Pour défendre Benoît XVI contre une attaque ignominieuse

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Manipulation, déformation, haine de l’Eglise

Je publie ci-dessous l’article que j’ai consacré dans Présent daté de vendredi à la dernière attaque contre le Pape, également en ligne sur www.present.fr. Zenit a publié aujourd’hui sa traduction de la réaction de la Salle de presse du Vatican, qui n’avait pas encore été publiée à l’heure où j’écrivais. On la trouvera ici.

« Ils » croient tenir leur affaire. Le scandale de pédophilie qui atteindra l’Eglise en son cœur en frappant sa tête, le Pape. L’information est exploitée sur toutes les chaînes ; ce qu’en retiendront la plupart des gens, c’est que le cardinal Ratzinger, en 1996, a personnellement participé à l’étouffement d’une affaire d’attouchements sexuels particulièrement sordides de la part d’un prêtre catholique du diocèse américain de Milwaukee, dans le Wisconsin. L’abbé Lawrence Murphy est accusé d’avoir abusé de son autorité pour molester, souvent de manière répétée, des garçons accueillis dans une école pour enfants sourds. Quelque 200 plaintes ont été enregistrées. La presse mondiale s’est emparée de cette affaire qui remonte aux années 1960 pour s’en prendre directement à Benoît XVI.

Et, par là, à son enseignement théologique, spirituel, moral, à sa grande entreprise de purification de l’Eglise, dont on nous souffle que ce complice de l’ignoble ne peut la mener qu’avec hypocrisie…
Halte-là, censeurs haineux ! Vous outragez ma mère, l’Eglise ! Vous salissez l’honneur de mon père, de notre très saint père ! Et vous le faites en mentant, en déformant, en cherchant systématiquement à nuire. Le sort de ces dizaines d’enfants souillés d’alors vous est, laissez-moi le dire, parfaitement indifférent. Sans quoi vous hurleriez aussi contre le génocide des tout-petits, et contre l’entreprise de perversion des âmes qui enseigne obsessionnellement – dans les médias, dans les films, sur les affiches, et jusque dans les écoles – que tout plaisir sexuel est bon à prendre, pourvu que ce soit par un acte consenti entre pairs de n’importe quelle « orientation »

Que reproche-t-on à Benoît XVI ? D’avoir reçu, en 1996, en tant que Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, deux lettres de l’archevêque de Milwaukee, Mgr Weakland à propos de ce cas abominable, et de n’y avoir pas répondu. Huit mois plus tard, pourtant, son second à la Congrégation, le cardinal Bertone, ordonnait aux évêques du Wisconsin d’ouvrir un procès canonique contre l’abbé Lawrence Murphy. La Congrégation était alors saisie de quelque 3 000 affaires de ce type. (En fait, la procédure de réduction à l’état laïque avait été entamée dans le diocèse de Milwaukee dès le début de 1995.)
Quelque temps plus tard l’abbé Murphy, très malade, écrivait au cardinal Ratzinger à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi pour le supplier d’arrêter la procédure contre lui, assurant qu’il s’était repenti et que l’affaire n’était plus de la compétence des tribunaux ecclésiastiques en raison de la prescription (la levée générale de la prescription dans affaires d’abus sexuels a été décidée par le cardinal Ratzinger en 2003). « Je veux simplement vivre le temps qui me reste dans la dignité de ma prêtrise. Je sollicite votre bienveillante assistance dans cette affaire. »
 
La copie de cette lettre et des autres documents de l’affaire a été communiquée par les avocats de plusieurs victimes du prêtre indigne à une journaliste du New York Times, Laurie Goodstein, qui s’en est servie pour fabriquer une affaire à retentissement mondial. Elle a du moins l’honnêteté de dire qu’il n’y pas trace d’une réponse du cardinal Ratzinger. L’a-t-il seulement lue, cette lettre ?

Mais la journaliste affirme que peu après l’envoi de celle-ci, le cardinal Bertone faisait arrêter la procédure.

Ce qui est pour le moins une affirmation curieuse. Le site du diocèse de Milwaukee qui a depuis longtemps mis à la disposition du public toute la chronologie de l’affaire affirme que le Père Murphy a fait l’objet de restrictions en 1993, répétées et renforcées en juillet 1998. Il devait mourir un mois plus tard, à l’âge de 72 ans, le 21 août 1998 – il était donc à la dernière extrémité de sa vie lorsqu’il avait imploré une certaine indulgence à Rome. C’était probablement avant mai 1998, date à laquelle Mgr Weakland demandait en vain (a-t-il raconté dans une interview) au cardinal Bertone la réduction à l’état laïque de l’abbé Murphy. Par la suite Mgr Weakland a lui-même démissionné de son poste en 2002 après qu’on a su qu’il avait eu des relations avec un autre homme à qui il avait en outre donné de l’argent provenant des fonds de l’Eglise… Le côté sordide de cette affaire n’est pas seulement là où les médias le voient.

Car s’il est vrai qu’au cours de cette affaire l’Eglise – et plus précisément le diocèse de Milwaukee – a recherché une certaine discrétion, et que, les accusations connues, les autorités locales se sont contentées de déplacer l’agresseur sans lui interdire tout ministère au contact de jeunes garçons, on ne peut pas dire que les faits ont été étouffés.

Il faut reprendre la chronologie publiée par le diocèse. L’abbé Murphy devient directeur de l’école Saint-Jean pour les sourds en 1963. A l’automne 1973 tombent les premières accusations, classées sans suite par la police, mais rapportées aussi à l’archevêque d’alors ; le prêtre sera écarté d’abord de son poste de directeur, puis de l’école à l’été 1974, faits et accusations étant rapportés dans la presse locale. Des poursuites civiles sont alors engagées, en 1975, contre le diocèse, et sont résolues en 1976. Après plusieurs années de congé forcé, l’abbé Murphy retrouve un ministère paroissial qu’il conservera jusqu’en janvier 1993. Le vrai scandale est là… Mais le cardinal Ratzinger y est-il pour quelque chose ?

Dans le même temps, l’archidiocèse prête assistance à une victime qui s’est déclarée, et en 1993, au cours d’une journée publique de réflexion, les méfaits du prêtre sont publiquement affirmés et son diocèse demande que d’éventuelles autres victimes se fassent connaître. Les contacts se multiplieront avec celles-ci et une messe sera même célébrée pour elles à la cathédrale de Milwaukee.

C’est ça, la culture du secret ?

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