Avortement : des chiffres américains

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Le Guttmacher institute – qui était naguère l’institut de recherche dépendant du Planning familial aux Etats-Unis – a publié en janvier ses chiffres de l’avortement dans ce pays. Je vous en livre quelques-uns, avec quelques commentaires en italique.

• Près de la moitié des grossesses aux Etats-Unis ne sont pas planifiées, et 40 % de ces grossesses non planifiées se terminent par un avortement, ce qui fait que 22 % de toutes les grossesses (hors fausses couches) aboutissent à un avortement. C’est à peu près la proportion enregistrée en France.


 40 % des grossesses chez les Blanches, 69 % chez les Noires et 54 % chez les Hispaniques ne sont pas planifiées ; le Guttmacher Institute estime qu’au rythme actuel, une femme noire sur trois aura avorté avant d’atteindre ses 45 ans.

• Chaque année, 2 femmes sur 100 âgées de 15 à 44 ans subissent un avortement, la moitié d’entre elle ayant déjà eu précédemment recours à un avortement.

• Entre 1973 et 2008, on a enregistré près de 50 millions d’avortements aux Etats-Unis ; on est passé de 1,31 millions en 2000 à 1,21 millions en 2008.

• 28 % des femmes ayant avorté s’affirment catholiques.

• Le risque mortel pour la femme lié à l’avortement est minime lorsque l’intervention est précoce, et devient plus importants au fur et à mesure de la progression de la grossesse : 1 mort pour 11.000 avortements à 21 semaines ou plus.

• 54 % des femmes ayant avorté utilisaient une forme ou une autre de contraception au cours du mois où elles sont tombées enceintes, généralement la pilule ou le préservatif, avouant pour la plupart ne pas l’avoir utilisée d’une manière correcte, et si la moitié des grossesses non désirées se sont déclenchées chez les 11 % des femmes qui y étaient le plus exposées, la plupart d’entre elles affirme avoir utilisé des contraceptifs à un moment ou à un autre de leur vie. En France, le taux d’avortement est comparable à celui des Etats-Unis, la couverture contraceptive atteignant quant à elle environ 90 % des femmes en âge de procréer ; 70 % des avortements sont pratiqués sur des femmes qui utilisaient un forme de contraception au moment de tomber enceintes.



Kirsten Powers du Daily Beast commentait aujourd’hui sur son blog, à propos de la statistique sur les Américaines qui avortent alors qu’elles utilisaient un contraceptif au moment de tomber enceintes, que les chiffres publiés en 2000 et ceux publiés en 2011 par le Guttmacher Institute sont absolument identiques. Elle observe aussi qu’aucune des femmes interrogées au cours de l’enquête n’a affirmé avoir avorté parce qu’elle n’avait pas eu accès à une méthode contraceptive : celles qui n’en utilisaient pas disent pour la plupart avoir pensé qu’elles ne risquaient pas de tomber enceintes ou avoir eu des rapports sexuels imprévus.

La journaliste, qui se disait d’emblée favorable à l’attribution de fonds publics au Planning familial, pensant que cela était nécessaire pour faire tomber le nombre d’avortements, en est revenue, après avoir étudié les faits, et notamment celui-là.

« Au cours de cette période (2000-2011), le gouvernement des Etats-Unis a massivement subventionné le Planned Parenthood, à coups de millions de dollars, en grande partie parce que l’organisation assure fournir des services qui permettent d’éviter des grossesses non désirées – but louable. Mais malgré un budget robuste – 1,1 milliard de dollars annuels de revenus annoncés dans le dernier rapport financier du Planning – l’organisation n’a absolument rien fait pour changer la dynamique fondamentale du taux d’avortement aux Etats-Unis », écrit Kirsten Powers.

Le sujet est brûlant aux Etats-Unis où la Chambre des représentants a proposé de bloquer 363 millions de dollars de subventions fédérales au Planning, au motif que cette organisation est le principal pourvoyeur d’avortements dans le pays. L’affaire est désormais devant le Sénat qui risque de décider autrement, notamment sous le coup de campagnes de publicité fort coûteuses de la part de Planned Parenthood qui se présente comme seul capable, en diffusant la contraception, de faire baisser le nombre d’avortements.

L’expérience d’Abby Johnson, ancienne directrice d’une clinique du Planning au Texas, racontée dans son livre Unplanned (« Non planifié ») dément directement cette affirmation : elle a entre autres quitté son poste, et rejoint le mouvement pro-vie, après avoir compris qu’elle devait pousser à la consommation en matière d’avortements dans la mesure où ceux-ci représentent une source de revenus non négligeable pour l’organisation.

Kirsten Powers, pour sa part, ne croit plus en l’objectif affiché par Planned Parenthood pour conserver ses subventions. Elle cite l’objet social inscrit dans la dernière « liasse fiscale » (pour utiliser un terme français) déposée par le Planning. Celui-ci se veut leader dans le domaine suivant :

« Obtenir, à travers le choix individuel pleinement informé, une population des Etats-Unis de niveau stable dans un environnement optimum ; par la stimulation et le sponsoring de la recherche relative à cela dans le domaine biomédical, socio-économique et démographique. »

C’est donc un organisme de « contrôle de la population », observe la journaliste. Mais il ne le dit pas publiquement, et encore moins lorsqu’il organise des campagnes de publicité…

© leblogdejeannesmits.

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