Le prince Charles, l’islam et les musulmans en trop

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Sujet soulevé par le blog de John Smeaton, directeur de SPUC (Society for the Protection of Unborn Children, Association pour la protection des enfants à naître) : c’est ici.
Le Prince de Galles a prononcé mercredi un discours sur « Islam et environnement », pour l’Oxford Centre dont il est le parrain, qui fait notamment fonctionner un programme de formation pour les jeunes musulmans (Young Muslim Leadership) avec l’aide des fonds princiers.
Le prince Charles se montre ici partisan parfaitement écolo de la décroissance, annonçant que les « systèmes de soutien à la vie de la Nature » ne vont pas pouvoir faire face au fait que « des millions de gens supplémentaires cherchent à atteindre des niveaux occidentaux de consommation ». Il plaide aussi, joliment, pour remettre à l’honneur les savoirs et les techniques traditionnels, à côté d’appels à fonder – en terres d’islam et chez les musulmans – les comportements respectueux de la nature sur le Coran.
Allons tout de suite au plus significatif : c’est le corollaire de ce qui  précède.

« Lorsque je suis né en 1948, une ville comme Lagos au Nigeria comptait 300.000 habitants. Aujourd’hui, quelque soixante ans plus tard, elle en abrite 20 millions. Trente-cinq mille personnes occupent chaque mille carrée de la ville, et sa population augmente de 600.000 personnes par an.

« J’ai choisi Lagos comme exemple. J’aurais pu choisir Mumbai, Le Caire ou Mexico ; où que vous regardiez, la population du  monde augmente vite. Elle croît à hauteur de l’équivalent de la population entière du Royaume-Uni chaque année. Cela signifie que notre pauvre planète, qui a déjà du mal à soutenir l’existence de 6,8 milliards de personnes, va devoir d’une façon ou d’une autre en abriter plus de 9 milliards d’ici à cinquante ans. Dans le monde arabe, soixante pour cent de la population a aujourd’hui moins de trente ans. Cela veut dire, d’une façon ou d’une autre, que 100 millions d’emplois niveaux vont devoir être créés dans cette seule région au cours des dix à quinze années à venir.

« Je suis parfaitement conscient des projections à très long terme qui annoncent que la population pourrrait décroître. D’ici à 150 ans, les tendances indiquent qu’il pourrait ne plus y avoir que 4 milliards de personnes, peut-être même 2 milliards, mais on ne peut s’échapper du fait qu’à court terme, d’ici à 50 ans, nous allons faire face à des problèmes monumentaux tandis que les chiffres exploseront. Aucune méga-ville ne saura rattraper ce rythme d’expansion afin d’assurer de bons soins, de l’éducation, du transport, de la nourriture et un abri pour tant d’hommes. La Terre non plus ne saura tous nous soutenir, alors que la demande et les pressions sur sa munificence, partout, s’intensifient à ce point. »
Invoquant l’exemple de Muhammad Yunus et de son micro-crédit, le prince Charles poursuit :
« De manière frappante, là où ces prêts sont gérés par les femmes de la communauté, le taux de la natalité a baissé. L’impact de ce genre de plans, de l’éducation et de la fourniture de services de planning familial a été très vaste. Alors que pendant les années 1980, les familles moyennes du Bangladesh avaient six enfants, le nombre moyen est descendu à trois. Mais alors que les méga-cités explosent comme elles le font, je crains que ce type de plans ne soit pas à même de soulager la misère de beaucoup de millions de personnes à moins que nous ne confrontions clairement et plus honnêtement que maintenant le fait que l’une des principales causes des forts taux de natalité demeure culturelles.
« Cela pose quelques questions morales très difficiles, je le sais, mais chacun de nous ne porte-t-il pas la même responsabilité à l’égard de la Terre ? Il est sûrement temps de demander si nous pouvons en arriver à un point de vue qui permette d’équilibrer l’attitude traditionnelle par rapport à la nature sacrée de la vie humaine d’un côté, et de l’autre, les enseignements à l’intérieur de chaque tradition sacrée qui exhortent l’humanité à rester au-dedans des limites de la bienveillance et de la munificence de la Nature. »
De quoi on déduit qu’il est grand temps de cesser de respecter chaque vie individuelle au nom du grand tout créé et incréé… Qu’en penseront les millions, les millions superflus, si l’on sollicite un peu le texte, de jeunes Arabes ?
Je vous passe les détails de l’islamophilie galopante de ce discours qui fait de l’islam le grand gardien de la science et du savoir, même si le prince Charles sait s’exprimer dans un parler élégant et sans langue de bois, citant qui plus est Chesterton et C.S. Lewis pour défendre la tradition – mais aussi les gnostiques…
Juste un exemple :
« De ce que je sais du Coran, encore et encore il décrit le monde naturel comme l’œuvre des mains d’une puissance unitaire bienveillante. Il décrit très explicitement la Nature comme possédant une “intelligibilité”, et le fait qu’il n’y a pas de séparation entre l’Homme et la Nature, précisément parce qu’il n’y a pas de séparation entre le monde naturel et Dieu. Il offre une vision totalement intégrée de l’Univers où la religion et la science, l’esprit et la matière font partie d’un seul tout vivant et conscient. Nous sommes, par conséquent, des êtres finis contenus dans une infinitude, et chacun de nous est un microcosme de l’ensemble. Cela me fait penser que la Nature est un partenaire conscient, jamais l’esclave irréfléchi de l’humanité, et que nous sommes Ses locataires ; les hôtes de Dieu pendant un temps tellement trop court. »
Il ne faut en tout cas pas lire ces lignes sans avoir présente à l’esprit les prophéties catastrophiques sur la catastrophe démographique, la célèbre Population Bomb de Paul Ehrlich qui en 1968 annonçait une famine de masse pendant les années 1970 et 1980. Une parmi de multiples fausses prédictions qui ont pourtant servi et servent toujours au discours malthusien qui a cours dans toutes les grandes institutions multi-nationales.

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