« Homophobie » : vers un « fichier de la haine » pour les écoliers britanniques

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Peter Drury, 10 ans, a fait une très, très grosse bêtise en traitant un de ses petits camarades de « garçon gay » (gay boy) dans la cour de récréation de son école. Une bêtise si impardonnable que sa mère a été convoquée par la direction de l’Ashcombe Primary School, où elle s’est vu signifier l’inscription de son fils homophobe sur un fichier spécial, le « registre de la haine » où les responsables de l’établissement consignent les manifestations de haine, de racisme, d’homophobie pour pouvoir suivre leurs auteurs tout au long de leur scolarité.

Personne n’a voulu écouter la maman qui expliquait que son fils est encore très « innocent » et ne comprend pas le sens de ce qu’il a dit, et encore moins pourquoi il est en disgrâce. Et qu’il en est très troublé.

L’affaire de Peter Drury aura en tout cas eu le mérite de révéler que ce genre de création de fichiers n’est plus le fait de quelques établissements qui font du zèle. Le ministère de l’Education entend les généraliser et les rendre obligatoires dès la rentrée prochaine, en septembre, afin que soient partout consignées les remarques désobligeantes des élèves dès l’âge de cinq ans pour être transmises ensuite anonymement aux autorités locales, puis aux ministères compétents afin d’alimenter les campagnes contre les abus à l’école. L’affaire est déjà acquise pour les remarques racistes ou anti-handicapés et des consultations seraient en cours pour les remarques sexistes ou homophobes. Quoi qu’il en soit, la pratique est déjà installée dans de nombreuses écoles.

Le Daily Mail rapporte ainsi le cas d’une petite fille de six ans qui avait du chocolat sur le visage. Deux autres petites filles, 11 ans, de son école de Tunbridge Wells, l’avaient moquée en la poursuivant : « Tu as du chocolat sur le visage » . La petite Sharona Gower avait lancé à l’une de ses poursuivantes, qui était noire : « Toi aussi. »

Si, si, c’est de cela que l’on s’émeut dans les sphères officielles, outre-Manche !

Inutile de dire que la presse populaire britannique s’étrangle de rire, ou d’indignation, au choix.

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