Espagne : les risques de la pilule du lendemain (officiel)

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Si la distribution libre et sans prescription médicale de la pilule du lendemain, commencée il y a quatre mois en Espagne, ne doit pas être remise en cause selon ce qu’estime le ministère de la Santé, en l’absence d’« identification de risques inattendus », le quotidien espagnol La Razon a eu accès à une étude de l’Agence espagnole de médicaments et de produits sanitaires qui met en évidence deux problèmes de sécurité idéntifiés par elle depuis sa mise en circulation.

Il s’agit du risque de grossesse ectopique (grossesse dans les trompes, qui  pose un réel danger pour la vie de la mère) constatée chez certaines utilisatrices, et du « risque potentiel d’apparition d’une thromboembolie veineuse », outre les autres effets indésirables constatés d’après l’étude de l’utilisation du produit dans le monde depuis son arrivée sur le marché dans les années 1990.

La thromboembolie veineuse est une maladie dangereuse dans laquelle la formation d’un caillot de sang et sa migration peut aller jusqu’à bloquer une veine des poumons.

L’Agence, qui dépend du ministère de la Santé espagnol, souligne que le dosage administré dans le cadre d’une « contraception d’urgence » est inférieure au dosage total correspondant à une cycle de contraception horrmonale quotidienne, mais qu’on ne peut écarter ce risque de thromboembolie en cas d’usage non recommandé de la molécule, affirme La Razon. L’usage non recommandé, aux termes du document, est par exemple constitué par le recours « répété et fréquent » de la pilule du lendemain, ce qui ne peut en aucun cas être empêché ni surveillé dans le cadre de la vente libre et sans ordonnance. Aucun registre, aucune mesure administrative n’empêche l’achat répété de la pilule du lendemain.

Le document note la fréquence d’autres effets indésirables, moins dangereux : sur les 1.379 utilisatrices d’au moins une dose suivies, 426 ont eu des hémorragies (30.89 %), 189 des nausées (13.71 %), 184 ont expérimenté une fatigue (13,34 %), 183 une douleur du bas abdomen (13,27 %), 143 des céphalées (10,3 %), entre autres.

Le quotidien La Razon note la précipitation avec laquelle la mise en vente libre a néanmoins été décidée, soit cinq mois avant que l’Agence du médicament espagnole ne rende son rapport.

© leblogdejeannesmits.

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