y inclut même la Fraternité Saint-Pie X, qui à elle seule, par son importance numérique et morale, montre que le terme « groupuscules », en parlant des « intégristes », est un mensonge gratuit.

Je disais samedi dernier qu’il est « démontré depuis des années » que le terme « intégristes », en parlant de catholiques, est un sobriquet caricatural et méchant, devenu une injure et une perfidie. Oui, cela est amplement démontré, mais il est probable qu’Isabelle de Gaulmyn, Nicolas Senèze et Dominique Quinio, en toute bonne foi je suppose, n’en savent rien. Les bibliographies, même universitaires, concernant l’« intégrisme » ne mentionnent que des ouvrages hostiles, collaborateurs ou victimes de cette fabrication mensongère. Alors, que le lecteur au courant veuille bien m’en excuser, je vais rappeler une fois de plus quelques éléments d’appréciation qu’il vaudrait mieux ne pas méconnaître.

Face aux « catholiques libéraux » du XIXe siècle et aux « modernistes » des premières années du XXe, face aussi à la « démocratie chrétienne », la contestation de ces aventures idéologiques se déclara « intégralement catholique » et ne refusa pas de se dénommer celle des « catholiques intégraux ». En 1900-1914, l’intégralité était à l’honneur aussi bien en politique qu’en religion : L’Action française, de son côté, se déclarait l’« organe du nationalisme intégral ». A partir du catholicisme intégral plutôt, semble-t-il, que du nationalisme intégral, un polémiste (ou un humoriste) forgea le sobriquet « intégriste », à l’origine plus moqueur que péjoratif.

Il y eut aussi, sous le pontificat de saint Pie X, un mouvement, non pas secret mais discret, celui de Mgr Benigni, violemment accusé de dénonciations calomnieuses auprès de la Curie romaine. En 1928 paraissait un livre confus et souvent contradictoire intitulé Saint-Siège, Action française et catholiques intégraux dont l’auteur, qui signait Nicolas Fontaine, était un fonctionnaire politique du Quai d’Orsay, ennemi déclaré à la fois du « thomisme » et du « maurrassisme » : il lançait dans l’opinion publique la légende noire d’une redoutable organisation « intégriste », appelée la « Sapinière » (ou la S.P., abréviation de Sodalitium Pianum), dirigeant une fédération de plusieurs sociétés secrètes à l’intérieur de l’Eglise. Il faudra attendre Pie XII et les travaux du procès de béatification de Pie X pour reconnaître avec certitude que l’action de Mgr Benigni et celle de son organisation nullement secrète avaient été dans l’ensemble sérieuses, utiles, appréciées et protégées par saint Pie X, qui les avait approuvées et officialisées à trois reprises (5 juillet 1911, 8 puis 23 juillet 1913). Mais la canonisation de saint Pie X est venue trop tard pour stopper la légende noire de l’« intégrisme ».

Là-dessus la Seconde Guerre mondiale, sa révolution française de 1943-1946, puis les lois répressives Pleven et Gayssot, ont fait du terme « intégriste » le synonyme approximatif des autres malédictions passe-partout et aveuglément équivalentes dans le vocabulaire médiatico-ecclésiastique : « fasciste », « raciste », « nazi », « moyenâgeux », « discriminatoire », « antisémite », « maurrassien », « populiste ». Le moderne bannissement de la vie publique passe par l’usage gratuit de ces appellations incontrôlées. Il en ressort que l’emploi du terme intégriste est toujours suspect. Il ne relève que d’une diffamation collective, créatrice d’un préjugé péjoratif, il est arbitraire, ne reposant sur aucune justification, il a pris l’allure d’un vice défini et connu comme tel. Celui qui l’utilise néanmoins comme allant de soi, sans motivation explicite, se désigne lui-même comme en cela disqualifié.

“Evêques et curés, mêlez-vous de ce qui vous regarde”
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Dans le numéro de Présent du 9 novembre, Rémi Fontaine apporte sa pierre à l’affaire Castellucci, qui a divisé le milieu catholique et épiscopal :

Pour une fois, un mouvement suscité par des laïcs (AGRIF, Civitas, Renouveau, Action française, Renaissance catholique…) prend de l’ampleur et oppose une réaction visible et légitime de chrétiens (et même au-delà) face à la christianophobie sournoise du soi-disant art contemporain (grassement rémunéré), qu’elle soit explicite ou subliminale (du Piss-Christ au Golgota Picnic en passant par le Concept du visage du Fils de Dieu)…

Or voici que des clercs, cardinaux (Vingt-Trois), évêques (Di Falco, d’Ornellas…) ou abbés (La Morandais…) viennent cracher — au moment où elle prend — dans la mayonnaise de cette réaction plutôt salutaire du pays réel catholique. Avec des arguments assez minables. Je ne prends pas la peine de les redisputer ici pour me placer seulement du point de vue temporel, que nous les laïcs avons mission de « gérer » de manière autonome ! Et dire simplement à ces donneurs de coups de crosse : — Ne ultra crepidam ! Evêques et curés, mêlez-vous de ce qui vous regarde, à savoir l’ordre spirituel et sa juridiction partielle sur le temporel. Mais, de grâce, n’allez-pas nous dire comment on lace sa sandale. C’est notre affaire. Prêchez la croisade (même pacifique) tant que vous voulez, mais n’allez pas décréter comment la faire, même sur vos blogs !

Plus pitoyable encore que la querelle sur le sexe des anges, cette querelle des cathos sur l’excrémentiel subventionné de Castelluci a quelque chose d’ubuesque. Comme si, aujourd’hui, le laïcat chrétien n’était pas assez écrasé entre deux fronts menaçants, deux totalitarismes destructeurs (le laïcisme et l’islamisme), le voici harcelé, neutralisé par le dérisoire totalitarisme de ses propres clercs ! Accompagnés évidemment par des laïcs que le cardinal de Paris appelle les « idiots sympathiques » (en se méprenant aussi bien sur ces sujets que sur les termes léninistes)…

Car enfin, c’est bien une malsaine dialectique (marxiste) que les membres ô combien défaillants du pouvoir spirituel introduisent ici, inopportunément, contre leur camp et leur propre étendard. Dans un combat qui relève en l’occurrence du prudentiel et dont les maladresses éventuelles sont de la paille par rapport à la funeste poutre maîtresse à laquelle il s’attaque et qui relève de la culture de mort.

A l’inverse de ce que profèrent ces contempteurs cléricalistes (dont certains mitrés se sont encore exprimés à Lourdes par la voie de La Croix du 7 novembre), ce sont bien eux les instruments d’une odieuse manipulation. En tant que pères de familles, fidèles du bout du banc mais premiers éducateurs de nos enfants, nous pouvons en juger, nous qui avons vu cette culture de merde envahir nos propres écoles (dites « catholiques ») quand ce n’est pas nos propres églises, Gros-Jean comme devant après l’ouverture de « l’esprit » conciliaire au monde, dont précisément le monde de l’art contemporain ! Les âmes des enfants en ont suffisamment pâti. C’est même à l’origine de la réaction de légitime défense des catholiques de tradition. C’en est donc assez : sans nous et sans nos sous ! Et qu’on n’aille pas nous dire que sous les jets urinaires ou fécaux d’un auteur se trouve du Fra Angelico ou du Péguy !

Gustave Thibon aimait à citer cette parole de Ionesco : « Entre la grâce et la merde, il n’y a pas de milieu ! » Occupez-vous de la grâce, Messeigneurs, nous nous chargeons de la merde ! A la santé des hommes d’arme qui bataillent pour l’honneur du Christ. Et merde, comme dit la chanson, pour ceux qui leur déclarent une mauvaise guerre !

On en est là
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Dans son discours d’ouverture de l’Assemblée plénière de la CEF à Lourdes, le cardinal Vingt-Trois n’a prononcé une seule fois les mots :

Jésus

Christ

Esprit

Quant à “Dieu”, il est cité dans une expression familière :

 Grâce à Dieu, de nombreuses initiatives d’entrepreneurs commencent à aller en ce sens [dans le sens d’une consommation équitable]

Le terme “religion” apparaît 10 fois, dont 9 fois au pluriel…

Les ambigüités de Mgr d’Ornellas
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L’archevêque de Rennes désavoue dans un entretien ceux qui manifestent contre la pièce de Castellucci. Mais à la question du journaliste sur la position différente prise par Mgr Centène, Mgr d’Ornellas ne répond pas. Il change de sujet.

Nous reconnaissons là l’ambigüité du personnage. Sur l’affaire du gender, il s’était empressé de créer un groupe de travail, meilleure façon de noyer le poisson, de fuir le conflit et d’approuver les programmes de l’éducation nationale. Face aux demandeurs de la forme extraordinaire dans son diocèse, il reste bloqué. Le dialogue invoqué ci-dessus disparaît soudainement ! Mgr d’Ornellas est un intellectuel qui aime le débat mais qui sait aussi l’esquiver, excluant les affirmations carrées. Ainsi en est-il de son catéchisme lancé en 2009, qui omettait le péché originel dans son enseignement sur le baptême. Lors du débat sur la bioéthique, il a brillé par son refus du conflit, de l’affirmation forte, par souci du sacro-saint “dialogue”. Dialogue de sourds sans doute. Ou dialogue avec lui-même. En 2009, il avait critiqué l’attitude de l’archevêque Sobrinho dans l’avortement subit par une fillette au Brésil. Il n’avait pas cherché à dialoguer avec cet évêque avant de le condamner…

Mgr d’Ornellas, aujourd’hui archevêque de Rennes, est un homme ambitieux. Il rêve de devenir cardinal. Et pas n’importe lequel. Il se voit en successeur du cardinal Vingt-Trois. La capitale manque à cet ancien prêtre parisien, devenu auxiliaire du cardinal Lustiger en 1997. Né en 1953, il n’a pas encore 60 ans.

« La famille n’existe pas. Les familles, oui »
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Cet étrange propos est de Mgr Descubes, archevêque de Rouen et président du Conseil Famille et Société. Lors de l’Assemblée plénière de la CEF à Lourdes, il a présenté aux évêques le bilan de « Familles 2011 ». De novembre 2010 à octobre 2011, 4 colloques ont ont eu lieu : « La mission (impossible) du couple ? » à Bordeaux, « Familles, un art de vivre les solidarités » à Lille, sur le rôle éducatif de la famille à Strasbourg et « Quels choix pour demain ? » à Paris. Le Service national Famille et Société a publié « Familles : miroir de la société », synthèse de la cinquantaine d’heures d’auditions d’experts, que personne ne lira. Les délégués diocésains à la pastorale des familles recevront prochainement les « perspectives et propositions » recensées au terme de cette année de mobilisation pour la famille.

Mais cela ne nous éclaire pas sur l’étrange citation trouvée sur le site de la CEF.

Mgr Descubes a dégagé quatre points d’attention, autour du temps (en renvoyant à l’intervention d’Enzo Bianchi à Paris), de la sexualité (pour donner des repères qui donnent sens – sic !), de la famille comme « grand mystère » selon les mots de Jean-Paul II (la famille chrétienne comme communion de personnes) et de la pensé sociale de l’Eglise sur la famille (Sollicitudo Rei Socialis, 1987).

Le diocèse de Rouen n’est pas sorti des années 1970
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L’excellent blogue Terrorisme pastoral (terrorisme au sens où l’entendait Vladimir Volkoff : le terrorisme intellectuel, qui sidère les chrétiens et leur empêche d’agir) a épluché les 81 pages des Orientations Synodales du diocèse de Rouen et les 72 pages des Fondements et perspectives de la Commission théologique préparatoire au Synode. Vous retrouverez son analyse ici.

Face à la christianophobie, le Cardinal Vingt-Trois constate la division des évêques
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Le cardinal Vingt-Trois est revenu longuement sur les spectacles qui ont émaillé l’actualité, dans son discours de clôture, preuve que cette affaire divise les évêques. En effet, le cardinal n’a cessé de ménager la chèvre et le chou :

Nous comprenons le trouble de beaucoup devant des œuvres difficiles à interpréter. Nous devons aborder ces événements, qui reviennent périodiquement, sans nous laisser enfermer dans une forme de débat où l’Église se défendrait elle-même comme un groupe minoritaire dans une société pluriculturelle ou même hostile. […] Plus largement que les deux spectacles en question, nous sommes donc invités à une réflexion sérieuse sur notre rapport avec des créations culturelles dont les intentions ou les réalisations offusquent notre amour du Christ. […]

Certaines œuvres sont provocantes et leurs provocations blessent bon nombre de spectateurs, chrétiens ou non. L’artiste doit expliquer son intention. Ne doit-il pas aussi prêter attention à la foi des humbles, l’écouter et se laisser toucher en voyant qu’elle se traduit le plus souvent par un amour réel des plus souffrants parmi nous ? […] Reconnaître ces questions et entrer dans le dialogue est la première tâche des chrétiens. Que ceux-ci ne se trompent pas de combat. C’est d’abord un combat sur eux-mêmes. Être toujours plus fidèles à leur foi dans la société contemporaine en proie à la crise de sens que nous connaissons tous, tel est le véritable combat que les chrétiens ont à vivre. Ils ne le mèneront jamais mieux qu’en s’efforçant d’imiter au plus près leur Seigneur, en vivant de son inépuisable pardon. Voilà le témoignage auquel nous, chrétiens, nous sommes tous conviés. Car le visage du Christ, mieux que nulle part ailleurs, se laisse voir en ses disciples, aujourd’hui comme hier.

L’indifférence, l’incompréhension, la méconnaissance ou le rejet qui s’expriment à l’égard du Christ et de la foi nous touchent tous dans notre amour du Seigneur et notre amour des hommes. Cette blessure ne doit pas et ne peut pas se transformer en violence verbale, et moins encore physique. Elle doit nourrir notre prière, prière personnelle et prière communautaire. Elle doit motiver notre désir de faire connaître le vrai visage du Christ, tel qu’il s’est révélé dans sa Passion et sa crucifixion. […] Suivons donc son exemple et prions pour ceux qui ne le reconnaissent pas ou qui le maltraitent et pour ceux qui sont blessés dans leur amour pour lui. C’est ainsi que nous communions au Christ.

Et maintenant ? Que fait-on ? Que propose concrètement le cardinal face à ces spectacles ? En les ignorant ? En les méprisant ? Ce serait contraire à la charité que de faire semblant de rien. Ce serait contraire à la vérité que de ne rien dire. Avec qui faut-il dialoguer ? Que propose donc Monseigneur face au prochain spectacle, Golgota Picnic ? Rien, visiblement.

Un journal local a interrogé Mgr d’Ornellas, lequel cautionne honteusement le spectacle de Castellucci :

Comment réagissez-vous au soutien apporté par l’évêquede Vannes à la mobilisation ?

Entre évêques bretons, nous avons échangé sur la pièce. Notre communion fraternelle ne se joue pas sur le goût artistique ! Mgr Centène sent une exaspération des catholiques, à laquelle s’ajoute la persécution des chrétiens au Moyen-Orient, au Nigéria. Oui ou non, la religion engage-t-elle au dialogue ? Sans ambiguïté, nous répondons oui.

L’unité de façade de la CEF a vraiment volé en éclat. Le long discours du cardinal Vingt-Trois n’y changera plus rien.

L’assemblée plénière de la CEF en photos
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Retrouverez-vous votre évêque ?

Les résultats des votes de nos évêques
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Les évêques ont renouvelé plus des deux tiers des présidences des commissions et conseils.

Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, a été réélu pour un deuxième mandat de trois ans Président du Comité Etudes et Projet, dont deux membres, le Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Coutances ont été réélus également pour un deuxième mandat, rejoints pour un premier mandat par Mgr Philippe Ballot, archevêque de Chambéry et Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen.

La Commission doctrinale, présidée par Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier, a été renouvelée avec l’élection pour un premier mandat de trois ans de Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Michel Santier, évêque de Créteil et Mgr Luc Ravel, évêque aux Armées Françaises.

Ont été élus pour un premier mandat de trois ans comme Présidents de Commissions :

Président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle, Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque de Tours ;
Président de la Commission épiscopale catéchèse et le catéchuménat, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes (s’il traite le catéchisme comme a été traité la bioéthique, nous ne sommes pas sortis de l’auberge) ;
Président de la Commission épiscopale pour les ministères ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale, Mgr Jean-Luc Bouilleret, évêque d’Amiens. Tout un symbole : Mgr Bouilleret fait partie de ces évêques de la mouvance “Rouet” qui rêvent de voir les laïcs remplacer les prêtres.

Ont été réélus pour un deuxième mandat de trois ans :

Président de la Commission épiscopale pour la vie consacrée, Mgr Jean-Louis Papin, évêque de Nancy ;
Président de la Commission épiscopale pour la Mission universelle de l’Eglise, Mgr François Garnier, archevêque de Cambrai.

Ont été élus pour un premier mandat de trois ans comme Présidents de Conseils :

Président du Conseil pour les questions canoniques, Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon ;
Président du Conseil famille et société, Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre ;
Président du Conseil pour les mouvements et associations de fidèles, Mgr Michel Pansard, évêque de Chartres ;
Président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes, Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc ;
Président du Conseil pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme, Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude ;
Président du Conseil pour les relations interreligieuses et nouveaux courants religieux, Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry. Hélas, Mgr Dubost est plus proche du syncrétisme que du véritable dialogue avec les autres courants.
Président du Conseil pour la communication, Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons. L’évêque qui twitte plus vite que son ombre a trouvé là une tâche à sa mesure.

Aucun évêque n’a été nommé pour établir des relations officielles avec la Fraternité Saint Pie X.

A été approuvée l’inscription au calendrier national liturgique, comme mémoire facultative, la fête du Bienheureux Jean XXIII, célébrée le 11 octobre.

A été approuvée l’inscription au calendrier national liturgique comme mémoire facultative la fête du Bienheureux Jean-Paul II, célébrée le 22 octobre.

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