Mères porteuses : une entreprise qui marche

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Trouvé dans le fil de l’actualité de l’AFP, jeudi, ce communiqué d’entreprise surprenant : « La plus importante agence américaine de maternité pour autrui nomme son directeur de prospection clientèle pour l’Europe ». Véritable signe des temps, au moment même où la loi bioéthique française devrait selon toute vraisemblance maintenir l’interdiction de la pratique des mères porteuses. Il faut bien comprendre que les offensives de la culture de mort sont, aussi, commerciales. Dans le cadre d’une Europe de plus en plus ouverte, comment résister ? Je vous laisse découvrir le communiqué tel quel, avec ses maladresses et ses barbarismes. Vous avez entendu : « barbarie » ? Oui, aussi ! 

Growing Generations est depuis 1996 une société dévouée à la vision de créer la vie, tout en changeant le monde. Sa mission est simple : la société s’emploie à rendre cette expérience plus simple, plus sûre et plus agréable, tant pour les individus et les couples, les mères porteuses, les donneuses d’ovules et les donneurs de sperme que pour les autres professionnels, afin de former des familles par le biais de la procréation médicalement assistée. Pour réaffirmer cette mission, Growing Generations est fière d’annoncer la nomination d’Andrew Ferren en tant que directeur, prospection de clientèle pour l’Europe. 

M. Ferren, qui travaillera depuis Madrid, offrira des consultations informatives et servira de liaison pour les clients de Growing Generations à travers l’Europe et les pays hispanophones d’Amérique latine. 

« La première fois que j’ai contacté Growing Generations c‘était en qualité de client, et en tant que futur parent par substitution, je comprends combien il est important d’obtenir des réponses honnêtes, ainsi que de bénéficier de conseils compatissants et de soutien tout au long de ce processus », explique M. Ferren. « Après quelques tentatives sans succès faites en Inde, mon mari (sic) et moi avons décidé de consacrer les ressources financières nécessaires à la maternité pour autrui aux Etats-Unis et nous avons fait appel à la meilleure agence. Ma nouvelle position chez Growing Generations souligne ma conviction d’avoir fait le bon choix. Au fur et à mesure que l’opinion publique internationale est davantage sensibilisée au sujet de la maternité pour autrui aux Etats-Unis, le besoin d’offrir aux potentiels parents des informations claires augmente, et je me réjouis à l’idée d’aider d’autres couples et individus pleins d’espoir de l‘étranger à comprendre cette expérience à la fois complexe et extrêmement enrichissante, et à s’y retrouver. » 

Après avoir fait des études d’Histoire de l’art au , – (sic dans la dépêche) – Andrew Ferren a travaillé pendant 20 ans dans le domaine des médias et des relations publiques, dirigeant à ses débuts des institutions culturelles de premier plan aux Etats-Unis comme le Metropolitan Museum of Art et LACMA (Los Angeles County Museum of Art). Depuis 2002, il vit en Espagne où il travaille en tant que journaliste collaborant pour des rubriques de voyage, culture et style de vie avec des publications telles The  (re-sic), Town and Country, ELLE Decor et avec le principal journal espagnol El Pais. En tant qu’expatrié américain, Andrew Ferren connaît en profondeur le système de soins de santé des Etats-Unis ainsi que les problèmes auxquels sont confrontés les clients internationaux lorsqu’ils décident de former une famille. 

« Nous sommes ravis de pouvoir compter sur quelqu’un du calibre d’Andrew et avec son expertise au sein de notre équipe », a déclaré Stuart Miller, PDG de Growing Generations, tout en rajoutant, « En plus d’avoir un CV impressionnant, il apporte beaucoup de compassion et de chaleur à ce poste ». 

En tant que première agence ayant pour mission d’aider les membres de la communauté gay et lesbienne, Growing Generations propose des programmes de maternité pour autrui, de don d’ovules et de don de sperme à tout type de famille, indépendamment de leur statut matrimonial ou orientation sexuelle. De plus, grâce aux avancées récentes en matière de technologie, Growing Generations est désormais en mesure d’offrir ses services aux hommes séropositifs qui peuvent utiliser leur sperme de manière sécuritaire afin de former des familles.

Il me semble inutile d’ajouter les coordonnées de cette entreprise. Mais pour vous dire à quel point cette information donne un avant-goût d’un avenir étrange, voici une autre information publiée le même jour par l’AFP, signée Roddy Thomson, dont vous apprécierez le ton… qui n’est pas tout à fait celui de la stricte neutralité. Son titre : « Belgique : un couple gay récupère son enfant bloqué en Ukraine. » Sauf que… cela concerne directement la France.

Après avoir combattu pendant des années la nature, les préjugés et les arcanes de la justice, deux Belges homosexuels vont finalement accueillir ce week-end leur fils, né en Ukraine d’une mère porteuse et échoué dans un orphelinat d’Etat. Le petit Samuel, aujourd’hui âgé de deux ans et quatre mois, touchera pour la première fois le sol belge samedi soir à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem avec ses deux pères, Laurent Ghilain, 27 ans, et Peter Meurrens, 37 ans. 

Ce couple marié installé dans la région de Montpellier (sud de la France) a déboursé quelque 90.000 euros et connu un long parcours d’obstacles avant d’apprendre, la semaine dernière, que le gouvernement belge les autorisait à réaliser leur rêve de paternité en délivrant un passeport à Samuel. Avant cela, les deux hommes avaient dû surmonter leur crainte que la mère porteuse ukrainienne ne pratique un avortement, comme elle avait menacé de le faire alors qu’elle était déjà enceinte de six mois. 

« Samuel a souffert depuis si longtemps que les psychologues s’attendent à une réunion difficile », a déclaré à l’AFP Laurent Ghilain, qui peine toujours à croire à une issue positive, alors qu’il s’apprête à s’envoler pour aller chercher son fils. « Au plus profond de moi, je me demande : Comment va-t-il réagir ? Va-t-il pleurer lorsque je le prendrai dans les bras ? Va-t-il me rejeter ? », explique cet employé d’une salle de sport, père biologique du garçonnet. 

Sauf difficultés de dernière minute avec les autorités ukrainiennes, que Laurent Ghilain n’exclut pas, les retrouvailles tant attendues doivent avoir lieu dans un pays d’Europe de l’Est, à l’abri des caméras, sept mois après leur dernière rencontre, a-t-il encore expliqué.
Samuel a été conçu en Ukraine, où la gestation pour autrui est autorisée. La Belgique, qui permet aux homosexuels de se marier et d’adopter des enfants, ne reconnaît cependant pas le recours aux mères porteuses. Après la naissance du petit garçon en novembre 2008, Bruxelles a donc refusé de lui octroyer un passeport. A leur tour, les autorités ukrainiennes ont refusé qu’ils l’emmènent en Belgique. 

Samuel a donc d’abord été confié à une famille d’accueil ukrainienne. Incapables de payer sa pension très longtemps et face au blocage administratif, Laurent et Peter ont alors tenté, en mars 2010, de le faire passer frauduleusement en Pologne. Intercepté à la frontière, le petit garçon a été placé dans un orphelinat par les autorités ukrainiennes, qui ont refusé d’en dévoiler l’adresse aux deux hommes, alors désespérés. 

Après des mois de recherche, la chaîne de télévision belge RTBF a retrouvé le petit garçon dans son orphelinat et lui a consacré en décembre dernier un reportage qui a ému la Belgique. Finalement, le tribunal de première instance de Bruxelles a reconnu début février le lien biologique entre Samuel et Laurent, ce qui a poussé le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, à lui délivrer un passeport vendredi.

Pauvre Samuel…

Source : Présent daté du samedi 26 février 2011.

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