Pays-Bas : une « clinique » d’euthanasie

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C’est le souhait de l’association néerlandaise pour une fin de vie volontaire (NVVE, Nederlandse vereniging voor een Vrijwillig Levenseinde), qui a mis son projet en chantier, révèle Trouw : il s’agit de créer une « clinique » dédiée à l’euthanasie et au suicide assisté, après une saison d’agit-prop dans la presse et de réunions d’informations dans les différentes régions du pays pour parler du fléau de la démence qui attend les Pays-Bas vieillissants.

La nouvelle a été divulguée par une revue médicale sérieuse, Medisch Contact. Pour l’heure l’association en serait aux études de « faisabilité ».

Le but de la NVVE est de venir en aide aux personnes qui, à l’heure actuelle, n’arrivent pas à faire concrétiser leur désir de mort au sein des structures existantes : celles qui souffrent d’affections psychiatriques chroniques ou d’un début de démence, et celles qui estiment tout simplement leur vie achevée.

Partisane de la mort à la demande pour les « fatigués de vivre », l’ancien

Petra de Jong, directrice de l’association, assure que dans 80 % des « hospices » (centres de soins palliatifs) néerlandais, l’euthanasie est possible, et 100 % pratiquent la « palliation sédative » – une procédure ambiguë qui constitue certainement dans nombre de cas une euthanasie par l’intention de provoquer la mort du patient. Mais pour y avoir accès, il faut être en phase terminale et – en théorie – ne pas avoir une espérance de vie de plus de trois mois. Ce qui exclut ceux qui sont « fatigués de vivre »…

Chose intéressante, Mme de Jong fait le parallèle avec l’avortement : une fois légalisé, celui-ci est resté difficile d’accès dans les structures de santé existantes et des cliniques dédiées ont été fondées pour répondre à la demande des femmes…

Le suicide assisté par un médecin est déjà possible, explique Petra de Jong. « Mais il existe aussi des personnes qui veulent exécuter leur suicide personnellement. Pensez aux personnes qui font des réserves de médicaments, ou aux malades terminaux qui veulent arrêter de manger et de boire, mais qui ont alors besoin de davantage de soins. La clinique pourrait leur offrir un lieu sûr. »

L’association professionnelle des médecins néerlandais (KNMG) a fait connaître son opposition au projet dans la mesure où celui-ci suppose une transgression de la loi : « Surtout en ce qui concerne le groupe des personnes qui estiment avoir achevé leur vie ».

L’ancien ministre Hedy d’Ancona, porte-drapeau de « Uit vrije wil » (De plein gré) favorable à la mort à la demande pour ceux qui sont « fatigués de vivre », a jugé que le projet de NVVE n’entre pas dans le cadre des lois existantes – et félicite vivement l’association de remettre une fois de plus le sujet sur le tapis en vue de, précisément, faire changer la loi. Si bien que le KNMG, a priori hostile depuis plusieurs années à l’extension du « droit » à l’euthanasie, vient de souligner qu’il a repris les discussions sous la pression de ces « initiatives citoyennes ». Et il annonce :

« Nous avons élaboré un concept qu’il va falloir mettre sur le papier. Nous en discuterons ensuite avec diverses associations, y compris le NVVE et Uit vrije wil. Nous pensons pouvoir parvenir à une nouvelle position à l’automne. »

Ainsi fait-on dériver le cadre fixé pour éviter les excès en matière d’euthanasie, par exemple : excès aujourd’hui, situation acceptable demain !

© leblogdejeannesmits.

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