« Avec l’avortement, nous sommes tous perdants »

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Les sept évêques argentins de la région pastorale de Patagonie ont réagi dans un long communiqué (daté du 14 mars, traduit ci-dessous par mes soins) à la décision judiciaire qui a permis l’avortement sur une jeune fille violée de 15 ans de Comodoro Rivadavia, enceinte de 18 semaines. Le Tribunal supérieur de Chubut vient d’autoriser une nouvelle intervention dans un cas similaire, sur une jeune fille de 15 ans, enceinte de 22 semaines à la suite de viols par son beau-père. L’avortement est-il alors une solution acceptable, au nom de la « compassion » ? Le viol serait-il pire que l’avortement ? Ecoutez les évêques de Patagonie :

Avec l’avortement nous sommes tous perdants

Après l’avortement pratiqué la semaine dernière à Trelew, sur décision favorable du Tribunal supérieur de Chubut, applaudi par quelques-une et reçu dans une douloureuse souffrance par beaucoup, sans vouloir entrer dans la polémique ni disqualifier quiconque, nous ressentons la responsabilité, comme Pères et Pasteurs d’exprimer ce qui suit :

• Le mal ne se résout pas par un autre mal ; et encore moins lorsque le mal que l’on provoque est plus grand. Il n’y a pas de plus grand mal que d’ôter la vie à autrui. Entre le droit de vivre du bébé et le « droit » invoqué de « ne pas souffrir », c’est le premier qui prime. La mort est définitive, la souffrance est temporaire et on peut lui porter secours et l’alléger. Contre la mort, on ne peut rien.

• L’injustice de l’acte commis consiste à faire peser sur l’innocent, totalement sans défense, la réaction contre l’acte aberrant qu’est le viol.

• L’avortement n’est jamais une solution au problème du viol et il n’apporte pas davantage le salut aux personne qui en portent le poids ou qui le pratiquent. Il provoque toujours une surcharge de frustration et de douleur pour ces personnes. Il devient fréquemment un traumatisme qui les accompagnera pendant une grande partie de leur vie.

• Nous croyons sincèrement que les personnes et les organismes de l’Etat impliqués dans ces situations disposent d’une voie bien plus salutaire pour résoudre ces cas : ce sont les recours matériels et toute l’assistance thérapeutique – personnelle et sociale – humaine, psychologique, spirituelle, qui peuvent servir à accompagner la gestation de la vie déjà commencée, et à lui offrir ensuite un lieu d’accueil et d’amour dans le foyer naturel ou dans un foyer adoptif.

• Notre société ne peut grandir qu’en garantissant la vie et en essayant d’éloigner le facteur de la mort dans toutes ses expressions. Personne ne peut se montrer satisfait devant ces faits. Quand un avortement se fait il n’y a pas de gagnants ; nous sommes tous perdants.

• Les blessures de notre société demeurent ouvertes et elles doivent être soignées par la vérité puisque seul le bien et le bon peuvent authentiquement soigner. Nous devons parcourir ensemble un chemin d’engagement au service de la vie pour vaincre la désespérance et le manque de courage où cette douleur peut nous plonger.

• C’est pourquoi en tant qu’Eglise nous exprimons aujourd’hui la position en faveur de la vie et notre soutien, notre compréhension et notre solidarité à l’égard des victimes de situations aberrantes. C’est pourquoi nous proposons de nouveau :

-– Notre soutien moral, spirituel et notre aide, et des foyers prêts à adopter la vie en péril. Nous n’offrons pas la mort, mais la vie.

— La prière et l’assistance pastorales pour que les conséquences de l’avortement provoqué soient les moins traumatisantes possibles pour les personnes concernées et pour la société.

— La proposition d’une réflexion sereine et constructive, en tant que société, sur la base de valeurs éthiques universelles qui, dans le projet de province et de nation qui est le nôtre, puissent assurer la vie et le bonheur pour tous, de manière à ce que dans des circonstances semblables on ait recours à des solutions justes et dignes, qui ne sont certes pas les plus faciles.

— L’exigence de voir reconnaître l’objection de conscience, en tant que droit et garantie de non-discrimination qui doit exister dans toute société pluraliste et démocratique.

Au-delà de toute croyance religieuse ou idéologique, nous avons la certitude de défendre un droit universel qui est le patrimoine de toute personne qui veut croître et vivre dignement au sein de la famille humaine.

Comme membres et pasteurs de l’Eglise catholiques nous reconnaissons en outre un Père, le Père de tous qui est le Dieu de l’amour, de la vie et de l’Histoire, que nous a rachetés en Jésus-Christ fait homme et frère de tous dans le sein d’une femme, Marie.

Virginio D. Bressanelli, administrateur apostolique de Comodoro Rivadavia
Esteban M. Laxague, évêque de Viedma
Fernando C. Maletti, évêque de San Carlos de Bariloche
Marcelo A. Melani, évêque de Neuquén
Nestor H. Navarro, administrateur apostolique de l’Alto Valle del Rio Negro
Juan C; Romanin, évêque de Rio Gallegos
José Slaby, évêque de la Prélature d’Esquel

Ainsi les évêques annoncent-ils clairement et avec beaucoup d’humanité le devoir de respecter la vie. On peut regretter que leur point de vue soit trop « horizontal », mais il est en tout cas sans compromissions.

© leblogdejeannesmits.

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