Mortalité maternelle : guerre des chiffres et pressions

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Le Figaro publiait le 13 avril dernier les résultats d’un rapport parrainé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et réalisé par le Partenariat pour la santé maternelle, du nouveau-né et de l’enfant qui fait état de près de 500.000 morts maternelles en couches chaque année (et plus de trois millions de nouveau-nés).

Réduire la mortalité maternelle est un des « Objectifs du millénaire »… qui n’a fait aucun progrès. Selon le Partenariat, il manque 16 milliards de dollars tous les ans dans le monde pour améliorer la situation. Surtout en Afrique où de produit l’immense majorité de ces décès.

Les chiffres de la mortalité maternelle sont utilisés de deux façons : par le lobby de l’avortement et de la contraception, pour exiger qu’un maximum de fonds soit dégagé pour réduire le nombre de grossesses (et donc le nombre de morts en couches) par l’avortement légal et la contraception généralisée, et par les associations qui se préoccupent des mères qui meurent, souvent seules, dans des zones où l’on envoie de l’argent pour le planning familial mais où les soins sanitaires de base sont absents.

Une information qui a été moins répercutée en France mais largement répercutée dans la presse internationale fait état d’une forte surestimation de la mortalité maternelle dans le monde. Publiée par The Lancet, elle a été financée par la fondation Bill et Melinda Gates. Elle dénonce une mauvaise utilisation des statistiques par l’ONU, l’UNICEF et l’OMS et affirme que de vrais progrès ont permis à moins de femmes de mourir en couches : elle affiche un total de 342.900 morts en 2008.

L’étude fait état d’une baisse du nombre des grossesses dans certains pays, mais aussi d’une progression des revenus par tête et un meilleur accès aux soins de base, y compris la présence d’une personne professionnellement qualifiée lors de la naissance. Le sida est une cause importante de mortalité maternelle et l’accès aux anti-rétroviraux aurait pu éviter 60.000 morts maternelles en Afrique.

C-Fam note que l’administration Obama détourne une partie des fonds anti-sida, qui pourraient servir à fournir ces médicaments, vers des campagnes pour la contraception.

Dans les pays riches où la mortalité maternelle s’accroît : Etats-Unis, Canada, Norvège, on constate par ailleurs que les lois sur l’avortement sont parmi les plus « libérales » du monde. Parngo. ailleurs 50 % des morts maternelles se produisent dans six pays seulement : L’Inde, le Nigéria, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Ethiopie et la République démocratique du Congo.

L’étude ne mentionne pas du tout l’avortement, contrairement aux documents onusiens sur la question qui en font toujours la solution au problème sous les mots codés « santé reproductive ».

Chose intéressante : le directeur du Lancet, le Dr Richard Horton, a déclaré au New York Times qu’il avait fait l’objet de pressions de la part de « lobbies » pour retarder la publication des résultats de l’étude, afin qu’elle ne paraisse pas avant la tenue de la Commission de l’ONU sur la Population et le développement, la conférence « Women Deliver » qui aura lieu en juin à Washington, et la prochaine assemblée générale de l’ONU, afin que celles-ci puissent se tenir sur la base des chiffres plus importants. Le but étant toujours de s’en servir pour promouvoir l’avortement et la contraception.

En fait, il semble que cette publication n’ait eu aucun effet sur la Commission sur la Population et le développement qui s’est achevée sur de fortes incantations sur la « santé reproductive » – j’y reviendrai.

Beaucoup d’associations pro-vie estiment que le nombre de morts maternelles est sur-estimé en vue de promouvoir l’avortement légal dans le monde, ce que les péripéties actuelles semblent confirmer. D’un autre côté, ces associations, notamment celles qui fournissent de l’aide au Tiers-monde – tout aussi pro-vie – dénoncent plutôt l’énorme scandale de l’absence d’aide suffisante à la maternité dans le monde. Certains notent qu’il est très difficile d’évaluer le nombre réel de morts en couches puisqu’un nombre important de celles-ci se produisent dans des zones rurales reculées, les femmes étant seules, et personne ne pensant à les déclarer en tant que telles.

© leblogdejeannesmits.

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