Italie : l’hiver démographique

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Un rapport rendu public mardi par le Centre international d’études familiales basé à Milan constate que 53,4 % des familles italiennes n’ont pas d’enfants. 21,9 % des familles ont un seul enfant, et 19 % en ont deux. Ce qui ne laisse que 5,7 % de foyers avec 3 enfants et plus… Avec de tels chiffres, on ne s’étonnera pas du taux de fertilité italien qui atteint seulement 1,31 enfant par femme – pour un taux de renouvellement des générations, dans les pays développés, de 2,1.

Si nous traduisons ces chiffres en termes crus, cela signifie qu’à chaque nouvelle génération, l’Italie est en train de perdre un tiers de sa population : trois personnes sont remplacées par deux. En termes de population totale, les effets de cette décroissance se manifestent de manière moins évidente en raison de l’allongement de la durée de la vie. Dans la réalité, c’est un lent suicide collectif.

Les raisons avancées par les familles pour leur hésitation à donner la vie sont avant tout économiques, précise l’étude. Si 16,4 % des familles sont effectivement en dessous du seuil de pauvreté, 37,2 % assurent avoir des difficultés de fins de mois et 22 % supplémentaires avouent des problèmes financiers occasionnels. Les autres raisons « externes » invoquées sont l’exiguïté du logement, la précarité du travail et l’absence de  solutions de garde pour les enfants. Mais pour la majorité, soit 57,8 % des foyers sans enfants, cette situation résulte d’un « choix personnel » que les foyers expliquent par la peur de l’avenir et les difficultés liées à l’éducation des enfants. De fait, le revenu moyen des Italiens a augmenté depuis l’arrivée de l’euro (assure l’étude, qui ne semble pas tenir compte de l’augmentation concomitante des prix) mais la dépense moyenne pour un enfant représente environ 35,3 % des dépenses familiales totales.

Il faut ajouter qu’il n’y a quasiment pas d’allocations familiales en Italie et qu’en outre le taux d’imposition est identique quel que soit le nombre d’enfants au foyer. Famille nombreuse égale donc, la plupart du temps : obligation de vivre avec un seul salaire, sans aide et en supportant des impôts sur le revenus disproportionnés. Aucun gouvernement italien n’a a ce jour changé cet état de choses – même si les campagnes électorales parlent beaucoup de la famille.

Par ailleurs la plongée des chiffres, signale l’étude citée par LifeSite, a vraiment commencé dans les années 1970 avec la révolution sexuelle, l’accès facilité aux moyens contraceptifs puis la légalisation de l’avortement.

Que faire face à cette véritable catastrophe nationale ? Créer des allocations familiales, répond le rapport ;  et encore avantager fiscalement les familles en fonction de leur nombre d’enfants.

Sans véritable surprise, on apprend que Gianfranco Fini, aujourd’hui président de la chambre italienne des députés mais naguère d’une autre trempe, voit la solution dans la forte accélération de la procédure de naturalisation des enfants nés de parents immigrés. A l’heure qu’il est, ceux-ci – les immigrés de fraîche date – représentent déjà quelque 7,5 % de la population italienne selon les statistiques officielles. Et c’est leur arrivée qui a provoqué un modeste redressement du taux de natalité…

Aujourd’hui, l’âge médian des femmes italiennes est de 44,8 ans, un âge où la probabilité de concevoir se trouve déjà très réduite : cela veut dire que la moitié des Italiennes ont désormais peu ou pas de chances du tout d’avoir un enfant.

© leblogdejeannesmits.

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