Il n’y a pas de croix sans croisade

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Contrairement à ce que professe Mgr Brunin. Voici ce qu’écrit François Teutsch sur Boulevard Voltaire :

L’évêque du Havre, Mgr Brunin, n’est pas ce qu’on appelle un combattant. L’homme est plutôt adepte des accommodements raisonnables. Plus républicain que moi, tu meurs. L’homme s’est toujours singularisé par une parole tiède, « modérée » et, pour tout dire, assez insipide. Pourtant, dans notre pays déchristianisé, les hommes d’Église ont un rôle majeur à jouer. Délivrés, depuis 1905, de la tutelle de l’État, ils disposent d’une liberté de parole qui les autorise à prêcher à temps et à contretemps ; leurs fidèles attendent d’eux qu’ils annoncent l’Évangile, qu’ils agissent en pasteurs de leurs (petits) troupeaux et qu’ils rappellent quelques principes fondamentaux de toute vie sociale.

Une bonne partie d’entre eux le fait. Restent tous ceux qui résistent à l’idée de nouvelle évangélisation, comme si leur métier n’était pas de convertir et d’amener à la foi le plus grand nombre de gens. Parce que c’est leur boulot. Libre à chacun de les suivre, mais s’ils ne croient pas que le Christ est venu apporter le salut à l’humanité, ils n’accomplissent pas leur vocation.

Dans la France contemporaine, quelques sujets fâchent. Dont les questions de bioéthique. Loin de se réduire à des problèmes scientifiques, ils sont fondamentalement moraux. C’est-à-dire qu’ils engagent le bien de l’Homme. Donner son avis sur ces questions est du devoir des clercs. Mgr Brunin le fait à sa manière. Dans La Croix du 3 janvier, il déclare à propos du sondage sur les questions de bioéthique :

« Je pense [que l’Église] a trop longtemps cru que l’anthropologie qu’elle portait était encore largement partagée. Peut-être s’est-elle laissée abuser par un certain discours sur “les racines chrétiennes de l’Europe” qui veut faire croire que le fond de notre culture est encore chrétien. Nous nous sommes trop contentés, en tout cas, de rappeler des principes, ce qui “doit être” selon nous.

Voici un discours de renoncement. Bien sûr que nos racines sont chrétiennes ! Bien sûr que le fond de notre culture est chrétien : notre pays en porte la marque à chaque carrefour, dans toutes ses œuvres d’art, dans son architecture et dans son droit. Que la société ne soit plus chrétienne n’y change rien. On aurait aimé que l’évêque le redise. Mais non. Au lieu de nous dire que nous devons redevenir chrétiens, il abandonne le combat. Et le confirme :

« Nous devons absolument éviter deux écueils : celui du défaitisme et celui de la croisade. Dans les deux cas, le danger serait de nous replier sur nous-mêmes, de constituer des “réserves de catholiques”. Ces chiffres doivent être lus comme un défi mobilisateur, comme l’occasion d’une nouvelle évangélisation, non pas pour remplir les églises mais pour servir l’humanité qui cherche les voies de son avenir. »

Vous avez bien lu : pas de « croisade » (l’horrible mot !). Pas d’églises à remplir. Alors, à quoi sert la nouvelle évangélisation, si les évangélisés ne viennent pas à l’église ? Et en ce qui concerne la bioéthique, dont les « réformes » successives nous mènent sûrement vers le « Meilleur des mondes », notre évêque n’envisage même pas de se battre. Les Manifs pour tous ont dérangé ce petit monde des cathos de gauche qui se pensaient installés dans une relation confortable avec le pouvoir. Voir des masses se lever et manifester contre une loi inique les choque, et ils ne se privent pas de critiquer, encore et toujours, l’émergence de cette identité catholique. Il faudra bien s’y faire : face à l’émergence de l’islam, à la marchandisation de l’homme, à l’atomisation de la société, qui prospèrent sur le vide spirituel, seule une rechristianisation de la France est de nature à changer les choses. Et si l’engagement, l’éducation et la culture sont des moyens indispensables, c’est en vue d’un bien supérieur. Pas « pour servir l’humanité qui cherche les voies de son avenir », mais pour servir l’Homme dont la vocation est de rencontrer Dieu. Pas d’accord ? Pas chrétien !

Sur ce sujet, je vous conseille aussi la lecture du livre très fouillé de Julien Langella, Catholiques et identitaires, dans lequel il tente de convaincre que charité chrétienne et combat identitaire ne s’opposent en rien, de même que la nature et la grâce, le temporel et le spirituel. Il appelle à sortir de la tentation dévote pour incarner notre foi dans l’action politique. Le catholicisme a toujours été une extraordinaire matrice des cultures, remasterisant les identités humaines.

8 comments

  1. Pingback: Les « évêques  de Normandie | «prieratempsetacontretemps

  2. montecristo

    Au point où ils en sont ils vont bientôt déchristianiser St Michel, Ste Geneviève ou Ste Jeanne d’Arc …pour nous avoir trop bien combattu et nous avoir trop bien protégés de l’ennemi.

  3. BMN

    Monseigneur Brunin est l’archétype clérical du bourgeoisisme orléaniste, et il ne connait pas la loi universelle incontournable ”la nature a horreur du vide” : les églises se vident et corrélativement les mosquées se remplissent.

  4. don quijote

    @ Rostolan et il n’est pas le seul, en effet en revenant de la Messe nous discourions avec mon épouse nous disant que la seule chose à faire était l’évangélisation des pseudos-cathos, plus aucune notion de quoi que ce soit, à la réunion du Rosaire où elle avait été cette semaine une dame disait: mais le chapelet ce n’est plus comme avant, (est-ce qu’elle savait comment c’était avant?) et encore un monsieur me disait cette semaine: que veux-tu que je fasse de mes journées, que je dise le chapelet? à quoi je rétorquais : pourquoi pas, il me répondit c’est passé de mode, je lui répondis que je ne croyais pas, bien au contraire Et il termina en me disant: “avec l’exemple qu’ils nous en donnent (il parlait des certains prêtres). Nous sommes dans un diocèse détruit par deux évêques successifs qui l’ont mis carrément à sac, l’un était FM et l’autre aujourd’hui continue la destruction et est une ineptie dans le monde épiscopal

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