La Banque mondiale investit dans la dépopulation

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La Banque mondiale a présenté mardi dernier son plan quinquennal de réduction de la mortalité maternelle et de l’indice de fécondité (en fait, c’est surtout ce deuxième objectif qui compte) dans 58 pays pauvres (lien vers le rapport complet en PDF au milieu de cette page). Constatant dans son rapport que les efforts des gouvernements sont en baisse sur ce chapitre, la Banque mondiale, malgré la crise, entend augmenter ses prêts qui financeront aussi bien les visites prénatales, la contraception, que l’« éducation » des femmes et des jeunes filles ainsi que la formation des personnels de la santé.

La Banque mondiale soutient explicitement que l’accès à l’avortement sûr et légal est une vraie question sanitaire et qu’il contribue à réduire la mortalité maternelle, s’engageant à aider les pays qui demandent de l’aide pour soutenir les « efforts nationaux » pour mettre en place des services d’avortement et d’aide post-avortement. L’accès à la « contraception d’urgence » est revendiquée sans la moindre restriction.

L’idée est de réduire « l’exposition au risque de la grossesse » qui est une condition nécessaire, si l’on peut dire, à l’existence de la mortalité maternelle. Le rapport de la Banque mondiale désigne quelques mauvais élèves de la maîtrise de la fécondité – surtout en Afrique sub-saharienne – en notant que le manque de recours à la contraception moderne dans ces pays ne résulté pas d’un défaut d’accès ou d’information mais d’une volonté (coupable ?) d’avoir davantage d’enfants ou d’avoir enfin un fils. Il est question de l’activité sexuelle des adolescents mais c’est pour déplorer l’insuffisance de recours aux préservatifs.

Bien sûr, les objectifs affichés sont des plus nobles. Constatant que plus de 350.000 femmes (voire 500.000 selon d’autres statistiques citées sans commentaire au cours du rapport de plan quinquennal de la Banque mondiale) meurent en couches chaque année, dont 99 % dans les pays en voie de développement, et qu’il s’agit d’une tragédie pour elles, pour leurs enfants qui fréquemment perdent alors leur nourricière et leur unique chance d’accéder à l’éduction, les responsables de la Banque mondiale rappellent que c’est aussi dans les pays les plus pauvres parmi les pauvres que l’indice de fécondité est le plus élevé, à plus de 5 enfants par femme.

Mais l’idée n’est pas d’abord d’aider les femmes à bien vivre l’arrivée de leurs enfants avec un accès aux soins sanitaires de base, mais de réduire le nombre des grossesses. Ainsi est-il d’abord question de répandre davantage le recours à la contraception, et dans un deuxième temps, « pour les femmes qui décident de poursuivre leur grossesse » (sic) d’améliorer l’accès aux soins…

La Banque mondiale déplore ainsi que le financement des programmes de santé de tous ordres ait atteint des sommets, devant représenter 4,1 milliards de dollars au cours de l’année fiscale qui s’achèvera en juin 2010, soit 40 % de plus que l’an dernier, vu que seuls 4 % de la somme ont été alloués au planning familial et aux efforts pour faire chuter les taux de fécondité. Soit une chute des deux-tiers par rapport aux premières cinq années du siècle. Depuis 1985, l’aide à la santé en général a été multipliée par cinq (de 2,9 milliards de dollars à 14,1 milliards en 2007) mais l’aide à la santé reproductive a doublé seulement.

Medical News Today, citant plusieurs sources à l’appui de toutes ces données, assure que plus de 200 millions de femmes dans les pays pauvres n’ont pas accès aux contraceptifs modernes, et que 50 millions ont recours à l’avortement chaque année dont 19 d’une manière qui n’est pas « sûre » ( traduisez : légale), ce qui aboutirait à 68.000 morts annuelles.

Il est intéressant de noter quelles sont les sources morales citées par le rapport de la Banque mondiale : Thoraya Ahmed Obaid, directeur exécutif du Fonds des Nations unies pour la population, le Guttmacher Institute (institut fortement pro-avortement) et les Programmes onusiens « pour les femmes », tous avocats de la réduction de la fécondité pour améliorer le développement international.


Il ne semble pas y avoir d’objectifs chiffrés au-delà de l’annonce de l’augmentation actuelle sans précédent des financements de programmes de santé mais une redistribution vers les programmes décrits ci-dessus.

4 comments

  1. Cela ne m'étonne pas et vous n'êtes certainement pas le seul. Je pense pour ma part que ce n'est pas une bonne initiative d'inciter des populations pauvres et de ce fait sans défense – ce n'est pas un “comparateur de banques” qui me contredira – de recourir massivement à la pilule et aux autres hormones contraceptives dont les effets néfastes sur la santé des femmes et sur l'environnement sont connus et de mieux en mieux documentés.

    Pour moi, c'est du racisme.

    Je crois que l'on respecte vraiment les gens en leur enseignant les méthodes naturelles de régulation des naissances, ce qui marche fort bien comme l'a montré mère Térésa en Inde…

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