Costa Rica : interdiction légale de la fécondation “in vitro” ? Le Pape est pour

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Recevant les lettres de créance du nouvel ambassadeur du Costa Rica près le Saint Siège, Fernando Felipe Sanchez Campos, Benoît XVI a prononcé un discours d’une tonalité particulièrement cordiale et même poétique en rappelant l’engagement pour le respect de la vie dont cet Etat latino-américain fait preuve. J’en retiendrai particulièrement cette phrase :

« Il me plaît de rappeler que ce fut précisément en ce pays que l’on signa le Pacto de San José qui reconnaît expressément la valeur de la vie humaine dès sa conception. Ainsi donc, il est souhaitable que le Costa Rica ne viole pas les droits du nasciturus au moyen de lois qui légitiment la fécondation in vitro et l’avortement. »

Cette déclaration intervient au moment où le Costa Rica est sous le coup de pressions internationales, notamment celles de la Commission et de la Cour internationale des droits de l’homme (CIDH) qui chapeaute les Etats américains, pour légaliser la pratique de la fécondation in vitro (FIV), pressions contre lesquelles l’épiscopat costaricain se mobilise de manière visible et ferme.

Benoît XVI a donc choisi un discours s’adressant aux autorités civiles pour donner le point de l’Eglise dans le domaine politique – comme il le fait fréquemment lors des discours aux ambassadeurs près le Saint Siège – et il l’a fait en approuvant sans réserves l’interdiction de la « fabrication » de la vie en éprouvette. Et ce au nom de l’enfant à naître.

Cette clarté que d’aucuns qualifieront d’intransigeance est le signe clair de le certitude de l’Eglise que sous toutes ses formes, la procréation artificielle est un désordre grave qui porte atteinte au bien commun.

Il y a certes des graduations dans la gravité de cette pratique. Il n’est pas indifférent de « fabriquer » la vie  en ayant recours à un donneur de gamètes étranger au couple (ce qui aboutit à fabriquer un enfant adultérin, et prive souvent l’enfant ainsi conçu de la connaissance d’une partie de ses origines), voire deux, ou de la « fabriquer » à partir des gamètes du couple fidèle qui demande la FIV, ce qui constitue un désordre évidemment moins grave.

On a donc pu suggérer, alors que cette technique commençait à se répandre, que l’on pouvait se contenter d’interdire la fécondation artificielle avec donneur (« minimum éthique »), la FIV entre époux pouvant être tolérée sur le plan civil et politique alors même que l’Eglise la réprouve sur le plan de la morale individuelle.

La phrase lapidaire de Benoît XVI, venue soutenir et approuver les efforts de l’Eglise catholique au Costa Rica, indique à quel point, en affinant sa réflexion sur la procréation et l’amour humain, l’Eglise veut en faire respecter la vérité intégrale au nom des droits des enfants qui ont le droit de ne pas être conçus par un procédé technique qui tue souvent beaucoup d’embryons mais qui lèse aussi ceux qui naîtront de ces pratiques, suffisamment pour que l’interdit puisse être réclamé de façon générale.

A quoi il faut ajouter ceci : la FIV est la porte ouverte à toutes les expérimentations et tous les abus sur les embryons puisque c’est elle qui permet de disposer du « matériau » pour ces pratiques inhumaines.

En appelant de ses vœux un « nouveau et solennel accord juridique » entre le Costa Rica et le Saint Siège, « pour le plus grand bien de la vie religieuse et civile de la Nation », Benoît XVI a également rappelé au Costa Rica que rien de ce qui « favorise, protège et soutient la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme ne saurait être vain ».

Il venait de rappeler que la protection du bien et de la justice, la lutte contre l’injustice, la pauvreté, la criminalité passent prioritairement par là : « Ce qui contribuera beaucoup à ouvrir ces horizons, c’est l’affermissement au sein de la société d’un pilier aussi important et indispensable que la stabilité et l’unité de la famille, institution qui souffre actuellement, peut-être comme aucune autre, les assauts des transformations amples et rapides de la société et de la culture et qui, pour autant, ne peut pas perdre son identité authentique, puisqu’elle est appelée à être vivier des vertus humaines et chrétiennes, où les enfants apprennent naturellement de leurs parents à se respecter et à se comprendre, à acquérir la maturité  en tant que personnes, croyants et citoyens exemplaires. »


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