Points Non Négociables

50 000 pro-vie à la Walk for Life de San Francisco
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« Des dizaines de manifestants prov-vie » aurait pu légender l'AFP…

Si l’Agence France Presse avait fait une dépêche sur la 8ème Walk for Life de San Francisco (Californie), qui s’est déroulée dimanche dernier, aurait-elle écrit qu’on y avait constaté la présence « de dizaines » de manifestants pro-vie ? C’est à imaginer… Mais les chiffres sont têtus et, pour ce qui est de cette grande manifestation pro-vie de la côte Ouest, les observateurs – notamment les médias – hésitent sur le comptage : entre 40 000 et 55 000… Il est à noter qu’une contre-manifestation organisée par une association pro-avortement, créée pour l’occasion et baptisée West Coast Rally for Reproductive Justice, a réuni le nombre astronomique de… 80 manifestants !

La Walk for Life West Coast, imaginée par la militante catholique pro-vie Dolores Meehan, a été lancée par une Messe célébrée par l’archevêque de San Francisco, Mgr George Niderauer, dans une cathédrale St. Mary bondée de monde.

 

March for Life de Washington : quelques centaines de participants pour l’AFP – vraiment ?
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Ma consœur Jeanne Smits a signalé l’article du Figaro qui parlant de la March for Life de Washington D.C.– pour la première fois, me semble-t-il depuis 1974 – affirmait, sans vergogne qu’on y avait compté quelques « centaines de manifestants ». À la décharge du Figaro – encore que recopier n’est pas jouer –, ce quotidien a repris une dépêche du correspondant de l’AFP à Washington. Un correspondant, c’est quelqu’un qui est sur place. Visiblement, le correspondant de l’AFP avait mieux à faire que d’être à la March for Life : il faut dire, à sa décharge pour lui aussi, qu’il faisait fort froid et que la pluie qui tombait était glaciale. Ces très désagréables conditions météorologiques n’ont pas empêché des… centaines de milliers d’Américains de participer à une March qui est sans doute l’une des plus nombreuses jamais constatées. Mais l’AFP et le Figaro sont un peu aujourd’hui, ce qu’étaient Tass et la Pravda dans la “grande Union soviétique”… Foin de commentaires. Voici deux photos, prises par votre serviteur. La première montre la queue de la March, dont le bout se perd dans le flou (les tête de la manifestation était déjà un km plus avant – je n’ai pas réussi à la remonter malgré une demie heure de marche forcée…). La seconde, une toute petite partie de la foule, passant devant la Cour suprême… À vous de voir s’il faut croire tous ces marchands d’orviétan de la große presse !

 

François Hollande et les points non négociables
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Depuis hier soir, tous les médias de France et de Navarre vantent à l’envi le merveilleux discours présidentiel de François Hollande au Bourget, qui, paraît-il, regorgeait de discrets “marqueurs” de gauche, susceptibles de mobiliser et de gonfler à bloc l’électorat. N’étant pas un grand spécialiste en ces matières subtiles, je me garderai bien de quelque commentaire que ce soit. Mais il est un point (ou plutôt trois points, comme diraient les frères la Gratouille…) qui mérite d’être relevé – et que, naturellement, la grosse presse s’est empressée de ne pas relever. Ce sont les “marqueurs” anti-catholiques du discours. Pour éviter qu’on me soupçonne de parti-pris anti-socialiste (quod Deus advertat!), j’ai été lire le fameux discours dans sa version numérique proposée par le site de L’Humanité. J’y lis ceci sur les points non négociables:

L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité ce sont les mêmes droits pour tous, quels que soient son sexe et son orientation, c’est le droit de pouvoir se marier, d’adopter, pour les couples qui en décident ainsi.

Vous aurez compris que le camarade Hollande, ex-concubin d’une célébrité, et de nouveau concubin d’une autre, est modérément défenseur de la famille traditionnelle. Mais je crois qu’avec son dérapage plus ou moins contrôlé sur le quotient familial, on avait compris!

Cela étant, j’admire toujours cette merveilleuse “justification” du “mariage” gay: l’égalité des droits. Comment ne se rendent-ils pas compte que, précisément, les droits sont actuellement égaux: chacun peut se marier, en France, si tel est son choix. Il suffit, pour cela, de respecter le “cahier des charges” du mariage qui consiste à choisir une personne majeure, célibataire et consentante, de sexe opposée. Et, à l’inverse, il y a fort à parier que l’égalité soit violemment mise à mal quand des enfants partiront dans la vie avec ce terrible handicap de ne pas avoir eu de mère ou de père pour les éduquer.

Je n’ai rien trouvé sur la protection de l’enfant à naître, ni sur l’euthanasie (encore qu’il soit souvent question de “dignité” dans ce discours, et que le mot “dignité” est souvent le nom de code pour l’extermination des handicapés, des malades et des vieillards, mais j’ignore si c’est le cas ici: il faudrait peut-être demander aux éminents spécialistes de la grosse presse si cette “dignité” exterminatrice est un “marqueur” de gauche…). Manifestement, le candidat estime que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes sur le front de l’avortement. Deo gratias! J’avoue comme un petit doute qui me titille: un pays où à peu près une femme sur deux connaîtra dans sa vie le drame de l’avortement ne me paraît pas franchement pacifié, mais, enfin, le discours du Bourget n’en parle pas. Alors n’en parlons pas non plus.

Quant à la liberté scolaire, je lis dans ce discours cette envolée lyrique:

Le rêve français, c’est l’achèvement de la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité humaine, de l’intérêt général.

Eh bien, pour ne rien vous cacher, la promesse républicaine en matière scolaire me paraît la promesse de l’endoctrinement des enfants au berceau. C’est le grand discours de Saint-Just sur le sujet, qui continue à torturer les pauvres méninges socialistes: pour eux, un enfant appartient à la république; il faut donc lui apprendre, dès l’enfance, dès la maternelle, à être un bon petit citoyen – ce qui, par les temps qui courent, veut dire quelqu’un qui regarde avec horreur “l’homophobie”, “l’islamophobie”, et toutes les phobies de la création. Pour nous, un enfant appartient à Dieu, qui l’a confié à ses parents, qui ont donc la responsabilité – et la liberté qui va avec – de l’éduquer selon la loi naturelle et la loi divine. Evidemment, ce n’est pas tout à fait le même modèle!

Bref, en matière de points non négociables, le programme de François Hollande m’a tout l’air d’être la boussole qui indique le Sud!

Et, pour faire bonne mesure, je lis encore ceci, sur la prétendue laïcité, en réalité laïcisme agressif:

Présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité, car c’est une valeur qui libère et qui protège. Et c’est pourquoi j’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare les Eglises de l’Etat, dans la Constitution.

Ce qui signifie que le concordat, encore en vigueur en Alsace-Moselle, ou les lois régionales régissant les rapports entre l’Etat et les institutions religions dans les DOM-TOM, seraient désormais anti-constitutionnel (!). En d’autres termes, et sauf erreur de ma part, en matière de “laïcité”, le discours de François Hollande est encore plus christianophobe que le discours du Front de gauche. Voilà qui n’est pas inintéressant…

Le discours de Sarkozy sur la “laïcité positive” était passablement ambigu et équivoque. Mais, alors, là, au moins, pas d’équivoque: je ne veux voir qu’une tête et, si possible, dans le panier à son de la guillotine. Fini les libertés religieuses (ou ce qu’il en reste), fini les libertés parentales (ou ce qu’il en reste)… Place au mariage gay, au culte de la déesse Raison, et autres divertissements “citoyens”!

En tout cas, le spectacle d’un Hollande devenu président et allant, “pour bien montrer qu’il est le président de tous les Français”, rencontrer Benoît XVI, pour lui faire un éloge de la laïcité sectaire, de la “citoyenneté”, et du mariage gay, serait sûrement réjouissant pour les spectateurs!…

Washington D.C. ma première vigile pro-vie devant un avortoir de Planned Parenthood
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Samedi matin, Droit de Naître, l’association française qui m’a invité à Washington D.C. pour, notamment, participer à la March for Life d’aujourd’hui, m’a conduit jusqu’à un avortoir de Planned Parenthood de la capitale fédérale (il y en a trois, semble-t-il), devant lequel se tenait une vigile des pro-vie. Par un froid assez vif – il avait neigé sur Washington la nuit prédédente –, une quarantaine de courageux militants, la plupart jeunes, s’était rassemblée sur le trottoir ou carrément à l’intérieur d’une sorte de petit jardinet que je croyais, du fait qu’il était protégé par une grille portant un panonceau avec le sigle de Planned Parenthood et la mention « No Trespassing », interdit aux pro-vie – ils m’expliqueront, plus tard, que seul de chemin cimenté qui mène à l’entrée de l’avortoir est privé, mais que les deux côtés sont publics : donc on peut s’y installer !

Il y avait là quelques dominicains en habit – ils ont actuellement étudiants à la Georgetown University, l’établissement jésuite fondé en 1789 dans ce qui allait devenir la capital fédérale – menant la récitation du chapelet, deux séminaristes (en deuxième année), et un fort contignent de jeunes lycéennes venues de la Nouvelle Orléans – ce qui n’est pas la porte à côté… – et reconnaissables à leur bonnet orné d’une fleur de lis…

J’ai vu comment s’y prenait le sidewalk counsellor – le conseiller de trottoir – qui n’hésite pas, lui aussi, à accompagner les jeunes femmes qui se présentent à l’avortoir – et qui sont elles-mêmes accompagnées par des “clinic escorts” fort nombreux ce samedi matin – pour leur proposer aide et conseil. Je n’ai pas manqué d’aller le féliciter pour cet extraordinaire apostolat qu’il accomplit et il fut surpris et éberlué, comme les autres militants de la vigile, de voir des Français à Washington pour leur opération, et ils nous ont remercié avec émotion et effusion. C’est plutôt à nous de les remercier…

J’arrête ici ma narration car le lobby de l’hôtel où je suis descendu – et qui est le seul endroit où je peux me connecter gratuitement à l’internet – est littéralement envahi par des militants pro-vie, des centaines : cela m’a permis de saluer le Père Frank Pavone, le directeur national des Priests for Life. Il est 8 h locale, la March for Life commence dans un peu plus de quatre heures…

Quelques photos prises devant l’avortoir…

 

Marche pour la vie : le retournement de l’épiscopat
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Il y avait hier 3 évêques à la Marche pour la vie : Mgr Aillet, évêque de Bayonne, venu en soutane avec sa calotte violette sur la tête afin de manifester le plus publiquement possible son soutien à la cause pro-vie, Mgr Bagnard, évêque de Belley-Ars, et Mgr Thomazeau, archevêque émérite de Montpellier.

Dans son bulletin, Yves Daoudal écrit :

[C]ette édition 2012 aura été l’occasion d’un événement majeur: le retournement de l’épiscopat. De plus en plus d’évêques soutiennent la Marche, et du coup il s’est produit un basculement. Au point que le porte-parole de la conférence épiscopale a publié un communiqué le 19 janvier pour justifier les manifestations en faveur de la vie (sans citer nommément celle qui aurait lieu trois jours plus tard…). Nul doute que le soutien explicite du pape, l’an dernier, ait pesé dans la balance.

Un petit retour en arrière pour comprendre ce retournement :

Au début de la Marche pour la Vie, les évêques étaient totalement absents. Puis, peu à peu, à force d’être demandés, certains ont craqué, et ont accepté de faire partie, discrètement, du comité de soutien. En 2008, ils étaient 4. En 2009 ils étaient 15. En 2012 ils sont 28. Soit seulement un quart d’entre eux. Mais la progression est nette. Et certains évêques sont imprévisibles. On se souvient du gag de 2010, avec la participation à la Marche de Mgr Lebrun, l’évêque de Saint-Etienne, unique évêque à participer, alors qu’il ne faisait pas partie du comité de soutien. (En 2011, deux autres évêques sont venus. […])

Mais, fin 2008, au moment où quelques évêques commençaient timidement à soutenir la Marche pour la Vie, le cardinal archevêque de Paris, président de la conférence épiscopale, Mgr André Vingt-Trois, condamnait ouvertement cette manifestation: « Chaque pays a sa culture et sa manière de faire. Mais je n’ai pas remarqué que les défilés qui ont eu lieu à Madrid aient empêché grand-chose! Je peux me permettre de penser que, au moins sur le plan tactique, ce n’est pas la meilleure solution. Comme il s’agit de questions sérieuses et graves, je ne pense pas que l’objectif soit de pousser des cris: il faut travailler, contribuer au travail. Et si on est sérieux, on a des résultats et on est entendu. » On avait alors remarqué avec quel mépris le président de la conférence épiscopale s’exprimait: comme si « l’objectif » de la Marche était de « pousser des cris »… Dans la foulée, l’évêque d’Arras, Mgr Jaeger, avait publié un texte encore plus méprisant. Tout le monde sait que l’Eglise défend la vie depuis la conception, écrivait-il, il ne sert donc à rien de défiler dans les rues pour le dire, d’autant qu’on ne peut pas se contenter de dire non à l’« interruption volontaire de grossesse » (sic), il « faut montrer le pourquoi, le sens, le but et la manière du oui inconditionnel à la vie, jusque dans sa fragilité originelle et ultime, et c’est bien plus difficile et plus exigeant que de défiler! » Et pour ne pas montrer une Eglise « divisée », aucun évêque ne s’était publiquement exprimé en faveur de la Marche…

Cette époque est désormais dépassée :

Cette année, le changement est flagrant. Certains sites internet officiels de diocèses annoncent la Marche. Comme celui de Pontoise, qui en fait son gros titre de « une », ou celui de Versailles, qui suggère que « ce peut être l’occasion d’une démarche paroissiale ». Certains citent l’évêque, comme celui de Beauvais: Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, estime que cette marche est « l’occasion de rappeler la dignité de la vie naissante, mais aussi, d’une manière plus large, de rappeler que la vie humaine doit être au centre de la société, de l’entreprise, de l’économie ». Convaincu de l’impact d’un tel évènement, il ajoute que « l’efficacité de ce genre de manifestation est de montrer que, quelle que soit l’atmosphère sociale, le sujet de l’avortement n’est pas aussi consensuel qu’on veut bien nous le faire croire ». Sur le site du diocèse de Luçon, on a même un (bon) «Message de Mgr Castet aux Vendéens présents à la 8e marche pour la Vie ». Quant au site de la Conférence épiscopale, il annonce… la veillée de prière pour la vie qui « précède la Marche pour la Vie, le 22 janvier 2012 à Paris ». Cette annonce est mêlée à celle de la veillée de prière pour la vie qui aura lieu à Notre Dame de Paris le 22 mai « à l’invitation des 7 évêques d’Ile-de-France ». Il faut s’y reprendre au moins à deux fois pour faire la distinction et comprendre que celle du 21 janvier a lieu à Saint-François Xavier (car ce n’est pas dit, il faut cliquer sur l’affiche…). Le texte donne ensuite une citation de Mgr Vingt-Trois dans son discours de clôture de l’Assemblée plénière des évêques en novembre dernier, où il évoque les initiatives des évêques en matière de prière pour la vie « depuis plus de dix ans », évoquant les veillées du mois de mai, puis celles de la veille du premier dimanche de l’Avent, et il ajoutait: « Un certain nombre de chrétiens se joignent aussi à des manifestations non confessionnelles comme la Marche pour la Vie du mois de janvier. » Tiens donc. Il ne s’agit donc plus de défiler pour pousser des cris…

Mais il y a encore mieux que cette façon contournée d’annoncer la Marche. Il y a carrément, « A la une » du site de la Conférence épiscopale, un communiqué de son porte-parole Mgr Bernard Podvin, intitulé « L’Eglise défend la vie ». Certes, le communiqué… ne parle pas explicitement de la Marche pour la Vie du 22 janvier. Mais il vise à justifier le fait que « l’Eglise catholique organise des prières pour la vie » et que « de nombreux fidèles rejoignent également des marches pour la vie », et un lien en une renvoie à l’annonce de la veillée de prière précédant la Marche pour la Vie… Quelle signification ont ces prières et ces marches? « La réponse jaillit du coeur: il s’agit de sortir de son “petit soi” pour communier avec les autres à la cause la plus essentielle! Attester que la vie, dès sa conception, est un don ineffable, mais ô combien fragile. Répercuter dans l’opinion publique la réalité, trop souvent occultée, des traumatismes qui suivent un avortement. Refuser d’amalgamer dans les consciences le banal, le légal et le moral. (…) » On ne peut s’empêcher de penser que les évêques ont oublié « la cause la plus essentielle » pendant trois décennies, et que certains d’entre eux ont voulu dissuader les catholiques de manifester contre l’avortement… Mais on ne peut que saluer ce retournement, qui nous rend un peu moins orphelins dans l’Eglise qui est en France…

March for Life : deux émouvantes vidéos de Silent No More Awareness
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Le Père Pavone (à droite) avec des membres de Silent No More Awareness

Le Père Frank Pavone, qui demeure le directeur national des Priests for Life, assume aussi le ministère de conseiller spirituel de Silent No More Awareness, une organisation de chrétiens fondée par Priests for Life et Anglicans for Life, qui, depuis 2002, mène une campagne d’information sur les femmes qui regrettent avoir avorté. Le site de l’organisation, qui vient d’être entièrement remodelé, en offre près de 1 500 témoignages ! Ce prêtre vraiment emblématique du combat catholique pour la défense de la vie, signalait, dans un courriel du 18 janvier, que Silent No More Awareness serait présente et à la Walk for Life West Coast de San Francisco (Californie) d’hier 22 janvier, et le sera aussi aujourd’hui à la March for Life de Washington D.C. pour témoigner courageusement dans le défilé et sur les marches de la Cour suprême, de ce regret d’avoir avorté. Le Père Pavone signale deux vidéos qui sont à voir. La première (ci-dessous), montre des séquences prises au cours de ces marches, et la seconde (à aller voir ici), la chanson Silent No More produite par les Priests for Life. C’est vraiment à voir pour se mettre dans l’ambiance de ces journées magnifiques où des foules énormes portent l’espérance du jour ou le respect de la vie triomphera partout…

 

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Une bioéthicienne veut en finir avec la grossesse
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Anna Smajdor au premier plan
Source photo : progress.org.uk

Les fonds publics devraient servir à la recherche sur l’ectogenèse – la gestation en utérus artificiel – pour mettre fin à la réalité « barbare » de la grossesse et de l’accouchement. C’est ce que propose une « bioéthicienne » britannique reconnue, Anna Smajdor, pour qui c’est là la seule façon de mettre un terme aux inégalités entre hommes et femmes.

C’est l’idéologie du genre poussée à son paroxysme – mais en même temps il ne s’agit pas d’une proposition considérée comme aberrante ou extrémiste puisqu’elle s’exprime dans une revue universitaire de premier plan, le Cambridge Quarterly of Healthcare Ethics, et qu’elle émane d’un professeur d’éthique à l’université d’East Anglia.

Anna Smajdor soutient que la grossesse et l’accouchement sont si douloureux, si risqués et imposent tant de limites aux femmes sur le plan social qu’aucune société libérale ne devrait les tolérer.

Aujourd’hui l’utérus artificiel est de l’ordre de la science-fiction, affirme Anne Smajdor, mais il n’est pas impossible de le réaliser. Et il le faut, estime-t-elle :

« Le changement des structures financières et sociales peuvent bien améliorer les choses à la marge, mais il faut trouver une meilleure solution. Soit nous considérons les femmes comme des porteuses de bébés qui doivent subordonner leurs autres intérêts au bien de leurs enfants, ou bien nous devons admettre que nos valeurs sociales et notre niveau d’expertise médicale ne sont désormais plus compatibles avec la reproduction “naturelle”. »

Pour Anna Smajdor, la grossesse est un processus « barbare », rapporte l’excellent site australien BioEdge à qui j’emprunte cette information : une maladie comparable à la rougeole, fatale à l’occasion, mais qui ne dure pas neuf mois…

La chercheuse a bénéficié du soutien financier de la Wellcome Trust (la deuxième fondation mondiale pour la recherche médicale après celle de Bill et Melinda Gates) pour sa thèse de doctorat et pour co-réaliser un court-métrage sur la fécondation in vitro sur une femme scientifique qui, cherchant à échapper aux restrictions légales imposées à la recherche, en fécondant un de ses ovules à partir de sperme fabriqué avec sa propre moelle osseuse.

Le Dr Jean-Pierre Dickès a décidément raison d’annoncer que le véritable objectif de la procréation artificielle est de permettre de créer L’homme artificiel

© leblogdejeannesmits.

Douze évêques participeront à la Walk for Life de San Francisco
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La huitième Walk for Life, dite de la « côte Ouest », qui va sillonner demain les avenues de San Francisco, sera sans doute celle de tous les “records”. En effet, les organisateurs de cette marche pour la vie qui est, en quelque sorte, le “pendant” californien de la grande March for Life de Washington D.C. – les deux villes sont distantes de quelque 4 566 km ! – devrait rassembler plus de 50 000 militants pro-vie. En outre, et ce nombre est lui aussi sans précédent, douze évêques californiens y participeront : ils concélébreront une Messe d’envoi le matin en la cathédrale St. Mary of the Assumption à 9 h 30 du matin. Autour de l’archevêque de San Francisco Mgr George Niederauer, se retrouveront les deux auxiliaires de l’archevêché NN.SS. William J. Justice et Robert W. McElroy, ainsi que l’auxiliaire émérite de la cité de saint François, Mgr Ignatius Wang, et les évêques de diocèses suffragants de San Francisco – Mgr Salvatore Cordileone, évêque d’Oakland, Mgr Robert Vasa, évêque de Santa Rosa, Stephen Blaire, évêque de Stockton, Jaime Soto, évêque de Sacrameto, Mgr Thomas Daly, évêque auxiliaire de San Jose, Mgr Daniel Walsh, évêque émérite de Santa Rosa –, mais aussi de diocèses suffragants de l’archevêché de Los Angeles comme Mgr Rutilio del Riego, évêque de San Bernardino, ou Mgr Tod Brown, évêque d’Orange. Cette Walk for Life sera télévisée en direct par Eternal Word Television Network (ETWN) et radiodiffusée sur Immaculate Heart Radio (qui diffuse ses émissions en Californie, Arizona, Nevada, Nouveau Mexique et Utah).

Le Cardinal Vingt-Trois enterre les points non négociables
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Jean Madiran, dans Présent du 14 janvier écrit :

Le cardinal Vingt-Trois, entouré des prestigieuses signatures d’Isabelle de Gaulmyn, d’Anne-Bénédicte Hoffner et de l’exemplaire « homme politique chrétien » Etienne Pinte, nous annonce dans les pages 2 à 4 tout entières, pas moins, de La Croixdu 12 janvier que « les catholiques s’engagent dans la campagne ».

La nouveauté, c’est que le Cardinal refuse qu’il y ait dans cette campagne des « points non négociables », il les rejette en tant que « formule de l’épiscopat américain », rapporte Isabelle de Gaulmyn. C’est tout de même une trouvaille (herméneutique ?) d’enterrer les « points non négociables » comme étant une invention de… l’épiscopat américain ! Il ressort de ces pages 2 à 4 que notre épiscopat, dans cette campagne politique, encourage l’« engagement » et reconnaît le « pluralisme », mais qu’il entend montrer avec quoi et avec qui les valeurs de l’Evangile sont incompatibles.

On respire. Enfin ! L’Eglise de France va nous préciser clairement que les valeurs de l’Evangile sont incompatibles avec… Avec qui ? avec quoi ?

C’est pour énoncer cette précision que La Croix donne la parole à l’« homme politique chrétien », partisan du pluralisme et de l’engagement. Le verdict du porte-parole s’étale sur cinq colonnes, sur toute la largeur de la page :

« Les valeurs de l’Evangile sont incompatibles avec l’extrême droite. »

Avec l’extrême droite exclusivement. Aucune autre incompatibilité n’est mentionnée.

Il faut en conclure qu’il est compatible de voter pour un candidat favorable au crime de l’enfant à naître et à son remboursement, favorable à l’euthanasie, favorable à la manipulation des embryons humains, favorable à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, favorable à l’étatisation des écoles… C’est particulièrement grave. Le Cardinal Vingt-Trois est décevant.

Heureusement, la génération de catholiques qui se lèvent, et qui aiment le Pape, a bien compris qu’il y a des principes non négociables. Non-négociables car ils forment les piliers fondamentaux de la société. Et s’il l’on touche à ces piliers, c’est l’ensemble de la société qui s’effondre. C’est d’ailleurs ce qui se déroule sous nos yeux. Et ce n’est pas une invention américaine.

Exclusif : Santorum avait, en fait, battu Romney dans la primaire de l’Iowa !
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C’est une information d’importance, au plan électoral, qui vient de tomber voici quelques minutes. Le décompte certifié des voix, prononcé aujourd’hui même par le Parti Républicain de l’Iowa, montre que le catholique Rick Santorum avait battu de 34 voix le mormon Mitt Romney dans la primaire de l’Iowa qui s’est déroulée le 3 janvier dernier, alors que tous les organes d’information avaient indiqué, au contraire, que Romney l’avait emporté de 8 voix. Il semble que les résultats de huit bureaux de vote n’avaient pas été pris en compte. La conséquence est d’importance psychologiquement et politiquement pour Santorum même si cette primaire, la première de la campagne, est officiellement déclarée sans vainqueur…

Mgr Nourrichard soutient la Marche pour la vie
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J’apprends par Le Salon Beige que l’évêque d’Evreux se joint à la liste des évêques qui soutiennent la Marche nationale pour la vie de dimanche 22 janvier à Paris. Si Mgr Christian Nourrichard, que l’on a connu moins bien inspiré, se met à défendre publiquement les principes non négociables, c’est qu’il y a vraiment quelque chose qui est en train de changer dans notre épiscopat ! Verra-t-on le cardinal André Vingt-Trois accompagner les marcheurs sur le pavé parisien ? Il est permis d’y croire !

Etats-Unis : une cour d’appel annule une décision d’avortement et de stérilisation forcés
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Une cour d’appel du Massachusetts a annulé mardi la décision d’une juge qui avait ordonné la stérilisation forcée d’une femme schizophrène, actuellement enceinte de plus de cinq ou six mois, en même temps qu’elle donnait son feu vert pour l’avortement demandé par la famille pour leur fille qui s’y était opposée. La cour a estimé que la décision de la faire stériliser n’était demandée par personne et qu’elle résulte d’une initiative personnelle de la juge des affaires familiales, Christina L. Harms. Cela a dû être un des derniers jugements de celle-ci puisqu’elle est désormais à la retraite.

Le jugement de la cour d’appel est en ligne sous sa forme provisoire ici.

L’affaire fait grand bruit aux Etats-Unis dans la mesure où il s’agit, en tout état de cause, de rendre possible un avortement sur une malade mentale sans son consentement, point qui, lui, n’est pas contesté par la cour d’appel.

« Mary Moe », 32 ans, souffre de plusieurs maladies mentales : schizophrénie ou désordre schizo-affectif et trouble bipolaire. Son état de grossesse, était-il avancé, exigeait d’interrompre son traitement médical pour ne pas nuire à l’enfant à naître, avec des conséquences négatives sur le comportement de la jeune femme qui risquait de devenir encore plus déséquilibré ; toutefois, selon la cour d’appel, le psychiatre qui connaissait l’état de grossesse de « Mary Moe » avait estimé que « le risque associé à l’administration de médicaments à cette patiente est bien plus petit que celui lié à l’arrêt de leur administration ».

En tout cas ses parents avaient initialement réclamé au juge Harms de les établir comme gardiens (tuteurs) temporaires de leur fille afin de pouvoir se substituer à elle pour toute décision concernant sa grossesse sur laquelle ils entendaient faire constater qu’elle était « incompétente » à prendre quelque décision que ce soit. Et ainsi, obtenir le droit de demander qu’un avortement soit pratiqué sur « Mary Moe ».

« Incompétente » et schizophrénique, celle-ci est à l’évidence fortement perturbée par son état mais elle s’exprime clairement, et ce qu’elle exprime, c’est son refus absolu de l’avortement.

« Je ne ferais pas cela », a-t-elle déclaré au cours d’une audience de première instance – où elle avait également affirmé qu’elle n’était pas enceinte, qu’elle avait déjà rencontré le juge Harms (c’était inexact) et qu’elle avait déjà donné le jour à une petite fille prénommée Nancy, ce qui n’est pas davantage exact. Quoique…

Ce qui est vrai, c’est que « Mary Moe » est déjà mère d’un petit garçon, que ses parents à elle élèvent. Et qu’avant de donner le jour à ce garçon, elle avait déjà subi un avortement.

Et c’est là que l’affaire devient encore plus emblématique. Au vu des faits rapportés par le jugement, on se pose en effet des questions : on y apprend en effet que « Mary Moe » a subi sa première psychose aiguë à la suite de cet avortement. Après quoi elle croyait toujours que les gens la dévisageaient et disaient qu’elle avait tué son bébé. Selon le rapport du gardien qui lui a été assigné pour les besoins de la procédure, elle devient agitée et émotive lorsqu’elle part de sa grossesse qui s’est achevée par un avortement. Elle refuse tout soin et tout examen obstétrique.

Autrement dit – mais le jugement ne l’affirme pas – les plus graves désordres mentaux dont souffre « Mary Moe » pourraient bien être liés à un syndrome post-avortement… En tout cas, la question mérite d’être posée. Lui imposer un nouvel avortement, dans ce contexte, ne serait alors pas seulement criminel pour le bébé qu’elle attend, mais dramatique pour elle.

D’autant que « Mary Moe » se dit « très catholique » et répète qu’elle est contre l’avortement et ne voudrait jamais en subir un… A quoi ses parents répondent qu’elle n’est pas une « catholique active ».

Quoi qu’il en soit son « gardien ad litem » avait conclu en première instance que si « Mary Moe » était compétente pour prendre une décision à propos de son état elle aurait choisi de ne pas subir un avortement.

Sans entendre la jeune femme, précise l’arrêt d’appel, le juge Harms décidait que les éclaircissements apportés par le gardien n’étaient pas déterminants, ajoutant que si « Moe » était « compétente », elle « ne choisirait pas d’avoir des troubles délirants » et qu’elle « opterait donc pour l’avortement de manière à recevoir des médicaments qui ne lui pouvaient pas lui être administrés en raison de leurs effets sur le fœtus ». Le juge, rapporte encore l’arrêt d’appel, « désigna les parents de “Moe” comme co-gardiens et décida que celle-ci pouvait être “encouragée, soudoyée, ou même attirée… par ruse” dans un hôpital où elle serait sédatée pour subir l’avortement ». Le juge ajoutait de sa propre initiative que tout établissement de soins pratiquant ledit avortement devait stériliser « Mary Moe » afin « d’éviter que cette pénible situation ne se répète à l’avenir ».

La cour d’appel a estimé, citant la jurisprudence, que le droit de porter ou de concevoir un enfant est si personnel qu’il doit être « étendu à toute personne même incompétente ». Les juges ont estimé qu’en n’informant pas « Mary Moe » du projet de la faire stériliser et en ne donnant aucun détail écrit quant aux motifs de sa décision, le premier juge l’a privée de son droit. Cette partie du jugement a donc été annulée.

 

En revanche, les juges d’appel ont estimé qu’il était bien possible que « Mary Moe » soit incompétente pour prendre une décision à propos de sa grossesse, sur le seul fondement qu’elle niait sa grossesse. Et si c’est le cas, il appartiendrait au juge de rechercher à sa place quelle décision elle aurait prise si elle était compétente, et de la respecter, même si elle était imprudente ou stupide.

L’ordre de pratiquer l’avortement sur la jeune femme a donc été annulé, l’affaire est renvoyée devant un autre juge afin de permettre de mieux connaître les circonstances concrètes et la volonté réelle de « Mary Moe », ainsi que l’éventuelle viabilité de l ‘enfant qu’elle porte, la protection de la santé de la jeune femme étant confiée à ses parents en tant que gardiens. Mais les juges d’appel ont lourdement insisté sur les droits des personnes souffrant de maladie mentale dans le domaine de la procréation et ont souligné qu’il s’agit avant tout de savoir ce que « Mary Moe » souhaite – et ça, c’est assez clair.

Selon des spécialistes cités par le Boston Globe, cette affaire pourrait bien être une sorte de pointe de l’iceberg parmi des cas concernant des femmes enceintes et souffrant de maladie mentale, soulignant que dans ce cas précis les juges étaient allés très loin dans la protection des droits de la jeune femme.

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Le Pape invite les évêques à participer à la Marche pour la vie
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Nouvelles de France a publié le message du Nonce apostolique, à la demande de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, destiné au Collectif organisant la Marche pour la vie. Ce texte précise que

tout le monde sait le prix que l’Église catholique attache à la vie humaine et l’estime qu’elle nourrit pour ceux qui prennent sa défense par des moyens légitimes, comme le Saint-Père l’a affirmé dans le message qu’il a fait transmettre à l’occasion de la Marche pour la vie du 23 janvier dernier.

Ce que le Pape a dit alors vaut aussi pour les autres actions de ce genre, quels que soient les organisateurs, sans multiplier les messages pontificaux ou même les rencontres avec des personnalités du Saint-Siège ou des Représentants pontificaux. La doctrine de l’Eglise et les paroles du Saint-Père à ce propos sont claires et souvent réitérées. C’est avec les évêques diocésains qu’il convient d’entretenir un dialogue et une collaboration à ce sujet.

Depuis quelques années, les évêques français sont de plus en plus nombreux à soutenir cette manifestatio. En 2008, la marche revendiquait le soutien de 6 évêques français. Ils sont aujourd’hui plus d’une vingtaine, parmi lesquels 3 se sont déjà joints aux manifestants.

Plus discret, l’archevêque de Paris, le cardinal Vingt-trois, a récemment fait allusion à la Marche pour la vie dans son discours de clôture de l’Assemblée plénière des évêques à Lourdes en déclarant :

un certain nombre de chrétiens se joignent aussi à des manifestations non-confessionnelles comme la Marche pour la Vie du mois de janvier.

Alors combien d’évêques viendront accompagner leurs fidèles dimanche sur le pavé parisien ?

C’est le Christendom College qui ouvrira la 38ème March for Life de Washington
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Le Christendom College ouvrant la March for Life de 2009

C’est un grand honneur qui échoit, cette année encore, au Christendom College de Front Royal (Virginie), puisque les organisateurs de la 38ème March for Life de Washington D.C., qui se déroulera le lundi 23 janvier dans la capitale fédérale – et où, si Dieu le veut, je serai cette année –, ont accordé à ce remarquable établissement d’enseignement supérieur catholique, d’ouvrir le cortège ! C’est la quatrième fois que le Christendom College est ainsi distingué depuis sa création en 1977 : il ouvrit déjà la marche de cette marée humaine – des centaines de milliers de manifestants – en 1984, 1988 et 2009.

Depuis sa fondation, le Christendom College, qui compte un peu plus de 450 étudiants, participe à toutes les March for Life chaque 23 janvier (jour anniversaire de l’arrêt Roe v. Wade de la Cour suprême des États-Unis, de 1973), l’établissement accordant une journée de congé à ses étudiants qui seront cette année tous à la marche et accompagnés de nombreux enseignants et membres de l’administration. Il est à signaler que les étudiants du Christendom College se relaient chaque semaine pour aller prier devant un avortoir de la capitale fédérale.

Le thème de la marche de cette année est : « Unissons-nous sur les principes de la vie pour renverser Roe v. Wade et, dans l’amour, protégeons les mamans et les enfants à naître. Sans exception ! Sans compromis ! ».

Désinformation autour de Benoît XVI et du « mariage » gay ? Je ne crois pas, non…
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Alors là, pour une fois, je ne suis pas d’accord avec benoît-et-moi ! C’est assez rare pour que je le relève…

L’histoire commence lors de des vœux de Benoît XVI au corps diplomatique ; il annonce que « les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l’avenir même de l’humanité ». Comme il venait d’affirmer qu’il évoquait la famille « fondée sur le mariage d’un homme avec une femme », la presse internationale a affirmé qu’il condamnait le mariage homosexuel, voire qu’il le condamnait de manière virulente, partant d’une dépêche de Reuters.

C’est le Guardian de Londres qui le premier a dénoncé une « mystification », assurant que Benoît XVI n’avait jamais prononcé les mots « mariage homosexuel ».

L’Osservatore Romano a repris l’article dans sa version anglaise. On y lit que Benoît XVI a bien parlé du « mariage entre un homme et une femme » et qu’il affirme que « les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l’avenir même de l’humanité ». Cela ne revient pas à dire, assure l’article signé Andrew Brown, que le mariage gay est la plus importante d’entre elles, et il souligne que le pape dénonce aussi l’avortement dans ce contexte : « Plus généralement, en regardant surtout le monde occidental, je suis convaincu que s’opposent à l’éducation des jeunes et par conséquent à l’avenir de l’humanité, les mesures législatives qui non seulement permettent, mais parfois même favorisent l’avortement… », dit-il.

Radio Vaticana en langue française a repris la même idée, parlant d’une « imposture » qui a fait « le tour de la planète ».

Benoît-et-moi reprend la thèse de la « mystification », ce que je m’apprête à contester, mais non sans souligner combien justes sont ses propos sur les accusations d’« homophobie » à l’égard du Pape sont ineptes.

J’observe cependant que dans les propos du Pape il est deux fois question de l’avenir de l’humanité menacé : une fois il s’agit des lois d’avortement et des mesures favorisant celui-ci, en ce qu’elles « s’opposent à l’éducation des jeunes », et l’autre, chronologiquement la première, vise « les politiques qui portent atteinte à la famille ».

Le pape parlait de la famille comme « lieu d’éducation », l’éducation des jeunes étant présenté comme un « thème crucial » qui engage « l’avenir de la société ».

Puis il disait : « Outre un objectif clair, comme est celui de conduire les jeunes à une connaissance pleine de la réalité et donc de la vérité, l’éducation a besoin de lieux. Parmi ceux-ci figure en premier la famille, fondée sur le mariage d’un homme avec une femme. Il ne s’agit pas d’une simple convention sociale, mais bien de la cellule fondamentale de toute société. Par conséquent, les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l’avenir même de l’humanité. »

Qu’est-ce qui menace donc l’avenir de l’humanité ? On peut penser au divorce, éventuellement à la polygamie, au refus de la vie, aux politiques fiscales défavorables à la famille, pourquoi pas aux problèmes de logement rencontrés par les familles et à la politique de l’enfant unique… (Un peu plus loin le Pape précisera que la famille à laquelle il pense est le lieu de « l’ouverture à la vie ».) Aucun de ces fléaux n’est pourtant mentionné expressément.

En revanche la définition du mariage comme étant entre un homme et une femme est tout aussi explicite qu’elle devrait, en bonne logique, être superflue, car il ne peut y avoir de mariage réel qu’entre un homme et une femme. Prétendre qu’il puisse en être autrement relève d’une construction intellectuelle si récente que bien des législations ne prennent pas la peine de définir le mariage comme n’existant qu’entre un homme et une femme, tellement cela va de soi.

Donc, Benoît XVI dirige les regards, à quelques bouts de phrase de sa mise en garde sur l’avenir de l’humanité, vers le mariage entre un homme et une femme, par opposition au mariage différent dont tout le monde sait qu’il fait l’objet d’un lobbying acharné et déjà réussi en maints endroits.

Il n’a pas prononcé les mots « mariage gay » ou « mariage homosexuel » ? Certes. Mais vu la logique du texte, il est difficile de prétendre que Benoît XVI ne le visait pas, il le visait au moins autant, et même davantage si l’on analyse simplement la suite des mots, que d’autres formes de politique qui en effet, « portent atteinte à la famille », en tant que lieu d’éducation des jeunes oui, mais encore plus en tant que « cellule fondamentale de toute société »

La nature et la source des démentis me font plutôt penser aux réactions affolées des « communicants » du   Vatican lors de l’affaire de Recife ou celle du préservatif, il y a quelques années. Le Pape ou les évêques peuvent dire ce qu’ils veulent, en somme, à condition de ne pas heurter de front tel ou tel tabou moderne ni de passer pour des accusateurs ou des jeteurs d’anathème.

Cela veut-il dire qu’on n’a plus le droit d’affirmer avec force le caractère aberrant et même dangereux de la légalisation d’un « mariage » qui n’en est pas un, sous peine de passer pour un persécuteur des homosexuels ? Pourquoi confondre le respect des personnes et la mise en place de fictions juridiques qui ont pour effet de vider de son sens le mariage légitime avec ses fins, ses objectifs, ses droits et ses devoirs propres auxquels les couples homosexuels n’ont pas le potentiel de se conformer ?

Rappelez-vous, le procès que l’on fit à Christian Vanneste portait sur cette même logique.

Divorce, polygamie, etc, qui sont de grands fléaux, portent atteinte à la dignité humaine et ne créent pas l’environnement idéal pour les jeunes et leur éducation ; mais ils ne menacent pas directement à l’avenir de l’humanité en permettant aux moins à des enfants de voir le jour.

Sans ingénierie ou recours à des tiers donneurs, porteurs et compagnie, le couple homosexuel, lui, ne peut être fécond et il ne le serait que par fiction. Il ne s’inscrit pas dans les lignées humaines, il en sort volontairement. Les Saintes Ecritures emploient à son égard un langage bien plus vert…

J’en viens à me demander si, subtilement, le message du Guardian ne visait pas à l’origine à suggérer que pour le Vatican et pour le Pape, le « mariage » homosexuel n’est pas si grave que ça, et à accréditer l’idée que toute dénonciation forte de son institutionnalisation est en soi non seulement inacceptable, mais encore impardonnable et même impensable.

Il me semble qu’il faut se garder de tomber dans ce panneau.

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19 évêques diocésains soutiennent la Marche pour la vie
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Parmi les membres du comité de soutien appelant à manifester à Paris le 22 janvier (14h30 Place de la République) contre l’avortement et pour la vie, on trouve :

– 17 évêques actuellement à la tête d’un diocèse

– 2 évêques auxiliaires

– 8 évêques émérites

Les 18 évêques diocésains et auxiliaires sont les suivant :

  • Mgr Aillet, Diocèse de Bayonne
  • Mgr Aubry, Diocèse de Saint Denis de la Réunion
  • Mgr Aumonier, Diocèse de Versailles
  • Mgr Bagnard, Diocèse de Belley-Ars
  • Cal Barbarin, Diocèse de Lyon
  • Mgr Batut, auxiliaire de Lyon
  • Mgr Breton, Diocèse d’Aire et Dax
  • Mgr Castet, Diocèse de Luçon
  • Mgr Cattenoz, Diocèse d’Avignon
  • Mgr Centène, Diocèse de Vannes
  • Mgr Delmas, Diocèse d’Angers
  • Mgr Benoit-Gonin, Diocèse de Beauvais, Noyon et Senlis
  • Mgr Jacolin, Diocèse de Mende
  • Mgr Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg
  • Mgr Lebrun, Diocèse de Saint Étienne
  • Mgr Le Saux, Diocèse du Mans
  • Mgr Perrier, Diocèse de Tarbes-Lourdes
  • Mgr Ravel, Diocèse aux Armées
  • Mgr Rey, Diocèse de Fréjus-Toulon

Si votre évêque n’est pas dans cette liste, n’hésitez pas à le solliciter pour qu’il apporte son soutien à cette cause non-négociable. En cette année électorale, il devrait y avoir le soutien de la centaine d’évêques de France.

Par ailleurs, l’année dernière, 3 évêques avaient participé à cette Marche : Mgr Aillet, Mgr Bagnard et Mgr Lebrun. Les deux premiers ont déjà déclaré qu’ils viendraient. Mgr Rey est empêché, mais il envoie son vicaire à la tête d’une délégation diocésaine. Vous aussi, invitez votre évêque à se joindre à vous pour cette marche.

Une militante pro avortement invitée à donner une conférence dans une université jésuite
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La Cardinal Newman Society, cette indispensable association qui se bat pour que les établissements catholique d’enseignement supérieur soient fidèles à l’enseignement de l’Église, a dénoncé, le 6 janvier, une nouvelle et grave entorse à l’orthodoxie d’une université jésuite – encore une !

Les évêques américains interdisent aux établissements d'enseignement catholiques d'offrir des tribunes aux défenseurs de l'avortement…

La University of Scranton, une université jésuite de Pennsylvanie, recevra, en effet, le 28 janvier, Marjorie Margolies-Mezvinsky, dans le cadre d’un cycle interuniversitaire destiné à préparer les jeunes filles à devenir candidates à des mandats électifs. Marjorie Margolies-Mezvinsky, qui sera l’orateur principal de cette session, fut député démocrate à la Chambre des Représentants de 1993 à 1996. Bien que mère de quatre enfants – dont l’un, Marc Mezvinsky, a épousé Chelsea Clinton –, et en ayant adopté sept autres, cette femme politique et universitaire de confession juive, est une militante des « droits de femmes » très active dans la lutte pour les « droits à la santé reproductive » (mot codé pour « avortement ») des femmes. Elle mena un combat législatif contre l’Amendement Hyde, qui limite en partie l’accès à l’avortement, fut l’initiatrice de la loi dite Abortion Clinic Access Bill visant à interdire la présence des militants pro-vie devant les avortoirs, et dirigeante du Women’s Campaign Fund, un comité d’action politique destiné à faire élire des femmes « défendant les droits à la santé reproductive »…

Sommé de s’expliquer sur cette invitation, la University of Scranton s’est défendu mollement en soulignant que la présence de cette dame s’inscrivait dans un programme « non partisan, destiné à encourager les femmes à se présenter aux fonctions électives »…

Comment une université jésuite peut-elle accorder son patronage à une personne si impliquée dans la culture de mort aux États-Unis ? Et pourquoi le diocèse de Scranton est-il, pour l’heure, muet sur ce scandale ?

Santorum et Romney sont d’accord sur un point : il faut abolir Roe v. Wade
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Intéressantes déclarations des deux principales figures des primaires Républicaines américaines  – le mormon Mitt Romney, favori de la course à l’investiture, et le catholique Rick Santorum, surprenant “outsider” – lors d’un débat, samedi soir, qui a précédé la primaire du New Hampshire remportée haut la main par RomneySantorum, arrivé cinquième, ayant déclaré vouloir consacrer ses efforts à la primaire de Caroline du Sud (21 janvier).

Samedi soir, dans un débat organisé par ABC News, Yahoo et WMUR-TV, répondant à une question confuse d’un des modérateurs, Mitt Romney a déclaré : « Est-ce que j’estime que la Cour suprême devrait renverser Roe v. Wade ? Oui, je l’estime ».

De son côté, Santorum a déclaré : « Je suis pour le renversement de Roe v. Wade » dénonçant cet arrêt du 22 janvier 1973 de la Cour suprême dont les juges « ont créé, dans un halo juridique, un nouveau droit à l’intimité qui n’était pas dans la Constitution. Je n’estime pas qu’existe un droit dans ce pays, dans la Constitution, à supprimer une vie. Je ne le crois pas, je ne crois pas que nos fondateurs l’aient envisagé. Je ne pense pas qu’on trouve un mot dans la Constitution qui l’autorise ».

« Redimensionner » la loi d’avortement : le Patriarche de Lisbonne se réveillerait-il ?
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Le cardinal patriarche de Lisbonne, D. José Policarpo, a déclaré aujourd’hui à Fatima lors d’un échange avec la presse que la loi d’avortement en vigueur au Portugal depuis 2007 pourrait être « redimensionnée » pour répondre à la demande d’un mouvement de laïcs. Il a expliqué aux journalistes que le conseil permanent de la Conférence épiscopale, dont la réunion venait de s’achever, s’était précisément penché sur « la demande d’un groupe que réfléchit et se mobilise pour que les questions liées à la vie ne sombrent pas dans l’oubli ».

Le Patriarche a ajouté que ce n’est pas seulement l’Eglise catholique qui doit se mobiliser : « Il est important que ces mouvements soient des mouvements civiques élargis, je pense que ce n’est pas le moment de faire croire à la société que seule l’Eglise se préoccupe des questions de la vie. »

Il a souligné qu’aujourd’hui la violence est en train de s’installer dans la société portugaise et que celle-ci a grand besoin de « respecter les enfants ».

L’agence d’informations officielle de l’Eglise du Portugal, Agencia Ecclesia, hébergée sur le site de la Conférence épiscopale, rend compte de ces propos en donnant des informations et des liens sur l’initiative lancée par la « commission pour le référendum Vida » qui cherche à recueillir 75.000 signatures en vue d’imposer un référendum d’initiative populaire. Cette initiative vise l’interdiction de l’avortement à la demande et de l’euthanasie par l’inscription dans la loi de la « garantie de l’inviolabilité de la vie humaine, depuis le moment de la conception jusqu’à la mort naturelle ».

C’est une initiative purement laïque – et elle devrait, à ce titre, plaire au cardinal-patriarche.

Mais le simple fait qu’il l’évoque – fût-ce de manière indirecte – est déjà une nouveauté. Le fait de dire que l’avortement n’est pas une question religieuse n’en exonère pas non plus le monde religieux…

Justement, les initiateurs « Pro Referendo Vida » s’étaient plaints amèrement de ce que la hiérarchie catholique n’ait rien fait, ni pour annoncer leur action, ni pour remettre la question de l’avortement sur le tapis. Ils ont même publié une « Lettre aux leaders religieux », dont je vous propose ma traduction.

Messieurs les évêques, prêtres, pasteurs, rabbins, imams, sheikhs,

Les 70.000 victimes de l’avortement nous appellent comme cet homme attaqué par des brigands alors qu’il descendait de Jérusalem, et qui vit passer un lévite et un prêtre… en attendant qu’un bon Samaritain s’arrêtât et s’approchât. Si nous ne faisons rien, d’ici à quelques mois, en plein « été chaud », peu sont ceux qui se souviendront de ce que le nouveau Premier ministre a promis un jour de favoriser une initiative de citoyens tendant à revoir la législation sur l’avortement, par voie de référendum. C’est pourquoi la question est urgente ; elle s’impose de façon catégorique à la conscience de chacun d’entre nous qui un jour avons brandi bien haut l’étendard de la cause de la Vie ; nous allons nous accrocher à la parole de Pedro Passos Coelho – par laquelle Paulo Portas est également liée aux termes de l’accord PSD/CDS-PP « majorité pour le changement » – ou alors faut-il accepter que 20.000 bébé portugais continuent de mourir à chaque nouvelle année qui passe ?

Beaucoup d’ennemis de la cause de la Vie se sont beaucoup efforcés de faire accréditer l’idée selon laquelle la « libéralisation de l’avortement » n’est pas « une question religieuse ». A en juger d’après la confusion qu’ils ont semée parmi les croyants, particulièrement les chrétiens, il semblerait qu’ils soient assez largement parvenus à leurs fins. Ainsi, au long des quatre dernières années nos impôts ont été utilisés pour tuer plus de 70.000 bébés et par conséquent, et pour nous cela ne sera jamais une « question close ». En même temps il est évident que sans la « conspiration active » de l’Eglise catholique d’autres institutions religieuses de notre pays, il serait impossible de réunir les 75.000 signatures nécessaires pour la convocation d’un référendum.

Récemment, la chambre basse du Parlement de Pologne a approuvé une pétition populaire, soutenue par les évêques polonais, visant à la protection intégrale de la vie humaine depuis la conception. Encouragés par cette victoire de la cause de la vie, les croyants portugais viennent auprès de leurs chefs spirituels pour solliciter leur bénédiction pour la campagne qui commence aujourd’hui en vue de la convocation d’un référendum national exigeant une législation qui garantisse l’inviolabilité de la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.

Peut-on espérer un vrai changement d’attitude des évêques portugais ? La question se pose au vu de l’autre info sortie aujourd’hui à la suite de la conférence de presse du Patriarche de Lisbonne. Invité à réagir à la colère de beaucoup de Portugais et des recteurs de deux sanctuaires nationaux devant le projet du gouvernement, au nom de la rigueur, de supprimer le jour férié du 15-Août, D. José Policarpo s’est contenté de déclarer qu’il s’agit là d’une compétence de l’Etat au nom du Concordat de 2004.

« Ce que l’Eglise a négocié avec l’Etat est aussi simple que cela : l’Etat portugais ne s’est engagé que pour les dimanches.  » Si les motifs de contentement sont nombreux, a-t-il dit, l’Eglise ne dispose pas d’« arguments juridiques » pour imposer autre chose : les autres fêtes relèvent d’« accords ». « Je conseillerais aux personnes qui se sont manifestées de lire le Concordat, où cette question est très claire. »

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Primaire du New Hampshire : CatholicVote diffuse un message auprès de 130 000 foyers pour Rick Santorum
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Danielle Bean

Aujourd’hui se déroulent les “primaires” républicaines dans le New Hampshire, un petit État du nord-est des États-Unis. Avec le décalage horaire, nous n’en connaîtrons les résultats que demain matin à Paris. Ils seront importants pour savoir si l’ancien sénateur Rick Santorum se maintient toujours dans le “tiercé” de tête des candidats à l’investiture du Parti Républicain. Mais Santorum est très réservé sur le score qu’il pourrait obtenir dans cet État très “labouré” depuis des années par Mitt Romney : il « aurait de la chance » s’il terminait troisième, quant à être le deuxième, alors « le rêve deviendrait réalité» déclarait-il hier à John Gizzi pour Human Events. Pour “peser” dans ce scrutin, CatholicVote, qui a pris fait et cause pour l’ancien sénateur de Pennsylvanie, a fait diffuser un message téléphonique à 130 000 foyers de l’État, qui a été enregistré par Danielle Bean, une maman catholique de huit enfants et auteur connu aux États-Unis, rédactrice en chef des publications catholiques Faith & Family et Catholic Digest (voyez son blogue personnel ici). Voici le texte du message qu’elle a enregistré pour soutenir Rick Santorum :

« Mon nom est Danielle Bean et je vis à Center Harbor [New Hampshire]. Je vous appelle parce que je suis préoccupée. Quelque chose manque dans notre pays. Personne ne parle de la famille, et nous avons besoin qu’on le fasse. Nous avons besoin qu’on aborde cette question de front. Il n’y a qu’un seul candidat qui parle du caractère sacré de la vie et de l’importance de la famille : Rick Santorum. Le sénateur Rick Santorum est des nôtres, et il se battra pour nous. Ne manquez pas de voter ce mardi. Vraiment, c’est très important. Et, je vous en prie… votez pour Rick Santorum. Je suis membre de CatholicVote qui a financé cet appel. Nous agissons indépendamment de toute campagne et de tout comité électoral. »

CatholicVote envisage de réaliser et de diffuser, comme publicité commerciale, une petite vidéo de soutien à Rick Santorum en prévision de la primaire qui se déroulera en Caroline du Sud le 21 janvier.

Un nouveau sondage montre les progrès de Santorum chez les électeurs Républicains des primaires
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Autant vous prévenir tout de suite ! Le blogue Americatho a l’intention de suivre avec constance les “primaires” du Parti Républicain, et plus spécialement la candidature du catholique Rick Santorum qui m’apparaît, parmi tous les candidats encore en lice, celui qui incarne le mieux les « points non négociables » que l’Église enseigne.

Un dernier sondage réalisé pour CBS News, mené du 4 au 8 janvier et rendu public hier, semble montrer que si, parmi les électeurs Républicains des primaires, Mitt Romney est encore celui qui a la faveur d’une majorité relative d’entre eux avec 19 % des intentions de vote (contre 20 % lors du dernier sondage CBS News du 11 décembre – moins 1 %), et que Newt Gingrich arrive en deuxième place avec 15 % des intentions de vote (contre 20 % le 11 décembre : moins 5 %), Rick Santorum est en pleine ascension avec 14 % des intentions (contre 3 % le 11 décembre : plus 11 % !).

Si Romney obtient les faveurs des Républicains modérés, des femmes et des électeurs du GOP qui ne soutiennent pas le Tea Party, Santorum obtient celle des évangéliques et des électeurs les plus conservateurs du GOP, et semble attirer désormais vers sa candidature une bonne partie des militants du Tea Party plutôt favorables à Newt Gingrich voici peu.

S’agissant de savoir lequel des candidats représente le mieux les valeurs du GOP selon ces électeurs des primaires du GOP, Santorum est en tête avec 22 % des opinions (plus 17 % par rapport au 11 décembre), suivi de très près par Romney avec 21 % des opinions, Gingrich étant en troisième position avec 14 %.

Rick Santorum et sa famille (photo prise en mai 2011)
Un évêque espagnol accusé de justifier le viol sur les femmes ayant avorté
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« Violez les femmes qui ont avorté, elles le méritent ! » Un archevêque espagnol « légitime le viol » ! L’internet francophone a trouvé une nouvelle tête de Turc, l’archevêque de Grenade, qui aurait affirmé cela lors de son homélie de Noël 2011.  « L’info » ne cesse d’enfler sur les blogs après avoir fait le tour du web hispanophone et d’autres, où je l’avais vue passer il y a quelques jours. Trouvant que le récit avait quelques lacunes suspectes j’étais allée vérifier. En fait, les paroles de Mgr Javier Martinez remontent à plus de deux ans, très précisément au 20 décembre 2009 et à l’homélie qu’il fit pour le dernier dimanche de l’avent de cette année-là. Je laissai tomber.

Mais comme me le signale un lecteur suisse de ce blog – que je salue bien amicalement ! – l’affaire commence à prendre une ampleur insupportable.

Et même doublement. En premier lieu pour souligner à quel point internet peut colporter des âneries, chacun se contentant de propager ce qu’on lui dit de répéter, dans une chaîne de rumeurs aux dimensions inédites. Toujours vérifier !

Et deuxièmement, pour vous proposer de nouveau le texte. Le vrai texte de Mgr Javier Martinez – ou en tous cas de larges extraits, traduits depuis la version originale qui est toujours en ligne ici sur le site officiel des évêques du sud de l’Espagne. Quand je dis « de nouveau »… Eh bien oui, j’avais traduit une partie de cette homélie qui dès janvier 2010 avait mobilisé plus de 10.000 opposants sur Facebook accusant le prélat « d’apologie publique de la violence de genre » : la page est toujours active.

Mon article de réplique remonte à exactement deux ans, puisque je l’avais publié le 8 janvier 2010 (j’en avais un souvenir brumeux). Il est toujours accessible ici.

On ne doit juger de cette affaire qu’en ayant lu ce que Mgr Martinez a réellement dit, et dans quel contexte, alors que la campagne de diffamation ne cesse d’absurdement enfler. J’ai apporté à la traduction que je publiai alors quelques corrections d’après la vidéo de l’intervention de Mgr Javier Martinez publiée le 10 janvier 2010 par HazteOir.

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Il est clair, surtout après avoir écouté le prélat, et entendu la manière dont il a prononcé les paroles qu’on lui reproche, le rythme de sa phrase, que même le site des évêques, Odisur, cité le 22 décembre 2010 par elcorreoweb.es, les a interprétées de manière inexacte. On pouvait y lire une mise au point qui disait ceci : « L’archevêque se référait au fait que si la mère est capable de tuer son propre enfant, alors l’homme a autorité absolue pour faire ce qu’il veut d’elle et de son corps. »

Voici les paroles de l’archevêque :

Combien de péchés existe-t-il dans l’histoire chrétienne, péchés bien visibles ! Tangibles ! Combien de crimes et d’assassinats… On ne cesse de nous les jeter à la figure, comme si nous en avions honte. Mais nous ne les cachons pas ! Ce qui surprend, ce n’est pas le péché ni le scandale. Ce n’est pas le fait que le monde soit monde qui nous surprend. Ce qui surprend, c’est la sainteté – et l’Eglise a toujours été emplie de sainteté, et elle continue de l’être aujourd’hui. Ce qui provoque la surprise, la stupeur, l’étonnement, et en même temps le désir de participer à sa lumière et sa grâce, c’est la sainteté.

Mais que produit un monde sans Dieu ? Ce que produit notre monde : désespérance, tristesse, une dévalorisation chaque jour plus radicale. Peu d’images de l’histoire sont plus tristes que celle qui nous a été offerte par nos parlementaires applaudissant ce qui a fni par se transformer en droit : tuer des enfants dans le sein de leur mère. Et on ose appeler cela un progrès ? On promulgue une loi qui va mettre des milliers de professionnels (médecins, infirmières…), surtout eux, dans des situations très voisines de celles que durent affronter les médecins ou les soldats sous le régime de Hitler ou de Staline, ou dans n’importe laquelle de ces dictatures qui existèrent au XXe siècle et qui ont réellement établi la légalité d’autres crimes, moins répugnants que le crime de l’avortement. Parce que c’est affaire de lâches que de tuer le faible. Il y eut au Moyen Age – ce magnifique Moyen Age que personne n’ose rappeler car cela non plus n’est pas politiquement correct – un ordre militaire chrétien dont les chevaliers faisaient serment de ne jamais combattre moins de deux ennemis à la fois, parce qu’il n’était pas digne d’un chevalier chrétien de se battre d’égal à égal avec un non chrétien.

J’appelle cela du courage. Le monde peut qualifier cela de stupidité… Mais tuer un enfant sans défense ! et que ce soit sa propre mère qui le fasse ! Cela donne à l’homme une licence absolue, sans limites, d’abuser du corps de la femme parce que la tragédie, c’est elle qui devra la porter, et elle la porte comme si c’était un droit : le droit de vivre toute sa vie accablée par un crime qui laisse toujours des blessures dans la conscience et auquel ni les psychologues, ni les psychiatres, ni aucune technique pour s’évader, ou pour faire son deuil, n’apportent le moindre remède. Il n’existe qu’un seul médicament pour ce crime : le pardon, médicament que nous chrétiens sommes seuls à connaître. Un médecin qui aurait pratiqué des centaines d’avortements – il y en a… – et qui un jour, tomberait à genoux, rempli de tristesse par sa propre mesquinerie humaine, serait embrassé par le Seigneur. Une adolescente trompée par le garçon qui aurait abusé d’elle, ou par ses parents, ou par l’image qu’elle a d’elle-même, trouvera toujours dans l’Eglise un foyer, une famille, et sa mère.

(…)

Chers frères, le monde est dans les ténèbres, et un tel monde est acculé à la violence et au péché, aux abus des hommes par d’autres hommes. Ce permis de tuer n’est qu’un premier pas vers la perte de la liberté dans notre société, le premier pas – gravissime – annonçant que nous sommes déjà dans une nouvelle et épouvantable dictature – épouvantable ! – et que la liberté est une parole creuse, puisque l’Etat a le pouvoir de décider pour quoi nous sommes libres et pour quoi non, de décider qui a le droit de vivre et qui non, ce qui doit se trouver dans nos conciences, comment il faut appeler les choses, comment doivent être nos relations humaines, y compris les plus intimes, ce qui est et ce qui n’est pas un mariage. Ce n’est pas une dictature, finalement, non, mais le genre d’autoritarisme tyrannique des sociétés primitives. Et nous laissons cela se mettre en place avec une effarante tranquillité, nous consentons sans nous émouvoir parce que le show must go on, parce que la consommation et la fête doivent se poursuivre? Aujourd’hui c’est la fête, personne ne sait pourquoi.

Car si l’on célébrait vraiment, si l’on avait réellement conscience de ce que signifie le fait que le Christ est né, il serait impossible de ne pas vivre ces fêtes avec un cœur dilaté et simple, où il n’y a quasiment besoin de rien dépenser, où il faut seulement de l’amitié et l’affection des uns pour les autres, des cadeaux aussi simples et qui n’ont pas de prix que le fait d’être proches ou de jouer davantage avec ses enfants. Que le Christ soit né signifie que toute vie est sacrée, non seulement depuis sa conception, mais de toute éternité. Nous avons été aimés et voulus par Dieu, avant ême la naissance de nos parents. L’homme n’est pas au dessus de Dieu. Il peut détruire son œuvre, comme nous pouvons détruire ce monde ou des millions de vies avec la bombe atomique, mais la blessure que cela laisse en nous, dans nos frères et dans la terre, la régression que cela signifie pour l’humanité en tant qu’humanité, en tant qu’êtres capables d’utiliser leur raison, la liberté et l’amour qui nous distinguent par rapport aux autres espèces animales, est énorme. C’est l’humanité qui régresse avec ce génocide silencieux auquel nous sommes conviés, et qu’aujourd’hui on promeut, un génocide imposé à certains professionnels comme s’il s’agissait d’une obligation – je le répète, le même type d’obligation que celle imposée aux officiers dans les camps de concentration d’Auschwitz et Buchenwald et contre laquelle ils ne pouvaient se rebeller parce que les ordres venaient d’en haut.

Nous n’avons besoin de nous battre avec personne, nous devons seulement bien célébrer Noël, l’Eucharistie. Nous devons seulement être ce que nous sommes, exprimer cette vérité : parce que le Christ est né, toute personne, depuis le vieillard dément et sénile le plus humble et pauvre jusqu’au garçon difforme, est l’image vivante de Dieu qui s’est livré pour nous pour nous sauver du péché et du désespoir.

Et voici mon interprétation, simple étude de texte qui se veut honnête :

Mgr Javier Martinez vient d’expliquer que l’avortement est devenu un droit en Espagne. Tuer son propre enfant est devenu un droit en Espagne. Et c’est cela qui « donne à l’homme une licence absolue » d’abuser du corps de la femme, c’est-à-dire de l’utiliser comme un objet, parce que la possibilité du recours à l’avortement l’exonère de toute responsabilité à l’égard de la femme, et de l’enfant qui pourra naître. Ce qui pour lui n’aura été qu’un passe-temps, c’est la femme et elle seulement qui en portera le poids. La femme sera acculée à se débarrasser de cet enfant parce qu’après tout c’est un « droit » et donc un « bien », et la femme seule, pas l’homme, qui devra vivre avec cette tragédie inscrite dans sa chair.

…En cherchant un peu plus loin je découvre à l’instant une mise au point de Mgr Javier Martinez lui-même, publiée le 12 janvier 2010 par HazteOir. Non sans dénoncer et récuser tous les « mauvais traitements, la violence physqiue, verbale ou psychologique contre les femmes et contre n’importe quel être humain », le prélat avait explicité, en reprenant le passage contesté de son homélie, qu’il reprochait à la loi d’avortement :

« Dans la même mesure où elle facilite l’élimination de l’enfant engendré mais pas encore né, elle facilite aussi l’irresponsabilité de l’homme et de la femme dans leurs relations, et – par extension – les abus sur la femme. »

C’est cette affaire claire et close qui enflamme aujourd’hui le web, avec deux ans de retard à l’allumage.

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L’euthanasie, seule réponse à la démence ? Un sociologue se rebiffe
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Vers le site de Hugo van der Wedden

Voilà une interview (dans la revue nursing.nl) qui devrait même retenir l’attention des pro-mort : elle a été donnée à une radio de gauche néerlandaise, Vara, par Hugo van der Wedden, un sociologue de la médecine qui se dit libéral et favorable au droit de choisir l’euthanasie, y compris pour les personnes en voie de devenir démentes. Il note une augmentation rapide des euthanasies dans ce cadre (on passe de 3 en 2006 à 21 en 2010) et ne voit pas de raison pour qu’elle se poursuive sur un rythme soutenu. Pourquoi ? Il pointe plusieurs raisons, mais en dénonce deux avec plus de vigueur : le fait que les Pays-Bas, en tant que société, rejette les déments qui craignent davantage la situation où il se trouveront que d’éventuelles souffrances, et la propension des médias à toujours évoquer ensemble démence et euthanasie. Comme s’il n’y avait pas d’autre perspective.

« Il faut d’abord en finir avec la crise des soins », affirme Hugo van der Wedden. La plupart des personnes qui demandent l’euthanasie alors qu’elles sont dans les premières phases de la démence – Parkinson, Alzheimer… – ont des proches dans leur entourage qui sont mortes dans des institutions et dont elles ont vu l’état se dégrader jusqu’à les placer dans des conditions « indignes » (comme si la maladie, la souffrance, la dégradation physique rendait l’homme indigne…). Elles ne veulent pas vivre le même scénario. Elles ne veulent pas « devenir des plantes de serre ».

Il faut distinguer ici plusieurs cas. Premièrement, celui des personnes devenant démentes qui demandent et obtiennent l’euthanasie : à ce stade, on en dénombre quelques dizaines. Elles sont mises à mort alors qu’elles sont encore en mesure de prendre une décision en pleine conscience. Beaucoup de médecins hésitent à accéder à ces demandes puisqu’il ne semble pas que l’acte d’euthanasie soit en conformité avec la loi, qui exige une décision prise alors que le patient est capable d’affirmer sa volonté, et des souffrances intolérables et sans perspective d’amélioration. Mais, note van der Wedden, alors que les médecins sont généralement très réticents devant ces demandes, le fait que les commissions régionales de contrôle des euthanasies ait systématiquement approuvé a posteriori les médecins qui ont franchi le pas :

« Les médecins ont vu désormais plusieurs fois que tout s’est bien passé, que les commissions de contrôle  étaient d’accord et qu’il ne s’est pas passé de choses bizarres. Ils se sentent assez en sécurité pour accéder à la demande d’euthanasie. En outre le sujet a suscité beaucoup d’attention, par exemple à travers la mort de Hugo Claus », note le sociologue, qui prévoit du coup une forte augmentation de ce type d’euthanasies.

Puis il y a le cas des déments qui ne sont déjà plus en mesure d’exprimer leur volonté éclairée. Un verrou a sauté en novembre dernier (voir ici sur ce blog) lorsqu’il a été rendu public qu’une femme qui avait fait un « testament de vie » exprimant sa volonté de mourir lorsque son état aurait atteint un certain niveau de gravité avait été euthanasiée. Sans préjuger de l’existence d’euthanasies « clandestines » qui peuvent avoir lieu dans ce cadre le pas qui a été franchi en cette occurrence est l’approbation par les cinq commissions régionales – toutes consultées en raison du caractère délicat de l’affaire – qui ont toutes approuvé l’euthanasie.

La troisième catégorie est constituée par ceux qui ont fait un testament de vie et dont la demande d’euthanasie n’a pas été honorée en raison de leur incapacité de prendre une décision : van der Wedde note que quelque 2.000 personnes démentes meurent de mort naturelle tous les ans dans les établissements de soins alors qu’elles avaient, comme la personne citée ci-dessus, clairement exprimé leur volonté de mourir.

Pour elles aussi, l’évolution de la situation va signifier de nouveaux passages à l’acte, alors que jusqu’à présent ce sont essentiellement les personnes en phase terminale de cancer qui sont euthanasiées dans le cadre de la loi.

Et là, il y a du potentiel : quelque 100.000 testaments de vie sont actuellement déposés, notamment à la suite de campagnes publiques de la NVVE (Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire), signale le sociologue. Qui se dit de plus en plus « contrarié » par l’argumentation en faveur de l’euthanasie des personnes démentes.

« Les cancéreux en phase terminale demandent l’euthanasie en raison de plaintes réelles relatives à la douleur, à l’oppression et la nausée, mais beaucoup de personnes en début de démence ne veulent pas être mises à l’écart, transformées en plante sous serre ou atterrir dans une institution ou personne ne prêtera attention à elles. Ainsi une personne en voie de démence ne recherche par l’euthanasie en raison de choses dont il a à se plaindre, mais d’une situation vers laquelle elle est poussée par la société. Apparemment cela devient une raison de plus en plus fréquente de quitter la vie. Evidemment je comprends bien ces raisons, mais je pense plutôt : regardons la manière dont nous nous comportons avec les personnes qui deviennent démentes pour voir ce que nous pouvons changer. Par exemple, en disant au client : “Vous pouvez quitter la vie, mais nous pouvons aussi bien prendre soin de vous.” 

C’est la « honte » qui gouvernerait ces demandes d’euthanasies, selon Hugo van der Wedden : honte de se voir diminué, d’oublier ce que l’on savait, de ne plus avoir le contrôle de sa vie. Le sociologue plaide pour une levée du tabou sur les maladies comme Alzheimer perçues comme infamantes dans les très « tolérants » Pays-Bas, au point que ceux qui en souffrent ont tendance à se couper de leurs amis et de leur vie sociale alors même que celle-ci pourrait encore être riche. Il plaide pour une campagne de sensibilisation publique.

Hugo van der Wedden souligne aussi que d’ici à 30 ans, le nombre de personnes démentes au Pays-Bas aura doublé, tandis que le nombre potentiel de soignants aura diminué de moitié…  Alors que leur nombre est déjà « insuffisant » :

« Le problème va prendre des proportions envahissantes. Nous n’y pensons pas vraiment. Personne, dans le monde politique, ne dit que notre société va arriver dans une impasse d’ici à 40 ans en raison du problème du vieillissement, personne n’en parle. Mais nous parlons continuellement d’euthanasie. Quand on évoque la démence dans les médias, on parle en fait toujours d’euthanasie et du désir d’euthanasie.  »

Quelle solution proposer, alors, à l’heure où l’euthanasie apparaît comme la solution facile à ce casse-tête dont, selon lui, personne ne prend publiquement la mesure ? Il propose de mettre en place une sorte de service civique national des jeunes dans les institutions accueillant des personnes démentes pour valoriser le travail auprès d’elles – aujourd’hui, ce sont des boulots mal payés pour des gens souvent mal formés, explique-t-il. Pour alléger le travail des soignants, et susciter des vocations.

Mais comme il n’invoque aucune raison morale de respecter et de chérir la vie des personnes âgées et malades, je doute que son argument puisse avoir beaucoup de poids.

Les néerlandophones trouveront son interview ici.

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Caucus de l’Iowa : le catholique pro-vie Rick Santorum crée la surprise
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Dans ce véritable “parcours du combattant”, épuisant et dispendieux, du système très particulier aux États-Unis des “primaires” destinées à sélectionner le candidat qui portera les couleurs de son parti pour l’élection présidentielle, les “caucus” constituent des moments particulièrement suivis et analysés. Le “caucus” est un rassemblement de militants politiques locaux d’un parti pour choisir les délégués qui désigneront le candidat à l’investiture de ce parti pour l’élection présidentielle. Le “caucus” qui lance, en quelque sorte, la campagne des primaires, se tient traditionnellement dans l’Iowa. Les résultats définitifs, connus tôt ce matin, constituent une sensible surprise. Parti très bas dans les sondages, l’ancien sénateur républicain, le catholique pro-vie et “social conservateur” Rick Santorum, a failli l’emporter sur son rival mormon et très médiatisé Mitt Romney. Ce dernier a obtenu 30 015 votes (24,6 % des suffrages exprimés), alors que Rick Santorum en engrangeait 30 007 (24,5 %). Une différence de… 8 voix (soit 0,0065 %) ! C’est la plus étroite marge de victoire jamais enregistrée dans un caucus de l’Iowa.

Plus intéressant.

1. Sur 99 comtés qui constituent l’Iowa, Santorum est arrivé en tête dans 59 d’entre eux, mais Romney dans seulement 17.

2. La puissance des moyens matériels mis en œuvre par Romney pour sa campagne dans l’Iowa, était écrasante par rapport à l’extrême modicité de ceux que Santorum a mis en œuvre : Santorum a fait l’essentiel de sa campagne seul dans son propre pickup, alors que Romney a mobilisé un avion, un bus de campagne et des dizaines de collaborateurs (le New York Times montre tout cela en images : voir ici).

Les prochaines “primaires” à suivre seront celles du New Hampshire (10 janvier) et de Caroline du Sud (21 janvier).

 

Facebook cède à la pression pour l’auto-avortement
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Rebecca Gomperts

Rebecca Gomperts, fondatrice néerlandaise de Women on Waves, est furieuse contre Facebook qui a supprimé une image contenant une explication pour avorter « en toute sécurité jusqu’à 9 semaines de grossesse » avec le Misoprostol que l’on trouve généralement en vente libre en pharmacie. Tout y était donné : la posologie, la méthode et l’espacement des prises, le déroulement de l’avortement et les éventuelles complications, et même la conduite à tenir en cas de nécessité de faire appel à un médecin : le « mode d’emploi » recommande de dire qu’on a eu une fausse couche.

Women on Waves, c’est ce bateau qui s’approche des pays où l’avortement reste interdit pour y proposer des procédures médicamenteuses en eaux internationales pour contourner la loi – au Portugal, en Pologne, en Irlande…

Le texte publié par Rebecca Gomperts constitue, dans certains pays, une claire incitation au délit. Et en tout cas il recommande une procédure aux effets potentiellement dangereux pour la femme, et mortels pour l’enfant qu’elle porte. Mais en parfaite conformité avec les recommandations de l’OMS, assure Gomperts.

Facebook a donc par précaution enlevé l’image… avant de la republier, non sans avoir envoyé un courriel de plates excuses à Mme Gomperts où il lui était dit que la censure avait été le résultat d’une « erreur ». Les amis de Women on Waves se félicitent d’avoir fait plier les responsables du site par le nombre de leurs réactions indignées.

Ils avaient sorti l’artillerie lourde, accusant Facebook de contrevenir à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et à la Convention européenne des droits de l’homme sur la liberté de l’information – une argumentation qui ne tient pas puisque Facebook, site privé qui est parfaitement en droit de diffuser des idées qu’il ne partage pas.

Gomperts crie à la censure et appelle à la mobilisation générale contre la suppression d’un élément qui devait permettre d’engager la discussion… Qui était, faut-il le préciser, bien plus qu’un élément de discussion puisqu’il contenait toutes les informations nécessaires pour passer à l’acte !

Le rétablissement du texte litigieux montre la puissance de frappe du lobby pro-mort. Il faut souligner que Rebecca Gomperts a également bénéficié du soutien évident de la radio internationale néerlandaise publique, Radio Nederland Wereldomroep.

© leblogdejeannesmits

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