Parlement européen : adoption du rapport Tarabella pour un « accès aisé à l’avortement »

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Le rapport du socialiste belge Marc Tarabella sur l’égalité hommes-femmes, qui inclut la recommandation d’assurer un « accès aisé à l’avortement» au sein de l’UE, a été adopté mercredi à une confortable majorité par 381 voix pour, 253 voix contre et 31 abstentions. Le texte fait progresser l’idée selon laquelle le « droit à l’avortement » fait partie de la « santé sexuelle et reproductive » que les partisans de l’avortement tentent d’imposer dans le droit international.
Tarabella, qui ne s’attendait pas à un vote positif, s’est dit « surpris et fier », ajoutant qu’une partie de la « droite » conservatrice au Parlement européen a manifestement voté, contre son attente, pour le rapport dans son intégralité.
Le rapport définit ainsi la « santé sexuelle et reproductive » dans ses « considérants » :

« par santé sexuelle et reproductive, on entend le bien-être général, tant physique que mental et social, de la personne humaine, pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement, et non pas seulement l’absence de maladies ou d’infirmités, et considérant que la reconnaissance de l’autonomie physique et sexuelle totale des femmes est une condition sine qua non de toute bonne politique en matière de droits à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que des politiques de lutte contre la violence à l’égard des femmes. »

 Il « insiste » en ces termes :

« sur le fait que les femmes doivent avoir le contrôle de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment grâce à un accès aisé à la contraception et à l’avortement; insiste sur le fait que les femmes doivent avoir accès gratuitement à des consultations sur l’avortement; soutient par conséquent, comme dans sa résolution précitée du 3 septembre 2008, les mesures et actions visant à améliorer l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive et à mieux les informer de leurs droits et des services disponibles; invite les États membres et la Commission à mettre en œuvre des mesures et des actions pour sensibiliser les hommes quant à leurs responsabilités sur les questions sexuelles et reproductives. »

Pour le reste, on retrouve le langage désormais ordinaire pour réclamer le gender-mainstreaming qui consiste à évaluer chaque décision politique selon son impact sur la recherche d’une égalité absolue entre les sexes.

Ainsi, tout en notant que l’UE souffre d’un déficit démographique, le rapport Tarabella insiste une fois de plus sur la nécessité de mettre plus de femmes au travail, de multiplier les possibilités de garde pour les enfants d’âge pré-scolaire, d’imposer la présence de femmes dans les filières plutôt masculines et dans les postes de décision, y compris par la contrainte légale (quotas…), et d’associer congés de paternité et de maternité afin d’aboutir à une meilleure répartition des tâches et pour « lutter ainsi contre les stéréotypes existant dans la société en ce qui concerne l’usage de ce congé ».

Signalons (parmi d’autres points trop nombreux pour les évoquer tous) la recommandation 21 :

(Le Parlement européen) « demande à la Commission et aux États membres de lancer des campagnes de sensibilisation dans les écoles, sur les lieux de travail et dans les médias pour promouvoir la diversification des choix professionnels, surtout des jeunes filles, pour combattre les stéréotypes sexistes persistants et lutter contre les images dégradantes, notamment des campagnes mettant en exergue le rôle des hommes dans le partage des responsabilités familiales et dans la conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée. »

 Cela s’appelle de l’ingénierie sociale.

Le rapport complet est ici. Les débats sont ici. J’y ai relevé, contre l’inclusion de l’avortement, les interventions de l’Italien Carlo Casini et de l’Irlandaise Mairead McGuinness.

© leblogdejeannesmits.

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