Les catholiques, les chrétiennes et la contraception

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Une récente enquête publiée aux Etats-Unis par l’institut pro-avortement Guttmacher (lié, à l’origine, au Planning familial) assure que les femmes chrétiennes, et notamment catholiques sont aussi enclines que les autres à utiliser un moyen contraceptif artificiel, et donc interdit par l’Eglise. Qu’elles soient d’ailleurs pratiquantes ou non.

C’est évidemment une pierre dans le jardin des « curés » qui proscrivent (ou pas, c’est selon !) pilules, préservatifs et autres stérilisants, et même si, comme toutes les enquêtes, celle-ci est forcément entachée d’un degré d’incertitude, 98 % de réponses positives de la part des femmes catholiques ne peuvent être balayées comme insignifiantes.

Les résultats de cette enquête menée de 2006 à 2008 parmi des femmes de 15 à 44 ans tombent en tout cas à point à l’heure où les subventions publiques au « Planned Parenthood » américain sont contestées par la droite conservatrice. Dans sa présentation, l’enquête Guttmacher présente même la Conférence des évêques américains comme ayant été le fer de lance de cette contestation, pour s’en amuser avec un rictus mauvais.

S’il est incontestable que l’enseignement de l’Eglise est mal suivi, mal perçu, ou tout simplement mal transmis, la présentation brute de ces chiffres et néanmoins trompeuse, selon Deirdre McQuade, directeur assistant pour la politique et la communication du secrétariat pour les activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis. Citée par catholicreview.org, Mme McQuade souligne les partis pris de l’enquête.

D’abord, rappelle-t-elle, l’Eglise catholique n’est pas seule à dénoncer les « contraceptifs » qui reposent partiellement ou totalement sur une action précocement abortive.

Sur les résultats de l’enquête elle-même, elle a souligné que la manière dont la question était tournée était elle-même trompeuse : il avait été demandé aux femmes en âge de procréer et sexuellement actives si elles avaient, au moins une fois dans leur vie eu recours à un moyen contraceptif autre que la régulation naturelle des naissances. 99 % de l’échantillon répondirent « oui » ; et 98 % des catholiques.

Deirdre McQuade souligne que ce taux inclut celles dont les partenaires avaient peut-être eu recours au préservatif alors qu’elles étaient adolescentes ou jeunes mariées, « mais qui en sont ensuite venues à comprendre l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité et qui ont cessé cette pratique ». Il comprend aussi les femmes de plus en plus nombreuses, y compris des non-catholiques et des « féministes radicales » qui préfèrent aujourd’hui recourir aux méthodes naturelles qui « respectent la femme dans sa totalité » ou qui sont perçues comme plus écologiques.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’enquête (quel que soit son degré d’exactitude intrinsèque) ne donne en aucun cas une image exacte de la situation actuelle puisqu’elle ne tient pas compte des changements de comportements.

Reste l’image globale de ces femmes catholiques américaines, sans doute assez significative de celle des femmes catholiques d’autres pays « développés », qui refusent consciemment ou non les exigences présentées comme trop lourdes de l’Eglise. Aidées en cela par un matraquage continu, à la fois dans beaucoup de systèmes d’enseignement et dans l’immense majorité des médias… D’aucuns en tirent argument pour dire que l’Eglise s’est trompée en n’assouplissant pas son message. La réalité est que ce message ne risquait pas franchement d’être entendu puisqu’il a été rejeté ou minimisé par nombre d’évêques soucieux de l’air du temps, et ignorants des vraies réponses que peut apporter la régulation naturelle des naissances.

© leblogdejeannesmits.

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