Portugal : la loi d’avortement fait diminuer le recours à la pilule du lendemain

Download PDF

Les ventes de pilules du lendemain ont fortement chuté ces douze derniers mois au Portugam, les pharmacies ayant vendu 52 355 unités de moins (- 23 9 %) sur la période de juin 2009 à mai 2010 que pendant les douze mois précédents, qui avaient déjà permis de constater un baisse de 8,5 %. C’est précisément l’entrée en vigueur de la loi autorisant l’avortement à la demande en juillet 2007 qui a marqué le début de cette tendance, révélée par IMS Health.

Entre l’an 2000, date à laquelle la « contraception d’urgence » (qui peut agir comme abortif très précoce) a été autorisée au Portugal, et 2006, la consommation de ces comprimés avait explosé, passant de quelque 50.000 unités la première année à près de 250.000 en 2006. Puis les chiffres se sont mis à retomber avec la légalisation de l’avortement qui, sans doute, incite les femmes à agir comme s’il y avait toujours une porte de sortie d’urgence en cas de grossesse.

C’est en ce sens qu’il y a une parenté profonde entre la contraception et l’avortement à la demande : les deux renforcent une attitude de refus de la vie s’exprimant de manières différentes selon les circonstances.

Cela n’empêche pas Miguel Oliveira e Silva, obstétricien en professeur d’éthique, d’observer, un peu embrouillé :

« Cette une baisse significative et, si cette tendance se confirme, elle signifie que les gens ont une vie sexuelle plus responable. C’est une baisse très positive. A moins que la diminution de la consommation de la pilule du lendemain ne se traduise par une augmentation de l’avortement jusqu’à dix semaines, et si c’est cela, la situation est pire. Nous avons besoin de davantage d’études et de plus de temps pour leur évaluation. »

Les chiffres de l’avortement au Portugal étaient en augmentation de 16,2 % en 2009 par rapport à l’année précédente, avec 19.572 « interruptions volontaires de grossesse » contre 16.839 en 2008.

On croit rêver, à ce propos. Une responsable du Planning familial, Elisabete Souto a déclaré, sans sourciller, qu’une telle augmentation est normale, « au début, dans tous les pays où a eu lieu une dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse ». Mais alors, où sont donc passés les 30.000 avortements clandestins annuels et davantage invoqués par le lobby de l’avortement pour imposer la loi d’avortement à la demande ? Quelqu’un se moque de quelqu’un, ici…

Mme Souto comme le Pr Oliveira assurent que l’information sur la contraception « classique » circule mieux depuis la loi sur l’avortement, ce qui pourrait expliquer la baisse du recours à la pilule du lendemain, tandis que le nombre d’avortements, sans doute pas assez élevé au goût du second, devrait augmenter au fur et à mesure que les femmes seront mieux informés de leur droits. On nous rappelle à cette occasion que sur le nombre total d’avortements légaux au Portugal, 67 % avaient été pratiqués sur des femmes sous contraception, « parce qu’elles ne l’utilisent pas bien ». Le Pr Oliviera ajoute que la pilule du lendemain est elle-même mal utilisée, puisque certaines femmes vont jusqu’à l’avaler trois fois en un seul mois…

Et ce sont de bonnes nouvelles, ça ?

© leblogdejeannesmits.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *