“Le Figaro” et l’eugénisme

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Un ahurissant article du Figaro daté de ce 23 janvier vient apporter un nouvel exemple du refus de ce quotidien de se démarquer de la pensée unique en matière de culture de mort. On y apprend, sous la plume de Martine Perez, que « les femmes les moins aisées ont plus de risques de faire naître un bébé trisomique ». Non pas parce qu’elles seraient moins bien soignées, ou génétiquement défavorisées : non, elles passent entre les mailles du dépistage qui aboutit, nous apprend sans émotion Le Figaro, au repérage de 70 % des « foetus porteurs » de l’anomalie, dont 94,5 % feront l’objet d’un avortement « médical ». Comme il faut tout de même être convenable, la journaliste ne parle qu’indirectement de cette élimination des indésirables en annonçant :

« Sur la période 1983-2002, il y a eu deux fois plus de naissance de trisomiques chez les femmes sans profession que chez celles des catégories supérieures. L’enquête montre que lorsque le diagnostic de trisomie a été fait, 5,5 % de femmes poursuivent leur grossesse. Mais pour celles sans emploi, ce chiffre monte à 11 % et de 15 à 21 % pour celles originaires d’Afrique. Les résultats mettent donc en évidence pour la première fois une disparité socio-économique dans la répartition des naissances trisomiques. »

Et de préciser que cette disparité ne résulte pas du libre choix des femmes, mais des difficultés qu’éprouvent les plus démunies et les moins instruites d’entre elles à comprendre et à suivre les parcours de dépistage qu’on leur propose : marqueurs sanguins pour toutes, amniocentèse (non sans danger pour l’enfant porté) pour toutes celles âgées de 38 ans ou plus. Du bout des lèvres, les chercheurs responsables de ces statistiques (Babak Khoshnood et autres de l’unité INserm 149) avouent qu’il importe aussi de « prendre en compte les valeurs culturelles des couples » pour comprendre ces chiffres.

Eh non, dans notre Meilleur des Mondes il n’est pas « chic » de mettre au monde un petit « mongolien » et 84 % des femmes cadres, conscientes des enjeux, accèdent au diagnostic, dont la seule issue médicalement envisagée est l’avortement à mi-grossesse.

A quand le dépistage systématique et obligatoire ?

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