Guerre globale contre les petites filles

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Ce n’est pas seulement en Chine où en Inde que les petites filles manquent à l’appel. Selon le Dr Nicholas Eberstadt, de l’American Enterprise Institute (AEI), le déséquilibre entre naissances de filles et de garçons va croissant en raison de la sélection prénatale et des avortements sélectifs des petites filles. Il a présenté des statistiques inquiétantes cette semaine lors d’une conférence aux délégués de l’ONU à New York. http://www.c-fam.org/C-fam, l’Institut catholique pour la famille et les droits humains basée à New York, rapporte une partie de ses propos dans son édition du 8 décembre.

Pour Eberstadt, la préférence pour un enfant mâle n’est pas un phénomène culturel très localisé ni même liée aux programmes de contrôle de population obligatoire : il cite quant à lui plusieurs facteurs qui se conjuguent pour aboutir au déséquilibre. Cette préférence s’ajoute en effet à la baisse généralisée de la fertilité et se voit soutenue par l’explosion des moyens techniques qui facilitent la sélection selon le sexe avant la naissance. Quant à la progression du niveau d’éducation, qui devait théoriquement ralentir la tendance, elle l’a dans certains cas accélérée au moyen d’une augmentation des avortements des bébés filles.

La proportion “naturelle” des naissances est de 105 garçons pour 100 filles : dans certaines régions du monde, on compte désormais 115 naissances de garçons pour 100 filles, voire, ici ou là, de 150 garçons pour 100 filles : des niveaux “proches de la science fiction”, selon Eberstadt. On connaît la récente étude qui évalue à 20 millions le nombre de petites filles manquantes en Asie, dans un processus qui en Chine semble déjà irréversible et qui en Inde tend à le devenir. Mais le phénomène progresse insidieusement en Europe de l’Est et en Amérique latine, et même dans la plupart des pays d’Afrique. Progresse : c’est-à-dire qu’il devient de plus en plus visible.

Que faire ? Selon Eberstadt, l’interdiction légale des avortements sélectifs en Corée-du-Sud a eu l’effet inverse de celui qui était recherché, la pratique étant montée en flèche ; il suggère que seule l’interdiction totale de l’avortement peut mettre un terme à ce problème. Et c’est urgent : le déséquilibre conduira à une aggravation du trafic des femmes et pourrait entraîner des problèmes de sécurité nationale.

Source : ici.

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