Le Pape et le préservatif : “L’Osservatore Romano” sous le feu roulant des critiques

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Je vois avec satisfaction sur LifeSiteNews que d’autres journalistes que moi, et des figures du monde pro-vie, ont vivement critiqué le rôle de L’Osservatore Romano dans l’affaire des courts extraits du nouveau livre de Benoît XVI publiés avant l’heure de manière à causer la plus grande confusion médiatique possible.

Il n’est pas normal en effet qu’une parole du Pape exige une longue mise au point de la salle de presse du Vatican, et des analyses nourries de centaines de commentateurs à travers le monde, du cardinal Burke au psychanalyste Mgr Tony Anatrella en passant par des bloggeurs catholiques de bonne foi.

A la lecture du contexte plus large du court extrait sur le préservatif publié, avec une faute de traduction sur le mot « prostitué », en compagnie d’autres courts extraits sur des points médiatiquement controversés, on se dit que si les journalistes les avaient découverts à la lecture du livre, il n’y aurait pas eu la tempête que nous avons vécue ce week-end. J’écrivais donc lundi matin dans Présent, et reprenais ici sur ce blog :

« Se pose aussi la question de l’irresponsabilité (calculée ?) de L’Osservatore Romano qui a extrait des 284 pages de La Lumière du Monde, pour les jeter en pâture au public, une vingtaine de paragraphes tirés de leur contexte et portant, pour nombre d’entre eux, sur des points médiatiquement « chauds ». C’est cela qui a déclenché la tempête. »

Hilary White, correspondante à Rome de LifeSiteNews, souligne que cette mauvaise manière de L’Osservatore Romano, doublée d’une rupture de l’embargo imposé par le Vatican sur le livre du Pape en attendant sa présentation à la presse, mardi, a conduit non seulement des catholiques mais aussi des journalistes des gros médias a suggérer le débarquement du directeur du journal, Gian Maria Vian.
L’Osservatore Romano a « trahi » le Pape et la déontologie journalistique, sont les critiques qui reviennent. Hilary White cite Frank Rocca, correspondant du Wall Street Journal, USA Today, Time et quelques autres titres de grande envergure qui, mardi matin, a posé la question de la responsabilité de L’Osservatore Romano en demandant si la publication d’extraits du livre « sans consultation préalable avec la Salle de Presse  » n’était pas le signe de la nécessité d’une « meilleure coordination » au sein des communications vaticanes. Les responsables de la conférence de presse ont préféré ne pas répondre…
Paolo Rodari d’Il Foglio s’est montré encore plus direct en parlant de l’affaire comme d’une « débâcle ».
Le journaliste Vitorio Messori – bien connu – a souligné de son côté que L’Osservatore Romano n’avait même pas respecté une « exigence minimale de prudence » en publiant précisément le très court passage sur le préservatif qui allait sans l’ombre d’un doute provoquer un déferlement médiatique : « Un nouvel échec de la communication nous conduit à noter une fois encore que le Pape n’est pas aidé du tout par ceux qui devraient l’aider. »
Et une fois de plus, dans la confusion qui s’en est suivie – comme pour la « lettre » de Mgr Fisichella dans L’Osservatore Romano dans l’affaire de l’avortement approuvé sur la petite fille de Recife – ce qui restera  c’est l’idée d’un relativisme moral de l’Eglise qui serait prête à réviser sa position dans des cas jugés « limites », pour le plus grand plaisir des médias qui s’y engouffrent comme dans une « brèche » dans la doctrine (comme le titrait Le Figaro).
Hilary White rapporte le commentaire cinglant de Christine Vollmer, l’un des membres fondateurs de l’Acadamie pontificale pour la vie (APV) et président de l’Alliance latino-américaine pour la vie, qui a réclamé le licenciement immédiat de Gian Maria Vian :

« La faute majeure, pour laquelle Vian aurait été débarqué de n’importe quel emploi normal, c’est que, sachant que ces phrases se trouvaient dans le livre, il n’y ait eu aucune réponse toute prête. »

Cette impréparation face aux assauts prévisibles, sans l’ombre d’un doute, de la part des médias, est « totalement inexcusable », estime Mme Vollmer.

C’est si vrai que l’incompétence ordinaire n’est pas crédible. Il semblerait que, de même qu’avec l’article de Fisichella, la ligne éditoriale consiste à provoquer au doute sur les affaires morales. (…) Ils pensent, à ce que l’on peut voir, que cela stimule l’intérêt pour la publication et cela semble être le but. Si le journal devait publier des articles qui jetteraient le doute sur l’Assomption de Notre Dame, que se passerait-il ? Mais il n’ont aucun scrupule à provoquer le doute dans les matières morales. »

 © leblogdejeannesmits.

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