Argentine : l’Eglise se mobilise pour un tout petit menacé d’avortement

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A San Carlos de Bariloche, en Argentine, une mineure de 17 ans enceinte à la suite de viols répétés dont elle accuse son père et de son oncle (qui cohabitaient tous deux avec sa mère) veut avorter l’enfant qu’elle porte. Ayant obtenu une première approbation judiciaire (voir le message précédent), elle refuse toute l’aide qui lui est proposée par le curé de sa paroisse, son évêque, Mgr Fernando Maletti et une association d’aide aux futures mères, Gravida, bien que plusieurs foyers se soient déjà proposés pour adopter et aimer l’enfant.

Le père Juan Angel Dieuzelde de la paroisse de Nuestra Señora del Carmen de San Carlos a déclaré qu’« avec la mort d’un bébé innocent on ne résout pas la situation d’abandon et d’abus subie par la jeune fille – la faire avorter, ce n’est pas seulement tuer une vie, c’est aussi la violer de nouveau ».

La jeune fille, elle, enceinte de trois mois, assure ne pas vouloir que son corps serve aux intérêts d’autrui, d’autant qu’elle affirme n’avoir aucune religion…

Je vous propose ci-dessous ma traduction du communiqué de l’évêché de San Carlos de Bariloche, d’une force exceptionnelle.

Devant la situation affreuse dont nous avons eu connaissance par le biais des médias, d’une adolescente de 17 ans enceinte, apparemment, de son propre père ou d’un oncle, et qui dénonce des années d’abus, de viols et de soumission de la part des deux hommes, l’équipe de volontaires de Gravida (service diocésain d’accueil à la vie naissante) et l’évêque de San Carlos de Bariloche, le P. Fernando C. Maletti, veulent exprimer leur message de compréhension, de miséricorde et d’amour à celle qui a été victime de cette violence sexuelle, qui a provoqué sans aucun doute des plaies très douloureuses dans son âme, portant atteinte à son innocence et à sa dignité personnelle.

Devant la décision d’avorter l’enfant à naître qui, malheureusement, a fait l’objet d’une autorisation judiciaire, nous voulons aller à la rencontre de cette jeune mère, et lui offrir, sans esprit de condamnation ou de polémique, toute notre aide, pour l’accompagner et l’entourer : c’est une aide offerte par Gravida au travers d’un service d’orientation, d’assistance et de sauvegarde concrètes de la mère qui risque d’avorter, et d’accueil à l’enfant qui vient. Beaucoup de frères et de sœurs se sont même proposés pour adopter cet enfant, en une attitude bien concrète et pas seulement affirmative.

Nous croyons fermement – et nous engagerons au service de cela toute notre intelligence et notre volonté – que la vie humaine est un don de DIEU, et que la miraculeuse possibilité d’exister, de naître et de vivre, doit toujours être respectée. Même lorsque cette possibilité est le fruit d’une expérience terrible et traumatisante expérience de soumission sexuelle comme celle dont a souffert cette jeune fille, nous devons nous efforcer de protéger cette vie qui vient, car non seulement l’enfant n’est en rien responsable des circonstances et des actions de violence et d’abus qui l’ont engendré, mais encore c’est probablement sa « présence » elle-même qui permet de mettre fin à tant d’années de soumission et d’abus pour la mère.

Nous voulons dire à cette adolescente qu’elle peut compter sur Gravida et sur l’évêque de San Carlos de Bariloche. Nous sommes totalement disponibles pour écouter toute sa douleur et l’accompagner en ces moments dramatiques de sa vie, puisqu’il ne fait pas de doute que cet enfant n’a été ni recherché ni voulu par elle, que sa grossesse n’est pas une expérience douce et heureuse, mais douloureuse et triste, mais que même ainsi, l’élimination de l’enfant en son sein au moyen d’un avortement ne pourra qu’entraîner davantage de douleur et de souffrance dans sa vie et ne la rétablira pas dans la dignité qui lui a été si brutalement ôtée.

Nous regrettons que celui qui tient entre ses mains la décision sur la vie de cet enfant, le juge Martin Lozada, ait pratiquement émis sa sentence de mort, une sentence qui, si elle est exécutée, nous laissera tous, y compris la jeune fille enceinte, aux prises avec une douleur amère, et une honte et une frustration irrépressibles.

Comme les évêques patagons dont il cite pour finir le communiqué pour la vie, l’évêché de Bariloche réclame le respect universel de la vie naissante et réclame des solutions justes et dignes et en tout cas le droit à l’objection de conscience devant la mise à mort des tout-petits.

© leblogdejeannesmits.

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