La pression monte pour la « contraception définitive »

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Dans la masse d’articles paraissant sur les différentes formes de contraception je note, ces derniers temps, dans les médias « corrects », une tendance à avouer plus de difficultés à propos des méthodes hormonales, et en même temps une multiplication des présentations des méthodes contraceptives de longue durée ou définitives. M’est avis que c’est une tendance qui n’est pas innocente…
Une très récente étude de marché portant sur 1.006 femmes estimant que leur famille était « complète », qu’elles « en avaient fini » avec les maternités, a ainsi cherché à montrer que la plupart des femmes dans ce cas ne connaissent pas les méthodes simples de contraception définitive, comme ils disent. Elles sont nombreuses à choisir la pilule (15 %), ou un dispositif intra-utérin (5 %), voire seulement le préservatif (15 % des couples, alors que le préservatif a un taux d’échec de 15 %, souligne l’étude… Moins de 25 % en parlent avec leur médecin.
L’étude s’intéresse aussi aux préjugés des femmes : elles sont nombreuses à croire que seule la ligature des trompes, procédure chirurgicale perçue comme lourde, assure une « contraception définitive » efficace, au même niveau que la stérilisation masculine, mais pour la plupart des femmes interrogées, obtenir de leur parternaire qu’il s’y soumette effectivement est « moins probable que de gagner au loto ».
Bien sûr, l’étude préconise une solution idéale : la procédure Essure par laquelle un insert flexible est placé dans les trompes autour duquel le corps va construire une barrière naturelle qui constituera le contraceptif permanent le plus efficace qui soit : aucune grossesse au cours de l’année suivant la mise en place lors des tests cliniques. C’est, en clair, une stérilisation, car si la procédure est théoriquement réversible l’opération inverse est très difficile à réaliser, alors que la mise en place se fait en dix minutes, sans anesthésie, sans arrêt de travail, sans fatigue : « l’idéal pour les mamans surbookées » (Voir ici sur ce blog.)
550.000 femmes ont déjà eu recours à Essure dans le monde depuis 2002…
Autrement dit, c’est une affaire qui marche et qui a un énorme potentiel financier.
On ne s’étonnera donc pas de ce que l’étude de marché – fortement incitative – ait obtenu une « subvention éducative » de la part d’Essure pour sa réalisation, subvention versée à HealthyWomen, une « source d’informations de santé indépendante », qui a commandée l’enquête au sondeur Harris Interactive. On est prié de ne pas rire.
Et pour continuer avec le même sérieux, notez qu’Essure est une marque du groupe Conceptus (sic) qui a déposé les marques suivantes : Conceptus, Essure, Your Family is Complete (votre famille est au complet) et Your Choice is Clear (votre choix est évident).

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