Brésil : autorisation de l’avortement d’un anencéphale

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Le tribunal de justice de São Paulo a autorisé, mardi, les « procédures médicales » en vue de l’avortement d’un bébé anencéphale, à la demande du ministère public qui avait été saisi par les parents. La grossesse en était à 24 semaines au moment où ceux-ci ont reçu du corps médical l’avis que leur enfant ne survivrait pas à la naissance. Leur demande d’avortement avait été rejetée en première instance.

Les avocats des parents ont fait valoir que, tout en étant conscients de la gravité de la question, demandaient l’avortement de manière certaine et sans équivoque, « parce qu’il ne rime absolument à rien, que ce soit du point de vue juridique ou même médical, de prolonger un grossesse où n’existe aucune possibilité de survie du fœtus ».

(Mais où fixer la limite, alors ? Chacun d’entre nous est sûr, en venant au monde, de mourir un jour…)

Le Défenseur public a soutenu quand à lui que les parents étaient correctement informés du fait que le problème était irréversible et non susceptible de traitement in utero ou après la naissance ; les médecins avaient même expliqué que la mère courait un grave risque pour sa santé physique et mentale si l’avortement ne se faisait pas le plus rapidement possible.

Même s’il y a des cas où des anencéphales survivent plusieurs mois (j’en ai répertorié dans ce blog) il est clair que la naissance d’un enfant porteur d’un aussi grave handicap est dramatique.

Mais le tuer ? A 24 semaines ou plus ? Quid du traumatisme pour les parents qui se sauront directement responsables de la mort de leur enfant ?

Le jugement favorable à l’avortement dit en substance ceci : un enfant sans cerveau n’est pas un être humain.

Autrement dit : l’humanité réside dans le cerveau, le siège de l’âme est là… Affirmation pour le moins problématique, même si de diverses façons et à divers degrés elle est acceptée dans le monde entier pour prélever des organes sur des personnes en état de mort cérébrale – mais qui respirent et dont le cœur bat.

C’est dire que ce genre de décision a des répercussions plus larges qu’il n’y paraît.

Au Brésil, précisément, la question des bébés anencéphales est une des portes que cherche à enfoncer le lobby de l’avortement pour obtenir un principe de légalisation dans les « cas limites », avant de passer à la légalisation tout court.

L’Eglise s’oppose régulièrement à ces manœuvres.

© leblogdejeannesmits.

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