Belgique : une proposition de loi pour l’euthanasie des mineurs

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La sénatrice belge Christine Defraigne a proposé vendredi dernier d’étendre la possibilité de recours à l’euthanasie au mineurs âgés de plus de 15 ans, dans des conditions qu’elle annonce « très strictes » : consultation de deux confrères par le médecin de l’intéressé, celui-ci devant être très proche de la mort et avoir un état de conscience suffisant pour donner son accord. Un entretien avec les parents serait aussi prévu.

Les « conditions strictes » servent souvent de rideau de fumée lors d’une révolution législative : ainsi, déjà, on dérive du cadre posé en 2002 qui réservait l’euthanasie aux majeurs consentants.

Comme souvent aussi on part de transgressions plus ou moins caractérisées – ici, des euthanasies qui ont été effectivement constatées en Belgique sur des mineurs – pour obtenir une législation encore plus libérale et en supprimant du même coup l’illégalité. Il y a de la demande, dit en substance Christine Defraigne, il faut donc y apporter une réponse. Elle ajoute que la loi ouvre le droit à l’euthanasie aux mineurs émancipés dès 15 ans, et le refuse aux mineurs presque majeurs de 17 ans et demi (qui n’ont pas envie d’attendre leur 18e anniversaire).

Il semblerait que la proposition n’ait pour l’heure aucune chance de passer. Mais pour s’opposer au projet de Mme Defraigne, on n’invoque pas la malice intrinsèque de l’euthanasie ni les difficultés propres à l’adolescence, parfois propice au désespoir, mais le manque de discernement des mineurs qui ne sont pas non plus jugés aptes à prendre les décisions qui relèvent de l’autorité de leurs parents. Donc, le problème serait que l’euthanasie ne serait pas assez volontaire. Comme les enfants « désirés » et les « interruptions volontaires de grossesse » ? Le langage est toujours le même…

© leblogdejeannesmits.

1 comment

  1. Je suis révoltée par ces mesures honteuses.Et le mot est faible.
    Dans mon journal, rien lu de tel, encore….
    Hélàs, j’entends dire qu’il n’est pas rare que dans certaines gériatries- et il y a plusieurs pays incriminés-que le résident ayant des problèmes de santé…..court des risques…..
    Quant aux cliniques, sans extrapoler, certains médecins ferment les yeux sur des cas inopérables…..et d’autres, admirables agissent en écoute en soins palliatifs….
    Quand on dit” je ne veux pas d’acharnement thérapeutique” est- ce pour dire” je préfère en finir”….?Et quelle attitude le praticien doit-il adopter vis-à-vis de la famille?
    La conscience joue: celle du docteur, celle de la famille….difficile.

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