Les évêques philippins dénoncent la loi de santé reproductive (II)

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Suite et fin de ma traduction de la lettre pastorale des évêques des Philippines à propos de la loi de Santé reproductive (voir ici la première partie). La lettre date du 30 janvier. Le texte, dans sa version la plus contestable, a été adoptée en commission par la Chambre des représentants lundi.

A la lumière de ce qui précède, nous exprimons clairement nos objections :

1. Nous sommes opposés à la non prise en compte des principes moraux, le fondement même de la loi, lors de discussions législatives de lois qui doivent servir le bien des individus ou le bien commun.

2. Nous sommes contre la mentalité anti-vie, anti-natale et contraceptive qui est reflétée dans les médias et dans certaines des lois proposées.

3. Nous sommes fermement opposés aux efforts visant à précipiter l’adoption de la loi de Santé reproductive.

4. Nous dénonçons l’allure générale de la loi de Santé reproductive dans le sens du contrôle de la population.

5. Nous dénonçons l’utilisation de fonds publics pour les contraceptifs et la stérilisation.

6. Nous condamnons l’éducation sexuelle obligatoire qui permettrait effectivement aux parents d’abdiquer leur rôle propre et prioritaire dans l’éducation de leurs propres enfants, spécialement dans un aspect de la vie – la sexualité – qui est un don sacré de Dieu.

Ce que nous voulons

A propos de ces lois de Santé reproductive, voici nos fermes convictions :

1. Nous sommes profondément touchés par le malheur des nombreux pauvres, spécialement les femmes qui souffrent, qui se battent pour obtenir une vie meilleure et qui doivent la cherche en dehors de notre pays, ou qui doivent avoir recours à moyens de vivre moins que décents.

2. Nous sommes pro-vie. Nous devons défendre la vie depuis le moment de la conception ou de la fécondation jusqu’à sa fin naturelle.

3. Nous croyons à la régulation responsable et naturelle des naissance à travers le planning familial naturel en vue duquel il faut forger les caractères, ce qui exige sacrifice, discipline et respect mutuel pour la dignité des époux.

4. Nous pensons que nous ne sommes que les gardiens de nos propres corps. La responsabilité exercée par rapport à notre corps doit suivre la volonté de Dieu qui nous parle à travers notre conscience.

5. Nous tenons qu’en ce qui concerne les choix relatifs à la loi de Santé reproductive, la conscience ne doit pas seulement être informée mais plus encore guidée de manière droite à travers l’enseignement de sa foi.

6. Nous croyons en la liberté de religion et au droit d’objection de conscience dans les matières qui contredisent la foi. Les sanctions et pénalités contenues dans la loi de Santé reproductive proposée sont une raison supplémentaire pour nous de la dénoncer.

Nos appels

En tant que responsables religieux nous avons réfléchi profondément et dans un esprit de prière à cette question brûlante. Nous avons unanimement abouti à ce jugement moral  – au rejet de la politique de la loi de Santé reproductive pour choisir la vie.

1. Nous appelons de nos vœux une transformation fondamentale de nos attitudes et de notre comportement à l’égard de la vie humaine, spécialement celle qui est la plus sans défense, à savoir la vie humaine en formation ou en train d’être conçue. La manière dépréciatrice dont beaucoup semblent considérer la vie humaine est un grand fléau pour notre nation respectueuse de la religion.

2. Nous appelons nos législateurs à considérer la loi de Santé reproductive à la lumière de la dignité et de la valeur donnée par Dieu à la vie humaine, et par conséquent, de l’abandonner complètement en tant qu’elle est contraire à nos idéaux et à nos aspirations en tant que peuple. Nous remercions ceux de nos législateurs qui ont proposé des lois pour défendre la vie humaine depuis le moment de la conception, et nous appelons les autres législateurs à rejoindre leurs rangs.

3. Nous remercions la grande multitude de laïques à travers le pays, et tout spécialement les groupes engagés qui ont fait peser leur présence dans les couloirs du Congrès, pour défendre et promouvoir notre position. Nous appelons d’autres laïques et les croyants d’autres religions de se joindre à cette mobilisation pour défendre et promouvoir les idéaux et les aspirations que nous avons en commun.

4. Nous appelons notre gouvernement à s’atteler efficacement à la lutte contre les vraies causes de la pauvreté comme la corruption, le manque de services économiques et sociaux, le défaut d’accès à l’éducation et aux bénéfices du développement, les injustices sociales.

5. Nous appelons à la création de davantage d’hôpitaux et de cliniques dans les zones rurales, le déploiement de davantage de personnels de santé afin d’améliorer l’accès aux services de santé, à la construction de davantage d’écoles, la fourniture d’une aide accrue aux pauvres pour qu’ils aient accès à l’éducation, et la construction d’infrastructures plus nombreuses et de meilleure qualité, nécessaires au développement. 

(…)

Nous implorons pour nos efforts en vue de la défaite de la loi de Santé reproductive (ou la loi de Paternité responsable comme elle a aussi été appelée) la bénédiction de notre Dieu tout-puissant et aimant, de qui provient toute vie et à qui toute vie est destinée.

Pour la conférence des évêques catholiques des Philippines

+ Nereo P. Odchimar, D.D.
Evêque de Tandag
Président, CBCP
30 janvier 2011

© leblogdejeannesmits pour la traduction. 

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