En Colombie, on veut en finir avec l’avortement

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Le nouveau président du Parti conservateur en Colombie, par ailleurs président de la Troisième commission du Sénat, José Dario Salazar, a déclaré, à peine élu, que son parti proposera dès le mois de mars un projet de loi visant à repénaliser l’avortement dans tous les cas, alors que la Constitution colombienne affirme déjà le respect de la vie comme principe général.

C’est une décision de la Cour constitutionnelle de Colombie qui a ouvert une brèche dans les mesures de protection de toute vie humaine en autorisant par exception l’avortement dans les cas de viol, de malformation génétique ou de danger de mort pour la mère ou pour le bébé.

Le successeur de Fernando Arauja à la tête du Directoire national conservateur  a déclaré qu’« en Colombie le respect de la vie doit être garanti dès l’acte de la conception et c’est pourquoi le conservatisme n’est pas d’accord pour dire que l’on peut avorter » dans ces cas parce que le « droit à la vie est inviolable » en toute circonstance : « c’est pourquoi nous allons préciser qu’il s’applique depuis la conception jusqu’à la mort naturelle ».

José Dario Salazar a précisé que le projet d’acte législatif a déjà fait l’objet de concertation avec l’Eglise catholique lors de diverses réunions avec l’archevêque primat de Colombie, Mgr Ruben Salazar.

Mgr Ruben Salazar (ACIPrensa)

Dès demain, le 11 novembre, des groupes pro-vie colombiens ont appelé à une grande manifestation pour la vie, la femme et la famille pour protester contre le programme d’éducation sexuelle imposé dans le pays par la Cour constitutionnelle parce que, malgré son jugement favorable à l’avortement dans les cas précités, de nombreux médecins opposent l’objection de conscience aux demandes d’avortement qui leur sont présentées, et que des exigences « illégales » sont opposées aux femmes qui devraient bénéficier de ces exceptions, comme la demande d’une décision judiciaire préalable. Il s’agit par ce biais de fournir aux jeunes toute l’information nécessaire pour qu’ils connaissent leurs « droits » en matière de « santé sexuelle et reproductive ».

Les groupes pro-vie colombiens, comme la « Red Antioquia Pro-Vida », organisent donc des rassemblements à Bogota, Cali, Baranquilla, Bucaramanga, Manizales et Medellin pour protester contre la « chaire de l’avortement » qui fait de cette pratique une matière à étudier dans les écoles (rappelons que c’est aussi le cas en 4e et en 3e dans les collèges français !), présente l’avortement comme un « droit » et impose une « éducation sexuelle » basée sur l’idéologie du genre.

Le cours d’éducation sexuelle imposé par la Cour constitutionnelle fait aussi la promotion de l’homosexualité dès le plus jeune âge, présente la masturbation comme « alternative pour la satisfaction sexuelle » et enseigne le « comportement culturel de genre ».

Le site de l’archevêché de Cali accueille l’annonce des rassemblements en rappelant que « l’éducation sexuelle des enfants est un droit et un devoir prioritaire des parents selon les principes et les valeurs fondamentales ».

Plusieurs programmes d’éducation sont visés par les défenseurs des droits de la famille, notamment le « Projet d’éducation pour la sexualité et la construction de la citoyenneté » (PESCC) conjointement promu par le ministère de l’Education nationale de Colombie et par le Fonds pour la population des Nations unies (FNUAP).

Alejandro Ordoñez Maldonado

Samedi dernier, le Procureur général de la nation, Alejandro Ordoñez, a déclaré lors d’une interview qu’« une société qui justifie l’avortement peut justifier n’importe quel autre délit, parce qu’il n’est autre que la dépréciation absolue de la vie du plus innocent des innocents ».

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