Pays-Bas : les homosexuels ont gagné

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C’est du moins ce qu’annoncent les médias qui titrent cet après-midi sur le fait que les homosexuels « pratiquants » pourront de nouveau s’approcher de la communion dans les églises du diocèse de Den Bosch sans risquer un refus de la part du prêtre.

En termes médiatiques, cela s’appelle avoir obtenu gain de cause. Le très sérieux magazine Elsevier intitule ainsi son article : « Ça sert de protester ! »

Le rédacteur en chef du magazine homosexuel Gay Krant et la responsable d’une organisation homosexuelle, COC, ont été reçus pour la deuxième fois ce mercredi par le curé de la cathédrale de Bois-le-Duc et par son « kerkbestuur » (conseil de gestion de la paroisse). La rencontre a dû se dérouler dans une atmosphère des plus détendues puisque chaque partie a salué l’esprit « conciliant » de l’autre. Les activistes gays se sont engagés à appeler leurs troupes à ne pas multiplier les actions de protestation comme celle qui a eu lieu dans la cathédrale dimanche (voir mes posts antérieurs), tandis que le curé, Geert-Jan Van Rossum, et son conseil annonçaient que la communion sera donnée à quiconque la demande.

L’affaire n’est pas allée sans rapport de forces toutefois, puisque Henk Krol, du magazine gay, a fait savoir qu’il ne tiendrait pas les masses de gens qui ont été « blessés » par l’attitude du curé de Reusel d’abord (il avait demandé au Prince Carnaval du lieu de ne pas s’approcher de l’Eucharistie puisqu’il revendique son style de vie homosexuel), puis par le soutien qui lui fut apporté par son évêque. « Ce sont surtout les hétéros qui ont été furieux. Nous n’aurions pas pu les contenir. » Et ils le restent, ajoute le « négociateur » : « Ce sont par exemple des divorcés remariés qui disent : “Ah, alors moi non plus tout d’un coup je ne vais pas avoir l’hostie, alors que je me sens lié à l’Eglise ?” »

L’évêché de Den Bosch a publié un communiqué rappelant que pour recevoir la communion, il faut être baptisé et croire en tant que tel que la sainte communion est le Corps du Christ, et vivre selon la morale enseignée par l’Eglise. S’en approcher relève de la responsabilité de la conscience, la communion n’étant « pas alors, de façon habituelle dans la pratique pastorale, refusée ». Le communiqué renvoie à une déclaration de l’abbé Van Rossum et du conseil de gestion de la cathédrale qui affirme laisser à chacun la responsabilité de décider s’il va communier ou non, pourvu que ces conditions soient remplies : baptême,  foi en la présence réelle, « vie en unité et accord avec le Christ et l’Eglise ».

La déclaration avait précisé au préalable que dimanche dernier, « certains groupes de croyants s’étaient sentis blessés » : « Très expressément, cela n’était pas notre intention. Nous en sommes tristes. Il n’est pas non plus dans l’intention de l’Eglise de blesser des groupes de personnes croyantes, mais bien plutôt de leur donner une place dans notre communauté. »

A ceux qui croient que les déclarations de l’évêque et de ses proches ont clairement mis les points sur les i, ces paroles « conciliantes » apporteront une désolante réplique. Car c’est justement le sens du péché qui a disparu et c’est cette disparition qui explique l’incroyable agitation de ces derniers jours.

Les responsables d’associations et de journaux gays qui revendiquent tous les droits, prônent toutes les « rencontres » possibles, militent pour le mariage homosexuel sont-ils les interlocuteurs naturels de l’Eglise sur de tels terrains ? Est-il naturel, comme l’assurent Vera Bergkamp pour COC et Henk Krol pour Gay Krant sur le site de la cathédrale saint-Jean de Bois-le-Duc, qu’ils aient été invités à un dialogue approfondi sur la durée avec l’évêché ? Bien sûr, toute personne est à évangéliser. Mais de là à les faire médiatiquement paraître comme des interlocuteurs à niveau égal avec l’Eglise…

L’homme par qui le scandale est arrivé, le Prince Carnaval de Reusel, s’est dit soulagé par l’assurance que « les hétéros comme les homos peuvent aller communier ». « C’est un pas dans la bonne direction. Surtout de ne plus être considérés comme de grands pécheurs. Car cela, ce n’est pas agréable à entendre », affirme Gijs Vermeulen.

L’évêque de Den Bosch, Mgr Hurkmans, n’est décidément pas sur le devant de la scène depuis la semaine dernière. Il a laisser jouer l’abbé Van Rossum, qui en 2006 avait défrayé la chronique en invitant toute la parade du carnaval à passer par la cathédrale pour y assister, grimée et vulgaire, au saint sacrifice, et le conseil de gestion, un corps de laïcs nommé par le prêtre responsable de la paroisse pour en assurer la gestion matérielle : recettes, dépenses, réparations, etc.

© leblogdejeannesmits.

2 comments

  1. Anonymous

    Comme me disait mon papa, depuis Vatican II, les prêtres comme leur Eglise, ont choisi la position de “l'aplatventrisme” dans le but de ne pas “faire de vague”. C'est ce que je constate de plus en plus dans l'Eglise catholique. Plus personne ne veut faire de vague qui devienent des tsunami quand les médias s'en mèlent et en général c'est contre l'Eglise catholique que le tsunami médiatique est dirigé. OUI ! C'est beau Vatican II, on est passé d'une extrême à une autre, du triomphalisme à l'aplatventrisme. Le pape,le prêtre ou l'évêque qui osent rester debout et affirmer la Vérité vient médiatiquement renversé. OK CA A AU MOINS L'AVANTAGE D'ETRE CLAIRE COMME STRATEGIE !

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