Avant l’affaire de Recife, celle de la petite “Rosa”

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L’affaire de la petite fille d’Alagoinha, enceinte de jumeaux à 9 ans à la suite de vols répétés et avortée contre la volonté de son père légitime, a déclenché la tempête médiatique que l’on sait.

Il se trouve qu’un cas très similaire, à ceci près qu’il n’y eut ni séquestration de la jeune fille, ni opposition familiale à l’avortement, eut lieu en 2003 au Nicaragua, sans déclencher comme aujourd’hui une tempête médiatique ni la furieuse hostilité anti-papale que nous vivons actuellement.

Une petite jeune fille de huit ans était tombée enceinte à la suite d’un viol. Elle vivait avec ses parents au Costa Rica, où ses parents, nicaraguayens, souhaitaient qu’elle subisse un avortement. Devant le refus des médecins hospitaliers, la famille retourna au Nicaragua où une clinique privée accepta de pratiquer l’opération, après que les parents eurent fait sortir leur petite fille de l’hôpital public qui refusait l’avortement en raison de sa dangerosité. L’avortement fut annoncé par une organisation féministe, Women’s Network. Si le ministre de la Santé, Lucia Salvo, affirma que celle-ci constituait un acte criminel, le procureur général Maria del Carmen Solorzano décida que l’avortement n’avait pas contrevenu à la loi dans la mesure où il avait été pratiqué pour préserver la vie de la petite Rosa.

L’archevêque de Managua, Mgr Miguel Obando y Bravo (jadis « sandiniste », puis, voyant la haine anti-catholique des révolutionnaires communistes, soutien de la Contra) déclara à la presse que les parents de la fillette et ceux qui avaient pratiqué l’avortement s’étaient excommuniés de l’Eglise catholique.

Il y eut quelque remue-ménage international, mais rien comparé à ce qui s’est produit dans le cas de Recife ; feu le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, apporta son soutien à ce geste en s’exprimant ainsi dans la revue Panorama :

« J’ai suivi ces événements personnellement. J’ai écrit personnellement au Cardinal pour lui exprimer mon soutien, en toute sincérité, parce que l’opinion publique était assez désorientée à propos de ce cas.

« Celle-ci n’a pas eu une seule pensée pour les droits des enfants à naître, qui sont des personnes ayant le droit de vivre. L’Eglise voulait aider cette jeune fille, qui aurait dû être secourue jusqu’à la naissance de son enfant, mais l’Eglise s’est également levée pour dire la vérité.

« Et la vérité, c’est que la vie humaine est inviolable. »

De leur côté, les évêques du Nicaragua publièrent une lettre ouverte assimilant l’avortement aux attentats terroristes à la bombe.

Si quelque 26.000 signatures furent récoltées par des organisations féministres pour dénoncer l’attitude de l’Eglise, on resta tout de même très loin du tapage médiatique actuel. Pourquoi ? Voilà une question qui mérite d’être réfléchie.

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