Premiers avortements légaux au Portugal

Download PDF

Un mois après l’entrée en vigueur de l’avortement légal à la demande pendant les 10 premières semaines de grossesse, le 17 juillet dernier, la Direction générale de la santé (DGS) a publié le nombre d’interventions qui lui ont été signalées selon les dispositions de la loi. Soit un peu plus de 300 avortements : autant de morts à déplorer mais le chiffre beaucoup plus petit que prévu.

Incapable d’expliquer ce chiffre, le coordonnateur de la commission pour la « santé reproductive », Jorge Branco, qui est également le directeur d’une maternité à Lisbonne, a avancé l’idée que la période de vacances a pu causer des retards de déclarations, celles-ci étant pourtant indispensables pour que les hôpitaux et autres centres d’interventions puissent obtenir le paiement des avortements effectués. Cette mesure avait été introduite précisément pour éviter un phénomène de sous-déclaration, habituel au Portugal pour certaines maladies dont la déclaration à l’autorité centrale est théoriquement obligatoire.

Jorge Branco assure que dans la seule maternité qu’il dirige, plus de 100 femmes ont subi un avortement pendant le premier mois de la loi. Tout sera plus clair en septembre, a-t-il déclaré.

Le gouvernement portugais tablait sur quelque 20 à 25.000 avortements annuels, comparables aux « 20.000 » avortements clandestins annuels annoncés notamment par le Planning familial portugais. Chiffres utilisés au demeurant pour « justifier » la légalisation de l’avortement à la demande.

Si l’on part sur une base de 300 interventions par mois, soit 3.600 par an, on arrive à 5 ou 6 fois moins d’avortements que prévu (ce que Jorge Branco présente comme « moins du tiers » : ce n’est pas faux mais il aurait été plus honnête de parler du cinquième ou du sixième !).

Il s’agit donc de surveiller les chiffres des mois à venir. Peut-être viendront-ils confirmer à quel point le nombre des avortements clandestins est scandaleusement sur-évalué dans les pays « cibles » d’une légalisation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *